Overblog
Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
la Franc Maçonnerie au Coeur

la Franc Maçonnerie au Coeur

Un blog d'information, de conversations sur le thème de la Franc Maçonnerie, des textes en rapport avec la Franc Maçonnerie, comptes rendus et conseils de lectures.

Publié le par jean françois
Charte des droits et devoirs du citoyen Français.

Charte des droits et devoirs du citoyen Français.

La Race la seule prononciation de ce mot, sent le soufre, l’adjonction d’un qualificatif, blanc, noir, jaune, aryens, seigneurs, inférieure, supérieure rappelle à ma mémoire, les moments les plus sombres de notre histoire. Il me faudrait donc m’abstenir, au titre de la pudeur, du politiquement correct, de la victimisation, de prononcer ce mot et surtout les qualificatifs qui en sont ses attributs.

Confronté à un déferlement médiatique à propos des paroles prononcées au grand jour par une femme politique, j’ai entrepris de me former par moi-même une idée de cette notion de race, n’étant pas un spécialiste, j’ai entrepris une recherche rapide, pour une mise à jour de mes connaissances pour y voir plus clair, avec la plus grande objectivité possible dans les dictionnaires à ma portée. Je vous propose ce parcours :

Le Grand Larousse Universel : (les termes Grand et universel doivent être de nature à me rassurer) le mot Race viendrait de l’Italien razza ; et du bas latin ratio qui signifie espèce. (c’est donc la qualification d’une espèce c’est plus rassurant que razza ou ratio surtout dans leur connotation contemporaine). I- Subdivision de l’espèce humaine selon V part de l’encyclopédie Anthropobiologique et Génétique des populations. .Population résultant-, soit par isolement géographique, soit par sélection, de la subdivision d’une même espèce animale. Pour le généticien, une population n’est pas, dans son essence biologique, une collection d’individus, exhibant diverses caractéristiques ; elle est une collection de gènes représentants divers allèles. Un allèle est défini comme l’ensemble des gènes correspondants à l’une des modalités d’actions possibles des gènes présents en un emplacement donné des chromosomes. Pour caractériser une population, il suffira donc de préciser le contenu de son patrimoine génétique pour chaque caractère élémentaire, ce qui pourra être réalisé en calculant les fréquences des divers allèles. La première constatation est que la recherche de gènes « marqueurs », caractéristiques d’une race a pratiquement échoué. Un gène aurait réellement constitué un « marqueur » s’il avait été présent, uniquement une certaine race et dans une proportion non négligeable des individus appartenant à cette race…

On ne peut donc pas, sauf rares exceptions définir une race d’après la présence ou l’absence de certains allèles.

Plus loin dans le Larousse sur le plan de la recherche mathématique des caractéristiques chiffrées qui séparent les individus l’on peut lire : si l’on désigne par 100 la moyenne des distances entre groupes appartenant à une même « race » au sens classique des races « blanche », « jaune » et « noire », est égale à 93 : autrement dit, la distance ente groupes d’une même race n’est inférieure, en moyenne, que de 7% à celle de groupes pris au hasard. Voilà ce qui dessine une idée d’appartenance à un groupe à l’intérieur d’une race.

Le Littré dictionnaire de référence de la langue Française quand lui au mot race indique : « Tous ceux qui viennent d’une même famille », plus loin « le règne éternel de la race de David », « les races royales…. », même notre Voltaire du siècle des Lumières : « La race des nègres est une espèce d’hommes différente de la nôtre, comme la race des épagneuls l’est des lévriers »

Le Robert dictionnaire Historique de la langue Française Tome3 : reprend le terme italien razza « espèce de gens », ou l’ancien provençal rassa « bande d’individus » il complète par les mots latin ratio et génératio notion de génération d’espèce au sens génétique. C’est au XIXème siècle après les travaux de Buffon, que se développe je cite : « l’étude de la variété des races humaines… » En 1853 : « L’essai sur l’inégalité des races humaines » de Gobineau est à la base des théories racistes qui s’appuient aussi sur certains développement du darwinisme.

Je terminerais ma recherche par :

L’Encyclopédie Thématique Universalis : dans la collection sciences humaines au mot Racisme. Il est écrit ; il n’est pas aisé de donner du racisme une définition qui fasse l’unanimité. C’est pour le moins étonnant à propos d’un sujet abordé tant de fois et de tant de manières. On comprend les raisons de cette difficulté lorsqu’on s’avise que la base du racisme, c’est à dire le concept de race pure appliquée aux hommes, est mal définie et qu’il est pratiquement impossible de lui découvrir un objet bien délimité. D’autre part, le racisme n’est pas une théorie scientifique, mais un ensemble d’opinions, peu cohérentes par surcroit. De plus, ces opinions, loin de découler de constats objectifs, extérieurs à celui qui les exprime, sont la justification d’attitudes et d’actes, eux- mêmes motivés par la peur d’autrui et le désir de l’agresser, afin de rassurer et de s’affirmer à son détriment. Enfin, le racisme apparaît comme le cas particulier d’une conduite plus générale : l’utilisation de différences biologiques, mais qui pourraient êtres psychologiques ou culturelles, réelles ou imaginaires. Il y a donc une fonction du racisme. Il résulte de tout cela que le racisme est la valorisation, généralisée et définitive, de différences biologiques, réelles ou imaginaires, au profit de l’accusateur et au détriment de la victime, afin de justifier une agression.

C’est cette dernière phrase que je retiendrais, si le mot race peut prêter à interprétation, justifications diverses et variées sur les plans biologiques, génétiques, historiques, anthropologiques et que sais-je encore. Ce ne sont que des prétextes, qui mènent tout droit au racisme « ordinaire », qui fait froid dans le dos, quand on pense à ses conséquences : l’on commence par distinguer, les blancs des noirs, puis les blancs des jaunes, puis les juifs des arabes, puis les chrétiens des islamistes, puis les rotariens des Francs-Maçons, puis les habitants des quartiers et ceux des centre ville, et l’on finit par regarder de travers son voisin de palier parce qu’il n’ a pas de cravate.

