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la Franc Maçonnerie au Coeur

la Franc Maçonnerie au Coeur

Un blog d'information, de conversations sur le thème de la Franc Maçonnerie, des textes en rapport avec la Franc Maçonnerie, comptes rendus et conseils de lectures.

Publié le par Jean-François Guerry
LA VOIE DE LA FRATERNITE

LA VOIE DE LA FRATERNITÉ

 

 

La démocratie est en panne, chacun peut le constater est-ce le problème de notre constitution, de notre mode d’élection, de notre représentation, en clair un simple problème technique ou un problème de sens de vision plus global, plus universel.

 

Les démocraties libérales souffrent du repli des citoyens sur eux-mêmes, de l’individualisme qui a remplacé l’individualité. Les hommes ne font plus l’effort de la rencontre de l’autre, des autres. Ils vivent dans des « archipels » selon l’expression de Guillaume Fourquet, au mieux les hommes se regroupent dans des corporatismes.

 

Ainsi les démocraties libérales ont perdu leur sens, leur substance, elles n’ont plus les moyens sur le long terme de réduire l’accroissement des inégalités, le fameux ascenseur social est en panne, le manque d’espérance, de visions sur le long terme engendre des colères permanentes et la montée des violences.

 

Le collectif a été remplacé par des libertés séparées. La relation avec autrui et avec les autres n’est plus une priorité. Il y a un retour d’une forme de barbarie, le sentiment d’injustice est une constante. Pourquoi parce que la liberté surplombe la vérité.

La société libérale se fonde sur le jeu de libertés opposées, rivales. Ce manque de collectif peut nous faire à tout instant basculer dans une société fasciste où la multiplicité des libertés peut se dissoudre dans totalité, la liberté d’un groupe, niant toutes les formes de libertés individuelles. Nous serions alors dans une Vérité unique dogmatique, surplombant la liberté de ce seul groupe.

 

Ces deux sociétés ont malheureusement un point commun elles ne regardent plus le visage de l’autre, personne ne regard l’autre. Nous n’avons de référence que par rapport à nous-mêmes. Ainsi s’égrène le chapelet des affirmations : c’est ma liberté, c’est mon droit, mon moi, mon individualité, mon identité, mes racines. J’oublie l’autre, mon devoir, ma responsabilité envers l’autre je ne suis plus le gardien de mon frère. Si tout va mal l’autre devient mon bouc émissaire. Ma liberté écrase la vérité, mon égoïsme devient violence.

 

On affirme continuellement les principes démocratiques, la liberté de chacun, l’égalité, le respect de la dignité de l’homme, de la dignité humaine sans en faire l’expérience. C’est la perte de l’éthique, de cette éthique au service de la justice. Pour être le plus juste possible, il nous faut avoir la force, le courage de remettre en cause de manière permanente le bon droit de sa liberté. Jusqu’à oublier son soi, pour être vrai, pour son soi véritable, pour être libre et non avoir.

 

Il y a donc une troisième voie en dehors de la démocratie libérale et du fascisme. En dehors des libertés individuelles, personnelles, clivantes et inégalitaires ; en dehors de la liberté dogmatique d’un seul groupe, du fascisme. C’est la voie de la fraternité. De la fraternité du visage de l’autre, de la rencontre de l’autre, c’est la pensée, le projet original de Emmanuel Levinas, décrit par Corine Pelluchon :

 

« La rencontre d’autrui ouvre l’humanité puisque le visage est la trace de l’infini. » 

 

Emmanuel Levinas écrit dans Totalité et Infini :

 

« L’épiphanie du visage comme visage ouvre l’humanité. »

 

A force d’être absorbé par nos droits, nos libertés, on oublie nos devoirs de fraternité, pourtant seule cette fraternité permet d’envisager une société apaisée avec un avenir commun, dans le respect du visage, de la dignité d’autrui et des autres.

 

Jean-François Guerry.

 

 

 

Extrait de Totalité et Infini d’Emmanuel Levinas :

 

« La paix ne peut (…) pas s’identifier avec la fin des combats qui cessent faute de combattants par la défaite des uns et la victoire des autres, c’est-à-dire avec les cimetières ou les empires universels futurs. La paix doit être ma paix, dans une relation qui part d’un moi et va vers l’Autre, dans le désir et la bonté où le moi à la fois se maintient et existe sans égoïsme. »

LECTURE

 

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Publié le
MÉMOIRES DE CONFINEMENT

SAGESSE FORCE ET BEAUTÉ

 

Seul à la porte, débarrassé de tes métaux,

As-tu laissé aussi le profane le réel ?

Gare à toi grand pêcheur devant l’éternel !

Écoute le sage, maîtrise ta force, aime le beau.

Suicide mental ? Thérapie ? Quelle maçonnerie ?

Solitude à plusieurs ? Quête d’ahuris ?

École ? En voilà des questions mes frères quel envol !!!

 

 

Faut-il qu’il t’en souvienne de tes jours de haine

Où le miroir ne réfléchissait que tes peines ?

Rien que du noir, mais, pourquoi ? N’as-tu rien compris ?

C’est à toi de découvrir ce qui est caché.

Écarte cette gangue la force c’est la sublimer.

 

 

Bible, beauté, dualité, buté, touché, coulé !

Émerveillement du passage profane sacré.

À midi travail, à minuit profit et joie.

Une pierre dans notre édifice a trouvé sa place.

Travail de la pierre brute, ouverture de l’impasse !

Et le beau dans tout ça ? Peut-être chercher voie.

 

Jean-Pierre Rousseau Gawr’né.

Ordres d'architecture : Dorique, Ionique, Corinthien

Ordres d'architecture : Dorique, Ionique, Corinthien

 

La destruction du Temple

 

Quand l’élu fut déchu, ils se virent orphelins

Privés d’une lumière délicieuse et pure

Et des larmes amères coulèrent sur leurs figures

Tandis que dans le ciel s’immisçait le déclin.

 

Les grands élus doutaient et la Voûte sacrée

Qu’ensemble ils atteignirent avait un goût de sang ;

Ils contemplaient les ruines de leurs temples absents

Où Galaad périt par l’amour consacré.

 

Ils tendirent leurs bras vers l’azur infini

En clamant leur amour en une litanie

Adressée au très-haut quémandant des réponses.

 

Le ciel restait muet quand ils quittèrent Juda.

Guibulum chevauchait au milieu des ronces

Quand il vit se lever l’invincible armada…

 

Philippe Jouvert.

MÉMOIRES DE CONFINEMENT

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Publié le

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Jean-François Guerry.

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Publié le par JF GUERRY et Loge Kleîo

La foi déplace les montagnes, elle élève l’esprit des femmes et des hommes vers les plus hautes régions de la spiritualité, elle n’est pas le credo d’une seule religion ou d’une seule école de pensée, elle est conscience de ce qui nous dépasse, elle n’est pas exclusive, elle est universelle.

L’espérance donne du sens, un sens à la vie, elle porte les hommes, les uns vers les autres, elle n’est pas un pâle ou un vain espoir. Elle est lumière dans mon cœur et lueur dans les yeux de mes sœurs et de mes frères.

