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la Franc Maçonnerie au Coeur

la Franc Maçonnerie au Coeur

Un blog d'information, de conversations sur le thème de la Franc Maçonnerie, des textes en rapport avec la Franc Maçonnerie, comptes rendus et conseils de lectures.

Publié le par jean françois
DU SOLEIL LEVANT

DU SOLEIL LEVANT

 

A la lecture du texte ci-dessous proposé par Claudius, et à la veille d’un débat national sur la formation professionnelle qui devrait être apolitique puisque concernant tous les français en général et les jeunes en particulier et avec une acuité supplémentaire tous ceux que nous avons laissés en errance dans nos banlieues, je ne puis qu’avec une pointe de nostalgie me demander. Ou est passé le temps des cathédrales, la lecture de ce texte avec des yeux de Franc-Maçon, permet de comprendre l’initiation Maçonnique.

 

Après avoir frappé à la porte du temple en profane, à la recherche de la Lumière, mes Frères m’ont ouvert la porte et j’ai pu faire les premiers pas mystérieux vers le travail, travail sur moi même, mais aussi pour les autres.

Depuis des décennies on se lamente du peu de succès de l’apprentissage, je m’étonne qu’il n’y est pas eu un seul de nos énarques intéressés par cette voie royale, du compagnonnage dispensée de manière trop confidentielle par l’Union Compagnonnique ou les Compagnons du Devoir.

 

Ce devoir, cette Gloire au Travail bien compris par nos ancêtres constructeurs des cathédrales, c’est avec joie et fierté que nous parlons de nos cathédrales, véritables témoignages du passé qui éclairent encore l’avenir. Ces livres vivants ouverts sont le résultat d’une collaboration de toutes les classes de la société de l’époque, de la mutualisation des savoirs dans les Loges adossées aux contreforts de ces édifices. Il fallait construire grand, voir loin, voir plus haut, pour que tous puissent bénéficier de la Lumière, que personne ne demeure dehors.

 

Le Franc-Maçon de l’Apprenti au Maître sait ce qu’il doit aux autres et à ses Frères en particulier, il a acquis des droits par son travail, mais aussi il a le Devoir de transmettre, pour que se fortifie cette spirale ascendante pour tous.

Les passages successifs des degrés initiatiques sont autant d’exigences vis à vis de ses Frères et de la société ; il doit redonner ce qu’il a reçu, c’est ainsi que se soude une société, une fraternité dans la joie renouvelée sans cesse. Apprendre, connaître, construire, transmettre, donner du sens à sa vie, donner du sens au monde.

 

JF.

DU SOLEIL LEVANT

 

 

Réflexion d 'un philosophe japonais

 

 

Mutualisme et cyclicité

 

 


Je veux partager avec vous une découverte récente. Il s’agit d’un article paru dans un numéro de la revue américaine New Perspective Quarterly par l’un des plus éminents philosophes japonais, Nakeshi Umehara, qui est aussi le directeur du Centre interna-tional de recherches pour les études japonaises, de Kyoto. 

  

 


Umehara nous dit que le modernisme tel qu’on l’entend en Occident débouche dans un cul-de-sac. Beaucoup des principes qui ont présidé à l'évolution de la pensée occidentale et à la traduction de cette pensée dans l'action sont des principes qui n'ont plus aucun sens. C’est en fait toute la culture occidentale qu’il remet en question. Et pour la renouveler, il suggère aux occidentaux de jeter sur les choses un nouveau regard et de s’engager dans une prospection: d’aller voir dans les autres cultures s’il n’y a pas des concepts dont l’Occident pourrait s’inspirer. En guise de contribution, il suggère de considérer deux principes qui sont le fondement de la culture japonaise, et dont l’Occident pourrait profiter.

(Comme vous peut-être, ma première réaction a été défensive. Les Japonais qui, entre autres, détruisent systématiquement les grandes forêts d’Asie ont-ils des leçons à donner à l’Occident sur la façon de corriger les excès du modernisme? Mais le ton de l’exposé n’a rien de prétentieux. On peut supposer qu’il déplore tout autant les excès du modernisme au Japon – qu’il attribue, on s’en doute, à l’occidentalisation... Quoi qu’il en soit, j’estime qu’il faut accueillir les suggestions éclairantes d’où qu’elles viennent!)

Le premier principe qu’il suggère d’examiner est celui de l’éthique, de la responsabilité réciproque, interpersonnelle, qu’il appelle le mutualisme: " je suis responsable de vous et vous l’êtes de moi ". La société a une responsabilité à l’égard de l’individu mais inversement l’individu est responsable par rapport à la société... Umehara s'explique ainsi: " Avant d'éclaircir le principe de mutualisme, je dois évidemment entrer dans le corps de l'individualisme comme valeur absolue en Occident, qui fait oublier la responsabilité que l'on a envers les autres, envers la société, envers le système, etc., tel que ce concept occidental est présentement véhiculé dans le monde actuel. " C'est au fond un mot qui recouvre l'idée de partage, d'échange, de gagnant/gagnant, plutôt que de compétition. Le philosophe japonais aborde aussi la question des droits et des devoirs. Il rappelle que nous avons d’abord et avant tout des devoirs les uns envers les autres, comme envers la société. Et c’est parce que nous avons des devoirs que nous avons aussi des droits. Et non pas le contraire.

Le second principe qu’il propose à notre réflexion est celui de la cyclicité, qu’il définit – si vous me passez cette traduction littérale – comme la responsabilité générationnelle. Pour les Japonais, explique-t-il, le temps n’est pas linéaire mais cyclique. Il n’a pas de commencement ni de fin. Le temps revient toujours pour ainsi dire sur lui-même. À cette notion se rattache la théorie bouddhique de la renaissance – il n’emploie pas le mot réincarnation. La vie se trouve engagée dans le temps comme dans une roue. Les descendants seraient en fait des renaissances des ancêtres. Selon cette vue, la responsabilité à l’égard de ceux qui vont suivre ne serait donc pas tout à fait désintéressée. J’ai déjà dit, avec un certain sourire, que mon féminisme tenait pour une part à ce que je ne voudrais pas renaître en tant que femme dans les conditions qui sont encore faites aujourd’hui au deuxième sexe. Le sens de la responsabilité procède ici du sentiment que l’on a d’être entraîné dans le mouvement de la roue qui tourne dans le temps. Ceux qui vont éventuellement renaître devront régler les problèmes qu’ils auront contribué à créer trois, quatre ou cinq générations plus tôt... C’est ainsi que ce philosophe japonais se représente le lien très fort qui existe entre les générations. Vous n’êtes pas obligés d’adhérer à cette vue. Le doute est permis. Chez les bouddhistes, on recommande même de s’engager dans une réflexion à partir du doute. 

Quoi qu’il en soit, nous devons corriger les effets pervers de l’individualisme. J’ai déjà dit qu’un certain individualisme est souhaitable en ce qu’il permet, entre autres, d’affirmer l’autonomie de l’individu par rapport au groupe. Mais le plus souvent, l’individualisme occidental recouvre, en fait, un égocentrisme débile et nuisible pour la suite du monde. 

Il faut relire à ce sujet les merveilleuses pages de Simone Weil au début de son livre L’enracinement.

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