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la Franc Maçonnerie au Coeur

la Franc Maçonnerie au Coeur

Un blog d'information, de conversations sur le thème de la Franc Maçonnerie, des textes en rapport avec la Franc Maçonnerie, comptes rendus et conseils de lectures.

Publié le par Jean-François GUERRY
LE SACRÉ DES ENCLOS

LE SACRÉ DES ENCLOS.

 

Il est naturel pour ceux croient d’affirmer que le sacré élève leur esprit. Ils passent ainsi du « Je » au « Nous » grâce à l’amour fraternel la plus haute des vertus. Ils abolissent les frontières, les murs, entre les hommes, la question demeure est-ce que le sacré favorise la rencontre et le partage, est-ce que le sacré ne sépare pas, n’isole pas. Et si isolement il y a, cet isolement est-il nécessaire, la descente en soi avant la remontée vers les autres.

À l’inverse ceux qui ne croient pas voient-ils le sacré comme une séparation entre les hommes, cette vision n’est-elle pas erronée par la confusion entre sacré et religieux, il n’en reste pas moins que la séparation entre l’espace sacré et l’espace profane est bien réelle. Régis Debray dans Le moment de fraternité écrit : « Là où il y a du sacré, il y a une enceinte. Et là où la clôture s’efface-ligne seuil ou dénivelé, le sacré disparaît ».

 

Il y a une distinction dans l’espace, une catégorisation de l’espace, une séparation entre le monde profane et le monde sacré. Le profane serait exclusivement matérialiste et le sacré exclusivement spirituel. Ce qui s’exprime dans certains rituels maçonniques : « Nous ne sommes plus dans le monde profane, nous avons laissé nos métaux à la porte de la loge ».

Cette phrase illustre un moment, un temps profane suspendu, un temps sacré vécu. Il faut sans aucun doute nuancer on ne peut prétendre que le temps sacré rempli entièrement la durée d’une tenue maçonnique, il y a des moments, des intensités variables.

Dans le temps sacré, les sœurs et les frères sont séparés du monde profane. Les séparés ont accès au sanctuaire, leurs regards sont tournés vers la lumière de l’orient. Ils aspirent à l’éternel retour dans l’enclos paradisiaque (paridaiza en persan antique signifiant enclos, paradis terrestre).

Les Francs-maçons sacralisent leur temple en loge, le sépare du monde profane pour se livrer à leurs travaux : « Nous sommes dans un lieu couvert seul connu des … (des séparés) ».

Preuve que les sœurs et les frères attachent de l’importance à cette séparation des mondes, ils ont des gardiens du temple à l’extérieur des Tuileurs et à l’intérieur des Couvreurs. Ce qui est à l’intérieur symboliquement bien sûr ne peut pas être connu des profanes, les profanes ne peuvent connaître les secrets véritables des enfants de la lumière. Là encore symboliquement la lumière extérieure qui n’est qu’apparence ne pénètre pas dans l’espace sacré de la loge, les fenêtres ont été occultées.

Mais ceux qui ont reçus la Lumière, sont éclairés, illuminés en capacité de construire grâce à la force et la persévérance symbolisées par les colonnes qui soutiennent leur temple intérieur.

Les forteresses, les citadelles de l’esprit sont toutes intérieures, comme cette Jérusalem céleste qui descend dans le cœur de l’homme, séparé de la domination de sa matérialité.

Les temples de l’esprit où règne le sacré peuvent être dans le monde visible, mais dans des lieux spécifiques où des forces mystérieuses, telluriques et célestes s’allient pour sacraliser ces lieux et alors l’esprit s’élève. Je pense aux alignements mégalithiques de Carnac, aux pierres levées de Stonehenge dans la plaine de Salisbury balayées par les vents extérieurs. Mais celui qui s’arrête au milieu d’elles et écoutent un instant perçoivent en eux un murmure spirituel. J’imagine que quand la lumière du soleil paraît dans les cloîtres ouverts vers le ciel l’on ressent le même souffle spirituel. Ces lieux sacrés ou sacralisés par l’homme, n’ont pas été choisis par hasard. On ne construit pas une pyramide ou le Mont Saint-Michel par hasard, n’importe où. La cathédrale ne monte pas vers ciel sans le souffle de l’esprit qui guide la main du compagnon bâtisseur. Comme je l’ai déjà écrit je garde une place particulière dans mon cœur et mon esprit pour ce moment particulier où assis dans l’herbe sur la pente qui domine le lac de Tibériade, j’ai ressenti une forme de complétude et d’harmonie dépassant toute implication religieuse, car j’étais entouré de mes sœurs et mes frères. Nous étions passés peu de temps avant dans la cité de Capharnaüm, un passage du profane au sacré en quelque sorte.