Bien sûr comme toujours j’exagère.

Mais avons nous pris les mesures juridiques, pour éviter la propagation de ce cancer ? Pas si sûr une de mes petites filles vient ces jours-ci de faire son « service citoyen » qui se résume à une journée passée à la caserne, quelques tests, des explications sur les missions des armées, des notions de secours aux personnes, toutes choses utiles et nécessaires, qui devraient à mon sens faire l’objet soit d’une piqûre de rappel de manière régulière, soit se dérouler sur une période plus longue. Au terme de cette journée elle a obtenu un Diplôme de l’état Français attestant sa participation et la liant de ce fait à la communauté nationale, au verso de ce diplôme : « La Chartre des droits et devoirs du citoyen Français » en application de l’art 21-24 du code civil, la présente chartre rappelle les principes et valeurs essentiels de la République et énonce les droits et devoirs du citoyen, résultant de la constitution ou de la loi.

Deux paragraphes ont attirés mon attention celui ayant trait :

Aux droits et devoirs du Citoyen Français. Il est écrit : « Tout être humain, sans distinction de race, de religion ni de croyance, possède des droits inaliénables. »…..

Cela laisse pour le moins perplexe, notre législation admet donc qu’il y a plusieurs races humaines, puisque qu’il convient de ne pas faire de distinction !

Cela mérite une explication, ou il y erreur, ou il y a négligence, ou il y a incompétence, ou je ne sais pas lire et je ne comprends rien.

Je préfère pour ma part à cette distinction de race ! Ce que nous dit la Franc-Maçonnerie en général et la G L D F en particulier : « La Franc-Maçonnerie accepte l’expression de toutes les idées qui respectent la liberté de conscience citoyenne de ses membres, excluant tous les extrémismes, incompatibles avec ses principes fondamentaux de respect et de dignité des êtres humains, quelles que soient leurs origines ethnique et culturelle »

JFG

PENSEES

Un homme et une femme qui passent leur vie entière ensemble, qui finissent par ne faire plus qu'une seule et même âme, qu'un seul et même être, est l'une des plus belles réussites humaines.”

Jean Dutourd ; Les œuvres romanesques (1979)

Il est plus facile d'être malheureux du malheur d'autrui qu'heureux de son propre bonheur.”

Jean Dutourd ; Le bonheur et autres idées (1980)

Voir les commentaires

Publié le par jean françois
Cahiers Villard de Honnecourt - Fichiers Conférence R.P. RIQUET

Cahiers Villard de Honnecourt - Fichiers Conférence R.P. RIQUET

LES FRANCS-MACONS EXCOMMUNIES !

EXCOMMUNICATION : Selon le Littré « Punition ecclésiastique, séparant quelqu’un de la communion extérieure d’une Église, c’est à dire du corps de ceux qui la composent » ou encore selon le Robert Dictionnaire Historique de la Langue Française en 1160-1174. « Rejeter de l’Église ».

Nombreux nous nous sommes interrogés avant de frapper à la porte du Temple, comment devenir Franc-Maçon sans tomber sous le coup d’une excommunication de l’église catholique romaine. Un homme le révérend Père Riquet ami des Francs-Maçons à œuvrer pour faire lever cette excommunication. Il a partiellement réussi, pour le moins il a convaincu ses pairs de l’église que la Franc-Maçonnerie de Tradition n’était ni anti cléricale, ni anti religieuse, et qu’elle respectait les lois de la république Française en ce qui nous concerne. Que rien ne justifiait donc cette excommunication, que cet homme d’église, cet homme exemplaire tout court en soit remercié. Pour ceux qui suivent le Blog relire le premier article le concernant paru le Jeudi 27 Août dernier.

Aujourd’hui grâce à Christian, lecteur du Blog, je vous livre les documents qu’il a eu la bienveillance de me faire parvenir : Un article du Figaro du 17 Octobre 1985 il y a bientôt 30 ans ! Ainsi qu’une conférence du Révérend Père organisée par la Loge de recherche Villard de Honnecourt de la G.L.N.F. le 30 Mars 1979. Vous ferez ainsi mieux connaissance avec ce Maçon sans tablier et les démarches qu’il a entrepris afin de réhabiliter la Franc-Maçonnerie auprès de l’église, bonne lecture.

JFG

PS : Merci de bien vouloir m’excuser pour la qualité des fichiers qui regroupent page par page cette conférence.

Les Travaux de Loge de Recherche Villard de Honnecourt sont accessibles à tous par abonnement auprès de la GLNF 12, Rue Christine de Pisan 75017 PARIS. Et également en Librairie.

BONUS HUMOUR

Une femme : J'ai peur que lorsque nous aurons été mariés quelque temps, une jeune et jolie fille vienne à passer et que vous m'oubliiez tout à fait. Groucho : Ne soyez pas bête ! Je vous écrirai deux fois par semaine.

Une femme : Vous ne tomberiez sûrement pas amoureux de moi si je vivais dans le dénuement. Groucho : Peut-être que si, mais je n'en dirais rien

Les Marx Brothers.

