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la Franc Maçonnerie au Coeur

la Franc Maçonnerie au Coeur

Un blog d'information, de conversations sur le thème de la Franc Maçonnerie, des textes en rapport avec la Franc Maçonnerie, comptes rendus et conseils de lectures.

Publié le par jean françois
L'atlantide  photo le site de l'histoire

L'atlantide photo le site de l'histoire

VERS LA SAGESSE…

 

 

Les mythes sont universels, c’est une découverte de l’homme voyageur dans l’espace terre. Ils envahissent et nourrissent notre imagination. Le monde des mythes est qualifié d’irréel et pourtant, la connaissance des mythes l’étude de leur symbolisme modifie nos comportements, jusqu’à la transformation progressive de notre être, sa métamorphose.

 

Les francs-maçons sont nourris au mythe d’Hiram l’architecte du temple de Salomon, ils quittent progressivement le monde des apparences, la surface des choses, pour conquérir leur être intérieur, l’essence du réel.

L’art Royal manie la fiction pour dévoiler le réel, c’est un levier vers l’essentiel, il tire sur le voile, pour laisser entrer la Lumière.

 

Cette véritable conversion du regard sur soi, nous permet de la voir la vie autrement avec un peu plus de sagesse.

Notre société matérialiste, glisse vers l’hédonisme, l’égoïsme, l’individualisme, le rêve de l’homme devenir un Demi-dieu, on redécouvre Épicure et Lucrèce en dévoyant leurs pensées, en les transforme en penseurs de l’utile, du plaisir au présent, on rejette le surnaturel.

Atlantide détruite : Blog interligne d'Armelle Barguillet

 

C’est pourtant l’affirmation de l’irréel qui est le chemin de la sagesse. En 1789 comme un désir, on posait cette affirmation :

« Les hommes naissent libres et égaux en droits. »

230 années plus tard qu’avons-nous fait de cette affirmation, si ce n’est une utopie ! Devons-nous, pour autant engloutir cette utopie, comme l’Atlantide sous nos vagues d’orgueil et de vanité ?

Ou continuer à jeter des pavés sur le conformisme et la résignation, comme certains d’entre nous l’on fait en 1968, avant docilement de rentrer dans le rang des mondialistes et des capitalistes sauvages qui détruisent notre planète. Devons nous même dans nos rêves, arrêter de crier : 

« Soyez réalistes : demandez l’impossible. »

 

S’imprégner des enseignements des mythes, les faire vivre en nous, dans nos rêves, pour qu’ils deviennent réalité, c’est faire quelques pas sur le chemin d’une sagesse inatteignable, c’est un peu se prendre pour Ulysse, quelle aventure, quelle joie !

 

Jean-François. 

Ulysse

Ulysse

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Publié le par jean françois

Chers lecteurs , chers abonnés,

J'ai été un peu absent du chantier depuis quelques temps, des problèmes informatiques que j'espère résolus, et j'étais pris sur d'autres chantiers, merci de votre patience et de votre fidélité.

Jean-François.

Pour écrire au Blog : courrierlafmaucoeur@gmail.com

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Publié le par jean françois
DU MÊME ARBRE ?

DU MÊME ARBRE ?

 

COMPAGNONS ET FRANCS-MAÇONS

 

 

Comme une histoire de famille qui pourrait être belle, malheureusement en famille on se déchire souvent pour un héritage, c’est le cas pour les relations entre les compagnons et les Francs-Maçons, on imagine assez facilement que dans les années entre 1600 et 1700, quand les loges opératives reçoivent des membres de la société qui sont des scientifiques, des hommes de lettres, des nobles, qu’elles ouvrent leurs portes à tous ceux qui ne sont pas du métier, que les secrets et les mystères leur sont dévoilés, cela n’a pas dû être simple !

 

Dans notre monde contemporain il perdure une forme de concurrence ou de fragmentation entre les Compagnons et les Francs-Maçons et c’est bien dommage, en un temps où l’on fait l’éloge de l’apprentissage pour essayer de motiver les jeunes générations en leur faisant redécouvrir l’intérêt du bel ouvrage.Il faut des drames comme l’incendie de la cathédrale Notre-Dame de Paris pour s’apercevoir que le compagnonnage est indispensable et n’est pas incompatible avec notre société techno numérique.

 

Compagnons et Francs-Maçons seraient bien inspirés de se tenir la main dans une même chaîne d’union, plutôt que de réduire leurs rapports à des querelles d’héritage, ils ont plus de points communs que de divergences. Chacune des fraternités à sa manière entend former des hommes complets, de devoir, des compagnons finis.

