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la Franc Maçonnerie au Coeur

la Franc Maçonnerie au Coeur

Un blog d'information, de conversations sur le thème de la Franc Maçonnerie, des textes en rapport avec la Franc Maçonnerie, comptes rendus et conseils de lectures.

Publié le par jean françois
GUIDE SPIRITUEL OU PAS ?
GUIDE SPIRITUEL OU PAS ?

 

L’initiation maçonnique nécessite t’elle l’accompagnement d’un guide spirituel et si oui lequel ?

J’ai le souvenir d’un Grand maître, d’une Grande obédience qui déclarait à la presse : « je suis le guide spirituel de mes Frères. » Ce fût le début d’une dérive qui amena cette obédience à la perte de la moitié de ses Frères.

 

Les Francs-Maçons, pour leur chemin initiatique, leur élévation spirituelle qui commence par la découverte de leur intériorité, n’auraient donc pas besoin de guide, de père spirituel, ce serait donc une démarche entièrement solitaire.

 

Dans « Le pur et l’impur » Wladimir Jankélévitch  écrit : « Seul l’impur avec ses rugosités, aspérités, disparités et mélanges, offre prise à notre savoir. » Si l’initiateur, le guide, le maître extérieur est utile c’est donc parce que l’homme est le plus souvent incapable de prendre contact avec lui-même, avec son être intérieur, il lui manque les clés.

 

Il lui faut donc un serrurier pour débloquer cette porte souvent fermée à double tour, par les contingences de sa vie profane.

Une fois qu’il aura pénétré en lui-même, une fois le contact établit et la connaissance prise des diverses pièces de son intérieur, il lui faudra s’affranchir de son guide, le conserver toute une vie durant, serait la démonstration d’une faiblesse, oubliant que c’est de sa propre volonté qu’il s’est fait recevoir Franc-Maçon. Son guide deviendra alors son soutien dans les épreuves, un simple tuteur à l’image de celui qui soutient l’arbre durant sa croissance. Tuteur de lumière vers la lumière, la Lumière va à la lumière.

 

Le parrain en Franc-Maçonnerie rempli ce rôle, c’est celui qui éveillera, ranimera la lumière qu’il a discerné enfouie dans le cœur de son filleul, d’où l’importance de ne conférer cette mission qu’à un Maître accompli, celui qui sera réceptif plus aux qualités de cœur, qu’aux apparences ou aux connivences sociales et professionnelles.

 

Le parrain agira comme Maïa l’ainée des Pléiades, ces sept sœurs et que Zeus prit pour épouse, celle qui accoucha d’Hermès, ce Dieu ambigu des voyageurs situé au carrefour du bien et du mal, mais qui deviendra pasteur. Le parrain favorisera donc l’accouchement du chercheur de lumière.

On se rappelle que les Pléiades furent transformées en colombes, pour transporter un message de paix et d’harmonie, concilier en quelque sorte l’extérieur et l’intérieur.

 

Le parrain initiateur pour son filleul devra posséder les qualités de pédagogue, pour l’aider, lui faire comprendre que les clés sont à sa portée, à lui de s’en saisir. C’est à l’initié d’ouvrir ses portes, la Franc-Maçonnerie n’est pas une secte, chacun est maître de sa conscience.

Le parrain met en place le processus, la propédeutique, il guidera jusqu’au pied de l’édifice à construire, il posera sa main sur l’épaule ou tiendras l’étendard au-dessus de la tête de son filleul, mais c’est ce dernier qui frappera les trois premiers coups sur sa pierre brute, il sera le compagnon qui partira à la conquête du monde et le Maître qui reviendra au centre avec ses Frères.

 

Le parrain est donc l’animateur si j’ose dire du séminaire de formation, et c’est le jeune initié qui partira avec sa mallette, ses outils pour accomplir le travail sur lui-même. On comprend ainsi la puissance du rituel confié à l’initié, légué par les anciens, et l’importance de lui conserver sa pureté. Tous ceux qui ont quittés temporairement la chaîne d’union, mais qui sont présents dans nos cœurs observent avec bienveillance les jeunes pousses qui fortifient la forêt.

 

Le parrain fournit donc les armes à l’initié, il est un montrant, il se doit d’être exemplaire, responsable à l’écoute, il marche ainsi sur les traces de Socrate, Pythagore, Sénèque, Plotin etc…En faisant pratiquer à son filleul une série d’examens de conscience, une méditation à la manière de Marc Aurèle, il exerce et enrichit sa spiritualité.

 

Au-delà du dire, et du faire le rôle du parrain est aussi d’apprendre à son filleul le silence de ses sens et la modération de ses passions, il favorise la réflexion et la sagesse de l’attente avant l’action. Puis quand la voix de la conscience de son filleul parlera en lui, quand il verra la lumière venant du cœur dans ses yeux, il se retirera dans l’ombre sans faire de bruit, il ne soufflera pas dans les trompettes de la renommée, il partira sur un autre chantier, le temps presse.

 

En conclusion les rituels sont les véritables guides des Francs-Maçons et c’est aux parrains de les ouvrir pour leurs filleuls, comme se déroule le tableau de loge, ils leurs feront comprendre l’importance des rites ancestraux.

 

 L’initiation maçonnique est un chemin que l’on parcoure seul, mais avec un bâton placé dans notre main par notre parrain et le regard tourné vers les bornes que sont nos Frères tout au long de notre route, véritables équerres rectificatrices.

 

Indispensables guides donc, Marie Magdeleine Davy à écrit : « Tous les hommes soucieux de se connaître ont-ils besoin de guide ? Sénèque répond à cette question : « Certains-dira-t-il-sont parvenus à la vérité sans l’assistance de personne ; ils se sont fait eux-mêmes leur chemin… D’autres ont besoin d’aide ; ils n’avanceront pas si personne n’a marché devant eux, mais ils sauront suivre… Une catégorie d’hommes…pour parvenir au bien sous l’empire de la contrainte…un guide ne suffirait pas ; on appellera un moniteur, ou mieux encore un dresseur. (à Lucilius)

 

JF.

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G
D'un œil extérieur,
Ce concept est très présent dans la franc-maçonnerie, au fil des mois je l'ai compris, en lisant, en écoutant, en échangeant... D'autres concepts sont aussi très présents dans les racines mêmes de la franc-maçonnerie. La laïcité, qu'elle soit non dogmatique, qu'elle ne soit pas un substitut de religion, fraternité, humanisme, travail sur soi et tolérance... Toutes ces notions vivants toutes ensembles et en harmonie permettent d'avoir, je pense, un cadre extrêmement bien structuré, très bien pensé et sain.
Je ne crois pas mais je peux me tromper que l'on retrouve toutes ces mêmes notions et sans exceptions dans d'autres mouvement initiatiques et/ou philosophiques. Ce qui fait donc je crois, la spécificité de la franc-maçonnerie. On se rencontre d'ailleurs assez vite que ses membres ont en général les pieds très bien ancrés sur terre. Ce qui ne les empêchent pas de philosopher ou même de parler de spiritualité parfois.
Ceci m'a permis d'aborder mes réflexions autrement et de les enrichir énormément.
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