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la Franc Maçonnerie au Coeur

la Franc Maçonnerie au Coeur

Un blog d'information, de conversations sur le thème de la Franc Maçonnerie, des textes en rapport avec la Franc Maçonnerie, comptes rendus et conseils de lectures.

Publié le par Jean-François Guerry
LA JUSTICE ET L'AMOUR, L'AMOUR DE LA JUSTICE -Part -II-

LA JUSTICE ET L’AMOUR, L’AMOUR DE LA JUSTICE -Part – II Autrui inspirateur de justice.

 

La justice vertu cardinale, qui contient toutes les autres vertus cardinales, elle n’existe pas en elle-même, c’est pourquoi on lui construit des palais de pierre et des tribunaux en nous-mêmes, construire la justice, pour faire justice et la rendre.

 

Si Emmanuel Kant l’associe à la volonté de faire, Vladimir Jankélévitch l’associe simplement à l’intention. Elle n’en demeure pas moins une vertu première sous le regard de la prudence ou de la tempérance qui sont plutôt des talents.

Un homme qualifié de juste est bon par nature, on ne peut également agir pour le bien qu’en étant juste, c’est faire son devoir d’homme.

La Franc-Maçonnerie demande à ses sœurs et ses frères de faire leur devoir de défense de la justice, rien de plus ordinaire pour des femmes et des hommes qui se revendiquent libres et de bonnes mœurs, que combattre la barbarie.

 

On en revient me direz-vous toujours aux droits de l’homme et aux devoirs qui en découlent, à cette morale universelle qui nous dicte de ne pas faire à autrui, ce que l’on ne voudrait pas qu’il fasse. Une évidence et une banalité pas toujours appliqué.

 

La justice est plus que la simple application des lois, être dans la légalité c’est respecter les lois, est-ce être juste ? Se soumettre à des lois injustes, n’est pas être juste ! Etre juste c’est penser le bien pour soi-même et pour autrui.

Force est de constater que les lois protègent souvent les inégalités et les privilèges, se soumettre à de telles lois c’est abdiquer, renoncer devant sa conscience et être injuste. On ne peut faire allégeance qu’au bien, au bon, au vrai, le Franc-Maçon qui fait allégeance à son ordre, à son obédience, à sa loge le fait dans le respect de son honneur et de sa dignité d’homme.

 

La justice symboliquement représentée par une femme avec un bandeau sur les yeux, une balance dans une main et dans l’autre un glaive ou une épée, fait référence à Thémis qui est venue mettre fin à la barbarie en s’asseyant à côté de Zeus. Le bandeau sur ses yeux, nous rappelle qu’elle n’est pas toujours justesse, elle frappe parfois à l’aveugle, malgré ses talents, elle reste parfois dans la stricte suffisance, elle est parfois ‘un peu juste’, pas tout à fait juste, l’équilibre de la balance est un acte difficile. Il est nécessaire qu’elle soit sublimée, par l’éthique, qui recherche la juste proportion, l’acceptable qui fait le lien social. La pure justice ne saurait se rendre sans l’amour d’autrui.

 

Elle est donc irrémédiablement dans le rapport avec autrui.

 

La justice est à la recherche de la vérité, de cette vérité à hauteur d’homme, les Francs-Maçons qui se veulent des hommes éclairés ne peuvent êtres que des chercheurs de la Vérité. Conscients qu’ils ne trouveront jamais la Vérité, ils persévèrent quand même sur le chemin de la justice. Car elle harmonise les rapports avec autrui.

Morale et justice sont intimement liées, il nous faut donc Connaître et pratiquer la loi morale, l’injustice naît souvent de l’ignorance de la morale et de l’autre, elle fermente dans l’indifférence de l’autre, quand l’on détourne son regard de l’autre, quand on passe son chemin en fermant les yeux ; ou pire encore quand l’on regarde au ciel en oubliant la terre. En affirmant que la justice n’étant pas de ce monde, l’on ne peut rien faire face à l’injustice. On renonce alors à l’espérance d’être juste envers l’autre, d’être aimant envers lui.

 

Le prétexte avancé, est que la justice est un concept inatteignable, une utopie me direz-vous ! Pourtant ce sont les justes qui font la justice et non l’inverse.

 

La légende du Roi Salomon symbole de la justice, est chère aux Francs-Maçons était-il juste ? Ou faisait-il simplement respecter la légalité ? Son célèbre jugement était sur le point de faire naître une inégalité, mais c’était une ruse ! En rendant l’enfant à sa vraie mère il récompense l’amour, c’est la beauté de son jugement.

 

Cela nous éclaire sur la difficulté de l’art de la justice, Blaise Pascal disait à ce sujet :

 

« Il y a deux sortes d’hommes, les uns justes qui se croient pêcheurs, les autres pêcheurs qui se croient justes. »

 

L’on comprend le choix du symbole de la balance et la difficulté de la pesée de l’âme. Autre remarque ce n’est que quand le Franc-Maçon avance dans son travail, dans la construction de son temple intérieur, qu’il est en capacité livrer un combat contre l’injustice, quand la lumière l’illumine. La justice n’est plus pour lui un simple compromis entre le bien et le mal, mais une intention forte à faire le bien et une volonté d’amour.

 

Quand la justice a le souci d’autrui elle devient universelle, elle prend la défense des lois naturelles. Elle dépasse mon intérêt particulier, les intérêts de mon groupe, de mes proches elle tient compte d’autrui en toutes circonstances, face à chaque décision, la question est, est-ce bon pour moi mais aussi pour les autres ?

 

La loge maçonnique est un espace sacré propice à l’harmonie et à la justice, le travail en ordre et à l’ordre suivant un rituel précis. Les sœurs et les frères travaillent individuellement et collectivement à âmes égales. Chacun à son office et à sa place, quand un officier manque il est remplacé, le travail continue, c’est un lieu d’égalité et de justice.

 

La route est longue vers l’amour d’autrui, l’amour inconditionnel qui fait abstraction des races, des croyances, des statuts sociaux, des préjugés de toutes sortes. Sur la route de l’amour se trouve l’étape de la justice, une étape reposante quand le fléau de la balance est vertical, quand l’ego ne fait pas pencher l’un des plateaux. Quand l’amour arrive d’abord à équilibrer l’ego, puis fait pencher la balance.

 

Il fut un temps peut-être où la justice était naturelle, ou plutôt il n’y avait pas besoin de justice, puisque l’amour régnait parmi les hommes, que la joie était dans les cœurs, aujourd’hui c’est une espérance, un combat de chaque jour.

Hélas les justes se font rares, c’est pourquoi l’on en fait des héros, comme ceux qui au péril de leur vie, lors de la dernière guerre mondiale ont recueillis des juifs dans leur foyer au péril de leur vie, parce qu’ils voulaient combattre l’injustice.

