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la Franc Maçonnerie au Coeur

la Franc Maçonnerie au Coeur

Un blog d'information, de conversations sur le thème de la Franc Maçonnerie, des textes en rapport avec la Franc Maçonnerie, comptes rendus et conseils de lectures.

Publié le par Jean-François Guerry
RECENSION : KABBALE et FRANC-MAÇONNERIE -Part- III- L'Homme  Livre de Marc Halévy

RECENSION : KABBALE et FRANC-MAÇONNERIE de Marc HALÉVY – Part -III- « L’HOMME »

 

 

« La Kabbale est une véritable science de l’être destinée à être vécue. »

(A.D. GRAD extrait de ‘Pour comprendre la Kabbale’ Éditions Dervy)

 

 

 

Si la Kabbale est une science de l’être, la Franc-Maçonnerie un Art Royal, une méthode pour la réalisation de l’être faisant appel au symbolisme de la construction, chacune à son héros, Hiram le Maître architecte pour la Franc-Maçonnerie et Adam pour la Kabbale.

 

Dans le chapitre de son livre consacré à « L’Homme » Marc Halévy, nous propose de poursuivre la méthode de l’analogie entre la Kabbale et la Franc-Maçonnerie deux voies parallèles. Il décline ainsi deux sous chapitres le premier Le Regard Maçonnique et le second Le Regard Kabbalistique.

 

Pour connaître l’homme il faut le nommer, l’homme maçonnique porte donc le nom d’Hiram. L’on connaît Hiram et sa légende à travers la Bible et ses exégèses, et à travers les rituels maçonniques et leurs exégèses. Jean-Claude Sitbon spécialiste du Rite Écossais Rectifié a écrit un ouvrage intéressant sur Hiram personnage biblique et maçonnique. Extraits des rituels maçonniques qui ouvrent la connaissance de l’homme « Hiramique »:

 

« L’histoire d’Hiram voile de grandes vérités pour le maçon qui veut s’instruire. » (Rite Écossais Rectifié)

 

« Hiram représente l’homme parvenu à la connaissance de soi, à la dignité dans toutes ses actions, à la compréhension des autres et à l’amour du prochain. » (Rite Français)

 

 

« Le Maçon que nous pleurons est notre Maître, que l’on nommait Imotep en Égypte et Hiram Abi à Tyr, et qui dirigeait nos travaux de par le Monde et nous éclairait de ses sages conseils. » (Rite Ancien et Primitif de Memphis et Misraïm)

 

 

« Une perte aussi importante que celle du principal architecte, ne pouvait manquer de se faire sentir partout, et très sérieusement. » (Rite Émulation)

 

 

« Le Maçon que nous pleurons est celui qui nous éclairait dans nos travaux, qui nous consolait dans nos afflictions et qui soutenait notre courage dans les difficultés. (Rite Écossais Ancien et Accepté)

 

Ces quelques phrases des rituels maçonniques suffisent à faire comprendre l’importance de l’architecte, ses qualités morales, son exemplarité sert de base à la construction du temple intérieur de chaque franc-maçon.

 

Si Hiram est l’homme maçonnique, Adam est donc l’homme Kabbalistique. (À noter que Noé est aussi considéré comme le prédécesseur de Hiram dans certains Rites Maçonniques, il fût architecte de l’Arche et premier navigateur, il préserva le meilleur de l’humanité, les symboles de l’Ancre de miséricorde, de la colombe et de l’arc en ciel constituent sa légende)

 

Suivant le schéma des deux premiers articles, je laisse aller ma réflexion personnelle et puis ensuite je reviens précisément à l’ouvrage de Marc Halévy.

 

De l’homme en général et de sa moralité.

 

                     « L’Homme est une chose sacrée pour l’homme. » (Sénèque)

 

Si comme nous l’avons vu précédemment la Kabbale est « Réception », elle est comme la Franc-Maçonnerie une méthode initiatique, c’est-à-dire commencement. Pour réaliser une belle réception il faut chacun le sait procéder par ordre s’assurer du désir de celui que nous allons recevoir, le recevoir dignement selon les usages. Ranger le temple mettre de l’Ordre dans le Chaos, pour recevoir l’homme, quel est cet homme ?

 

A la question qu’est-ce que l’homme ? Les réponses fusent, trop nombreuses sans doute et pas assez précises, une deuxième question surgit quel homme ?

 

Aristote y voyait : « Animal politique, un animal qui parle. » Platon : « Un animal aussi mais avec deux pieds et sans plumes. » Un animal raisonnable, un être bizarre qui rit selon Rabelais, ou encore un être qui pense selon Descartes, une bête de somme selon Marx, un démiurge, un créateur selon Bergson. Plus intéressant un être qui juge selon Kant, c’est-à-dire un être capable de penser par lui-même, un être de lumière, un homme des lumières, celui qui Sapere aude.

