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la Franc Maçonnerie au Coeur

la Franc Maçonnerie au Coeur

Un blog d'information, de conversations sur le thème de la Franc Maçonnerie, des textes en rapport avec la Franc Maçonnerie, comptes rendus et conseils de lectures.

Publié le par Jean-François Guerry
Raphaël École d'ATHÈNES

Raphaël École d'ATHÈNES

DE L’IDÉE D’UN GRAND ARCHITECTE….

 

 

Jai enfin fini par douter, était-ce dans le cabinet de réflexion au moment de rédiger mon testament philosophique, ou bien avant d’en avoir franchi la porte, à la recherche des réponses aux questions existentielles Qui suis-je ? D’où je viens ? Où je vais ? La vie a-t-elle un sens ? Quel est le sens de ma vie ?

 

Je serais bientôt confronté en remontant des ténèbres vers la Lumière, à la question de ‘l’idée de Dieu’, en présence de mes frères et du Grand Architecte de l’Univers. Il va falloir entreprendre un chemin vers la Connaissance du Grand Architecte auteur de tout ce qui est, par la voie maçonnique, par l’initiation.

 

Au commencement de cette méditation, qui est un exercice spirituel, c’est naturellement que le doute s’installe. C’est naturellement que ma pensée se rappelle le doute méthodique cartésien, d’abord renoncer à la foi du charbonnier, aux dogmes religieux, pour accueillir ‘l’idée de Dieu’ ; cette mémoire éternelle, opposée au hasard et à la nécessité. Ce doute qui va permettre peut-être de répondre aux questions : comment cela est-il possible et pour quoi ?

Un synopsis une vue d’ensemble ne saurait suffire à expliquer l’idée de Dieu, il est pourtant tentant, par une forme de paresse de résumer ou de généraliser cette idée de Dieu, dans un concept surplombant que l’on nomme Grand Architecte de l’Univers, laissant à chacun son interprétation, évitant ainsi toutes les confrontations. On reste alors dans un doute permanent, non constructif, le doute cartésien lui ambitionne de nous conduire à une certitude.

 

Ainsi par exemple en Franc-Maçonnerie ce qui sépare les obédiences des obédiences qui se disent toutes régulières est l’idée du Grand Architecte, cette séparation est due à un seul mot, un mot qui précise. Certaines obédiences affirment leur référence au Grand Architecte de l’Univers laissant à chacun de leurs membres en conscience de lui donner ‘le nom’ de son choix. Les autres affirment que le Grand Architecte de l’Univers ‘est Dieu’, sans préciser qui est Dieu, puisque Dieu a plusieurs noms. Pas facile de s’y retrouver, qu’en pensez-vous ?

 

Pour avancer, j’ai relu les « Méditations Métaphysiques » de René Descartes, qui présentes au moins pour la première de ses Méditations des similitudes avec la méthode maçonnique. Je cite un extrait du commencement de cette première Méditation : 

 

     Des choses que l’on peut révoquer en doute

« Il y a quelques temps que je me suis aperçu que, de mes premières années, j’avais reçu quantité de fausses opinions pour véritables, et que ce que j’ai depuis fondé sur des principes si mal assurés, ne pouvait être que fort douteux et incertain ; de façon qu’il me fallait entreprendre sérieusement une fois en ma vie de me défaire de toutes les opinions que j’avais reçues jusques alors en ma créance, et commencer de tout de nouveau dès les fondements, si je voulais établir quelque chose de ferme et de constant dans les sciences. (sic)

Cela fait immédiatement penser au postulant aux mystères de la Franc-Maçonnerie, qui arrivé au midi de sa vie entreprend de frapper à la porte du temple, afin de remettre en cause ses préjugés et ses certitudes. Le texte continue ainsi…

« Mais cette entreprise me semblant fort grande, j’ai attendu que j’eusse atteint un âge qui fût si mûr, que je n’en pusse espérer d’autre après lui, auquel je fusse plus propre à l’exécuter ; ce qui m’a fait différer si longtemps, que désormais je croirais commettre une faute, si j’employais encore à délibérer le temps qu’il me reste pour agir. » (sic)

L’on pourrait rajouter que le philosophe atteint comme le postulant à la Franc-Maçonnerie le temps du Kairos , qu’il est prêt, et qu’il sait que le temps presse, qu’il doit agir. Il poursuit :

« Maintenant donc que mon esprit est libre de tous soins, et que je me suis procuré un repos assuré dans une paisible solitude, je m’appliquerais sérieusement et avec liberté à détruire généralement toutes mes anciennes opinions. » (sic)

 

Faut-il douter de tout jusqu’à douter de soi, douter de soi parce que nous serions trompés par nos sens. Descartes va jusqu’à émettre l’hypothèse que Dieu, serait un mauvais génie :

« Je supposerai donc qu’il y a, non point un vrai Dieu, qui est  la souveraine source de vérité, mais un certain mauvais génie, non moins rusé et trompeur que puissant, qui a employé, toute son industrie à me tromper. Je penserai que le ciel, l’air, la terre, les couleurs, les figures, les sons et toutes les choses extérieures que nous voyons, ne sont qu’illusions et tromperies, dont il se sert pour surprendre ma crédulité. » (sic)

 

La réalité perçue par nos sens ne serait qu’un songe. L’on voit ici combien est nécessaire ce doute méthodique, cette méditation exercice spirituel, pour donner du sens à notre vie, pour connaître la Vérité qui rend libre. Il nous faut bien partir, commencer notre recherche de la Vérité, de la Parole, de la Lumière. Il nous faut réécrire, après avoir fait le vide. 

 

Je cite Etty Hillesum dans ‘Une Vie Bouleversée’

« Je crois que la beauté du monde est partout, même là où les moments de géographie nous décrivent la terre comme aride, infertile et sans accident. Il est vrai que la plupart des livres ne valent rien, il nous faudra les réécrire. » (sic)

 

Quand on connaît la vie dramatique de Etty Hillesum, c’est un véritablement encouragement, pour écrire ou réécrire sa vie véritable, celle de l’esprit, avec la méthode du doute, avoir le courage de douter, pour construire sa foi personnelle, loin des dogmes. L’idée de Dieu, pour les Francs-Maçons n’est pas celle des religions, La foi maçonnique n’est pas une foi religieuse, c’est peut-être la foi en la Lumière spirituelle, éternelle, que chaque homme héberge en lui, dans le tabernacle de son âme.

 

Jean-François Guerry. 

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Publié le par Jean-Pierre Rousseau et Philippe Jouvert
Perceval et la Quête du Graal
Perceval et la Quête du Graal

Perceval et la Quête du Graal

MÉMOIRES DE CONFINEMENT

 

GRAAL DANS LA RECHERCHE DE LA PERFECTION

 

Ni passé, ni futur, quête dans le présent

Le presque initié, le profane cherchant

Suit le chemin qui conduit à la Vérité.

Travail constant sur soi-même en est la clé.

 

 

Sans relâche en se détachant du matériel,

Afin d’accomplir dans le spirituel,

Le noble chevalier pragmatique dans sa tête

Se doit de ne jamais perdre but de sa quête.

 

 

Le Graal c’est la Lumière, le clair sur l’obscur,

Rupture entre certitude et ouverture,

Nécessaire, à l’initié, pour progresser,

Et la construction de l’édifice s’achever.

 

Jean-Pierre Rousseau Gawr’né.

La nuit sur le Boulevard Saint-Michel

La nuit sur le Boulevard Saint-Michel

Rencontres…

On s’est croisé un soir sur un trottoir bondé
Du côté d’saint germain, et quand tu as souri
J’en fus tout retourné, j’en fus tant attendri,
Et je suis resté là, planté, à m’attarder,

Et le temps assassin nous inflige des maux

Que ne peuvent traduire mes rimes et mes mots

Et je sais que demain me trouvera fourbu

Ereinté et hagard comme celui qui a bu…

 

Tu n’t’es pas retournée, le boul’mich t’a croqué,
pourquoi suis-je resté vissé à ma terrasse
J’ai manqué de courage, j’ai craint de te choquer,
D’être réprimandé et remis à ma place


Et le temps assassin nous inflige des maux

Que ne peuvent traduire mes rimes et mes mots

Et je sais que demain me trouvera fourbu

Ereinté et hagard comme celui qui a bu…

 

La pluie a entonné son refrain clapotant,
Tandis que je ressasse, ce rendez-vous fugace,
Tandis que j’ai perdu depuis quelques instants,
Le souvenir d’un soir qui devient une farce…

 

Et le temps assassin nous inflige des maux

Que ne peuvent traduire mes rimes et mes mots

Et je sais que demain me trouvera fourbu

Ereinté et hagard comme celui qui a bu…

 

Des rencontres « hasard », des sourires timides,
Et puis dans les regards un authentique charme,
Témoignent qu’elle existe l’étincelle qui guide
Vers un p’tit bout d’bonheur qui fait aucun vacarme

 

Et le temps assassin nous inflige des maux

Que ne peuvent traduire mes rimes et mes mots

Et je sais que demain me trouvera fourbu

Ereinté et hagard comme celui qui a bu…

 

 

 

Le kiosque est toujours là, à côté de l’église,
Sur le boul’vard magique, je m’y promène encore,
Je m’attable en terrasse de la brasserie du Flore,
Guettant un souvenir qui toujours m’électrise.

Et le temps assassin nous inflige des maux

Que ne peuvent traduire mes rimes et mes mots

Et je sais que demain me trouvera fourbu

Ereinté et hagard comme celui qui a bu…

Les belles déambulent mais je reste invisible,
Solitaire et chagrin installé en automne,
Mais le cœur au printemps, exalté, accessible,
Espérant l’impossible, chasser le monotone…

Et le temps assassin nous inflige des maux

Que ne peuvent traduire mes rimes et mes mots

Et je sais que demain me trouvera fourbu

Ereinté et hagard comme celui qui a bu…

 

Philippe Jouvert.

MÉMOIRES DE CONFINEMENT

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Publié le par Jean-François Guerry
Dés les premiers regards...

Dés les premiers regards…

 

 

Quand j’ai reçu la Lumière, c’était il y a trente trois ans ou peut-être plus de 6000 ans, j’ai ressenti quelque chose d’indéfinissable, d’innommable, comme un secret soigneusement gardé, dont j’avais la responsabilité. J’entrais dans le monde des étants quittant le monde des ayants. Le secret enfoui au fond de ma mémoire, apparaissait grâce à la magie d’un rite magico-spirituel. 

 

Ce fut mon premier contact avec la Grande Lumière, le début, le commencement ‘l’initium,’ le point du jour. Ce n’était pas cette lumière artificielle qui éblouit et disparaît à la fin du jour. Cette Lumière est éternelle, elle brille toujours, elle grandit, éclaire, illumine.

C’est dans un état second que se dévoile cette Lumière quand le bandeau tombe, quand le souffle est communiqué, le souffle de l’autre, des autres, quand le livre s’ouvre au prologue.

 

Alors commence la longue route qui va vers le Visage de l’autre, des autres. L’exposition du Visage d’autrui, des autres la rencontre. Les autres qui me font face dans leur simplicité, leur dénuement est une expérience éthique et spirituelle. Là est sans doute, le secret qui mène au sacré, au divin.

 

Est-ce l’idée, la trace du Grand Architecte que je distingue dans le Visage d’autrui ? Est-ce la conciliation, le point de rencontre entre l’immanence et la transcendance qui apparaît, l’idée de la transcendance, presque lisible sur l’envers du triangle d’or ?

 

Est-ce l’explication de la table mystérieuse, de la table d’émeraude, de la similitude entre ce qui est en bas et ce qui est en haut et forme l’ensemble, le tout ?

 

Est-ce la révélation d’une métaphysique à hauteur d’homme, la révélation que cette transcendance est une forme d’immanence ?