La charité qui est l’amour couronne le tout, elle est le tout, il n’y a rien sans elle, pas de fraternité, pas l’once d’une solidarité. Elle est, ce désintéressement qui fait la grandeur et la dignité de l’homme.

Un frère de la Loge Kleîo nous propose sa réflexion sur les théologales. J’ai apprécié, vous n’en doutiez pas ses références à Emmanuel Levinas.

Bonne lecture.

 

Jean-François Guerry. 

DES VERTUS....

LES VERTUS THEOLOGALES

 

 

 

Aborder les notions de Foi, Espérance et Charité en les appelant “Les 3 vertus Théologales”, c’est les mettre au niveau le plus haut de la spiritualité, par comparaison aux autres vertus, dont les vertus cardinales qui sont conseillées dans nombre de rituels : la Tempérance, la Prudence, la Justice et la Force. C’est relativement justifié, dans la mesure où les vertus cardinales sont plutôt du ressort de la vie sociale et de la pratique personnelle quotidienne, alors que les vertus théologales sont de l’ordre de l’inspiration divine et intéressent notre être profond dans son rapport avec la transcendance.

Les trois termes sont présentés conjointement dans deux épîtres de Paul de Tarse, le plus juif des apôtres, à mon sens, si l’on regarde de près son parcours et comme il est rapporté dans les Actes des Apôtres : « Je suis juif, né à Tarse en Cilicie ; mais j'ai été élevé dans cette ville-ci (Jérusalem), et instruit aux pieds de Gamaliel dans la connaissance exacte de la loi de nos pères, étant plein de zèle pour Dieu, comme vous l'êtes tous aujourd'hui. » — (Act. 22, 3).  De l’enseignement de sa jeunesse, il a hérité le souci de la Foi exprimée dans le respect de la Loi et dans la prière en commun, d’où sa propension à créer des églises et à entretenir des relations suivies avec les fidèles par sa présence ou ses épîtres. Et c’est dans deux de ces épîtres, disais-je, que Paul a réuni solennellement les trois mots. Dans la première épître aux Théssaloniciens « Nous nous rappelons en présence de notre Dieu et Père l'activité de votre foi, le labeur de votre charité, la constance de votre espérance, qui sont dus à notre Seigneur Jésus Christ » (1Th 1,3). Aussi, dans la première épître aux Corinthiens « Ce qui demeure aujourd'hui, c'est la foi, l'espérance et la charité ; mais la plus grande des trois, c'est la charité. » ( 1Co 13,13 ). Il complète ainsi, selon diverses exégèses, le passage de la même lettre « Mais ce que nous proclamons, c'est, comme dit l'Écriture : ce que personne n'avait vu de ses yeux ni entendu de ses oreilles, ce que le coeur de l'homme n'avait pas imaginé, ce qui avait été préparé pour ceux qui aiment Dieu. Et c'est à nous que Dieu, par l'Esprit, a révélé cette sagesse. » ( 1Co 2,9-10 ) en indiquant, par l’exaltation de ces 3 vertus, qu’il a fallu que l’homme les possède, ou les pratique, pour qu’il accède à ce savoir. Nous reviendrons le moment venu sur le point de vue particulier exprimé par Saint Paul sur la prééminence de la charité.

Pour cette introduction, je commencerai par rappeler ce que sont, à mon sens, ces notions, les circonstances de leur apparition dans l’univers spirituel de l’humanité, certaines époques et doctrines, religions ou systèmes de pensée qui les ont prônées, puis je vous inviterai à chercher à les relier à notre spiritualité de Franc Maçons.

 

La Foi par Antonio Corradini

La Foi par Antonio Corradini

La Foi est un sentiment profond qui résulte de la conjonction de plusieurs influences sur notre esprit : la famille et l’éducation, l’observation du monde et le ressenti devant la création et aussi, peut-être, une grâce partagée avec d’autres êtres humains ayant reçu une inspiration similaire. Ce sentiment, tel qu’il fut ressenti par nos prédécesseurs, est raconté dans plusieurs textes sacrés. Il induit chez le croyant des formes diverses de dévotion qui en sont les manifestations intérieures ou extérieures. La prière en est l’exemple essentiel.

La nature de ce sentiment a des formes diverses suivant les époques et les lieux. Nous prendrons quelques exemples qui m’ont paru importants :

Dans l’Egypte ancienne, la Foi est l’acceptation de la vérité de la création, vérité spécifique suivant les régions, création attribuée à l’un ou l’autre des dieux tutélaires comme IsisSethHorusAnubis. Les manifestations de cette acceptation ont souvent été des sacrifices personnels, y compris l’adhésion au travail forcé de la construction des lieux sacrés, temples et pyramides, comme la soumission sans réserve à l’autorité du Pharaon, d’essence divine, et la satisfaction de tous les désirs que celui-ci pouvait exprimer.

Pour les Perses, la Foi Zoroastrienne, qui a persisté comme religion presque unique de l’empire Perse, depuis le 1er millénaire avant J.C. (peut-être même avant) et jusqu’à l’expansion de l’Islam au milieu du VIIè siècle, est l’acceptation de la création monothéiste par Ahura Mazda (« Seigneur de la Sagesse »).

Cette Foi consiste surtout à accepter de répondre de ses actes en fonction d’une morale en trois points :  bonne pensée, bonne parole, bonne action.

Pour les Hébreux, la Foi est évoquée à plusieurs reprises dans la Bible, comme l’acceptation de l’inspiration divine par des figures tutélaires du judaïsme, inspiration qui les conduit à “marcher à coté de Dieu” comme l’ont fait Noé, Abraham, ou Moïse. Cette acceptation sans réserve du commandement divin a conduit Noé à construire l’Arche et à participer ainsi au sauvetage de la création. Elle a conduit Abraham à s’exiler volontairement, après avoir détruit la boutique de son père, marchand d’idoles, et dont la Foi sera éprouvée par l’exigence du sacrifice d’Isaac. Le remplacement du fils aimé par un mouton montre la difficulté de la Foi (Abraham pouvait-il croire que Dieu le laisserait aller jusqu’au bout du sacrifice ?). La leçon de cet épisode c’est la décision de Dieu de mettre un terme aux sacrifices humains, chers aux prêtres idolâtres. Elle a, enfin, conduit Moïse à défier Pharaon,  l’homme probablement le plus puissant de la terre à cette époque, en exigeant la délivrance de son peuple. Plus tard, Moïse sera le porteur de la Loi qu’il présentera dans le tumulte de la foule livrée à l’idolâtrie à nouveau. La Foi des Hébreux, en tant que peuple, apparaît ici, dans l’acceptation de la vérité de la Loi divine, la Torah, et des contraintes qu’elle impose, à travers ses 613 commandements.

Cette Foi des Hébreux est caractérisée sommairement par le rejet des Idoles et l’affirmation de l’unicité, de l’omni-science /-présence / et -potence du Dieu dont on ne doit ni ne sait prononcer le Nom sacré.

