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la Franc Maçonnerie au Coeur

la Franc Maçonnerie au Coeur

Un blog d'information, de conversations sur le thème de la Franc Maçonnerie, des textes en rapport avec la Franc Maçonnerie, comptes rendus et conseils de lectures.

Publié le par Jean-François Guerry
Stéphanie Montfermé

Stéphanie Montfermé

DÉCADENCE, ESPÉRANCE : FICTION OU PAS ?

 

J’ai entrepris une relecture de la philosophie de Plotin, cet initié qui a conceptualisé l’ordre ascendant de l’expérience spirituelle, de purification par l’ascension et l’ordre descendant de la procession vers les autres. Pourquoi Plotin parce que les occurrences de son nom si elles n’apparaissent pas dans les rituels maçonniques, sont toujours en creux dans les réflexions des francs-maçons.

 

C’est donc naturellement que mon regard s’est porté sur un livre qui fait référence : La Philosophie de Plotin de Émile Bréhier. La lecture du Chapitre Premier sur: le IIIème siècle de notre ère, m’a inspiré cette fiction par analogie aux événements récents.

 

Il suffit parfois de modifier quelques mots pour dénaturer la nature d’un texte, ou pour que le passé resurgisse dans le présent, dans l’actualité.

 

Ce matin ou hier ou avant-hier, dans une petite ville paisible image de la douceur de notre France, protégée par les institutions de notre  république, ses représentants réunis rendaient un hommage à une mère de famille, une épouse, une maman, une fonctionnaire de notre police, lâchement égorgée par un barbare hôte de notre France icône de la défense, du droit d’asile, des droits de l’homme, du droit de la liberté d’expression, du droit de la pratique religieuse, du droit à la liberté pour tous, dans le respect de tous. Stéphanie Monfermé fonctionnaire de police, armée de son dévouement, de sa bienveillance, a été assassinée pour la défense de notre liberté, de votre liberté, de la liberté du droit de vivre dignement que son assassin était venu chercher chez nous.

 

La liste macabre des innocents s’allonge de jour en jour, notre république est menacée par les barbares venus du sud, de l’orient d’où jadis venait la lumière. Notre république est déchirée par des crises intérieures de toutes espèce : un ébranlement moral, social, intellectuel, met sens dessus dessous les valeurs sur lesquelles a vécu notre vieux monde. Dans cette période, une des plus agitée que nous ayons connu, nous tentons de maintenir dans leur ampleur des traditions anciennes dont certains ignorent même l’existence, et aussi les valeurs de l’esprit des lumières dont ils ne veulent pas, non plus.

 

Notre civilisation marque le début d’une interminable série de guerres civiles à nos portes, que certains voudraient voir se propager dans notre maison commune, ils ont réussi à briser l’espérance des printemps sur les rives de la méditerranée. Des fléaux divers, qui ressemblent aux pestes d’antan, des famines commencent à dépeupler sournoisement les pays les plus développés, les associations caritatives doivent subvenir maintenant aux besoins élémentaires de nos enfants étudiants, quel regard porter sur une civilisation occidentale qui revendique sa richesse et est incapable de nourrir ses enfants, et d’aider ses anciens à finir leur vie dans la dignité, sinon le signe du début d’une décadence.

 

En détruisant peu à peu les élites qui nous ont gouverné, pacifié, civilisé, notre république pour satisfaire l’égalitarisme qui tire vers le bas, nos élites formées chez nous quittent nos centres de recherche, nos laboratoires d’idées, en conséquence nos usines se vident avant de fermer définitivement.

L’on distribue des subsides aux plus pauvres, mais aussi à nos agriculteurs, maintenant nos pêcheurs, notre pitié, tu leur dignité.

 

Les élites de nos arts, de notre culture, se dissolvent, dans les excès du numérique ou ils disparaissent. Le niveau de notre culture s’abaisse un peu partout, en philosophie, en droit, en littérature, la quantité submerge la qualité.

 

Les terroristes sont les bras armés de ceux qui veulent détruire notre culture, notre civilisation, nos libertés qu’ils méprisent ignorent, et utilisent à leurs fins mortifères.

 

Enfin les religions qui ont été à la base de la vie politique, sociale, intellectuelle, sont en train de mourir ; aveuglées par leurs dogmes incompréhensibles. Elles laissent la place aux intégrismes venus d’ailleurs, qui font irruption partout. Le cosmopolitisme, le mélange des races, des religions, des cultures, des mœurs qui promettaient par leurs différences un enrichissement global, ont amené la confusion, le mondialisme et la globalisation jusque dans notre langue. La démocratie qui faisait naître et encourageait les plus faibles, qui devrait être un formidable ascenseur social est en régression en panne, elle cède aux pressions de la foule, qui détruit le peuple.

