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la Franc Maçonnerie au Coeur

la Franc Maçonnerie au Coeur

Un blog d'information, de conversations sur le thème de la Franc Maçonnerie, des textes en rapport avec la Franc Maçonnerie, comptes rendus et conseils de lectures.

Publié le par jean françois
REFLEXION : De la Méchanceté à l'Altruisme....

RÉFLEXION : DE LA MÉCHANCETÉ A L’ALTRUISME.  

 

Michaël Foessel : Qu’est-ce qui nous a rendus méchants ?

 

L’attachement à une religion ou une identité nationale figée est une réaction négative a des bouleversements économiques, sociaux ou techniques. Cet attachement exprime un sentiment d’impuissance, plus que de résistance.

 

Nous n’avons pas à notre époque d’école de philosophie, mais nous développons l’individualisme ; nous manquons de confrontation des idées au profit de la confrontation des hommes, l’on ne prend pas le temps de construire des confrontations idéologiques.

 

Pas de liberté sans égalité ? L’inégalité conduirait à la concurrence, la promotion, la croissance on a tendance à remplacer l’égalité par l’équité puis l’efficacité concept abstrait. (équité qui à mon sens devrait remplacer la justice humaine et non l’égalité)

 

Qu’est-ce qui nous a rendus méchants ? L’éducation ? Le remède une éducation morale républicaine. La société ? Alors il faut transformer la société (JJ Rousseau). Le péché originel ? Alors il faut se convertir au Christianisme. Une déception amoureuse ? Alors il faut privilégier les passions joyeuses (Spinoza). La thérapie dépend de la réponse à la question.

 

Placer l’origine de la méchanceté dans la génétique de l’individu est dangereux elle fournit le prétexte d’inégalité. C’est dangereux puisque défini et définitif.

 

Cette introduction interroge sur le lien entre méchanceté, altruisme et initiation Maçonnique.

 

L’origine de la méchanceté se situe sans doute dans la liberté, liberté de choisir le bien ou le mal liberté de « Fuir le vice pratiquer la vertu ». C’est un raisonnement qui s’inspire de la philosophie de Platon ou d’Aristote, il inclus une sorte d’aristocratie, de choix du bien, par l’homme bon.

 

L’origine du mal est insondable, inexplicable elle relève de l’intime de l’homme de son caractère. L’état qui veut réduire les inégalités, ne peut pas rendre l’homme bon il y aurait confusion entre morale et politique ; c’est à l’homme de « fuir la vice et pratiquer la vertu » pour aller de l’un au multiple et du multiple à l’un.

 

Nous serions atteints par le mal parce que nous avons tendance à l’individualisme et la solitude serait source de méchanceté, du fait de la séparation avec les autres. (Dostoïevski).

Rousseau pense au contraire que la solitude est bénéfique, car l’homme ne se compare pas alors aux autres et son amour propre n’est pas exacerbé. Il serait seul face à lui même, à sa conscience.

En fait le méchant vit sous la pression de la comparaison sociale, il refuse sa bonté aux autres, mais il besoin des autres pour affirmer sa supériorité.

Le vrai Maître bon et sage n’a pas besoin de la soumission des autres pour être un véritable Maître. Le vrai Maître est bonté, abnégation, force de travail.

 

La fascination du mal atteint les êtres faibles et ignorants, nous travaillons en « en force , sagesse et beauté » ; le mal consiste à choisir son intérêt privé, plutôt que son devoir, la F M nous dit que le maçon doit faire son devoir. Mais quel est ce devoir ?

Etre plus juste, plus bon pour soi pour soigner et entretenir le bien en lui et aussi pour les autres. Une amélioration individuelle réservée au seul individu est une exacerbation de l’ego, il se retrouve dans la volonté de maçon d’accéder soit à des hiérarchies d’honneur propres a flatter son l’ego sa part de médiocrité c’est le meurtre d’Hiram, et même le désir d’accession à des hiérarchies spirituelles pour ceux qui n’ont pas en eux la ferme volonté d’y accéder non pour flatter un ego supérieur, une immodestie, forme de « pontification ». Le Maçon doit mettre ses acquis pour servir et aider les autres à accéder aux mêmes degrés c’est le devoir de transmission et la modestie de l’effacement qui doit l’animer.