Le Christianisme donnera à la Foi tout d’abord une incarnation, en la personne de Jésus, avec pour conséquence, la certitude d’avoir atteint les temps messianiques (cette certitude n’est plus en vigueur à ma connaissance, même s’il ne semble pas qu’on y ait substitué de nouvelle espérance liée aux temps à venir). L’objet de la Foi va s’étendre avec le temps en y ajoutant la personne sacrée de Marie, mère de Jésus, le concept de l’Esprit Saint et en rappelant le rôle de Dieu, ce qui élargit le champ du corpus dogmatique aux notions de Trinité et d’Immaculée conception. L’Eucharistie complète ce champ en entrant dans la liturgie commune à tous les catholiques.

Le Credo (profession de foi) est la manifestation par le croyant, de son adhésion à ce corpus. Pour mémoire, l’un des textes trouvés sur le site du Diocèse de Paris :

Je crois en Dieu, le Père tout-puissant, créateur du ciel et de la terre ; et en Jésus-Christ, son Fils unique, notre Seigneur, qui a été conçu du Saint-Esprit, est né de la Vierge Marie, a souffert sous Ponce Pilate, a été crucifié, est mort et a été enseveli, est descendu aux enfers, le troisième jour est ressuscité des morts, est monté aux cieux, est assis à la droite de Dieu le Père tout-puissant, d’où il viendra juger les vivants et les morts.

Je crois en l’Esprit-Saint, à la sainte Eglise catholique, à la communion des saints, à la rémission des péchés, à la résurrection de la chair, à la vie éternelle. Amen.

Ce texte confirme la codification extrêmement précise de la Foi catholique.

A l’opposé, le Protestantisme est revenu à une Foi plus sobre, si on peut s’exprimer ainsi, en mettant en avant quelques commandements pour la Foi, dont :

  • "A Dieu seul la gloire" : Rien n'est sacré, divin ou absolu en dehors de Dieu affirment les protestants.
  • "La grâce seule" : Les protestants affirment que la valeur d'une personne ne dépend ni de ses qualités, ni de son mérite, ni de son statut social, mais de l'amour gratuit de Dieu qui confère à chaque être humain un prix inestimable.
  • "L'essentiel, c'est la foi": La foi naît de la rencontre personnelle avec Dieu. Cette rencontre peut surgir brusquement dans la vie d'un individu. Le plus souvent, elle est l'issue d'un long cheminement parsemé de doutes et d'interrogations. Mais la foi est offerte par Dieu, sans condition.
  • "La Bible seule": Les chrétiens protestants ne reconnaissent que la seule autorité de la Bible.

Dans l’Islam enfin, le concept de Foi est résumé, à mon sens, dans l’acceptation du Monothéisme et de la position de Muhammad comme Envoyé de Dieu. La profession de Foi est exprimée dans (traduction approximative) : “Il n’y a de seul Dieu qu’Allah et Muhammad est son Envoyé”. Plus précisément, cette foi s’exprime dans la première Sourate du Coran, la Fatiha, qui est la première prière qu’il faut prononcer :

Traduction possible :

1. Au nom d'Allah, le Tout Miséricordieux, le Très Miséricordieux.

2. Louange à Allah, Seigneur de l'univers.

3. Le Tout Miséricordieux, le Très Miséricordieux,

4. Maître du Jour de la rétribution.

5. C'est Toi [Seul] que nous adorons, et c'est Toi [Seul] dont nous implorons secours.

6. Guide-nous dans le droit chemin,

7. le chemin de ceux que Tu as comblés de faveurs, non pas de ceux qui ont encouru Ta colère, ni des égarés.

 

La traduction de Chouraki, plus littérale donne :

1.     Au nom d’Allah, le Matriciant, le Matriciel.

2.     La désirance d’Allah, Rabb des univers,

3.     le Matriciant, le Matriciel,

4.     souverain au jour de la Créance:

5.     Toi, nous te servons, Toi, nous te sollicitons.

6.     Guide-nous sur le chemin ascendant,

7.     le chemin de ceux que tu ravis, non pas celui des courroucés ni des fourvoyés.

 

Vous aurez remarqué des mots bizarres (Matriciant, désirance, courroucés), qui sont en fait des traductions très proche de l'étymologie des mots arabes correspondants (Rahman, Al Hamdoulillah, etc.)

L'Espérance au Grau du Roi

L'Espérance au Grau du Roi

L’Espérance est fortement liée au souhait de l’homme de bénéficier d’une vie, plutôt meilleure, après sa mort. Une évidence : la mort est une donnée incontournable de l’environnement de l’homme. Des époques les plus reculées de la préhistoire nous sont parvenus des témoignages du soin qui était apporté aux rites funéraires ainsi que de leur codification. Le corps du proche, même dans l’inertie de la mort, mérite le respect. De plus, l’espérance d’un au-delà qui serait sa nouvelle demeure, exigerait une préparation. Les civilisations anciennes ont codifié cette préparation des corps à la vie future, comme si l’état à venir du défunt dépendait du soin pris à son égard. Petit à petit, cette immortalité désirée se transforme pour devenir une réalité que notre bonne conduite dans ce monde nous assurerait. Dans toutes les religions que j’ai évoquées précédemment, le concept d’Espérance, fortifié par l’affirmation de l’existence d’un monde à venir où les bons auraient leur place, apparaît à un moment de leur évolution et plus ou moins tardivement. Dans la religion Égyptienne, dès les premiers Pharaons, la question de leur survie physique dans l’au delà est posée de manière très pragmatique et la réponse donnée est un tombeau lieu de vie avec vêtements, meubles et nourriture, un corps momifié pour assurer que la pourriture ne pourra l’atteindre avant qu’il ait trouvé sa nouvelle place,  A l’opposé, dans le texte de la Torah, c’est ici et maintenant que tout se joue. Les Hébreux des premiers temps espèrent vaguement être récompensés pour leurs bonnes actions ou la fermeté de leur Foi.  Les lois s’imposent à l’homme sans qu’il en espère être gratifié en aucune manière dans l’au-delà. Bref, on obéit à la Loi, parce que c’est la Loi. Cependant, une évolution se produira lorsque de grands malheurs s’abattront sur le peuple dont l’exil à Babylone est un exemple. L’espoir de vivre une bonne vie terrestre s’amenuisant, le rêve de l’immortalité de l’âme dans un monde de béatitude fait son chemin et apparaît la notion de “monde à venir” (en hébreu “Ha Ôlam Haba”). L’immortalité de l’âme et la vie dans ce monde à venir ont fait l’objet de milliers de pages de discussion dans le Talmud et dans les exégèses diverses. Je me contenterai de citer un extrait du livre de Job, où il est explicitement fait état de ce monde à venir : « Pour ma part, je sais que celui qui me rachète est vivant et qu'il se lèvera le dernier sur la terre. Quand ma peau aura été détruite, en personne je contemplerai Dieu. C’est lui que je contemplerai, et il me sera favorable. Mes yeux le verront, et non ceux d'un autre » (Job 19.25-27).

C’est avec le Christianisme que la question de l’Espérance trouve sa réponse, non seulement dans la résurrection de Jésus, mais dans l’annonce du séjour céleste promis à l’âme du défunt si, de son vivant, celui-ci a été bon. C’est la promesse de la résurrection de tous les hommes qui auront fait leur devoir sur terre.

