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la Franc Maçonnerie au Coeur

la Franc Maçonnerie au Coeur

Un blog d'information, de conversations sur le thème de la Franc Maçonnerie, des textes en rapport avec la Franc Maçonnerie, comptes rendus et conseils de lectures.

Publié le par jean françois
A LA RECHERCHE D'UN NOUVEAU MONDE- Arthur Rimbaud - III-

A LA RECHERCHE D’UN NOUVEAU MONDE- Arthur Rimbaud -III-

 

 

Après Baudelaire et Verlaine, Arthur Rimbaud met fin à cette trilogie des poètes symbolistes, Rimbaud nous invite à la découverte d’un monde nouveau, une aventure extraordinaire dans le réel.

Lassé du monde ordinaire, identique, vulgaire et fade, par le dérèglement de ses sens il veut ouvrir la porte d’un nouveau monde, où les usines deviennent des lieux de spiritualité, où le gigantesque ébloui le regard. 

 

Ses hallucinations, deviennent des images du réel. Il se projette dans une démarche initiatique, une découverte de l’inconnu, de l’invisible, il lève les voiles pour un voyage vers son inconscient. Dans son monde surréaliste  mystique, ce monde de la découverte des mystères de l’univers, il touche à l’inouï, à l’inimaginable.

 

Ses poèmes deviennent la transcription de ses visions. Il voit, il contemple, les idées qui naissent de son interprétation des symboles. Il intensifie la Lumière, pour lui : « La grande Lumière commence à paraître. » (1) Il écrit :

 

« Je sais les cieux crevant en éclairs et les trombes. 

Et les ressacs et les courants » (2)

 

Ses vers sont le reflet des états de son âme, il est lyrique, naïf, puis solennel. Rimbaud est dans une démarche vers la lumière initiatique, vers son être intérieur, habitant du monde de l’esprit, ce chemin passe par une destruction du monde ordinaire.

Mais sa démarche artificielle soumise à l’absorption de substances, ne peut que le décevoir, il a des visions mais des visions éphémères, des visions qui lui demandent des efforts surhumains, son désir d’extases permanentes n’est pas tenable, il altère son retour à la vie normale, et détruit son harmonie, son équilibre.

 

Les premières œuvres de Rimbaud sont datées de 1865-1869, il cesse d’écrire en 1875 son dernier poème « Le bateau ivre » est le condensé de son parcours, peut-être influencé par le franc-maçon Jules Vernes et son « Vingt mille lieues sous les mers. »

Rimbaud a-t-il voulut échapper à ce qu’il considérait comme une sorte de chaos humain, ou un Léviathan dont il avait peur, voulait-il côtoyer l’univers des dieux, par une tentative ultime de purification, percevant alors l’impossible perfection, il sombra avec son « Bateau ivre », ultime et définitif son sommet de son art poétique.

 

Ce véritable alchimiste du verbe, n’a pas pu réaliser l’indispensable équilibre entre la matérialité et la spiritualité, son voyage s’est interrompu au sommet de l’échelle mystérieuse. Il y a chez lui comme un refus de ce qu’il considérait, je pense à tort, la médiocrité de la vie humaine. Mais le naufrage ne libère pas, l’amour de son soi, mène à l’amour des autres.

 

Jean-François. 

 

(1) Extrait Rituel Maçonnique, (2) Le Bateau Ivre A. Rimbaud. 

Le bateau ivre

Arthur Rimbaud

Comme je descendais des Fleuves impassibles,
Je ne me sentis plus guidé par les haleurs :
Des Peaux-Rouges criards les avaient pris pour cibles,
Les ayant cloués nus aux poteaux de couleurs.

 

 

J’étais insoucieux de tous les équipages,
Porteur de blés flamands ou de cotons anglais.
Quand avec mes haleurs ont fini ces tapages,
Les Fleuves m’ont laissé descendre où je voulais.

 

 

Dans les clapotements furieux des marées,
Moi, l’autre hiver, plus sourd que les cerveaux d’enfants,
Je courus ! Et les Péninsules démarrées
N’ont pas subi tohu-bohus plus triomphants.

 

 

La tempête a béni mes éveils maritimes.
Plus léger qu’un bouchon j’ai dansé sur les flots
Qu’on appelle rouleurs éternels de victimes,
Dix nuits, sans regretter l’oeil niais des falots !

 

 

Plus douce qu’aux enfants la chair des pommes sûres,
L’eau verte pénétra ma coque de sapin
Et des taches de vins bleus et des vomissures
Me lava, dispersant gouvernail et grappin.

 

 

Et dès lors, je me suis baigné dans le Poème
De la Mer, infusé d’astres, et lactescent,
Dévorant les azurs verts ; où, flottaison blême
Et ravie, un noyé pensif parfois descend ;

 

 

Où, teignant tout à coup les bleuités, délires
Et rhythmes lents sous les rutilements du jour,
Plus fortes que l’alcool, plus vastes que nos lyres,
Fermentent les rousseurs amères de l’amour !

 

 

Je sais les cieux crevant en éclairs, et les trombes
Et les ressacs et les courants : je sais le soir,
L’Aube exaltée ainsi qu’un peuple de colombes,
Et j’ai vu quelquefois ce que l’homme a cru voir !

 

 

J’ai vu le soleil bas, taché d’horreurs mystiques,
Illuminant de longs figements violets,
Pareils à des acteurs de drames très antiques
Les flots roulant au loin leurs frissons de volets !

 

 

J’ai rêvé la nuit verte aux neiges éblouies,
Baiser montant aux yeux des mers avec lenteurs,
La circulation des sèves inouïes,
Et l’éveil jaune et bleu des phosphores chanteurs !

 

 

J’ai suivi, des mois pleins, pareille aux vacheries
Hystériques, la houle à l’assaut des récifs,
Sans songer que les pieds lumineux des Maries
Pussent forcer le mufle aux Océans poussifs !

 

 

J’ai heurté, savez-vous, d’incroyables Florides
Mêlant aux fleurs des yeux de panthères à peaux
D’hommes ! Des arcs-en-ciel tendus comme des brides
Sous l’horizon des mers, à de glauques troupeaux !