Voir les commentaires

Publié le par jean françois

Conférence DROIT HUMAIN Paris – Samedi 17 octobre 2015 à 14h00, la Fédération française du DROIT HUMAIN organise une Conférence Publique – Débat sur le thème « Jeunes : une place dans la société ? » présentée par Madeleine POSTAL, Présidente du Conseil National de la Fédération Française du Droit Humain Interviendront les conférenciers suivants : Sophie Mazet, Enseignante, Créatrice des ateliers d’auto défense intellectuelle, David Santini, Enseignant spécialisé, Président de CréaProjet, Expert auprès de la Commission Perspectives Sociétales, Laine Thiam, Directeur Général de l’Association de médiation sociale PROMEVIL. Lieu de la conférence : 9, rue Pinel – 75013 PARIS (siège de la FFDH) Inscription obligatoire au 01.44.08.62.62 ou surcontact@apfdh.org* après le Colloque annoncé de GLDF en Avril 2016, le Droit Humain s'intéresse aux jeunes. Manque de jeunesse dans les Obédiences ou jeunisme ambiant. JFG

Voir les commentaires

Publié le par jean françois
Ecole de village en Inde du nord "Le courage d'apprendre, la foi pour enseigner"

Ecole de village en Inde du nord "Le courage d'apprendre, la foi pour enseigner"

La photo de l'école est prise lors d'un voyage en Inde, elle inspire le respect pour ses jeunes, et leur enseignant. Totalement dépourvus de moyens, pas de table, pas de chaise, peu de stylos et peu de cahiers. Un exemple de Courage.

LE COURAGE.

Le courage est une vertu ! La Maçonnerie nous demande de fuir le vice et de pratiquer la Vertu, c’est peut être cela et seulement cela le but de la Maçonnerie.

Le Courage est sans doute ce qui manque le plus à notre société, et pourtant sa pratique permet de ne pas se laisser aller à la peur, peur qui est dispensée par les extrémistes de tout bords. Avez vous observé dans quelle indifférence l’on laisse nos citoyens bafouer tous les jours, les lois de la République pourtant votées par nos représentants ; avez vous vu beaucoup de gens intervenir contre les incivilités qui pourrissent la vie quotidienne des plus faibles ? Le courage nous manque, nous préférons dire c’est la faute à l’état, au gouvernement, à l’Europe, aux migrants, aux politiques, mais surtout nous, nous y sommes pour rien.

Ce manque de courage, peut rapidement nous mener au désespoir, anti chambre de la peur et la peur au fanatisme. Mais que pouvons nous faire, peut être face à chaque situation de la vie quotidienne faire acte d’un peu de courage, restaurer la politesse, le respect oh là je sais vous allez me dire ça sent la morale à plein nez ! Non simplement l’Ethique.

Mais que se passe t’il en ce moment, l’on parle dans le poste, de cours d’éducation civique, de service citoyen, voir de service militaire restauré, de mieux vivre ensemble.

Tout ça s’est bien gentil me direz-vous mais cela n’intéresse personne, c’est de la poudre aux yeux et puis surtout ce n’est pas sûr que cela marche. Je vous soumets cette citation bien connu de Guillaume d’Orange : « Il n’est point besoin d’espérer pour entreprendre, ni de réussir pour persévérer. » On disait cet homme taciturne, et cela ne l’a nullement découragé, ni d’agir, ni d’oser. Les optimistes n’ont pas le monopole du courage en effet, il est plus facile d’entreprendre, et d’espérer quand l’espoir de réussite est au bout. Le pessimiste lui à besoin de plus de courage, sachons néanmoins nous garder d’excès de courage, et de mettre ce courage au service d’un fanatisme destructeur. Restons en toute circonstances tempérant et bienveillant.

JFG

BONUS HUMOUR

On ne peut pas tout avoir. Et puis d'abord où le mettrait-on ?

La bêtise est infiniment plus fascinante que l'intelligence, infiniment plus profonde. L'intelligence a des limites, la bêtise n'en a pas.

Claude Chabrol

Voir les commentaires

Publié le par jean françois

Alain BAUER sur RMC. Invité ce vendredi des Grandes Gueules sur RMC, le criminologue Alain Bauer, ancien Grand maître du Grand Orient de France, a exhorté les francs-maçons a dévoilé leur appartenance à la franc-maçonnerie. On les soupçonne d'affairisme, on les imagine partout présents dans la classe politique. C'est peu dire que les Francs-maçons et leur culte du secret alimentent les fantasmes. On ne compte plus d'ailleurs les livres et les unes des magazines sur les Francs-maçons et leur pouvoir présumé ou avéré. Le criminologue Alain Bauer, ancien Grand maître du Grand Orient de France (l'une des principales loges maçonniques) souhaite lever le voile sur ces mystères autour de l'appartenance à la confrérie, qu'il trouve un peu désuet. Il dévoile l'identité de 289 illustres francs-maçons dans son Petit Dictionnaire des (vrais et faux) frères (éd. Flammarion). "Ça m'ennuie que des gens n'assument pas qu'ils le soient" Dévoiler l'identité des frères et sœurs, alors que c'est interdit par le code moral de la confrérie ? "Il faut avoir la fierté de son appartenance, répond Alain Bauer, ce jeudi dans les Grandes Gueules. Ça m'ennuie que des gens n'assument pas qu'ils le soient". Ce secret autour de l'appartenance est selon lui une des causes du fantasme autour de la maçonnerie. "C'est quand on ne le dit pas que ça intrigue les gens. On a l'impression qu'il y a un truc caché. Une fois que vous le dites… Il ne m'est jamais rien arrivé depuis que je l'ai dit", sourit le criminologue. "Et je ne vois pas en quoi, ni pourquoi il faudrait s'en cacher. Personnellement j'incite les francs-maçons à assumer la fierté de l'appartenance". Publicité Maçonnique, si vous voulez renier votre serment, développer votre Ego, montrer vous bien, abandonner toute humilité, si vous cherchez un Directeur de Conscience et peut être bientôt un guide spirituel !! JFG "Seulement 10% des élus sont francs-maçons" Parmi les illustres frères, on peut citer La Fayette, Mozart, Montesquieu, Voltaire, Jules Ferry, Louise Michel... Et plus près de nous, Gérard Collomb (maire de Lyon), Bertrand Delanoë (ex-maire de Paris), Xavier Bertrand (député Les Républicains), Jean-Luc Mélenchon (fondateur du parti de Gauche) ou le Premier ministre Manuel Valls. Par contre, malgré les rumeurs, ni Napoléon Bonaparte, ni Michel Charasse, ni Jacques Chirac n'ont appartenu à une loge maçonnique. Mais si jusqu'à la deuxième guerre mondiale, "un peu plus de 50% de la classe politique était franc-maçonne, aujourd'hui, tous élus compris, à peine 10% sont franc-maçons", calcule Alain Bauer. Mais pourquoi devient-on franc-maçon ? "On vient y chercher un manque. Trouver du sens, du contenu", explique Alain Bauer. "Une loge, c'est un endroit qui n'est pas marqué par l'interruption permanente et le concours de décibels qui soi-disant fait le charme du débat médiatique. Personne n'interrompt jamais quelqu'un en loge. Vous êtes obligés d'écouter les autres". "Il n'y a jamais eu autant de francs-maçons en France" Et visiblement, ça plaît puisque, selon Alain Bauer, "il n'y a jamais eu autant de francs-maçons en France: plus de 150.000 frères et sœurs, c'est un record historique. Essentiellement ce sont des instits, du personnel médical, des professions libérales, des fonctionnaires. Mais nous avons aussi des cheminots et des… maçons". "Ils viennent y chercher la qualité, le cocon, la fraternité, le calme". Alain Bauer le reconnaît, "il y a sans doute des frères attirés par l'affairisme. Il y a des pourris, des corrompus, on a notre dose. Mais après le grand ménage des années 2000 on est plutôt en bas de l'étiage qu'en haut".