 

Autant de questions, auxquelles tente de répondre Emmanuel Levinas avec sa métaphysique, que Bernard Forthomme résume au terme d’un article paru en 1980 dans la Revue Philosophique de Louvain ; citant d’abord Fénelon, dont le secrétaire fut Andrew Michael Ramsay qui s’est rendu célèbre avec son fameux discours, reconnu comme un des textes fondateurs de la Franc-Maçonnerie spéculative. Je cite pour extrait Forthomme à propos de Levinas :

 

« Cependant, pour approcher la spécificité de cette immanence, ne convient-il pas de laisser résonner le mot de Fénelon, selon lequel les « misères » de la Terre n’ont rien à envier aux merveilles des cieux ?

Cette immanence spécifique tient compte des tensions de la transcendance, une sensibilité d’emblée animée de responsabilité ; joie meilleure que l’ivresse de l’être surabondant qui se répand et se livre au premier étant à venir : responsabilité qui pousse à dire que chacun de nous est comptable devant tous, pour tous et pour tout, et soi plus que les autres. »

 

C’est peut-être là aussi un des sens de l’initiation maçonnique spécifique et de fait à la fois individuelle et collective, elle nous pousse à la conquête de l’absolu, de l’infini, au NEC PLUS ULTRA de la pratique des vertus, en n’oubliant notre responsabilité vis à vis de nos sœurs et de nos frères et de tous en général. Nous avons une responsabilité individuelle et collective, ce qui donne un sens à la culture de la fraternité, qui constitue finalement notre identité humaine. Identité qui combat la barbarie et défend la justice, lutte contre toutes les dictatures religieuses ou politiques.

 

Cet autrement « être » ou penser, c’est une responsabilité infinie de l’un pour l’autre, entrevue dès les premiers regards..

 

Jean-François Guerry.

Dés les premiers regards...

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Publié le par Jean-François Guerry
Jamais je ne t’oublierai Jérusalem….

LA SECTE DES ESSÉNIENS ET LE DÉBUT DU NÉO-CHRISTIANISME-PART III.

 

 

Le frère Apprenti Dan B…Il… au bord de la mer morte, près de la citadelle de Massada, nous a fait la lecture d’un travail sur les Esséniens, dans la première partie, il a tracé le plan du CADRE HISTORICO-GÉOGRAPHIQUE. Après avoir relaté l’histoire de la découverte fortuite des Manuscrits de la Mer Morte, des manuscrits de Qumram. Il a avec prudence expliqué toutes les possibles interprétations, une seule certitude cette découverte a ébranlé les certitudes historiques et religieuses souvent admises, les manuscrits n’ont pas encore plus de 70 ans après leur découverte été entièrement traduits et étudiés, bien des mystères n’ont pas été élucidés ou partiellement élucidés et interprétés.

Ils ont permis néanmoins d’affiner nos connaissances, sur ce qui constitue le socle des traditions juives et chrétiennes.

Dans la seconde partie de son travail Dan a étudié LA VIE COMMUNAUTAIRE DE LA SECTE DES ESSÉNIENS, nous y remarquons les analogies avec la religion Juive et le christianisme primitif. Les rituels pratiqués par les Esséniens sont présentent également des similitudes avec les rituels initiatiques de nombreuses traditions d’Orient et d’Occident, ils perdurent encore dans certaines d’entre-elles. Dan s’intéresse naturellement AU MONDE JUDÉO-CHRÉTIEN AU DÉBUT DU CHRISTIANISME, en s’appuyant sur des documents qui font référence, ainsi que sur des chercheurs reconnus. Nous arrivons maintenant à la CONCLUSION de son travail, 20 ans après il y a eu encore de nouvelles découvertes les Manuscrits de la Mer Morte n’ont pas encore délivrés tous leurs secrets…

 

Jean-François Guerry.

 

LA CONCLUSION

 

La découverte des Manuscrits de Qumram, nous éclairent remarquablement sur la secte des Esséniens et nous donne une partie du cadre où le Christianisme est né.

 

À priori des contacts sont historiquement et géographiquement possible entre le Christianisme et l’Essénisme. IL faut souligner que près de 4000 membres de la secte étaient dispersés en Palestine. Après la chute de Jérusalem en 70 de notre ère beaucoup furent exilés à Damas, il semblerait qu’une partie se soit installés en Egypte peut-être avec le Maître de Justice.

 

Philon a connu en Egypte, aux alentours de l’ère chrétienne, des sortes de moines, les Thérapeutes qui ont beaucoup de points communs avec les Esséniens. De même certains s’installèrent en Syrie et en Asie Mineure, régions où se développe à cette époque la mission chrétienne d’évangélisation qui vise surtout et d’abord le milieu juif.

 

On trouvera des traces Esséniennes chez Paul-Saul d’origine Pharisienne et qui se convertit à Damas où il reçut sa première instruction et fût mis sans doute en rapport avec des chrétiens issus de l’Essénisme et eux-mêmes influencés par les Hellénistes, chassés de Jérusalem à cause de leur attitude à l’égard du Temple. Ils ont été les premiers missionnaires chrétiens, au cours de leur mission en Samarie ils eurent affaire à Simon le Mage père du Gnosticismecaractérisé par un dualisme cosmologique rigoureux qui attribue le monde actuel à un dieu inférieur : le démiurge et qui pense que le vrai Dieu vient délivrer ceux qui lui appartiennent pour les introduire dans un autre monde… mouvement qui persistera jusqu’au Moyen-Âge chez les Cathares et les Albigeois. On a proposé de le rattacher au courant juif Essénien, Simon étant le disciple d’un certain Dosithée lui-même Essénien demeurant près de Damas et qui avait connu Jean-Baptiste.

 

Quant à l’apôtre Jean, il était d’une part disciple du Baptiste, il appartenait à la première communauté chrétienne de Jérusalem et ses contacts avec l’Essénisme peuvent s’expliquer par son appartenance au milieu chrétien originel et nous savons qu’il rencontra des prêtres Esséniens chassés de Palestine à Éphèse.

 

Les ressemblances entre les documents de Qumram et l’Apocalypse paraissent liés aux contacts de Jean et des Esséniens.

 

Pour Daniélou le signe de croix aurait son origine dans le texte du Document de Damas. C’est le signe dont est marqué le front des membres de la Communauté, le même texte est cité dans l’Apocalypse : ‘Ne faites point de mal jusqu’à ce que vous ayons marqué du sceau sur le front les serviteurs de notre Dieu’.Peut-être avons-nous là, la source d’un rite chrétien très antique qui consiste à marquer le front d’une croix, signe de Dieu annoncé par Ezéchiel qui nous dit que ce signe avait la forme d’un tau, écrit sous la forme d’une croix latine, ce signe désignerait primitivement le nom de Dieu dont le Tau est l’expression. Jean emploie aussi l’expression ‘marqués du nom’. Il adresse son Évangile à un milieu familier avec ce thème du conflit de la Lumière et des Ténèbres, mais il en modifie radicalement le contenu, en remplaçant l’ange de lumière par le Verbe incarné.

 

Pour terminer soulignons deux régions où nous rencontrons des Esséniens Christianisés, la Transjordanie avec des Ebionites ou pauvres, groupe de juifs qui ont cru en Jésus mais seulement comme un grand prophète, groupe dérivé de l’essénisme et existant encore au IVème siècle et mentionné par Saint Jérôme ; Rome qui comprenait une très importante colonie juive avec des tendances diverses dont certains groupes de chrétiens convertis du Judaïsme, dont un certain Hermas qui écrira une des œuvres les plus curieuses de l’ancienne littérature chrétienne : Le Pasteur composé de visions, de paraboles, d’exposés moraux où sont consignés des révélations faites par un Pasteur… Hermas dans ses écrits présente une sorte de compromis entre l’essénisme qui identifie le Prince des Lumières avec l’archange Michel ; et le christianisme qui l’identifie au Verbe lui-même en l’appelant Fils de Dieu, mais lui laissant le nom de Michel.

 

Dan Ba…Il…

Jamais je ne t’oublierai Jérusalem….

Glossaire, et Références (travail de recherche n’engageant pas l’auteur du travail ci-dessus Jean-François Guerry :

 

Les Manuscrits de la Mer Morte : 

 


Les manuscrits de Qumrân ! Ils ont fait couler beauccoup d'encre et provoqué tant de débats, depuis leur découverte en 1947. On ne peut pourtant résumer Qumrân à la belle histoire de sa découverte - un jeune bédouin à la recherche d'une chèvre tombe sur une grotte dans les falaises calcaires du Wadi Qumrân, au nord-ouest de la mer Morte (à l'époque en Jordanie). 

On ne peut non plus réduire Qumrân aux querelles d'experts et aux déclarations passionnelles qu'ont provoquées les découvertes archéologiques à Khirbet Qumrân et leurs diverses interprétations, religieuses ou profanes, esséniennes ou non esséniennes. Car ce que révèlent d'abord et avant tout ces manuscrits de la mer Morte, c'est l'origine de l'Ancien Testament

Parmi les 275 cavités fouillées à Qumrân, 11 grottes contenaient des manuscrits en hébreu et en araméen ; une vingtaine d'autres contenaient des objets contemporains du site. Certains rouleaux, enveloppés de tissu et conservés dans des jarres en terre cuite, étaient en bon état et n'ont guère présenté de difficultés d'identification. Dans d'autres cavités, au contraire, on ne trouva que des fragments de parchemins qu'il fallut d'abord classer, répertorier et photographier avant de pouvoir les publier. Source Journal La Croix le 12/04/2010.

 

 

Sukenik

 

Eleazar S, le 28 février 1953).

Eleazar Sukenik a, par ailleurs, identifié l'importance des rouleaux de la mer morte et a contribué à convaincre l'État israélien de les acheter. En 1948, il a publié un article dans lequel il établissait un lien entre l'origine des rouleaux et une communauté d'Esséniens. Cette théorie est devenue l'interprétation la plus communément admise de l'origine des rouleaux. Elle obtint un large consensus parmi ses disciples, même si elle est parfois remise en question par certains chercheurs. Source WIKIPÉDIA.

 

Isaïe

 


Isaïe ou Ésaïe (יְשַׁעְיָהוּ en hébreu, Yeshayahu) est un prophète de l'Ancien Testament (ou Tanakh selon la tradition hébraïque), qui aurait vécu sous le règne d'Ézéchias (Hizkiya) puisqu'il est fait mention de « la quatorzième année du roi Ézéchias »

 

Yadin

 


Isaïe ou Ésaïe (יְשַׁעְיָהוּ en hébreu, Yeshayahu) est un prophète de l'Ancien Testament (ou Tanakh selon la tradition hébraïque), qui aurait vécu sous le règne d'Ézéchias (Hizkiya) puisqu'il est fait mention de « la quatorzième année du roi Ézéchias »

Yigaël Yadin est le fils de l'archéologue Eleazar Sukenik (1889-1953) et le frère de l'acteur Yossi Yadin. Source WIKIPEDIA

 

 

Dupont-Sommer

 

André Dupont-Sommer, né le 23 décembre 1900 à Marnes-la-Coquette et mort le 14 mai 1983à Paris, est un orientaliste français. Il a particulièrement étudié les manuscrits de la mer Morte, sur lesquels il a fait paraître en 1959 un des premiers ouvrages importants en français : Les Écrits esséniens découverts près de la mer Morte, comportant la traduction d'une grande partie des manuscrits connus à cette date. Source WIKIPEDIA

 

Codex Sinaiticus

 

Codex Sinaiticus est l'un des livres les plus importants au monde. Rédigé à la main il y a plus de 1600 ans, le manuscrit contient la Bible chrétienne en grec, y compris la plus ancienne copie complète du Nouveau Testament. Son texte fortement corrigé est d'une importance exceptionnelle pour l'histoire de la Bible et le manuscrit - le plus ancien livre substantiel à avoir survécu à l'Antiquité - est d'une importance suprême pour l'histoire du livre.

 

Codex du Caire

 

Le Codex Cairensis, également appelé : Codex Prophetarum Cairensis ou Codex du Caire des prophètes, est le plus vieux manuscrit hébreu daté contenant le texte des Nevi’im (livres prophétiques).