 

C’est donc toujours et encore le rapport à autrui qui dévoile l’homme juste, celui qui veut faire régner l’ordre après le chaos, mettre de l’égalité à la place de l’inégalité, défendre les droits humains, c’est le devoir des hommes justes, des indignés non par pour eux-mêmes, mais pour les autres.

 

En définitive la justice c’est la fraternité, cette fraternité chère aux Francs-Maçons. Elle a été décrite dans « La Théorie de la Justice » de John Rawls. La fraternité qui fait l’égalité partout où règnent les inégalités.

Cette fraternité que l’on oublie, qui est submergée par l’individualisme quand tout va bien et que l’on appelle au secours quand tout va mal ou presque, nous en avons la preuve aujourd’hui avec ce fameux quoi qu’il en coûte ! On ne compte plus maintenant, on aide, on sauve, on soutient, on a de la compassion et de l’amour pour autrui, on regarde ceux que l’on ignorait encore hier. C’est peut-être le début d’une réflexion qu’il faut faire entre l’universalisme et le communautarisme qui trie, tamise, qui clive qui fait que l’on aime les siens, nos proches et pas autrui ou de loin, ou un peu au mieux.

 

Rawls nous dit qu’il ne faut pas sacrifier la justice à l’utilitarisme, privilégier ce qui est utile en étant injuste ce n’est pas acceptable. C’est nier les droits de l’homme, les droits de l’individu. Un désordre même pour la société est préférable à l’injustice pour un individu, car c’est la porte ouverte aux dictatures. Cette justification de l’utile est une injustice.

 

Jean-François Guerry.

 

À SUIVRE : LA JUSTICE ET L’AMOUR, L’AMOUR DE LA JUSTICE – Part- III- Autrui toujours, dans les pas de John Rawls et de Emmanuel Levinas.

 

 

                            AMOUR

 

J’entrevois une conception de l’amour qui défie la raison : une pensée totale, qui enferme dans la présence toujours actuelle de l’univers, et en même temps un sentiment intime, personnel et paternel de toutes les créatures particulières et de chacune pour elle-même, dans tous les instants et tous les atomes de chaque vie. L’amour pense l’absolu de l’univers dans l’éternel et, cœur de tous les êtres, il vit personnellement dans leur conscience.

 

Extrait de Météores de Stéphane Barsacq – Revue Nunc -Éditions de Corlevour.

Stéphane Barsacq
Stéphane Barsacq

Stéphane Barsacq

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Publié le par Jacques Viallebesset

Cet article est reposté depuis L'atelier des Poètes - par Jacques Viallebesset.

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Publié le par Jean-François Guerry
LA JUSTICE ET L'AMOUR, L'AMOUR DE LA JUSTICE - Part- I-

LA JUSTICE ET L’AMOUR, L’AMOUR DE LA JUSTICE

 

 

Je vous promettais un article sur l’amour et la justice, erreur je pense qu’il vaut mieux commencer par la justice et l’amour, et l’amour de la justice. Ce qui n’est ni simple, ni naturel au regard de notre égoïsme.

 

La Franc-Maçonnerie, ordre initiatique traditionnel et universel, est fondé sur la fraternité, notre rapport à l’autre, aux autres, à autrui, dans ces rapports la justice agit comme un régulateur et bien plus, un facteur d’harmonie, indispensable à la vie en société.

 

Sur le chemin initiatique les injonctions à la ‘pratique’ de la justice sont des jalons posés sur notre route, les barreaux d’une échelle image de notre ascension spirituelle et de notre humanisme.

 

Dans le préambule, la profession de foi de nombreux corps maçonnique la justice tient une place particulière. Le Franc-Maçon se déclare juste en excluant tous les extrémismes quels qu’ils soient qui heurtent les consciences. La Franc-Maçonnerie respecte tous les êtres humains et plus généralement tous les êtres vivants et la nature. Ce respect rend l’homme libre et de bonnes mœurs et aimant de ses semblables. Il tient ainsi sa juste place dans l’univers, prenez place mes sœurs et mes frères.

 

Les outils symboliques du Franc-Maçon d’emblée font référence à la justice : la règle de la loi, de la mesure, l’équerre de la rectitude, le niveau de la justesse, le fil à plomb de la verticalité, le maillet de l’autorité, l’épée qui tranche et défend les faibles et les opprimés, le compas dont l’ouverture rappelle l’éthique, et même le bandeau qui rend aveugle aux choses extérieures et oblige le postulant à regarder à l’intérieur de lui-même, à consulter sa conscience avant d’agir. Avant même de prêter serment, il est demandé au postulant à l’initiation : de s’engager à respecter les lois de son pays, de pratiquer la justice.

 

Quelques années plus tard, après la mort symbolique et sa régénération, avant de poursuivre sa quête spirituelle, il est demandé à l’homme fidèle, volontaire, persévérant et travailleur, de laisser tomber le voile, pour chercher la parole perdue, c’est-à-dire, la vérité et la Lumière, tout en sachant qu’il ne l’atteindra jamais, mais pourra s’en approcher en faisant son devoir, qui l’oblige à aimer, révérer, servir, et marcher dans la voie de justice de tout son cœur et de toute son âme.

 

En se perfectionnant il apprendra à dominer la vengeance, en faisant place à la justice, il sera reconnu éligible pour l’accomplissement du grand œuvre, qui ne sera plus la construction de temples matériels, ou d’idoles humaines, mais la construction de temples spirituels, sa construction même.

 

Après avoir découvert la parole éternelle d’amour qui brûle en lui, il lui faudra chevalier de Lumière, du soleil gravir jusqu’au sommet de l’échelle ou règne la justice et l’amour. Alors, libre, seul, il ira dans le monde, épée dans une main et l’autre main sur le cœur défendre la justice dans la cité et dans l’univers, chevalier de l’esprit, soldat de l’universel.

 

La justice est donc indissociable de l’amour, et l’amour de la justice est bien le devoir du Franc-Maçon. La justice et l’amour sont dues au prochain, à l’autre, à autrui en s’efforçant de ne pas mettre de distance entre ces trois mots.

 

Le prophète Jésus à peine initié, après être passé par l’épreuve de l’eau dans le Jourdain prodiguée par Jean le Baptiste, traverse Capharnaüm et va jusqu’au sommet de la montagne qui domine le lac de Tibériade en Galilée. C’est un endroit magnifique, magique où je me suis rendu avec quelques frères il y a maintenant 21 ans en l’an 2000 et qui reste toujours dans ma mémoire. C’est là selon Mathieu ? que Jésus prononça son sermon sur la montagne et l’enseignement des béatitudes.

