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la Franc Maçonnerie au Coeur

la Franc Maçonnerie au Coeur

Un blog d'information, de conversations sur le thème de la Franc Maçonnerie, des textes en rapport avec la Franc Maçonnerie, comptes rendus et conseils de lectures.

Publié le par Jean-François Guerry
DE CORPS ET D'ÂME

DE CORPS ET D’ÂME…

 

Méditations Métaphysiques de René Descartes - Méditation seconde : De la nature de l’esprit humain et qu’il est plus aisé à connaître que le corps.

 

            Extrait : (…) , lorsque je m’appliquais à la considération de mon être. Je me considérais, premièrement, comme ayant un visage, des mains, des bras, et toute cette machine composée d’os et de chair, tel qu’elle paraît en un cadavre, laquelle je désignais par le nom de corps. Je considérais outre cela que je me nourrissais, que je marchais, que je sentais et que je pensais, et je me rapportais toutes ces actions à l’âme ; mais je ne m’arrêtais point à penser ce que c’était que cette âme, ou bien, si je m’y arrêtais, j’imaginais qu’elle était quelque chose d’extrêmement rare et subtile, comme un vent, une flamme ou un air très délié, qui était insinué et répandu dans mes parties les plus grossières. »

 

« De sorte qu’après avoir bin pensé et examiné toutes choses, enfin il faut conclure, et tenir pour constant que cette proposition : je suis, j’existe est nécessairement vraie, toutes les fois que je la prononce ou que la conçois en mon esprit.

Mais je ne connais pas encore assez clairement ce que je suis, moi qui suis certain que je suis… »

Ce préalable résonne encore en moi, comme au premier jour de mon initiation, comme au début, au premier pas posé sur le chemin qui serpente vers le sommet de la montagne. Le processus initiatique est une succession ascendante d’états de conscience, une progression degré par degré, une montée sur l’échelle de l’esprit. Cette montée succède à une descente en soi, à un retour en soi, au soi. Aux interrogations nourries par le doute méthodique, constructif semblable à celui de la première Méditation Métaphysique de Descartes, l’apprentissage par le doute, conduit à regarder l’étoile flamboyante, objet de la seconde Méditation Métaphysique, du chemin vers la Connaissance. Le doute nourrit l’espérance de parvenir à cette Connaissance. Il y a plus de questions que de réponses sur le chemin initiatique, ce n’est souvent qu’en parvenant à l’étape suivante, que l’on comprend la précédente, qu’elle se dévoile, d’où ce désir permanent de complétude.

Le doute me vient à l’esprit, à cet esprit qui me fait, je suis parce que je pense.

Est-ce la flamme éternelle qui brille en moi, si minime soit-elle, qui est la semence de mon doute. Cette flamme est-elle un don divin, ou la facétie d’un mauvais génie. La première hypothèse suscite cette question : « n’y-a-t-il point quelque dieu ou autres puissances qui me met en l’esprit ces pensées ? » C’est ce qu’écrit René Descartes. Quand il parle de puissances, je pense à la force, à la sagesse, à la beauté d’un Grand Architecte.

Sa deuxième hypothèse fait état d’un mauvais génie, qui parlerait en nous, comme une puissance du mal, ou encore est-ce moi-même qui avec mon esprit produit ce doute. Là naît un dialogue intérieur de moi, à moi avec ma conscience, l’on discerne le tribunal intérieur de Kant.

 

Je reviens au mauvais génie cette hypothèse cartésienne, elle renforce mon existence en tant qu’être pensant. L’argument de Descartes est simple, l’existence d’un Dieu trompeur, qui cherche donc à me tromper prouve mon existence même si je ne suis pas tel que je crois être, je suis. Extrait :

« Il n’y a point de doute que je suis, s’il me trompe (le mauvais génie) qu’il me trompe tant qu’il voudra, il ne saurait jamais faire que je ne suis rien tant que je penserais être quelque chose. »

 

L’existence de mon moi est certaine tant je pense.  « Je pense donc je suis. »L’on touche là, à la distinction de Descartes entre corps et esprit, il parle lui d’âme, c’est son dualisme.

 

À mon sens, je préfère la théorie de l’harmonie corps esprit, l’un ayant besoin de l’autre et vice versa. Comment pourrions-nous être qu’un corps sans âme, la faiblesse du corps est compensée par la force, la grandeur de l’âme.

 

Nous sommes capables, par la force infinie de notre esprit de comprendre l’univers, de le connaître, de comprendre l’idée de Dieu, ou d’un Grand Architecte.

 

On ne peut s’empêcher de citer le roseau pensant de Blaise Pascal : 

 

« L’homme n’est qu’un roseau, le plus faible de la nature, mais c’est un roseau pensant. Il ne faut pas que l’univers entier s’arme pour l’écraser, une vapeur, une goutte d’eau suffit pour le tuer. Mais quand l’univers l’écraserait. L’homme serait plus noble que celui qui le tue, puisqu’il sait qu’il meurt et l’avantage que l’univers à sur lui. L’univers n’en sait rien. »

 

Jean-François Guerry.

DE CORPS ET D'ÂME

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