D’après son colophon, il aurait été achevé avec sa ponctuation par Moshe ben Asher à Tibériade « à la fin de la 827e depuis la destruction du deuxième temple » (soit 895 EC) mais des études au carbone 14 indiquent qu’il a été rédigé ou recopié au xie siècle. Offert à la communauté karaïte de Jérusalem, il fait partie du butin des Croisés en 1099 mais est racheté plus tard par la communauté karaïte du Caire.  Le Codex a longtemps été conservé dans la synagogue de Moses al D’ari Karaite à Abassaya en Egypte.

Lorsque le Codex a atteint Israël, en 1983 lors d’une vague d’émigration en Israël, les juifs karaïtes se sont organisés afin de conserver et protéger le Codex avec l’aide de l’Université hébraïque à Jérusalem.  Avec un document pour prouver la propriété karaite de cet ancienx manuscrit, il sera conservé dans une pièce sécurisée. Source les juifs Karaïtes Francophones.

 

Codex Babylonien

Le Code de Hammurabi est l'emblème de la civilisation mésopotamienne. La haute stèle de basalte érigée par le roi de Babylone au XVIIIe siècle av. J.-C. est une oeuvre d'art, un ouvrage historique et littéraire et le recueil juridique le plus complet de l'Antiquité, antérieur aux lois bibliques. Transporté par un prince du pays voisin d'Élam en Iran, au XIIe siècle av. J.-C., le monument fut exposé sur l'acropole de Suse au milieu d'autres chefs-d'oeuvre mésopotamiens prestigieux.

Une tradition juridique

Cette stèle de basalte a été érigée par le roi Hammurabi de Babylone (1792-1750 av. J.-C.) probablement à Sippar, la ville du dieu-soleil Shamash, divinité de la Justice. D'autres exemplaires de ce monument, qui s'inscrit dans une tradition, étaient déposés dans les villes de son royaume. Deux compositions juridiques sumériennes, celles du roi Ur-Namma d'Ur (vers 2100 av. J.-C.) et de Lipit-Ishtar d'Isin (vers 1930 av. J.-C.), précèdent l'oeuvre de Hammurabi. Recueil juridique le plus important du Proche-Orient ancien puisqu'il a été rédigé avant les lois bibliques, le code se définit comme l'aboutissement de ces essais. Le texte, qui occupe la majeure partie de la stèle, constitue la raison d'être du monument. La scène figurée qui le domine représente le roi recevant l'investiture de Shamash. Remarquable par son contenu juridique, cette oeuvre est aussi une source exceptionnelle pour notre connaissance de la société, de la religion, de l'économie et de l'histoire événementielle de cette époque. Source département des Antiquités orientales du Louvre

 

Commentaire d’Habakuc

Le huitième des douze livres de l'Ancien Testament attribués aux douze petits prophètes. On trouve dans ce livre des traces de formules liturgiques, ce qui donne à penser qu'Habacuc était un prophète issu du milieu sacerdotal, ou du moins que la rédaction définitive du texte était due à un auteur vivant dans ce milieu. La date de l'ouvrage n'est pas facile à établir. Néanmoins, une mention des Chaldéens présentés comme les instruments de Yahvé (I, 6) plaide en faveur de la période où ce peuple était prépondérant, c'est-à-dire après ~ 626, date de sa victoire sur la domination assyrienne. Les éléments d'une datation plus précise pourraient être fournis par l'identification des « oppresseurs » et des « justes », dont il est parlé tout au long du livre. Si les « oppresseurs » sont les Assyriens et les « justes » les Judéens, il convient alors de situer le livre avant ~ 612, date de la chute de l'Empire assyrien. Dans cette hypothèse, le message d'Habacuc serait une annonce de la ruine finale des Assyriens, ces cruels oppresseurs du peuple de Juda. Il est aussi un message de consolation : « Le juste vivra par sa fidélité » (II, 4). Le psaume qui constitue le chapitre III et qui est donné au complet, avec ses annotations musicales, n'apparaît pas dans le commentaire d'Habacuc retrouvé à Qumrān ; cette absence n'oblige pas cependant à conclure à son inauthenticité. Source Universalis

Pline l’Ancien

 

Pline l’Ancien (en latin Gaius Plinius Secundus), né en 23 apr. J.-C. à Novum Comum (l'actuelle Côme) dans le nord de l'Italie (en Gaule Transpadane) et mort en 79, à Stabies (en latin : Stabia), près de Pompéi, lors de l'éruption du Vésuve, est un écrivain et naturaliste romain du ier siècle, auteur d'une monumentale encyclopédie intitulée Histoire naturelle (vers 77)

Source WIKIPÉDIA.

 

Philon d’Alexandrie.

 

Philon naquit à Alexandrie dans une riche famille juive. Un de ses frères, Caius Julius Alexander, possesseur d'une immense fortune, prêta des sommes importantes à la famille des Hérodes. Membre d'une aristocratie juive privilégiée, Philon, son œuvre le montre, reçut une éducation complète, juive et hellénistique. Il était un notable de la communauté israélite d'Alexandrie, comme en témoigne l'événement le plus marquant de sa vie : en 39-40, il fut envoyé par ses coreligionnaires auprès de Caligula à la tête d'une délégation ; il s'agissait d'intervenir auprès de l'empereur sur la question irritante des effigies impériales dans les synagogues et de négocier un statut politique des Juifs. Pendant cette mission mouvementée, où éclata la nouvelle que Caligula voulait faire élever sa statue au temple de Jérusalem, Philon fit preuve de courage et de fidélité au judaïsme. On ignore tout de ses dernières années.

Bien qu'écrites en grec, les œuvres de Philon sont toujours citées sous leur titre latin. Il est difficile de les classer suivant un genre déterminé. Certaines sont plus historiques et apologétiques : In Flaccum (contre le gouverneur Flaccus, qui avait favorisé un soulèvement populaire contre les Juifs d'Alexandrie), Legatio ad Caium (ambassade auprès de Caligula), Apologia pro Judaeis (qui contient une notice sur les esséniens), De vita Mosis, De vita contemplativa (sur les thérapeutes). D'autres écrits sont plus philosophiques : Quod omnis probus liber sit (où quelques pages traitent des esséniens), De aeternitate mundi, De Providentia, Alexander. Mais la plus grande partie de l'œuvre de Philon est exégétique ; elle comprend trois ensembles de commentaires du Pentateuque : l'Exposition de la Loi (De opificio mundi,De Abrahamo, De Josepho, De Decalogo. De specialibus legibus, De virtutibus, De praemiis et poenis), le Commentaire allégorique de la Loi (Legum allegoriae, De cherubim, De sacrificiis, Quod deterius, De posteritate Caini, De gigantibus,De ebrietate, De sobrietate, Quod Deus immutab [...]

Source Universalis.

 

Flavius Josèphe

 

Né en 37 à Jérusalem, témoin en 70 de la prise de sa ville natale par les Romains et de l'incendie du Temple, Flavius Josèphe est le seul historien juif de cette époque dont l'œuvre ait survécu. À la fois polémiste et mémorialiste, Josèphe reste le témoin unique des temps troublés qui précédèrent et suivirent la chute de Jérusalem. Le débat sur l'homme d'action acquis aux Romains porte aussi sur l'écrivain. Les acquisitions de l'archéologie (manuscrits de la mer Morte, 1947 ; forteresse de Massada, 1964, Hérodion, 1968-1969, fouilles de la cité de David et du Mur méridional du Temple de Jérusalem) corroborent les descriptions de Josèphe et éclairent sa narration. Les travaux historiques contemporains, prenant en compte la partialité de l'auteur et le fait qu'il soit personnellement engagé dans les événements qu'il relate, s'accordent à souligner la valeur de l'œuvre pour la compréhension de l'histoire politique et sociale d'Israël comme de l'Empire romain. Source universalis.

 

Sadducéens

 

Parti opposé aux pharisiens qui, dans l'histoire du judaïsme, n'apparaît pour la première fois comme tel que sous Jean Hyrcan (~ 134-~ 104). Composé d'aristocrates, durant tout le ~ Ier siècle et une bonne partie du Ier siècle chrétien, il se recruta surtout dans la caste sacerdotale. Au temps de Jésus, il contrôlait l'administration et le culte du Temple. Malgré ses complicités avec l'occupant romain, qui l'avantageait en maintenant le statu quo, la ruine du Temple (70) lui fut fatale. Politique, sa force ne pouvait survivre à l'écrasement de l'État juif. Après ces événements, le judaïsme s'étant réorganisé exclusivement comme pharisien, on ne retrouve des sadducéens que des traces fictives ; dans la littérature talmudique, « sadducéen » est alors simplement synonyme d'« hérétique » (la censure catholique des XIIeXIIIe et XVIe siècles a souvent remplacé par « sadducéens » le terme mînîm — « hérétiques » —, dans lequel elle voyait la désignation des judéo-chrétiens).

L'origine et la signification du mot « sadducéen » sont énigmatiques. Couramment, on les explique en rattachant le terme aux descendants ou partisans de Sadoc, prêtre de David (II Sam., VIII, 17) et de Salomon (I Rois, II, 35). Cela est loin d'être acquis. Le pluriel néo-testamentaire saddoukaioi permet de supposer la vocalisation saddûqî (on ne connaît avec certitude que les consonnes hébraïques, sdwqî au singulier, sdwqym au pluriel), malaisément dérivable de Sadoc.

Les sadducéens sont connus par Flavius Josèphe (bien que pharisien, il ne les accuse jamais d'être de mauvais Juifs) et par le Nouveau Testament (Évangiles synoptiques et Actes des Apôtres). Dans la littérature rabbinique, la notice des Abbot de Rabbi Natan, dans un récit qui semble remonter au Ier siècle, signale que la séparation entre pharisiens et sadducéens eut lieu vers la fin du ~ IIe siècle ; cette information semble sûre.

Les sadducéens étaient partisans de la seule autorité de l'Écriture (ce qui ne veut pas dire qu'ils aient eu des connivences avec Qumrān). C'est en vertu de ce principe qu'ils refusaient les dogmes ou croyances tardifs des pharisiens : la résurrection des corps, l'immortalité personnelle, l'existence des anges et des démons. Cette attitude, conservatrice à quelques égards, ne les empêcha pas de faire face aux changements sociaux et de créer leur propre halaka, dont nous connaissons quelques exemples.

Aujourd'hui, on enseigne volontiers, en des lieux confessionnellement divers, que ce sont les prêtres en chef et le grand prêtre, sadducéens, qui ont mené le procès de Jésus à Jérusalem. Source Universalis.

 

L’écrit de Damas

L’Écrit de Damas est un document à part dans la bibliothèque de Qumrân découverte entre 1947 et 1967 sur les bords de la mer Morte. Une partie du document est connue dès la fin du XIXe siècle grâce à la découverte de deux manuscrits dans la synagogue du Vieux-Caire en Égypte. L’un de seize pages date du Xe siècle de notre ère, l’autre de deux pages est une copie du XIIe siècle. Dix manuscrits de Qumrân, copiés au tournant de l’ère chrétienne, comblent en partie les lacunes des manuscrits découverts au Caire. Malgré les dix siècles de différence entre les manuscrits palestiniens et les parchemins égyptiens, une des copies médiévales est très fidèle aux manuscrits de Qumrân. C’est pourquoi on propose un texte reconstruit à partir des différents manuscrits. Ainsi, les manuscrits palestiniens de l’Écrit de Damas permettent de restituer des parties du texte perdues dans les copies cairotes. Le Prologue, la première série de lois, la dernière partie du code pénal et la conclusion avaient disparu des manuscrits abîmés de la synagogue du Caire mais ils ont été retrouvés dans les manuscrits de Qumrân. Source David Hamidovic.

 

Rituel de la Didaché

 

La Didachè ou Didakè (traduit en français Enseignement des douze Apôtres ou Doctrine des Apôtres) est un document du christianisme primitif, écrit vers la fin du ier siècle ou au début du iie siècle, ce qui en fait l'un des plus anciens témoignages écrits. Le manuscrit retrouvé est intitulé « Doctrine du Seigneur transmise aux nations par les douze apôtres ». 

Le mot grec « Διδαχή » signifie « enseignement » ou « doctrine » en grec koinè. Paradoxalement, les douze apôtres ne sont jamais mentionnés dans le texte lui-même.

Source WIKIPÉDIA.

 

Simon le Mage.