 

Marcel Bris, Parisien La Noblesse du Devoir, Compagnon Forgeron-Maréchal-Mécanicien du Devoir a écrit en 1984 dans Le Compagnonnage à la recherche de sa vocation.

 

« Former des hommes de caractère, faire naître et développer des compétences professionnelles, enseigner les données d’une compréhension entre les hommes et faire comprendre qu’il existe, dans notre humanité terrestre, un sacerdoce et un culte dont l’utilité se révèle être, au-dessus de tout, le travail. Ainsi peut se résumer la règle des Compagnons depuis toujours : établir une alliance entre le Travail et le Devoir. »

 

Les Francs-Maçons dans leurs rituels célèbrent un ancêtre de Marcel Bris un forgeron mythique Tubalcaïn, de la lignée de Caïn septième génération. Ce maître forgeron enseigne le maniement du feu, de l’eau et du métal, il transforme poli le vil métal en or pur. Compagnons et Francs-Maçons travaillent à la construction du temple matériel, mais aussi du temple de l’esprit, le temple spirituel, le temple de l’homme.

Jules Vallés

 

Le message des Compagnons va bien au-delà de la maîtrise de techniques ou de secrets de construction, le message des Francs-Maçons n’est pas un devoir d’accumulation de connaissances intellectuelles, ils ont en commun la volonté de construire des hommes dans leur globalité.

 

Georges Sand qualifiait le tour de France des Compagnons de : 

« Chevalerie errante de l’artisan. »Le Franc-Maçon avec ses outils symboliques fait aussi son tour, le tour du cercle, pour trouver sa juste place dans le cosmos, au centre du cercle.

 

Compagnons et Francs-Maçons nourrissent la cité de leurs valeurs universelles. Jules Vallès communard et Franc-Maçon a écrit dans Le Cri du Peuplele 1ermai 1871 :

 

« En sortant de ses ateliers mystiques pour porter sur la place publique son étendard de paix (…) La Franc-Maçonnerie a réuni au nom de la Fraternité la bourgeoisie laborieuse et le prolétariat héroïque. »

 

 

Il a écrit aussi à propos de son oncle Compagnon du Devoir :

 

« (…) Je touche à leurs mètres et à leurs compas, je goûte au qui me fait mal, je me cogne au chef-d’œuvre (…) ils ont des pendants d’oreilles…. Je suis heureux avec les menuisiers. »

 

Belle démonstration des liens entre les Compagnons et les Francs-Maçons, ils ont en partage des secrets qui mènent au sacré.

Dans son livre La BillebaudeHenri Vincenot en songeant à Vézelay se rappelle les paroles de son grand-père :

 

« Les enfants de Maître Jacques ! N’y touche surtout pas. Ceux-là savaient ! Savaient ? Mais savaient quoi ? (…) J’ai toujours cru quant à moi, qu’il y avait une relation entre ce site extraordinaire, cette basilique, ce monument mystérieux et les Compagnons. Les Jacques…. Ceux qui savaient ! »

HENRI VINCENOT

Les Francs-Maçons et les Compagnons partagent aussi d’autres valeurs qui malheureusement se perdent de nos jours. Le refus du fanatisme, de l’intégrisme, de l’ignorance, ils s’efforcent d’êtres tolérants sans faiblesse, ils rendent sa gloire au travail.

Agricol Perdiguier dit Avignonnais La Vertu 1erCompagnon Menuisier du Devoir de Liberté, a écrit en 1861 dans Question Vitale sur le Compagnonnage et la classe ouvrière.

 

 

« (…) Que chacun soit libre dans sa foi, dans son opinion, dans son aspiration, dans son mode de gouvernement, dans ses coutumes, dans ses usages, dans telles ou telles formes qu’il lui plaît d’adopter et de suivre et ne peuvent nuire à autrui. Point de satire, de raillerie, d’agression… Chantons l’humanité, chantons la fraternité et ne cessons point de nous donner la main. »

AGRICOL PERDIGUIER

Un regret toutefois, sous le prétexte d’affirmer leur identité certains Compagnons, comme certains Francs-Maçons affirment avec force leurs différences, en faisant des divergences, plus que des forces. À l’instar du Compagnon Jean-Bernard dit la Fidélité qui a écrit dans Compagnonnage en Juillet 1976.

 

« Un soi-disant cousinage ! »

« Il n’est pas jusqu’aux férus d’ésotérisme qui ne s’interrogent sur les vertus de l’un ou l’autre pour en extraire nous ne savons trop quelle panacée fondamentale.

