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la Franc Maçonnerie au Coeur

la Franc Maçonnerie au Coeur

Un blog d'information, de conversations sur le thème de la Franc Maçonnerie, des textes en rapport avec la Franc Maçonnerie, comptes rendus et conseils de lectures.

Publié le par Jean-Laurent Turbet

Cet article est reposté depuis Bloc notes de Jean-Laurent sur les Spiritualités.

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Publié le par jean françois
LE CHAOS ET L'ENFANT

L’éternelle quête, vers la jeunesse, la fontaine de jouvence, l’eau pure, le feu éternel qui brûle en nous, la régénération non pas vers le passé, vers les lumières de la tradition qui sont l’espérance de l’avenir. C’est tout le parcours initiatique du maçon pour sortir des ténèbres de la nuit, à la recherche de sa lumière intérieure. Avec ses mots notre frère Philippe, ses mots qui sont autant de cadeaux à ouvrir par le jeune apprenti et le maître au début de chaque courbe spiralée ses mots qui les élèvent vers les mystères de la vie, portés par les mains bienveillantes de leurs frères, ils montent lentement, les barreaux de l’échelle mystérieuse  celle qui mène au centre de la Rose d’Amour.

 

Merci à Philippe pour ce poème inspirant.

 

JF.

                                                  

   Le CHAOS et l’enfant 

 

Le temps semble figé ; les secondes, comme des jours,

Interminables, passent ; au fonds de la nuit

Qui noie le monde, le silence s’installe sans bruit,

Tandis que l’Homme pleure l’Universel Amour.

 

Des larmes amères coulent, elles noient sa mémoire,

Elles roulent, roulent le long de son désespoir,

Elles deviennent fleuves, et s’en vont, océanes,

Alimenter ses peurs, et révéler ses pannes.

 

Je suis là, impuissant, contemplant le désastre,

L’imminente tragédie de l’inhumaine race.

 

Les survivants se terrent, et dans la nuit profonde

On ressent la moiteur d’une terreur immonde

 

Alors que se profile dans le ciel et les astres,

Le divin épilogue d’une encombrante trace,

Je passe et puis repasse, inconsolable et seul,

Lente rétrospective, les années d’avant deuil.

 

Je contemple le fil où s’enchaîne ma vie

Je le tire et ramène des lambeaux de bonheur,

D’éphémères instants, de rassurantes heures

Les pénibles souvenirs que je croyais enfouis ;

 

Le tumulte indécent va bientôt retentir.

 

Soudain levant les yeux au fonds de ce décors

Qui force au repentir, où mes forces chavirent,

J’aperçois dans la rue, l’insoutenable effort

Que déploie un enfant traînant une valise.

La scène est incongrue, parce que tout se brise

Son fardeau semble lourd, mais il reste silencieux

Il avance tranquille, assuré, lumineux

Presque heureux d’être là, au milieu de la nuit..

 

Il chavire parfois, et puis trébuche aussi,

Mais inlassablement, il se remet debout,

Fièrement, sans faiblir, et il avale ainsi

Sans hâte, pas à pas, l’interminable route.

                                                                                             

Qui est il ?, où va t il ?, d’où vient ce garnement ?

Il semble comme étranger à ce monde dément

 

Pourquoi inflige-t-il cet effort dérisoire

A mes yeux las d’amour, las de temps, et d’espoir ?

Ne devine t il pas la terrible menace

Qui plane sur nos têtes, comme une ultime farce ?

 

Je dois le rattraper, éteindre son sourire

Le convaincre, expliquer, lui éviter le pire.

 

J’entreprends de rejoindre l’impertinent enfant.

Ma lente procession pour atteindre l’impie,

Est freinée par le vent qui bruyamment glapit,

J’avance pesamment, infiniment lentement

Pour tenter l’impossible, et pour rendre probable

Ma dérisoire quête ;

                                     Je saisis, intraitable,

L’innocente créature, qui n’a cure du rôle

Que je tiens en ces lieux. L’enfant fait volte-face,

Et brusquement je sais, et ma colère s’efface.

 

Contemplant ce visage que je connais par cœur

Je découvre incrédule, dans ces traits la douceur

D’un gamin de sept ans pointant de son index

Un horizon blafard qui me laisse perplexe.

 

Image de l’innocence, d’un printemps révolu,

D’un cœur ouvrant les portes de l’amour, résolu

A répandre l’espoir par-delà les sceptiques,

Tous ces morts en sursis, au regard famélique.

 

Je fus cet enfant-là, celui qui disparaît,

Qui semble s’évanouir la besogne remplie,

Sans qu’un son sur ses lèvres ne confirme la paix

Ni n’efface l’angoisse qui me tord et me plie.

 

Je demeure fourbu, éreinté, écrasé,

Le choc fut salutaire mais la nuit est glacée.

 

Tandis que je relève, comme un pantin cassé

Mon corps et ma raison, tandis que mon passé

M’est ainsi révélé, je recommence à croire,

L’image s’accentue au centre du miroir.

 

Le découragement cesse remplacé par l’espoir

Et Je suis désarmé par ma propre victoire.

 

Pouvons-nous retrouver cette innocente image

D’un possible bonheur, et s’il n’est pas trop tard,

Alors quel est le prix qu’il nous faut consentir

Pour que nos lendemains ne soient pas des hasards ?

Sommes-nous à la fois la lumière et le fou ?

Déchiffrons-nous toujours du symbole l’atout ?

 

Au tréfonds de nos cœurs où siège le repentir

Pouvons-nous retrouver l’originel arôme ?

La saveur des saveurs qui fait ce que nous sommes

De solides maçons, des Hommes en devenir.

 

La fable dit que OUI ; l’enfant omniprésent

Veille dans la pénombre de nos cœurs fatigués

Et à la réflexion, c’est comme un cabinet

Où nous nous plongerions, sanctuaire apaisant

Où l’âme se régénère, où la raison du cœur,

Modère nos passions pour construire le bonheur.

 

Que devint la valise ?, et que contenait-elle ?

 

Mais elle est toujours là, je la traîne partout

Et elle contient tout ;

                                 Enfin, presque tout ;

                                                                   Ce que j’y ai mis

Mes doutes et mes farces

                                Mes amis, mes ennemis,

Ce qui fait ce que je suis

                                Ni sourire ni grimace

Un maillon minuscule

                                Dans une solide chaîne.

 

Et quand l’indécision, et quand l’intolérance

Frappent trois petits coups mais avec insistance

Je l’ouvre cette valise,

                                Tout en grand,

                                                        Et j’y puise mon destin.

 

Philippe Jouvert.

Avec l'aimable autorisation de Philippe Jouvert

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