 

Selon les Actes des Apôtres (VIII, 9-24), Simon était un magicien, qui opérait en Samarie et se faisait appeler la Puissance de Dieu, la Grande. Converti par la prédication de Philippe, il reçut le baptême. Mais, quand il offrit de l'argent à Pierrepour obtenir le pouvoir de donner lui aussi le Saint-Esprit en imposant les mains (de là vient le nom de simonie), Pierre le repoussa violemment. Selon Justin (Ire Apol., 26 ; 56), il serait venu à Rome au temps de Claude, qui lui aurait élevé une statue (mais il s'agit là d'une confusion avec la divinité latine de la fertilité Semo Sancus). Les discussions de Simon avec Pierre et leur fin dramatique sur le Forum sont une légende qui remonte aux livres apocryphes intitulés Actes de Pierre et aux romans pseudo-clémentins, plus connus sous le nom d'Homélies pseudo-clémentines. Ces dernières résument la doctrine (III, 2) que Simon prétendait démontrer par les Écritures : le Dieu suprême est un dieu autre que celui qui a créé le ciel et la terre ; il est inconnu et ineffable et il pourrait être appelé le Dieu des dieux. Irénée et Hippolyte font de lui le père du gnosticisme et le fondateur d'une secte gnostique ; mais on peut se demander s'il s'agit du même personnage.

Source Universalis.

 

Ébionites

 

Terme qui dérive de l'hébreu ebion (« pauvre ») et qui désigne les membres d'une secte judéo-chrétienne issue de la première communauté chrétienne de Jérusalem, réfugiée en Transjordanie en 66-67. Plutôt qu'une secte historiquement et doctrinalement bien définie, on doit voir en elle un mouvement qui, sous la pression d'influences diverses (syncrétisme, essénisme, gnosticisme, christianisme), se diversifia en de multiples formes.

Les ébionites se caractérisaient essentiellement par leur foi en Jésus considéré comme Christ et non comme Fils de Dieu(Jésus réalise, selon eux, à titre de Prophète choisi par Dieu à cause de sa piété, l'attente messianique d'Israël) et par la pratique de la Loi mosaïque, qu'ils considéraient comme essentielle au Salut. Mais ces deux positions fondamentales ont pris des formes différentes selon les groupes et l'évolution des idées. Ainsi, la christologie des ébionites revêt une coloration tantôt adoptianiste, tantôt gnostique (acceptation ou refus de la conception virginale de Jésus, de sa préexistence) ; de même, leur définition de la Loi varie : ils pratiquaient sabbat, circoncision, fêtes juives, bains rituels, mais rejetaient le culte du Temple et les sacrifices sanglants ; ils supprimaient également comme des interpolations les prophéties bibliques non réalisées et les anthropomorphismes. Il reste peu de chose des ouvrages composés par les ébionites (fragments de l'Évangile des ébionitesKérygmes de Pierre et autres sources utilisées par la littérature pseudo-clémentine).

Insistant sur la continuité entre l'Alliance ancienne et la foi en Jésus-Prophète, les ébionites se voyaient contraints à s'opposer à Paul et à sa conception du salut. Selon eux, Jésus n'a pas abrogé la justice opérée par les œuvres, mais il a montré ce qui dans la Loi était vraiment divin et éliminé ce qui ne l'était pas. Les ébionites disparurent vers le Ve siècle.

—  Richard GOULET

 

Hermas - le Pasteur.

 

L'un des Pères apostoliques. Hermas n'est connu que par les détails autobiographiques que contient son œuvre : Le Pasteur ; esclave de naissance, affranchi par la matrone qui l'avait acheté, il se serait adonné au commerce. Ayant perdu ses biens à la suite d'une dénonciation portée contre lui par ses propres fils, il aurait alors fait pénitence. Il se déclare contemporain de Clément de Rome (peut-être le pape Clément Ier, mort en 97 env.). Toutefois, le Canon de Muratori(VIIIe s.) qui donne la liste des écrits du Nouveau Testament reconnus comme canoniques par l'Église de Rome vers 180, affirme qu'Hermas était un frère du pape Pie Ier (mort en 155), ce que le contexte du Pasteur semble confirmer. La première partie de l'ouvrage est consacrée au récit de cinq « visions » qu'eut l'auteur (genre apocalyptique). Elles manifestent allégoriquement la gravité du péché et la miséricorde de Dieu, qui permet au pécheur repentant d'être pardonné une seconde fois — qui sera la dernière — des fautes commises après le baptême. À partir de la cinquième vision, un ange vêtu en berger — origine du titre de l'œuvre — explique les allégories. Le texte revêt alors un caractère plus éthique ; il énonce douze préceptes moraux (objet de la IIe partie) et illustre au moyen de dix « similitudes » (paraboles) la béatitude promise aux vertueux (IIIe partie).

Irénée, Clément d'Alexandrie, Origène — qui a confondu l'auteur du Pasteur avec l'Hermas dont parle saint Paul (Rom., XVI, 14) — et Tertullien ont considéré le livre comme inspiré ; mais le décret gélasien (fin du Ve s.) le classait parmi les apocryphes, et le Canon de Muratori ne le tenait pas pour canonique. Fort peu connue dans l'Église d'Occident, selon saint Jérôme, bien plus connue dans l'Église d'Orient, l'œuvre est contenue dans le Codex Sinaïticus. Divers manuscrits en grec, en latin et en éthiopien, et des fragments en copte et en persan en ont été découverts. Source Universalis.

ACTUALITÉS DES MANUSCRITS DE LA MER MORTE.

 

ARTICLE LE JOURNAL LE FIGARO DU 4 JUIN 2020.

«Nous avons découvert que certains textes ont été écrits sur des peaux de vache et de moutons alors qu'auparavant nous estimions que tous étaient écrits sur des peaux de chèvres», a déclaré la chercheuse israelienne Pnina Shor.
«Nous avons découvert que certains textes ont été écrits sur des peaux de vache et de moutons alors qu'auparavant nous estimions que tous étaient écrits sur des peaux de chèvres», a déclaré la chercheuse israelienne Pnina Shor. MENAHEM KAHANA / AFP

Certains des manuscrits de la mer Morte, collection de textes millénaires incluant le plus ancien texte biblique en hébreu, ne viennent pas du désert où ils ont été retrouvés, conclut une étude rendue publique mardi sur l'ADN de fragments de ces parchemins.

Les 900 manuscrits retrouvés entre 1947 et 1956 dans les grottes de Qumrân, au pied de la mer Morte, en Cisjordanie, sont considérés comme l'une des plus importantes découvertes archéologiques de tous les temps car ils comprennent des textes religieux en hébreu, en araméen et en grec, ainsi que la plus ancienne version de l'Ancien Testament connue. Les documents les plus anciens remontent au IIIe siècle avant Jésus-Christ et, le plus récent, a été rédigé en l'an 70, au moment de la destruction du second Temple juif par les légions romaines.

De nombreux experts pensent que les manuscrits de la mer Morte ont été écrits par les Esséniens, une secte juive dissidente qui s'était retirée dans le désert de Judée vers des grottes à Qumrân. D'autres pensent toutefois qu'une partie a été cachée par des juifs qui voulaient les protéger des Romains. Pour tenter d'y voir plus clair et de jeter un éclairage scientifique sur un débat théologique, des chercheurs israéliens ont étudié l'ADN de fragments de ces manuscrits. «Nous avons découvert en analysant des fragments de parchemins que certains textes ont été écrits sur des peaux de vache et de moutons alors qu'auparavant nous estimions que tous étaient écrits sur des peaux de chèvres», explique à l'AFP Pnina Shor, chercheuse à l'Autorité israélienne des antiquités, qui dirige le projet chargé de l'étude de ces manuscrits.

« Nous avons découvert en analysant des fragments de parchemins que certains textes ont été écrits sur des peaux de vache et de moutons alors qu'auparavant nous estimions que tous étaient écrits sur des peaux de chèvres »

Pnina Shor, chercheuse à l'Autorité israélienne des antiquités.

«Cela prouve que ces manuscrits ne viennent pas du désert où ils ont été retrouvés», affirme la scientifique. «Mais d'où viennent-ils exactement et par qui ont-ils été écrits? Ces questions demeurent entières mais l'étude de l'ADN, réalisée pendant sept ans sur 13 textes par une équipe aussi de l'université de Tel-Aviv, ouvre la voie à de nouvelles découvertes», estime Mme Shor. «Nous pourrons enfin trouver la réponse à la question essentielle de l'identité des auteurs de ces manuscrits et ces premiers résultats vont avoir une répercussion sur l'étude de la vie des juifs à l'époque du Second Temple», ajoute-t-elle.

 

Le casse-tete de la reconstitution

Ces recherches archéologiques restent un sujet sensible en Israël et dans les Territoires palestiniens où les résultats de travaux sont parfois utilisés par des associations ou partis politiques pour asseoir leurs revendications sur des lieux de mémoire revendiqués à la fois par les Palestiniens et les Israéliens, à l'instar du Mont du Temple, lieu le plus sacré du judaïsme, et nommé Esplanade des Mosquées par les musulmans. Parmi les découvertes de l'équipe de Mme Shor, figurent des extraits du livre biblique de Jérémie (prophète qui vivait au VIe siècle avant J-C) et dont plusieurs fragments avaient longtemps été considérés par les chercheurs comme provenant du même manuscrit.

900 manuscrits ont été retrouvés entre 1947 et 1956 dans les grottes de Qumrân, au pied de la mer Morte. MENAHEM KAHANA / AFP.

«Nous voyons des différences à la fois dans le contenu et dans le style de calligraphie mais aussi dans la peau de bête utilisée pour le parchemin, ce qui prouve qu'ils sont de provenance différente», affirme Beatriz Riestra, qui a participé à cette étude. Au total, environ 25.000 fragments de parchemins ont été découverts au fil des années dans le désert de Judée et la recherche sur ces textes est incessante depuis 60 ans. Or «en caractérisant les relations génétiques entre différents fragments des parchemins, les chercheurs ont pu discerner d'importantes relations historiques», affirme le professeur Oded Rechavi de l'Université de Tel-Aviv.

 

Nous voyons des différences à la fois dans le contenu et dans le style de calligraphie mais aussi dans la peau de bête utilisée pour le parchemin, ce qui prouve qu'ils sont de provenance différente.

Beatriz Riestra, chercheuse.

«C'est comme reconstituer un puzzle. Il existe de nombreux fragments de parchemins que nous ne savons pas comment relier et si nous mettons ensemble des mauvaises pièces, cela peut changer considérablement l'interprétation», précise-t-il. Et pour l'heure le puzzle tient encore du casse-tête. «La recherche n'est qu'à ses débuts mais ça montre déjà des résultats probants», affirme Mme Shor, qui rappelle que son rôle est aussi de conserver les manuscrits et que cette étude ne peut être faite sur l'ensemble des fragments existants, de crainte de les abîmer.

 
 


 

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Publié le par Jean-François Guerry
Jamais je ne t’oublierai Jérusalem….

 

Jamais je ne t’oublierai Jérusalem…. Part II.

 

LA SECTE DES ESSÉNIENS ET LE DÉBUT DU NÉO-CHRISTIANISME PARTIE II.

 

 

Dans cette deuxième partie Dan B…Il… aborde : la vie Communautaire de la secte de Qumram et ensuite évoque le Monde Judéo-Chrétien et le début du Christianisme, dans sa conclusion il étudie les relations possibles entre cette secte et le gnosticisme, ainsi que les similitudes avec l’Apocalypse de Jean de Patmos….

 

Jean-François Guerry.

 

II- LA VIE COMMUNAUTAIRE DE LA SECTE

 

Le nom des Esséniens apparut sous la plume de la plupart des spécialistes à la suite de Sukenik- Pline l’Ancien dans : « Son histoire naturelle » rédigée entre 70 et 79 écrit à l’Occident, les Esséniens s’écartent des rives… C’est un peuple admirable au-delà de tous autres, sans aucune femme et ayant renoncé entièrement à l’amour, sans argent… Philon d’Alexandrie écrit en grec, parlant de la Syro-Palestine et sa population juive : « Quatre mille sont appelés Essens ; ce nom à mon avis peut être rapproché du mot « sainteté » que Flavius Josèphe mentionne les Esséniens en divers passages de ses œuvres dans « La guerre des juifs contre les romains, ou dans Antiquités judaïques. » Décrivant le milieu social et religieux de la Palestine du premier siècle, il reconnaît l’existence de trois Écoles de Pensée ; celles des Sadducéens, celle des Pharisiens et celle des Esséniens.