 

 

J’ai vu fermenter les marais énormes, nasses
Où pourrit dans les joncs tout un Léviathan !
Des écroulements d’eaux au milieu des bonaces,
Et les lointains vers les gouffres cataractant !

 

 

Glaciers, soleils d’argent, flots nacreux, cieux de braises !
Échouages hideux au fond des golfes bruns
Où les serpents géants dévorés des punaises
Choient, des arbres tordus, avec de noirs parfums !

 

 

J’aurais voulu montrer aux enfants ces dorades
Du flot bleu, ces poissons d’or, ces poissons chantants.
– Des écumes de fleurs ont bercé mes dérades
Et d’ineffables vents m’ont ailé par instants.

 

 

Parfois, martyr lassé des pôles et des zones,
La mer dont le sanglot faisait mon roulis doux
Montait vers moi ses fleurs d’ombre aux ventouses jaunes
Et je restais, ainsi qu’une femme à genoux…

 

 

Presque île, ballottant sur mes bords les querelles
Et les fientes d’oiseaux clabaudeurs aux yeux blonds.
Et je voguais, lorsqu’à travers mes liens frêles
Des noyés descendaient dormir, à reculons !

 

 

Or moi, bateau perdu sous les cheveux des anses,
Jeté par l’ouragan dans l’éther sans oiseau,
Moi dont les Monitors et les voiliers des Hanses
N’auraient pas repêché la carcasse ivre d’eau ;

 

 

Libre, fumant, monté de brumes violettes,
Moi qui trouais le ciel rougeoyant comme un mur
Qui porte, confiture exquise aux bons poètes,
Des lichens de soleil et des morves d’azur ;

 

 

Qui courais, taché de lunules électriques,
Planche folle, escorté des hippocampes noirs,
Quand les juillets faisaient crouler à coups de triques
Les cieux ultramarins aux ardents entonnoirs ;

 

 

Moi qui tremblais, sentant geindre à cinquante lieues
Le rut des Béhémots et les Maelstroms épais,
Fileur éternel des immobilités bleues,
Je regrette l’Europe aux anciens parapets !

 

 

J’ai vu des archipels sidéraux ! et des îles
Dont les cieux délirants sont ouverts au vogueur :
– Est-ce en ces nuits sans fonds que tu dors et t’exiles,
Million d’oiseaux d’or, ô future Vigueur ?

 

 

Mais, vrai, j’ai trop pleuré ! Les Aubes sont navrantes.
Toute lune est atroce et tout soleil amer :
L’âcre amour m’a gonflé de torpeurs enivrantes.
Ô que ma quille éclate ! Ô que j’aille à la mer !

 

 

Si je désire une eau d’Europe, c’est la flache
Noire et froide où vers le crépuscule embaumé
Un enfant accroupi plein de tristesse, lâche
Un bateau frêle comme un papillon de mai.

 

 

Je ne puis plus, baigné de vos langueurs, ô lames,
Enlever leur sillage aux porteurs de cotons,
Ni traverser l’orgueil des drapeaux et des flammes,
Ni nager sous les yeux horribles des pontons.

 

 

Arthur Rimbaud, Poésies

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Publié le par jean françois
LA SUGGESTION- VERLAINE – II.

LA SUGGESTION- VERLAINE – II.

 

 

La poésie de Verlaine est comme une fleur qui pousse au plus profond de nous, elle finit par embaumer notre esprit, sonner à la porte de notre cœur, s’inviter en douceur, elle sublime nos sens. La suggestion est permanente derrière chaque mot se lève un souffle qui emporte notre imagination, notre regard ne s’arrête plus sur l’apparence des choses, des hommes ou de l’univers, il cherche la porte qui est en dedans.

 

Verlaine met en vers le chant intérieur, la musique qui résonne en nous, nous interroge.

 

« Je ne sais pourquoi… »

Paul Verlaine

 

Verlaine est un véritable conquérant, explorateur de la vie intérieure, nous nous reconnaissons dans ses poèmes, ils naissent et grandissent dans notre cœur, remplissent notre silence intérieur. Ils ouvrent la porte des secrets du monde caché, celui de l’essentiel, comme cela est exprimé dans un manifeste du symbolisme, ce symbolisme dépouillé de toutes les emphases, les déclamations péremptoires, allant même jusqu’à l’impossibilité de nommer, mais suggérant simplement.

 

« Le caractère essentiel de l’art symbolique consiste à ne jamais aller jusqu’à la conception de l’idée en soi. Ainsi dans cet art, les tableaux de la nature, les actions des humains, tous les phénomènes concrets ne sauraient se manifester eux-mêmes ; ce sont là des apparences sensibles destinées à représenter leurs affinités ésotériques avec des idées primordiales… »

 

Correspondances de Baudelaire, vers libre, fêtes galantes, les poètes déchiffrent le monde intérieur, le monde secret, sacré, les idées dissimulées derrière les symboles. Les francs-maçons ne font pas autre chose dans leurs loges, que de sortir de leurs cryptes souterraines intimes, des suggestions intimes pour la pratique du bien, voie vers la contemplation du beau. Suggérer fraternellement, sans imposer, réveiller, le feu qui régénère toutes choses.

Ils pratiquent comme les poètes l’anacoluthe de la rupture avec les apparences, l’allégorie forme d’abstraction, la synesthésie cette volonté de faire correspondre les contraires, pour finir par l’exclamation : « Que demandez-vous mon frère ? Réponse La Lumière !

 

Jean-François.  

"Je fais souvent ce rêve étrange et pénétrant

D'une femme inconnue, et que j'aime, et qui m'aime,

Et qui n'est, chaque fois,  ni tout à fait la même 

Ni tout à fait une autre, et m'aime et me comprend."

Fêtes galantes-Clair de lune-Verlaine

 

Votre âme est un paysage choisi Que vont charmant masques et bergamasquesa,
Jouant du luth et dansant et quasi
Tristes sous leurs déguisements fantasques.

Tout en chantant sur le mode mineur
L’amour vainqueur et la vie opportune,
Ils n’ont pas l’air de croire à leur bonheur
Et leur chanson se mêle au clair de lune,

Au calme clair de lune triste et beau,
Qui fait rêver les oiseaux dans les arbres
Et sangloter d’extase les jets d’eau,
Les grands jets d’eau sveltes parmi les marbres.

