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la Franc Maçonnerie au Coeur

la Franc Maçonnerie au Coeur

Un blog d'information, de conversations sur le thème de la Franc Maçonnerie, des textes en rapport avec la Franc Maçonnerie, comptes rendus et conseils de lectures.

Publié le
NIETZSCHE : " deviens qui tu es !" PART III

NIETZSCHE- « Deviens qui tu es ! » PART-III.

 

 

Nietzsche le casseur au marteau des idoles humaines, qu’il assimile aux religions en général, et en particulier à la religion chrétienne, part à la recherche des valeurs du réel, avec sa méthode de la généalogie, de la chronologie. Son but l’éternel retour à l’identique. Sa généalogie lui permet une remontée aux origines honteuses du temps présent. Il y voit une succession de ruptures, de mutations qui anéantissent la possibilité d’une histoire pérenne. D’où une philosophie de la raison née d’elle-même.

 

Il veut « surprendre » les idoles, se guérir des idoles, parce que pour lui, il y a plus d’idoles que de réalité dans le monde c’est pourquoi, il tape dessus avec son « marteau » Pour lui les idoles sonnent creux.

 

Dans son Crépuscule des Idoles, il est à la recherche d’une autre définition des de toutes les valeurs, hors des religions.

Pour lui les valeurs ne sont pas simplement les thèmes de nos croyances morales et religieuses. Elles sont les fondations de notre monde et par conséquent notre monde lui-même. Les valeurs sont les bases d’une évaluation de la vie, qui entraine l’approbation de pratiques jugées bonnes.

 

On peut faire, je pense un rapport avec la philosophie antique et les exercices spirituels, comprenant theoria mais surtout praxis. Ou encore avec le but de la franc-maçonnerie fuir le vice et pratiquer la vertu.

En quelque sorte c’est la montée de l’échelle, les pas sur le chemin qui priment sur la dualité bien mal. C’est l’essor, l’éveil. L’accomplissement du premier pas, les pas suivants, le parcours initiatique. C’est la transmutation qui importe. L’on peut y voir également un rapport avec l’alchimie.

 

« Transmuer les valeurs signifie donc : changer, renverser, mais aussi en un sens alchimique métamorphoser les partages, les oppositions, les hiérarchies qui font le monde prendre sens pour nous,

  • les savoirs n’engendrent l’évidence du vrai, et qui déterminent, sans que nous le sachions, notre ‘bios’ notre ‘ethos’ notre être dans le monde. »

 

Nietzsche a écrit le Crépuscule des Idoles en 1888, il sera publié en 1889 au moment de son effondrement, donc juste avant de sombrer dans la démence. L’on ressent à mon sens les prémisses de cette folie dans le fragment qui suit :

 

  « Qui a donné cette couleur au monde, l’a plongé dans ces lueurs d’incendie ? Ce furent les hommes des convulsions spirituelles, des paroxysmes de terreur et de ravissement, des plus profonds abattements : hommes-médecine, tragiques, saints, etc. ; on avait peur d’eux : on les croyait quand ils voulaient, car ils étaient effrayants. »

 

Nietzsche refuse la dictature de la faute, de la chute, il refuse le partage du monde entre bien et mal. Il faut assimiler le bien et le mal, intégrer le tout et vivre dans la joie, le plaisir de dire oui à la vie t’elle quelle tout de suite, un rêve ?

 

Il ne faut plus être soumis aux morales du devoir, de l’effort et du mérite, de ces passions tristes en finir à jamais avec les regrets, les remords, la culpabilité, quelle belle utopie !

 

Pour Nietzsche il faut aimer le réel tel qu’il est, tout le réel sans restriction, vivre dans l’amour total inconditionnel.

Essayez donc ! Pas si simple, que fait t’on des génocides, des fratricides, de tous les bourreaux qui sommeillent en nous, l’homme peut-il vraiment aimer la totalité du réel ? Ce réel qui inclut les criminels de toutes sortes, les pédophiles etc. Peut-on donner son pardon sans repentir et sans purge de la faute, que fait-on de la justice ?

 

Son innocence du devenir, son amor fati son amour du réel est-il réaliste ? Tout le réel ne peut pas être aimable, regarder l’horreur en face, ne supprime pas l’horreur, ne la réduit pas, l’accepter est une forme de lâcheté. Notre dignité impose au moins de tenter de la transformer, de la réduire, cela peut être un sens à donner à sa vie.

