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la Franc Maçonnerie au Coeur

la Franc Maçonnerie au Coeur

Un blog d'information, de conversations sur le thème de la Franc Maçonnerie, des textes en rapport avec la Franc Maçonnerie, comptes rendus et conseils de lectures.

Publié le par jean françois
Takeshi Umehara

Takeshi Umehara

 


 

 

Réflexion d 'un philosophe japonais

 

 

Mutualisme et cyclicité

 

 


Je veux partager avec vous une découverte récente. Il s’agit d’un article paru dans un numéro de la revue américaine New Perspective Quarterly par l’un des plus éminents philosophes japonais, Nakeshi Umehara, qui est aussi le directeur du Centre interna-tional de recherches pour les études japonaises, de Kyoto. 

  

 


Umehara nous dit que le modernisme tel qu’on l’entend en Occident débouche dans un cul-de-sac. Beaucoup des principes qui ont présidé à l'évolution de la pensée occidentale et à la traduction de cette pensée dans l'action sont des principes qui n'ont plus aucun sens. C’est en fait toute la culture occidentale qu’il remet en question. Et pour la renouveler, il suggère aux occidentaux de jeter sur les choses un nouveau regard et de s’engager dans une prospection: d’aller voir dans les autres cultures s’il n’y a pas des concepts dont l’Occident pourrait s’inspirer. En guise de contribution, il suggère de considérer deux principes qui sont le fondement de la culture japonaise, et dont l’Occident pourrait profiter.

(Comme vous peut-être, ma première réaction a été défensive. Les Japonais qui, entre autres, détruisent systématiquement les grandes forêts d’Asie ont-ils des leçons à donner à l’Occident sur la façon de corriger les excès du modernisme? Mais le ton de l’exposé n’a rien de prétentieux. On peut supposer qu’il déplore tout autant les excès du modernisme au Japon – qu’il attribue, on s’en doute, à l’occidentalisation... Quoi qu’il en soit, j’estime qu’il faut accueillir les suggestions éclairantes d’où qu’elles viennent!)

Le premier principe qu’il suggère d’examiner est celui de l’éthique, de la responsabilité réciproque, interpersonnelle, qu’il appelle le mutualisme: " je suis responsable de vous et vous l’êtes de moi ". La société a une responsabilité à l’égard de l’individu mais inversement l’individu est responsable par rapport à la société... Umehara s'explique ainsi: " Avant d'éclaircir le principe de mutualisme, je dois évidemment entrer dans le corps de l'individualisme comme valeur absolue en Occident, qui fait oublier la responsabilité que l'on a envers les autres, envers la société, envers le système, etc., tel que ce concept occidental est présentement véhiculé dans le monde actuel. " C'est au fond un mot qui recouvre l'idée de partage, d'échange, de gagnant/gagnant, plutôt que de compétition. Le philosophe japonais aborde aussi la question des droits et des devoirs. Il rappelle que nous avons d’abord et avant tout des devoirs les uns envers les autres, comme envers la société. Et c’est parce que nous avons des devoirs que nous avons aussi des droits. Et non pas le contraire.

Le second principe qu’il propose à notre réflexion est celui de la cyclicité, qu’il définit – si vous me passez cette traduction littérale – comme la responsabilité générationnelle. Pour les Japonais, explique-t-il, le temps n’est pas linéaire mais cyclique. Il n’a pas de commencement ni de fin. Le temps revient toujours pour ainsi dire sur lui-même. À cette notion se rattache la théorie bouddhique de la renaissance – il n’emploie pas le mot réincarnation. La vie se trouve engagée dans le temps comme dans une roue. Les descendants seraient en fait des renaissances des ancêtres. Selon cette vue, la responsabilité à l’égard de ceux qui vont suivre ne serait donc pas tout à fait désintéressée. J’ai déjà dit, avec un certain sourire, que mon féminisme tenait pour une part à ce que je ne voudrais pas renaître en tant que femme dans les conditions qui sont encore faites aujourd’hui au deuxième sexe. Le sens de la responsabilité procède ici du sentiment que l’on a d’être entraîné dans le mouvement de la roue qui tourne dans le temps. Ceux qui vont éventuellement renaître devront régler les problèmes qu’ils auront contribué à créer trois, quatre ou cinq générations plus tôt... C’est ainsi que ce philosophe japonais se représente le lien très fort qui existe entre les générations. Vous n’êtes pas obligés d’adhérer à cette vue. Le doute est permis. Chez les bouddhistes, on recommande même de s’engager dans une réflexion à partir du doute. 