 

L’origine du mot « Essénien » bien que celui-ci ne soit mentionné dans aucun des textes de la secte. Viendrait du mot hébreu « ésah » nom donné au Conseil de la Communauté ou Saint Conseil « ésah » aurait pu être traduit en grec « éssaioi ou éssénoi ». C’est l’étymologie proposé par Dupont-Sommer, pour Schurer le mot « éssénien » dériverait de l’araméen haseh, au pluriel hasim « les purs »….

 

Les textes Esséniens : La Règle de la Communauté, appelée aussi le Manuel de Discipline qui commence par une introduction où se trouvent définis le but et l’idéal de la Communauté, la description de la cérémonie d’entrée dans la secte avec le bain de purification, une longue instruction sur le thème des deux Esprits, Esprit de Vérité et l’Esprit de Perversité ; le Commentaire d’Habacuc qui par ses interprétations, éclaire les préoccupations de la secte ; l’Écrit de Damas qui met en garde contre le découragement et la trahison et recommande l’obéissance aux Ordonnances.

Il fait pour la première fois à la suite de la persécution du Maître de Justice, allusion à « une première intervention de Dieu pour punir les souillures et les crimes des « princes de Juda », pour Dupont-sommer, il s’agit de la violation du Temple par Pompée. Recourant au procédé des apocalypses, il fixe une date à cette intervention Divine : elle aura lieu quarante années après l’apparition du Messie.

La Citadelle de Massada proche de Qumram

Le combat des Fils de la Lumière contre les Fils des Ténèbres, nous parle de la grande guerre d’extermination que doivent livrer à la fin des temps les Fils de la Lumière c’est-à-dire les membres de la secte ayant à leur côté Dieu et ses Anges aux Fils des Ténèbres, c’est-à-dire aux nations païennes, plus précisément aux Kittim ou Romains, conduit par Bélial ou Satan et les mauvis anges. 

 

Le Rouleau des Hymnes semble indiquer qu’il s’agit d’un livre de prières de la Communauté, œuvre peut-être du Maître de Justice, d’un mysticisme très élevé ; ses chants sont des épanchements de l’âme où l’auteur exprime ses sentiments d’adoration, de soumission totale à la volonté divine, son amour pour le Dieu Très Haut et sa haine pour le Bélial.

 

Enfin le Rouleau du Temple considéré par certains comme la Torah des Esséniens, pour Y. Yadin il la compléterait. On aurait là, un sixième livre de la Torah….

 

On peut dire que la secte des Esséniens s’est volontairement détachée de la Jérusalem des Pharisiens, et des Saduccéens, installée entre autres à Qumram, vivant en communauté très fermée autour du Maître de Justice, pratiquant le bain de purification pour entrer dans la ‘Nouvelle Alliance’,faisant parfois les vœux de célibat. Les écrits nous renseignent sur le ritualisme des ‘agapes’ où durant le repas pris en commun seront lus et commentés les Saintes Écritures. Les novices durant deux années n’avaient pas le droit à la parole, seuls les membres à part entière avaient le droit à prendre part à la discussion, chacun à son tour et une seule fois.

On mettait l’accent sur un certain déterminisme de l’homme qui, quoiqu’il en soit, était sous le joug de Satan et n’avait pas le pouvoir de s’en libérer une seule fois. Ils étaient les seuls à porter l’habit blanc. Faisant ‘une grande famille’ et pratiquant l’entre aide entre tous les membres. Il n’y avait ni riches, ni pauvres ils étaient tous égaux, tous les biens appartenaient à la Communauté. Des sanctions étaient prévues pour ceux qui avaient enfreint à la loi sous forme de de jeûnes, de prières et même d’exclusion. Il faut aussi souligner la sévérité d’accès à la Communauté marquée par un examen quant à la connaissance et à la compréhension des Textes et même un examen physique qui éliminait ceux qui présentaient des anomalies (bec de lièvre, pied bot, etc…).

Ils pratiquaient la guérison des malades par l’imposition des mains, véritables thaumaturges. On y voit des influences extérieures au Judaïsme : Orphisme, Culte de Mitrah, Pythagorisme, Hindouisme, Mazdaisme…

 

 

III- LE MONDE JUDÉO-CHRÉTIEN ET LE DÉBUT DU CHRISTIANISME.

 

Le monde Judéo-Chrétien est marqué par le respect de la foi rabbinique, de la nourriture Kasher, du respect des fêtes religieuses, de la circoncision et reconnaissent en Jésus le Messie. On retrouve surtout parmi eux, une population modeste et quelques personnages de hauts rangs.

Pour Daniélou les simples données géographiques rendent probables les contacts entre Jean-Baptiste et les membres de la Communauté du désert de Juda. La région où Jean baptisait est celle qui environne le Jourdain, avant son embouchure dans la Mer Morte, or l’habitat des Esséniens se trouvait à quelques kilomètres au sud à Qumram.

 

Les quatre Évangélistes appliquent à Jean la parole d’Isaïe : Préparez dans le Désert le chemin de Yahweh, ce texte est mentionné deux fois dans la Règle de la Communauté.

 

Le portait que trace les Évangélistes tracent de Jean présente des points communs avec ce que nous savons des gens de Qumram ; ainsi sa nourriture est faite de sauterelles et de miel sauvage. Le Document de Damas va préciser que les sauterelles devaient être grillées…Jean s’abstenait de vin et de toute boisson fermentée, les Esséniens ne buvaient que du vin non fermenté Jeanapparaît comme un ascète, il en est de même des membres de la secte, Jean n’était pas marié, le célibat caractérisait aussi certains Esséniens.

Jean réserve toutes sévérités aux Pharisiens et aux nommés, la solution doit sans doute être cherchée dans le fait que Jean ne nomme que les sectes auxquelles il s’oppose. L’enseignement du Baptiste annonce que le jugement est imminent ; dans le texte du Commentaire d’Habacuc, celui-ci avertit que les événements prédits pour la fin des temps sont arrivés et se réalisent avec la vie du Maître de Justice. Pour les gens de Qumram comme pour Jean, les derniers temps sont annoncés par les prophètes sont commencés. L’idée qu’il faut se préparer à ces événements par la pénitence, familière aux documents de Qumram se retrouvera dans la seconde Epitre de Pierre ; j’ai déjà parlé de l’importance que les bains tiennent dans le milieu de Qumram et dans celui de Jean appelé le Baptiste. Ils partagent aussi l’idée que les derniers temps sont arrivés avec eux et affirment que ce qui est arrivé avec eux est seulement la préparation de la fin des temps, non la fin des temps elle-même. Il demeure cependant de grandes différences.

 

Jean se montre comme un envoyé par Dieu à l’ensemble d’Israël et même aux Publicains et aux pêcheurs. Ceci est très opposé au caractère fermé des gens de la Communauté de Qumram, le baptême Essénien n’était que l’admission, celui de Jean apparaît comme un geste prophétique et prépare à l’effusion de l’Esprit Saint.

La différence la plus importante est de témoigner que le Messie est là, que l’Esprit est répandu. On peut dire que Jean, fût seulement dans la mouvance de l’Essénisme. En tout cas comme l’on dit certains spécialistes, les disciples duBaptiste constituent un chaînon intermédiaire entre les hommes de Qumram et les disciples de Jésus. Il est certain que la Communauté formé par Jésus  avec ses Apôtres a présenté des analogies avec la Communauté de Qumram qui comprend un conseil de Douze membres et Trois prêtres, parmi les douze Apôtres il y avait un groupe de privilégiés de Trois Apôtres Pierre, Jacques et Jean.

 

Dans l’histoire de la multiplication des pains et des poissons racontée par Marc, nous voyons Jésus commander à ses disciples ‘de faire asseoir ceux qui sont là par tablées sur l’herbe verte ; et ils s’installèrent par carrés de cent ou de cinquante…Or dans la Règle de la Communauté il est écrit : ‘Tout le peuple passera par ordre, l’un après l’autre par centaines et par dizaines… Cette disposition est l’antique disposition du peuple au temps de l’Exode.

 

À Qumram l’entrée dans la Communauté était précédée de serments redoutables de rupture avec les Fils des Ténèbres et d’adhésion à la Loi de Moïse. L’antique usage chrétien de la renonciation à Satan et de la profession de foi au Christ, paraît calqué sur ce serment. Ressemblance aussi avec la prière quotidienne.

 

Un texte de la Règle de la Communauté nous fait connaître que les Essénienspriaient trois fois par jour ‘au commencement de la Lumière, quand elle était au milieu de son cours et quand elle se retire dans l’habitation qui lui a été assignée…’ Or le rituel de la Didaché, nous dit ‘Priez trois fois par jour’.

Nous sommes ici à l’origine des trois heures de l’office liturgique : laudes, sexte et vêpres. Flavius Josèphe précise :’ Avant le lever du soleil, ils lui adressent des prières traditionnelles comme pour le supplier de se lever’, usage qui s’oppose à la coutume juive qui était de prier dans la direction de Jérusalem ; par contre c’est la coutume ordinaire du Christianisme primitif

 

Le Document de Damas nous rappelle la persécution du Maître de Justice par le prêtre impie et l’exil de la Communauté de Damas. On y trouve un passage très intéressant dans lequel il est dit : ‘Tous les hommes qui sont entrés dans la Nouvelle Alliance au pays de Damas, mais qui se sont détournés, ont trahi et ne feront pas partie du peuple et ne seront pas inscrits dans les listes depuis le jour de la disparition du Maître de Unique jusqu’à ce que surgissent les Messies d’Aaron et d’Israël. Daniélou souligne l’allusion aux deux Messies, l’un prêtre et l’autre laïc. Ces Messies sont l’objet de l’attente de la Communauté et il ajoute : ce texte est donc décisif pour montrer que la Communauté ne reconnaissait pas le Maître de Justice pour le Messie. Le fait que l’expression‘oint’ ne lui soit jamais appliquée paraît marquer une volonté d’éviter toute confusion entre lui et le Messie.

 

DAN B…Il…

 

Compte-tenu de l’importance de cet article je vous propose la lecture de la conclusion pour demain….avec la dernière actualité sur les manuscrits de la mer morte.

Jamais je ne t’oublierai Jérusalem….

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Publié le par Jean-François Guerry
Jérusalem

Jérusalem

Jamais je ne t’oublierai Jérusalem….

 

 

L’année 6000, du calendrier maçonnique lors de son deuxième mois, c’est-à-dire en avril 2000 du calendrier Grégorien. Ma loge a réalisé un voyage en Israël voir la trace du Roi Salomon, voir le temple symbole de la construction.

En cette année là, les prédictions de malheurs, de destructions faisaient le bonheur des marchands.

 

Avec Mes frères, avec nos épouses, nos compagnes avons eu le bonheur de vivre des moments intenses d'une spiritualité partagée, sans dogmes.

 

Ce fût pour moi le plus beau de mes voyages, une apocalypse, une révélation.

 

Accueillis à Tel Aviv par les frères la Loge La Lumière N°1, nous avons fait la connaissance d’un ‘apprenti’ Dan B…-I…qui devait être notre guide durant tout le voyage. C’est à lui 20 ans après que je dédie cet article, en reproduisant la planche qu’il nous offrit dans les ruines de QUMRAM sur les rivages de la Mer Morte. Juste avant notre ascension vers la citadelle emblématique de la résistance et de la persévérance du peuple juif, la citadelle de Massada. Dan, comme Jérusalem jamais je ne t’oublierai.

 

Jean-François Guerry.

 

      « Si je t’oublie Jérusalem, que ma main droite m’oublie !

Je veux que ma langue s’attache à mon palais, si je perds ton souvenir, si je n’élève Jérusalem, au sommet de ma joie. »

Extrait du Psaume 136 – Attribué au prophète Jérémie.