Verlaine, Jadis et naguère (1884), « Art poétique »

De la musique avant toute chose,
Et pour cela préfère l’Impair
Plus vague et plus soluble dans l’air,
Sans rien en lui qui pèse ou qui pose.

Il faut aussi que tu n’ailles point
Choisir tes mots sans quelque méprise :
Rien de plus cher que la chanson grise
Où l’Indécis au Précis se joint.

C’est des beaux yeux derrière des voiles,
C’est le grand jour tremblant de midi,
C’est, par un ciel d’automne attiédi,
Le bleu fouillis des claires étoiles !

Car nous voulons la Nuance encor,
Pas la Couleur, rien que la nuance !
Oh ! la nuance seule fiance
Le rêve au rêve et la flûte au cor ! […]

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Publié le par jean françois
DERRIÈRE LA BEAUTÉ- BAUDELAIRE - I

DERRIÈRE LA BEAUTÉ – BAUDELAIRE - I

 

 

L’es francs-maçons ne se contentent pas de la contemplation de la beauté, comme une fin en soi, ils ne sont pas des parnassiens, le lyrisme impersonnel, n’est pas le but de leur recherche. Ils sont plus proches de la poésie symboliste de Charles Baudelaire, porte ouverte vers l’univers spirituel, chemin vers un monde idéal, une utopie du bien en toutes choses. Arthur Rimbaud cherchait lui une nouvelle « Aube » un monde neuf, au travers du dérèglement des sens et Stéphane Mallarmé jouait avec le monde mystérieux des symboles, tous les trois ont écrit des partitions qui résonnent en nous, pénètrent notre esprit et touche notre cœur. 

 

Baudelaire était à la recherche d’un Éden, d’un paradis perdu. Il était dans un état de langueur, de spleen, comme accablé par l’ennui de la vie ordinaire matérielle, sans relief, d’où sans doute son besoin d’exotisme jusqu’au mysticisme. 

 

Un besoin de grandeur, de choses qui le dépasse, le surpasse. Tous les symboles chez lui prennent de la puissance : la lumière d’ordinaire devient intense, l’onde se transforme en une force des flots, les parfums deviennent volupté.

 

Il met en scène des cérémonies mystiques, divines, quasi religieuses, dans le sens où elles le relient avec une beauté sortie de son imagination et pourtant surnaturelle. Sa mémoire du paradis perdu le mène vers de vastes portiques comparables aux colonnes du temple. Il marche entre les colonnettes force, sagesse et beauté. Il passe des ténèbres de la crypte à la lumière de l’Orient.

La beauté, le symbolisme de ses espaces sacrés, sont ses leviers vers sa verticalité.

 

« La nature est un temple où de vivants piliers. Laissent parfois sortir de confuses paroles. »

 

Les francs-maçons cherchent leur place dans cette nature, ils sont saisis par la grandeur de ce qu’ils découvrent derrière les symboles, étourdis, submergés par l’émotion, jusqu’à être incapables d’exprimer ce qu’ils voient, ce qu’ils ressentent. Leur intellect, leurs connaissances sont alors inutiles, leur assurance que l’on croyait naturelle les abandonne. Incapables de parler, ils ne savent qu’épeler, balbutier comme des enfants, la veuve, leurs frères, viennent à leur aide.

 

Ils viennent d’entrevoir une réalité spirituelle cachée sous les apparences du sensible et du matériel. Une sorte de feu, de chaleur les envahit, régénérés ils prennent leur juste place avec humilité dans l’univers. Ils mesurent toute la force derrière la beauté et c’est plus sage qu’ils reviennent dans le monde, les pieds sur terre, au pied du mur, mais fous d’amour de ces étoiles qui flamboient dans la pureté du ciel.

 

Jean-François.

DERRIÈRE LA BEAUTÉ- BAUDELAIRE - I

La vie antérieure

 

J'ai longtemps habité sous de vastes portiques
Que les soleils marins teignaient de mille feux,
Et que leurs grands piliers, droits et majestueux,
Rendaient pareils, le soir, aux grottes basaltiques.

Les houles, en roulant les images des cieux,
Mêlaient d'une façon solennelle et mystique
Les tout-puissants accords de leur riche musique
Aux couleurs du couchant reflété par mes yeux.

C'est là que j'ai vécu dans les voluptés calmes,
Au milieu de l'azur, des vagues, des splendeurs
Et des esclaves nus, tout imprégnés d'odeurs,

Qui me rafraîchissaient le front avec des palmes,
Et dont l'unique soin était d'approfondir
Le secret douloureux qui me faisait languir.

    Charles Baudelaire, Les fleurs du mal

 

 

Correspondances

 

La Nature est un temple où de vivants piliers
Laissent parfois sortir de confuses paroles ;
L'homme y passe à travers des forêts de symboles
Qui l'observent avec des regards familiers.

Comme de longs échos qui de loin se confondent
Dans une ténébreuse et profonde unité,
Vaste comme la nuit et comme la clarté,
Les parfums, les couleurs et les sons se répondent.

II est des parfums frais comme des chairs d'enfants,
Doux comme les hautbois, verts comme les prairies,
- Et d'autres, corrompus, riches et triomphants,

Ayant l'expansion des choses infinies,
Comme l'ambre, le musc, le benjoin et l'encens,
Qui chantent les transports de l'esprit et des sens.


   
Charles BaudelaireLes Fleurs du mal

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Publié le par jean françois
LA JUSTICE , ELEEMOSYNA

LA JUSTICE, ELEEMOSYNA.

 

 

Si la figure du sage Salomon est de toute évidence une référence pour les francs-maçons il s’agit bien entendu de symbolisme, car Salomon réputé pour sa pratique de la justice ne fût pas toujours un exemple de vertu.

 

Les francs-maçons aspirent à être des hommes justes en toutes circonstances et non pas des justiciers. Ils veulent êtres en paix avec eux-mêmes et faire régner la justice sur le monde, mais quelle justice ? Celle du glaive, de la lance qui terrasse le dragon, de la balance de l’équilibre, la justice aux yeux bandés ? Celle justice sanglante et barbare de la loi du talion, celle quasi mystique de l’autre joue tendue ? Quelle justice donc, la justice divine celle qui s’imposerait en fonction d’un déterminisme sur lequel nous n’aurions aucune prise, une justice du renoncement et de la facilité en quelque sorte « Dieu reconnaitras les siens. » Nous serions soumis à une justice divine sans possibilités d’actions ?