(…) Ce caractère, cette pureté et cette vérité n’ont d’autres sources réelles que l’exercice du métier. C’est une source avec laquelle on ne transige pas. Il ne suffit pas pour s’y retremper de revêtir un tablier brodé, de manier des outils symboliques ou de parler un langage pseudo-professionnel. (…) Nous sommes donc d’une espèce tout à fait à part, qui l’a toujours été et le restera d’une façon irréductible… »

 

Il est plus simple, plus facile, plus réducteur de fracturer que de rassembler ce qui est épars. Pour preuve la Maçonnerie Forestière, la Maçonnerie du bois démontre que les Francs-Maçons et les Compagnons peuvent se retrouver, le père Soubise est bien présent chez les fendeurs.

Pour ma part j’ai eu le bonheur et je l’ai encore de compter parmi les frères de ma loge maçonnique des Compagnons, qui sans renier les enseignements qu’ils ont reçus dans le Compagnonnage sont d’excellents francs-maçons reconnus comme tels.

 

Je dédie ces quelques réflexions à Louis, André et Jean-Jacques, mes Compagnons de route, mes Frères.

 

                                                     Jean-François.

LE PÈRE SOUBISE

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Publié le par jean françois
SABOTAGE !

SABOTAGE !

 

 

C’est bien connu les francs-maçons pratiquent entre eux l’entraide, souvent critiquée d’ailleurs par les profanes et peut-être les envieux. Cette solidarité qui en principe se fait dans l’honneur découle de leur fraternité. « Désormais tu n’auras plus que le nom de frère…. »

Curieusement cette solidarité est mal vue, alors que chaque l’on réclame plus d’égalité et de solidarité à l’état qui bien sûr doit tout faire en ce domaine !

Personne ne s’offusque de la solidarité des gens de lettres, des gens d’armes, des journalistes, des marins-pêcheurs ou non, de celle des diplômés des grandes écoles, toutes ces solidarités apparaissent comme normales, elles seraient donc supérieures à celles des francs-maçons, curieux non ? D’autant plus qu’a priori rien ne prédispose les francs-maçons qui viennent d’horizons différents, de toutes les catégories professionnelles et sociales à une solidarité aussi forte. Ce n’est pas net, il doit y avoir un mystère ! C’est sûr il y a un complot là-dessous et puis ce secret…

 

Eh oui il y a un secret celui de la découverte de l’amour fraternel et de sa culture, le jeune franc-maçon n’est pas tout d’un coup plus fraternel et solidaire, il travaille pour l’être réellement, dommage on n’attrape pas la solidarité ou la fraternité comme la rougeole et en plus ce n’est pas chez les francs-maçons une maladie infantile. 

TRONC

 

Il doit y avoir une sorte de sabotage ! De ce genre de sabotage particulier que connaissent bien les Compagnons du Devoir. François Icher a écrit à ce sujet : 

 

« (…) chaque société compagnonnique à pour devoir de veiller à ses membres les plus faibles, ainsi que tous ceux qui sont malades, hospitalisés, dans le besoin ils seront visités quotidiennement, leurs montrant ainsi qu’ils appartiennent à une famille soucieuse de leurs intérêts, de leur santé, de leurs enfants. Un tronc commun, appelé « boite » ou « sabot », une caisse de secours alimentée par les amendes et les dons permet de subvenir à leurs besoins. »

 

Le sabot est donc l’ancêtre des secours mutuels, de nos caisses de retraite, de nos mutuelles santé et prévoyance, notre sécurité sociale en somme. Celui qui gère mal « le sabot », s’en empare est considéré comme un renégat, il est qualifié de saboteur.

On retrouve cette coutume chez les francs-maçons, dans leur engagement à employer d’une manière juste « les métaux », ils ont aussi leurs œuvres de solidarité. Leur sabot est le tronc de la veuve.

Puissent nos dirigeants s’inspirer de ces exemples, de cette tempérance, cette prudence dans l’usage des biens matériels de ce monde, encourageons-les à gérer au mieux nos contributions à la solidarité nationale, sinon ils seront considérés comme des saboteurset non comme de bons compagnons ou de bons frères.

 

Jean-François.

Aux sources de l’Art royal Livre des Proverbes, relatif à la Sagesse. 

« Nest - ce pas la Sagesse qui appelle ? Et l’intelligence qui donne de la voix ? 

Au sommet des hauteurs qui dominent la route, à la croisée des chemins, elle se dresse ; 

près des portes qui ouvrent sur la cité, sur les lieux de passage, elle crie : 

“C’est vous, braves gens, que j’appelle ; ma voix s’adresse à vous les hommes. 

