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la Franc Maçonnerie au Coeur

la Franc Maçonnerie au Coeur

Un blog d'information, de conversations sur le thème de la Franc Maçonnerie, des textes en rapport avec la Franc Maçonnerie, comptes rendus et conseils de lectures.

Publié le par jean françois
4 février 2018

Je ne cherche pas d'images dans les songes

mais dans l'inconnu du monde,

aux rives de la terre et en tous lieux inhabités,

aussi bien sous le ciel millimétré des almagestes

que près des récifs de vieux portulans

même si mes regards et mes pas sont d'abord accordés

aux grandes dépressions de sable, d'herbe ou de neige.

 

Chaque tracé porte mes caravanes

qui vont interminablement d'égarements en bivouacs

pour oublier le but et se mettre à distance,

sans épices, sans houppelande ni porcelaine ni encens;

un jour elles sont en Judée chargées de manuscrits

ou bien près du Rio Grande aux portes d'Albuquerque

avec des caisses de bières et des caisses de fusils.

 

Il n'est pas de parcours étroit

dans un atlas qui met le centre aux pôles

aux sources du Gange, au coeur de l'Amazone;

lignes, courbes, chiffres, latitudes, longitudes

n'ont plus souci du labyrinthe à sens unique

avec sortie par le guichet d'immigration,

la vie est dans les marges et tout est no man's land.

 

Une carte dépliée, c'est Byzance

à deux battements de cils de Novgorod,

c'est les îles de la Sonde sous le vent des Marquises,

un cavalier qui passe à gué de Cadix à Tanger,

C'est Katmandou, Lhassa, Srinagar, Dehra Dun,

Yarkand, Kaza, Keylong, Bénarès, Darjeeling

sous l'empire espéré d'un Kanisha troisième du nom.

 

Je fais tourner le globe et garde la tête chaude,

quel raid nous allons mener Gengis!

quelles merveilles nous allons conter Messire Polo!

quelle chimère nous allons forcer plus à l'Est Csoma!

partout nos courses à l'estime sont exactes

nous avons nos chamans, la science du vide au ras du sol

et ces zones sans fin où ranimer nos âmes mortes.

 

La route va où elle veut

et je ne déroute que moi par instinct ou caprice

comme on prend le premier train qui part

le premier bus qui klaxonne au matin

le premier bateau qui frémit au bout de l'embarcadère,

comme on s'offre un nouveau destin sur le papier

et la chance d'être plus que soi, ailleurs.

jacques.viallebesset.scribouilleur.over-blog.com/

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Evy 05/02/2018 14:15

Beau poème bonne journée

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