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la Franc Maçonnerie au Coeur

la Franc Maçonnerie au Coeur

Un blog d'information, de conversations sur le thème de la Franc Maçonnerie, des textes en rapport avec la Franc Maçonnerie, comptes rendus et conseils de lectures.

Publié le par jean françois
Jules Vallés

Jules Vallés

EN 1861, LE JEUNE VALLÈS, ENCORE INCONNU, ÉCRIT DANS LE FIGARO UN TEXTE INTITULÉ « LES MORTS », HOMMAGE ÉMOUVANT À LA MASSE DES ANONYMES EMPORTÉS PAR LA MISÈRE. 

Lorsqu'il publie cet article en une du Figaro, le 3 novembre 1861, Jules Vallès n'a que 29 ans et n'est pas encore l'écrivain célébré qu'il deviendra plus tard. Il a pourtant publié un roman, L'Argent, et il commence à se faire connaître en tant que journaliste et chroniqueur.

 

Au fil de ses articles, Vallès, qui a connu une enfance malheureuse, marquée par la pauvreté, se fait le défenseur de la cause des opprimés. Comme ici, dans un long texte intitulé "Les morts", écrit à l'occasion de la Toussaint :

 

"Moi, j'irai visiter les tombes sur lesquelles personne ne viendra pleurer ; j'irai dire un dernier adieu à ces inconnus enterrés pêle-mêle dans la fosse commune, que n'a point, à vrai dire, enlevés la mort, mais qu'a tués la vie. […] Je ne viens […] point faire de leur tombe une tribune et haranguer du fond d'un cimetière ; mais je me souviens, en voyant passer ces femmes en deuil, au bruit triste des cloches sur les églises, de tous ceux que depuis dix ans j'ai entendus tousser, soupirer, râler, et que j'ai vus mourir : pauvres diables, toujours humiliés, traqués, blessés, toujours meurtris, toujours saignants, qui n'ont connu de la vie que les nuits sans sommeil, les jours sans pain, les silences lourds, les bruits vulgaires. À peine on a su leurs combats et cru à leur courage. Leurs commencements ont été obscurs, leur fin ignorée, sombre, terrible."

 

Vallès ne se contente pas de rendre hommage aux victimes de la "misère sans drapeau". Il s'en prend aussi aux vivants :

 

"Le monde n'a jamais vu dans les malheureux que des révoltés. La misère ne lui apparaît qu'à travers le brouillard pâle des philantropies et la fumée rouge des révolutions, l'écume aux lèvres, la poudre aux mains. [...] La misère en habit noir, dit Balzac. Mais elle a droit de cité dans le monde, celle-là ; elle est admise, tolérée, reconnue. C'est l'uniforme des débutants. Il y en a, hélas ! une autre qu'on ne connaît pas, qui n'a ni passeport ni portefeuille, qui ne peut plus mentir, qui bâille par toutes les coutures, dont on entend claquer les dents, crier le ventre, qui n'a plus rien à mettre sur ses plaies, misère grise, plate et laide, dont les héros sans nom, affamés, grelottants, poitrinaires, portent des gilets de pître, des redingotes d'invalides, des vestes de première communion, sur des épaules de trente ans [...].  « C'est leur faute ! » crie notre égoïsme gêné par ce spectacle et ces images ! Qui nous l'a dit ? Savons-nous ce que fut leur enfance, comment s'est passée leur jeunesse, à quelle heure ils firent naufrage, comment ils se sont perdus corps et âme dans cette tempête sans éclairs ! Et pour cela faut-il qu'ils meurent ?"

 

Engagé en faveur de la liberté de la presse, emprisonné en 1870 pour pacifisme, Vallès fondera plusieurs journaux, dont le plus célèbre reste Le Cri du peuple. Pendant la Commune de Paris, le futur auteur de L'Enfant, élu dans le quinzième arrondissement, sera l'un des chefs de file de l'insurrection. À sa mort en 1885, 100 000 personnes accompagneront sa dépouille au Père-Lachaise. 

LIBERTE INFINIE

UNE LIBERTE INFINIE – JULES VALES

 

Son testament philosophique lors de son entrée à la loge l’écossaise N°133 le 02 Avril 1869, il avait 37 ans.

 

Quel est le devoir de l’homme envers Dieu ?

 

Son devoir est de ne pas s’occuper de Dieu.

 

Envers ses semblables ?

 

Le devoir de l’homme envers ses semblables consiste seulement à les défendre quand on les fait souffrir injustement.

 

 

Envers lui-même ?

 

L’homme doit songer à garder intact sa santé, sa raison et sa liberté.

 

Testament

 

Je demande pour les êtres faibles, que ma mort laissera sans ressources, une protection que je n’impose pas à la sentimentalité de ceux qui vivront après moi, mais qui dans un monde bien équilibré, sera naturellement accordée à tout individu incapable, par sa jeunesse ou maladie, de gagner son pain.

Je ne veux pas qu’on mène mon cadavre à l’église ou qu’on bavarde sur ma tombe.

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