 

À travers l’idée que ce fait Nietzsche de la morale dans son Crépuscule des Idoles – Le Cas Wagner, l’on discerne ce qu’il est sur le plan philosophique :

 

« La morale des maîtres (romaine, païenne, classique, renaissance) est le symbole de la constitution parfaite de la vie ascendante, de volonté de puissance comme principe de vie. La morale de maître est affirmative aussi instinctivement que la morale chrétienne est négative (Dieu- l’au-delà, l’abnégation). L’une communique sa plénitude aux choses elle transfigure embellit, elle rationalise le monde, l’autre appauvrit, apâlit, enlaidit, la valeur des choses, elle nie le monde. »

 

Nietzsche avec son elle rationalise signe là son rationalisme, sa philosophie de la généalogie et de la technique, il affirme aussi avec son elle nie le nihilisme qu’il voit dans les religions et la tradition.

 

Jean-François Guerry.

 

Sources : Nietzsche – La mort de Dieu par Luc Ferry. Nietzsche le Crépuscule des Idoles- Le Cas Wagner Présentation par Christian Jambet et Traduction de Henri Albert.

 

CITATIONS dans le Crépuscule des Idoles:

 

« Si l’on possède son pourquoi ? de la vie, on s’accommode de presque tous les comment.»

 

 

« Une fois pour toutes, il y a beaucoup de choses que je ne veux point savoir. La sagesse trace les limites même de la connaissance. »

 

« Es-tu de ceux qui regardent ou de ceux qui mettent la main à la pâte, ou bien encore de ceux qui détournent les yeux et se tiennent à l’écart ? Troisième cas de conscience. »

 

« Formule de mon bonheur : un oui, un non, une ligne droite, un but.. »

NIETZSCHE : " deviens qui tu es !" PART III
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BIOGRAPHIE & INFORMATIONS

Nationalité : Allemagne
Né(e) à : Röcken , le 15/10/1844
Mort(e) à : Weimar , le 25/08/1900
Biographie :

Friedrich Wilhelm Nietzsche est un philologue, philosophe, poète et musicien allemand.

Fils d'un pasteur, Nietzsche, après ses études, est appelé à la chaire de philologie classique de l'université de Bâle. En 1870, il s'engage comme volontaire dans le conflit franco-allemand. De retour à Bâle, il entre en relation avec le milieu intellectuel bâlois et rend de fréquentes visites au compositeur Richard Wagner qui réside aux environs de Lucerne.

Son premier ouvrage, "La naissance de la tragédie", paraît en 1872 et suscite de vives polémiques dans les milieux universitaires germaniques. De 1873 à 1876, il publie les quatre essais des "Considérations inactuelles", puis, en 1878, "Humain, trop humain". La même année intervient la rupture avec Wagner.

Gravement malade, Nietzsche demande à être relevé de ses fonctions de professeur. Dès lors commence sa vie errante entre Sils-Maria, Nice, Menton et plusieurs villes italiennes.

En 1882, il fait la connaissance de Lou Andréas Salomé, avec qui il vit sa seule véritable et platonique histoire d'amour. Lou a en commun avec Nietzsche d'avoir réfléchi à la mort de Dieu. Tous deux passent trois semaines d’errance à discuter de philosophie. Mais la sœur du philosophe, maladivement jalouse, s'ingénie à briser cette relation, ce que le frère ne lui pardonnera pas !

Pendant cette période les livres se suivent à un rythme rapide ("Aurore" (1881), "Le Gai Savoir" (1882 et 1887), "Ainsi parlait Zarathoustra", (1885), "Par-delà bien et mal" (1886), "Généalogie de la morale" (1887), "Le Cas Wagner" (1888), "Crépuscule des idoles" (1888, publié en janvier 1889), "Nietzsche contre Wagner" (publié en février 1889), "L'Antéchrist" (1888, publié en novembre 1894), "Ecce homo" (1888, publié en avril 1908)). Au début de 1889, il s'effondre dans une rue de Turin, puis il sombre dans la démence et passe les dix dernières années de sa vie dans un état mental quasi végétatif.

L'œuvre de Nietzsche est essentiellement une critique de la culture occidentale moderne et de l'ensemble de ses valeurs morales (issues de la dévaluation chrétienne du monde), politiques (la démocratie, l'égalitarisme), philosophiques (le platonisme et toutes les formes de dualisme métaphysique) et religieuses (le christianisme).


 


POURQUOI LIRE NIETZSCHE ?


