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la Franc Maçonnerie au Coeur

la Franc Maçonnerie au Coeur

Un blog d'information, de conversations sur le thème de la Franc Maçonnerie, des textes en rapport avec la Franc Maçonnerie, comptes rendus et conseils de lectures.

Publié le par jean françois
Milarépa la voie du bonheur

Milarépa la voie du bonheur

 

VOYAGEUR VERS LE BEAU

 

 

 

L’initiation c’est un parcours spirituel vers le beau qui passe par le dénuement. Au début c’est comme un arrêt, une observation des merveilles de la nature qui composent notre monde et que l’on avait oubliées, enfouies dans notre subconscient et recouvertes des apparences, de nos certitudes. C’est la révélation du besoin de la vacuité pour accueillir le beau.

 

Cela commence par une descente vers le plus sombre de nous-mêmes comme une préparation pour une remontée progressive vers la lumière, il y a d’abord un imperceptible scintillement qui réveille l’esprit engourdi dérouté vers l’inutile. Il faut se réhabituer l’essentiel de son soi, à vivre avec rien ou presque pour être dans un état de réceptivité on n’est ni nu ni vêtu.

 

Aspirant à cette nudité, apprenti à la connaissance du vide, à l’extrême pointe de l’esprit aux rivages de la beauté de l’âme. C’est un parcours sur les traces deMilarépale yogi des cimes de l’Everest, celui qui monte nu vers le toit du monde.

 

 

« Je suis celui qui chasse le visage des apparences, celui qui accueille tous les souhaits.

Je suis un yogi sans opinions, celui qui ne s’empresse jamais, quoi qu’il advienne.

Je suis le renonçant sans vivres, le mendiant sans possessions, le vagabond nu.

Je suis celui qui a vaincu toutes les pratiques, je demeure ici mais n’y réside pas, je suis le fou, heureux de la mort, je ne possède rien, je n’ai besoin de rien. »

Cette voie extrême vers la beauté de la lumière, réalisée par le yogi, reste une voie d’espérance pour l’initié, seuls les plus grands initiés peuvent la réaliser en une seule vie, seuls ceux qui croient en la régénération peuvent espérer l’atteindre. Plus modestes nous pouvons mettre les premiers pas sur ce chemin vers le beau.

 

Le yogi regarde cette vie comme une illusion, il veut combattre les apparences, il cherche comme les chevaliers de l’esprit la meilleure monture qui le conduira les plus loin possible sur sa route, vers la lumière, libre, détaché des choses inutiles, il est prêt à recevoir en lui la beauté de la lumière éternelle.

 

Jean-Francois.

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Publié le par jean françois
Pierre Marie Adam Grand Maître de La Grande Loge de France

Pierre Marie Adam Grand Maître de La Grande Loge de France

ACTUALITÉS

 

GRANDE LOGE DE FRANCE

 

 

 

La parole des Grands Maîtres est rare, en cette rentrée Maçonnique, le Grand Maître de la Grande Loge de France deuxième obédience maçonnique en France Pierre Marie Adam à l’aube de sa deuxième année de mandat, (ses frères l’ont réélu lui et son équipe (selon ses paroles) avec 93% des voix c’est dire leur confiance en sa personne et son action pour son obédience et la franc-maçonnerie en général)

 

Le Grand Maître a répondu à la demande d’entretien de deux Blogs maçonnique, d’abord celui de hiram-be puis du Blog Dauphiné Savoie.

 

Pas de langue de bois maçonnique lors de ses deux entrevues, toutes les questions sont abordées, la vie de son obédience, effectifs, action dans la société, projets internationaux, assistance des frères âgés, relations inter obédientielles, un accent particulier sur la formation des frères, la voie initiatique au centre de la démarche entreprise par tous les membres de son obédience.