 

Ce sermon peut être interprété comme un hymne à l’amour de la justice. S’aimer, se comprendre les uns et les autres pour vivre en paix et en harmonie, plus haut, plus loin que le vulgaire vivre ensemble, qui ressemble plus à se supporter ! C’est un peu juste !

 

Extrait du sermon :

« Heureux ceux qui ont faim et soif de justice, car ils seront rassasiés. »

« Heureux ceux qui sont persécutés pour la justice, car le royaume des cieux leur appartient. »

« En effet, je vous le dis, si votre justice ne dépasse pas celle des spécialistes de la loi et des pharisiens, vous n’entrerez pas au royaume des cieux. »

 

Il faut s’être assis quelques instants dans l’herbe verte de la montagne, et avoir contemplé le lac de Tibériade ou le soleil qui se lève sur la mer, la campagne, au bout de votre rue pour avoir ce désir de justice et d’amour.

 

Pas de cette justice pointilleuse, cette justice de fonctionnaires, mais une justice inspirée par l’amour des autres. Cette justice qui punit, mais qui trouve sa grandeur dans le pardon après la punition, elle permet à l’homme de se surpasser, c’est-à-dire d’aimer jusqu’à son ennemi d’hier, de le reconnaître à nouveau comme son frère et l’accepter dans la chaîne d’union universelle de tous les hommes.

Vladimir Jankélévitch va plus loin dans cette réflexion justice amour.

Extraits :

« La justice est une thérapeutique….un traitement discontinu et qui doit se répéter indéfiniment là même où elle apparaît comme régulateur systématique de l’inégalité, elle réduit la haine et l’impuissance sans en tarir la source. La justice est continuation de l’ordre quelle reconduit d’abus en abus à travers ses éclipses et ses intermittences, mais l’amour est la continuité de la justice, l’amour est la volonté de justice. »

 

À un moment où le président du nouveau monde vient de partir, j’espère définitivement jouer au Golf avec les milliardaires de Palm Beach en Floride ; je ne puis m’empêcher de penser, qu’il a refusé sa grâce à quelques condamnés à mort, comme dans une dictature.

Nous-mêmes, il nous aura fallu attendre 1981 pour abolir la peine de mort.

 

Extraits du discours de Robert Badinter à l’assemblée

« Une certaine conception de l’homme et de la justice. »

« (citant Jaurès) La peine de mort est contraire à ce que l’humanité depuis deux mille ans a pensé de plus haut et rêve de plus noble.

 

Partout dans le monde, et sans aucune exception, où triomphent la dictature et le mépris des droits de l’homme, partout vous y trouverez inscrite, en caractère sanglants la peine de mort.

 

Et plus spécifiquement s’il y a un type de femme, ou d’homme que la menace de la mort ne saurait faire reculer c’est le terroriste.

 

Demain grâce à vous la justice française ne sera plus une justice qui tue. »

 

L’amour est pur et infini, il est volonté, là ou la justice n’est qu’intention, simple attention aussi à l’autre, la justice tranche, l’amour engage. Etre juste, ce n’est qu’être juste. L’expression ce n’est que pure justice, est à mon sens erronée. Cela sent la vengeance et non la justice. S’il y avait une pure justice, ce serait de l’amour.

La justice qui tranche aspire à ne plus rien devoir à personne, elle clôt les débats, arrête une décision définitive. Les travaux sont clos, la question est posée est-ce que les sœurs et les frères sont contents et satisfaits, la réponse est ils le paraissent (ils le paraissent seulement) sur l’une et l’autre colonne, tout est-il pour autant juste et parfait ?

L’amour lui n’arrête jamais ses travaux, il les suspend pour prendre du repos et pour travailler encore à faire régner la justice.

 

La justice c’est le juste assez, l’amour c’est le tout et le tout ne compte pas.

 

Jean-François Guerry.

 

 

À suivre : La justice et l’amour, l’amour de la justice Part- II- Autrui inspirateur de la justice ?

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Publié le
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Jean-François Guerry.

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Publié le par Clementia

Cet article est reposté depuis Un jour, une pensée.

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Publié le par Jean-Pierre Rousseau et la Loge Kleio
Quand la grande  lumière  commence à paraître...

 

 

 

  •     Je suis blanc bordé de noir avec une bavette bleue

       

 

Bavette bleue associée au blanc signifié

Exprime ce que doit approcher l’initié

Par l’envol mystique de son âme libérée,

Vers le Grand Architecte De L'Univers espéré !

 

Par le bleu symbole de spiritualité,

       

Je peux être  attribué à l’aigle et à l’air.

Dans moultes cathédrales, au nord, à couvert

Il est la couleur dominante des vitraux !

Celle de la sagesse divine, des idéaux. 

 

Par le bleu je propose, à celui qui me porte,

Par son travail sur lui même de se dépasser,

Découvrir trésor en lui, enfoui, amassé !

De franchir du monde spirituel la porte.

 

 

 

  •       Sur ma bavette bleue l’œil

       

       

 

L’œil placé sur ma bavette bleue, bordée de noir, forme,

Pour celui que je ceins qui me regarde curieux,

Le porteur de l’œil divin, Delta Lumineux.

Œil attentif et réceptif il est hors norme.

 

Il symbolise en premier sur le plan physique,

Le soleil visible d’où émane vie et lumière.

En second sur autre plan intermédiaire,

Le principe créateur, le secret alchimique.

       

       

 

 

 

 

       

 

 Au plan spirituel, le Divin enfoui en nous,

Grand Architecte De L'Univers peu ou prou.

Qu’il est dépositaire du principe d’élévation,

Qu’il possède en lui le pouvoir de l'action.

                   

Par le blanc bordé de noir encore je rappelle,

A celui que je ceins, que sa méditation

Doit s'enrichir, dans l'écoute et l'observation,

Guidée par la réitération des rituels.

 

Par le blanc bordé de noir avec bavette bleue

Je lui propose aussi de sortir de lui-même

De se libérer des métaux que trop il aime

Et élever son âme vers le haut en tout lieu.

       

Par ma bavette bleue ornée de l’œil ouvert

Je suis hors et aussi dans celui qui me porte,

Je suis la balustrade entre lui et le Divin,

Le Lévite à proximité du Saint des Saints.

 

Par l’œil d’Horus, honorable gardien des secrets !

Je suis l’image de vie, éternelle splendeur,

Par le passage, ouvert vers la resplendeur,

De celui qui me porte s'il s’en révèle digne.

 

Par observation attentive de son tablier !

Le maître secret se doit de ne jamais oublier

Qu'il aspire, par sereine intériorisation,

A l'accès de la lumière via méditation.

