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la Franc Maçonnerie au Coeur

la Franc Maçonnerie au Coeur

Un blog d'information, de conversations sur le thème de la Franc Maçonnerie, des textes en rapport avec la Franc Maçonnerie, comptes rendus et conseils de lectures.

Publié le par jean françois
ANTHOLOGIE

ANTHOLOGIE

 

 

L’anthologie est avant tout un choix, un choix que l’on fait librement en fonction d’un sujet d’ordre général, et souvent dans le cadre d’un art en particulier, ainsi naissent des anthologies diverses, spécifiques. Ces anthologies compilent des œuvres et aussi leurs créateurs, les œuvres choisies sont toujours en principe les meilleures ou reconnues comme telles, de même que leurs auteurs et créateurs, du fait de leurs reconnaissances universelles.

 

Les auteurs, les morceaux choisis de leurs œuvres ne le sont pas par hasard, mais obéissent à un Ordre, comme le cosmos est lui même organisé, dans cet ordre l’on trouve les valeurs communes ou tous devraient se retrouver, pour peu qu’ils soit honnêtes, épris de justice, de justesse, de bonnes moeurs.

 

Allons plus loin, le terme anthologie vient du grec « anthos » qui signifie fleur, plus haut encore, dans le temps linéaire allons jusqu’au sanskrit « andhas » qui signifie plante. Avec mon regard de franc-maçon, je pousse plus loin jusqu’à l’arbre, et pourquoi pas l’arbre de vie, et par association encore l’arbre des vertus.

 

L’anthologie maçonnique proposée par Raphaël Aurillac –Kleiô n’échappe pas à ces règles. Cet arbre généalogique des francs-maçons célèbres et de leurs morceaux choisis, ces fleurs qui le décorent, cet arbre imputrescible comme l’acacia.

 

C’est sur une de ses branches que nous trouvons André Isaac, dit Pierre Dac, avec ses mots de passe particuliers qui suscitent notre joie, nous rappellent que sans se prendre au sérieux, l’on peut-être sérieux, que le rire est le propre de l’homme.

 

Voici donc une fleur de cette anthologie proposée par un frère de Loge Kléiô, cette belle muse maçonnique.

 

Jean-François Guerry.

ANTHOLOGIE


André Isaac dit Pierre Dac.

Chansonnier, comédien, journaliste français. Né le 15 août 1893 à Chalons sur Marne ; décédé le 9 février 1975 à Paris. Initié le 18 mars 1946 par la loge Les Compagnons Ardents, Pierre Dac fit rire la France avec ses sketches, ses revues et ses émissions de radio pendant près d’un demi-siècle. Son humour délirant, reposait sur le paradoxe, l’absurde, la parodie et la dérision.

 

Un humour qualifié de loufoque, genre dont il se proclamait à la fois l’inventeur et le roi.
 

D’origine juive, il était le second fils d’un modeste boucher alsacien ayant trouvé refuge en champagne après la défaite française de 1870.
 

À vingt et un ans la première guerre mondiale le sort de ses rêveries d’adolescent. Il est mobilisé sur le front d’Artois. C’est là qu’un éclat d’obus lui brise le bras ainsi que les espoirs nourris par sa mère de le voir devenir violoniste. Il survivra mais pas son frère, tué sur le front.
 

Sa foi en l’humanité sortira ébranlée de cette épreuve. Il trouve refuge dans la dérision.
Il adopte le nom Pierre Dac et débute dans les cabarets de Montmartre, se produisant parfois sur plusieurs scènes dans une même soirée.

 

Sous l’occupation, il se réfugie en zone libre avant de parvenir à rejoindre le général De Gaulle à Londres. Là il devient un des Français qui parlent au Français.

Le 10 mai 1944 : au micro de Radio-Paris, Philippe Henriot, éditorialiste au service de la propagande allemande attaque Pierre Dac en évoquant ses origines juives : « Qu’est-ce qu’Isaac, fils de Salomon, peut bien connaître de la France ? […] La France, qu’est-ce que ça peut bien signifier pour lui ?… ».