 

Les sœurs et les frères du Rite Écossais Rectifié d’inspiration chrétienne dans leur loge ont apposé deux cartouches sur lesquelles l’on peut : Justice et Clémence. Mais la majorité des sœurs et des frères préfèrent la symbolique attachée au glaive et à la truelle. Le glaive qui terrasse les vices  et la truelle qui unit les pierres vivantes avec le ciment de la fraternité symbole de l’alliance entre les hommes.

 

La saine ambition de faire régner la justice anime les francs-maçons, pas cette justice ordinaire qui applique les lois ordinaires qui changent selon les pays, cette raillée avec ironie par Voltaire, mais plutôt cette éthique mise en avant, en action par Aristote dans son Éthique à Nicomaque, Aristote se démarque des théologues, il est à la recherche d’une action sur le réel, il veut penser par lui-même, penser pour la communauté universelle. Il fait si j’ose référence aux contraires de la raison et de l’être, il recherche l’alliance entre les deux, la force de sa raison, la conscience de son intuition du bien, une alliance des contraires, ou une unicité presque atteignable ? Une manière peut-être de se bâtir une éthique, un temple intérieur capable d’accueillir le bien en soi, mais aussi de le transmettre dans la sphère publique, on parle ainsi de comités d’éthique et non de comités de justice.

L’Éthique à Nicomaque est donc une éthique de la vertu, dont le but est l’accès à la joie, au bonheur pour l’homme.

 

La pratique de la justice en maçonnerie s’apparente donc plus à l’éthique, l’homme veut être plus humain, meilleur, plus moral. 

 

« Cette morale n’est pas une science exacte comme les mathématiques, mais un enseignement qui vise à rendre les hommes meilleurs, et non seulement à leur donner des opinions droites sur les choses à rechercher ou à fuir, mais à les leur faire effectivement rechercher ou fuir. » Émile Brehier. À propos de l’Éthique à Nicomaque.

 

Cette justice éthique à hauteur d’homme vient en soi par le travail de l’exemplarité, et pénètre le monde, réalisant un savoir, une méthode pour vivre ensemble, ascèse et plaisir qui sont une forme d’harmonie donc de bonheur.

 

L’équité surpasse donc la justice ordinaire, celle qui tire vers le bas, si j’ose dire le service minimum, une sorte d’horizontalité du vulgaire, matériel nécessaire à la vie en collectivité, mais insuffisant pour une vie bonne. L’utopie d’un homme augmenté par lui-même, par sa conscience du collectif est nécessaire aux premiers de cordée.

 

L’actualité récente démontre que beaucoup de ceux qui veulent nous représenter, manquent d’exemplarité, ils se contentent de la justice ordinaire, a minima, ils marchent au mieux sur la bordure entre la justice et l’éthique. Ils brandissent comme autant de trophées de gloire leurs turpitudes, avec la formule : « je n’ai rien fait qui soit contraire à la justice. »S’exonérant ainsi d’être juste dans leurs actions.

 

Le principe créateur en nous laissant notre libre arbitre, nous permet de travailler à faire régner la justice, nous pouvons donc agir sur notre vie, nous efforcer d’être le plus juste possible c’est-à-dire d’être heureux et de rendre les autres heureux.

 

Cette justice « Tsedakah » à force de pratique glisse peu à peu vers « Eleemosyna » qui l’offrande vers les autres, la compassion, la charité, l’amour agapè, selon la belle démonstration faite par un frère  Régis R dans un opuscule maçonnique, qui cite Albert Camus en introduction de son article :

 

« Est-ce que tu aimes la justice avec la tendresse ? Est-ce que tu aimes notre peuple avec cet abandon et cette douceur ou, au contraire, avec la flamme de la vengeance et de la révolte ? » Albert Camus – Les Justes.

 

Au-delà, de cette nécessaire justice, dans l’organisation sociale qui doit régner sans faiblesse pour que l’ordre règne. Il y a cette justice de la compassion et de l’amour, c’est peut-être l’autre nom de la fraternité humaine si chère aux francs-maçons.

 

Jean-François.      

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Publié le par jean françois
L'ESCALADE

L’ESCALADE.

 

                                   « Que ce nouveau Titan n’escalade les cieux… »

                                                          Boileau – Sur les folies humaines.

 

 

Il y a dans nos loges maçonniques, des Titans qui veulent monter au ciel, sans jamais redescendre, ils sont des puits de connaissances, si bien que l’on ose à peine croiser leur regard, de crainte qu’ils devinent dans nos yeux une forme d’incompréhension, renforçant leur conviction d’êtres au sommet de leur art.

 

Ils tissent avec des mots savants leurs discours comme un filet qui se saisit des frêles poissons qui restent bouches béantes, sur le flanc. Plus la pêche est bonne, plus ils gravissent l’échelle, inatteignables au sommet de leur art, ils sont seuls, ils mourront sans transmettre, le grain mis en terre doit pourtant renaître.

 

Nicolas Boileau l’intransigeant passionné, nous révèle dans ses satires, ces personnages intemporels qui font société et ne font pas la société, ils brillent de mille éclats, jusqu’à en être éblouis eux-mêmes. 

Ne les cherchez pas au pied du mur, ne les cherchez pas dans salle humide (la salle où les sœurs et les frères partagent ensemble le pain fraternel), ils ne sont pas au service de table, ils ne sont pas affairés derrière les fourneaux où à faire la vaisselle, ni à mettre le temple en ordre. Ils sont encore en haut de l’échelle, ils résonnent comme des cymbales.  

 

Remplis de connaissances ils côtoient les cimes, vous me trouver sans doute sévère, voir censeur et de quel droit ? Sans hypocrisie j’ai beaucoup de compassions pour eux, ils n’ont pas encore eu la chance de descendre dans leur être intérieur, de découvrir que s’il y a des limites aux connaissances à hauteur de notre humanité, il n’y a pas de limites à l’intelligence du cœur.

 

 

Sans négliger les connaissances intellectuelles, indispensables à la progression initiatique elles ne sont que les branches sèches d’un arbre, si elles ne sont irriguées par la sève de l’amour fraternel.

