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la Franc Maçonnerie au Coeur

la Franc Maçonnerie au Coeur

Un blog d'information, de conversations sur le thème de la Franc Maçonnerie, des textes en rapport avec la Franc Maçonnerie, comptes rendus et conseils de lectures.

Publié le par jean françois
D’en lire, d’en connaître, d’en écouter ou pas…

D’en lire, d’en connaître, d’en écouter ou pas…

 

 

Dans ces temps particuliers ou il faut s’occuper, un extrait de l’interview de Jean-Christophe Rufin, parue dans le journal L’EXPRESS qui a fini par arriver avec plusieurs jours de retard, privilège d’être un abonné.

 

Le livre que Jean-Christophe Rufin, conseille, de ne pas lire, enfin, en ce moment.

 

« Question : Que déconseillez-vous fortement et pourquoi ?

 

Réponse de J-C Ruffin : La Bible et tous les textes sacrés du même genre, de quelque obédience qu’ils soient. Nous sommes déjà saturés de déclarations prophétiques. Il n’y a plus que cela à la télé. Des « spécialistes » qui nous prédisent l’apocalypse (on n’entend jamais les autres), des politiques qui jouent à la guerre et des commentateurs qui répandent la peur. Heureusement que la littérature est là pour nous faire oublier un peu tous les bureaucrates de l’épidémie, ceux qui n’ont rien prévu ni les tests diagnostics, ni les masques, ni les contrôles aux frontières quand il était encore temps et qui nous font payer leur incurie au prix fort. Je suis un privilégié et ne me plains de rien, mais je ne veux pas oublier qu’on impose à nos concitoyens une épreuve atroce. Le jour viendra où on comptera les féminicides, les divorces, les meurtres, les dépressions graves. Avis à tous les ayatollahs du confinement, à ceux qui voudraient encore durcir la détention : le mieux est souvent l’ennemi du bien. La résistance du peuple a des limites, et une mesure bien acceptée aujourd’hui peut demain devenir insupportable et conduire à de terribles violences. A quoi sert de guérir la malade si on l’a tué ?

 

Extrait d’interview dans l’Express du 26 mars 2020 propos recueillis par Marianne Payot. Le titre de l’interview : J’ai envie de picaresque, de légèreté, de liberté..

 

 

Je précise que je ne partage pas la totalité de cette opinion, surtout concernant le confinement, que faire d’autre dans les circonstances actuelles, mais il faut aussi s’interroger pour savoir comment on n’a pu en arriver là.

 

JF Guerry.

 

D’en connaître et d’en écouter La Folia par Hervè

 

  https://youtu.be/aJ6PKAwH0_g  

  

Sur France-Culture
Jean-Christophe Rufin est l'invité des Matins pour la reprise de l'émission  Crédits : Joel Saget - AFP

Dans le monde, 178 pays sont désormais concernés par le Covid-19. Depuis quelques jours, la pandémie prend un nouveau tournant. Les cas se multiplient de façon exponentielle aux États-Unis. Et le continent  africain, jusqu’ici moins impacté que le reste du monde, doit faire  face, lui aussi, au risque d'une propagation du virus. Comment apporter  une réponse globalisée et coordonnée à la gestion de cette crise ? Le rôle que la France souhaite jouer sur la scène internationale est-il à la hauteur de ses ambitions ? Les cartes de la solidarité sont-elles rebattues ?
 

Pour en parler nous recevons, Jean-Christophe Rufin de l’Académie  française, médecin, diplomate et écrivain et auteur de “Les Trois femmes du consul” (Flammarion, 2019). 

Le médecin ne s'étonne pas tant de l'ampleur de la crise que de la façon dont elle a été ignorée : 

 

Les humanitaires, pendant toutes ces années où tout le monde avait oublié les épidémies, nous les connaissons toujours, nous les connaissions ailleurs. Ce qui me frappe, c'est que finalement on a beau beaucoup parler de la mondialisation, on y croit pas. Il était évident qu'un jour ces maladies nous concerneraient aussi. Périodiquement elles apparaissent en Asie et en Afrique, où elles ont été contenues. Aujourd'hui elles sont là, et finalement ça ne nous étonne pas vraiment... On a vu quelque chose se développer en Chine, sans véritablement croire que ça allait nous arriver dessus. 

Pour Jean-Christophe Rufin, ce n'est pas encore le moment de faire des procès :

Ce n'est pas le moment d'accabler qui que ce soit et de faire des procès, ça viendra. Mais il faudra qu'ils soient faits. Il faudra qu'on tire des leçons de ça. Ça prouve une chose : quand on sera sorti de cette terrible crise, c"est que comme le disent les infectiologues, il y en aura d'autres. Et on ne peut pas se retrouver dans une situation pareille. 

Il juge néanmoins que le gouvernement n'a pas bien réagi à la crise du Covid-19 :

On court après les décisions. A chaque fois qu'un problème se pose, on commence à réagir après. Il semble que dès le mois de janvier le gouvernement a été alerté de ce qu'il pouvait se passer, il n'a pas pris les décisions. On dit aujourd'hui qu'il n'y a pas de masques sur le marché. Il est évident que fin mars tout le monde veut acheter des masques ! Je pense qu'en janvier ou février il était plus facile d'en trouver. Il y a ce côté ligne Maginot avec un gouvernement qui nous explique que les masques ne servent à rien parce qu'il n'y en a pas, tout simplement. Que les tests ne servent à rien parce qu'il n'y en a pas. C'est un peu triste, on a un peu l'impression de faire la guerre d'avant à chaque fois.

Pour le médecin, les inconnues des épidémies ont mis l'Europe face à ses propres contradictions : 

Les épidémies ont leurs propres tropismes. Il y a une physionomie de ces maladies. Nous avons vécu avec l’idée que la France et l’Europe sont hors du monde. Aujourd’hui avec cette épidémie, on se rend compte que l’Europe n’est plus dans cette bulle. L’Europe se dilue dans le monde contemporain et perd sa singularité constitutionnelle. On redécouvre notre vulnérabilité. On avait pris l’habitude de regarder les malheurs du monde de loin. Aujourd’hui il y a une forme de pénétration des malheurs du monde chez nous.

Sa vision quant à la propagation du virus en Afrique reste porteuse d'espoir : 

L’Afrique c’est une grande inconnu. On dit que l’Afrique n’est pas équipée face à une épidémie grave. Mais il y a quand même quelques inconnues. L’épidémie c’est le voyage d’interaction d’un agent infectieux à un environnement particulier. Pour l’Afrique, on ne connaît pas vraiment l’attitude du virus en milieu tropical. La jeunesse de la population africaine peut être un facteur d’espoir d’une propagation différente sur le continent.

Enfin, J.C Rufin s'interroge sur un lien perdu entre l'Homme et la nature : 

Il est évident qu’il ne s’agit pas d’opposer la nature à l’homme. Mais une fois que nous serons sorti de notre confinement, il faudra bien ressouder le lien rompu avec la nature. Au fond, cette ivresse de l’être humain qui s’est emparé de tout a rompu ce lien, il va falloir retravailler à le reconstruire. Nous payons au prix fort la rupture de cet équilibre avec la nature. Cette catastrophe ne survient pas dans un terrain totalement vierge. Elle n’était pas attendue mais elle répond à une vieille terreur disant que les choses allaient forcément à un moment s’arrêter.

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