Overblog
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
la Franc Maçonnerie au Coeur

la Franc Maçonnerie au Coeur

Un blog d'information, de conversations sur le thème de la Franc Maçonnerie, des textes en rapport avec la Franc Maçonnerie, comptes rendus et conseils de lectures.

Publié le par jean françois
FRATERNITÉ L'HOMME DE LA FOULE

 

 

 
 

 

 

L'homme de la foule

"Quand on est plus de trois on est une bande de cons!"

Georges Brassens

 


J’emprunte le titre de cette chronique à une nouvelle de l’écrivain danois Knut Hamsun. C’est l’histoire d’un homme qui, tous les matins, pressé de sortir de chez lui pour échapper à l’angoisse, se rend marcher dans la rue. D’un pas rapide, il s’éloigne de la périphérie où il habite pour atteindre le centre de la ville où il passe ses journées à marcher parmi la foule. C’est alors seulement qu’il échappe à l’angoisse... Incapable de s’assumer comme individu, de vivre de façon autonome et responsable, il ne trouve la paix que lorsqu’il se confond avec les autres. L’état d’indistinction qu’il éprouve lorsqu’il est relié aux autres, soutenu par eux, le libère de l’obligation de s’affirmer. Parmi la foule qui le prend en charge, il éprouve un sentiment de sécurité et de participation. Comme le sein maternel enfin retrouvé, la foule le contient, le nourrit... Mais le soir venu, les gens rentrent chez eux. Et bientôt la ville est déserte. Il lui faut alors retourner chez lui où il retrouve son angoisse jusqu’au lendemain.

 

 


Le souvenir de cette nouvelle m’est revenu comme je regardais à la télévision une foule de manifestants qui lançaient des pierres à un groupe adverse – je ne crois pas nécessaire de préciser les circonstances de cet affrontement. Je ne m’intéresse ici qu’au comportement de la foule et plus spécialement aux effets de la foule sur les individus. Pour tout dire, il m’a semblé que ces manifestants étaient portés par une vague d’identification collective qui se traduisait par une exaltation.

L’identification au groupe répond naturellement à deux besoins fondamentaux la sécurité et la stimulation. Elle répond aussi du reste, mais non sans risque pour l’intégrité des individus, au troisième de ces besoins : l’identité... Car l’identification au groupe répond nécessairement au besoin d’identité mais par la diminution et parfois même, dans les situations qui exigent le plus au plan émotif, par l’annulation de la conscience individuelle au profit de la conscience de groupe. Pris en charge par le groupe et reliés entre eux par un état psychique commun, les individus ne sont plus tout à fait eux-mêmes. C’est alors la conscience de groupe qui, à leur insu, commande les comportements. " Un événement vécu en groupe, écrit Carl Jung dans L’Ame et le Soi ( éd. Albin Michel), se déroule sur un plan inférieur à celui de l’événement individuel. " La conscience de groupe se traduit inévitablement par une régression psychologique à un stade inférieur et primitif. Il ne s’agit pas pour autant de condamner toute forme d’identification au groupe. C’est affaire de degré. Car la vie en société repose sur la conscience de groupe qui est à l’origine de l’esprit de famille, de l’esprit tribal, etc. Elle représente même un facteur d’efficacité et de progrès sur tous les plans. À la condition toutefois que la conscience de groupe n’absorbe pas la conscience individuelle.

La conscience de groupe est créée et alimentée par les émotions. Elle prend racine dans notre animalité. Ce qui n’est pas mal en soi. Mais encore devons-nous en être conscients. Plusieurs études ont démontré les effets de la foule chez les animaux, en particulier les mammifères. Et voici quelques années, une étude faite par l’école de médecine de l’université Yale, qui portait sur ces effets chez les humains, a permis d’établir que les effets de la foule se traduisaient par un accroissement de l’agressivité, de l’émotivité, et une hausse de la pression sanguine. Parmi les conclusions, on notait que le rassemblement en foule entraîne chez les individus une perte de contrôle personnel. Par ailleurs, il est certain que la raison, une faculté spécifiquement humaine qui détermine entre autres la compassion, parvient mal à se faire entendre en situation de foule.