Niais, apprenez la prudence, insensés, apprenez le bon sens. » (Proverbes, 8, 1-5) 

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Publié le par jean françois

LE MYTHE MIROIR SPIRITUEL

 

 

Les rites initiatiques en franc-maçonnerie sont remplis de mythes universels, la franc-maçonnerie s’est inspiré et en particulier celui du mythe de la construction du temple de Salomon par l’architecte Hiram, la légende s’attache à la construction du temple matériel, mais il s’agit derrière le voile de découvrir la méthode de construction du temple intérieur.

 

Le postulant aux mystères dans certaines cérémonies initiatiques est invité à se regarder dans un miroir, il est confronté à son image et rapidement à son soi, à sa partie intime.

Dès cet instant d’une haute intensité symbolique, il est fait appel à son imagination. Les symboles et les mythes vivent en nous.

 

Les mythes agissent sur nous, ils sont comme des fils d’Ariane que l’on suit pour sortir des ténèbres. Carl Gustav Jung parlait d’images primordiales universelles, ses fameux archétypes, qui agissent sur notre inconscient.

 

La connaissance du mythe de la construction et de la légende d’Hiram, est source de réflexions sur sa vie, c’est comme l’apprentissage de la lecture, mais d’une lecture particulière celle qui lui fait découvrir sa vie intérieure. Les idées sont dissimulées sous les symboles, les mots deviennent signifiants, chaque mot de passe, chaque mot sacré inspire celui qui le reçoit d’une manière différente, mais le relie aussi à un collectif on partage les mots et les gestes. Le mythe apparaît alors comme un héritage à recevoir, à comprendre, à transmettre.

 

Georges Dumézil a observé dans l’espace une analogie chez de nombreux peuples, dans l’organisation de leur société. C’est sa théorie de la « tri fonctionnalité » qui se traduit par une société de classes : celle des producteurs (les ouvriers, les apprentis), celle des guerriers (les défenseurs, les compagnons), celle des prêtres (les transmetteurs, les maîtres). Cette organisation de la société fait penser à un ordre initiatique à une hiérarchie spirituelle, où chacun est à sa place, à son office.

 

Plus ce qui apparaît dans le miroir spirituel est distinct, plus l’homme se construit, pénètre son être intérieur, élève sa conscience, se perfectionne, accompli sa recherche initiatique spirituelle, son chemin personnel, plus marche vers lui-même. C’est en ce sens que le premier regard dans le miroir est un choc initiatique.

 

Le meurtre de l’architecte dans la légende d’Hiram interroge, est-il le résultat d’un désir mimétique au sens ou l’entend René Girard. La quête du sacré rendant en quelque sorte obligatoire le sacrifice ? La convergence vers un mythe commun, la convergence des désirs menant à une forme de violence, c’est sa théorie de la victime expiatoire, du bouc émissaire. Ou bien le sacrifice est-il librement consenti, comme une obligation, et que signifie-t-il alors ?

 

Pour le franc-maçon la mort violente annonce une renaissance comme dans toutes les initiations. La première mort a peut-être lieu quand on se regarde dans le miroir ? Mais il y a une continuité et des métamorphoses de l’être. La vision dans le miroir n’est plus la même, l’être est pourtant le même.

 

Jean-François.

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Publié le par Blog-notes des Meuniers de la Tiretaine

Cet article est reposté depuis Le Blog du Rite Français.

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Publié le par jean françois
LES PIEDS SUR TERRE....

LES PIEDS SUR TERRE….

 

Le franc-maçon a les pieds sur terre et le regard dirigé vers le ciel. Il est un homme dans la cité, rien ne limite l’ouverture de son compas, il respecte toutes les opinions et se fait lui-même la sienne. La revue numérique Terrestres vient de paraître deux articles ont retenus mon attention, celui concernant Les prophéties politiques de Yuval Noah Harari, et celui concernant La crosse de hockey.

La totalité de ces articles et d’autres est accessible gratuitement sur la site de la revue : contact@terrestres.org

 

Bonne lecture.

 

Jean-François.

 

 

 

LA CROSSE DE HOCKEY

 

Traduction par Pierre de Jouvancourt. Texte initialement publié dansScientific American le 20 avril 2018.

Cela fait deux décennies1 que des collègues et moi avons publié la courbe en forme de « crosse de hockey » dans la revue Nature, ce qui coïncidait à l’époque avec les manifestations du Jour de la Terre. La courbe montrait que la température de la Terre, relativement stable pendant 500 ans, connaissait une hausse fulgurante au cours du vingtième siècle. Une année plus tard, nous prolongions la courbe en faisant remonter les mesures à l’an 1000, démontrant ainsi que cette augmentation ne connaissait aucun antécédent au cours du dernier millénaire – c’était le plus loin que nous pouvions remonter, avec les données disponibles.