Voir les commentaires

Publié le par jean françois
Tyrol Autrichien.

Tyrol Autrichien.

Cryogénisation

La cryogénisation consiste à abaisser la température d’un corps à – 196° afin de le conserver, longtemps, très longtemps. Les partisans de cette méthode supposent (parient ?) que la science fera un jour de tels progrès qu’il sera alors possible de les ramener à la vie. La cryogénisation est la forme scientifique de l’espérance en la résurrection qui, elle, interviendra ( ?) au jour du jugement dernier. La pratique de la cryogénisation repose donc sur une double foi (inébranlable comme il se doit), celle de la lucidité du partisan et celle de l’avenir, nécessairement meilleur. Elle comporte cependant un inconvénient majeur : à l’instar de l’enterrement, la méthode ne s’applique que sur des corps morts… Non content de décongeler le corps (ce qui semble possible) les scientifiques de l’avenir devront également lui rendre la vie (et la sienne, pas n’importe laquelle) qui s’est hélas évaporée entre un lit d’hôpital et une salle de surgélation.

Confrontés à cet argument, les optimistes répondent aux sceptiques que la science a déjà fait tant de progrès inimaginables que celui de ramener la vie, pour inconcevable qu’il soit aujourd’hui, pourrait bien être une banalité de demain (ou plutôt d’après-demain). Soit, et il faut bien reconnaître que la frontière entre la vie et la mort est parfois assez floue. Le langage sur ce sujet est d’ailleurs instructif. Ainsi, un vivant est certes bien vivant, mais un mourrant l’est également ! Les participes présents ne s’opposent pas, ils disent à peu près la même chose et le pessimiste éclairé voit en tout vivant un mourrant qui s’ignore. Parallèlement, celui qui est mort est vraiment mort, mais celui qui a vécu aussi, et oui… Jeux de mots diront les blasés, et il ne faut pas confondre les verbes et leurs formes déclinées. Mais si chacun comprend aisément que « vivre » est l’action du vivant, il faut admettre que « mourir » l’est bien tout autant, il s’agit d’une forme inchoative qui dit à la fois le point de départ de l’action, le chemin et son point d’arrivée.

La cryogénisation nous parle en fait de notre angoisse d’affronter la mort et la vie qui ne sont jamais celles que nous avions rêvées. A l’instar des autres croyances en une mort utile (karma, résurrection, paradis…) elle sert à supporter un monde qui a déçu avant même d’être exploré. Et dans son bac de surgelé, le glaçon mort rêve d’une vie meilleure où il ferait moins froid.

Théodore Neville.

LA PLANCHE DU DIMANCHE : CRYOGENISATION

BONUS HUMOUR.

“Je peux me défendre contre la méchanceté ; je ne peux pas me défendre contre la gentillesse.”

“Je me lève aussi facilement du pied gauche que du pied droit : je ne fais pas de politique.”

CITATION

Et l'on voit de la flamme aux yeux des jeunes gens, Mais, dans l'oeil du vieillard, on voit de la lumière.

Françis BLANCHE.

Voir les commentaires

Publié le par jean françois

Voir les commentaires

Publié le par jean françois
Pierre HADOT Biblio Partielle
Pierre HADOT Biblio Partielle
Pierre HADOT Biblio Partielle
Pierre HADOT Biblio Partielle
Pierre HADOT Biblio Partielle

Pierre HADOT Biblio Partielle

La Philosophie comme manière de vivre.

La découverte il y a quelques années, des ouvrages de Pierre Hadot fût pour moi comme une redécouverte de la Philosophie Antique et en particulier du « Miracle Grec » qui imprégna, notre civilisation occidentale et notre pensée, jusqu’à la nouvelle philosophie de Kant et le siècle des Lumières.

Jusqu’au rapt par la Chrétienté sur la philosophie grecque, les hommes avaient pour repères dans leur manière de vivre cette philosophie antique, ensuite la Philosophie devient une matière universitaire comme une autre enseignée de manière magistrale. Et les écrits Philosophiques ne sont pour la plupart que des Exégèses des textes anciens. Il ne c’est rien produit depuis Socrate et Platon j’exagère volontairement bien sûr, mais !

Pierre Hadot et quelques autres auteurs, comme Luc Brisson et Lucien Jerphagnon ont eu la sagesse de nous faire revivre la Philosophie Antique d’une autre manière. Comme un modèle inspirant pour une vie différente meilleure, en redécouvrant les vertus simples qui nous permettent d’accéder à une forme de sagesse et de bonheur. Vivre la philosophie.