La déclinaison de cette Espérance par l’Islam, peut être résumée ainsi (Institut pour les Questions Relatives à l'Islam : http://www.iqri.org/articles/musulmans-et-chretiens-ont-ils-memes-raisons-d-esperer)

 

En islam le concept d'espérance est très important. L'espérance du musulman est fondée sur ce  qu'il s'efforce de faire pour Dieu et sur ce que Dieu décidera de faire pour lui.  Il s’efforce donc d’obéir à Dieu en espérant qu'au jour du jugement, il se montrera bienveillant à son égard.

On trouvera plus de détails ici :

https://fr.wikipedia.org/wiki/Vie_après_la_mort#Selon_l.27islam

La Charité Pélican nourrissant ses petits

La Charité Pélican nourrissant ses petits

La Charité, en tant que vertu Théologale, peut être vue comme synonyme d’amour.

Pour l’Egypte ancienne, j’ai trouvé dans Wikipedia une allusion à la charité, comme vertu permettant de faire pencher la balance en sa faveur :

Lors de la pesée du cœur dans le tribunal d'Osiris, le défunt après avoir nié ses péchés devant quarante-deux juges, affirme pour faire pencher la balance en sa faveur :

« J'ai satisfait dieu par ce qu'il aime: j'ai donné du pain à l'affamé, de l'eau à l'altéré, des vêtements à celui qui était nu, une barque à celui qui n'en avait pas, (...) Alors sauvez-moi, protégez-moi, ne faites pas de rapport contre moi devant le grand dieu !  »

J’ai ensuite examiné ce que la religion Zoroastrienne en fait. Ici, je cite la source Annie Besant, “Des religions pratiquées actuellement dans l’Inde” 1907 :

“Ce doit être une charité éclairée, elle doit être exercée envers qui la mérite ; il est particulièrement recommandé d’aider les pauvres, d’aider à se marier ceux qui n’ont pas le moyen de le faire, d’aider à élever les enfants de ceux qui sont incapables de remplir eux-mêmes ce devoir.”

Dans la tradition juive, de multiples commandements sont relatifs à la charité, dont le mot clé est la “TSEDAKA” qui veut dire plutôt “justice” et “droiture”, mais qui est communément considéré comme l’expression de la charité, puisqu’il est associé au principe religieux de l’aumône.

De fait, les versets appelant à la « charité » s'inscrivent dans un contexte bien plus profond que la simple entraide. Voici des exemples :

 

Dt 15

7: S'il y a chez toi quelque indigent d'entre tes frères, dans l'une de tes portes, au pays que l'Éternel, ton Dieu, te donne, tu n'endurciras point ton cœur et tu ne fermeras point ta main devant ton frère indigent.

8 : Mais tu lui ouvriras ta main, et tu lui prêteras de quoi pourvoir à ses besoins.

Ce chapitre traite de l'année sabbatique, où tous les prêts doivent être annulés et l'égalité sociale rétablie.

 

Lv 19

9.Quand vous ferez la moisson dans votre pays, tu laisseras un coin de ton champ sans le moissonner, et tu ne ramasseras pas ce qui reste à glaner.

10.Tu ne cueilleras pas non plus les grappes restées dans ta vigne, et tu ne ramasseras pas les grains qui en seront tombés. Tu abandonneras cela au pauvre et à l’étranger. Je suis l’Éternel, votre Dieu.

Le judaïsme enseigne que Dieu est l'ultime propriétaire, l'homme n'étant qu'un locataire temporaire ou un serviteur sur le sol qui lui est alloué. Les biens que ce sol produit sont redevables à l'Éternel, qui décide de partager les ressources entre riches et pauvres. De plus dans le passage du Lévitique cité, la nourriture est laissée à l'abandon, de sorte que le pauvre puisse conserver sa dignité en récoltant ce que Dieu veut lui donner, plutôt que d'être contraint à mendier auprès des riches ce qu'ils veulent bien lui laisser.

Le concept juif de la tsedaka diffère de la charité au sens commun, car celle-ci est le fait de la décision et de l'humeur des philanthropes, alors que la tsedaka est une obligation de justice donnée par Dieu à tous les Juifs indépendamment de leur statut financier ou de leur volonté de donner, bien qu'il soit préférable de vouloir donner, comme l’évoque le texte de Maïmonide ci-dessous.

Maïmonide distingue huit niveaux de Tsedaka :

1.La charité préventive : donner du travail à une personne pauvre (ou lui avancer les fonds pour démarrer une affaire) de façon à ce qu'il ne dépende pas de la charité, étant donné qu'on est soi-même indépendant d'elle. Maïmonide résume ce principe par sa célèbre sentence : « Donne un poisson à un homme, il mangera un jour. Apprends-lui à pêcher, il mangera toute sa vie ». C’est l’équivalent d’une aide au développement qui apporte capitaux et enseignement du savoir-faire.

2.Donner anonymement à un récipiendaire inconnu.

3.Donner anonymement à un récipiendaire connu.

4.Donner publiquement à un récipiendaire inconnu.

5.Donner l’aumône avant qu'on ne la demande.

6.Donner l’aumône de façon adéquate après qu'on l'a demandée.

7.Donner de son plein gré, mais inadéquatement (trop peu).

8.Donner contre son gré.

 

Le concept de Charité, pour les Chrétiens, est superbement exprimé dans le chapitre 13 de la première épître aux Corinthiens de Saint Paul dont nous avons déjà parlé, reproduit en entier ci-dessous, :

1.Quand je parlerais les langues des hommes et des anges, si je n'ai pas la charité, je suis un airain qui résonne, ou une cymbale qui retentit.

2.Et quand j'aurais le don de prophétie, la science de tous les mystères et toute la connaissance, quand j'aurais même toute la foi jusqu'à transporter des montagnes, si je n'ai pas la charité, je ne suis rien.

3.Et quand je distribuerais tous mes biens pour la nourriture des pauvres, quand je livrerais même mon corps pour être brûlé, si je n'ai pas la charité, cela ne me sert de rien.

4.La charité est patiente, elle est pleine de bonté; la charité n'est point envieuse; la charité ne se vante point, elle ne s'enfle point d'orgueil,

5.elle ne fait rien de malhonnête, elle ne cherche point son intérêt, elle ne s'irrite point, elle ne soupçonne point le mal,

6.elle ne se réjouit point de l'injustice, mais elle se réjouit de la vérité;

7.elle excuse tout, elle croit tout, elle espère tout, elle supporte tout.

8.La charité ne périt jamais. Les prophéties prendront fin, les langues cesseront, la connaissance disparaîtra.

9.Car nous connaissons en partie, et nous prophétisons en partie,

10.mais quand ce qui est parfait sera venu, ce qui est partiel disparaîtra.

11.Lorsque j'étais enfant, je parlais comme un enfant, je pensais comme un enfant, je raisonnais comme un enfant; lorsque je suis devenu homme, j'ai fait disparaître ce qui était de l'enfant.

12.Aujourd'hui nous voyons au moyen d'un miroir, d'une manière obscure, mais alors nous verrons face à face; aujourd'hui je connais en partie, mais alors je connaîtrai comme j'ai été connu.