Graphique de température en forme de “Crosse de hockey” originellement publié dans Nature en 1998. L’axe des ordonnées représente la température moyenne de l’hémisphère Nord en degré Celsius ; la ligne du zéro correspond à la moyenne 1092-1980. Crédit :
“Global-scale Temperature Patterns and Climate Forcing over the Past Six Centuries,” by Michael E. Mann et al.
in Nature, Vol. 392, April 23, 1998

 

 

Bien que je ne m’en suis pas rendu compte à ce moment là, la publication de la « crosse de hockey » allait changer ma vie de fond en comble. J’étais propulsé sous les feux des projecteurs : presque la totalité des journaux importants et des chaînes de télévision couvrait notre travail. L’attention grandissante dont il était l’objet était excitante, si ce n’est intimidante pour un féru de science [science nerd] ne possédant ni l’expérience ni l’attrait (il faut bien le reconnaître) de l’échange avec le grand public.

Rien dans ma formation de scientifique n’aurait pu me préparer aux batailles très médiatiques auxquelles je serais bientôt confronté. La crosse de hockey racontait une histoire élémentaire, à savoir que le réchauffement dont nous faisons l’expérience aujourd’hui a quelque chose d’inédit et que cela est en rapport avec nous et notre dispendieuse consommation de combustibles fossiles. Cette histoire représentait une menace pour les entreprises qui tiraient profit de ces combustibles et pour les représentants officiels du gouvernement [américain, NDLR] qui en défendaient les intérêts : tous s’opposaient au moindre effort de réduction des émissions de gaz à effet de serre. En tant que premier auteur de l’article dans lequel est apparue la fameuse crosse et en tant que scientifique novice (j’étais en contrat post-doctoral à l’époque), je me suis retrouvé dans la ligne de mire des chiens de chasse de l’industrie dont l’objectif était de discréditer l’image emblématique de l’influence de l’activité humaine sur le climat… en me discréditant personnellement.

La reconstruction de la température en forme de crosse de hockey de 1999 (bleu), accompagnée des relevés directs (rouges) et de la reconstruction de température de PAGES2K effectuée en 2013. ​Credit: Klaus Bittermann Wikimedia (CC BY-SA 4.0) 

Dans mon livre paru en 2013, The Hockey Stick and the Climate Wars: Dispatches from the Front Lines, j’ai nommé cette façon de s’en prendre à la science la « Stratégie du Serengeti ». Ce terme désigne la façon dont les groupes de pression de l’industrie et leurs facilitateurs isolent certains chercheurs pour concentrer leurs attaques, de manière tout à fait comparable à la façon dont les lions du Serengeti isolent certains zèbres du troupeau. Le principe est connu : le nombre fait la force alors que les individus isolés sont bien plus vulnérables

Le but de cette stratégie, encore d’usage aujourd’hui, est double : d’une part, saper la crédibilité de la communauté scientifique dans son ensemble, et par conséquent compromettre la vocation des scientifiques à transmettre des messages et à communiquer ; d’autre part, décourager d’autres chercheurs de sortir de leur mutisme et à alimenter la discussion publique à propos de la dimension politique de la science. Comme le j’ai soutenu ailleurs, nous y perdons tous et toutes lorsque les agresseurs sont victorieux, dans la mesure où les politiques adoptées finissent alors par favoriser des intérêts particuliers au détriment de notre intérêt collectif.

La « stratégie du Serengeti » ayant été déployée à mon encontre, j’ai été calomnié dans les colonnes du Wall Street Jounal et celles d’autres médias conservateurs. J’ai également été soumis à l’inquisition des sénateurs, des membres du congrès et des procureurs généraux financés par l’industrie des combustibles fossiles. Mes courriels ont été piratés, triés sur le volet, séparés de leur contexte et diffusés largement dans l’intention de m’embarrasser et de me discréditer. J’ai outrageusement fait l’objet de requêtes juridiques [par l’utilisation du Freedom Information Act ; NDLR] de la part d’organisations financées par cette même industrie dans le but d’obtenir mes courriels personnels et de nombreux autres documents. Tout cela parce que mes travaux posaient trop de problème à de puissants et influents lobbies.

Cependant, au cours des deux décennies qui se sont écoulées depuis la publication de la première crosse de hockey, des études indépendantes n’ont eu de cesse de confirmer de manière écrasante nos découvertes, y compris la conclusion clé à savoir que le réchauffement climatique n’a pas d’équivalent connu au cours du dernier millénaire. La plus haute organisation scientifique des Etats-Unis, l’Académie nationale des sciences, a corroboré nos travaux en juin 2006 dans une revue de la littérature scientifique exhaustive et indépendante. Des dizaines d’équipes de scientifiques ont reproduit nos découvertes indépendamment, confirmées et étendues, à l’instar d’une équipe de presque 80 scientifiques du monde entier qui, en 2013, a publié ses résultats dans l’importante revue Nature geoscience montrant que le réchauffement récent n’a pas été égalé depuis 1400 ans.