Lire Pierre Hadot n’est pas un acte ordinaire, on en sort changé c’est un éveil à soi même, un parcours dans les pas de Marc Aurèle l’empereur Philosophe dont les écrits sont une forme aboutie du Stoïcisme, ou de Plotin le Mystique à la recherche de notre âme. Pierre Hadot malgré sa grande érudition, reste toujours accessible, preuve dans un des ses autres Livres « Plotin ou la Simplicité du regard ».

La Philosophie antique, pour Pierre Hadot n’est pas construction de système, mais choix de vie, comme une série d’exercices spirituels menant au chemin de la sagesse. En suivant Pierre Hadot nous comprenons en quoi les philosophes anciens peuvent nous aider à mourir, mais aussi à vivre, à mieux vivre le moment présent plus intensément comme si c’était notre dernier moment et que nous découvrions le monde qui nous entoure, pour la dernière fois, mais aussi la première fois.

La lecture avec Pierre Hadot est un bonheur spirituel.

JFG

Pierre Hadot : La Philosophie comme manière de vivre. Entretiens avec Jeannie Carlier et Arnold I. Davidson. Le Livre de Poche Biblio Essais 6,00 € !

Biographie Express :

Pierre Hadot, né à Paris le 21/02/1922, mort à Orsay le 24/04/2010. Famille catholique, thèse de théologie après le séminaire il est ordonné prêtre, déçu par les aspects conservateurs de l’église il quitte le sacerdoce. Il se consacre à des études philosophiques, spécialiste de la philosophie antique il est chargé de recherches au C N R S. Puis Directeur d’Etudes à l’Ecole Pratique des Hautes Etudes. Il se marie pour la 2ème fois à Ilsetraut Hadot érudite Allemande Philologue classique. Il est élu professeur au Collège de France sur l’initiative de Michel Foucault, il enseignera jusqu’en 1991.Il a obtenu de nombreux Prix Littéraires.

Bibliographie Partielle :

La Philosophie comme manière de vivre.

Exercices Spirituels et Philosophie Antique.

La Citadelle Intérieure ;

Plotin ou la Simplicité du Regard.

Plotin, Porphyre.

N’oublie pas de vivre.

Demain ne manquer ! La planche de Théodore :

La Cryogénisation.

 

Vannes et sa Femme, dans cette maison du centre un restaurant.
Vannes et sa Femme, dans cette maison du centre un restaurant.

Vannes et sa Femme, dans cette maison du centre un restaurant.

EN PASSANT PAR VANNES

Au centre ville, à voir Vannes et sa Femme, cette maison abrite un sympathique restaurant, cuisine italienne et plat du jour. Bien et pas trop cher.

Voir les commentaires

Publié le par jean françois
Crozon - Quiberon Le Château - Le Soleil se lève - L'Agapanthe -
Crozon - Quiberon Le Château - Le Soleil se lève - L'Agapanthe -
Crozon - Quiberon Le Château - Le Soleil se lève - L'Agapanthe -
Crozon - Quiberon Le Château - Le Soleil se lève - L'Agapanthe -

Crozon - Quiberon Le Château - Le Soleil se lève - L'Agapanthe -

Avant ou Après le Déluge ?

Peu importe si la Franc - Maçonnerie se fonde, avant ou après le discours de Ramsay c'est ce discours qui scelle le caractère universel et fraternel de la Franc-Maçonnerie.Son caractère humanitaire est un appel à la douceur de vivre ensemble, de réunir toutes les cultures, les cultes, les rites, pour un projet commun faire vivre et durer notre planète, la protéger de sa destruction par la main de l'homme. Sauver les hommes de leur folie fratricide. Avoir l'amour de notre Terre, de la Culture, qui nous vient de l'Agriculture. Le Grand Architecte nous a donné le Blé et la Vigne, il a comblé nos corps et nos Coeurs. Nous devons protéger ces dons, perpétrer cette religion naturelle universelle. Créer, recréer en permanence en rectifiant par l'Équerre l'harmonie, la joie dans notre Coeur et le Coeur des hommes, s'unir en Fraternité solidaire pour donner la Lumière aux peuples plongés dans l'obscurité et l'obscurantisme par notre indifférence égoïste. Abolir les dogmes diviseurs, remonter à la Tradition Primordiale de René Guénon, retrouver l'unité. Refaire le chemin de Cyrus à Noé. Nostalgie me direz-vous, oui nostalgie du bon, du beau, du vrai, pour que les hommes vivent désarmés ensemble. C'est cela pour moi la Franche Maçonnerie que les hommes reçoivent un déluge d'amour.

JFG

LE DÉLUGE

Serait-il dit que vous fassiez mourir le Juste avec le méchant ? (Genèse).

La Terre était riante et dans sa fleur première ;

Le jour avait encore cette même lumière

Qui du Ciel embelli couronna les hauteurs

Quand Dieu la fit tomber de ses doigts créateurs.

Rien n’avait dans sa forme altéré la nature,

Et des monts réguliers l’immense architecture

S’élevait jusqu’aux Cieux par ses degrés égaux,

Sans que rien de leur chaîne eût brisé les anneaux.

La forêt, plus féconde, ombrageait, sous ses dômes,

Des plaines et des fleurs les gracieux royaumes

Et des fleuves aux mers le cours était réglé

Dans un ordre parfait qui n’était pas troublé.

Jamais un voyageur n’aurait, sous le feuillage,

Rencontré, loin des flots, l’émail du coquillage,

Et la perle habitait son palais de cristal :

Chaque trésor restait dans l’élément natal,

Sans enfreindre jamais la céleste défense ;

Et la beauté du monde attestait son enfance ;

Tout suivait sa loi douce et son premier penchant,

Tout était pur encore. Mais l’homme était méchant.