 

 

 

LA SECTE DES ESSÉNIENS ET LE DÉBUT DU NÉO-CHRISTIANISME.

 

Il y a plusieurs années, j’avais déjà entrepris un travail sur la secte des Esséniens où j’avais mis l’accent sur certains traits de cette communauté avec certains aspects du rituel de l’ordre maçonnique.

 

Dans ce nouveau travail me référant aux derniers travaux des exégètes j’insisterai davantage sur les liens possibles entre la secte des Esséniens et les premières communautés Judéo-chrétiennes et le christianisme.

 

Mon propos ne sera pas de vous inonder de doctes références, ni d’entrer dans de lourdes polémiques entretenues par toute une presse spécialisée, mais d’essayer avec notre regard (…) de mieux connaître, comprendre et analyser les Écrits de la Secte et par là même des membres de cette Communauté du début du monde Judéo-Chrétien.

 

Je tacherais d’être clair, précis et prudent.

 

Ce travail comprend trois parties essentielles : Le cadre Historico-Géographique des Esséniens ; la vie Communautaire de la Secte ; le Monde Judéo-Chrétien et le début du Christianisme.

 

I-CADRE HISTORICO-GÉOGRAPHIQUE

 

C’est en 1947 pour la petite histoire, qu’un berger Bédouin Mohamed surnommé ed Dhible Loup a la recherche d’une brebis égarée, lance une pierre en direction d’une anfractuosité d’un rocher situé dans la falaise du désert de Judée près de QUMRAM. Attiré par le bruit mat d’une poterie cassée, il pénètre dans une petite grotte et découvre une série de jarres en bien mauvais état et dans l’une d’elle trois rouleaux de parchemin que le berger rapporta à Bethléem au marchand d’antiquité Kando. L’affaire des Manuscrits de la Mer Morte commençait…

 

Dans une situation politique difficile à cette époque de la fin du mandat Britannique qui voit Jérusalem coupée en deux parties, le professeur SUKENIKresponsable du département d’Archéologie à l’Université Hébraïque de Jérusalem, va avoir la possibilité de racheter les trois manuscrits dont une copie incomplète du Livre d’ISAIE.

 

Après plusieurs années de fouilles, dix grottes sont explorées autour du même site, notamment la fameuse grotte IV où l’on retrouve 380 fragments très précieux. Cette découverte spectaculaire a permis à la recherche biblique d’effectuer subitement un bond de plusieurs siècles en arrière, puisque la plupart des manuscrits de QUMRAM rédigés en hébreu, remontaient au IIème siècle ou au Ier siècle avant J-C.

 

Sur une dizaine de kilomètres, une quarantaine de grottes furent repérées ; en coulisse cependant on commençait à s’agiter avec l’archéologue anglais Hardinget le Père de Vaux, directeur de l’École Biblique Française, les professeurs Surenik et Yadin en relation avec Dupont-Sommer, membre éminent du Collège de France.

 

Pour souligner l’importance de la découverte des Manuscrits, il faut savoir que jusqu’à ce jour, mis à part le Codex Sinaiticus  (350 ans après J-C) écrit en grec, les plus anciennes copies de la Bible Hébraïque que nous connaissons, remontent aux alentours de l’an 1000 après J-C, tel que le Codex du Caireachevé en 895, ou le Codex Babylonicus daté de 916. Entre 1947 et 1956, onze grottes livrèrent des manuscrits dans la région de Qumram, à savoir une douzaine de rouleaux de fragments d’environ 700 textes. Selon leur contenu les archéologues leur ont donnés des appellations différentes : le rouleau d’Isaïe, le commentaire d’Habakuc, le Combat des Fils de la Lumière contre les Fils des Ténèbres, les Hymnes sorte d’apocryphe de la Genèse écrit en araméen, le Rouleau du Temple.

 

Les différentes campagnes de fouilles entreprises entre 1951 et les dernières commencées en 1993 à Qumram ont permit de reconnaître, deux périodes importantes d’occupation séparées par un temps d’abandon du site. On s’accorde aujourd’hui à le situer en 68 de l’ère chrétienne lors de la première révolte de Jéricho, puis de Qumram par les légions de Vespasien.

La date de la fondation du site est située à la seconde moitié du IIème siècle avant J-C.

 

La plupart des spécialistes pensent que Qumram fût un lieu de rassemblement, de cérémonie, de prières, de travail. Les membres de la communauté devaient occuper à l’extérieur soit des tentes ou des abris légers, soit plus probablement le creux des rochers et la quarantaine de grottes reconnues dans le voisinage.

Tous les manuscrits de Qumram n’ont pas été rédigés dans ce site.

Aujourd’hui huit rouleaux sont exposés au Musée d’Israël dans la Maison du Livre à Jérusalem…..

 

Demain la suite … avec II- La Vie Communautaire de la secte. III- Le Monde Judéo- Chrétien et le début du Christianisme. La Conclusion.

 

Dan B…-Il… Apprenti.

Jamais je ne t’oublierai Jérusalem….

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Publié le par Jean-François Guerry
LA VOIE DE LA FRATERNITE

LA VOIE DE LA FRATERNITÉ

 

 

La démocratie est en panne, chacun peut le constater est-ce le problème de notre constitution, de notre mode d’élection, de notre représentation, en clair un simple problème technique ou un problème de sens de vision plus global, plus universel.

 

Les démocraties libérales souffrent du repli des citoyens sur eux-mêmes, de l’individualisme qui a remplacé l’individualité. Les hommes ne font plus l’effort de la rencontre de l’autre, des autres. Ils vivent dans des « archipels » selon l’expression de Guillaume Fourquet, au mieux les hommes se regroupent dans des corporatismes.

 

Ainsi les démocraties libérales ont perdu leur sens, leur substance, elles n’ont plus les moyens sur le long terme de réduire l’accroissement des inégalités, le fameux ascenseur social est en panne, le manque d’espérance, de visions sur le long terme engendre des colères permanentes et la montée des violences.

 

Le collectif a été remplacé par des libertés séparées. La relation avec autrui et avec les autres n’est plus une priorité. Il y a un retour d’une forme de barbarie, le sentiment d’injustice est une constante. Pourquoi parce que la liberté surplombe la vérité.

La société libérale se fonde sur le jeu de libertés opposées, rivales. Ce manque de collectif peut nous faire à tout instant basculer dans une société fasciste où la multiplicité des libertés peut se dissoudre dans totalité, la liberté d’un groupe, niant toutes les formes de libertés individuelles. Nous serions alors dans une Vérité unique dogmatique, surplombant la liberté de ce seul groupe.

 

Ces deux sociétés ont malheureusement un point commun elles ne regardent plus le visage de l’autre, personne ne regard l’autre. Nous n’avons de référence que par rapport à nous-mêmes. Ainsi s’égrène le chapelet des affirmations : c’est ma liberté, c’est mon droit, mon moi, mon individualité, mon identité, mes racines. J’oublie l’autre, mon devoir, ma responsabilité envers l’autre je ne suis plus le gardien de mon frère. Si tout va mal l’autre devient mon bouc émissaire. Ma liberté écrase la vérité, mon égoïsme devient violence.

 

On affirme continuellement les principes démocratiques, la liberté de chacun, l’égalité, le respect de la dignité de l’homme, de la dignité humaine sans en faire l’expérience. C’est la perte de l’éthique, de cette éthique au service de la justice. Pour être le plus juste possible, il nous faut avoir la force, le courage de remettre en cause de manière permanente le bon droit de sa liberté. Jusqu’à oublier son soi, pour être vrai, pour son soi véritable, pour être libre et non avoir.

 

Il y a donc une troisième voie en dehors de la démocratie libérale et du fascisme. En dehors des libertés individuelles, personnelles, clivantes et inégalitaires ; en dehors de la liberté dogmatique d’un seul groupe, du fascisme. C’est la voie de la fraternité. De la fraternité du visage de l’autre, de la rencontre de l’autre, c’est la pensée, le projet original de Emmanuel Levinas, décrit par Corine Pelluchon :

 

« La rencontre d’autrui ouvre l’humanité puisque le visage est la trace de l’infini. » 

 

Emmanuel Levinas écrit dans Totalité et Infini :

 

« L’épiphanie du visage comme visage ouvre l’humanité. »

 

A force d’être absorbé par nos droits, nos libertés, on oublie nos devoirs de fraternité, pourtant seule cette fraternité permet d’envisager une société apaisée avec un avenir commun, dans le respect du visage, de la dignité d’autrui et des autres.

 

Jean-François Guerry.

 

 

 

Extrait de Totalité et Infini d’Emmanuel Levinas :

 

« La paix ne peut (…) pas s’identifier avec la fin des combats qui cessent faute de combattants par la défaite des uns et la victoire des autres, c’est-à-dire avec les cimetières ou les empires universels futurs. La paix doit être ma paix, dans une relation qui part d’un moi et va vers l’Autre, dans le désir et la bonté où le moi à la fois se maintient et existe sans égoïsme. »

LECTURE

 

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MÉMOIRES DE CONFINEMENT

SAGESSE FORCE ET BEAUTÉ

 

Seul à la porte, débarrassé de tes métaux,

As-tu laissé aussi le profane le réel ?

Gare à toi grand pêcheur devant l’éternel !

Écoute le sage, maîtrise ta force, aime le beau.

Suicide mental ? Thérapie ? Quelle maçonnerie ?

Solitude à plusieurs ? Quête d’ahuris ?

École ? En voilà des questions mes frères quel envol !!!

 

 

Faut-il qu’il t’en souvienne de tes jours de haine

Où le miroir ne réfléchissait que tes peines ?

Rien que du noir, mais, pourquoi ? N’as-tu rien compris ?

C’est à toi de découvrir ce qui est caché.

Écarte cette gangue la force c’est la sublimer.

 

 

Bible, beauté, dualité, buté, touché, coulé !

Émerveillement du passage profane sacré.

À midi travail, à minuit profit et joie.

Une pierre dans notre édifice a trouvé sa place.

Travail de la pierre brute, ouverture de l’impasse !

Et le beau dans tout ça ? Peut-être chercher voie.

 

Jean-Pierre Rousseau Gawr’né.

Ordres d'architecture : Dorique, Ionique, Corinthien

Ordres d'architecture : Dorique, Ionique, Corinthien

 

La destruction du Temple

 

Quand l’élu fut déchu, ils se virent orphelins

Privés d’une lumière délicieuse et pure

Et des larmes amères coulèrent sur leurs figures

Tandis que dans le ciel s’immisçait le déclin.

 

Les grands élus doutaient et la Voûte sacrée

Qu’ensemble ils atteignirent avait un goût de sang ;

Ils contemplaient les ruines de leurs temples absents

Où Galaad périt par l’amour consacré.

 

Ils tendirent leurs bras vers l’azur infini

En clamant leur amour en une litanie

Adressée au très-haut quémandant des réponses.

 

Le ciel restait muet quand ils quittèrent Juda.

Guibulum chevauchait au milieu des ronces

Quand il vit se lever l’invincible armada…

 

Philippe Jouvert.

MÉMOIRES DE CONFINEMENT

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Publié le par JF GUERRY et Loge Kleîo

La foi déplace les montagnes, elle élève l’esprit des femmes et des hommes vers les plus hautes régions de la spiritualité, elle n’est pas le credo d’une seule religion ou d’une seule école de pensée, elle est conscience de ce qui nous dépasse, elle n’est pas exclusive, elle est universelle.

L’espérance donne du sens, un sens à la vie, elle porte les hommes, les uns vers les autres, elle n’est pas un pâle ou un vain espoir. Elle est lumière dans mon cœur et lueur dans les yeux de mes sœurs et de mes frères.

La charité qui est l’amour couronne le tout, elle est le tout, il n’y a rien sans elle, pas de fraternité, pas l’once d’une solidarité. Elle est, ce désintéressement qui fait la grandeur et la dignité de l’homme.

Un frère de la Loge Kleîo nous propose sa réflexion sur les théologales. J’ai apprécié, vous n’en doutiez pas ses références à Emmanuel Levinas.