Le dernier rapport du Groupe d’expert intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC), qui est la synthèse la plus exhaustive et la plus reconnue des sciences du climat, a conclu récemment que le réchauffement récent est probablement sans égal depuis une plus grande période de temps que ce que nous avions conclu. Il existe en effet un début de preuves selon lequel le pic de chaleur climatique que nous vivons est sans précédent depuis des dizaines de milliers d’années.

Bien entendu, la crosse de hockey n’est qu’un seul des nombreux autres indices qui ont conduit les scientifiques du monde entier à conclure que le changement climatique est (a) réel, (b) causé par la combustion d’énergies fossiles et par d’autres activités humaines et (c) constitue une menace sérieuse si nous n’agissons pas. Il n’y a aucun débat scientifique légitime à propos de ces trois affirmations, en dépit des efforts incessants de certains groupes et de certaines personnes visant à convaincre le public du contraire.

Leur tactique favorite consiste à exagérer l’ampleur de l’incertitude des modèles qui servent à déterminer les tendances futures du changement climatique pour ensuite affirmer qu’elles sont trop importantes pour agir, alors que c’est précisément le contraire. Les glaces de l’arctique sont en train de disparaître plus vite que ne l’ont prévu les modèles climatiques. Les calottes glacières du Groenland et de l’Antarctique semblent avoir tendance à s’effondrer plus rapidement que nous l’avions envisagé – ce à quoi il faut ajouter que les estimations de l’élévation du niveau de la mer attendue pour la fin du siècle ont doublé par rapport aux estimations précédentes, passant de trois pieds à six pieds [soit environ 1,82 m]. La première des choses que l’on peut affirmer au sujet des modèles du climat, c’est qu’ils sont excessivement conservateurs ; leurs projections ne sont absolument pas exagérées.

Les scientifiques découvrent actuellement d’autres exemples. Dans la lignée du travail que nous avions mené il y a trois ans, un consensus émerge selon lequel la circulation thermohaline2 pourrait s’affaiblir plus rapidement que prévu. Cette circulation apporte des eaux chaudes depuis les tropiques vers les plus hautes latitudes du Nord de l’Atlantique, alimentant de vivaces populations de poissons et tempérant les climats d’Europe de l’Ouest et du Nord-Est de l’Amérique. Or la fonte précoce des glaces du Groenland, semble rafraîchir les eaux de surface de l’Atlantique du Nord subpolaire, ce qui a tendance à inhiber le rôle des eaux froides et salées au sein de la circulation thermoaline [et met donc en péril la vigueur de ce “chauffage naturel”].

Représentation de la circulation thermohaline. Source : https://commons.wikimedia.org/wiki/File:Circulacion_termohalina.jpg. Cette image est un ajout de la rédaction.

A la fin des années 1990, lorsque la crosse de hockey a été remise en cause pour la première fois, j’étais réticent à m’exprimer ouvertement, mais je me suis rendu compte que je devais me défendre contre cette cynique agression à l’encontre de mon travail scientifique et de ma personne. Par la suite, j’en suis venu à épouser ce rôle. Quelle plus noble cause que celle de se battre afin de préserver notre planète pour nos enfants et nos grands enfants ?

Il est plus qu’urgent d’agir immédiatement si nous souhaitons éviter un réchauffement planétaire de 2°C. Le travail que j’ai récemment mené suggère que le défi est encore plus grand qu’escompté. Cependant je reste prudemment confiant dans le fait que nous agirons à temps. Comme bien d’autres Américains, j’ai été galvanisé par le nouvel enthousiasme de notre jeunesse, qui exige un passage à l’action immédiat pour répondre aux menaces sociétales et environnementales qui leur font face. D’ailleurs, je me suis moi-même engagé en tant que scientifique à œuvrer pour éviter un changement climatique catastrophique. Donc permettez moi de conclure par cette exhortation tirée de l’épilogue de The Hockey Stick and the Climate Wars :

« Alors qu’il nous échappe lentement, ce futur relève encore du domaine du possible. La question est celle du chemin que nous empruntons. J’espère que mes collègues scientifiques – et toutes les personnes qui se sentent concernées – me rejoindront dans ces efforts afin que nous choisissions le bien. »

contact@terrestres.org

 

A LIRE EGALEMENT DANS TERRESTRES

 

Les Prophéties politiques de Yuval Noah Harari.