Les peuples déjà vieux, les races déjà mûres,

Avaient vu jusqu’au fond des sciences obscures ;

Les mortels savaient tout, et tout les affligeait ;

Le prince était sans joie ainsi que le sujet ;

Trente religions avaient eu leurs prophètes,

Leurs martyrs, leurs combats, leurs gloires, leurs défaites,

Leur temps d’indifférence et leur siècle d’oubli ;

Chaque peuple, à son tour dans l’ombre enseveli,

Chantait languissamment ses grandeurs effacées :

La mort régnait déjà dans les âmes glacées.

Même plus haut que l’homme atteignaient ses malheurs :

D’autres êtres cherchaient ses plaisirs et ses pleurs.

Souvent, fruit inconnu d’un orgueilleux mélange,

Au sein d’une mortelle on vit le fils d’un Ange.

Le crime universel s’élevait jusqu’aux cieux.

Dieu s’attrista lui-même et détourna les yeux.

Et cependant, un jour, au sommet solitaire

Du mont sacré d’Arar, le plus haut de la Terre,

Apparut une vierge et près d’elle un pasteur :

Tous deux nés dans les champs, loin d’un peuple imposteur,

Leur langage était doux, leurs mains étaient unies

Comme au jour fortuné des unions bénies ;

Ils semblaient, en passant sur ces monts inconnus,

Retourner vers le Ciel dont ils étaient venus ;

Et, sans l’air de douleur, signe que Dieu nous laisse,

Rien n’eût de leur nature indiqué la faiblesse,

Tant les traits primitifs et leur simple beauté

Avaient sur leur visage empreint de majesté.

Quand du mont orageux ils touchèrent la cime,

La campagne à leurs pieds s’ouvrit comme un abîme.

C’était l’heure où la nuit laisse le Ciel au jour :

Les constellations palissaient tour à tour ;

Et, jetant à la Terre un regard triste encore,

Couraient vers l’Orient se perdre dans l’aurore,

Comme si pour toujours elles quittaient les yeux

Qui lisaient leur destin sur elles dans les Cieux.

Le Soleil, dévoilant sa figure agrandie,

S’éleva sur les bois comme un vaste incendie,

Et la Terre aussitôt, s’agitant longuement,

Salua son retour par un gémissement.

Réunis sur les monts, d’immobiles nuages

Semblaient y préparer l’arsenal des orages ;

Et sur leurs fronts noircis qui partageaient les Cieux

Luisait incessamment l’éclair silencieux.

Tous les oiseaux, poussés par quelque instinct funeste,

S’unissaient dans leur vol en un cercle céleste ;

Comme des exilés qui se plaignent entre eux,

Ils poussaient dans les airs de longs cris douloureux.

La Terre cependant montrait ses lignes sombres

Au jour pâle et sanglant qui faisait fuir les ombres ;

Mais, si l’homme y passait, on ne pouvait le voir :

Chaque cité semblait comme un point vague et noir,

Tant le mont s’élevait à des hauteurs immenses !

Et des fleuves lointains les faibles apparences

Ressemblaient au dessin par le vent effacé

Que le doigt d’un enfant sur le sable a tracé.

Ce fut là que deux voix, dans le désert perdues,

Dans les hauteurs de l’air avec peine entendues,

Osèrent un moment prononcer tour à tour

Ce dernier entretien d’innocence et d’amour :

— « Comme la Terre est belle en sa rondeur immense !

La vois-tu qui s’étend jusqu’où le ciel commence ?

La vois-tu s’embellir de toutes ses couleurs ?

Respire un jour encore le parfum de ses fleurs,

Que le vent matinal apporte à nos montagnes.

On dirait aujourd’hui que les vastes campagnes

Elèvent leur encens, étalent leur beauté,

Pour toucher, s’il se peut, le seigneur irrité.

Mais les vapeurs du ciel, comme de noirs fantômes,

Amènent tous ces bruits, ces lugubres symptômes

Qui devaient, sans manquer au moment attendu,

Annoncer l’agonie à l’univers perdu.

Viens, tandis que l’horreur partout nous environne,

Et qu’une vaste nuit lentement nous couronne,

Viens, ô ma bien-aimée ! Et, fermant tes beaux yeux,

Qu’épouvante l’aspect du désordre des cieux,

Sur mon sein, sous mes bras repose encor ta tête,

Comme l’oiseau qui dort au sein de la tempête ;

Je te dirai l’instant où le ciel sourira,

Et durant le péril ma voix te parlera. »

La vierge sur son cœur pencha sa tête blonde ;

Un bruit régnait au loin, pareil au bruit de l’onde :

Mais tout était paisible et tout dormait dans l’air ;

Rien ne semblait vivant, rien, excepté l’éclair.

Le pasteur poursuivit d’une voix solennelle :

« Adieu, monde sans borne, ô terre maternelle !

Formes de l’horizon, ombrages des forêts,

Antres de la montagne, embaumés et secrets ;

Gazons verts, belles fleurs de l’oasis chérie,

Arbres, rochers connus, aspects de la patrie !

Adieu ! Tout va finir, tout doit être effacé,

Le temps qu’a reçu l’homme est aujourd’hui passé,

Demain rien ne sera. Ce n’est point par l’épée,

Postérité d’Adam, que tu seras frappée,

Ni par les maux du corps ou les chagrins du cœur ;

Non, c’est un élément qui sera ton vainqueur.

La terre va mourir sous des eaux éternelles,

Et l’ange en la cherchant fatiguera ses ailes.

Toujours succédera, dans l’univers sans bruits,

Au silence des jours le silence des nuits.

L’inutile soleil, si le matin l’amène,

N’entendra plus la voix et la parole humaine ;

Et quand sur un flot mort sa flamme aura relui,

Le stérile rayon remontera vers lui.

Oh ! pourquoi de mes yeux a-t-on levé les voiles ?

Comment ai-je connu le secret des étoiles ?

Science du désert, annales des pasteurs !

Cette nuit, parcourant vos divines hauteurs

Dont l’Egypte et Dieu seul connaissent le mystère,

Je cherchais dans le ciel l’avenir de la terre ;

Ma houlette savante, orgueil de nos bergers,

Traçait l’ordre éternel sur les sables légers,

Comparant, pour fixer l’heure où l’étoile passe,

Les cailloux de la plaine aux lueurs de l’espace.