 

« Ces discours, il est vrai, sont forts beaux dans un livre ; je les estime fort ; mais je trouve en effet.

Que le plus fou souvent est le plus satisfait. » (1)

 

  Jean-François.

(1) Boileau -Sur les folies humaines.

L'ESCALADE

Poésie : À M. L'abbé Le Vayer

(Sur les folies humaines.)

D'où vient, cher Le Vayer, que l'homme le moins sage 
Croit toujours seul avoir la sagesse en partage, 
Et qu'il n'est point de fou, qui, par belles raisons, 
Ne loge son voisin aux Petites-Maisons ?

Un pédant enivré de sa vaine science, 
Tout hérissé de grec, tout bouffi d'arrogance, 
Et qui, de mille auteurs retenus mot pour mot, 
Dans sa tête entassés, n'a souvent fait qu'un sot, 
Croit qu'un livre fait tout, et que, sans Aristote, 
La raison ne voit goutte, et le bon sens radote.

D'autre part un galant, de qui tout le métier 
Est de courir le jour de quartier en quartier, 
Et d'aller, à l'abri d'une perruque blonde, 
De ses froides douceurs fatiguer le beau monde, 
Condamne la science, et, blâmant tout écrit, 
Croit qu'en lui l'ignorance est un titre d'esprit : 
Que c'est des gens de cour le plus beau privilège, 
Et renvoie un savant dans le fond d'un collège.

Un bigot orgueilleux, qui, dans sa vanité, 
Croit duper jusqu'à Dieu par son zèle affecté, 
Couvrant tous ses défauts d'une sainte apparence, 
Damne tous les humains, de sa pleine puissance.

Un libertin d'ailleurs, qui, sans âme et sans foi, 
Se fait de son plaisir une suprême loi, 
Tient que ces vieux propos de démons et de flammes 
Sont bons pour étonner des enfants et des femmes, 
Que c'est s'embarrasser de soucis superflus, 
Et qu'enfin tout dévot a le cerveau perclus. 
En un mot, qui voudrait épuiser ces matières, 
Peignant de tant d'esprits les diverses manières, 
Il compterait plutôt combien, dans un printemps, 
Guénaud et l'antimoine ont fait mourir de gens, 
Et combien la Neveu, devant son mariage, 
A de fois au public, vendu son p... 
Mais, sans errer en vain dans ces vagues propos, 
Et pour rimer ici ma pensée en deux mots, 
N'en déplaise à ces fous nommés sages de Grèce, 
En ce monde il n'est point de parfaite sagesse : 
Tous les hommes sont fous, et, malgré tous leurs soins 
Ne diffèrent entre eux que du plus ou du moins.

Comme on voit qu'en un bois que cent routes séparer 
Les voyageurs sans guide assez souvent s'égarent, 
L'un à droit, l'autre à gauche, et, courant vainement, 
La même erreur les fait errer diversement : 
Chacun suit dans le monde une route incertaine, 
Selon que son erreur le joue et le promène ; 
Et tel y fait l'habile et nous traite de fous, 
Qui sous le nom de sage est le plus fou de tous. 
Mais, quoi que sur ce point la satire publie, 
Chacun veut en sagesse ériger sa folie, 
Et, se laissant régler à son esprit tortu, 
De ses propres défauts se fait une vertu. 
Ainsi, cela soit dit pour qui veut se connaître, 
Le plus sage est celui qui ne pense point l'être ; 
Qui, toujours pour un autre enclin vers la douceur, 
Se regarde soi-même en sévère censeur, 
Rend à tous ses défauts une exacte justice, 
Et fait sans se flatter le procès à son vice. 
Mais chacun pour soi-même est toujours indulgent.

Un avare, idolâtre et fou de son argent, 
Rencontrant la disette au sein de l'abondance, 
Appelle sa folie une rare prudence, 
Et met toute sa gloire et son souverain bien 
A grossir un trésor qui ne lui sert de rien. 
Plus il le voit accru, moins il en sait l'usage. 
Sans mentir, l'avarice est une étrange rage, 
Dira cet autre fou non moins privé de sens, 
Qui jette, furieux, son bien à tout venant, 
Et dont l'âme inquiète, à soi-même importune, 
Se fait un embarras de sa bonne fortune. 
Qui des deux en effet est le plus aveuglé ?

L'un et l'autre, à mon sens, ont le cerveau troublé. 
Répondra, chez Frédoc, ce marquis sage et prude, 
Et qui sans cesse au jeu, dont il fait son étude, 
Attendant son destin d'un quatorze ou d'un sept, 
Voit sa vie ou sa mort sortir de son cornet. 
Que si d'un sort fâcheux la maligne inconstance 
Vient par un coup fatal faire tourner la chance, 
Vous le verrez bientôt, les cheveux hérissés, 
Et les yeux vers le ciel de fureur élancés, 
Ainsi qu'un possédé que le prêtre exorcise, 
Fêter dans ses serments tous les saints de l'Eglise. 
Qu'on le lie ; ou je crains, à son air furieux, 
Que ce nouveau Titan n'escalade les cieux.

Mais laissons-le plutôt en proie à son caprice ; 
Sa folie, aussi bien, lui tient lieu de supplice. 
Il est d'autres erreurs dont l'aimable poison 
D'un charme bien plus doux enivre la raison : 
L'esprit dans ce nectar heureusement s'oublie.

Chapelain veut rimer, et c'est là sa folie. 
Mais bien que ses durs vers, d'épithètes enflés, 
Soient des moindres grimauds chez Ménage sifflés, 
Lui-même il s'applaudit, et, d'un esprit tranquille, 
Prend le pas au Parnasse au-dessus de Virgile. 
Que ferait-il, hélas ! si quelque audacieux 
Allait pour son malheur lui dessiller les yeux, 
Lui faisant voir ces vers et sans force et sans grâces 
Montés sur deux grands mots, comme sur deux échasses, 
Ces termes sans raison l'un de l'autre écartés, 
Et ces froids ornements à la ligne plantés ? 
Qu'il maudirait le jour où son âme insensée 
Perdit l'heureuse erreur qui charmait sa pensée !