 

Le quatrième degré est propre illumination,

Résurgence de savoir enfoui en gestation

De l’approche du divin la vive perception

VITRIOL message du cabinet de réflexion

 

 

 

« L’éclat du jour a chassé les ténèbres et la grande lumière commence à paraître »

 

Jean-Pierre  Rousseau

Quand la grande  lumière  commence à paraître...
Il n'y a rien de commun entre notre poète Jean-Pierre Rousseau et la Loge Kleio quoique, l'amour de l'art Royal bien sûr.
 
Dans les secrets se cachent les dieux, les diables, mais aussi les petites lumières de chaque jour et la grande Lumière, avec le texte de la loge Kleio, vous ferez un voyage au pays des dieux, des diables aussi, de ce chaos sortira l'ordre, l'éthique musicale, des chants qui élèvent, du grégorien, du Mozart qui enchante jusqu'à l'agapé
Bonne lecture

Jean-François Guerry.

Avec l'aimable autorisation de l'auteur.

C’est avec beaucoup d’émotion que je prends la parole devant vous ce soir

pour vous présenter mon travail ; je remercie le Vénérable Maître de m’avoir

donné l’occasion de cette réflexion, et vous remercie par avance mes F. : de

l’honneur que vous me faîtes en m’accordant votre bienveillante attention.

J’espère par ailleurs ne pas froisser par mes propos la muse Clio, inspiratrice des

travaux de l’atelier, qui m’oblige notamment à respecter scrupuleusement

l’Histoire dont elle fut l’inventrice. De plus, même si elle est moins liée à la

musique qu’Euterpe, Terpsichore ou Polymnie, Clio, qui fut souvent représentée

trompette ou guitare à la main, n’est pas étrangère à la musique et au chant.

C’est à travers la musique en effet, que je veux partager avec vous une

réflexion maçonnique : car si ce qui se termine bien se termine en chansons,

c’est que tout a commencé par la musique, une musique originelle qui a permis

au monde d’échapper au chaos. « Ordo ab chaos » grâce à la musique qui

exprime l’harmonie, et notre colonne d’harmonie est là pour en témoigner. Mais

les forces du chaos sont toujours présentes, au mieux endormies et cherchent à

la moindre occasion à déconstruire l’oeuvre humaine : Dionysos est là qui appelle

à l’orgiaque ; le diable lui-même est tapi dans la musique : « diabolus in

musica » !

Rappelons-nous en effet de ce moment décisif de la guerre entre les Titans

et les Dieux où Zeus semble avoir perdu. Gaïa, furieuse du sort de ses premiers

enfants qui sont enfermés dans le tartare, a enfanté un monstre terrible,

Typhon, qui a pris le dessus sur Zeus à la suite d’un combat effroyable. Quelles

sont les caractéristiques de ce monstre ? 100 têtes de serpent dont les yeux

crachent le feu sortent de ses épaules. Mais, caractéristique plus déroutante

encore, de ses têtes sortent des sons incroyables : il peut imiter tous les

langages, parler aux dieux avec des sons intelligibles, mais aussi émettre le

mugissement du taureau, le rugissement du lion, et pire encore, car le contraste

est épouvantable, les adorables jappements d’un bébé-chien ! Typhon est

l’expression d’un chaos qui véhicule un anti-logos, quand Zeus, lui, est cosmos,

ordre qui préfigure le logos, c'est-à-dire l’intelligibilité d’un monde ordonné.

Alors Typhon a terrassé Zeus, et lui a pris ses tendons pour le neutraliser.

Zeus n’est plus capable du moindre mouvement ; si Typhon l’emporte, c’en est

fini de l’édification d’un cosmos harmonieux et juste. Si par contre Zeus

l’emporte, la justice règnera sur l’univers. L’issue du combat, vous pouvez vous

en douter puisque nous sommes là ce soir pour l’évoquer ! Mais comment

Typhon a-t-il finalement été vaincu ?

Zeus neutralisé mais conscient – c’est la force de l’esprit ! - conçoit un

plan : il va demander à Cadmos, un roi rusé, fondateur légendaire de la ville de

Thèbes, de se déguiser en berger et d’aller jouer auprès de Typhon de la syrinx

de Pan, une flute dont sortent des sons enchanteurs. La musique est si douce

que Typhon tombe sous le charme et finit par s’endormir, ce qui permet à

Cadmos de récupérer les tendons de Zeus qui se les réajuste et se trouve alors

fin prêt pour la victoire finale. En récompense de quoi Zeus donne à Cadmos la

main de la déesse Harmonie, qui était elle-même fille d’Arès, le dieu de la

guerre, et d’Aphrodite, déesse de l’Amour. Il est ainsi extrêmement significatif

que ce soit par la musique, l’art cosmique entre tous qui repose sur

l’ordonnancement des sons, que le cosmos soit sauvé. Il est non moins

significatif que l’harmonie résulte de l’union de la guerre – Arès – et de l’Amour

– Aphrodite -. Car l’ordre domine le chaos, mais se nourrit de son énergie

primordiale et en aucun cas ne peut le détruire car il disparaitrait avec lui : il a

besoin de son énergie vitale. L’ordre est une mise en forme sublime mais qui ne

peut se passer de la force initiale du chaos. C’est ainsi que Dionysos, fils de Zeus

et deux fois né, dieu étrange et destructeur, siège parmi les dieux de l’Olympe.

Les occasions sont nombreuses qui voient se poursuivre l’affrontement

entre l’ordre et le désordre : quand Dionysos et Apollon rivalisent, Midas en fera

les frais et Nietzsche le fil directeur de sa pensée ; Dieu et Satan s’affrontent, et

ce sera Job dont la foi sera mise à l’épreuve.

Attardons-nous sur les effets, dans la théorie de la musique, de

l’affrontement entre Dionysos et Apollon, qui va réguler les pratiques musicales

du monde grec et latin jusqu’au XVème siècle. Car il n’échappe pas aux pouvoirs

politiques et religieux que la musique est un art ambivalent à la fois très

formateur, l’harmonie musicale renvoyant à l’harmonie du Monde, et sa

maîtrise étant considérée comme gage de la plus grande sagesse, mais aussi

potentiellement dangereux car capable de posséder l’auditeur et de le conduire

dans le dérèglement des passions.

Ainsi Aristote, prenant la suite des réflexions platoniciennes, fonde-t-il

une théorie de l’ethos des modes musicaux, une éthique musicale qui

structurera la composition de la musique en distinguant une musique éthique,

morale, et une musique orgiastique. Tout s’organise autour d’une théorie de

l’effet produit par la musique (la dunamis) éthique lorsqu’elle est sur le mode

dorien, orgiastique lorsqu’elle est sur le mode phrygien. Le mode phrygien

déclenche des transes et des états de possession ; Aristote insiste sur le fait que

le mode phrygien est orgiastique et passionnel, et qu’il en résulte un transport

dionysiaque. A l’inverse, le mode dorien est éthique et digne de figurer dans le

programme d’éducation des jeunes gens bien nés. Tout au plus la musique

composée sur le mode phrygien peut-elle être écoutée, avec distance, mais son

exécution ressort de musiciens serviles et de basse condition.