 

J’ai retenu pour ma part la nécessité du travail des maîtres maçons, le Rite Écossais Ancien et Accepté seul rite pratiqué par la Grande Loge de France, à l’exception de quelques loges, contient 33 degrés, chaque frère qui le souhaite à son rythme peut gravir les marches initiatiques, le Grand Maître à la lecture des chiffres de l’obédience constate que les frères qui démissionnent ne sont pas des jeunes frères, mais des frères maîtres. Ces frères succombent à une forme de routine, par l’absence ou le peu de travail au 3èmedegré de leur Rite, ainsi que le manque de perspective dans leur progression initiatique. Il y a donc un travail de fonds à accomplir par la Grande Loge, par les Vénérables des Loges symboliques et par les frères appartenant au Suprême Conseil de France, juridiction qui a en charge les degrés qui vont du 4èmeau 33èmedegré l’accueil au sein du Suprême Conseil de France doit être facilité pour tous les frères en désir de prolonger leur perfectionnement individuel, mis au service de leurs frères et de la société en général.

 

L’idée parfois, que les grades de perfectionnement sont réservés à une pseudo-élite intellectuelle, est fausse. Si les connaissances ne sont pas incompatibles avec le perfectionnement du franc-maçon, elles ne sont pas le but, il faut savoir tout oublier, pour réapprendre et re naître, et c’est l’initiation progressive jusqu’au seuil de l’orient éternel qui est au centre de la démarche des frères, le rite est le levier des émotions, de l’homme intérieur qui ne demande qu’a se révéler, à force de travail sur soi, par la pratique des vertus qui font l’homme véritable, plus humain.

 

Je vous conseille de lire les deux entretiens donnés par Pierre Marie Adam.

 

Jean-François.

A LIRE LES DEUX ENTRETIENS

 

GLDF : P.M. ADAM NOUS EXPOSE LES PRIORITÉS DE SON SECOND MANDAT

Par Géplu dans Divers

 

 

ENTRETIEN DE P.M ADAM AVEC LE BLOG MYOSOTIS DAUPHINÉ SAVOIE.

 

 

http://le-myosotis-dauphine-savoie.over-blog.com/2019/09/entretien-avec-le-t.r.f.pierre-marie-adam-grand-maitre-de-la-grande-loge-de-france.html

 

 

ACTUALITÉS GRANDE LOGE DE FRANCE

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Publié le par jean françois
Hiram

Hiram

LA QUINTESSENCE

 

 

Il suffit de regarder l’étoile épanouie avec ses cinq branches, de voir en son centre le grand œuvre de l’architecte, la beauté sublime.

Se parer du beau, être une partie même infime de la lumière qui glisse le soir sur le Nil pour aller sur l’autre rive. Être beau, se parer pour l’autre, pour le respecter, pour lui donner le meilleur de soi, sa joie d’être avec lui, sa compassion, être son frère.

 

Ce n’est pas par hasard que nombreux visiteurs, se pressent pour contempler les œuvres de l’Égypte ancienne, ils cherchent la beauté éternelle, celle qui crée l’harmonie avec la nature.

 

 

« Fais un jour heureux.

Respire en même temps le baume et le parfum le meilleur.

Les guirlandes de lotus et de fruits de mandragore sur la gorge de ta femme,

Celle qui est dans ton cœur et assise à ton côté ; 

Qu’il y ait devant ton visage du chant et de la musique !

Rejette loin de toi le souci. Songe à te réjouir

Jusqu’à ce qui vienne ce jour d’aborder à la terre qui aime le silence. »

 

                                                     Texte de sagesse égyptien.

 

 

Le culte d’Hathor la déesse de la beauté, est comparable au chemin du voyageur, du vagabond de la beauté, qui pénètre dans son temple spirituel, il y découvre la lumière à travers les symboles universels qui sont autant de portes ouvertes sur l’amour du beau. Ce sont ces images, ces représentations du beau, de l’harmonie, qui permettent à l’œil intérieur de s’ouvrir. Celui qui n’a pas ressenti d’émotion dans la vallée des rois, ou au centre du labyrinthe d’Amiens, devant la rosace de chartres, n’a pas encore franchi la porte de son temple intérieur.

 

C’est la même émotion, quand je pénètre dans le temple maçonnique, entre les deux colonnes ornées des grenades, qui surmontent les fleurs de lotus, le même désir de beau quand l’expert dévoile le tableau au centre de la loge.Mes frères tournez votre regard vers ….

 

Jean-François.

