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la Franc Maçonnerie au Coeur

la Franc Maçonnerie au Coeur

Un blog d'information, de conversations sur le thème de la Franc Maçonnerie, des textes en rapport avec la Franc Maçonnerie, comptes rendus et conseils de lectures.

Publié le par jean françois
PASSEZ AU VITRIOL

PASSEZ AU V I T R I O L !

 

 

Entrer dans le cabinet noir de nos profondeurs, c’est répondre à l’injonction de notre conscience, passez au VITRIOL, c’est-à-dire se purifier, accepter les métamorphoses de son être intérieur. Après avoir pris conscience de son existence, que c’est notre être réel, celui qui apporte l’harmonie.

 

Dévoiler cet être intérieur, c’est commencer la plus belle aventure de notre vie : l’aventure vers la spiritualité. C’est le chemin secret vers le sacré, qui relie au divin.

Grâce à son imagination et sa mémoire active, l’homme volontaire revêt le vêtement de l’âme. Il voit avec l’œil spirituel du cœur. Il développe en lui une énergie sans limite, parce que constamment renouvelée, régénérée, c’est l’opération alchimique, l’opus.

 

L’homme en manque d’imagination et de mémoire, ne peut pas réaliser cette métamorphose intérieure. Mircea Eliade a écrit :

 

« L’imagination imite les modèles exemplaires- les images-, les reproduit, les réactualise et le répète à l’infini. Avoir de l’imagination c’est voir le monde dans sa totalité, car c’est le pouvoir et la mission des images de ‘montrer’ tout ce qui paraît réfractaire au concept. Ainsi s’expliquent le malheur et la ruine de l’homme par manque d’imagination : il est ‘coupé’, séparé de la réalité profonde de la vie et de sa propre âme. Avoir de l’imagination, c’est profiter d’une richesse intérieure… »

 

Ainsi l’œil est le soleil du corps, comme le cœur siège de l’image des vertus est le soleil de l’âme.

L’homme trinitaire corps, esprit, âme est dans le monde intermédiaire, c’est là qu’il réalise le grand œuvre. Le VITRIOL la pierre cachée est le sel, la base de l’œuvre, la matière première. Ce sel tout au long du chemin initiatique, par diverses mutations, purifications finira par prendre la forme du Mercure, du feu secret. Ainsi se réalisera l’union intime entre le fixe et le volatil.

 

L’aspirant aux mystères de la création intérieure, de la construction de son temple, quand il pénètre dans le cabinet du réflexion, véritable chambre des mystères, va commencer la formation de son corps solaire lumineux, qui va se substituer peu à peu à son corps physique. À chaque opération il se dépouille de ses scories, de son opacité, il taille, polie sa pierre pour en faire un cristal pur, la lumière qui va traverser ce cristal fera un arc entre la terre et le ciel.

 

Pour parvenir à cet état supérieur de spiritualité, il a besoin de deux facultés indispensables l’imagination et la mémoire. L’imagination est son Mercure et le Soufre sa mémoire. Il y a une correspondance perpétuelle entre imagination et mémoire. Dans la loge c’est le parcours le long du fil à plomb, la perpendiculaire, qui conduit à la chambre du milieu.

 

Le postulant prendra garde à la fausse mémoire, la mémoire passive. Elle ne demande aucun effort, aucune volonté. Ce n’est pas la mémoire de celui qui cherche et qui frappe à la porte, car il cherche la lumière. Il devra travailler avec sa mémoire active, celle qui recherche les traditions, cela demande volonté et action, cette mémoire est instructive, éducative, nécessaire à l’esprit humain.

Les formes, les pensées qui prennent naissance avec notre imagination en mouvement, se traduisent par des mots, des oraisons, des écrits inspirés. Ce sont nos rituels de travail, nos mantras symboliques, dessinés, construits, à chaque ouverture des travaux. Ce sont nos tableaux de loges chargés de symbolisme. Ils doivent être régulièrement étudiés, exécutés, les rituels pratiqués dans leur pureté, mis en pratique ils deviennent les instruments  de construction du grand œuvre. Répétés inlassablement, comme de Oms, ils imprègnent notre esprit, élèvent notre conscience, résonnent dans notre cœur, ils sont les carburants  notre lumière intérieure. Cette lumière, qui à force de grandir finit par faire exploser les portes du temple et brille extérieurement.

 

Les Maîtres mots qui font vibrer notre être intérieur sont donc : imagination et mémoire active, leur levier est constitué par les cérémonies initiatiques, les tableaux de loge, les rituels. L’ensemble forme une propédeutique au premier degré, plus encore une maïeutique, véritable accouchement de notre spiritualité enfouie au plus profond de notre être. Les mots du Maître intérieur sont alors graine, sésame, porte et VITRIOL.

 

Jean-François Guerry.

 

 

PASSEZ AU VITRIOL

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Frère Tuck 05/05/2020 11:56

Bonjour
Article trés intéressant, qui une fois de plus, rejoint quelque part celui intitulé "au commencement était le verbe"...
En effet, Eliade comme Jung font référence à l'inconscient collectif et aux origines, qu'elles soient religieuses ou naturelles. L'un sur le plan plutôt sacré-profane, l'autre davantage sur le plan psychologique par rapport à l'inconscient...
Eliade est surtout connu pour ses recherches sur les religions, pour l'importance des mythes et l'intervention du sacré dans la vie quotidienne profane. Il a beaucoup insisté sur le déchiffrage nécessaire des messages des écrits religieux, comme de l'équilibre entre l'Ordre et le Chaos. Et il a donc travaillé davantage sur l'origine et la teneur des textes anciens, plutôt que cherché à vouloir les transformer selon une assimilation profane temporelle. A l'initié comme au profane de faire leur travail spirituel, car pour lui le sacré se retrouve manifesté et en même temps caché dans le quotidien. Je l'ai cité à plusieurs reprises dans des interventions passées sur ce blog, et je vous conseille humblement la lecture d'un de ses ouvrages intitulé "Le serpent" où il dévoile progressivement, sur plusieurs plans de narration à la fois, le sacré dans le quotidien, souvent le reflet de grandes banalités. Mais que dire encore du déséquilibre entre l'ordre et le chaos évoqué dans "Le bordéï des bohémiennes" où un certain Gavrilesco est confronté, sur son chemin, à des mythes qu'il ne sait pas interprêter, l'empêchant ainsi de répondre aux énigmes posées par les Bohémiennes...
Bien fraternellement, mes Frères.

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