On l’entend, ce qui est en jeu dans cette opposition de modes musicaux,

est une mise en garde à l’endroit des effets de la musique, quand il pourrait en

résulter une possession et une entrée dans la transe, alors qu’on en attendait

une élévation de l’âme et un accès au sublime. Cette ambivalence de la musique,

et le risque qui lui est attaché, va parcourir tout le moyen-âge et la musique

sacrée sous forme de règles de composition et de mises en garde. Attention

danger ! : « diabolus in musica ». D’autant que, comme le dira Pascal : «… le

malheur veut que qui veut faire l’Ange fait la Bête ! ».

Alors, tel intervalle musical est proscrit dans la composition de la musique

sacrée (le fameux Triton, interdit dans l’harmonie chorale et dans la mélodie,

parce qu’il crée à l’écoute une tension et non un apaisement) ; les instruments

de musique sont proscrits de l’Eglise où seules les voix humaines sont

autorisées : c’est le chant grégorien. Les instruments en effet sont matériels, et

nous rapprochent de la terre, domaine du Diable, non de l’esprit. Seule la voix,

que nous partageons avec les Anges, est aérienne et nous élève vers le ciel divin.

Jérôme Bosch nous donne au début du XVIème siècle une vision de l’enfer

remplie d’instruments de musique gigantesques. Enfin, on va mathématiser la

musique en la tempérant, garantissant ainsi une maîtrise humaine et quasiment

divine des intervalles musicaux qui nous permette d’entrer en résonance avec

l’harmonie céleste.

Mais qu’on ne s’y trompe pas ! L’enjeu n’est pas seulement d’esthétique

musicale, ou de privilège d’un pouvoir en place qui voudrait se réserver un

copyright, une forme de composition qui lui soit exclusive. C’est bien plutôt

d’une reconnaissance du pouvoir de la musique dont il s’agit comme l’indiquait

Saint-Augustin dans son De Musica, qui distinguait soigneusement la gradation

de son pouvoir : le plus bas niveau est l’emprise corporelle qu’elle exerce (par

exemple sur les ours qui se dandinent), tandis qu’à son plus haut niveau la

musique peut nous faire entre-apercevoir l’harmonie éternelle du divin.

Mais pour nous autres maçons, la voie de la musique est-elle celle de la

contemplation du divin par une sorte d’extase activée par le rituel, sachant

qu’au moindre faux pas, à la moindre distraction, le diable se glisserait en nous

pour prendre possession de notre temple intérieur ? Il me semble que Mozart,

dans le testament symbolique qu’est la Flûte enchantée, nous indique une autre

voie.

Certes le registre de la magie et de l’envoutement semble bien être celui

de la Reine de la nuit qui offre à Tamino une flûte censée le protéger et le rendre

tout puissant ; parallèlement, Papageno reçoit un Glockenspiel qui fait danser le

furieux Monostatos comme l’ours de Saint-Augustin, et il s’agit bien là d’une

réminiscence dionysiaque. Mais l’opéra signera la défaite des pouvoirs de la

Reine, ce qui indique les limites du pouvoir de sa virtuosité vocale qui force une

admiration fascinée mais pas un abandon consenti. Parallèlement, dès que le

Glockenspiel se tait, Monostatos redevient Monostatos. Or, lorsque cesse

l’opéra, l’auditeur n’est plus tout à fait le même : il a été transformé subtilement

par un transport qui ne cesse pas avec les notes. La musique ne se contente pas

d’éblouir par la virtuosité, ni d’exercer un pouvoir magique qui protège les uns

et envoute les autres, elle est avant tout instrument de conversion et de

transformation des passions humaines. Elle permet de triompher de la peur, de

risquer la mort, et d’expérimenter la conversion à un amour véritable. Elle

conduit les amants à leur plénitude, et Pamina assure qu’à la fois l’amour et la

flute conduiront leurs pas.

L’émotion musicale que promeut Mozart est donc très loin d’un

enchantement magique produit par un pouvoir ensorcelant qui viendrait de

l’extérieur, ou très loin aussi d’un envoutement hypnotique qui mettrait en

transe. Il s’agit au contraire d’un ravissement dans le mouvement d’un transport

en devenir : en un mot, d’une initiation par le ravissement.

La musique en effet ne nous ravit que si, délibérément et en hommes

libres, nous acceptons d’être guidés par elle et de l’accueillir, et ce avec la même

simplicité que Tamino et Papageno acceptant le don d’instruments magiques. Et

c’est à cette condition de consentir qu’alors seulement nous pouvons être

transportés par elle. C’est un ravissement qui demande à la fois le silence

consentant de la réception, et l’exigence continue de la quête et qui nous invite,

en apprentis, à une autre forme d’écoute : celle de l’approbation en silence.

Comme l’écrivait Mozart dans une lettre à sa femme : « J’arrive de l’opéra

(ou se jouait La Flûte), la salle était pleine comme toujours ; le duetto « Mann

und Weib » et le Glockenspiel au premier acte ont été bissés comme d’habitude,

ainsi que le trio des enfants au second acte. Mais ce qui me cause le plus de joie,

c’est l’approbation en silence ! On voit combien cet opéra monte de plus en plus

haut. »

C’est précisément dans cette forme d’accueil et d’écoute, d’ouverture

volontaire et d’approbation en silence que s’exerce de la façon la plus avancée la

tolérance maçonnique qui est un instrument de transformation de soi : une sorte

d’hospitalité inconditionnelle, pour reprendre l’expression de Jacques Derrida,

que nous sommes à même d’éprouver dans les liens de la fraternité.

L’hospitalité inconditionnelle ne relève ni de la morale, ni même de l’éthique,

mais est un principe à maintenir, un devoir lié à la réalité humaine du fait que

nous sommes irréductiblement exposés à la venue de l’autre.

A l’égard d’un visiteur, j’ai deux attitudes possibles : l’invitation, si je le

reçois en fonction des règles en usage chez moi et que j’impose ; la visitation,

comme pour les Anges, si je laisse ma maison ouverte. Dans le premier cas,

l’hospitalité est conditionnelle ; dans le second, elle est inconditionnelle, ou

pure, ou absolue. L’étranger de la visitation peut être n’importe quel F. :. Pour

l’accueillir, l’hôte lève les barrières immunitaires avec lesquelles il se protégeait :

il accepte de s’exposer à ce visiteur dont les lois et les comportements sont

différents des siens, de s’adapter et de se transformer en fonction de ce qui

arrive. A ce stade, c’est accepter de s’effacer pour laisser de la place à notre F. :

dans notre propre univers : difficile en pratique, c’est la condition

incontournable du ravissement que nous offre la Franc-Maçonnerie. C’est, mes

Frères, tout le charme que je nous souhaite dans la pratique de l’Agape.