13.Maintenant donc ces trois choses demeurent: la foi, l'espérance, la charité; mais la plus grande de ces choses, c'est la charité.

Je pense que nous devons relever tout de suite que la charité de Saint Paul va bien au delà de l’aumône, du dépouillement des biens au bénéfice des nécessiteux. Pour moi, c’est l’amour du prochain, à travers l’amour de Dieu, qui est sous-entendu ici. On remarquera aussi le glissement du discours de la matérialité associée à l’aumône, à la connaissance du monde actuel, vers la spiritualité de la fin des temps et de la révélation de la lumière.

Je voudrais ajouter que la Charité a quelque chose de plus que la Foi et l’Espérance. En effet, celles-ci sont des vertus qui m’impliquent seul dans ma relation avec Dieu et la Transcendance. La Charité, elle, je la pratique envers autrui. La bonté qu’elle implique est associée au souci de l’Autre, tel que le conçoit Levinas, cet Autre dont le visage m’interpelle par une confrontation qui me met en question, bien au delà de la décision de faire une simple bonne action. Cette confrontation en appelle, non seulement à ma générosité, mais à ma responsabilité infinie. Elle implique une aliénation de ma liberté en m’obligeant à “faire attention à mon frère”, à comprendre que tout n’est pas permis au nom de ma liberté. Ici, Levinas érige l’éthique en philosophie première et c’est à lui que je reviens toujours pour éclairer mon jugement en la matière. Il va même plus loin, sur des points auxquels je vous invite à réfléchir, surtout à cause de l’étonnement qu’ils peuvent provoquer par rapport aux idées reçues. Premièrement, en introduction à son livre très difficile “Totalité et Infini”, il écrit :  Il importe au plus haut point de savoir si l'on n'est pas dupe de la morale.

Deuxièmement, il nous assène une affirmation concernant l’éthique : « L’éthique, c’est ce qui provoque un dérangement dans le sujet » (cf. la mise en question provoquée par la confrontation avec le Visage d’Autrui).

Enfin, conséquence de cette affirmation, j’ai trouvé la citation, en substance, d’une mise en garde concernant les bonnes (ou mauvaises) raisons que nous aurions de pratiquer la Charité :

“Le registre « bien-pensant » de la charité, de l’altruisme, de la récrimination moralisante, n’est pas celui de Levinas car ses postures de charité confortent le sujet dans son identité, dans sa contenance subjective. Ma charité me fait du bien, alors que la relation éthique lévinassienne me traumatise.”

Pour en revenir à la Charité, en appliquant la leçon de Lévinas, je dirais qu’il faut en effet la pratiquer sans orgueil, sans en tirer une quelconque gloire, ni en espérer un bien-être quelconque, mais modestement et humblement donc.

Enfin, j’ai noté dans mes lectures la citation suivante de Jean-Marie Aubert qui mérite également réflexion car elle aussi nous interpelle, et qui me servira de conclusion pour le sujet de la Charité, et donc pour ma modeste planche :

« On définira la place de la charité par rapport aux autres vertus par la finalité supérieure vers laquelle elle les élève et par la motion efficace qu’elle leur procure. La charité doit donc être conçue essentiellement comme le moteur et la fin de la vie morale, car seule elle procure aux actes humains leur bonté fondamentale du fait qu’elle seule les meut et les oriente vers leur fin ultime. »

A vous maintenant, si vous le souhaitez, de relier ces concepts à notre pratique et à notre spiritualité de Francs-maçons.

DES VERTUS....

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AU-DELÀ MES SOEURS ET MES FRÈRES

AU-DELÀ MES SŒURS ET MES FRÈRES…

 

 

La culture du secret, les pseudos ou vrais réseaux maçonniques qui faisaient le bonheur des marronniers semblent avoir perdu de leur saveur, la mode change. Les journalistes s’intéressent plus maintenant aux réseaux professionnels à ceux des grandes écoles ENA, Sciences po etc…

En période de remaniement ministériel il est intéressant d’entendre le bruit des chaises musicales. Alors que les jeunes marquis de la politique s’installent avec les plus rusés des barons qui se maintiennent ou reviennent du diable vauvert. Les déchus, les moins efficaces ou surtout les moins médiatiques, cartons en main se voient gratifiés de belles paires de pantoufles ou l’on créer pour les recaser des havres de paix, des commissions et des institutions ad hoc, c’est vrai que nous en manquons cruellement.

 

Ainsi va la vie politique quand la démocratie se dégrade. Nos élus ou les nommés ne sont ni pires, ni meilleurs que nous-mêmes, ils sont le visage de notre société, ils sont nos enfants.

Et puis, il nous faut bien respecter le vieil adage, il n’y a ni morale ni éthique en politique, il n’y aurait que des actes et la reconnaissance de compétences. Des actes et des compétences donc sans morale et sans éthique !

 

André Comte Sponville qui a fait son travail de philosophe, nous propose ses pensées sur la morale et l’éthique. L’étymologie des deux termes viennent comme souvent de deux racines grecque et latine comme souvent.  Savoir pour l’éthique du grec ETHOS qui signifie les mœurs, c’est-à-dire la façon de vivre et d’agir et pour la morale du latin MOS dont le génitif est MORIS signifie aussi les mœurs.

 

Il y a comme souvent une forme d’aristocratie entre la racine grecque et latine, l’éthique apparaît comme plus distinguée que la morale, la morale est unique c’est le bien et le mal, quant à l’éthique elle est plurielle c’est le bon et le mauvais.

 

Cela nous rappelle certaines phrases des rituels maçonniques :

Question : Que se doit de faire le franc-maçon ?

Réponse : Fuir le vice pratiquer la vertu.

Question : Qu’est-ce que la vertu ?

Réponse :C ’est l’inclinaison constante à la pratique du bien.

Question : Qu’est-ce que le vice ?

Réponse : C ‘est le contraire de la vertu.

 

La morale est constituée d’un ensemble de règles universelles, qui permettent de mettre de l’ordre dans le chaos (Ordo Ab Chao). La morale cette propension à faire le bien culmine avec la sainteté, qui n’est pas seulement religieuse. Albert Camus pensait qu’il existe des saints athées. Comme André Comte Sponville pense qu’il existe une spiritualité laïque. A noter que les ultimes de degrés de l’initiation maçonnique dans certains

Rites l’on nomme le franc-maçon Kadosh c’est-à-dire saint. Sans doute parce que le franc-maçon s’est engagé à faire régner la justice et le bien, jusqu’au péril de sa vie.

Si la morale répond devant chaque problème à la question que dois-je faire ? L’éthique répond à la question comment faire ?

 

En forme de définition André Comte Sponville propose concernant la morale : « Elle tend vers la vertu, la vertu est la disposition acquise de faire le bien, et elle culmine, dans la sainteté. »

Une volonté sainte est donc conforme en tout point à la loi morale. Il n’y a qu’une morale et elle est universelle. Kant pensait : « Qu’une volonté sainte est conforme en tout à la loi morale, c’est celui qui fait devoir. »

Faire son devoir est aussi une injonction maçonnique à faire le bien, à aider ses sœurs et ses frères par exemple. La morale est donc constituée par un ensemble d’impératifs à faire le bien.