Ne pas faire un abus de biens pour son seul profit, se rappelant toujours que sans les autres nous ne sommes rien. Le contraire serait se mentir à soi-même.

 

C’est là une des complexités de la Maçonnerie, recherche personnelle du bien et de l’amélioration de soi, construction d’un homme neuf, d’un caractère neuf ? Pour son profit et au profit de la Loge, c’est à dire des Frères qui la compose et de la Maçonnerie en Général c’est à dire de tous les maçons répartis sur la surface de la terre et de l’humanité entière. Cela suppose l’indispensable dissolution de l’ego, transformer l’ambition personnelle en ambition pour son ami, son Frère, son voisin, renoncer à la vengeance, pour pouvoir construire le temple de l’amour fraternel et universel, vaste utopie, savoir que nous n’y parviendront pas, donc êtres des éternels naïfs et contents de cette situation et espérer toujours l’avènement de la grande Lumière,  de la véritable altérité, consacrant l’être supplantant l’avoir.

 

JFG

Michaël Foessel

Michaël Foessel

 

Michaël Foessel né le 24/10/1974 soit 41 ans à Thionville Français, agrégé de philosophie, spécialiste de Kant, élu professeur à Sciences Po remplace Alain Finkielkraut, après avoir enseigné la Philosophie à l’école Polytechnique, Il est conseiller à la revue Esprit ; dirige la Collection Ordre Philosophique aux Éditions du Seuil avec Jacques Monod, il travaille actuellement sur le sens et les risques de l’expérience démocratique.

J’avais évoqué déjà ce jeune Philosophe à propos du siècle des Lumières du numéro spécial du nouvel Obs. Je vous recommande un de ses petits ouvrages chez Plon :

« La Méchanceté Questions de Caractère. » qi se présente sous forme de dialogues ou questions réponses entre Adèle Van Reeth qui anime les chemins de la Connaissance sur France Culture et lui même.

 

Quelques extraits :

 

Sous forme de constat : « le mal a perdu de son évidence », « la méchanceté, c’est donc le mal devenu une habitude. »

 

 

A propos du Caractère : « .. Le concept de caractère est beaucoup plus ancien que cela. Il renvoie au moins à l’idée grecque d’êthos, c’est à dire un mode d’être de l’individu, qui se reflète dans sa manière d’agir, et qui est l’expression d’une habitude, d’une disposition éthique. Ici la notion clé est celle d’habitus. Le caractère pris en ce sens est une sorte de pli de la volonté…

L’habitus est une disposition prise par l’âme dont la tendance consiste à répéter les mêmes raisonnements et à produire les mêmes délibérations. De sorte que plus individu agit méchamment, plus il devient méchant. »

 

Où est la méchanceté ? « La méchanceté est du côté de l’inertie, la bonté du côté de l’initiative. »

 

La République de Platon sans les poètes tragiques : « la tragédie apporte un démenti à l’amour de la Sagesse. »

 

Qui est le méchant ? « Le méchant est d’abord un ignorant qui (comme tout homme) recherche le bien, mais ne sait pas le reconnaître. »

 

Le but de la philosophie selon Platon : « …réorienter le désir vers son objet le plus haut, la Vérité. La philosophie a une fonction morale décisive : « celle de nous apprendre, qu’il n’y a pas de méchanceté essentielle, que si nous suivons véritablement et rationnellement notre âme, alors nous deviendrons en même temps philosophes et justes. » « Il est naturel pour l’homme de rechercher le bien et le vrai, et c’est la philosophie qui va nous en livrer l’accès. »

 

A propos de la violence : « La méchanceté comme t’elle n’a de sens qu’à renvoyer à une décision libre de l’homme en faveur ou en défaveur du bien. »

 

De l’influence du temps, de l’histoire et de la civilisation sur la méchanceté :