Mais un ange a paru dans la nuit sans sommeil ;

Il avait de son front quitté l’éclat vermeil,

Il pleurait, et disait dans sa douleur amère :

« Que n’ai-je pu mourir lorsque mourut ta mère !

J’ai failli, je l’aimais, Dieu punit cet amour,

Elle fut enlevée en te laissant au jour.

Le nom d’Emmanuel que la terre te donne,

C’est mon nom. J’ai prié pour que Dieu te pardonne ;

Va seul au mont Arar, prends ses rocs pour autels,

Prie, et seul, sans songer au destin des mortels,

Tiens toujours tes regards plus hauts que sur la terre ;

La mort de l’innocence est pour l’homme un mystère ;

Ne t’en étonne pas, n’y porte pas tes yeux ;

La pitié du mortel n’est point celle des cieux.

Dieu ne fait point de pacte avec la race humaine ;

Qui créa sans amour fera périr sans haine.

Sois seul, si Dieu m’entend, je viens. » Il m’a quitté ;

Avec combien de pleurs, hélas ! l’ai-je écouté !

J’ai monté sur l’Arar, mais avec une femme. »

Sara lui dit : « Ton âme est semblable à mon âme,

Car un mortel m’a dit : « Venez sur Gelboë,

Je me nomme Japhet, et mon père est Noë.

Devenez mon épouse, et vous serez sa fille ;

Tout va périr demain, si ce n’est ma famille. »

Et moi je l’ai quitté sans avoir répondu,

De peur qu’Emmanuel n’eût longtemps attendu. »

Puis tous deux embrassés, ils se dirent ensemble :

« Ah ! louons l’éternel, il punit, mais rassemble ! »

Le tonnerre grondait ; et tous deux à genoux

S’écrièrent alors : « O Seigneur, jugez-nous ! »

II

Tous les vents mugissaient, les montagnes tremblèrent,

Des fleuves arrêtés les vagues reculèrent,

Et du sombre horizon dépassant la hauteur,

Des vengeances de Dieu l’immense exécuteur,

L’océan apparut. Bouillonnant et superbe,

Entraînant les forêts comme le sable et l’herbe,

De la plaine inondée envahissant le fond,

Il se couche en vainqueur dans le désert profond,

Apportant avec lui comme de grands trophées

Les débris inconnus des villes étouffées,

Et là bientôt plus calme en son accroissement,

Semble, dans ses travaux, s’arrêter un moment,

Et se plaire à mêler, à briser sur son onde

Les membres arrachés au cadavre du Monde.

Ce fut alors qu’on vit des hôtes inconnus

Sur des bords étrangers tout à coup survenus ;

Le cèdre jusqu’au nord vint écraser le saule ;

Les ours noyés, flottants sur les glaçons du pôle,

Heurtèrent l’éléphant près du Nil endormi,

Et le monstre, que l’eau soulevait à demi,

S’étonna d’écraser, dans sa lutte contre elle,

Une vague où nageaient le tigre et la gazelle.

En vain des larges flots repoussant les premiers,

Sa trompe tournoyante arracha les palmiers ;

Il fut roulé comme eux dans les plaines torrides,

Regrettant ses roseaux et ses sables arides,

Et de ses hauts bambous le lit flexible et vert,

Et jusqu’au vent de flamme exilé du désert.

Dans l’effroi général de toute créature,

La plus féroce même oubliait sa nature ;

Les animaux n’osaient ni ramper ni courir,

Chacun d’eux résigné se coucha pour mourir.

En vain fuyant aux cieux l’eau sur ses rocs venue,

L’aigle tomba des airs, repoussé par la nue.

Le péril confondit tous les êtres tremblants.

L’homme seul se livrait à des projets sanglants.

Quelques rares vaisseaux qui se faisaient la guerre,

Se disputaient longtemps les restes de la terre :

Mais, pendant leurs combats, les flots non ralentis

Effaçaient à leurs yeux ces restes engloutis.

Alors un ennemi plus terrible que l’onde

Vint achever partout la défaite du monde ;

La faim de tous les cœurs chassa les passions :

Les malheureux, vivants après leurs nations,

N’avaient qu’une pensée, effroyable torture,

L’approche de la mort, la mort sans sépulture.

On vit sur un esquif, de mers en mers jeté,

L’oeil affamé du fort sur le faible arrêté ;

Des femmes, à grands cris insultant la nature,

Y réclamaient du sort leur humaine pâture ;

L’athée, épouvanté de voir Dieu triomphant,

Puisait un jour de vie aux veines d’un enfant ;

Des derniers réprouvés telle fut l’agonie.

L’amour survivait seul à la bonté bannie ;

Ceux qu’unissaient entre eux des serments mutuels,

Et que persécutait la haine des mortels,

S’offraient ensemble à l’onde avec un front tranquille,

Et contre leurs douleurs trouvaient un même asile.

Mais sur le mont Arar, encore loin du trépas,

Pour sauver ses enfants l’ange ne venait pas ;

En vain le cherchaient-ils, les vents et les orages

N’apportaient sur leurs fronts que de sombres nuages.

Cependant sous les flots montés également

Tout avait, par degrés disparu lentement :

Les cités n’étaient plus, rien ne vivait, et l’onde

Ne donnait qu’un aspect à la face du monde.

Seulement quelquefois sur l’élément profond

Un palais englouti montrait l’or de son front ;

Quelques dômes, pareils à de magiques îles,

Restaient pour attester la splendeur de leurs villes.

Là parurent encore un moment deux mortels :

L’un la honte d’un trône, et l’autre des autels ;

L’un se tenant au bras de sa propre statue,

L’autre au temple élevé d’une idole abattue.

Tous deux jusqu’à la mort s’accusèrent en vain

De l’avoir attirée avec le flot divin.