 

De fait notre époque va vers la ruine définitive et sans rémission, les valeurs qui étaient depuis des siècles les guides moraux des gens cultivés, les idéaux sévères qui conduisent à la joie et suppriment la souffrance. Laissent leur place à des cyniques déguenillés pour qui la pensée philosophique ne compte plus. C’est l’âge des commentateurs, des exégètes des vieilles doctrines. Personne ne songe à restaurer la pratique des valeurs morales, à donner un sens à la vie, à réintroduire du sacré dans notre quotidien.

Ce qui nous manque aussi cruellement, c’est l’unité corps esprit, le désir des vertus, la maîtrise des passions, nous sommes passés du désir au plaisir souverain, ce qui nous manque surtout, c’est l’élévation spirituelle graduée et notre capacité à redescendre, à abandonner notre arrogance, à être plus humain avec les autres qui sont nos proches.

 

Bien sûr tout cela n’est qu’une vision hors du temps et pessimiste une fiction ! Quand tout est détruit quand les colonnes des temples de l’esprit sont brisées, il reste l’espérance, de l’ordre après le chao.

 

Jean-François Guerry.

 

 

Morceaux Choisis du Livre de Émile Bréhier La Philosophie de Plotin, partie d’un cours donné en 1921-1922 à la Sorbonne. Le texte de ce livre caractérise un idéalisme élevé, une utopie.

 

                           Chapitre Premier le IIIème siècle de notre ère.

 

Il est peu de périodes plus dramatiques que la fin du paganisme : l’Empire romain, menacé à l’extérieur par les Barbares au nord et par les Perses à l’est, est intérieurement déchiré par des crises intérieures de toute espèce : un ébranlement moral, social, intellectuel, met sens dessus dessous les valeurs sur lesquelles avait vécu le vieux monde (…) la pensée se laisse aisément séduire par la bigarrure des doctrines, et par les mélanges les plus bizarres et les plus inattendus des idées venues d’Orient et d’Asie Mineure avec la vieille philosophie grecque.

Dans cette période du IIIème siècle où vécut Plotin est certainement l’un des plus agités, et l’édification de sa philosophie, qui prétend maintenir dans toute son ampleur la pensée des vieux âges, coïncide précisément avec l’époque où, selon l’étude récente de M. Ferrero, s’est produite la ruine de la civilisation antique. « La révolte de Maximin », dit-il, marque le début d’une interminable série de guerres civiles, de guerres au-dehors, de fléaux, pestes, et famines qui durèrent sans interruption un demi-siècle et qui dépeuplèrent et appauvrirent l’Empire, détruisant les élites par lesquelles il avait été gouverné, pacifié et civilisé pendant le premier et le deuxième siècle, et, avec les élites, les arts de la paix et la meilleure partie de la culture grecque et latine…. Le niveau de culture s’abaisse partout ; en philosophie, en droit, en littérature, parce que les nouveaux dominateurs la méprisent et l’ignorent. La décadence s’étend à toutes les industries. Enfin, la religion, qui avait été la base de la vie politique, sociale et intellectuelle, le polythéisme païen, est en train de mourir. Les cultes d’Orient font irruption partout…Le cosmopolitisme de l’Empire, le mélange des races, des religions, des mœurs, des cultures, l’unification du gouvernement, les nouvelles doctrines religieuses et philosophiques avaient frappé à mort en même-temps, le polythéisme et l’esprit de tradition locale… La civilisation gréco-latine était aristocratique à un degré que nous avons peine à soupçonner ; sa force était dans des élites très restreintes.

 

De fait, cette époque a vu la ruine définitive et sans rémission des philosophies dogmatiques qui, depuis cinq siècles, étaient les guides moraux des gens cultivés : le stoïcisme et l’épicurisme. A la fin du IIème siècle, le scepticisme d’un Sextus Empiricus réunit contre elles tous les arguments possibles, et l’idéal sévère des stoïciens ne survit plus que chez des cyniques déguenillés pour qui la pensée philosophique ne compte plus.

C’est en revanche l’âge des commentateurs : on étudie Platon, Alexandre d’Aphrodite, peu avant Plotin, écrit des commentaires détaillés sur les ouvrages d’Aristote. Les philosophes ont le souci constant de se rattacher à une tradition et de ne pas présenter leurs pensées que comme l’exégèse des œuvres des vieux maîtres. Plotin lui-même ne fait pas exception : « nous devons croire que d’anciens et bienheureux philosophes, écrit-il d’un style dévot, ont découvert la vérité ; et il convient seulement de rechercher qui sont ceux qui l’ont trouvée, et comment nous en pouvons avoir l’intelligence.» « Nos théories proclame-t-il encore, n’ont rien de nouveau, et ne sont pas d’aujourd’hui ; elles ont été énoncées, il y a longtemps, mais sans être développées, et nous ne sommes que les exégètes de ces vieilles doctrines, dont l’antiquité nous est témoignée par les écrits de Platon.