Pourquoi ces lieux sont-ils sacrés, peut-être parce qu’ils sont difficilement accessibles, les chemins de l’esprit sont souvent tortueux, comme les voyages symboliques du Franc-maçon, comme le labyrinthe de la vie. Les lieux sacrés sont souvent des grottes, des cavernes, des voûtes ou encore des monts et des montagnes. Les descentes, précédent toujours les ascensions, ceux qui sont capables de descendre seront aptes à monter plus haut, à aller plus loin. Les séparés voyagent souvent seuls à l’instar du grand prêtre pénétrant une fois par an dans le Saint des Saints, dans l’obscurité du temple, dans ce lieu sacré nu et aux fenêtres occultées. On ne profane pas un sanctuaire.

 

Le sacré est donc lié à un enclos. Notre société du voyeurisme n’aime pas le secret des enclos, les secrets de l’intime, du sacré. Aujourd’hui il faut tout voir, tout faire voir. Les temples même de la démocratie sont proposés en spectacle, l’on peut mesurer « le spectacle » affligeant de l’Assemblée Nationale, ou l’irrespect dans les écoles, les lycées, les universités, les estrades d’ou viennent les savoirs et la connaissance sont données en pâture aux barbares modernes.

Les irrespects, vis à vis de ceux qui sont en charge dans les sanctuaires de la démocratie poussent les gens vers les écoles confessionnelles. Ces saints laïques qui consacrent leur vie au bien moral, au bien commun sont rejetés par notre société matérialiste. Le but manqué de la construction du temple intérieur de l’homme aboutit à l’écroulement du temple social.

 

La Franc-maçonnerie propose la reconstruction du temple intérieur de l’homme, un changement de regard sur l’homme et la société, en spiritualisant un peu plus notre société. Faire renaître la spiritualité en dehors des murs, des enceintes que constituent les loges. S’efforcer de mettre du sacré, du spirituel, en abolissant toutes les frontières, prôner pour une éthique spirituelle universelle sans exclusive sociale ou religieuse. Je cite encore Régis Debray : « Le saint part sur les routes avec le lever du soleil, pour convertir le monde et s’aperçoit le jour tombé, qu’il n’y parviendra jamais s’il ne commence pas par se convertir lui-même au monde ».

 

Comment parvenir à apporter un peu plus de sacré, de spirituel dans le monde si ce n’est en portant humblement hors les temples, les loges, hors des lieux sacrés, sacralisés. Si ce n’est en portant la Lumière de la Fraternité soigneusement entretenue pour quelle grandisse et donnée en partage.

 

                                   Jean-François Guerry.

LE SACRÉ DES ENCLOS

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F
Bonjour,
Un petit bémol tout à fait personnel à cette bienveillante idée de vouloir faire "renaître la spiritualité à l'extérieur des temples"...
En effet, pour apporter un peu de spiritualité à quelqu'un il faut qu'il soit déjà quelque peu réceptif, et dans le monde de brutes auquel nous sommes confrontés au quotidien, ce n'est pas gagné... C'est bien pour cela que la Franc-maçonnerie et ses loges se réunissent en des "espaces sacrés". Je dis bien "espaces" car de tous temps les "temples" ont été l'objet de convoitises et sources de vanités. Il n'est qu'à voir la course de certaines obédiences aux temples somptueux et à l'étalage de la richesse des effectifs.
C'est dans un espace sacré aux dimensions universelles créé seulement à l'ouverture des travaux que se développe l'échange spirituel : et on le clôt à la fin des échanges. La loge n'est donc qu'un lieu éphémère invisible, telle une "vente forestière", et ne constitue pas un temple ni un enclos sacré... même si pour beaucoup la loge est localisée dans un temple à l'orient de...
A la fin des travaux le "nous" redevient "je", et c'est fort d'un idéal maçonnique pour guider notre vie dans le monde profane qu'on repart chez soi heureux du travail effectué.
Vouloir transformer le monde et apporter un peu de spiritualité dans le monde profane est pour moi parfaitement utopique, même si l'intention est louable...
Maintenant rien n'empêche d'essayer. A chacun de voir...
Bien fraternellement, de Frère Tuck.
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P
Tout scientifique commence toujours par isoler le système sur lequel il souhaite travailler.

Isolé, l'objet de l'étude est ainsi éloigné de toutes influences extérieures qui pourraient fausser les résultats d'analyse.

Nos Travaux demandent également à être à couvert, isolés des méli-mélo extérieurs, afin que  nos regards puissent se tourner vers la vraie Lumière et que le travail soit créateur.

Le physicien reproduit ses expériences plusieurs fois et invite ses pairs à les refaire également. Lorsqu'un phénomène peut être reproduit à l'identique, il y a de grandes chances qu'une loi se cache derrière lui.

Nous sommes des FF héréditaires de la même tradition, et reproduisons les mêmes gestes, mots  et pensées. Ainsi nous pouvons témoigner des lois de l'univers.
Lorsque le scientifique maîtrise les nouvelles propriétés découvertes, il peut en utiliser les principes pour des applications concrètes hors des murs de son laboratoire.

Nous sommes ses alchimistes qui travaillons uniquement dans le but de faire rayonner nos découvertes à l'extérieur de nos temples clos.

Tout lieu sacré isole temporairement et volontairement. C'est un laboratoire pour les cherchants qui utilisent intentionnellement ce lieu clos.
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Belle réflexion
Jean-François