Le lendemain, Pierre Dac lui répond au micro de Radio Londres : Bagatelle sur un tombeau
« M. Henriot s’obstine ; M. Henriot est buté. M. Henriot ne veut pas parler des Allemands. Je l’en ai pourtant prié de toutes les façons : par la chanson, par le texte, rien à faire. Je ne me suis attiré qu’une réponse pas du tout aimable – ce qui est bien étonnant – et qui, par surcroît, ne satisfait en rien notre curiosité.

 

Pas question des Allemands. C’est entendu, monsieur Henriot, en vertu de votre théorie raciale et national socialiste, je ne suis pas français. À défaut de croix gammée et de francisque, j’ai corrompu l’esprit de la France avec L’Os à moelle. Je me suis, par la suite, vendu aux Anglais, aux Américains et aux Soviets.

 

Et pendant que j’y étais, et par-dessus le marché, je me suis également vendu aux Chinois.

 

C’est absolument d’accord. Il n’empêche que tout ça ne résout pas la question : la question des Allemands. Nous savons que vous êtes surchargé de travail et que vous ne pouvez pas vous occuper de tout. Mais, tout de même, je suis persuadé que les Français seraient intéressés au plus haut point, si, à vos moments perdus, vous preniez la peine de traiter les problèmes suivants dont nous vous donnons la nomenclature, histoire de faciliter votre tâche et de vous rafraîchir la mémoire : Le problème de la déportation ; Le problème des prisonniers ; Le traitement des prisonniers et des déportés ; Le statut actuel de l’Alsace-Lorraine et l’incorporation des Alsaciens-Lorrains dans l’armée allemande ; Les réquisitions allemandes et la participation des autorités d’occupation dans l’organisation du marché noir ; Le fonctionnement de la Gestapo en territoire français et en particulier les méthodes d’interrogatoire Les déclarations du Führer dans Mein Kampf concernant l’anéantissement de la France.

 

Peut-être me répondrez-vous, monsieur Henriot, que je m’occupe de ce qui ne me regarde pas, et ce disant vous serez logique avec vous-même, puisque dans le laïus que vous m’avez consacré, vous vous écriez notamment : “Mais où nous atteignons les cimes du comique, c’est quand notre Dac prend la défense de la France ! La France, qu’est-ce que cela peut bien signifier pour lui ?”

 

Eh bien ! Monsieur Henriot, sans vouloir engager de vaine polémique, je vais vous le dire ce que cela signifie, pour moi, la France. Laissez-moi vous rappeler, en passant, que mes parents, mes grands-parents, mes arrière-grands-parents et d’autres avant eux sont originaires du pays d’Alsace, dont vous avez peut-être, par hasard, entendu parler ; et en particulier de la charmante petite ville de Niederbronn, près de Saverne, dans le Bas-Rhin. C’est un beau pays, l’Alsace, monsieur Henriot, où depuis toujours on sait ce que cela signifie, la France, et aussi ce que cela signifie, l’Allemagne.

 

Des campagnes napoléoniennes en passant par celles de Crimée, d’Algérie, de 1870-1871, de 14-18 jusqu’à ce jour, on a dans ma famille, monsieur Henriot, lourdement payé l’impôt de la souffrance, des larmes et du sang. Voilà, monsieur Henriot, ce que cela signifie pour moi, la France.

 

Alors, vous, pourquoi ne pas nous dire ce que cela signifie, pour vous, l’Allemagne ? Un dernier détail : puisque vous avez si complaisamment cité les prénoms de mon père et de ma mère, laissez-moi vous signaler que vous en avez oublié un celui de mon frère. Je vais vous dire où vous pourrez le trouver ; si, d’aventure, vos pas vous conduisent du côté du cimetière Montparnasse, entrez par la porte de la rue Froidevaux ; tournez à gauche dans l’allée et, à la 6e rangée, arrêtez vous devant la 8e ou la 10e tombe. C’est là que reposent les restes de ce qui fut un beau, brave et joyeux garçon, fauché par les obus allemands, le 8 octobre 1915, aux attaques de Champagne. C’était mon frère. Sur la simple pierre, sous ses noms, prénoms et le numéro de son régiment, on lit cette simple inscription :
 