 

(….) L’univers à une histoire véritable ; il comporte des crises qui se marquent par des transformations profondes ; création, chute, rédemption (que la création précède la chute, ou qu’elle la suive comme chez les gnostiques) sont dues à des initiatives imprévisibles, inattendues ; n’ayant pas leur raison dans l’essence même des choses, mais en des volontés bonnes ou mauvaises, elles ne produisent qu’un état passager : rien d’éternel, ni dans la création, ni dans les conséquences de la chute.

 

C’est pourquoi l’espérance demeure !

DÉCADENCE, ÉSPÉRANCE : FICTION OU PAS !
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Agnes Caullery 06/05/2021 08:45

Les esprits de notre jeunesse, sont formatés des le plus jeune âge, Ils grandissent entre des parents qui les façonnent et une école qui sournoisement, de force les moulent à une pensée, téléguidé... Certains éclairés, illuminés, par le Cœur et l'Esprit des le plus jeune age se rebellent... Nous nous devons d'ouvrir les consciences, et d'insuffler à chaque Être le Droit d'être ce qu'il désire et de se réaliser.. Nous verrons fleurir, des enfants naïfs et heureux, des adolescents conscients qui se projettent dans un avenir, alors pondra le Réveil et l'Eveil.... À nous de les prendre par la Main et les Sortir de se karkant...

claudius 07/05/2021 09:04

Chère Agnes, effectivemnt ce sont les parents, dans des foyers équilibrés ,ayant eu une éducation de qualité qui auront la volonté d'accompagner leur progéniture en vue de lui faire acquérir suffisamment de connaissances et les lancer dans la vie avec lucidité et compétences, afin d'affronter un monde bouillonnant d'incertitudes, d'insatisfaction, en gardant du fond du cœur un volonté de vaincre en privilégiant tout ce qui peut enrichir l'esprit. Hélas est-ce le cas pour ceux qui mettent au monde tant d'enfants destinés à vivre dans une certaine inculture????
Claudius

Claudius 01/05/2021 15:24

Percutante analyse du désarroi qui enlace progressivement notre Monde, comme le ferait en Boa,s'enroulant sur le corps d'un être humain insouciant , en vue de l'étouffer !!!! Oui nos vivons ce syndrome de la décadence, tel un virus qui sape et désagrège l'esprit de chaque humain quelle que soit sa couleur de peau , comment vit-il aujourd’hui, écrasé par un progrès qu' il ne maitrise pas, noyé dans la masse de 7 milliards d'autres hommes, aux multiples revendications devenues ingérables, son esprit s'atrophie par un manque de culture, il est phagocyté par un matérialisme qui le ronge !!!En nous plongeant dans la relecture des écrits de Plotin, relatant les raisons de la décadence de certaines époques qui nous ont précédées, nous y retrouvons les mêmes causes, les mêmes effets, encore plus accentués de nos jours et devenus insurmontables.A qui la faute ????L'incurie des dirigeants qui ne pensent qu'à leur propre profit !!!

Notre beau pays la France, n'échappe pas à ce courant de décadence , comment y remédier face des actes de barbarie qui nous plongent dans l'insécurité, des innocents y perdent la vie, l'ampleur est telle que la Grande Muette par la contestation de ses cadres de haut niveau ,qu'est l'armée, fait craindre un risque de sanglants affrontements, les individus perdus dans une misère programmée qui va les priver de vivre décemment , vont devenir incontrôlables et développer les bas instincts qui dorment par nature en tout être humain.
A quoi servent nos écrits sur ce BLOG , nos FF:. qui les lisent restent muets, certes ils les lisent, ils sont membres de toutes les obédiences maçonniques, que font-elles??? Elles sont devenues elles aussi la Grande Muette du pas de vagues!!!
Heureux nos spationautes dans leur navette, qui rêvent dans la grandeur du cosmos, qui à travers un hublot admirent la beauté de cette boule fragile qu'est notre terre, ils y découvrent aussi les dégradations de sa surface provoquées par l'insouciance et la rapacité des hommes!!!
Claudius

cincinnatus 03/05/2021 21:42

Hé oui cher Claudius, à l'heure où la "Grande Muette" l'est de moins en moins, et avec raison, la FM quant à elle fait du zèle en matière de discrétion et ne dit pas un mot!
C'est bien triste, déprimant même, et cela ne manque pas de poser question en ce qui concerne notre célèbre fraternité, à moins qu'elle se limite aux porteurs de tabliers!

01/05/2021 17:23

Merci Claudius de ton indignation, il y a quelques temps Stéphane Hessel lançait cette injonction INDIGNEZ VOUS ! Un cri relayé par la jeunesse, ou sommes les jeunes ? Pourquoi ce silence après l'assassinat de Stéphanie ?

Jean-François

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