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la Franc Maçonnerie au Coeur

la Franc Maçonnerie au Coeur

Un blog d'information, de conversations sur le thème de la Franc Maçonnerie, des textes en rapport avec la Franc Maçonnerie, comptes rendus et conseils de lectures.

Publié le par jean françois
UN MOMENT DE NAÏVETE

DOGME, DOGMATISME, LAÏCITE, LAÏCISME…

 

Pharaon fût Dieu, ou au moins demi dieu et roi à la fois. Le livre du prophète Samuel relate un événement fondamental de la vie du peuple juif, l’installation d’une monarchie, en quelque sorte une séparation des pouvoirs  civils et théologiques, des rois et des prêtres. Ce qui n’est pas une rupture ou un abandon de Dieu vis à vis de son peuple. Mais des questions naissent, le roi est-il soumis à son dieu ou a son peuple, est-il second ou égal à Dieu, voir pour l’administration de la cité au-dessus de son Dieu, il semble en tout cas qu’il était l’élu de son peuple. Cet événement sera suivi d’un certains nombres d’interprétations et d’exégèses, pour tenter de régler ce problème épineux de la primauté sur les institutions, il fait encore débat dans certains pays, même ceux ayant une religion d’état.

 

Dans le nouveau testament, Jésus interrogé par les Pharisiens au sujet du paiement de l’impôt à César, ne tomba pas dans le piège tendu, on rapporte qu’il dit : Il faut rendre à César ce qui est à César et à Dieu ce qui est à Dieu. Cela a permis aussi de nombreuses interprétations, Samuel et Jésus seraient-ils des pères de la laïcité, ou pour le moins à l’origine de la séparation de l’église et de l’état ?

 

Pour Mahomet et ses successeurs, le Coran est la loi et il n’y a pas de séparation entre le politique et le religieux.

 

L’église catholique romaine, jusqu’à Vatican II, a fait référence au Saint Empire et défendait une hiérarchie plaçant le spirituel au-dessus du temporel, l’aigle a deux têtes, les clés d’or et d’argent, Janus autant de symboles qui illustrent la symbiose entre spirituel et temporel. Le terme Saint à mon sens doit être pris en ce qui concerne le temporel, comme la caractéristique d’une société idéale ou règne la vertu sur le vice. Une société respectueuse de la nature, de l’univers qui nous entoure, et où le sacré à sa place, le spirituel n’est pas l’ennemi du temporel, comme la tradition n’est pas l’ennemie de la modernité. Mais il ne s’agit pas non plus de substituer ou de confondre temporel et spirituel.

 

La franc-maçonnerie n’en déplaise aux partisans des théories du complot n’est pas une secte, qui veut prendre le pouvoir dans la cité et sur les esprits. Elle s’intéresse tout du moins pour une grande partie de ses membres à la Connaissance et non à l’action directe sur la société, c’est par l’exemplarité de ses membres et l’élévation des consciences individuelles qu’elle entend apporter sa contribution au bien commun, non par une prise du pouvoir temporel, mais en apportant sa pierre, cela n’est pas toujours compris.

 

Les francs-maçons opératifs, constructeurs de nos cathédrales étaient eux fortement imprégnés par la religion et la tradition remontant à la construction du temple de Salomon, pour témoignage le manuscrit Régius de 1390, une sorte de catéchisme, de bonne conduite, de bonnes mœurs, fortement imprégné par la religion. Puis le siècle des lumières a vu la naissance de la franc-maçonnerie spéculative poussant sur le terreau des dissensions religieuses en particulier en Angleterre, par la montée du protestantisme, le refus de la papauté (voir Newton), qui furent propice à l’émergence de cette religion universelle selon le célèbre discours de Ramsay, les francs-maçons se sont reconnus dans un principe celui du Grand Architecte de l’Univers.

 

Les droits de l’homme qu’on ne peut manquer de rapprocher en toute objectivité  du livre de Samuel qui sépara le prêtre et le roi ou de jésus qui n donna sa loi d’amour fraternel à tous les hommes. Ces droits s’installèrent dans notre société au terme d’une lutte entre l’église et l’état, entre l’église  et les prêtres de la laïcité, la loi de 1905 consacra la laïcité.

 

Nous constatons hélas que le combat continu toujours, combat qui vient pour sa grande partie de la confusion, du mélange des termes l’on confond dogme et dogmatisme, religion et intégrisme, laïcité et laïcisme.

 

Si le dogme est un ensemble de règles auxquelles je puis adhérer librement il me va bien, s’il est équerre, rituel, ordre initiatique et fraternel, il me va toujours bien, s’il est pratique des arts libéraux et des vertus il me va encore. Mais s’il est excès imposé, obscurantisme, non respect des différences, intolérance, dogmatisme, il ne me va pas, car il est dévoyé en intégrisme, en asservissement, rejet de l’autre, il n’est pas l’amour du prochain.

 

Si la laïcité est protection, des consciences, et respect de toutes les religions elle me va bien, si elle est combat pour des valeurs morales facilitatrices du bien vivre ensemble, d’une vie apaisée et bonne, elle me va bien. Un combat est à mener pour le maintien de cette laïcité, mais un combat est aussi a mener contre le laïcisme qui exclu.

 

Ainsi, l’on peut rêver d’un Camp David, de poignées de mains fraternelles, de chaine d’union entre Samuel et Jules Ferry, entre Jésus et Aristide Briand, une chaîne dans laquelle nous serons capable d’embrasser notre ennemi d’hier. Le franc-maçon après tout ne s’est t’il pas assigné le but, de passer de l’avoir à l’être, et de réunir tout ce qui est épars.

 

JF. 

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