Bonne lecture.

 

Jean-François Guerry. 

DES VERTUS....

LES VERTUS THEOLOGALES

 

 

 

Aborder les notions de Foi, Espérance et Charité en les appelant “Les 3 vertus Théologales”, c’est les mettre au niveau le plus haut de la spiritualité, par comparaison aux autres vertus, dont les vertus cardinales qui sont conseillées dans nombre de rituels : la Tempérance, la Prudence, la Justice et la Force. C’est relativement justifié, dans la mesure où les vertus cardinales sont plutôt du ressort de la vie sociale et de la pratique personnelle quotidienne, alors que les vertus théologales sont de l’ordre de l’inspiration divine et intéressent notre être profond dans son rapport avec la transcendance.

Les trois termes sont présentés conjointement dans deux épîtres de Paul de Tarse, le plus juif des apôtres, à mon sens, si l’on regarde de près son parcours et comme il est rapporté dans les Actes des Apôtres : « Je suis juif, né à Tarse en Cilicie ; mais j'ai été élevé dans cette ville-ci (Jérusalem), et instruit aux pieds de Gamaliel dans la connaissance exacte de la loi de nos pères, étant plein de zèle pour Dieu, comme vous l'êtes tous aujourd'hui. » — (Act. 22, 3).  De l’enseignement de sa jeunesse, il a hérité le souci de la Foi exprimée dans le respect de la Loi et dans la prière en commun, d’où sa propension à créer des églises et à entretenir des relations suivies avec les fidèles par sa présence ou ses épîtres. Et c’est dans deux de ces épîtres, disais-je, que Paul a réuni solennellement les trois mots. Dans la première épître aux Théssaloniciens « Nous nous rappelons en présence de notre Dieu et Père l'activité de votre foi, le labeur de votre charité, la constance de votre espérance, qui sont dus à notre Seigneur Jésus Christ » (1Th 1,3). Aussi, dans la première épître aux Corinthiens « Ce qui demeure aujourd'hui, c'est la foi, l'espérance et la charité ; mais la plus grande des trois, c'est la charité. » ( 1Co 13,13 ). Il complète ainsi, selon diverses exégèses, le passage de la même lettre « Mais ce que nous proclamons, c'est, comme dit l'Écriture : ce que personne n'avait vu de ses yeux ni entendu de ses oreilles, ce que le coeur de l'homme n'avait pas imaginé, ce qui avait été préparé pour ceux qui aiment Dieu. Et c'est à nous que Dieu, par l'Esprit, a révélé cette sagesse. » ( 1Co 2,9-10 ) en indiquant, par l’exaltation de ces 3 vertus, qu’il a fallu que l’homme les possède, ou les pratique, pour qu’il accède à ce savoir. Nous reviendrons le moment venu sur le point de vue particulier exprimé par Saint Paul sur la prééminence de la charité.

Pour cette introduction, je commencerai par rappeler ce que sont, à mon sens, ces notions, les circonstances de leur apparition dans l’univers spirituel de l’humanité, certaines époques et doctrines, religions ou systèmes de pensée qui les ont prônées, puis je vous inviterai à chercher à les relier à notre spiritualité de Franc Maçons.

 

La Foi par Antonio Corradini

La Foi par Antonio Corradini

La Foi est un sentiment profond qui résulte de la conjonction de plusieurs influences sur notre esprit : la famille et l’éducation, l’observation du monde et le ressenti devant la création et aussi, peut-être, une grâce partagée avec d’autres êtres humains ayant reçu une inspiration similaire. Ce sentiment, tel qu’il fut ressenti par nos prédécesseurs, est raconté dans plusieurs textes sacrés. Il induit chez le croyant des formes diverses de dévotion qui en sont les manifestations intérieures ou extérieures. La prière en est l’exemple essentiel.

La nature de ce sentiment a des formes diverses suivant les époques et les lieux. Nous prendrons quelques exemples qui m’ont paru importants :

Dans l’Egypte ancienne, la Foi est l’acceptation de la vérité de la création, vérité spécifique suivant les régions, création attribuée à l’un ou l’autre des dieux tutélaires comme IsisSethHorusAnubis. Les manifestations de cette acceptation ont souvent été des sacrifices personnels, y compris l’adhésion au travail forcé de la construction des lieux sacrés, temples et pyramides, comme la soumission sans réserve à l’autorité du Pharaon, d’essence divine, et la satisfaction de tous les désirs que celui-ci pouvait exprimer.

Pour les Perses, la Foi Zoroastrienne, qui a persisté comme religion presque unique de l’empire Perse, depuis le 1er millénaire avant J.C. (peut-être même avant) et jusqu’à l’expansion de l’Islam au milieu du VIIè siècle, est l’acceptation de la création monothéiste par Ahura Mazda (« Seigneur de la Sagesse »).

Cette Foi consiste surtout à accepter de répondre de ses actes en fonction d’une morale en trois points :  bonne pensée, bonne parole, bonne action.

Pour les Hébreux, la Foi est évoquée à plusieurs reprises dans la Bible, comme l’acceptation de l’inspiration divine par des figures tutélaires du judaïsme, inspiration qui les conduit à “marcher à coté de Dieu” comme l’ont fait Noé, Abraham, ou Moïse. Cette acceptation sans réserve du commandement divin a conduit Noé à construire l’Arche et à participer ainsi au sauvetage de la création. Elle a conduit Abraham à s’exiler volontairement, après avoir détruit la boutique de son père, marchand d’idoles, et dont la Foi sera éprouvée par l’exigence du sacrifice d’Isaac. Le remplacement du fils aimé par un mouton montre la difficulté de la Foi (Abraham pouvait-il croire que Dieu le laisserait aller jusqu’au bout du sacrifice ?). La leçon de cet épisode c’est la décision de Dieu de mettre un terme aux sacrifices humains, chers aux prêtres idolâtres. Elle a, enfin, conduit Moïse à défier Pharaon,  l’homme probablement le plus puissant de la terre à cette époque, en exigeant la délivrance de son peuple. Plus tard, Moïse sera le porteur de la Loi qu’il présentera dans le tumulte de la foule livrée à l’idolâtrie à nouveau. La Foi des Hébreux, en tant que peuple, apparaît ici, dans l’acceptation de la vérité de la Loi divine, la Torah, et des contraintes qu’elle impose, à travers ses 613 commandements.

Cette Foi des Hébreux est caractérisée sommairement par le rejet des Idoles et l’affirmation de l’unicité, de l’omni-science /-présence / et -potence du Dieu dont on ne doit ni ne sait prononcer le Nom sacré.

Le Christianisme donnera à la Foi tout d’abord une incarnation, en la personne de Jésus, avec pour conséquence, la certitude d’avoir atteint les temps messianiques (cette certitude n’est plus en vigueur à ma connaissance, même s’il ne semble pas qu’on y ait substitué de nouvelle espérance liée aux temps à venir). L’objet de la Foi va s’étendre avec le temps en y ajoutant la personne sacrée de Marie, mère de Jésus, le concept de l’Esprit Saint et en rappelant le rôle de Dieu, ce qui élargit le champ du corpus dogmatique aux notions de Trinité et d’Immaculée conception. L’Eucharistie complète ce champ en entrant dans la liturgie commune à tous les catholiques.

Le Credo (profession de foi) est la manifestation par le croyant, de son adhésion à ce corpus. Pour mémoire, l’un des textes trouvés sur le site du Diocèse de Paris :

Je crois en Dieu, le Père tout-puissant, créateur du ciel et de la terre ; et en Jésus-Christ, son Fils unique, notre Seigneur, qui a été conçu du Saint-Esprit, est né de la Vierge Marie, a souffert sous Ponce Pilate, a été crucifié, est mort et a été enseveli, est descendu aux enfers, le troisième jour est ressuscité des morts, est monté aux cieux, est assis à la droite de Dieu le Père tout-puissant, d’où il viendra juger les vivants et les morts.

Je crois en l’Esprit-Saint, à la sainte Eglise catholique, à la communion des saints, à la rémission des péchés, à la résurrection de la chair, à la vie éternelle. Amen.

Ce texte confirme la codification extrêmement précise de la Foi catholique.

A l’opposé, le Protestantisme est revenu à une Foi plus sobre, si on peut s’exprimer ainsi, en mettant en avant quelques commandements pour la Foi, dont :

  • "A Dieu seul la gloire" : Rien n'est sacré, divin ou absolu en dehors de Dieu affirment les protestants.
  • "La grâce seule" : Les protestants affirment que la valeur d'une personne ne dépend ni de ses qualités, ni de son mérite, ni de son statut social, mais de l'amour gratuit de Dieu qui confère à chaque être humain un prix inestimable.
  • "L'essentiel, c'est la foi": La foi naît de la rencontre personnelle avec Dieu. Cette rencontre peut surgir brusquement dans la vie d'un individu. Le plus souvent, elle est l'issue d'un long cheminement parsemé de doutes et d'interrogations. Mais la foi est offerte par Dieu, sans condition.
  • "La Bible seule": Les chrétiens protestants ne reconnaissent que la seule autorité de la Bible.

Dans l’Islam enfin, le concept de Foi est résumé, à mon sens, dans l’acceptation du Monothéisme et de la position de Muhammad comme Envoyé de Dieu. La profession de Foi est exprimée dans (traduction approximative) : “Il n’y a de seul Dieu qu’Allah et Muhammad est son Envoyé”. Plus précisément, cette foi s’exprime dans la première Sourate du Coran, la Fatiha, qui est la première prière qu’il faut prononcer :

Traduction possible :

1. Au nom d'Allah, le Tout Miséricordieux, le Très Miséricordieux.

2. Louange à Allah, Seigneur de l'univers.

3. Le Tout Miséricordieux, le Très Miséricordieux,

4. Maître du Jour de la rétribution.

5. C'est Toi [Seul] que nous adorons, et c'est Toi [Seul] dont nous implorons secours.

6. Guide-nous dans le droit chemin,

7. le chemin de ceux que Tu as comblés de faveurs, non pas de ceux qui ont encouru Ta colère, ni des égarés.

 

La traduction de Chouraki, plus littérale donne :

1.     Au nom d’Allah, le Matriciant, le Matriciel.

2.     La désirance d’Allah, Rabb des univers,

3.     le Matriciant, le Matriciel,

4.     souverain au jour de la Créance:

5.     Toi, nous te servons, Toi, nous te sollicitons.

6.     Guide-nous sur le chemin ascendant,

7.     le chemin de ceux que tu ravis, non pas celui des courroucés ni des fourvoyés.

 

Vous aurez remarqué des mots bizarres (Matriciant, désirance, courroucés), qui sont en fait des traductions très proche de l'étymologie des mots arabes correspondants (Rahman, Al Hamdoulillah, etc.)

L'Espérance au Grau du Roi

L'Espérance au Grau du Roi

L’Espérance est fortement liée au souhait de l’homme de bénéficier d’une vie, plutôt meilleure, après sa mort. Une évidence : la mort est une donnée incontournable de l’environnement de l’homme. Des époques les plus reculées de la préhistoire nous sont parvenus des témoignages du soin qui était apporté aux rites funéraires ainsi que de leur codification. Le corps du proche, même dans l’inertie de la mort, mérite le respect. De plus, l’espérance d’un au-delà qui serait sa nouvelle demeure, exigerait une préparation. Les civilisations anciennes ont codifié cette préparation des corps à la vie future, comme si l’état à venir du défunt dépendait du soin pris à son égard. Petit à petit, cette immortalité désirée se transforme pour devenir une réalité que notre bonne conduite dans ce monde nous assurerait. Dans toutes les religions que j’ai évoquées précédemment, le concept d’Espérance, fortifié par l’affirmation de l’existence d’un monde à venir où les bons auraient leur place, apparaît à un moment de leur évolution et plus ou moins tardivement. Dans la religion Égyptienne, dès les premiers Pharaons, la question de leur survie physique dans l’au delà est posée de manière très pragmatique et la réponse donnée est un tombeau lieu de vie avec vêtements, meubles et nourriture, un corps momifié pour assurer que la pourriture ne pourra l’atteindre avant qu’il ait trouvé sa nouvelle place,  A l’opposé, dans le texte de la Torah, c’est ici et maintenant que tout se joue. Les Hébreux des premiers temps espèrent vaguement être récompensés pour leurs bonnes actions ou la fermeté de leur Foi.  Les lois s’imposent à l’homme sans qu’il en espère être gratifié en aucune manière dans l’au-delà. Bref, on obéit à la Loi, parce que c’est la Loi. Cependant, une évolution se produira lorsque de grands malheurs s’abattront sur le peuple dont l’exil à Babylone est un exemple. L’espoir de vivre une bonne vie terrestre s’amenuisant, le rêve de l’immortalité de l’âme dans un monde de béatitude fait son chemin et apparaît la notion de “monde à venir” (en hébreu “Ha Ôlam Haba”). L’immortalité de l’âme et la vie dans ce monde à venir ont fait l’objet de milliers de pages de discussion dans le Talmud et dans les exégèses diverses. Je me contenterai de citer un extrait du livre de Job, où il est explicitement fait état de ce monde à venir : « Pour ma part, je sais que celui qui me rachète est vivant et qu'il se lèvera le dernier sur la terre. Quand ma peau aura été détruite, en personne je contemplerai Dieu. C’est lui que je contemplerai, et il me sera favorable. Mes yeux le verront, et non ceux d'un autre » (Job 19.25-27).