La déesse Hathor

La déesse Hathor

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Publié le par jean françois
Hiram Architecte, Hiram Maçonnique, Hiram Biblique, La Construction du Temple Maçonnique

Hiram Architecte, Hiram Maçonnique, Hiram Biblique, La Construction du Temple Maçonnique

Pour vous inscrire aux Deuxièmes Rencontres de l'Académie Maçonnique de Provence.
Qui se dérouleront à Marseille le 28 septembre 2019.
Utilisez le lien suivant:

 

https://www.helloasso.com/associations/academie-maconnique-provence/evenements/deuxiemes-rencontres-de-l-academie-maconnique-provence

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Publié le par jean françois
Campement de migrants parc des Gayeules à Rennes

Campement de migrants parc des Gayeules à Rennes

COMME UN MALAISE 

 

 

Pourtant ce n’est pas venu brusquement, c’est comme une souffrance qui s’amplifie, ce n’est pas un choc, c’est presque une habitude. Au début j’en croisais quelques uns aux alentours de mon immeuble, désorientés le portable serré dans la main, comme une bouée de sauvetage, le premier et le dernier lien vers les autres. Ils ne sont pas d’ici, ils ont des noms imprononçables.

 

Partout l’on parle d’eux ils ne sont que des chiffres, rien que des chiffres. Les commerçants se plaignent ils sont là toute la sainte journée, les bras ballants devant leurs boutiques, sans jamais rien acheter. On entend au fait ils vivent de quoi ? De l’aide alimentaire sans doute, ou alors !

 

À coté juste à coté d’eux, un autre monde celui du café philo où l’on construit les utopies ont refait le monde, l’on disserte sur le sexe des anges et ses conséquences dans la société post moderne, une société où les robots se substituent de plus en plus à l’homme. Entre soi on s’indigne de les voir, cela ne peut plus durer, on se demande ce que font nos élus le maire, le député, le gouvernement, c’est intolérable. Des chiffres, toujours des chiffres, selon la police ils sont 100 selon nous ils sont 400 ou 500. Bon maintenant on fait quoi ?

 

Nous on lutte dur pour la planète, pour toute la planète on va faire nos courses chez Altermundi les nouveaux stores, c’est notre trip on est des écolos, des écolos responsables. Altermundi c’est mieux que Nature et Découverte, l’éthique est au top, et puis c’est écolo chic, un brin vintage. Il y a des super-produits genre la bougie en cire de soja (bien sûr enfin presque sûr du soja sans OGM) elle à 30 €, la chemise vegan à 100 € s’arrache j’ai réussi à en acheter 3 ce mois-ci quelle chance !

 

Et pour les autres ceux qui dorment sous les tentes Decathlon ont fait quoi ? Tu crois qu’ils ont des toilettes chimiques ou écologiques  dans le parc, je n’en n’ai pas vu quand on allait réviser nos cours de sociologie et sciences humaines à l’ombre des arbres. C’est intolérable on est au courant de rien, tu vas à la manif samedi ? Non. J’ai réservé un week-end thalasso remise en forme à Dinard avant la reprise du travail, avec Marie-Charlotte on est épuisé de nos vacances à Ibiza trop de fêtes, il faut savoir se détendre et lâcher prise, mais il faut aussi récupérer.

 

Je me demande comment on peut tolérer tout ça ?

 

Pour moi c’est bientôt la rentrée maçonnique, j’ai reçu les premières convocations aux tenues, il y a de belles planches aux programmes. Cette année on travaille principalement sur les vertus : la charité, la solidarité, la compassion, l’altérité….

 

Jean-François.

 

Les Photos sont du journal  Ouest-France édition Rennes.

Message reçu ces jours-ci d’un frère lecteur du Blog.