 

J’ai dit !

Quand la grande  lumière  commence à paraître...

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Publié le par Jean-françois GUERRY
L’ALTRUISME, UNE PHILAUTIE DE L’EGO- PART-II- : Le proche, autrui, les autres.  Dans l’article I, j’évoquais le partage avec la l

L’ALTRUISME, UNE PHILAUTIE DE L’EGO- PART-II- : Le proche, autrui, les autres.

 

Dans l’article I, j’évoquais le partage avec la cène, comme un acte d’amour, la cène qui n’est pas sans rappeler les agapes maçonniques et certains rituels, le partage est-il le plus grand acte d’amour ou est-ce la justice ou encore l’humilité ?

 

Notre langue qui conjugue l’amour sous toutes ses formes, n’utilise qu’un seul mot, pourtant s’il y a un mot polysémique c’est bien celui-là ! Les grecs l’ont tronçonné en trois du plus égoïste peut-être au plus fraternel et désintéressé d’Eros à Agapaé en passant par Philia ; du plaisir au désir.

 

La Franc-Maçonnerie qui est sans conteste une aventure humaine et un chemin spirituel, est une destination vers l’amour.

« Que l’amour règne parmi les hommes. »

 

Avant même de recevoir la lumière, le postulant aux mystères fait une première dé marche, démarche, début de sa longue marche à la recherche de son être intérieur, symbolisée par l’acronyme V.I.T.R.I.O.L. Il est incité à la découverte, à la progression et à la rectification constante.

 

Le connais-toi, toi-même, ne se réduit pas à la connaissance de ce que l’on est, à la prise de conscience de ses parts d’ombre et de ses lueurs. Il faut y ajouter tu connaitras l’univers et les dieux. C’est-à-dire l’humanité des autres, et l’élévation de l’esprit.

 

Nous sommes donc à la recherche de notre identité, au-delà de la carte qui nous donne quelques indications sur le lieu, le jour, et notre apparence. Qui sommes-nous vraiment ?

Cela nous amène, à réfléchir, à notre identité et son évolution c’est-à-dire à notre ipséité.

 

Paul Ricoeur pense l’identité sous le concept de la mêmeté, donc de l’identique, du reconnaissable donc en forme de pluralité. Cela me rappelle Montaigne et la Boëtie « parce que c’était lui, parce que c’était moi. »

Maçonniquement parlant l’on parle de ma sœur ou de mon frère, comme une forme d’égalité, une re connaissance. Ma sœur me reconnaît comme telle, mon frère me reconnaît comme tel. Je suis très proche de ma sœur ou de mon frère, au-delà du visible et des apparences.

La notion de proche ou de prochain induit une forme de consanguinité spirituelle. Est-ce de l’amour ? Surement pas l’amour d’autrui, il n’y a pas de distances entre nous, nous sommes proches.

 

Vladimir Jankélévitch pose cette question :

 

« La proximité spirituelle indépendante de toute géographie, est-ce, ce qui permet les télécommunications, les télépathies et sympathies…. Sans cet éther Trans-spatial les monades se morfondraient dans la symbiose des parallèles.

Mais si tous les hommes sont mes prochains ne deviennent-ils pas tous également lointains ?

 Si la distribution dans l’espace ment à l’amour, l’universalisme ne va-t-il pas à son tour, le délayer à l’infini. »

 

En clair le nous, ne tue-t-il pas le tu, qui serait la forme la plus pure de l’amour du moins dans l’apparence ! Le tu, n’est-il pas plus facile que le nous.

 

Ai-je beaucoup de mérite à aimer mes sœurs et mes frères, avec qui je suis en conjonction spirituelle, qui sont mes proches. Il est plus difficile d’aimer autrui que je ne connais et qui est bien différent de moi-même ! Pour les croyants aimer la bonté en aimant Dieu n’est pas très difficile car par nature pour eux Dieu est l’exemple même de la bonté. Aimer son prochain et aimer autrui c’est aussi plus difficile sachant qu’il n’est pas entièrement bon.

 

Peut-on aimer autrui de tout son être, de toute son âme, ou ne l’aimer qu’avec une portion de notre être et le bout de notre âme ? L’amour ne se dilue-t-il pas, ne se dégrade-t-il pas alors, dans l’universalité ?

 

La solution n’est-t-elle pas d’aimer de proche en proche, par cercles concentriques, dans une spirale non fermée qui s’élève toujours peu à peu au fil des rencontres de l’autre, des autres, pour atteindre l’universel. On ne peut pas cantonner son amour à un alter ego.

 

Si l’on revient un instant à l’identité, cette identité plurielle, universelle, humaniste. C’est notre ipséité qui nous pose problème, cette ipséité issue du terme allemand selbsheit qui est le rapport à soi-même. Chacun de nous est la personne qu’il est lui-même. « Je suis ce que je suis. »

Nous sommes chacun, donc absolument unique, absolument différent de l’autre, donc non réductible à l’autre. Autrement exprimé, l’identité est un principe ontologique dans lequel se reconnaissent tous les êtres humains en général.

Paul Ricoeur définit l’ipséité comme une forme d’identité en mouvement, donc par nature non stable, elle ne peut donc être un point de concordance entre tous les hommes, à chacun son ipséité.

 

Immédiatement cela me fait penser au rapport entre l’ipséité et l’initiation maçonnique, au départ l’on peut reconnaître une identité maçonnique conférée par la et les rituels initiatiques communs, et au fur et à mesure chacun à son rythme progresse, avance, s’élève, se perfectionne, preuve encore de la spécificité de cette initiation personnelle dans un cadre collectif. L’ipséité de l’initié est sa métamorphose, son mouvement, sa construction, son élévation de conscience scalaire.

Cela élargi le champ de vision, dépasse, le connais-toi, toi-même. L’initié fait de plus en plus appel à son esprit, preuve de la perfectibilité de l’homme, celui qui soumet sans cesse ses actes au tribunal de sa conscience selon l’expression Kantienne, c’est celui qui pense par lui-même, et qui pense de plus en plus le bien et l’amour fraternel.

 

L’initiation nous demande de devenir, selon la formule de Pindare : Deviens ce que tu es ou plus précisément deviens qui tu es. René Descartes et Friedrich Nietzsche ont repris cette pensée, Descartes avec son je pense donc je suis.Nietzsche d’une manière plus contestable. Il met en cause toute identité stable avec son devenir ce que je suis. Il impose une volonté de mouvement guidée par notre conscience, le désir de devenir va au-delà, du désir d’être, c’est un manque d’humilité suivant sa formule Dieu est mort. Il remplace Dieu par une aristocratie humaine, quant à l’amour de l’autre ?