“Mort pour la France, à l’âge de 28 ans”. Voilà, monsieur Henriot, ce que cela signifie pour moi, la France. Sur votre tombe, si toutefois vous en avez une, il y aura aussi une inscription : elle sera ainsi libellée : Philippe Henriot Mort pour Hitler, Fusillé par les Français… Bonne nuit, monsieur Henriot. Et dormez bien. »

Henriot sera abattu par la Résistance 48 jours plus tard


Dans un tout autre esprit Pierre Dac écrira une satire du rituel maçonnique en usage dans sa…Grande Loge des Voyous

Rituel du Premier Degré Symbolique – Ouverture et fermeture des travaux.

Le Taulier : Frangin deuxième maton, quel est le premier turbin d’un maton en carrée ?

 

 2e Maton : Taulier, c’est de bigler si la carrée n’a pas de courants d’air et si la lourde est bien bouclée.

 

Le Taulier : Veux-tu bien gaffer frangibus ?

 

2e Maton : Frangin bignoleur, veux-tu bigler si la carrée est aux pommes et décambuter en loucedé pour arnaquer les loquedus ?

 

Le Bignoleur (de retour) : Y’a que dalle Chef !

 

2e Maton : Frangin Taulier, la cabane est réglo.

 

Le Taulier : Quel est le boulot du premier maton ?

 

1er Maton : Frangin Taulier, c’est de se rencarder si tous les gonzes d’ici sont bien des potes et non des demi-sels.

Le Taulier : Premier et deuxième maton, vos zigues, faites votre turbin. Biglez s’il n’y a pas de loquedus, les argougnez et me les bonnir aussi sec. Debout tas de fainéants face au bourguignon ! (Au passage des matons, les frangins leur font un superbe bras d’honneur !)

 

1er Maton : Boss, tous les fiasses qui sont sur leurs guibolles sont bien des affranchis.

 

Le Taulier : Il en est de même au bourguignon. Tous ceux qui sont à côté de mézigues sont aussi de la cabane.

Au nom du Mec des Mecs, la cabane est affranchie. Pour sa pomme, on va lui filer une sacrée batterie. (tous tapent dans leurs pognes)

 

Le Taulier : Posez vos derches les mecs. Frangin Greffier, veux-tu nous filer le rapport du dernier turbin ?

Le Greffier (après avoir vainement essayé de lire ses papiers) : J’ai dit Frangin Taulier !

 

Le Taulier : Vous mes pommes et vous les matons, esgourdez s’il y a des niards qui réclament après le baratin du greffier.

 

1er Maton : Boss, les affranchis n’ont pas jaspiné.

 

Le Taulier : Mes potes, avant de chiquer contre, on va demander au baratineur ce qu’il en pense.

 

Le Baratineur : Tous les mecs ont bien entravé, c’est banco !

 

Le Taulier : Le dernier turbin est donc affranchi. Et pour pas vous voir roupiller en écoutant le baratineur déboiser des conneries qui en foutent plein les esgourdes, je m’en vais lourder la taule.

 

 Le Taulier : Frangins matons, demandez aux potes de vos milieux s’il n’ont rien à baratiner. Je fais circuler l’sac aux baratins et celui de l’artiche pour aider les frangins qui sont tombés. Les boulots sont-ils contents ?

 

1er Maton : Ils le sont frangin Taulier.

 

Le Taulier : Second maton, quel est ton âge ?

 

2e Maton : Trois berges vieux.

 

Le Taulier : Quel est le temps du boulot ?

 

2e Maton : Du bourguignon au plumard, patron.

 

Le Taulier : 1er Maton, quelle heure est-il ?

 

1er Maton : C’est l’heure du plumard, Boss. J’entends sonner douze plombes et on en a ras le bol !

 

Le Taulier : Debout, mes niards ! Au nom du Mec des Mecs, et pour sa bonne pomme, on va lui en filer une toute neuve, puisque la taule est débouclée. Allez les gars, tapez dans vos pognes.

 

Ne bonnissez rien au dehors sur le turbin de ce soir et allons filer au paddock avec nos nanas. Mais avant, allons en écluser un

 

Pierre Dac.

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