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la Franc Maçonnerie au Coeur

la Franc Maçonnerie au Coeur

Un blog d'information, de conversations sur le thème de la Franc Maçonnerie, des textes en rapport avec la Franc Maçonnerie, comptes rendus et conseils de lectures.

Publié le par jean françois
REFLEXION : LE SACRE, SON SENS, SON ACTUALITE

REFLEXION : LE SACRE, SON SENS, SON ACTUALITE

 

Il m’a été donné d’écouter récemment deux excellents travaux sur le sacré, sur son sens et sur son rapport avec la franc-maçonnerie. Le sujet est immense, on pourrait même dire qu’il est tout consciemment ou non, mon propos est donc d’ouvrir des portes pour ceux qui s’interrogent comme moi sur le sens de leur vie, à chacun sa réponse.

 

Quand on parle du sacré, immédiatement l’on pense transcendance, mais aussi profane, opposition entre deux mondes, celui de l’extériorité et de l’intériorité. Nous avons tous franchis la porte d’un temple, d’une église ou fréquenté un lieu naturel qui a produit sur nos sens une impression inexprimable, certes à des niveaux différents en fonction de notre réceptivité du moment, mais il y a comme une permanence dans ces lieux, par rapport au monde ordinaire, à notre monde quotidien.

 

Le sacré du latin sacrum est donc en rapport avec le divin, il est un espace séparé du monde profane. Da. Per l’un des instigateurs de ma réflexion a commencer son travail par une citation de Pascal : « Il y a deux formes de connaissance, celle de la tête et celle du cœur, celle du monde extérieur et celle des domaines intérieurs, celle de la dimension supérieure qui est le sacré et celle de la dimension inférieure qui est le profane. »

 

Le sens du sacré est là pleinement rattaché à la transcendance, à la foi dans une puissance supérieure au-delà, au-dessus de l’humain, séparé de l’immanence. Cette définition du sacré en fait sa permanence, par rapport au monde profane, au quotidien qui par nature est en mouvement dans l’espace et le temps, au gré des évolutions sociales. Le sacré a aussi une dimension universelle au-delà des dogmes.

 

Mais « c’était avant » selon Michel Onfray qui décrit la dégradation, puis la perte du sacré. Il situe cette dégradation à partir de la scolastique, le moment où l’on se pose des questions sur Dieu, sur la transcendance, puis au XVIIIème siècle celui des lumières de la raison, de la séparation de l’immanence et de la transcendance. La croyance est du domaine de la foi a dit Kant. L’évolution va se faire du théisme  vers le panthéisme, le déisme, puis l’agnosticisme enfin l’athéisme. Michel Onfray ne nie pas en toute logique les racines, la tradition judéo chrétienne, il observe à travers elle la dégradation du sacré. Le message de la transcendance s’affaiblit  peu à peu, la lumière spirituelle était plus intense, plus pure, plus directe, sans artifices dans les premiers du christianisme. A l’instar des églises romanes, quand on a commencé à embellir le cadre si j’ose dire à force de vitraux, de rosaces, de statues autant de marqueurs rendus nécessaires, par les interrogations des fidèles passant leur foi au ciseau de la raison. L’affluence des objets sacrés a abouti à un amoindrissement du sacré, par rapport à la pureté de ses origines, celle des pères du désert, recevant la lumière dans le silence et l’humilité, ils étaient dans un état de spiritualité élevé proche du divin.

Michel Onfray voit le point d’orgue de cette dégradation du sacré avec Vatican II. Il donne pour exemple, le changement d’orientation de l’autel le prêtre tourne le dos à Dieu, à la lumière, à l’orient pour regarder l’occident et ses paroissiens, toute la liturgie se modifie, pour faire moderne, abandon du latin (voir trait d’humour de Brassens),disparition progressive de la musique sacrée.

 

On assiste à une désacralisation des lieux, qui se rapprochent de lieux profanes, on est passé de la transcendance à la transcendance avec l’immanence, pour terminer avec l’immanence, c’est le règne de la raison donc du profane, le sacré ne signifie plus grand chose pour les jeunes générations, qui ne voient dans les lieux sacrés que leur architecture et pas la main de l’architecte et son celle de son inspirateur.

 

Pourtant la flamme de la lumière éternelle, universelle continue de briller en l’homme. Il fallait raviver cette flamme, l’on substitue alors cette dimension spirituelle du sacré par une philosophie de la vie bonne, inspirée de la philosophie antique, la pratique des vertus revient au goût du jour. C’est l’émergence de la spiritualité laïque, une voie parallèle qui se veut différente. La franc-maçonnerie dans l’une de ses composantes dite sociétale ou humaniste souscrit à cette mutation du sacré.