Quoi qu’il en soit, nous devons corriger les effets pervers de l’individualisme. J’ai déjà dit qu’un certain individualisme est souhaitable en ce qu’il permet, entre autres, d’affirmer l’autonomie de l’individu par rapport au groupe. Mais le plus souvent, l’individualisme occidental recouvre, en fait, un égocentrisme débile et nuisible pour la suite du monde. 

Il faut relire à ce sujet les merveilleuses pages de Simone Weil au début de son livre L’enracinement.

 

 

 

Auteur Anonyme.

LUMIÈRE D'ORIENT
Commentaire :

Ce texte qui met en opposition « Individualisme et Altruisme », ramenant ainsi l’individualisme à une conception totalitaire de l’ego. Il y a cependant du bon dans l’individu c’est ses excès qui sont mauvais, maîtriser ses excès est bien dans le but de la Franc-Maçonnerie.

Notre philosophe nous rappelle la notion de « Devoir » qui précède celle de « Droit » en effet si nous enseignons assez facilement les droits aux citoyens, la notion de Devoir est trop souvent oubliée. Le « je » précède le « nous » ce qui nous ramène à l’Altruisme, là encore la voie initiatique Maçonnique mène au Devoir envers soi et les autres.

L’auteur en abordant la « Cyclicité » met en opposition le temps linéaire et le temps cyclique, hésite semble t’il entre re naissance, celle d’un homme neuf ou réincarnation liée aux religions d’Orient.

Pour moi Franc-Maçon je parlerais plus de régénération ou de réapparition d’un monde transformé, « plus radieux que jamais »

Ce texte a le mérite de nous faire méditer sur ce que nous sommes, et comment nous vivons. La Franc-Maçonnerie voie initiatique occidentale peut servir de pont entre Orient et Occident.

JFG

 

 

Notes : Une erreur involontaire semble s’être glissée dans le prénom de ce philosophe Japonais dans le texte de notre Frère anonyme, erreur bien pardonnable.

 

Nous noterons les études intéressantes de Umehara sur l’origine des religions en particulier sur le Shintoïsme considéré comme la religion nationale Japonaise très liée avec l’ascendance impériale, et le Bouddhisme. Dans son livre « Les Enfers dans la pensée nippone » le philosophe s’est penché sur l’origine de cette notion « d’enfers » et sa pénétration dans les religions orientales où il semble qu’elle était absente.

 

Les Enfers dans la pensée niponne : Takeshi Umehara, La philosophie japonaise des Enfers, traduit par Alain Robert Coulon et Kanoko Yumara.

 

BIOGRAPHIE Source Wikipédia.

Takeshi Umehara (梅原 猛, Umehara Takeshi?, né le 20 mars 1925) à Sendai dans la préfecture de Miyagi dans la région de Tōhoku est diplômé de la faculté de philosophie de l'université de Kyoto en 1948. Il enseigne d'abord la philosophie à l'université de Ritsumeikan puis est nommé président de l'université municipale des Arts de Kyoto. Il se fait remarquer pour ses nombreux essais sur la culture japonaise, dans lesquels il s'efforce de refonder la discipline des études japonaises le long de lignes plus nippocentriques, notamment dans son livre programmatique Nihongaku kotohajime (日本学事始?, 1972), écrit en collaboration avec Shunpei Ueyama. Outre ses volumineux essais académiques sur de nombreux aspects de la culture japonaise, il compose également des œuvres théâtrales sur des figures aussi variées que Yamato Takeru et Gilgamesh.

Il est nommé en 1987 à la tête du controversé centre international de recherches d'études japonaise (en), aussi connu par l'abréviation « Nichibunken », établi par le premier ministre Yasuhiro Nakasone pour servir à la fois comme entité académique centralisée pour recueillir et classer toutes les informations disponibles sur la culture japonaise, à la fois au Japon et à l'étranger, et comme centre pour la théorisation créative de la prétendue « unicité » japonaise. Il prend sa retraite en tant qu'administrateur en chef du Nichibunken en 1995.

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