Jadis certain bigot, d'ailleurs homme sensé, 
D'un mal assez bizarre eut le cerveau blessé, 
S'imaginant sans cesse, en sa douce manie, 
Des esprits bienheureux entendre l'harmonie. 
Enfin, un médecin, fort expert en son art, 
Le guérit par adresse, ou plutôt par hasard ; 
Mais voulant de ses soins exiger le salaire, 
Moi ! vous payer ! lui dit le bigot en colère, 
Vous dont l'art infernal, par des secrets maudits, 
En me tirant d'erreur m'ôte du paradis !

J'approuve son courroux ; car puisqu'il faut le dire, 
Souvent de tous nos maux la raison est le pire. 
C'est elle qui, farouche, au milieu des plaisirs, 
D'un remords importun vient brider nos désirs. 
La fâcheuse a pour nous des rigueurs sans pareilles ; 
C'est un pédant qu'on a sans cesse à ses oreilles, 
Qui toujours nous gourmande, et, loin de nous toucher, 
Souvent, comme Joli, perd son temps à prêcher. 
En vain certains rêveurs nous l'habillent en reine, 
Veulent sur tous nos sens la rendre souveraine. 
Et, s'en formant en terre une divinité, 
Pensent aller par elle à la félicité : 
C'est elle, disent-ils, qui nous montre à bien vivre. 
Ces discours, il est vrai, sont fort beaux dans un livre ; 
Je les estime fort ; mais je trouve en effet 
Que le plus fou souvent est le plus satisfait.

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Publié le par jean françois
LE POISSON DE L'HUMILITÉ

LE POISSON DE L’HUMILITÉ

 

 

Le poisson de l’humilité est remonté des eaux brunes et sombres, symbole de l’eau purificatrice, il est l’humble sauveur qui se révèle, pas même le déluge fut-il de feu n’a pu l’éliminer.

 

Les Védas le considèrent comme le révélateur de la science sacrée, associé au pêcheur il représente l’humilité, symbole du plus humble de tous, sa trace est restée gravée dans le Colisée et les catacombes. En sanscrit  le poisson est le symbole de la fertilité, le dieu de l’amour. Il est donc la vie de retour.

Une multitude de poissons sont sortis de l’ombre brune du déluge, ils envahissent les places d’Italie, et ce n’est pas le 1er avril. C’est la renaissance des eaux que l’on croyait inertes, souillées, par la haine et l’arrogance, la douceur est de retour, et la haine ne peut rien contre la douceur, l’eau est à nouveau pure, les magnifiques fontaines de Rome scintillent.

 

Il est midi la douzième heure, le soleil est à son zénith, c’est l’heure du poisson de l’espérance.

 

Jean-François.

LE POISSON DE L'HUMILITÉ

« Pas de drapeau, pas de parti, pas d’insulte » : en Italie, des « sardines » pour repousser Salvini

La sardine, poisson « humble », est le symbole d’un nouveau mouvement fondé sur le rejet de la haine et du souverainisme que symbolise le chef de l’extrême droite.

C’est une marée humaine d’un genre nouveau, qui déferle sur les places des grandes villes italiennes depuis la mi-novembre. Pas de banderoles ni de programme, mais une ligne politique simple, celle de l’antifascisme, et une volonté affichée, celle de rejeter les discours de haine et le souverainisme incarné par le dirigeant de la Ligue (extrême droite), Matteo Salvini. En signe de ralliement, ces militants arborent une étrange image, celle de la sardine.

Dimanche 1er décembre, ils étaient au bas mot 25 000 sur la Piazza del Duomo à Milan, sous une pluie glaciale, dans un calme impressionnant, mais, au commencement, ils n’étaient que quatre. Des jeunes trentenaires de Bologne, plutôt sages, qui ont eu l’idée, pour protester contre la venue, dans la capitale régionale d’Emilie-Romagne, de Matteo Salvini, le 14 novembre, de lancer une contre-manifestation d’un genre nouveau. Mattia Santori, 32 ans, diplômé en sciences politiques, qui s’est imposé comme le porte-parole de ce petit groupe, donne des cours de frisbee à ses heures perdues. A ses côtés, Giulia Trappolini, bientôt 30 ans, est physiothérapeute et professeure de danse. Roberto Morotti, 31 ans, est ingénieur et s’occupe de retraitement des déchets plastiques. Quant au quatrième, Andrea Gareffa, 32 ans, diplômé en sciences de la communication, il est guide touristique.


« Révolution piscicole »

Leur message initial ressemble à une boutade : « Pas de drapeau, pas de parti, pas d’insulte. Créez votre propre sardine et participez à la première révolution piscicole de l’histoire. » Alors que le dirigeant de la Ligue a annoncé un meeting monstre dans le palais des sports de Bologne, le 14 novembre, pour lancer la campagne de sa candidate, Lucia Borgonzoni, en vue de l’élection régionale du 26 janvier 2020, il s’agit de se retrouver au même moment sur la Piazza Maggiore, au centre de la ville. Mieux qu’une flashmob, on fera un « fish mob » : les « sardines » se tiendront « serrées, serrées, comme dans une boîte », pour symboliser leur cohésion face à l’extrême droite. Et le rassemblement se fera dans le calme – les poissons sont silencieux –, en opposition au vacarme du barnum salviniste.

En quelques jours, leur message se répand sur les réseaux sociaux. Et le soir du 14 novembre, ils sont plusieurs milliers (15 000 selon les organisateurs). La campagne de la Ligue à la conquête de l’Emilie-Romagne passe au second plan : les « sardines » ont volé la vedette à Matteo Salvini.

Le 18, à Modène, où un autre meeting de la Ligue doit se tenir, les « sardines » réapparaissent. Elles sont cette fois 7 000. On chante Bella ciao ou l’hymne national, on se tient chaud sous la pluie… Le mouvement est lancé. En deux semaines, une cinquantaine de rassemblements sont organisés, du nord du pays à la Sicile. Les « sardines » commencent même à voyager : lundi 2 décembre, alors que le dirigeant de la Ligue était en Belgique, à Anvers, 200 personnes se sont réunies sur la place Henri-Conscience, et un rassemblement similaire est annoncé à Paris, le 14 décembre.