 

Marc Halévy nous rappelle que Hiram l’architecte est un homme accompli, c’est-à-dire achevé, qui atteint la plénitude, un Maître Parfait, cela nous remémore les paroles du Roi Salomon icône de l’homme juste, qui s’exclame devant le temple achevé « Tout est parfait. »

 

Marc Halévy convoque Emmanuel Kant et ses lumières, ses questions existentielles, questions que se pose tout homme à la recherche de la Connaissance :

 

« Que puis-je savoir ? Que puis-je faire ? Que puis-je espérer ?

 

Le Franc-Maçon sincère est un homme de désir, pas de plaisir, la curiosité malsaine n’est pas ce qui l’anime. Ainsi par les diverses enquêtes et les épreuves qui précédent son admission dans la fraternité l’on cherche à savoir quels sont ses désirs, que venez-vous faire ici Monsieur ? Le passage du profane au sacré doit être le passage de la souffrance à la joie, au profit moral.

On ne reçoit pas en Franc-Maçonnerie des animaux domestiques, mais des hommes libres et volontaires, il y a plus d’hommes sans désirs que le contraire.

 

L’homme des encyclopédistes Diderot et d’Alembert est :

 

« Un être sentant, réfléchissant, pensant, qui se promène librement sur la surface de la terre, qui paraît être à la tête de tous, les animaux sur lesquels il domine, il vit en société, il a inventé des sciences, des arts, il est bon mais aussi méchant, il se donne des maîtres, il fait des lois. »

 

Cela ressemble à un bissac à la fois trop grand ou trop petit, un fourre-tout, loin de l’essentiel du viatique confié au compagnon pour partir à la conquête du monde et réaliser le chef d’œuvre de sa vie.

 

La Franc-Maçonnerie se veut être un centre d’union de tous les hommespourvu qu’ils en soient dignes.

 

Devant la gageure de définir ce qu’est un homme, la tentation est grande de se cantonner à la biologie, à la classification de cette science, nous ne serions donc finalement que des homos du genre Sapiens bien ! Las notre époque moderne nous propose le clonage, l’eugénisme bientôt de retour, la fabrication artificielle de l’homme, voire d’un surhomme. Cela ressemble à la fabrication de « Golems » ! La science se propose de créer un homo Deus.

J’appelle au secours André Comte-Sponville et sa définition simple, un homme est un être humain, et « un être humain est tout être né de deux êtres humains. » L’être humain, l’homme est donc Adamique ?

André Comte-Sponville précise, mais les hommes n’ont pas toujours la qualité d’humain. « On naît homme ; on devient humain. »

 

On se rapproche de la pensée de Marc Halévy (sauf nous le verrons plus loin qu’il se différencie de l’affirmation ci-dessus de André Comte-Sponville) de ses références à Kant.

 

Un homme est un être humain, partie de l’humanité, cette humanité qui reconnaît les droits humains, la morale universelle, cette morale que Kant développe dans Sa Métaphysique des Mœurs. Les droits humains, impliquent des devoirs moraux, le Franc-Maçon est un homme qui place le Devoir dans son chemin initiatique. L’homme à des passions et des pulsions, la Franc-Maçonnerie ne prétend pas supprimer les passions, mais les maîtriser. Elle demande à ses enfants de fuir le vice et de pratiquer la vertu, et porter dans le monde les enseignements qu’ils ont « reçus ». Prendre la défense de l’homme qui respecte les droits humains est le Devoir du Franc-Maçon.

 

La Morale Kantienne ne dit pas autre chose, c’est une volonté dont les intentions sont pures. Nous dirons, que la morale de Kant est une force, une action, qui pousse l’homme vers le bien, lui donne sa dignité, une morale supérieure à l’éthique parfois particulière, dans l’espace et le temps. La morale de Kant est « une morale du Devoir. »

Kant croit à la possibilité infinie du perfectionnement de l’homme.

 

C’est une novation par rapport à la morale des anciens qui était « une morale de la recherche du bonheur. » J’entends par anciens les philosophes antiques. (Aristote Ethique à Nicomaque)

 

Les antiques promettaient le bonheur, Kant au mieux promet la réalisation de l’homme, l’augmentation de son humanité. L’homme des lumières pense et agit par lui-même sa ‘récompense’ est la joie, Que la joie soit dans les cœurs, ainsi il y a moins de souffrances.

 

L’homme maçonnique est pour moi un être humain, qui s’efforce avec humilité de choisir en conscience de pratiquer plutôt les vertus que les vices, un être moral de cette morale universelle de la nature avec laquelle il forme un tout. Mais aussi de la morale des philosophes antiques à la fois Théoria  et Praxis après tout, les tenues maçonniques sont comparables à des exercices spirituels.