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Publié le par jean françois

ESOTÉRISME ET EXOTÉRISME

 

 

L’éditorial de Bruno Le Chaux, dans le dernier numéro de la revue numérique : L’Initiation Traditionnelle, vient nous rappeler que ce qui est à l’extérieur dissimule l’essentiel qui est à l’intérieur.

 

La démarche initiatique maçonnique propose la découverte de l’invisible, de l’essence, la découverte de l’homme véritable et des secrets enfouis dans son cœur, elle est fait naître un homme véritable différend et le même à la fois.

 

Cet édito met en valeur l’aspect invisible des religions qui doit primer sur leur aspect visible. En d’autres termes les traditions sont des sources secrètes dissimulées sous la montagne où dans la profondeur des forêts et non les fleuves que l’on voit couler dans les plaines et qui arrosent la multitude, seuls ceux qui cherchent trouvent la source.

 

Bruno Le Chaux met également en garde les lecteurs par rapport aux marchands d’ésotérisme, qui font prospérer leur compte en banque en vendant des kits de bonheur en quelques leçons. L’accès à une Tradition demande beaucoup d’efforts, de persévérance, souvent une vie entière humaine ne suffit pas, une fois la première porte ouverte, il faut s’armer de persévérance, de travail, de lenteur, de patience, d’efforts dans le silence des ténèbres qui précèdent la lumière. Seuls ceux qui entreprennent une démarche sincère peuvent espérer parvenir à lever une partie de ce voile de la Connaissance.

 

Bruno Le Chaux nous rappelle l’Évangile de Mathieu Chap 7, verset 6 pour extrait : (…) ne jeter pas vos perles aux pourceaux… Moïse également brisant les tables de la Loi en voyant son peuple indigne (épisode du Veau d’or) donne à son peuple les 10 commandements plus adaptés à leurs facultés.

 

À propos des églises Bruno Le Chaux nous rappelle leurs guerres, leurs bûchers contre ceux qu’elles considèrent comme des hérétiques, les hérésies n’étant que la manifestation de pratiques hors dogmes. À l’exemple de Giordano Bruno qui ne fût pas étranger à la naissance de la Franc-Maçonnerie spéculative, il fût victime de l’aveuglement et de l’ignorance comme beaucoup d’autres, les musulmans eux aussi ont persécuté les soufis.

 

L’éditorialiste termine en faisant un rapprochement entre la franc-maçonnerie et l’ésotérisme chrétien, en référant à René Guénon je cite : « Qui voyait dans la franc-maçonnerie et le compagnonnage le réceptacle de cet ésotérisme. » Il précise en faisant la distinction entre la franc-maçonnerie de Tradition et celle dite des modernes, a dogmatique, libérale, sociétale, il considère cette franc-maçonnerie comme une imposture de la vraie maçonnerie, pour lui la franc-maçonnerie est d’origine chrétienne.

 

Ce qui a mon sens est un peu contradictoire avec sa référence à René Guénon, qui fait état d’une transversalité entre toutes les traditions qui sont intégrées dans une Tradition Primordiale Universelle, une science Sacrée ou se retrouvent tous les symboles universels, cette Tradition Originelle se plaçant un cran au-dessus de toutes les traditions qui par conséquent deviennent secondaires, la tradition chrétienne n’y échappe pas, tout en conservant ses valeurs fondamentales qui restent présentes dans tous les rituels maçonniques non modifiés pour faire du nombre dans les obédiences.

On ne peut néanmoins nier qu’il existe une franc-maçonnerie d’inspiration chrétienne vivace, qui se concrétise dans le Rite Écossais Rectifié, mais ce n’est qu’une branche de l’arbre maçonnique, une des autres branches est celle du druidisme dont John Toland participa à la résurgence au début de la franc-maçonnerie spéculative.

René Guénon lui-même s’est intéressé aussi aux autres traditions indo-européennes.

 

D’ailleurs dans l’article suivant de la revue rédigé par Christine Tournier : Le Travail Spirituel dans la Voie Bouddhique illustre bien que les traditions se rejoignent  au début de son article elle écrit : « La loi universelle et la Tradition contient toutes les traditions en tout lieu de la planète. (…) L’essence est la même partout et pour tous. »

 

À propos de son itinéraire personnel elle dit : (…) « en toute simplicité, mon itinéraire qui m’a conduit à être chrétienne depuis 65 ans, Bouddhiste depuis 53 ans et franc-maçon depuis 33 ans. »

 

Le compas maçonnique selon moi est donc largement ouvert à toutes les traditions, rappelant que la franc-maçonnerie est un centre d’union fraternel, les francs-maçons ne s’imposent aucune limite à leurs recherches sur la voie de la Connaissance Initiatique. Il nous faut manier avec force et sagesse et amour le levier qui ouvre la porte de notre cœur afin de découvrir l’invisible.