De l’éthique, elle moins normative, moins absolue que la morale, l’on parle là de bon et de mauvais. Il est nécessaire par exemple d’avoir recours pour résoudre certaines questions de société d’avoir recours à un comité d’éthique, à la consultation d’instances diverses, des philosophes, des médecins, des personnes reconnues comme sages, des communautés (dont les obédiences maçonniques).

 

L’éthique c’est tendre vers le bien refuser le mauvais. André Comte Sponville propose sa définition : « C’est l’ensemble réfléchi de nos désirs. Une éthique répond à la question « comment vivre ? » Elle particulière à un individu, ou à un groupe. C’est un art de vivre ! Elle tend le plus souvent vers le bonheur et culmine dans la sagesse. »

 

Qui a dit déjà qu’en politique nous n’avons pas besoin de morale ou d’éthique ? C’est peut-être ce que l’on appelle la real politique ? Si cela est vrai c’est dommageable pour les individus en particulier et pour la société en général.

 

Emmanuel Levinas pense lui :« Que la politique doit-être limitée par l’éthique. »

L’état ne doit pas être seulement qu’un ensemble d’institutions et de lois, il doit penser à ‘la socialité’ à la fraternité dont découle la solidarité. Le donnant donnant doit avoir ses limites et une des limites est l’éthique.

Il va plus loin au-delà ! Il faut tenir compte des autres, mais aussi d’autrui du visage de chacun.

 

« La politique doit-être contrôlée par l’éthique qui n’est pas la morale ni ensemble de valeurs, mais le visage, c’est-à-dire l’unicité de chacun, donc l’unicité de tout autre, et ma responsabilité sont la source de l’éthique, ils assignent des limites à la politique. » (Les limites auxquelles il pense sont liées à l’intégrité de chacun)

 

La rencontre d’autrui ouvre à l’humanité entière, dans la visage est la trace de l’infini….Je rajouterais la mémoire de l’infini, je fus un.

Il y a toujours plus que le je et le tu. Levinas écrit à peu près : « Autrui se joint à moi et me commande comme un maître, mais ce commandement ne peut me concerner qu’en tant que je suis maître de moi-même. C ’est ainsi que le tu se pose devant un nous. »

 

Je conclurais ces quelques réflexions sur le « au-delà mes sœurs et mes frères », Il y a le je indispensable à la maîtrise du moi à sa métamorphose en soi. Il y a le vertu, l’inclinaison au choix du bien cette morale universelle, il y a ce désir du bon cette éthique, il y a cette volonté de passer du tu, du je au nous. Il y a tout cela dans l’initiation maçonnique. Un programme infini, sans bornes, qui touche à l’absolu et qui veut voir sa réalisation dans le présent. Alors mon souhait est qu’il y ait des réseaux maçonniques, des réseaux professionnels de toutes sortes, qui inspirent la politique pour le bien d’autrui et des autres. C’est pour cela que comme les jacquets en chemin ; il faut aller plus loin, plus haut, au-delà…

 

Jean-François Guerry.   

MÉMOIRES DE CONFINEMENT

LE MIROIR MAGRITTE

LE MIROIR MAGRITTE

MIROIR.

 

Apprenti on m’a montré mon pire ennemi !

Moi, dans le miroir, quel étrange ressenti.

Faut-il devenir cacochyme pour le vaincre ?

Voire disparaître pour que mes frères et amis

Disent convaincus, il est mieux au paradis.

 

 

Aujourd’hui je me regarde dans le miroir,

Je constate que flèche du temps a sévi.

Les années ont passé, l’image s’est flétrie.

 

 

Pourtant, sincèrement, je me refuse à croire

Qu’il faille partir, libéré de tout tourment,

Pour l’Orient Éternel, le grand éblouissement.

 

 

La Vérité est inaccessible à l’humain,

Alors patientons et vivons encore, un peu !

Fraternellement, sans trop approcher les dieux,

S’occuper de son prochain, lui tendre la main.

Pour deux mille vingt mon bien aimé frère,

Je te souhaite de parfaire,

Ton reflet auprès de ceux qui te sont très chers,

Parce qu’autour de nous il reste tant à faire.

 

Jean-Pierre Rousseau Gawr’né

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Chers amis lecteurs et amies lectrices  une erreur de présentation dans le texte "TRENTE ANS DÉJÁ" voici le texte rectifié c'est mieux ainsi.

Trente ans déjà

 

 

 

 

Jour J !  la pluie, la rue sombre, passage des arcades,

Dix neuf heures quarante, bruine, pas de place, chamade.

Cent cinquante mètres à pieds, ne pas perdre le souffle.

 

C'est le bon numéro, sonnette sans écho.

Un passant approche, essoufflé sur son vélo,

Mince ! un ami qui habite l'impasse voisine,

Tourner la tête, attente, pas vu pas pris, bruine.

 

Une porte s'ouvre, des pas dans l'escalier, c'est pour moi. 

Bonsoir ! prenez place ! Patience. Au dessus, des voix. 

Patience, attente, bruits sourds, pas lents. Ultime question !

Confirmation demande ?  possible rétractation.                                

 

Aveugle montée, marche haute, marche basse, colimaçon,

Faible vision, isoloir noir, méditation. 

Virage, coin plat, mur froid, soupente du toit, doute !

Gouttière au travail, la pluie, l'eau goutte à goutte.

 

Vacuité sur un tabouret inconfortable.

Mort, soufre, mercure, temps qui s’écoule imperturbable.

Vie, eau,  pain, sel, flamme vacillante, coule le sable !

La vie, la mort. Humilité ?  Dépouillement ?

Faux prête a couper, orbites vides, recueillement.

 

Espoir, entraide, retour sur soi, réflexion.

 

Apport aux autres ? devoirs et obligations ?

Mon testament philosophique ! quelle belle question !

Seul dans l'isoloir, définition de l'espoir.

Que suis-je ? Que puis-je ? Quel message pour eux ? Voire !

 

Analyse de soi, vision de l’humanité.

"Vivons heureux en attendant la mort" non, trop limité.

 

La vie se construit pas à pas est mon premier,

Rien n'est jamais acquis ou définitif  mon second,

Mon troisième dit que l'on peut toujours remonter la pente,

Mon tout sait que le désespoir est l'oubli des trois premiers.

 

Une porte, des pas, de la demande confirmation ?

La flamme éteinte, couloir, mise en condition.

Aveugle, démarche faussée, un bourgeois de Calais.

Livré, soumis aux ordres, froid, surprise, sursaut, paix.

 

 

 

Des voix, du bruit, la porte qui s'ouvre, prosternation.

Interrogations, réponses bouche sèche, émotion.

Imagination, Des mots, des codes, des clés, des gants ?

Jambes qui ne cessent de trembler, émoi grandissant.

 

Froid de l'acier, défense du clan, profanation ?

La marche en avant,le temps modulé, le métronome ponctué.

L'amertume d'un breuvage, saveur, étonnement ?

 

Passage du gué, difficultés de la rivière,

La marche en avant, le temps modulé, le métronome ponctué.

