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la Franc Maçonnerie au Coeur

la Franc Maçonnerie au Coeur

Un blog d'information, de conversations sur le thème de la Franc Maçonnerie, des textes en rapport avec la Franc Maçonnerie, comptes rendus et conseils de lectures.

Publié le par jean françois
Une feuille croit de nervures en nervures

Une feuille croit de nervures en nervures

TRANSMETTRE EN FRANC-MAÇONNERIE

 

Si initier c’est transmettre, c’est avant tout faire naître, ou re naître, c’est au-delà d’une filiation toute génétique, c’est l’œuvre d’un groupe héritier de valeurs morales communes, ancestrales. Marcel Hénaff agrégé de philosophie, anthropologue Dans un de ses articles paru dans la revue Esprit, il met en lumière la pensée de Hannah Arendt  à propos de la natalité je cite :

  « Elle nous invite à comprendre, tout d’abord, que naître, ce n’est pas simplement entrer dans la vie et s’y maintenir, c’est commencer, être ce vivant unique et insubstituable pour qui s’inaugure une existence autonome, une aventure imprévisible qui n’est en rien un simple processus de reproduction de l’espèce. Cela implique que chacun s’approprie sa vie et devient initiateur de son devenir. Naître qualifie une liberté. Arendt cite le mot d’Augustin : « Initium ut esset homo creatus est. » (L’homme a été créé pour qu’un commencement soit possible.)Non pas principium, qui est l’origine logique ou métaphysique, mais bien initium, qui est l’entrée dans le temps. Le temps humain est autre chose que le temps biologique parce que naître, c’est être appelé à apparaître dans un monde qui est l’œuvre des hommes- un monde durable-, mais c’est aussi vivre aux yeux les uns  des autres- nous existons parce que nous sommes reconnus et estimés à travers ce que nous offrons à voir.

 

Transmettre c’est donc initier, celui qui reçoit, participe, il devient acteur de son initiation, il aura ensuite à transmettre, c’est à dire à faire don aux générations suivantes. C’est l’expression de la solidarité inter générationnelle.

 

Dans un monde qui entend profiter du présent sans préoccupation de l’avenir, que transmettons-nous aux générations futures ? Notre dette accumulée, une planète souillée, des traditions dégradées, affaiblies.

Dans une société béate devant les écrans, admirative des traders ces dieux de la finance, où l’on veut gérer les hôpitaux comme des entreprises ordinaires, le don des soignants apparaît presque comme une gène.

 

La franc-maçonnerie, héritière de traditions, dont celle des bâtisseurs de cathédrales est t’elle hors sol ?

Dans une société où le sens de l’apprentissage est méprisé par les parents, qui rêvent de voir leurs enfants derrière des ordinateurs, qui d’un simple clic mettent à bas tous les modèles traditionnels, où le modèle, est l’immédiateté de la réussite par l’instinct et l’intelligence, sans imagination, en attendant le règne de l’intelligence artificielle qui ringardisera ces petits génies.

 

Seuls quelques milliers de juristes grincheux font barrage à cette explosion, ils apparaissent comme des empêcheurs réactionnaires d’un ancien monde.

 

L’on comprend le manque d’enthousiasme pour cette vieille dame tricentenaire qu’est la franc-maçonnerie par les jeunes générations. Il ne suffira pas de baisser les cotisations comme le propose une grande obédience pour faire entrer dans nos loges les jeunes !

 

Quand le temps se rétrécit tous les jours de plus en plus au présent, en oubliant le passé, et en négligeant l’avenir.

 

Daniel Innerarity rappelle l’étonnement de E. Kant : « Lorsqu’il observait à quel point il était curieux que les générations antérieures aient travaillé péniblement pour les générations ultérieures. Aujourd’hui, il semble que ce soit le contraire : avec notre absolutisation du temps présent, nous faisons que les générations futures travaillent involontairement en notre faveur. »

 

L’envie de transmettre, l’éthique du futur semble se réduire en peau de chagrin, sur tous les plans ; les politiques ne gouvernent  qu’en vue des élections, l’économie fonctionne sous le joug des actionnaires et de la puissance financière chaque année il faut servir plus de dividendes que l’année précédente, en matière sociale on s’étonne qu’il y est de plus en plus de personnes âgées à la charge de la société, les contrats internationaux meurent avec ceux qui les ont signés et parfois avant même leur pleine application.

 

On préfère des espaces de vie qui ressemblent à des centres commerciaux hyper ceci, hyper cela, plus connectés, plus climatisés, au contact avec la nature, les villes ne grandissent plus elles grossissent au détriment des zones rurales, ou meurent quelques indigènes attardés.

 

La franc-maçonnerie fait l’éloge de la lenteur, pour construire des hommes épris de justice, de liberté, d’égalité, de fraternité, de solidarité. Elle peut être un lieu de résistance pour un futur durable ou l’homme trouve sa place en harmonie avec l’univers qui l’entoure. La transmission maçonnique se fait dans des lieux sacralisés, où règne le temps de l’écoute, le respect de l’autre, le silence de la réflexion, loin de l’agitation du présent. La franc-maçonnerie reste une institution propice à la transmission des valeurs morales et à la pratique des arts libéraux. Elle ambitionne de faire re naître des hommes libres et maîtres d’eux-mêmes, trouvant leur chemin dans la complexité de l’avenir avec les lumières du passé.

 

JF.

Rémy Le Tallec nous propose ce texte de Louis Chedid

On ne dit jamais assez aux gens qu’on aime qu’on les aime

 

Ces parents, ces amis, ces femmes qu’on affectionne

 

Avec lesquels on dort, on dîne, on parle au téléphone

 

Souvent quand nos regards se croisent Y’a comme une chaleur

 

Mais de là à en faire des phrases Trop de pudeur, trop de pudeur

 

On ne dit jamais assez aux gens qu’on aime Par peur de les gêner qu’on les aime

 

On ne leur dit jamais assez Que sans eux, sans elles, On ne serait même pas la moitié de nous-mêmes

 

Avant de nous dire au revoir, marcher à l’ombre Avant que sur notre histoire le rideau tombe J’veux déclarer à tout c’petit monde qui m’entoure

 

La vie, la vie, serait d’un sombre sans vous autour On ne dit jamais assez aux gens qu’on aime Par peur de les gêner qu’on les aime

 

On ne leur dit jamais assez Que sans eux, sans elles On ne serait même pas la moitié de nous-mêmes.

 

Qu’y a t’il de plus important ? La raison ou les sentiments ?

 

On ne dit jamais assez aux gens qu’on aime On ne leur dit jamais assez Qu’on les aime

Louis CHEDID

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