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la Franc Maçonnerie au Coeur

la Franc Maçonnerie au Coeur

Un blog d'information, de conversations sur le thème de la Franc Maçonnerie, des textes en rapport avec la Franc Maçonnerie, comptes rendus et conseils de lectures.

Publié le par jean françois
Crypte Cathédrale de Bayeux

Crypte Cathédrale de Bayeux

LE TEMPLE NOIR

                                  

                         

« Ce temple est comme le ciel dans toutes ses dispositions. »

 

 

Cette inscription qui figure à l’entrée du temple de Ramsès II, démontre l’importance du temple demeure spirituelle. Demeure de Dieu, des dieux, du principe, de l’esprit, reproduction sur terre du ciel, ou descente du ciel sur la terre.

 

Construire, pour faire, que tout ce qui est bas soit semblable à ce qui est en haut. Les Juifs libérés d’Égypte n’eurent de cesse que construire une demeure, un temple à leur Dieu pour qu’il soit toujours avec eux. L’architecture de leur temple est semblable en de nombreux points avec l’architecture des temples d’Égypte, réminiscence sans doute de leur captivité, ils firent de même au retour de leur exil à Babylone.

Tous les adeptes des traditions de par le monde construisent des temples, voulant séparer le profane ce qui est hors du temple du sacré qui est à l’intérieur.

Le symbolisme de la construction, fût donc adopter également par la franc-maçonnerie tradition initiatique occidentale. La portée de ce symbolisme va au-delà des religions :

 

« Dieu bâtit son temple dans le cœur, sur les ruines des églises et des religions. » Ralph Waldo Emerson.

 

Il y a donc de multiples temples, mais aussi une constante, à chaque fois que l’homme édifie un temple. Il transcende l’espace, il le marque, jusqu’à l’infini. De nombreuses cathédrales  furent construites sur des lieux déjà sacralisés par d’autres traditions, lieux qui constituent une géographie sacrée en relation sans doute avec des forces telluriques cachées, secrètes, comme le site de la cathédrale de Chartres dont le choix n’est pas un hasard.

 

C’est ainsi qu’au-delà de la matière, des apparences, des pierres qu’il faut chercher l’église de Jean qui n’est pas celle de Pierre. Il y a des signes apparents pour l’ensemble des adeptes et des signes réservés aux initiés. Le temple est avant tout un centre spirituel.

L’architecture sacrée permet un passage du chaos à l’ordre, des ténèbres à la lumière, du profane au sacré. Le premier temple des francs-maçons est sans doute cette caverne, ce temple noir ou est plongé le postulant à l’initiation après que de sa libre volonté il ait frappé à la porte du temple matériel. Il est alors invité à découvrir seul, dans le silence et l’obscurité. Les mystères de la caverne, de sa caverne, invité à ranimer la flamme sacrée, éternelle qui brille au fond de son cœur.

Il va comprendre peu à peu le processus qui le conduit intuitivement à vouloir réaliser en lui, l’harmonie, son unification. Là dans ce temple noir prémisse de son apprentissage, il voit déjà les concordances entre les choses terrestres et célestes.

 

Son apprentissage de l’architectonique, de l’art de la construction régi par les formes géométriques sacrées, les nombres de l’essence des choses. Sont les bases de la compréhension d’abord des petits mystères artisanaux, puis des grands mystères de l’art royal.

C’est pourquoi l’art de la construction demeure essentiel dans l’initiation maçonnique depuis plus de 300 ans (naissance approximative de la franc-maçonnerie spéculative). Un bon maçon ne saurait se séparer de ses outils, il doit aussi savoir choisir les bons matériaux, les belles pierres, les tailler, les polir, les ajuster son édifice, acquérir cette maîtrise, il pourra alors espérer pouvoir transmettre ce qu’il a reçu. C’est le travail de toute une vie, de sa vie, de sa vie spirituelle.

 

Constamment rechercher la lumière et la vérité dans les ténèbres. La multiplicité des temples, symbolise la progression, le perfectionnement de l’initiation maçonnique. L’ont retrouve leurs architectures symboliques dans les tableaux de loge des différents degrés, ces tapis mystico magiques qui transforment le temple matériel, en espace sacré de loge. Nous pénétrerons dans la connaissance de l’ultime temple le jour de notre passage à l’Orient éternel.

 

Le temple physique du Roi Salomon, du soleil, symbolise la lumière, la vérité, la gloire. Le temple du corps humain reflète une lumière universelle, puisque le principe a fait l’homme à son image. Le temple véritable, suprême est sans doute le temple animique, celui de l’âme. C’est un temple caché, dans l’obscurité.

 

Dans le livre des Rois l’on peut lire :

 

Dieu prend possession de son temple.

 

« Or, quand les prêtres sortirent, du sanctuaire, la nuée remplit le temple de Yahvé et les prêtres ne purent continuer leur fonction à cause de la nuée : la gloire de Yahvé remplissait le temple de Yahvé !

Salomon dit : Yahvé a décidé d’habiter la nuée obscure. Oui je t’ai construit une demeure princière. Une résidence où tu habites à jamais. »

 

C’est ainsi que la lumière luit dans les ténèbres. Cela n’est sans doute pas un hasard si l’on trouve les tombeaux dans les centres obscurs des pyramides, et si les corps des saints reposent dans les cryptes des cathédrales à l’abri de la lumière, ne recevant que quelques faibles rayons de lumière. L’homme meurt dans la terre, et un homme neuf réapparaît plus radieux que jamais.

Il appartient donc au cherchant de descendre au plus profond de lui-même à la recherche sa lumière, de cette lumière qui luit dans ses ténèbres. De réaliser en lui l’harmonie, et de faire sortir de son corps cette lumière spirituelle, pour qu’elle irradie au-dehors en explosant les portes du temple.

 

Encore faut-il avoir connu le temple au noir, commencer la métamorphose vers le temple blanc de la connaissance, puis réaliser l’œuvre au rouge de l’amour fraternel.

 

Je me suis interrogé sans doute comme beaucoup d’autres après ma visite à l’abbaye de Conques pourquoi Pierre Soulages, le peintre de l’Outrenoir, avait construit des vitraux noirs dans cette abbaye l’occultant ainsi des lumières extérieures. Les verriers des cathédrales gothiques, cherchaient au contraire à faire pénétrer la lumière extérieure. En fait je pense que c’est un retour à l’essence de la lumière, comme dans les obscures Églises romanes. Pierre Soulages a voulu sans doute magnifier symboliquement la lumière intérieure de l’abbaye, le feu spirituel qui brûle à Conques et est ravivé continuellement par le feu qui met en mouvement les pèlerins sur la route de Saint-Jacques, ceux qui veulent aller plus loin, plus haut.

 

Pierre Soulages a voulu nous ouvrir les yeux, nous faire voir que ce qui est important c’est ce qui brille en nous, c’est cette lumière-là qu’il nous faut capter et comprendre d’abord et nous la lumière extérieure illusoire. À ce propos dans son livre consacré à Pierre Soulages, Christian Bobin écrit :

 

« Impossible de s’éprouver abandonné devant un tableau de Pierre. On est enfin, devant quelqu’un. Et ce quelqu’un, c’est nous. »

 

Franc-maçon nous passons de la caverne, du temple noir, au temple de Salomon physique, puis à la loge sacralisée, ouverte au temps spirituel dont les fenêtres sont bien présentes, mais occultées, pour retenir la lumière intérieure qui anime tous les frères.

 

Jean-François Guerry.     

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