 

Jean-Francois.

 

 

LA REVUE L’INITIATION TRADITIONNELLE N°2 – ANNÉE 2019

Accès libre et Gratuit.

Au Sommaire :

 

  • Edito : Ésotérisme et Exotérisme
  • Le Travail Spirituel La Voie Bouddhique.
  • De l’Inde au Tibet.
  • Le Dragon Ennemi Intime.
  • Le Graal
  • Richard Wagner
  • Hommage à Joséphin Péladan

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Publié le par jean françois
RÉFLEXIONS À PROPOS DES ROSE-CROIX

RÉFLEXIONS À PROPOS DES ROSE-CROIX

 

Je vous propose aujourd’hui simplement une réflexion à propos de quelques extraits du livre de Pierre Montloin et Jean-Pierre Bayard sur les Rose-Croix. Une fraternité initiatique qui pour certains a inspiré par ses idées et ses pratiques la Franc-Maçonnerie spéculative, de nombreux Francs-Maçons du siècle des lumières furent aussi Rose-Croix, comme d’autres furent druides dans la lignée de John Toland à l’origine de la résurgence du druidisme avec le Druid order.

Les enseignements des Rose-Croix se propagent encore à travers la Franc-Maçonnerie contemporaine en particulier au sein du Rite Écossais Ancien et Accepté.

 

Jean-François.

 

Extraits du livre des Rose-Croix de Pierre Montloin et Jean-Pierre Bayard. Éditions Grasset (épuisé mais quelques exemplaires d’occasion disponibles sur internet)

 

« La Lumière ne peut luire à travers la matière si la matière n’est pas assez subtile pour en laisser passer les rayons. »

 

« L’âme qui ne s’émeut pas se pétrifie. »

 

« Une science dépourvue de la vie est une science morte ; une intelligence dépourvue de spiritualité n’est qu’une lumière fausse et empruntée. »

 

Les auteurs ont repris la définition de l’Axiomata selon Bernard Gorgeix.

 

« La clé de l’Arcane Rose-Croix Axiomata c’est ce qui désigne l’effort spirituel permettant de puiser dans l’ensemble des facultés, des sciences, des arts, dans la nature (macrocosme) une axiomatique précise et infaillible, c’est-à-dire un ensemble de propositions indiscutables susceptibles de résoudre tous les problèmes qui se posent et se poseraient à l’intelligence humaine. » (…) « Ce message des Rose-Croix réalise la synthèse de la philosophie traditionnelle et de la théologie, de la science antique et de la révélation néotestamentaire… » (…) « Il implique la connaissance des Rotae Mundi (Roues du monde), c’est-à-dire de périodes cycliques de l’histoire.

 

Enfin, il regroupe la science du microcosme (l’homme) et du macrocosme (l’univers). »

 

Bonnes réflexions.

 

Jean-François.

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Publié le par jean françois
ENTRER EN COÏNCIDENCE...

ENTRER EN COÏNCIDENCE…

 

 

Entrer en Franc-Maçonnerie, c’est peut-être entrer en coïncidence, ne pas croire au hasard de la rencontre avec l’ami, le parrain, prendre ce livre ouvert oublié sur la table, regarder l’œil dans le centre d’un triangle. Prendre un chemin sans raison simplement en suivant son intuition, cette poussée qui vient de l’intérieur, incompréhensibles premiers pas sur un sentier qui mène à l’orée de soi-même, ce sentier qui serpente à travers les circonstances de sa vie.

 

La coïncidence d’une rencontre avec l’autre, qui est une forme de miroir de soi, non pas identique, mais dont le regard fixe les mêmes choses, la même direction.

Entrer finalement en coïncidence avec ce que l’on est et non pas avec que l’on a.

 

Cette coïncidence est une forme de bonheur, ou plus humblement une forme de joie qui vient s’installer dans le cœur. Ce bonheur décrit  par l’écrivain et avocat François Sureau répondant à la question d’un journaliste : Quelle est votre définition du bonheur ?

 

« Ma définition du bonheur est une certaine coïncidence avec moi-même dans le bien. La coïncidence avec soi-même dans le mal peut exister, elle peut générer une sorte de joie ou d’extase immédiates, mais certainement pas du bonheur. Je pense que la coïncidence avec moi-même dans le bien qui est rare mais qui arrive, est-ce qui correspond le plus, pour moi, à l’idée du bonheur. »

 

A chacun de trouver son bonheur dans le bien et le beau, de faire cette rencontre, d’être en coïncidence avec lui-même.

 

Jean-François.

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