Sujet délicat dans une démocratie "avancée"...je serai tartuffe si je m'indignais sans agir: je n'envisage pas d’héberger un ou des migrants...n'étant pas Tartuffe je pense que nous devons d'abord protéger nos frontières dont nous avons délaissé la surveillance depuis Schengen, sans donner à cette nouvelle frontière les moyens adéquat. Nous avons connaissance de ce problème depuis 1975 date du 1er rapport Meadows pour le Club de Rome...nos politiques se sont empressés de le mettre au fond du tiroir ainsi que les confirmations de 1985,1995 et 2005!!!Enfin, je me rappelle cette phrase de Mao dans son Petit Livre Rouge (pas mot à mot) "Nous vous vaincrons la fleur au fusil en vous déversant des flots de réfugiés que vous accueillerez et qui vous ruineront"  ...aujourd'hui Alibaba (Chine) fournit à des prix défiants toute concurrence les canots aux passeurs mafieux...qui par esprit de charité commerciale préviennent ou font prévenir par tél les ONG dont le personnel d'encadrement est très correctement rémunéré...

de Gaulle aurait répondu : "vaste programme"

Rennes : pas de solution avancée pour loger les 350 migrants du campement des Gayeulles

La préfecture d'Ille-et-Vilaine, qui recevait des bénévoles du campement des Gayeulles et des élus de la Ville, ce vendredi, a proposé de chercher des places pour les demandeurs d'asile. Mais la majorité des personnes vivant sous des tentes dans le parc rennais n'ont pas ce statut.

 

Préfecture et municipalité en désaccord sur les responsabilités de l'Etat


Face à une situation de plus en plus critique, avec environ 350 personnes installées sous des tentes de camping dans un parc au Nord de Rennes, la municipalité ainsi que les bénévoles qui accompagnent les migrants, n'ont cessé d'appeler l'Etat à ses obligations propres. 

Les Albanais, Angolais, Géorgiens, Guinéens et Tchétchènes qui campent au Gayeulles depuis deux mois sont en effet rejoints par les anciens occupants de l'immeuble squatté dans le quartier du Blosne. 

TEXTE OUEST-FRANCE DU 30 AOÛT 2019

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Publié le par jean françois
Les 7 dormants d'Ephèse  Photo Jean-Claude T

Les 7 dormants d'Ephèse Photo Jean-Claude T

LA LUMIÈRE DE LA CAVERNE

 

 

 

Hier j’évoquais le pèlerinage inter religieux des Sept Saints Dormants, les gens de la caverne qui se déroule tous les ans dans la commune du Vieux-Marché Cotes d’Armor. Un frère franc-maçon originaire de cette commune, lecteur du blog, m’a écrit quelques lignes à ce sujet et fait passer deux de ses photos personnelles.

 

Cela m’a fait penser au séjour dans cette caverne maçonnique, qui précède la première cérémonie d’initiation des profanes, à ce voyage au centre de la terre, à la recherche des mystères de la vie, à la recherche de notre vie véritable, cette caverne propice à l’introspection qui va comme l’exprime Manoel Pénicaud nous permettre « de sortir de soi de se substituer à l’autre, pour le comprendre. »

(Sur la stèle le mot Paix en Français en Breton et en Arabe)

Au-delà de la connaissance de soi, de la prise de conscience de son être intérieur, cet exercice magico-spirituel ouvre le dialogue avec soi et avec les autres, c’est la porte ouverte, la découverte de la valeur de l’hospitalité, la lumière qui éclaire soudainement le seuil du cœur. Cette hospitalité s’érige peu à peu en nous comme une vertu sacrée, qui permet de prendre langue et ressentir à travers soi, les sentiments des autres, de comprendre leur civilisation.

 

Cette hospitalité qui permet de transgresser, de surmonter les dogmes, pour ne retenir que l’essence de la spiritualité qui s’en dégage. Cette élévation commune, par sa force, détruit tous les murs de d’incompréhension elle permet de réunir les hommes dans une communion fraternelle.

 

Plus l’on s’élève spirituellement, plus l’on va à la rencontre de l’autre plus les différences deviennent des forces, qui se retrouve dans la pureté de l’azur, dans la lumière éternelle. Les 7 dormants de la caverne sont alors bien plus, ils abolissent les frontières et sont reconnus comme des porteurs de lumière sur l’ensemble de la terre, la caverne resplendit.

 

Jean-François.

 

Les photos sont de Jean-Claude T.

