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la Franc Maçonnerie au Coeur

la Franc Maçonnerie au Coeur

Un blog d'information, de conversations sur le thème de la Franc Maçonnerie, des textes en rapport avec la Franc Maçonnerie, comptes rendus et conseils de lectures.

Publié le par jean françois
VERS PENN AR ROZ

VERS PENN AR ROZ

 

Toujours plus loin, plus haut vers Perros, Penn ar roz, vers le bout du chemin, le sommet de la colline, là où la quête me mène. C’est comme une exigence de ne plus parler qu’avec le cœur, une envie d’abandonner la vanité des paroles au bord du chemin, quand elles deviennent insupportables se vident de sens, comme on jette ses vêtements inutiles pour marcher dans le silence du désert quand le soleil est au zénith.

 

Débarrassé de ses corsets pour écouter les battements de son cœur, être plus proche de l’essentiel, de l’essence des choses, être enfin de tout cœur  avec moi, avec les autres.

 

Voir la coupe, le Graal d’où s’écoulent lentement le sang et l’eau de la vie, voir le miracle de la Rose qui s’épanouie pleine de la rosée céleste et ses pétales qui montent dans l’éther. Atteindre le centre de l’être intégral, harmonieux, unique tel est le chemin de Perros, le chemin du sommet, l’ultime destinée de l’initiation maçonnique, le retour chez soi, au paradis sur terre, la restauration de l’ordre après le chaos, la réouverture du livre de la vie, celui de Jean de Patmos au prologue.

 

JF.

 

Source d’inspiration : Les Poèmes Bleus de Georges Perros – Le Chemin chez NRF Gallimard. Pour extrait vu sur Babélio KEN AVO.

Penn ar roz ou Perros en Breton c’est le bout du chemin, le sommet de la montagne.

VERS PENN AR ROZ

 

                  KEN AVO

 

J’avais quitté la Seine-et-Oise de bon matin

Ma mansarde là-haut, sur la colline

Où l’on observe les astres et les fusées

Mon poêle à pétrole, mes pipes

Mes livres, mes poussières, ma fenêtre

D’où je pouvais ne pas regarder la Tour Eiffel

Qui tourne de l’œil tous les soirs

Le Panthéon, le Sacré-Cœur, ce fromage blanc

D’autres choses encore, indicibles

Pour le moment

Les toits de Paris.

J’allais une fois encore vers cette Bretagne

Qui m’a très jeune fasciné

Qui m’est aimant quand je suis loin

Qui m’est douleur quand de trop près

J’en subis la loi inflexible

Des pierres de ciels d’horizons.

 

Les hommes partout se ressemblent

Les lieux n’y pourront jamais rien

Les lieux ne nous donnent à vivre

Qu’avec parcimonie

Pour renouveler le bail, le contrat qui nous lie

A nos frères, puisqu’il paraît.

 

Et je quittais mes amis, que j’aime bien

Qu’il m’est difficile d’aimer tous à la fois

Quand par hasard ils se connaissent

Et qu’on se retrouve autour d’une table ;

Je quittais mes amis dont j’ai besoin

Et qui me font souffrir comme un pays,

Comme la Bretagne

Que j’aurai maintenant tant de mal à quitter,

J’ai si peur de mourir ailleurs ;

L’homme est pays pour l’homme

Quelques fois paysage

L’homme a besoin de l’homme

Bien plus que de la femme

Et les femmes le savent

Qui connaissent leur homme

Je quittais mes amis, et sur mon engin,

Une motocyclette

Qu’un de mes amis justement, m’avait payée

Connaissant mon vice, le vent,

La vitesse du vent,

Les jambes serrées contre ce ventre d’essence

Un peu comme sur un cheval j’imagine

Qui aurait deux roues, et ce bruit désagréable

Pour ceux qui n’en profitent pas

Du mouvement

Oui j’allais en Bretagne, le col de ma chemise ouvert

Une guêpe s’y engouffra, je dus m’arrêter, la douleur

Etait très forte, et inquiétante,

Et puis les hommes sont douillets,

Par Trappes, Houdan, Dreux, Verneuil, L’aigle

Le Pin aux haras, Argentan, je buissonnais

Ce n’était pas la route droite,

J’allais en Bretagne une fois de plus.

 

Je ne me sens homme qu’au contact des choses

Avec les hommes c’est le contraire

Vous savez bien que c’est difficile

Ou trop facile

Je ne me sens à l’aise avec eux

Que de profil quand à deux

On regarde la même chose

Cette chose qui n’existe pas

Devant laquelle le prêtre lève le bras

Sans plus y croire beaucoup

Il est trop isolé

Et que nous ponctuons notre fixité ignorante

A coup de vin ordinaire

Ou de Guiness aux relents joyciens

Avec cette affiche qui fait penser

A l’aigreur de Dublin, is good for you

Cette marque de petite bouteille sombre, fumée

Qu’on imagine irlandaise

Et ce liquide velouté qui mousse

Qu’il faut savoir verser dans des verres spéciaux

Sinon ce n’est plus la même chose

Et qui détermine le sens de la conversation

Dans sa bave marine.

Entre hommes, comment…. Suite demain.

 

Extraits de KEN AVO de Georges Perros.

VERS PENN AR ROZ
VERS PENN AR ROZ

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