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la Franc Maçonnerie au Coeur

la Franc Maçonnerie au Coeur

Un blog d'information, de conversations sur le thème de la Franc Maçonnerie, des textes en rapport avec la Franc Maçonnerie, comptes rendus et conseils de lectures.

Publié le par jean-François Guerry
LE BUISSON ARDENT

LE BUISSON ARDENT

JE SUIS CE QUE JE SUIS

 

S’accepter, être authentique, aimer ce que l’on est, révéler son âme. Accepter les critiques, mieux être capable d’autocritique, ne pas renoncer être conscient que j’ai à me perfectionner sans cesse. Être fidèle à sa mission, d’aller au-delà de soi-même. Être le premier de cordée à redescendre vers les autres, pour les soutenir et les aider.

Le franc-maçon sur sa voie initiatique s’engage il lui faut comme l’écrit Fabrice Bernard dans une revue spécialisée : « Il faut pratiquer nos rituels avec ferveur et rigueur. Il faut s’engager par une présence continue et accepter les responsabilités qui nous seront confiées pour que l’ordre écossais vive pleinement. »

Être un homme actif au service des autres, sans la fausse modestie qui nourrit une forme de paresse, un renoncement permanent. Être autre en restant le même.

 

La conscience de son être mène à sa connaissance, à la révélation de son nom véritable. Prendre conscience de ce que je suis, me nommer pour exister, faire trace de vie, tout de suite, maintenant le temps presse.

 

Le je suis, englobe une totalité. Ce sont les assertions de l’évangile ésotérique de Jean : je suis le pain, la lumière, la porte, le berger, la résurrection, le chemin, le cep de la vigne. C’est l’inclinaison de l’homme vers le sacré, le divin.

 

Tout cela nous mène à une interrogation sur nous-mêmes, sur notre existence, notre origine et vers où nous allons. Ces questions assaillent le profane qui pousse la porte du temple en plein doute sur le monde qui l’entoure, comme le chanteur il se demande : est-ce que ce monde est sérieux ?  (Françis Cabrel)

 

Mais aussi est-ce que moi-même je suis sérieux ? Je ne peux pas convier sans cesse les autres au ban des accusés, il est peut-être temps de réfléchir d’être responsable, de savoir d’où l’on vient et ce que l’on est véritablement, au-delà des apparences de ses avoirs et de ses savoirs transformés en certitudes.

Edgar Morin

Edgar Nahoum, c’est-à-dire Edgar Morin sociologue de « la complexité » nous invite à ce regard sur nous-mêmes. Il est invité régulièrement en connaisseur bientôt centenaire à nous expliquer les crises que nous traversons.

D’où il vient, il est agnostique, « Il ne croit pas pour lui les religions ne sont que des inventions humaines, un tissu de légendes et de mythes. »

 

Elles sont comme une tapisserie tissée avec des dogmes. Cependant il admire le prophète des religions du livre Jésus, et il est plus bien sûr François d’Assise que Torquemada. Il défend la liberté d’expression, il reconnaît le droit au blasphème, mais son éthique personnelle est de ne pas bafouer le sacré, il se refuse de heurter ceux qui croient.

Il se définit comme un montaigniste ou un spinoziste.

 

À propos des caricatures danoises de Mahomet reprises par le journal Charlie-hebdo il pose les questions : « Est-ce que ces caricatures peuvent aider des êtres pieux et croyants à mettre en doute leur croyance ? Nullement. Est-ce qu’elles peuvent contribuer à affaiblir le dijhadisme ? Nullement. »

 

Je précise bien sûr qu’Edgar Morin a condamné sans aucune restriction les barbaries et les crimes liés à ces caricatures.

 

Franc-Maçon, je suis attaché à des valeurs spirituelles et humanistes. Je pense également que ces caricatures n’apportent rien, sinon un bref sourire, pour ceux qui les regardent. Je ne suis pas pour autant contre l’humour au contraire, et je mets la liberté devant toute autres considérations, laissant à chacun son appréciation.

Plus inquiétant est l’affrontement qui se cristallise entre deux France celle des identitaires et celle des humanistes. Si nous devons œuvrer à quelque chose c’est bien de réduire la fracture, de recréer du lien entre ces deux France.

 

En luttant contre toutes les injustices, celles froides et calculatrices souvent élaborées dans des laboratoires d’idées numérique situés à l’autre bout de la planète, ou dans des bureaux feutrés, ou des stars de l’intelligence artificielle pensent pour nous, cette injustice froide est celle du profit quelque soit le prix à payer par les hommes. Nos vies sont soumises aux dictatures de la technologie.

Ces technologies élaborées pour enrichir les plus riches et consommées par les plus aisés, nourrissent les extrémismes.

Un nouveau combat pour les sœurs et les frères qui déjà se sont engagés à combattre toutes les dictatures politiques et religieuses. Comment espérer gagner ce combat ?

 

Edgar Morin propose de régénérer l’humanisme, la solidarité, de construire et d’entretenir la fraternité.

Je rajouterais à l’instar de la philosophe Barbara Stiegler, fille de Bernard Stiegler, qu’il faut remettre au goût du jour l’encyclopédisme des Lumières, faire que les hommes ne soient pas des spécialistes de… comme le sont les robots. Barbara Stiegler nous alerte sur l’hyperspécialisation qui se met en place dans les universités et les organismes de recherche. Il s’agit non plus de faire des femmes et des hommes instruits, ouverts, créateurs mais employables.

Barbara Stiegler Philosophe.

Des études démontrent que déjà dans les universités américaines de renom, les étudiants qui lors de leur entrée sont inventifs, créatifs, réceptifs à leur sortie ils sont formatés à une pensée unique.

 

D’une manière générale notre fascination pour les technologies nouvelles supplante notre désir d’humanisme et de sacré.

 

Je suis ce que je suis, et j’espère, conserver mon esprit critique, mes indignations, mes colères en me préservant de la violence. J’espère surtout comme le recommande Edgar Morin conserver ma faculté d’autocritique, pour ne pas tomber dans l’arrogance des certitudes.

J’entends encore le chanteur : « est-ce que ce monde est sérieux ? »  

 

Jean-François Guerry.

 

PS : Avec une demande d’excuse pour mes délires matinaux ! Est-ce que je vraiment sérieux, je ne sais pas …

 

Sources : Journal « Le Monde » du Samedi 21 novembre 2020.Article Entretien avec Edgar Morin « Que serait un esprit critique incapable d’autocritique ? »

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B
En réponse à votre interrogation finale, TCF, restez comme vous êtes, vous nourrissez nos réflexions quotidiennes. Frat., BC
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G
Henri Bergson a dit : J'ai deux philosophies la mienne et celle de Spinoza. Cultiver la spiritualité sans prétendre à s'élever plus haut que les religions , voila un paris d'humilité à tenir. Triste est de constater que la lucidité spinoziste ou l'enseignement du non- jugement du Christ est vu de façons opaque voir négative en cet époque. Sigmund Freud ( Totem et tabou) voyait l'humanité divisé en trois phases ; l'animisme ( stade de l'enfance de l'humain) , le religieux ( l'adolescence ) et la phase spirituel / scientifique la phase adulte. Peut-être avons nous mis beaucoup de technologies ,parfois destructives, dans les mains de peuples religieux qui en sont encore au stade de l'adolescence?

L'anthropologue Van Gordon Child nous rappelle dans le livre '' la naissance d'une civilisation'' qu'actuellement certaine tribu en sont encore a l'âge de pierre
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