 

« Agis comme si la maxime de ton action pouvait être érigée en loi universelle de la nature. » (Kant)

 

Kant prône donc une éthique qui élève l’homme, tient compte de l’homme, il est dans l’esprit des lumières que nous devons préserver et faire revenir dans notre société. Les comités d’éthique ne suffiront pas, à stopper la vitesse incontrôlée des technologies. C’est à chacun de s’investir.

 

« Les hommes souvent se trompent ils veulent changer le monde, alors que c’est eux-mêmes qu’ils doivent changer. » C’est là que se trouve, le sens de la méthode maçonnique.

 

Marc Halévy à écrit dans son chapitre sur « L’Homme » fragments choisis :

 

« La Franc-Maçonnerie est une mystique (…) elle n’est pas une énième resucée d’un humanisme obsolète qui a cru, bien trop longtemps, que l’homme était le sommet, le centre et le but de l’univers. L’homme n’a de valeur que s’il se place au service de ce qui le dépasse infiniment. Sinon, il n’est qu’orgueil et arrogance. »

 

C’est tout le combat que mène le Franc-maçon contre son ego, toute l’énergie qu’il doit mettre à fuir le vice, pratiquer la vertu et aimer ses frères, il en prend conscience en se regardant dans le miroir dès le début de son initiation, il ne lui « reste » que la mise en pratique à faire.

 

L’homme maçonnique, l’architecte selon Marc Halévy a un destin à accomplir.

 

« Accomplir tous les accomplissements en soi et autour de soi. »

« L’amour est son exigence. »

« L’inaccomplissement induit la souffrance. »

 

L’accomplissement, la plénitude, l’harmonie, se fait dans la joie, c’est ce qui clôture le travail : Que la joie soit dans les cœurs !

La joie est dans les cœurs, quand l’on abattu les murs de l’avoir qui enferme et franchit le pont qui mène à l’être, quand le temple matériel, cède sa place au temple spirituel.

 

Regard Kabbalistique sur l’homme.

 

Marc Halévy :

 

« (…) l’humain ne sera pas comme la ressemblance des dieux, mais seulement dans l’image des dieux. »

 

Il nous faut suivre les émanations du Logos, la Kabbale est une doctrine des émanations. Image par image, chaque étape constitue une vision cosmique globale.

 

« Entre vapeur et humus, voilà l’exacte place de l’homme dans le cosmos. »

 

« Air, Eau, Terre… et voici l’homme dans le triangle, avec tous les vivants de la terre. »

 

 

« L’un n’est accessible à la conscience humaine que dans la crainte biblique qui est non une crainte improbable infantile du châtiment ou du courroux divins, mais une humilité (ce qui fait humus) absolue… »

 

Je termine les extraits :

 

« L’humain vit la vie, mais ne connaît pas la Connaissance. Pour connaître la Connaissance l’humain doit devenir homme en dépassant l’humain. »

 

Comme je le disais ci-dessus, vous croyez voir une contradiction entre la pensée de André Comte Sponville qui disait : « On naît homme, on devient humain. » et celle de Marc Halévy. Ne vous fiez pas aux apparences. Je dirais que derrière l’homme ordinaire, se dissimule l’homme véritable qui ne demande qu’à s’éveiller, l’homme neuf, cet homme neuf est surement plus humain parce qu’il grandit l’homme, cela ne reste que mon humble avis.

L’homme maçonnique est peut-être l’homme antique qui comme les philosophes de cette époque pratique la philosophie qui est à la fois Théoria et Praxis et non un exégète de la philosophie comme le sont souvent nos philosophes modernes, capables de cours magistraux réservé à des élites intellectuelles, mais incapables par leur exemplarité d’influencer la société, comme les Francs-Maçons qui se glosent de leur supériorité intellectuelle en produisant des planches incompréhensibles pour leurs frères, ce sont les mêmes qui sont incapables de répondre présents quand ils sont convoqués par la fraternité et la solidarité et la fidélité envers leurs et tous ceux qui sont faibles et dont il faut prendre soin en préservant leurs droits, c’est le Devoir maçonnique.

Mais l’homme maçonnique n’est pas seulement un philosophe antique, il est un homme des lumières, non pas des lumières dégradées mais de l’esprit des lumières, les lumières de Kant celles qui libèrent l’homme des dogmes et des apparences, pour faire naître l’homme réel, l’homme intérieur qui pense par lui-même.

L’homme maçonnique et l’homme kabbalistique se rejoignent dans l’image de l’arbre de la vie bonne, l’arbre des sephirot d’où émane les vertus qui sont les étapes d’une ascension spirituelle, d’une ascension vers la vie de l’esprit, la vie bonne, la vie sage, la belle vie, celle qui met fin à la souffrance comme le dit Marc Halévy, et met la joie dans le cœur des hommes.

Je vous encourage encore vivement à lire ce livre de Marc Halévy.

 

Jean-François Guerry.

 

À suivre : Recension Part -IV- Kabbale et franc-Maçonnerie – Le Temple-

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