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la Franc Maçonnerie au Coeur

la Franc Maçonnerie au Coeur

Un blog d'information, de conversations sur le thème de la Franc Maçonnerie, des textes en rapport avec la Franc Maçonnerie, comptes rendus et conseils de lectures.

Publié le par jean françois
LE VOYAGE INTÉRIEUR

LE VOYAGE INTÉRIEUR

 

 

Il paraît que l’attente du départ fait partie du voyage, qu’il faut aussi se préparer soigneusement, rassembler l’essentiel de ses affaires, sans trop se charger de tout ce qui est inutile et pourrait ralentir la marche, les pèlerins de Compostelle, le savent bien.

 

Cette fois-ci le départ a été un peu précipité, un minuscule virus est venu perturber la préparation du voyage, impossible de prévoir ne serait-ce que l’itinéraire, les étapes, seul le lieu a tout de suite été connu : Restez chez vous.

 

Pour certains c’est sans doute plus une épreuve qu’un plaisir, encore moins un désir de voyage. Impossible de partir à l’autre bout du monde, pas même dans sa résidence secondaire (quoique jeudi dernier dans la nuit il y avait paraît-il une queue de voitures à l’isthme en direction de Quiberon dans le Morbihan, si bien que les autorités ont été débordées le lendemain au Marché, sans commentaire.)

Le Mont Thabor

Donc pas de sortie même dans ce beau parc du Thabor à Rennes, près de chez moi. Ce parc qui évoque cette montagne d’Israël, point culminant, autel des sacrifices, voyage des ténèbres vers la lumière, dont l’évocation est faite dans les Psaumes 88 et 89 :

 

« Des fonds de la détresse, des ténèbres, puis la lumière et la joie reviennent.

À toi le ciel, à toi aussi la terre. Le monde et son contenu, c’est toi qui les fondas. Le nord et le midi, c’est toi qui les créas, le Thabor et l’Hermon à ton nom crient la joie.»

 

Cette joie qui vient du haut du mont Hermon, cette montagne du Liban, non loin des montagnes de Nephtali, de la région de cette célèbre veuve connue des francs-maçons.

Le Mont Hermon

Pour faire ce voyage vers la joie, il faut faire ce voyage intérieur, ce voyage vers notre maître intérieur. C’est le plus beau et le plus long des voyages. Il s’accomplit libre, sans bagage, débarrassé de sa carapace.

 

Les voyages, font partie des invariants maçonniques. Ils jalonnent les rituels, les cérémonies initiatiques. Le grand voyage  vers l’homme intérieur est un itinéraire de vie, un chemin vers la découverte de soi.

 

Le confinement forcé, est peut-être l’opportunité de commencer ce voyage, vers la connaissance de soi. Un voyage, vers la vie réelle celle de l’esprit, vers le vivant.

 

« Qui a pensé dans la plus grande profondeur. Aime ce qu’il y a de plus vivant. » (Friedrich Hölderlin)

 

Confrontés à nous-mêmes comme ces hébreux en exil à Babylone, qui pleurent au bord de l’Euphrate leur Jérusalem perdue, notre inconscient réveille notre conscience, notre désir d’un retour au sacré au divin, un retour chez son soi originel, notre unité.

 

Nous étions si loin, si préoccupé de notre paraître, de nos ambitions matérielles, incapables de nous arrêter, de réfléchir à l’essentiel, à l’essence de notre soi. Le confinement nous oblige à oublier les néons des illusions, et voir la lumière intérieure éternelle qui brille en nous.

Nos sens reprennent contact avec la nature, jusque dans nos villes, nous entendons dans le silence, le chant des oiseaux, le vent qui pleure, qui hurle, dans les arbres plantés dans le béton. L’oreille du cœur se réveille. L’on voit des choses que l’on croyait improbables, hier en plein centre-ville, à Rennes sortant la rivière une famille de canards traversait tranquillement la route désertée.

La beauté de la vie, de cette vie oubliée ré apparait, le Cantique des Cantiques (III-10) célèbre ce retour à la joie :

 

« La pluie a cessé, elle a disparue. Les fleurs ont paru sur la terre. Le temps des chants est arrivé. »

 

Marie Madeleine Davy, loue aussi dans son livre l’Homme intérieur, ce temps des chants.

 

«  Le temps des chants arrive quand l’homme se lève et se met en marche pour remonter la route conduisant  à son origine.»

 

Confinés, nous prenons conscience de l’indispensable vie de l’esprit, du levier de l’intellect, mais aussi de ses limites, il faut bien plus pour voyager, que de simples raisonnements, il faut imaginer la beauté, se transformer, faire prendre à notre intellect, le chemin qui descend jusqu’au cœur, métamorphoser notre regard sur toutes les choses de la vie, pour voir en elle, dans toutes ces choses la présence du sacré, du divin. C’est cela la conversion du regard. Nous passons progressivement, grâce à ce voyage intérieur de l’horizontalité matière, à la verticalité de l’esprit, comme l’homme s’est levé il y a longtemps pour sortir de sa barbarie et devenir plus juste, aller sur un rayon de lumière de la périphérie au centre du cercle, entre l’équerre et le compas.

Notre conscience s’est élevée au fur et à mesure de notre itinéraire spirituel, de l’assouvissement de notre soif de sacré, les nourritures spirituelles ont permis de révéler nos potentialités et l’immensité du chemin à parcourir pour arriver au terme de ce voyage intérieur.

 

Ce voyage intérieur, nous libère, nous met en joie, lentement nous abandonnons nos certitudes, nos vanités, nos orgueils, nous faisons le vide, pour n’accueillir que l’amour fraternel. Nous suivons les conseils de Sri Gnânâmanda :

 

«  Rentre en toi au lieu où il n’y a rien et prends garde que rien n’y vienne. Pénètre au-dedans de toi. Jusqu’au lieu où nulle pensée ne s’y lève ! Là où rien n’est, le Plein ! »

Jean-François Guerry.

LE VOYAGE INTÉRIEUR

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