 

Michel Onfray lui-même se déclare être spirituel, sans doute panthéiste, pour preuve son intérêt pour la nature à travers sa vie personnelle et à travers ses œuvres de référence Lucrèce et l’enseignement du jardin d’Épicure, enseignement mis à la portée de tous même des esclaves de l’époque, une sorte de conquête sociale respectable. Virgile l’a inspiré également avec son vert paradis, son retour à la terre, il conçoit ainsi une transcendance, une spiritualité dans chaque chose, chaque végétal…

 

On peut dès lors faire un rapprochement avec l’engouement nouveau pour l’écologie, conséquence directe de l’abondance des biens matériels qui ne suffisent pas au bonheur de l’homme et accentue les disparités sociales, dans une société médiatique instituant la dictature des apparences, du visible, ou le secret et l’intime sont suspects.

La soif d’écologie est une soif d’être, face à l’avoir périssable, jetable, impermanent, la terre devient sacrée, comme les végétaux, l’eau de vient la vie.

 

Le sacré revient donc en force par la porte de l’extérieur, il semble s’être humanisé, il n’est plus ni mystérieux, ni secret. Mais l’on ne voit que l’enveloppe du sacré, le véhicule, le camion pas le fret.

 

Il est intéressant d’observer ainsi le rituel de la fête chez les jeunes gens. On sacralise la fête, elle a son lieu, son jour, ses modes de faire. Le samedi ou le jeudi « c’est sacré ». On sort de son quotidien, on sort de son moi habituel, on se retrouve dans une sorte d’égalité, on consomme ensemble, on est hors la raison, c’est une séparation l’on passe du profane à une sorte de sacré socialisé.

 

Que peut on dire du sacré et de la franc-maçonnerie, il faut distinguer deux franc-maçonneries, celle dit moderne, celle des lumières, humaniste, sociétale qui a renoncé au travail à la Gloire du Grand Architecte, son espace sacré, sa spiritualité est laïque. L’autre branche la franc-maçonnerie de tradition celle qui travaille à la Gloire du Grand Architecte de l’Univers avec les trois grandes Lumières l’équerre, le compas et le Volume de la Loi Sacrée. C’est celle qui accepte, reconnaît une transcendance, pour celle-là la spiritualité, le sacré lui est consubstantielle. Yv. Hou a rappelé l’irruption de la lumière dans les travaux des francs-maçons, le rite maçonnique éveille l’homme au sacré. Il faut naître d’en haut dit Jean 3-17.

 

Les loges maçonniques sont des loges de Saint-Jean inspirées par cet évangile particulier, ésotérique. Le franc-maçon après avoir franchi la porte du temple est dans un espace sacré, la clé lui est donnée pour ouvrir son cœur et son âme, dans le silence il peut réaliser son initiation et approcher le divin, il développe en lui la loi d’amour universelle. Le franc-maçon sensible aux résonnances  du sacré, tout dans sa loge procède du sacré, la géométrie du temple, sa vêture, les paroles, les mots, les gestes, les nombres, les sons. L’homme s’intègre dans le cosmos, c’est une véritable fête, une révélation pour l’intériorité, comment ne pas être touché au cœur.

 

L’on pourrait parler longtemps du sacré, mais chacun à son espace sacré en lui et il est différent d’un homme à l’autre.

 

En quelques mots, et pour moi, seulement pour moi : le sacré c’est séparer l’extérieur de l’intérieur, le matériel du spirituel, c’est reconnaître une forme de transcendance, mais aussi la force de notre immanence, mais c’est aussi relier quand je pénètre en loge je suis relié à mes frères et quand je me recueille à l’extérieur, m’isole je me relie à l’humanité entière, le sacré c’est quand le jour se lève à l’est quand la grande lumière commence a paraître que le soleil rougit et monte de l’horizon, quand il atteint enfin le zénith, le travail peut commencer.

 

Le sacré est propice à l’émergence de cette religion universelle, originelle sans dogme, dont parlait le Chevalier de Ramsay dans on célèbre discours. Le sacré c’est pure transcendance contact direct avec le divin pour voir ce qu’il y a de meilleur en l’homme, c’est donc l’espérance de l’amour universel.

 

JF.   

REFLEXION : LE SACRE, SON SENS, SON ACTUALITE

NOTES D'HUMOUR

 

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