Souvent condamnée, récupérée, exploitée, la pensée de Nietzsche n'a finalement été que rarement étudiée pour elle-même et sans arrière-pensée. Si son style poétique, s'exprimant souvent par aphorismes et métaphores, a de quoi surprendre, tant il est loin du cliché du philosophe au vocabulaire technique et aux tournures ardues, Nietzsche n'en est pas moins l'un des penseurs les plus révolutionnaires de son temps. Ni systématique, ni uniforme, son œuvre déploie des thèmes récurrents qui s'assemblent dans une direction : celle d'une pensée neuve et énergique qui détruit les « idoles », telles que Platon, pour mieux envisager l'avenir.

Inspiré par Arthur Schopenhauer dans sa jeunesse, Nietzsche tient de lui le pessimisme qui conduit au nihilisme. Mais en affirmant que « Dieu est mort », le philosophe ne se contente pas d'un constat désabusé. S'il n'y a rien hors de l'humain, c'est en lui-même que celui-ci doit chercher l'espoir d'une vie meilleure. Pour cela, il doit devenir fort et libre, capable de détruire les postulats de la métaphysique depuis ses fondements platoniciens mais aussi de rejeter le christianisme et son héritage moral, qui, selon Nietzsche, bride à tort les instincts vitaux. En abolissant l'idée d'un être transcendant, Nietzsche entend réhabiliter la réalité concrète. Sa philosophie n'est pas prisonnière des sphères de l'esprit, contrairement à ce que son style poétique pourrait laisser croire : le penseur a les pieds sur terre, et la conscience tournée vers le monde qui l'entoure.

C'est d'ailleurs la confrontation au monde de son époque qui lui vaut des dépressions et crises nerveuses, mais aussi la rupture avec ceux qui ont le plus compté pour lui. Très proche de sa sœur Élisabeth et du couple Wagner, Nietzsche rompt avec eux lorsque leur antisémitisme devient prégnant. Ironie de l'Histoire, sa pensée est partiellement récupérée par l'idéologie nazie, qui fait du concept du Surhomme le modèle de l'Aryen. Mais le Surhomme n'est en aucun cas une espèce biologiquement supérieure. Ce que prône Nietzsche, c'est le dépassement des fictions consolantes alimentées par la religion et la capacité à observer la réalité en face et à l'affronter.

Car le réel n'est pas donné comme tel, et de ce fait, la vérité n'est pas une et absolue. La réalité demande à être saisie et ordonnée par l'esprit humain, qui, pour connaître, doit faire l'effort de se l'approprier et de l'organiser. La vérité est une valeur en tant qu'elle contribue à l'organisation du réel. Elle est un outil pour la volonté de puissance. De ce concept clé de la philosophie nietzschéenne, nous ne saurons jamais tout ce que le penseur avait à nous dire : son grand œuvre, 
La Volonté de puissance, qui devait synthétiser ses idées, n'a jamais été achevé. La maladie puis la folie viennent l'empêcher de poursuivre sa carrière universitaire puis sa réflexion. Il reste de son œuvre un style inimitable, rare en philosophie, une énergie irrépressible, une volonté d'amélioration du sort de l'humain et de dépassement des présupposés du christianisme. Sa pensée reste aujourd'hui encore moderne, dynamique et inspirante.


 

CHRONOLOGIE


15 octobre 1844 : naissance à Röcken de Friedrich Wilhelm Nietzsche, fils d'un pasteur.

1846 : naissance d'Élisabeth, sœur de Friedrich.

1848 : naissance de Joseph, frère de Friedrich.

1849 : mort du père de Friedrich.

1850 : mort de Joseph.

1858 : Friedrich Nietzsche entre au collège de Pforta.

1864 : Nietzsche s'inscrit en faculté de théologie à Bonn, il envisage de devenir pasteur comme son père.

8 novembre 1869 : Nietzsche rencontre 
Richard Wagner à Leipzig, où il vient d'achever son service militaire.

1869 : Nietzsche est nommé professeur de philologie à Bâle.

1872 : publication de 
La Naissance de la tragédie.

1973 : Nietzsche rencontre Paul Rée, qui devient son ami.

Novembre 1876 : rupture avec ses amis les Wagner, en partie due à l'antisémitisme croissant de Cosima, l'épouse du compositeur.

1878 : parution de 
Humain, trop humain.

1879 : malade, Nietzsche démissionne de son poste de professeur.

1880 : parution du 
Voyageur et son ombre.

1881 : publication d’Aurore.

1882 : lors d'un voyage en Italie, Paul Rée présente Lou Salomé à Nietzsche, qui la demande en mariage à deux reprises, mais elle refuse. La même année paraît Le Gai Savoir.