C’est avec le Christianisme que la question de l’Espérance trouve sa réponse, non seulement dans la résurrection de Jésus, mais dans l’annonce du séjour céleste promis à l’âme du défunt si, de son vivant, celui-ci a été bon. C’est la promesse de la résurrection de tous les hommes qui auront fait leur devoir sur terre.

La déclinaison de cette Espérance par l’Islam, peut être résumée ainsi (Institut pour les Questions Relatives à l'Islam : http://www.iqri.org/articles/musulmans-et-chretiens-ont-ils-memes-raisons-d-esperer)

 

En islam le concept d'espérance est très important. L'espérance du musulman est fondée sur ce  qu'il s'efforce de faire pour Dieu et sur ce que Dieu décidera de faire pour lui.  Il s’efforce donc d’obéir à Dieu en espérant qu'au jour du jugement, il se montrera bienveillant à son égard.

On trouvera plus de détails ici :

https://fr.wikipedia.org/wiki/Vie_après_la_mort#Selon_l.27islam

La Charité Pélican nourrissant ses petits

La Charité Pélican nourrissant ses petits

La Charité, en tant que vertu Théologale, peut être vue comme synonyme d’amour.

Pour l’Egypte ancienne, j’ai trouvé dans Wikipedia une allusion à la charité, comme vertu permettant de faire pencher la balance en sa faveur :

Lors de la pesée du cœur dans le tribunal d'Osiris, le défunt après avoir nié ses péchés devant quarante-deux juges, affirme pour faire pencher la balance en sa faveur :

« J'ai satisfait dieu par ce qu'il aime: j'ai donné du pain à l'affamé, de l'eau à l'altéré, des vêtements à celui qui était nu, une barque à celui qui n'en avait pas, (...) Alors sauvez-moi, protégez-moi, ne faites pas de rapport contre moi devant le grand dieu !  »

J’ai ensuite examiné ce que la religion Zoroastrienne en fait. Ici, je cite la source Annie Besant, “Des religions pratiquées actuellement dans l’Inde” 1907 :

“Ce doit être une charité éclairée, elle doit être exercée envers qui la mérite ; il est particulièrement recommandé d’aider les pauvres, d’aider à se marier ceux qui n’ont pas le moyen de le faire, d’aider à élever les enfants de ceux qui sont incapables de remplir eux-mêmes ce devoir.”

Dans la tradition juive, de multiples commandements sont relatifs à la charité, dont le mot clé est la “TSEDAKA” qui veut dire plutôt “justice” et “droiture”, mais qui est communément considéré comme l’expression de la charité, puisqu’il est associé au principe religieux de l’aumône.

De fait, les versets appelant à la « charité » s'inscrivent dans un contexte bien plus profond que la simple entraide. Voici des exemples :

 

Dt 15

7: S'il y a chez toi quelque indigent d'entre tes frères, dans l'une de tes portes, au pays que l'Éternel, ton Dieu, te donne, tu n'endurciras point ton cœur et tu ne fermeras point ta main devant ton frère indigent.

8 : Mais tu lui ouvriras ta main, et tu lui prêteras de quoi pourvoir à ses besoins.

Ce chapitre traite de l'année sabbatique, où tous les prêts doivent être annulés et l'égalité sociale rétablie.

 

Lv 19

9.Quand vous ferez la moisson dans votre pays, tu laisseras un coin de ton champ sans le moissonner, et tu ne ramasseras pas ce qui reste à glaner.

10.Tu ne cueilleras pas non plus les grappes restées dans ta vigne, et tu ne ramasseras pas les grains qui en seront tombés. Tu abandonneras cela au pauvre et à l’étranger. Je suis l’Éternel, votre Dieu.

Le judaïsme enseigne que Dieu est l'ultime propriétaire, l'homme n'étant qu'un locataire temporaire ou un serviteur sur le sol qui lui est alloué. Les biens que ce sol produit sont redevables à l'Éternel, qui décide de partager les ressources entre riches et pauvres. De plus dans le passage du Lévitique cité, la nourriture est laissée à l'abandon, de sorte que le pauvre puisse conserver sa dignité en récoltant ce que Dieu veut lui donner, plutôt que d'être contraint à mendier auprès des riches ce qu'ils veulent bien lui laisser.

Le concept juif de la tsedaka diffère de la charité au sens commun, car celle-ci est le fait de la décision et de l'humeur des philanthropes, alors que la tsedaka est une obligation de justice donnée par Dieu à tous les Juifs indépendamment de leur statut financier ou de leur volonté de donner, bien qu'il soit préférable de vouloir donner, comme l’évoque le texte de Maïmonide ci-dessous.

Maïmonide distingue huit niveaux de Tsedaka :

1.La charité préventive : donner du travail à une personne pauvre (ou lui avancer les fonds pour démarrer une affaire) de façon à ce qu'il ne dépende pas de la charité, étant donné qu'on est soi-même indépendant d'elle. Maïmonide résume ce principe par sa célèbre sentence : « Donne un poisson à un homme, il mangera un jour. Apprends-lui à pêcher, il mangera toute sa vie ». C’est l’équivalent d’une aide au développement qui apporte capitaux et enseignement du savoir-faire.

2.Donner anonymement à un récipiendaire inconnu.

3.Donner anonymement à un récipiendaire connu.

4.Donner publiquement à un récipiendaire inconnu.

5.Donner l’aumône avant qu'on ne la demande.

6.Donner l’aumône de façon adéquate après qu'on l'a demandée.

7.Donner de son plein gré, mais inadéquatement (trop peu).

8.Donner contre son gré.

 

Le concept de Charité, pour les Chrétiens, est superbement exprimé dans le chapitre 13 de la première épître aux Corinthiens de Saint Paul dont nous avons déjà parlé, reproduit en entier ci-dessous, :

1.Quand je parlerais les langues des hommes et des anges, si je n'ai pas la charité, je suis un airain qui résonne, ou une cymbale qui retentit.

2.Et quand j'aurais le don de prophétie, la science de tous les mystères et toute la connaissance, quand j'aurais même toute la foi jusqu'à transporter des montagnes, si je n'ai pas la charité, je ne suis rien.

3.Et quand je distribuerais tous mes biens pour la nourriture des pauvres, quand je livrerais même mon corps pour être brûlé, si je n'ai pas la charité, cela ne me sert de rien.

4.La charité est patiente, elle est pleine de bonté; la charité n'est point envieuse; la charité ne se vante point, elle ne s'enfle point d'orgueil,

5.elle ne fait rien de malhonnête, elle ne cherche point son intérêt, elle ne s'irrite point, elle ne soupçonne point le mal,

6.elle ne se réjouit point de l'injustice, mais elle se réjouit de la vérité;

7.elle excuse tout, elle croit tout, elle espère tout, elle supporte tout.

8.La charité ne périt jamais. Les prophéties prendront fin, les langues cesseront, la connaissance disparaîtra.

9.Car nous connaissons en partie, et nous prophétisons en partie,

10.mais quand ce qui est parfait sera venu, ce qui est partiel disparaîtra.

11.Lorsque j'étais enfant, je parlais comme un enfant, je pensais comme un enfant, je raisonnais comme un enfant; lorsque je suis devenu homme, j'ai fait disparaître ce qui était de l'enfant.

12.Aujourd'hui nous voyons au moyen d'un miroir, d'une manière obscure, mais alors nous verrons face à face; aujourd'hui je connais en partie, mais alors je connaîtrai comme j'ai été connu.

13.Maintenant donc ces trois choses demeurent: la foi, l'espérance, la charité; mais la plus grande de ces choses, c'est la charité.

Je pense que nous devons relever tout de suite que la charité de Saint Paul va bien au delà de l’aumône, du dépouillement des biens au bénéfice des nécessiteux. Pour moi, c’est l’amour du prochain, à travers l’amour de Dieu, qui est sous-entendu ici. On remarquera aussi le glissement du discours de la matérialité associée à l’aumône, à la connaissance du monde actuel, vers la spiritualité de la fin des temps et de la révélation de la lumière.

Je voudrais ajouter que la Charité a quelque chose de plus que la Foi et l’Espérance. En effet, celles-ci sont des vertus qui m’impliquent seul dans ma relation avec Dieu et la Transcendance. La Charité, elle, je la pratique envers autrui. La bonté qu’elle implique est associée au souci de l’Autre, tel que le conçoit Levinas, cet Autre dont le visage m’interpelle par une confrontation qui me met en question, bien au delà de la décision de faire une simple bonne action. Cette confrontation en appelle, non seulement à ma générosité, mais à ma responsabilité infinie. Elle implique une aliénation de ma liberté en m’obligeant à “faire attention à mon frère”, à comprendre que tout n’est pas permis au nom de ma liberté. Ici, Levinas érige l’éthique en philosophie première et c’est à lui que je reviens toujours pour éclairer mon jugement en la matière. Il va même plus loin, sur des points auxquels je vous invite à réfléchir, surtout à cause de l’étonnement qu’ils peuvent provoquer par rapport aux idées reçues. Premièrement, en introduction à son livre très difficile “Totalité et Infini”, il écrit :  Il importe au plus haut point de savoir si l'on n'est pas dupe de la morale.

Deuxièmement, il nous assène une affirmation concernant l’éthique : « L’éthique, c’est ce qui provoque un dérangement dans le sujet » (cf. la mise en question provoquée par la confrontation avec le Visage d’Autrui).

Enfin, conséquence de cette affirmation, j’ai trouvé la citation, en substance, d’une mise en garde concernant les bonnes (ou mauvaises) raisons que nous aurions de pratiquer la Charité :

“Le registre « bien-pensant » de la charité, de l’altruisme, de la récrimination moralisante, n’est pas celui de Levinas car ses postures de charité confortent le sujet dans son identité, dans sa contenance subjective. Ma charité me fait du bien, alors que la relation éthique lévinassienne me traumatise.”

Pour en revenir à la Charité, en appliquant la leçon de Lévinas, je dirais qu’il faut en effet la pratiquer sans orgueil, sans en tirer une quelconque gloire, ni en espérer un bien-être quelconque, mais modestement et humblement donc.

Enfin, j’ai noté dans mes lectures la citation suivante de Jean-Marie Aubert qui mérite également réflexion car elle aussi nous interpelle, et qui me servira de conclusion pour le sujet de la Charité, et donc pour ma modeste planche :

« On définira la place de la charité par rapport aux autres vertus par la finalité supérieure vers laquelle elle les élève et par la motion efficace qu’elle leur procure. La charité doit donc être conçue essentiellement comme le moteur et la fin de la vie morale, car seule elle procure aux actes humains leur bonté fondamentale du fait qu’elle seule les meut et les oriente vers leur fin ultime. »

A vous maintenant, si vous le souhaitez, de relier ces concepts à notre pratique et à notre spiritualité de Francs-maçons.

DES VERTUS....

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