La guerre du feu, peur de la flamme, odeur de soufre.

 

Plus d'obstacle, relativité du bon parcours !

La marche en avant, le temps modulé, le métronome ponctué.

Émotion envahissante. Mon parrain se trompe.

Arrêt sur image, crime et châtiment, serment.

La marche en avant, le temps modulé, le métronome ponctué.

Médiocrité du parjure, ténèbres, opprobre.

 

Tourbillon. vide. Émotion.

La marche en avant, le temps modulé,le métronome ponctué

Sortie après vision.

 

Les hautes murailles de Jéricho ont tenu,

Las ! le pont levis sur les douves reste levé !

En sortant du cénacle la vision recouvrée,

Quelle matérialité vaine que la lumière crue !

Le moment approche, le souffle n'est pas retrouvé. 

Je n'ai vu que peu de choses, je suis homme secoué.

Les deux autres triplés sont émus je le sens bien,

Quelle aventure inracontable, voile, nuage, rien.

 

 

Jean-Pierre Rousseau Gaw’rné.

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Publié le par Jean-François Guerry
LA LIBERTÉ LA VÉRITE

LA LIBERTÉ LA VÉRITÉ

 

 

Une suite de mots pour réflexion, un enchainement, une dégradation ? Déterminisme une succession de causes rationnelles, scientifiques pour une modélisation du monde, il est sans rapport avec la prédestination de Blaise Pascal qui est nature théologique.

Le Biologisme une sorte de déterminisme biologique, un scientisme, base de la réalité physique et spirituelle ?

Le déterminisme génétique, un besoin d’héréditaire qui conduit à l’eugénisme.

Le Darwinisme social, une sociologie de l’égalitarisme, une forme d’humanisme scientifique.

Les neurosciences comportementales et l’anthropologie leurs déviations possibles, l’héréditarisme et l’eugénisme portes vers le nazisme et le stalinisme.

Une idée, le néolibéralisme : les inégalités sociales sont naturelles, c’est-à-dire géniques.

Quid du Transhumanisme, amélioration, par augmentation des qualités humaines, de la condition humaine, des capacités physiques et mentales. Ouf !

 

Le biologisme et le transhumanisme sont des ouvertures vers un totalitarisme. L’individu est soumis, enfermé dans le patrimoine social matériel qu’il a reçu et pire son patrimoine génétique et sa race qui sont constitutifs de son être.

C’est le danger du rationalisme qui a voulu séparer le corps et l’esprit, il se transforme alors en dualisme qui oppose l’homme à la nature, l’homme devient un dictateur pour la nature, il la domine pour assouvir les plaisirs de son corps.

 

Il se fonde alors des communautés de sang, ayant pour doctrine le biologisme, l’idée de la toute puissance du corps. Cette réhabilitation du corps engendre un excès de liberté au détriment de la vérité. Emmanuel Levinas a écrit à ce sujet :

 

« L’homme se complait dans la liberté et ne se compromet définitivement avec aucune vérité. »

 

L’on aboutit alors à une absence, un vide moral et spirituel propice au règne des idéologies extrémistes comme le Nazisme et tous les intégrismes. Le biologisme devient alors le centre de la vie spirituelle.

 

Il ne s’agit pas de tuer le corps ou l’esprit, de les disperser au contraire. Le corps n’étant pas seulement un objet, un camion transportant l’esprit et l’âme. Il est le vecteur, le levier de l’esprit, il nous met en contact avec la nature et avec l’autre. C’est ce qui distingue de manière fondamentale la phénoménologie du biologisme. La philosophe Corine Pelluchon spécialiste de Levinas écrit :

 

« On peut penser que, de nos jours, l’usage réductionniste des neurosciences, l’engouement pour les manipulations génétiques et le transhumanisme cautionnent le déterminisme, et portent en germe cette réduction de l’autre au même qui mène à la violence. Certains phénomènes contemporains liés à l’usage des biotechnologies ne sont pas loin de ce biologisme, de cette manière de river l’être humain au corps. Une phénoménologie de la corporéité, au contraire n’enchaine pas les individus à leur corps et ce dernier ne sert pas à faire le tri entre les êtres qui seraient purs et ceux qui ne le seraient pas. » 

 

En Vérité alors pourquoi a-t-on fixé l’idée d’un moi libre ?

 

Jean-François Guerry. 

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Il est des moments propices à la réflexion, au surgissement de la mémoire, dans cette rubrique quelques textes, qui font traces dans la vie d'un frère. Le confinement qui restreint la liberté physique, n'empêche pas les voyages de l'esprit, dont la frontière est l'infini des émotions.

Jean-François Guerry.

Avec l'aimable autorisation de l'auteur.

MÉMOIRES DE CONFINEMENT

TRENTE ANS DÉJÀ...

Jour J ! la pluie, la rue sombre, passage des arcades,

Dix-neuf heures quarante, bruine, pas de place, chamade.

Cent cinquante mètres à pieds, ne pas perdre le souffle.

C'est le bon numéro, sonnette sans écho.

Un passant approche, essoufflé sur son vélo,

Mince ! un ami qui habite l'impasse voisine,

Tourner la tête, attente, pas vu pas pris, bruine.

Une porte s'ouvre, des pas dans l'escalier, c'est pour moi.

Bonsoir ! prenez place ! Patience. Au-dessus, des voix.

Patience, attente, bruits sourds, pas lents. Ultime question !

Confirmation demande ? possible rétractation.

Aveugle montée, marche haute, marche basse, colimaçon,

Faible vision, isoloir noir, méditation.

Virage, coin plat, mur froid, soupente du toit, doute !

Gouttière au travail, la pluie, l'eau goutte à goutte.

Vacuité sur un tabouret inconfortable.

Mort, soufre, mercure, temps qui s’écoule imperturbable.

Vie, eau, pain, sel, flamme vacillante, coule le sable !

La vie, la mort. Humilité ? Dépouillement ?

Faux prête à couper, orbites vides, recueillement.

Espoir, entraide, retour sur soi, réflexion.

Apport aux autres ? devoirs et obligations ?

Mon testament philosophique ! quelle belle question !

Seul dans l'isoloir, définition de l'espoir.

Que suis-je ? Que puis-je ? Quel message pour eux ? Voire !

Analyse de soi, vision de l’humanité.

"Vivons heureux en attendant la mort" non, trop limité.

La vie se construit pas à pas est mon premier,

Rien n'est jamais acquis ou définitif mon second,

Mon troisième dit que l'on peut toujours remonter la pente,

Mon tout sait que le désespoir est l'oubli des trois premiers.

 

Une porte, des pas, de la demande confirmation ?

La flamme éteinte, couloir, mise en condition.

Aveugle, démarche faussée, un bourgeois de Calais.

Livré, soumis aux ordres, froid, surprise, sursaut, paix.

Des voix, du bruit, la porte qui s'ouvre, prosternation.

Interrogations, réponses bouche sèche, émotion.

Imagination, Des mots, des codes, des clés, des gants ?

Jambes qui ne cessent de trembler, émoi grandissant.

Froid de l'acier, défense du clan, profanation ?