Cela dit, l’être humain étant un animal social, il doit assumer cette dimension de sa nature, qui représente comme on l’a vu un facteur important de satisfaction de ses besoins fondamentaux. Mais il doit aussi veiller à ce que son individualité ne soit pas absorbée par la conscience de groupe. Car la conscience individuelle, son apparition à une étape de l’évolution qui marque la naissance de l’homme et son expansion depuis à travers chacun de nous, est l’essence même du phénomène humain... Si je devais juger de l’étape à laquelle nous sommes parvenus à la fin du millénaire qui s’achève, je dirais que nous ne sommes pas encore sortis de l’adolescence.

Texte anonyme transmis par Claudius lecteur actif du Blog.

REFLEXIONS:

 

A la lecture de ce texte d'un anonyme, je me fais plusieurs réflexions. L'homme est un animal social, il a besoin de vivre en groupe, de s'intégrer dans une communauté, de se compter, pour compter, se comparer pour se rassurer. 

Le Franc-Maçon fait l'apprentissage de lui même en se plaçant face à lui même. Le groupe est présent pour l'accompagner, l'aider dans cette recherche, ce n'est pas pour autant qu'il s'abandonne au groupe, pour se forger une identité et surtout son identité.

S'abandonner à un groupe c'est rechercher une forme d'avoir une facilité, et renoncer à être soi-même.

 Est-ce qu'une somme de refléxions individuelles, peut générer une conscience collective, à votre avis ?

JFG

Commenter cet article

Frère Tuck 28/09/2016 09:22

Le problème de la foule c'est qu'il s'y passe toujours quelque chose qui peut se vivre collectivement et en direct. Ainsi les Romains ont inventé les arènes afin d'exalter les foules jusqu'au délire parfois. Maintenant nous avons des stades où une simple erreur d'arbitrage peut se transformer en une violence inouïe...Il faut compter aussi, maintenant, avec les risques d'attentats...
Mais malgré ces "risques" certains préfèreront toujours le stade à la télé, car l'enthousiasme d'une foule est quelque chose qui se vit, à l'instar de ce qui se passe en loge. La différence c'est que dans une loge chacun peut participer à sa manière à "l'enthousiasme collectif", ce que d'autres désigneront par une terme qui reste encore obscur à la plupart: l'égrégore... tandis que dans une foule il n'y a que deux participants: l'objet du rassemblement, et les membres de la foule où se distinguent parfois un ou plusieurs meneurs. Pour le symbolisme, j'ajouterai que parfois arrive un troisième participant: la police...
Pour ce qui est de la foule "de tous les jours" je pense par contre que celui qui s'y sent bien (besoin permanent de voir du monde) ne cherche pas à exister: il est dans un moule impersonnel qui lui permet "d'être comme tout le monde" et de n'être rien en personne. Il développe une forme de "non existence" qui l'autorise à n'avoir d'avis sur rien et à ne parler que de choses banales. C'est un robot "métro-boulot-dodo" indifférent à tout, même à ce qui se passe sur les blogs... pour répondre à ton questionnement, mon cher Claudius. Car ne nous y trompons pas: même les maçons sont atteints, malgré la chance qu'ils ont de pouvoir encore sortir de temps à autre de ce monde brutal pour quelques heures. C'est peut-être pour cela que la franc-maçonnerie perdure au fil des évolutions de la société...
Bien fraternellement, de Frère Tuck.

Claudius 27/09/2016 11:38

Les commentaires pensés et écrits sur ce blog permettent pour nous Maçons d'y apporter des réflexions complémentaires relatives à tous les problèmes posés par cette modernité que nous impose l'évolution rapide de la Société, problèmes que nous ne souhaitons pas aborder en loge afin de respecter l'esprit de chacun des rites pratiqués.
Cependant ce blog est consulté par de nombreux internautes, notre étonnement est de constater le très faible nombre d'intervenants pour y exprimer des commentaires, qui se comptent sur les doigts de la main. Le motus et bouche cousue , serait ce une indifférence, une forme de fuite du: à quoi bon !!!! Ceci pour tenter de répondre au problème de solitude de chaque individu sur les problèmes de société qui le touchent personnellement .
Claudius

Catégories

Articles récents

Hébergé par Overblog