 

Si le rituel maçonnique encourage a penser par soi-même, et la méthode symbolique ouvre l’esprit, si l’on doit se libérer de ses préjugés, revenir à son soi, on renonce pas à la tradition et la transmission des ancêtres et des maîtres qui nous ont ouvert le chemin, pour que nous trouvions le nôtre preuve d’abnégation et d’amour de leur part.

L’aristocratisme de Nietzsche frôle, flatte l’ego, il y a plus chez lui l’éloge du pouvoir que l’éloge de la volonté. Un travers dans lequel le Franc-Maçon ne saurait tomber. La volonté d’action du Franc-Maçon est toujours au service des autres, je suis à la disposition de la loge. Sa volonté de justice est toujours associée à la loi d’amour. Les véritables actes héroïques sont les actes d’amour.

Cependant Nietzsche touche une vérité à laquelle nous pouvons souscrire, sans s’en contenter :

« Plus haut que l’amour du prochain se trouve l’amour du lointain et du futur. »

Si l’on considère le lointain comme étant celui qui ne nous est pas proche, et le futur celui qui deviendra proche par la force de l’amour que nous saurons lui témoigner.

 

Nietzsche avec sa sublimation de l’avenir, oubli et néglige le présent, il a refusé la pensée des Lumières, les droits de l’homme « de la populace » du commun, il est pour une morale des Maîtres, l’on a vu les dégâts causés par cette pensée.

 

L’on s’éloigne de l’amour d’autrui, des autres pas tant que ça. On constate qu’il est difficile d’aimer l’autre car avec la mouvance de nos ipséités pléonasme individuelle, il faut aimer toujours différent de soi-même, donc renoncer totalement à notre ego.

Difficile d’aimer tout le monde, sous l’injonction que l’amour ne se divise pas !

 

Le Franc-Maçon a promis d’aider ses frères, de les aider dans l’honneur, sans distinction de race, de croyance, de milieu social, mais parce qu’ils sont ses frères. Il a promis aussi de porter cet amour dans le monde, d’être un soldat de l’amour universel. Cette dernière mission il ne pourra l’accomplir qu’au terme de son initiation, par l’exemplarité et l’humilité à hauteur d’homme.

 

Ce processus initiatique maçonnique, qui consiste d’abord à aimer ses proches, comme un apprentissage de l’amour, conduit ensuite quand le cœur vient à grossir à aimer les autres, autrui, au minimum à diminuer les distances entre les hommes.

 

Vladimir Jankélévitch, je cite :

 

« Celui qui aime tout le genre humain sauf un indigène des Nouvelles-Hébrides n’aime pas le genre humain ; tout comme celui qui sacrifie un seul petit enfant à la marche de l’univers n’aime, selon Ivan Féodorovitch, ni l’univers, ni l’homme. »

 

Aimer son prochain, il faut se replonger à la source du Lévitique, dans le sens purement miraculeux, dans l’extase de l’amour, pour aimer son prochain comme soi-même. Non pas comme une partie, comme un appendice de soi, ni dans l’aime-toi, toi-même en l’être aimé, c’est purement de l’égoïsme.

Il faut aimer son prochain autant qu’il s’aime lui-même. Le moi devient alors son « autre », le moi est libérer de son égoïsme de ce cercle qui ramène à l’égoïsme, il n’y a plus alors de philautie, que de l’authenticité, de la pureté, de l’amour.

Le moi est libéré du plomb de l’égoïsme et devient de l’amour en or fin et pur.

 

C’est peut-être la phase finale de notre métamorphose, la stabilisation de notre ipséité, le terme de notre initiation, quand nous avons associé justice et amour, nous avons revêtu notre dernière enveloppe pour le dernier voyage.

 

Ceux qui ne voyaient que par la dictature du je, commencent à voir la deuxième personne. Ils ne dissolvent plus l’autre dans une altérité infinie, inaccessible qui serait la dernière ruse de l’ego. Leurs yeux décillés, le bandeau tombé, ils l’autre, les autres qui sont juste à côté d’eux, dans la chaîne d’union, ma sœur, mon frère si vous voyez dans cette chaîne un ennemi d’hier êtes vous prêt à lui pardonner et le reconnaître comme votre frère. »

 

L’on peut alors relire quelques lignes du prologue de Jean, sans en dénaturer l’esprit, c’est ce que je vous propose en guise de conclusion :

 

Il était la lumière et l’amour véritable qui éclaire tout homme et le rend digne. L’amour était dans le monde et le monde fût par lui, et le monde ne l’a pas reconnu. Il est venu chez lui, et les siens ne l’ont pas accueilli. Mais tous ceux qui ont accueilli l’amour en eux sont devenus des enfants de la Lumière et de l’amour.

 

Jean-François Guerry.

 

                               AMOUR

 

J’entrevois une conception de l’amour qui défie la raison : une pensée totale, qui enferme dans la présence toujours actuelle tout l’univers, et en même temps un sentiment intime, personnel et paternel de toutes les créatures particulières et de chacune pour elle-même, dans tous les instants et tous les atomes de chaque vie. L’amour pense l’absolu de l’univers dans l’éternel et, cœur de tous les êtres, il vit personnellement dans leur conscience.

 

                     Stéphane Barsacq – extrait de Météores.

 

 

 

A SUIVRE : L’AMOUR ET LA JUSTICE.

 

 

 

 

 

 

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Publié le
Le texte paru sur le Blog le 17 Janvier 2021 sous le titre : Souvenir d'un voyage d'antan en Bretagne est de Georges Rodenbach

 

Jean-François Guerry.

 

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Demain: L'ALTRUISME UNE PHILAUTIE DE L'EGO - PART II- Autrui, le Proche, les Autres.

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Publié le par Loge Kleio
LA TABLE D'EMERAUDE
Aujourd'hui un travail de La Loge Kleio vous êtes maintenant habitués à la qualité de ces travaux.
Bonne lecture

LA TABLE D'EMERAUDE

P G

 

 

 

La Table d'Émeraude constitue le plus court résumé, sinon le plus clair, du Grand OEuvre alchimique.

Hermès Trismégiste, Hermès le « trois fois grand », qui se désigne à la fin du texte de la Table comme son auteur, tantôt considéré comme un sage, un adepte de la Gnose qui aurait vécu peut-être au IIème siècle avant J.C., tantôt comme le dieu lui-même, apparait dans le panthéon égyptien en tant que premier ministre ou descendant du Dieu Thot.

Dieu lunaire, qui sera assimilé par les Grecs, vers le IVème siècle avant J.C., au Logos, c'est à dire au Verbe.