Leur message, au-delà des considérations sur la sardine, poisson « humble », qui symbolise l’Italie travailleuse, tient surtout dans le refus de la résignation. « Nous voulions faire ressortir de chez elle la population qui ne se montre plus, critique et indignée, mais pas résignée », explique Giulia Trappolini.

Bastion historique de la gauche italienne, l’Emilie-Romagne accumule depuis des années les premières places en matière de croissance ou d’emploi. Le chômage y est au plus bas (6 % de la population active) et ses PME accumulent les succès à l’export, tandis que la gestion de l’actuel gouverneur, Stefano Bonaccini, du Parti démocrate (PD, centre gauche), est appréciée. Comment, dès lors, se fait-il que la gauche donne l’impression de se rendre sans combattre ?

Insultes interdites

Plus encore que le fond de leur message, c’est dans la forme que les « sardines » détonnent. Sous des dehors potaches, le mouvement revendique un ton courtois et policé, la raison et la modération plutôt que les passions et les excès. Ainsi, sur les groupes Facebook consacrés au mouvement, il est stipulé que les membres s’interdisent les insultes et les invectives. Dans l’Italie de 2019, de telles revendications ont quelque chose de puissamment subversif. L’ancien président du conseil et président de la Commission européenne, Romano Prodi (PD), ne s’y est pas trompé : « Je n’avais jamais vu de manifestation qui appelle à la civilité de ton », a-t-il fait remarquer, lundi, lors d’un colloque à Florence.


Face à ce phénomène inattendu, le PD montre son soutien mais le plus discrètement possible. C’est que le succès des « sardines » est une énième preuve du discrédit du parti au sein du peuple de gauche. Son partenaire de coalition, le Mouvement 5 étoiles (M5S, antisystème), est lui aussi embarrassé. Il y a dix ans, ce sont les partisans de Beppe Grillo qui remplissaient les places au cri de « Vaffa… » (littéralement « va te faire… »). Désormais, ils sont aux affaires, en chute libre dans les sondages, incapables de renouer le fil avec un peuple qui s’est détourné.

Matteo Salvini, de son côté, se garde bien d’attaques frontales, préférant le sarcasme. Dans les premiers jours du mouvement, il avait posté sur Twitter une photo d’un chat mangeant une sardine, et ne rate pas une occasion, depuis, de rappeler son amour des félins. Au sein de la Ligue, on souligne que le mouvement touche surtout les grandes villes, tandis que le cœur de l’électorat léguiste est dans les périphéries, et on suggère que le succès des « sardines » est trop fulgurant pour être tout à fait spontané. Pour l’heure, la Ligue reste au plus haut dans les sondages. Mais, depuis quelques jours, Matteo Salvini n’a plus le monopole des estrades.

 

Source WEB LEMONDE

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Publié le par jean françois
CONSTRUIRE

CONSTRUIRE.

 

 

L’école, du grec Skolê, du latin schola, lieu où l’on enseigne, mais aussi ensemble de ceux qui reçoivent un enseignement, et s’efforcent de le transmettre. Réceptacle de la mémoire des traditions, des connaissances, chemin vers la Connaissance. L’école est le lieu privilégié du combat contre l’ignorance et le fanatisme.

C’est le Lycée d’Aristote, le Jardin d’Épicure, ce jardin aux portes ouvertes à tous où poussent les herbes folles de l’esprit, tous y sont les bienvenus riches et pauvres, pourvu qu’ils soient vertueux disent les francs-maçons.

 

 

L’école est donc un lieu de propagation des lumières de l’esprit, qui sont sans limites. Elle semblable à un temple sacralisé un lieu où l’on demande et où l’on reçoit la Lumière. Cette école qu’elle soit Normale, Centrale, Polytechnique, primaire ou secondaire, elle est un espace d’ouverture ou l’esprit s’ouvre se développe.

Il n’y a pas d’écoles maçonniques, dans les loges pourtant les sœurs et les frères sont instruits par leurs anciens, non pas abreuvés de connaissances intellectuelles, mais guidés vers l’ouverture de leur être intérieur, on y enseigne l’ouverture, l’éveil, le réveil, l’essor de l’intelligence du cœur, avec la méthode du symbolisme. Les francs-maçons se réfèrent aux symboles de la construction, ils sont des hommes libres construisant leur avenir en s’appuyant les pierres de construction des diverses traditions en extrayant le meilleur de chacune d’entre elles, sans soumission à aucun dogme, le compas de leur esprit largement ouvert, persuadés que toutes les traditions ont des valeurs fondamentales communes. Ils construisent donc un temple à l’universel.

 

Sur les traces de leurs frères opératifs, maçons de métier, le temple de pierre, devient un temple de l’esprit prêt à accueillir le principe créateur aux multiples noms réunis en un seul. Ainsi les sœurs et les frères en construisant ce temple, se construisent eux-mêmes. Ils ont en main les outils symboliques, ils connaissent les divines proportions de la géométrie sacrée, ils savent écouter la douce musique de l’âme, discerner en toutes choses par leur intuition le bien et le mal.

 

Par leurs exercices spirituels individuels et collectifs les francs-maçons gravissent les degrés de la Connaissance, véritable ascension des barreaux de l’échelle mystérieuse. Ils se construisent avec persévérance, vigilance et humilité, les flèches des cathédrales montent lentement vers le ciel qu’elles n’atteindront jamais, mais elles percent la brume vers la lumière.

Par leurs constructions les francs-maçons s’humanisent et se spiritualisent, ils se métamorphosent, ils veulent changer le monde, remplir le vide de l’indifférence avec l’amour fraternel.

 

Ils travaillent du lever du jour à la tombée de la nuit, en suivant un chemin parsemé d’étoiles qui flamboie, des comètes qui laissent tomber leurs fils de lumière jusqu’à éblouir les ombres de la terre.

 

Construire, se construire, c’est comme écrire un poème, attraper au vol quelques mots épars pour les réunir dans une douce mélodie, c’est comme le peintre qui met des couleurs sur sa toile, comme le musicien qui laisse flotter dans l’air quelques notes, comme un souffle qui convient de son cœur, alors une divine harmonie envahit notre être, l’écho frappe l’univers entier.

 

Jean-François. 