Plus loin, et contemplant la solitude humide,

Mourait un autre roi, seul sur sa pyramide.

Dans l’immense tombeau, s’était d’abord sauvé

Tout son peuple ouvrier qui l’avait élevé :

Mais la mer implacable, en fouillant dans les tombes,

Avait tout arraché du fond des catacombes :

Les mourants et leurs Dieux, les spectres immortels,

Et la race embaumée, et le sphinx des autels,

Et ce roi fut jeté sur les sombres momies

Qui dans leurs lits flottants se heurtaient endormies.

Expirant, il gémit de voir à son côté

Passer ces demi-dieux sans immortalité,

Dérobés à la mort, mais reconquis par elle

Sous les palais profonds de leur tombe éternelle ;

Il eut le temps encore de penser une fois

Que nul ne saurait plus le nom de tant de rois,

Qu’un seul jour désormais comprendrait leur histoire,

Car la postérité mourait avec leur gloire.

L’arche de Dieu passa comme un palais errant.

Le voyant assiégé par les flots du courant,

Le dernier des enfants de la famille élue

Lui tendit en secret sa main irrésolue,

Mais d’un dernier effort : « Va-t’en, lui cria-t-il,

De ton lâche salut je refuse l’exil ;

Va, sur quelques rochers qu’aura dédaignés l’onde,

Construire tes cités sur le tombeau du monde ;

Mon peuple mort est là, sous la mer je suis roi.

Moins coupables que ceux qui descendront de toi,

Pour étonner tes fils sous ces plaines humides,

Mes géants glorieux laissent les pyramides ;

Et sur le haut des monts leurs vastes ossements,

De ces rivaux du ciel terribles monuments,

Trouvés dans les débris de la terre inondée,

Viendront humilier ta race dégradée. »

Il disait, s’essayant par le geste et la voix

A l’air impérieux des hommes qui sont rois,

Quand, roulé sur la pierre et touché par la foudre,

Sur sa tombe immobile, il fut réduit en poudre.

Mais sur le mont Arar l’Ange ne venait pas ;

L’eau faisait sur les rocs de gigantesques pas,

Et ses flots rugissants vers le mont solitaire

Apportaient avec eux tous les bruits du tonnerre.

Enfin le fléau lent qui frappait les humains

Couvrit le dernier point des œuvres de leurs mains ;

Les montagnes, bientôt par l’onde escaladées,

Cachèrent dans son sein leurs têtes inondées.

Le volcan s’éteignit, et le feu périssant

Voulut en vain y rendre un combat impuissant ;

A l’élément vainqueur il céda le cratère,

Et sortit en fumant des veines de la terre.

III

Rien ne se voyait plus, pas même des débris ;

L’univers écrasé ne jetait plus ses cris.

Quand la mer eut des monts chassé tous les nuages,

On vit se disperser l’épaisseur des orages ;

Et les rayons du jour, dévoilant leur trésor,

Lançaient jusqu’à la mer des jets d’opale et d’or ;

La vague était paisible, et molle et cadencée,

En berceaux de cristal mollement balancée ;

Les vents, sans résistance, étaient silencieux ;

La foudre, sans échos, expirait dans les cieux ;

Les cieux devenaient purs, et, réfléchis dans l’onde,

Teignaient d’un azur clair l’immensité profonde.

Tout s’était englouti sous les flots triomphants,

Déplorable spectacle ! Excepté deux enfants.

Sur le sommet d’Arar tous deux étaient encore,

Mais par l’onde et les vents battus depuis l’aurore.

Sous les lambeaux mouillés des tuniques de lin,

La vierge était tombée aux bras de l’orphelin ;

Et lui, gardant toujours sa tête évanouie,

Mêlait ses pleurs sur elle aux gouttes de la pluie.

Cependant, lorsqu’enfin le soleil renaissant

Fit tomber un rayon sur son front innocent,

Par la beauté du jour un moment abusée,

Comme un lis abattu, secouant la rosée,

Elle entr’ouvrit les yeux et dit : « Emmanuel !

Avons-nous obtenu la clémence du ciel ?

J’aperçois dans l’azur la colombe qui passe,

Elle porte un rameau ; Dieu nous a-t-il fait grâce ?

— La colombe est passée et ne vient pas à nous.

— Emmanuel, la mer a touché mes genoux.

— Dieu nous attend ailleurs à l’abri des tempêtes.

— Vois-tu l’eau sur nos pieds ? — Vois le ciel sur nos têtes.

— Ton père ne vient pas ; nous serons donc punis ?

— Sans doute après la mort nous serons réunis.

— Venez, Ange du ciel, et prêtez-lui vos ailes !

— Recevez-la, mon père, aux voûtes éternelles ! »

Ce fut le dernier cri du dernier des humains.

Longtemps, sur l’eau croissante élevant ses deux mains,

Il soutenait Sara par les flots poursuivie ;

Mais, quand il eut perdu sa force avec la vie,

Par le ciel et la mer le monde fut rempli,

Et l’arc-en-ciel brilla, tout étant accompli.

Écrit à Oloron, dans les Pyrénées, en 1823.

Alfred de Vigny, Poèmes antiques et modernes

Voir les commentaires

Publié le par jean françois

Communiqué : Le 26 Septembre dernier, lors de son 5ème diner La Grande Loge de France recevait Monsieur Jacques Toubon et Monsieur Abdennour Bidar, en présence de Madame Najat Valaud Belkacem Ministre de l'Éducation Nationale, qui à cette occasion a annoncé qu'elle parrainerait : "Le Grand Colloque sur la Jeunesse" organisé par la GLDF et la GLFF le 02 Avril 2016. Une belle occasion pour notre ministre de nouer ou renouer avec le siècle des Lumières et ses héritiers, ainsi qu'avec les pseudo intellectuels. JFG

Voir les commentaires

Catégories

Articles récents

Hébergé par Overblog