1883-1885 : parution d'Ainsi parlait Zarathoustra en quatre volumes. Séjours en Italie, en Suisse et en France.

Avril 1884 : Nietzsche rompt avec sa sœur et son beau-frère à cause de leur antisémitisme.

1884 : rédaction de 
La volonté de puissance.

1886 : publication de Par-delà Bien et Mal.

1887 : parution de La généalogie de la morale.

1888 : Nietzsche publie Le Cas WagnerLe Crépuscule des idoles, et rédige Nietzsche contre Wagner.

3 janvier 1889 : Nietzsche s'effondre à Turin. En proie à la folie, il est rapatrié par un ami et interné à Iéna.

1894 : parution de 
L’Antéchrist. Création des Archives Nietzsche, dirigées par Élisabeth.

Juillet 1897 : Nietzsche est emmené à Weimar.

25 août 1900 : décès de Nietzsche à Weimar.

1908 : parution de 
Ecce Homo, écrit en 1888.


 

LE SAVIEZ-VOUS ?


• Peu après la mort de son père, le jeune Friedrich Nietzsche fait un rêve étrange dans lequel son père, vêtu de son linceul, sort de sa tombe et traverse une église où résonne une marche funèbre en portant un enfant dans ses bras. Quelques jours plus tard, son petit frère Joseph décède d'une mystérieuse maladie.
• À l'adolescence, Nietzsche crée un « théâtre des Arts » où il joue avec des amis les tragédies qu'il a écrites sur les dieux de l'Olympe.
• À 14 ans, il s'intéresse à la légende de Mucius Scaevola et, pour en prouver la véracité à ses camarades dubitatifs, saisit dans un poêle allumé un charbon brûlant.
• Malgré ses grandes qualités intellectuelles, Nietzsche faillit rater l'examen équivalent à notre baccalauréat à cause de ses mauvaises notes en mathématiques.
• Nietzsche était un très bon pianiste et aimait improviser ou composer. Il envoya une de ses œuvres au chef d'orchestre Hans von Bülow qui la jugea « épouvantable » et « nuisible ».
• A 
Gustave Flaubert qui affirmait "On ne peut penser et écrire qu’assis" Nietzsche répondra dans Le Crépuscule de Idôles : "Je te tiens nihiliste. Etre cul de plomb, voilà par excellence le péché contre l’esprit ! Seules les pensées qu’on a en marchant valent quelque chose"
• Malade depuis les années 1875, Nietzsche sombre dans la folie en 1889 à Turin en voyant un cocher martyriser un cheval. Il se jette au cou de l'animal et fond en larmes, bloquant la circulation. Dans les jours qui suivent, il s'identifie à des figures mythiques comme Dionysos.
• L'origine de sa maladie reste encore floue. Alors qu'on a cru pendant longtemps qu'il était atteint de la syphilis, d'autres théories lui prêtent des troubles psychologiques héréditaires, ou encore une tumeur au cerveau.


 

INSPIRATEURS ET HÉRITIERS


À l'adolescence, c'est d'abord la poésie qui séduit Nietzsche. Fasciné par Friedrich von SchillerFriedrich Hölderlin et surtout Lord Byron, il trouve sans doute dans ces lectures l'inspiration de son style métaphorique et aphoristique. Sa première grande rencontre philosophique est celle des œuvres de Schopenhauer, qui l'influencent dans sa jeunesse mais qu'il critique par la suite dans Humain, trop humain. Il s'intéresse ensuite à DémocriteEmpédocle et Héraclite, cherchant chez les présocratiques des arguments pour contrer le platonisme.

La pensée de Nietzsche, et en particulier le concept de Surhomme, ont souvent été récupérés, notamment par l'idéologie nazie, ce qui a valu au philosophe d'être longtemps décrié. Parmi ses premiers disciples importants, on peut citer Jules de Gaultier et Alphonse Chide. Par la suite, sa pensée a eu une influence indéniable sur l'existentialisme, la philosophie postmoderne et une branche de la philosophie analytique.


 

ILS ONT DIT DE NIETZSCHE…


Georges Bataille : « Nietzsche s'adressait à des esprits libres, incapables de se laisser utiliser. »
André Gide : « Ce que j'aime surtout en Nietzsche, c'est sa haine de la fiction. »
Catherine Golliau : « Lire Nietzsche, c'est se faire à bon compte une injection d'intelligence et d'énergie. »
Louis Weber : « La philosophie de Nietzsche porte en elle un flambeau de discorde qui ne s'éteindra jamais. »

 

SOURCE BABELIO.

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