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Publié le par jean françois
LE PAIN NOURRITURE SPIRITUELLE

LE PAIN NOURRITURE SPIRITUELLE

 

 

a lecture d’un article de Philippe Roi (1) paru dans un petit livre rouge maçonnique, me guide vers la relecture lente d’un numéro d’Ultreïa ! Le livre magazine qui hélas ne paraît plus qu’une seule fois par an.

 

Ultreïa, cette interjection de joie que se lançaient comme un défi les pèlerins du Moyen Âge sur les chemins de Compostelle pour se donner du courage, est un mélange du latin et de la langue « vulgaire », qui signifie :« Plus loin ! Plus haut ! » Cette interjection est tirée d’un chant du codex Calestinus (livre de Saint-Jacques de 1140.)

 

Cette interjection, me fait penser à l’acclamation rituelle écossaise Houzzée, répétée trois fois en forme de mantra au terme de certains travaux maçonniques. Diverses interprétations ont été données à cette acclamation : feu actif pour les Égyptiens, référence hébraïque à Uzza, ou à Ouché (que Dieu vive, je préfère que le principe vive peut importe le nom que l’on lui donne.), ou encore un rappel des trompettes de la joie d’Edimbourg, un hourrah dédié à la persévérance, un encouragement à la poursuite du chemin spirituel.

 

C’est muni de ce viatique spirituel, parole d’enracinement dans le bien, que le pèlerin de l’amour peut ouvrir son cœur et poursuivre sa quête. Ce viatique est comparable au « Pain des Anges » de Dante, ce pain incarnation de la Connaissance, qui dans son cœur qui contient la levure de l’esprit. Pour manger ce pain il faut une longue préparation, des heures sombres de la nuit, jusqu’au lever du jour. La pratique est indispensable, on n’est pas mitron, ni maître boulanger, sans efforts, sans exercices spirituels, le pain de la spiritualité ne peut pas lever.

 

 

Cela me rappelle également la réflexion récente d’un de mes frères suite à sa lecture de la Panthère des Neiges le dernier livre de Sylvain Tesson, extrait : Une ombre magnifique ! Je pensais qu’elle avait disparue, dis-je. C’est ce quelle fait croire. » Ce frère réagissait à un travail sur l’exil, nous sommes parfois exilés dans de sombres contrées, mais nous gardons en nous la mémoire du bien originel.

 

Ce pain spirituel que nous partageons parfois, ce pain aux valeurs inexprimables, ce viatique du pèlerinage, est semblable aux interjections, qui nous encouragent, nous guident et nous soutiennent, pour poursuivre notre route avec assiduité. « Sur les traces de la panthère qui laisse parfois tout son parfum mais ne se montre nulle part. »

 

Ce pain spirituel qui nous fait marcher avec humilité car nous savons que nous ne parviendrons jamais jusqu’au but. Cependant notre détermination à vouloir nous nous nourrir toujours plus, toujours mieux de nourritures spirituelles, est déjà une victoire sur nous-mêmes, sur le monde des ténèbres. Comme le disait Dante : « Le mal n’est pas invincible seule la résignation lui permet de triompher, car il consiste avant tout en un arrêt du mouvement vers le bien. »

 

Plus loin ! Plus haut ! Houzée ! Houzée ! Houzée ! La joie sera dans les cœurs.

 

Jean-François.

 

 

(1) Philippe Roi est un pseudo.

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Publié le par jean françois
COMMUNIQUÉ
Pour les amateurs de Peinture ! Une exposition à Lorient dans le Morbihan info d'un lecteur du Blog`
Pour information culturelle 
Voici 113 oeuvres picturales du XIXème siècle présentes dans les réserves artistiques de la Ville de Lorient
 
Lisez d'abord les 15 lignes de l'introduction, puis les dix lignes de la conclusion à la fin de la même page 
 
et parcourez ensuite la liste détaillée de ces 113 huiles sur toile, gouaches, estampes, pastels, fusains, aquarelles dont certaines sont des créations d'artistes nés à Lorient
Bonne découverte


Bouquet 23 La collection picturale du musée municipal de la Ville de Lorient. Partie 2 - Un historien à LORIENT
COMMUNIQUÉ
COMMUNIQUÉ
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Publié le par jean françois
L’UNIVERSEL, L’INDIVIDUEL, LA COMMUNAUTÉ.

L’UNIVERSEL, L’INDIVIDUEL, LA COMMUNAUTÉ.

 

 

La dictature de l’universel, s’impose de plus en plus dans notre société, la place de l’individuel se réduit de plus en plus. Comme par une sorte de mimétisme avec la marchandisation des produits, tout se vend donc, jusqu’à nous-mêmes, nous devenons des produits.

 

À force de vouloir ne vendre que de l’universel, on en oublie l’identité, le particulier, il faut absolument de l’égalité, qui se transforme en égalitarisme.

Par glissement le combat mené contre le communautarisme  atteint les communautés dans leur ensemble, on oppose la république des égalités, à toutes les orthodoxies religieuses. On tue les communautés bonnes ou mauvaises. On tolère les communautés sociales, les quartiers bobo, LGBT, pourquoi pas les quartiers chinois cela fait exotique ! On stigmatise les communautés d’esprit, les communautés religieuses, en les assimilant à des communautarismes. Il en est pourtant ou le « dogme » est la pratique du bien, du beau, du vrai.

 

Les traditions ne sont pas les ennemies de l’universel, elles  confondent leurs essences dans une essence unique. La Franc-Maçonnerie n’est pas une secte, mais un ordre initiatique fraternel, de défense des libertés, elle permet une construction spirituelle qui libère l’individu, dans un cadre collectif, une communauté de sœurs ou de frères, un lieu de partage et non d’exclusion, de clivage sont but étant de rassembler ce qui est épars, de favoriser le passage de l’individuel au collectif en préservant les deux.

 

La Franc-Maçonnerie est à la fois horizontalité et verticalité, celui qui veut transformer le monde doit d’abord se transformer lui-même, en exerçant en permanence son discernement en cherchant la justice dans son propre cœur. À de persévérance, d’exercices spirituels sur lui-même, il pourra prétendre à transmettre les effets sa propre métamorphose, incarnée par son exemplarité, empreinte d’humilité et d’amour fraternel, sans arrogance, dans le respect des individualités. Tous nous pourrons alors nous retrouver dans une communauté élargie à tous les hommes de bonne volonté.

 

Jean-François.   

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