 

 

Cher Jean-François, merci pour ton dernier message fort intéressant - pour illustrer le propos je te joins deux photos faites l'été dernier à la chapelle des Sept Saints à Vieux-Marché (qui est près de chez moi en Côtes d'Armor) : les statues des 7 Dormants au dessus de l'autel, et la stèle qui est proche de la fontaine à 7 trous qui porte le mot "paix" en arabe, français et breton ! - Augustine, la cloche de la cathédrale d'Alger, devait y être rapatriée en 1965 !! Jean-Claude T

 

 

 

« Il n’y a pas de plus grand bonheur que la venue d’un hôte dans la paix et l’amitié. »

 

                                            Proverbe Africain.

« Accepte l’hôte comme un frère, mais qu’il ne remette pas ton autorité en cause. »

 

                                            Proverbe Ethiopien.

 

WIKIPÉDIA

L'église Notre-Dame, inscrite en 1927 au titre des monuments historiques8 ;

·Augustine, unecloche fondue à Lyon en 1868 par Burdin aîné pour la cathédrale Saint-Philippe d'Alger (actuelle mosquée Ketchaoua) où elle est baptisée, le 25 mars, par monseigneur Lavigeriepremier archevêque d'Alger, et où elle sonne jusqu'en 1963 ; elle a été rapportée d'Alger et placée dans le clocher de l'église paroissiale le 22 juillet 1965 à la demande de l'abbé François Riou, recteur, de Manut, maire de la commune, et des paroissiens ; elle porte notamment les inscriptions « Venez chrétiens et musulmans et ensemble adorons le Seigneur » et « Appelez-moi cloche de l'unité » ; propriété de la commune, elle est classée au titre objet depuis le 18 octobre 1974

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Publié le par jean françois
L'ALTÉRITÉ EN QUESTION

L’ALTÉRITÉ EN QUESTION

 

 

L’altérité englobe tout ce qui est extérieur à soi, différent de soi, de son soi. Elle est l’antonyme de l’identité, sans pour autant être son ennemie. Dans un temps ou l’individualisme, le nombrilisme, l’ambition dévorante, la célébrité à tout prix se développent à l’aune du mondialisme, où pour être il faut paraître, l’altérité est en vrac dans notre société qui clive plus qu’elle ne fait société et réunit les hommes. Dans un temps ou nous oublions que :

 

« La terre n’appartient pas à l’homme, c’est l’homme qui appartient à la terre. »- Sitting Bull (1831-1890)

 

Le progrès des sciences, l’expansion des savoirs, l’éducation démontrent leurs limites pour créer de l’altérité, qui se résume souvent à de l’entre soi. Ainsi même plus savant de mille choses je ne connais pas mieux l’autre, donc je ne me connais pas moi-même. Je ne suis pas plus riche, car je ne m’enrichis pas, des différences.

 

La franc-maçonnerie reste un espace, ou l’initiation fraternelle permet la rencontre de l’autre, le développement de l’altérité, grâce à son projet de réunir ce qui est épars, d’abord en nous et autour de nous, par sa pratique collective, une sorte d’œcuménisme des esprits en mouvement.

 

Après avoir admis sa part d’ombre le franc-maçon et rencontré la lumière de son être intérieur, le franc-maçon tourne son regard vers ses sœurs et ses frères, pour leur délivrer un message d’amour fraternel.

Dans ma loge il y a des croyants, des athées, des agnostiques sans doute, mais il y a surtout des hommes mes frères.

La pratique en loge, sans laquelle il n’y a pas de franc-maçonnerie permet l’introspection, mais aussi de sortir de sa solitude, de son isolement, pour vivre pleinement sa sociabilité, le regard de l’autre est une initiation au réel, au bon, au vrai, à la mesure, à la tempérance.

 

L’altérité est pour moi un accès à la transcendance. La culture de l’écoute en loge, de l’accueil sans préjugés, du partage de valeurs communes, des vertus qui font l’homme, permet de surmonter les écueils de la vie, et donne envie de propager ses acquis à l’extérieur. Quand on monte dans le train de l’altérité, ce train où il n’y a pas de première et de seconde classe, où il y a une seule locomotive, celle de l’amour fraternel, la joie est dans les cœurs.