Dont voici le texte :

Vrai sans mensonge, certain et très vrai. Ce qui est en bas est comme ce qui est en haut. Et ce qui est en haut est comme ce qui en bas, pour réaliser les miracles d'une seule chose.

Et de même toutes choses procèdent d'une seule, par la médiation d'une seule. Ainsi toutes choses naquirent de cette chose unique, par adaptation.

Son père est le Soleil, sa mère la Lune. Le vent l'a porté en son sein. La terre est sa nourrice.

Voici le père de tout le telesme du monde entier. Sa force est entière, si elle est transformée dans la terre. Tu sépareras la terre du feu, le subtil du grossier, doucement, avec grande ingéniosité.

Il monte de la terre au ciel, et redescend en terre, et reçoit la force des choses d'en haut et de celles d'en bas. Ainsi, tu auras la gloire du monde entier. Et c'est pourquoi toute l'obscurité te fuira. Voici l'énergie forte de toutes les énergies, qui vaincra toutes choses subtiles et pénétrera toutes choses solides.

Ainsi fut créé le monde. Voici que seront des adaptations admirables, dont voici la manière.

C'est pourquoi je m'appelle Hermès le Trois Fois Grand, possesseur des trois parties de la philosophie du monde entier. Ce que j'ai dit de l'opération du Soleil est terminé.

 

Si le texte laisse entrevoir, de façon presqu’occasionnelle, des opérations pouvant être qualifiées (à la rigueur…) de chimiques, l’ensemble n’en fait pas moins allusion à une philosophie novatrice débouchant sur une problématique du monde abordée différemment et plus particulièrement sur une interaction permanente entre le cosmos et la terre.

Sa finalité tend à démontrer l’unicité de l’univers soumis à des lois communes à tous les niveaux.

En dehors de l’esprit universel caractérisant la Table d’Emeraude, elle fournit une explication sur l’homme et le cosmos, permettant d’envisager la nature et les étapes de la démarche initiatique dont l’homme, à la fois Ouvrier, Matière Première, Outil et OEuvre en cours de réalisation, se présente comme un acteur dans le théâtre que constitue l’univers.

A première vue, s’établit entre l’homme et le Cosmos une distance incommensurable qui réduit le premier à une quantité négligeable du second et le condamne à une impuissante fragilité. Cependant, placé au milieu de l’indéfiniment grand et de l’indéfiniment petit, l’homme, sensible au mystère lié à ce qui le dépasse, s’interroge et devient capable de percevoir la dimension du Sacré.

De plus et surtout, il possède, au moins potentiellement, une faculté d’ordre universel qui transcende son individualité corporelle et alchimique et qui lui confère la capacité de découvrir la cause derrière l’effet, l’implicite sous l’explicite, l’intelligible manifesté par le sensible.

Poussé par un pressentiment ou une réminiscence, lorsqu’il frappe à la porte du Temple, le profane, dont la seule certitude qu’il avait jusque-là était d’être dans le doute*, a déjà l’intuition que l’univers forme un Tout ordonné et hiérarchisé, harmonieusement régi par des lois immuables à l’origine desquelles préside un Principe Unique.

En loge, l’espace s’étend de l’Orient à l’Occident, du Septentrion au Midi et du Zénith au Nadir. Devant nous, à l’Orient, nous voyons le soleil et la lune. Ce qui est en bas devient comme ce qui est en haut.

Lorsque nous sommes placés à l’ordre, nous pouvons comprendre que nous participons de la structure ternaire de l’univers : par l’orientation de nos pieds, nous appartenons au monde matériel ; par la rondeur de notre voûte crânienne, au monde spirituel ; par le reste de notre personne, au monde intermédiaire ou psychique. Ainsi constituons-nous un petit monde, un microcosme, dont le corps, l’âme et l’esprit ont leur correspondance respective dans les trois niveaux du macrocosme.

L’initiation apparaît dès lors comme la création du monde, consistant en la mise en ordre d’un chaos.

D’abord, dans sa relation au monde, l’homme a ressenti l’égrégore de forces contraires et unies.

* Hommage à Pierre Desproges

 

Ensuite, à l’intérieur de lui-même, il a fait l’expérience de la multiplicité de son être avec sa part d’ombre faite de pulsions et d’émotions.

Il se multiplie également en présence de l’autre. Le dessinateur Philippe Geluck, auteur des bandes dessinées « le chat », a une très belle phrase en ce sens : « Quand quelqu’un partage mon opinion, j’ai l’impression de n’avoir plus qu’une demi-opinion ».

L’être a pourtant, de tout temps, perçu une unité fondamentale, particulièrement dans la manifestation du cosmos. Le parcours du soleil, le rythme des saisons et la chaîne même de la vie, où toute mort fournit le germe d’un renouveau, donne l’intuition de régularité et de complétude, d’un rapport secret entre le rythme de l’âme et de celui de l’univers, de ce qu’on peut appeler un « ordre ».

« Ce qui est en bas est comme ce qui est en haut et ce qui est en haut est comme ce qui est en bas pour accomplir le miracle de l’unité », confirme la Table d’Emeraude d’Hermès Trismégiste, le trois fois grand.

Les Constitutions d’Anderson contiennent aussi cette phrase : « La FM est destinée à rassembler ceux qui, sans elle, ne se seraient jamais rencontrés ».

De cette conscience découle, d’une part, la pratique du symbolisme, qui fait de toute chose l’expression d’une vérité analogiquement supérieure, et d’autre part, l’assurance que la connaissance de soi amène à la connaissance des autres et de l’univers, et celle-ci à la Connaissance du Principe Unique.

Dès lors, l’homme ne se trouve plus seulement dans le cosmos, mais le cosmos se trouve dans l’homme, et tous deux obéissent également à une Loi Universelle. En travaillant nous coopérons à l’exécution du Grand OEuvre selon le Plan du Grand Architecte de l’Univers.

Il s’en suit que la démarche initiatique passe par la connaissance de cette Loi Universelle puisque celle-ci ne fait que refléter la Volonté du Grand Architecte, en tant qu’organisateur du Chaos et source de l’Ordre et de l’Harmonie de l'Univers, et parce que l’initié, grandissant en sagesse, comprend que la liberté a pour condition la participation à l’Ordre Universel.

Mais cela nécessite de nous affranchir des limitations propres à l’existence individuelle, par la reconnaissance en nous du Soi immanent et de son identité avec le Principe Unique.

Cette Union au Principe délivre du carcan existentiel et correspond à une autre naissance, celle qui marque le passage de l’ordre psychique à l’ordre spirituel. Libération des déterminations et des servitudes du monde, elle se produit au centre de nous-même, dans la caverne du Coeur où s’opère la fusion de l’individuel avec l’universel.

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