« La méchanceté se situe sur un plan intelligible sur lequel aucun progrès de civilisation n’a de prise. »

 

La conclusion :  « Le point d’origine du mal moral est insondable car il s’identifie à un choix dont aucune raison ne peut rendre compte pleinement. C’est bien pourquoi, pour lutter contre la méchanceté, il faut déjà avoir renoncé à l’expliquer. »

 

JFG

 

La méchanceté questions de caractère. Adèle Van Reeth et Michaël Foessel

Éditions Plon France Culture. 12,50€

Commenter cet article

JFG 29/06/2016 14:04

La tâche est immense mon cher Claudius à une époque ou l'on commence seulement à remettre au goût du jour le civisme, il y a de la marge jusqu'à l'Altruisme ! Mais il n'est pas nécessaire de réussir pour .....

JFG 29/06/2016 09:49

Serge un lecteur du Blog vous recommande très justement un livre de Mathieu Ricard : "PLAIDOYER POUR L'ALTRUISME", un médicament pour lutter contre la méchanceté.
Éditions Pocket

JOhn 30/06/2016 00:26

Bonsoir,

Claudius, l'on ne nait pas méchant, on peut le deviens. Et je précise que ce n'est pas parce que l'on subit la méchanceté d'autrui qu'on légitime la sienne, ou qu'on légitime sa naissance de celle-ci qui elle m^me justifiera sa propre méchanceté. Bullshit.

Cela fait longtemps que vous n'avez pas, comment dire, vécu en paix et c'est tout. La paix implique certaines choses que vous n'acceptez pas. Donc, par l'absurde ( et le peuple vous le reproche ) cela fait très très longtemps que vous avez oubliez le goût de construire durablement un société harmonieuse.

Je ne serais jamais socialiste mais je resterais toujours humain dans le sens ou je sais, vous aussi, qu'il y a des personnes exceptionnelles dont on ne doit pas casser les noisettes.

Bref, j'ai pas envies d'écrire un article, hein .. on se comprend.

Cordialement,
John.

Claudius 29/06/2016 11:33

l'histoire des hommes et leurs comportements sur notre fragile planète, tant en bien à vouloir bâtir les fondements d'une joie de vivre, que par leurs instincts destructifs se répètent inlassablement, comment y remédier, ? Des philosophes de l'antiquité à ceux de nos jours , lesquels ne sont qu'une minorité tentent de développer par de logiques plaidoyers,une prise de conscience du Moi , qui est la face cachée propre au mode de vie de chacun de nous, quelle est sa place et que devient-t-il et comment évolue son comportement lorsqu'il s'intègre dans la multitude? Prenons pour exemples : les jeux de cirques du temps des Romains à ceux d'aujourd'hui que son les stades sportifs !! Du temps des Romains, au centre de l'arène se trouvaient des êtres humains que l'on sacrifiait en une mise à mort pour le plaisir d'un Maitre et celui d'une foule en délire! Les philosophes de l'époque étaient-ils entendus? Ils prêchaient dans le désert! Leurs prêches sont de nos jours toujours d'actualité, adaptés au monde moderne par de nombreux philosophes. Dans notre monde moderne nous retrouvons les mêmes effets sans effusion de sang dans les grands rassemblements de supporters sportifs dans le stades ou s'affrontent toutes les disciplines sportives, nous y découvrons des masses humaines passionnées délirantes qui gesticulent en perdant parfois toute dignité individuelle!!!
C'est le syndrome de la foule ou les individus regroupés se comportent en troupeau bêlant, où les passions se déchainent tant joyeuses que vociférantes selon les résultats attendus des jeux du cirque.
Alors, que sommes-nous, qui tentons de définir une certaine joie de vivre,à privilégier la beauté de la nature, pourquoi pas la nature humaine bien qu'elle soit décevante , nous les Francs Maçons continuons à œuvrer sans répit afin d' être reconnus pour tels dans ce brouhaha de ce monde en mutation, serons-nous entendus?
L'altruisme est un mot qui devrait être analysé et enseigné à tous les passages de l'école de la vie.
Claudius

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