 

Le Parménide de Platon, la Métaphysique d’Aristote, les récits d’Homère, les Essais de Montaigne et bien sûr le recueil d’Emmanuel Levinas l’Altérité et Transcendance sont autant de romans d’amour à l’altérité, mais ils ne sont rien ou presque comparé à une chaîne d’union partagée entre sœurs et frères.

 

Alors que des femmes et des hommes sont persécutés pour leur foi religieuse, en particulier les chrétiens dont on parle peu, et qui pourtant sont la première cible des intolérances. Une récente étude Britannique recense les massacres de chrétiens dans le monde : ils sont maintenant moins de 1,5% en Palestine, en 2002 ils étaient 1,5 million en Irak, ils ne sont plus que 120 000, en Syrie ils étaient 1,7 million ils ne sont plus que 450 000, l’Asie du Sud-Est, l’Égypte, le Burkina Faso connaissent aussi les persécutions, on est loin de l’altérité. Malgré cela des femmes et des hommes s’investissent pour la faire vivre, comme Louis Massignon islamologue et chrétien initiateur du pèlerinage des Sept Dormants d’Éphèse, connus dans l’Islam sous le nom des Gens de la Caverne, pèlerinage qui se déroule maintenant depuis 60 ans au Vieux Marché en terre Bretonne, vous pourrez y voir des druides, des musulmans, des soufis, des chrétiens. Vous entendrez des sourates, des chants chrétiens, vous verrez aussi l’ave maria écrit en arabe sur une bannière. Là les femmes et les hommes ne parlent pas d’altérité, ils la font, ils la vive.

 

Ils ont compris que la sagesse et l’amour sont dans la rencontre de l’autre, se sont Compostelle et Cordoue réunis en terre druidique.

 

Pour ma part, j’ai découvert véritablement  et amplifié mon altérité quand, j’ai poussé la porte du temple, que l’on m’a placé sous la lune à la colonne du nord, là où règne le silence, il ne me restait qu’écouter et voir, mes yeux se sont ouverts sur les visages de mes frères, un peu comme Emmanuel Lévinas écrivait :

 

« Le visage de mon prochain est une altérité qui ouvre l’au-delà. »

 

Ainsi j’ai pris conscience que tout ce qui m’avait été donné avant cette initiation, tout ce que j’avais fait, n’était rien ou presque comparé à tout ce que j’allais apprendre du moi moi-même, du monde intérieur et des autres. J’avais à portée des yeux ce bonheur de l’altérité, ce bonheur infini, indispensable à notre humanité.

 

Jean-François.

 

À LIRE : des écrits sur : Les Sept Dormants, Apocalypse de l’Islam De Louis Massignon les Écrits Mémorables - Éditions Robert Laffont -2009

 

Le Réveil des Sept Dormants. Un pèlerinage islamo-chrétien en Bretagne de Manoël Pénicaud –Éditions Cerf 2016.

Louis Massignon

Louis Massignon

L'ALTÉRITÉ EN QUESTION

Cet ouvrage est le résultat d’une longue enquête menée autour d’un pèlerinage annuel qui se déroule au hameau des Sept-Saints, commune de Vieux-Marché, dans le Trégor (Bretagne, département des Côtes-d’Armor).

2Le lieu et l’événement, qui attirent quelques centaines de personnes, sont peu impressionnants, mais extrêmement originaux, puisqu’autour d’une chapelle du xviiie siècle construite au-dessus d’un dolmen qui lui sert de crypte, se déroule chaque année en juillet, depuis 1954, un pèlerinage où chrétiens et musulmans se retrouvent. Il s’agissait à l’origine d’un pardon breton traditionnel, mais qui a pris une autre dimension par l’action patiente et efficace de Louis Massignon (1883-1962), titulaire de la chaire de sociologie et sociographie musulmanes au Collège de France (1926-1954), qui a identifié les Sept Saints bretons avec les Sept Dormants d’Ephèse, jeunes chrétiens emmurés vivants dans une caverne pour avoir refusé de sacrifier aux dieux païens, et qui se réveillèrent de leur sommeil 198 ans plus tard. Il se trouve que cette légende est rapportée avec des variantes dans un long passage de la sourate XVIII du Coran. Les Sept Dormants (Ahl al-Kahf dans le Coran) sont donc une figure partagée entre chrétiens et musulmans et, dans les deux religions, leur histoire vient illustrer ou confirmer la croyance en la résurrection des morts. Mais ce rapprochement aurait à vrai dire échappé aux adeptes des deux confessions, n’eût été la recherche érudite et le travail de communication menés de façon volontariste, en véritable « entrepreneur », par Massignon.

