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la Franc Maçonnerie au Coeur

la Franc Maçonnerie au Coeur

Un blog d'information, de conversations sur le thème de la Franc Maçonnerie, des textes en rapport avec la Franc Maçonnerie, comptes rendus et conseils de lectures.

Publié le par jean françois
QUE RESTE-T-IL DE NOS LUMIÈRES ?

QUE RESTE-T-IL DE NOS LUMIÈRES ?

 

 

 

Les sœurs et les frères sont-ils les seuls orphelins des lumières ? Ou sont-ils encore des chercheurs de la Vérité comme l’étaient leurs prédécesseurs du XVIIIème siècle. Une chose est sure ils sont les enfants de la Lumière, de celle qui éclaire le monde. Ils se revendiquent de la lumière universelle, de cette religion commune sans dogme qui relie tous les êtres humains dans une grande fraternité.

 

Mais que reste-t-il vraiment des lumières ? De celles qui sont nées de la liberté et de l’ouverture d’esprit des intellectuels, des scientifiques, des artistes, qui ont mis fin aux dogmes religieux au XVIIIéme siècle, et ont répandu leurs lumières sur la terre entière. 

 

Ce trésor découvert après le joug de la scolastique, a pris racine dès la renaissance en Europe. Comparable au miracle Grec ou à la lointaine marmite d’Alexandrie, ce bouillonnement de l’esprit a apporté un souffle de liberté, l’esprit des lumières a été porté par Voltaire et Rousseau, c’est la faute à Voltaire, c’est la faute à Rousseau.

 

La conséquence des lumières a été le développement des sciences et des techniques, l’universalisme, qui s’est dégradé en mondialisme. 

Le vent de la liberté n’a pas soufflé de la même manière partout, les frères Lafayette et Washington, ont été des privilégiés de la liberté, ils avaient pourtant tous les deux des propriétés avec des esclaves ! 

 

De nombreux frères francs-maçons dans les loges du Havre, de Nantes, de Bordeaux se sont livrés au commerce triangulaire avec les îles des caraïbes et le nouveau monde. (Lire dans Critica Masonica Vol 2/2 , N°4 de Juin 2014- Les négriers et le franc-maçonnerie. Les pratiques culturelles dans un port de traite : Le Havre à la fin du XVIIIème siècle-35)

 

Aujourd’hui ne sommes-nous pas les négriers des enfants d’Asie et d’Afrique qui tissent nos vêtements, qui creusent dans les mines pour extraire les métaux rares nécessaires à nos téléphones portables ! Les lumières n’éclairent pas partout de la même manière. Que penserait Voltaire, de la Liberté que nous offrons à ces enfants ? Que penserait Rousseau, du sort que nous réservons à la nature ?

 

Les lumières si elles ont mis fin aux superstitions et aux dogmes, mis la raison au pouvoir, jusqu’à rejeter les traditions à la croyance, font parfois comme un paradoxe preuve de l’intolérance qu’elle sont censées combattre. Il s’est développé face à l’intégrisme de certaines religions, une radicalité des lumières, le laïcisme en est une des expressions. Il ne s’agit pas de renoncer à l’État laïc, mais de se défier des excès du laïcisme, dans ce cadre les lumières deviendraient une auto-doctrine.

 

Et l’on ne voit pas pourquoi les lumières ne feraient pas une place aux valeurs des traditions universelles, fussent-elles portées par une ou des religions, tout en renonçant aux dogmes ? Jésus, Moïse, Confucius, etc… Peuvent êtres considérés comme des grands initiés, porteurs de lumières, et non pas seulement comme les incarnations d’une religion. Il y a tout dans les lumières, les lumières n’ont de limites que celles du respect, de la tolérance, et de l’ouverture de l’esprit.

 

Les lumières nous ont transmis une capacité d’ouverture d’esprit, mais aussi une capacité de jugement. La métaphore de la lumière est la Vérité. À la question posée au candidat à l’initiation : Que cherchez- vous ? La réponse est : La Vérité et la Lumière !

 

Encore faut-il tenter de définir la différence entre les lumières et la Lumière. Si les Lumières se dégradent peu à peu par l’expansion des techniques dont elles sont à l’origine et qui ont été dévoyées, il reste l’esprit des lumières, et la Lumière consubstantielle à chacun d’entre nous, elle porte selon chacun des noms différents, âme, esprit et cœur.

Elle peut-être la lumière divine, elle est alors religieuse ou philosophique. Elle peut-être naturelle, c’est la lumière de la raison.

Les initiés en franc- maçonnerie, la fragmente : la faible lumière intime, cette parcelle qui conduit le profane dans le cabinet noir, la lumière qui est reçue par l’apprenti, celle qui éclaire le compagnon sur route, l’étoile inaccessible de Don Quichotte ou de Brel, la lumière qui illumine au centre du cercle, celle du dieu des Égyptiens, le disque solaire. Puis, peu à peu encore elle grandit, au point du jour, la grande lumière commence à paraître, c’est l’ultime lumière, la lumière intérieure. Après ce lexique des lumières, la question c’est comment faire vivre, revivre ses lumières, et pourquoi ?

 

Comment c’est à la fois un travail individuel, la culture de valeurs universelles, de liberté, de tolérance, de respect, un effort solitaire de la raison individuelle, mais c’est insuffisant, il faut un travail collectif, accumuler des savoirs, des techniques certes, ne pas nier les progrès, mais conserver son esprit critique, ne pas réserver ces lumières non plus à une élite, en laissant les autres dans l’ignorance, travaillé pour que notre siècle soit éclairé. Faire vivre cette polyphonie des lumières, mettre le nous devant le je.

 

Jean-François Guerry.

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