3Manoël Pénicaud combine l’observation sur le terrain, les entretiens avec les témoins et le travail d’archives, pour nous livrer une histoire d’un pèlerinage en train de se faire. Mais à partir d’une monographie, il brosse un tableau plus général du dialogue interreligieux et des relations chrétiens/musulmans tels qu’ils se sont développés en France depuis les années 1950.

4L’ensemble du livre est dominé par la figure de Louis Massignon, dont l’entreprise a été poursuivie par son fils Daniel (1919-2000), qui, tous les deux ont laissé un important fonds d’archives. La trajectoire personnelle du savant orientaliste, déjà bien connue, interfère directement avec « l’invention » du pèlerinage. À côté d’une carrière académique prestigieuse, Massignon est aussi un « converti », retrouvant la foi catholique en Irak en 1906, puis un proche de Charles de Foucauld. Il combine dans son œuvre son travail d’érudition et sa quête spirituelle. C’est aussi un homme engagé dans les années 1950 aux côtés des réfugiés palestiniens, des travailleurs immigrés et de l’indépendance de l’Algérie, mais, au-delà des moyens politiques classiques, il croit à l’usage de moyens spirituels pour agir dans le monde : prière, jeûne et pèlerinage. À l’égard des musulmans, il pratique la méthode du « décentrement » : il faut sortir de soi et se substituer à l’autre pour le comprendre. Le Christ se manifeste en islam, l’Esprit Saint y « fait sourdre sa grâce ». Enfin, l’hospitalité est une vertu sacrée, qui permet d’engager le dialogue entre les civilisations. Ancré dans la foi catholique, Massignon a évolué d’une visée prosélyte envers les musulmans vers une vision eschatologique de réconciliation entre chrétiens et musulmans, suivant un mouvement perceptible alors dans l’Église, mais qui précède les avancées du Concile Vatican II en la matière.

5L’œuvre du pèlerinage des Sept-Saints est emblématique de ces préoccupations à la fois érudites, politiques et spirituelles. Dès les années 1930, Massignon se livre à une enquête historique, archéologique et folklorique sur tout ce qui touche à la légende des Sept Dormants, en Europe et en Orient, et tente de retracer l’histoire de la diffusion du mythe. À Éphèse en 1951, le pèlerinage chrétien à la maison de la Vierge, qu’il visite alors, est relancé par le gouvernement turc et l’Église catholique, et attire rapidement un grand nombre de pèlerins musulmans. C’est la même année qu’il fait la connaissance du pardon des Sept-Saints, par sa fille Geneviève, et il trouve des correspondances entre le cantique du pardon breton (La Gwerz des Sept Saints) et la sourate XVIII.

6Les premiers pèlerinages (1954-1962) se caractérisent par la faible présence des musulmans, et par des dispositions paternalistes, voire prosélytes, envers ces « Nord-Africains » appartenant aux travailleurs immigrés déshérités. Malgré la volonté de Massignon de rester soumis au cadre hiérarchique de l’Église, ses initiatives aux Sept-Saints rencontrent méfiance, sinon franche opposition, du côté de l’autorité ecclésiastique, qui ne veut pas se laisser déborder et déposséder. La population locale est également partagée entre surprise et hostilité, en pleine guerre d’Algérie. Malgré ces obstacles, Massignon invente des rituels qui se perpétueront après sa disparition. De 1955 à 1983, une messe de rite oriental est célébrée, d’abord en arabe, puis en grec. À une époque où l’office romain était encore en latin, le rite oriental permettait aussi de faire une place au breton et au kabyle. Une bannière consacrée à la Vierge, brodée de mots arabes, rapportée de Lourdes en 1958, ouvrira la marche de la délégation musulmane jusqu’en 1970. Enfin, la similitude entre une fontaine à sept trous, proche du sanctuaire, et une source située près de Sétif en Algérie, dédiée également au Ahl al-Kahf, amène à un rituel de récitation de la fâtiha et de la sourate XVIII devant cette fontaine à partir de 1961, qui reste jusqu’à nos jours le temps fort de la rencontre islamo-chrétienne.

7À la mort du fondateur charismatique, le pèlerinage se poursuit sous la supervision de la famille, qui crée l’Association des Amis de Massignon en 1965, et grâce à l’investissement d’un certain nombre de disciples du professeur. Dans les années 1970, il est menacé d’extinction, en particulier à cause de la diminution du nombre des participants musulmans. Il connaît une seconde vie à partir de 1990. Mais il change alors d’orientation. Il est relancé par un notable local, « athée non dogmatique », appartenant à la municipalité communiste. Une association locale est fondée, dont les visées sont typiques des années 1990 : utiliser le pèlerinage comme un atout de développement local, et comme un instrument du dialogue interculturel, plutôt qu’interreligieux. Mais la grande majorité des adhérents est de mouvance catholique, et non résidente à Vieux-Marché. Une autre association de riverains est fondée dans les années 2000 pour assurer l’accueil des pèlerins et le caractère festif de l’événement, avec en particulier un méchoui et un Fest Noz. Au mythe fondateur du pardon transmis par la Gwerz s’est superposé un autre mythe fondateur, autour de la personnalité de Massignon, auquel un rituel de commémoration est dédié chaque année.

8La fin des années 1990 voit aussi une autre grande inflexion : alors que le clergé catholique s’était montré réticent ou hostile, l’évêque de Saint-Brieuc, dont dépend la paroisse, s’investit dans le pèlerinage. À partir de 2002, le curé local occupe une place prépondérante dans l’association organisatrice et dans le déroulement des festivités. L’Église trouve alors dans la manifestation une occasion pour affirmer une identité catholique ouverte au pluralisme, mais aussi pour marquer le caractère chrétien du lieu et le retour d’une visibilité du religieux ou du spirituel dans l’espace public. Elle prône le dialogue avec l’islam, mais sans concessions doctrinales ni sans syncrétisme rituel. Cette attitude surplombante ne va pas sans soulever des objections. Elle entre en partie en contradiction avec les objectifs séculiers de développement local et de promotion du patrimoine. Elle peut rebuter les musulmans, qui, peu nombreux, restent dans la position d’hôtes invités dans un lieu et des cérémonies chrétiens. Elle est en décalage avec l’évolution des mentalités, puisque la population catholique se désaffilie du point de vue religieux, au profit d’un humanisme tolérant et universaliste, ou de nouvelles religiosités, présentes de façon discrète aux Sept-Saints. Du côté musulman au contraire, les quelques pèlerins venant au sanctuaire sont plus jeunes, et plus profondément ancrés dans leur foi, bien différents des travailleurs immigrés des années 1950 et 1960.

9La greffe islamo-chrétienne de Massignon sur un pardon breton a transformé un événement de caractère local en événement à portée universelle. Mais les deux dimensions continuent à cohabiter difficilement dans le lieu et le temps du pèlerinage des Sept-Saints. La version intellectuelle du débat islamo-chrétien ne mobilise pas les foules, et ne répond guère aux élans spirituels du fondateur et de ses disciples. Les musulmans dorénavant résidant en Bretagne ne se sentent guère concernés par le pèlerinage. Inversement, la population autochtone non-musulmane n’est guère impliquée dans la partie islamo-chrétienne de la fête, et partage avec la moyenne de la population française les préventions, voire l’agressivité montante de la société à l’égard de l’islam.

10Ainsi, sous la plume de Manoël Pénicaud, le pèlerinage des Sept-Saints apparaît comme un laboratoire d’expérimentation de la rencontre islamo-chrétienne, et comme un miroir où se reflètent les courants et les contradictions qui traversent la société française dans le champ du religieux.

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