La marche en avant, le temps modulé, le métronome ponctué.

L'amertume d'un breuvage, saveur, étonnement ?

Passage du gué, difficultés de la rivière,

La marche en avant, le temps modulé, le métronome ponctué.

La guerre du feu, peur de la flamme, odeur de soufre.

Plus d'obstacle, relativité du bon parcours !

La marche en avant, le temps modulé, le métronome ponctué.

Émotion envahissante. Mon parrain se trompe.

Arrêt sur image, crime et châtiment, serment.

La marche en avant, le temps modulé, le métronome ponctué.

Médiocrité du parjure, ténèbres, opprobre.

Tourbillon. Vide. Émotion.

La marche en avant, le temps modulé, le métronome ponctué

Sortie après vision.

Les hautes murailles de Jéricho ont tenu,

Las ! le pont levis sur les douves reste levé !

En sortant du cénacle la vision recouvrée,

Quelle matérialité vaine que la lumière crue !

Le moment approche, le souffle n'est pas retrouvé.

Je n'ai vu que peu de choses, je suis homme secoué.

Les deux autres triplés sont émus je le sens bien,

Quelle aventure inracontable, voile, nuage, rien.

Je pense au sublime de l’émotion partagée

 

Jean-Pierre Rousseau Gawr'né

 

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Publié le par Jean-François Guerry
LES LARMES DES CÈDRES...

LES LARMES DES CÈDRES

 

 

« J’ai vu que l’homme savait qu’il était la pierre d’angle de la création, et qu’il devait s’élever au-dessus de la petitesse et de la médiocrité….

Khalil Gibran poète, artiste Libanais.

 

 

J’ai vu les flammes du feu destructeur sur le port Beyrouth, les flammes de la folie des hommes, ont rougis de sang les vagues et le sable.

 

J’ai vu les larmes couler sur les joues des enfants, j’ai entendu les pleurs des femmes, la colère des hommes.

 

J’ai vu les cèdres sacrés, pyramides plantées par l’architecte du monde, dans les neiges éternelles ; recouvrir d’ombre le pays Nephtali.

 

J’ai entendu la voix de l’éternel qui seule peut briser les cèdres (1)

 

 

J’ai pleuré avec mes frères, les enfants de la veuve, j’ai pleuré Hiram, l’architecte.

 

J’ai obtenu la liberté de passer, pour reconstruire le temple avec l’épée et la truelle.

 

J’ai chanté la liberté, sur les rives de tous les fleuves, de toutes les mers, jamais je ne t’oublierais Jérusalem, Auschwitz, Sarajevo….Beyrouth

 

J’ai vu la foi, l’espérance, la charité de l’homme.

 

Jean-François Guerry.

 

  1. Référence au psaume 29 … 4 La voix de l’Eternel est puissante, la voix de l’Eternel est majestueuse. 5 La voix de l’Eternel brise les cèdres du Liban, 6 Il les fait bondir comme des veaux. Et le Liban et le Sirion comme de jeunes buffles…

 

Ruines de Baalbek Liban

 

 

AU MILIEU DES RUINES

 

La lune laissa tomber son voile de gaze sur les jardins de la ville du Soleil (1), et le silence enveloppa tous les êtres. Les palais écroulés semblaient menaçants, comme des monstres sarcastiques.

 

À cette heure, deux fantômes, comme, une vapeur montant des eaux bleues d’un lac, étaient assis sur une colonne de marbre en pensant à la scène qui était comme un royaume magique. L’un d’eux leva la tête, et d’une voix qui se réverbérait à tous les échos, dit :

 

« Voici les restes des temples que j’ai bâtis pour toi, ma bien-aimée, et voici les ruines d’un palais que j’avais élevé pour ton plaisir. Rien d’autre ne demeure pour raconter aux nations la gloire à laquelle j’avais voué ma vie et la pompe pour laquelle j’ai exploité les faibles.

 

 

« Songe et réfléchis, ma bien-aimée, aux éléments qui ont triomphé de ma cité, et au Temps qui a pareillement anéanti mes efforts.

 

 

« L’oubli a submergé l’empire que j’avais établi, et rien n’en demeure que les atomes d’amour créés par ta beauté, et les effets que la beauté de ton amour a exaltée. »

 

 

« J’ai élevé un temple à Jérusalem et les prêtres l’ont sanctifié, mais le temps l’a détruit. Mais au fond de mon cœur, l’autel que j’ai construit pour l’amour a été consacré à Dieu et protégé contre les forces de destruction. »

 

 

« Les hommes ont dit de moi : « Quel Roi sage c’était ! » Et les anges ont dit : « Que sa sagesse est insignifiante ! » Mais les anges se sont réjouis quand je l’ai trouvée, mon aimée, et ils ont chanté pour toi l’hymne de l’Amour et du Désir. Mais les hommes n’en n’ont pas entendu une note… 

 

 

« Les jours de mon règne furent des barrières pour ma compréhension de l’Amour et de la beauté de la vie, mais lorsque je t’ai vue, l’Amour s’est éveillé, et il a détruit ces barrières, et j’ai regretté la vie que j’avais passée à considérer que tout, sous le soleil, n’est que vanité. »

 

 

« Lorsque l’Amour m’a éclairé, je suis devenu humble, tant devant les tribus qui avaient craint ma puissance militaire que devant mon propre peuple.

Mais lorsque la Mort est venue, elle a enterré mes armes mortelles et elle a emporté mon amour vers Dieu. »

 

 

Et l’autre fantôme dit : « Comme la fleur reçoit de la terre la vie est ses parfums aromatiques, ainsi l’âme extrait de la faiblesse et des erreurs de la matière sa sagesse et sa force. »

 

 

Alors, les deux se fondirent en un seul et ils s’éloignèrent en disant :

 

« L’Éternité ne conserve que l’Amour. Car l’Amour est comme l’Éternité. »

 

                                                     Khalil Gibran.

  1. la ville en ruines de Baalbek.

Extrait de Pensées et Méditations par Khalil Gibran Éditions Select Montréal Québec.

Ruines de Jérusalem

Ruines de Jérusalem

 

La destruction du Temple

 

Quand l’élu fut déchu, ils se virent orphelins

Privés d’une lumière délicieuse et pure

Et des larmes amères coulèrent sur leurs figures

Tandis que dans le ciel s’immisçait le déclin.

 

Les grands élus doutaient et la Voûte sacrée

Qu’ensemble ils atteignirent avait un goût de sang ;

Ils contemplaient les ruines de leurs temples absents

Où Galaad périt par l’amour consacré.

 

Ils tendirent leurs bras vers l’azur infini

En clamant leur amour en une litanie

Adressée au très-haut quémandant des réponses.

 

Le ciel restait muet quand ils quittèrent Juda.

Guibulum chevauchait au milieu des ronces

Quand il vit se lever l’invincible armada…

 

Philippe Jouvert.

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Publié le par Jean-François Guerry
LA LIBERTÉ EN PANNE

LA LIBERTÉ EN PANNE

 

 

La devise républicaine liberté, égalité, fraternité est aussi la devise maçonnique. Les free-masons, les maçons libres pouvaient bien avant les autres jouir de leur liberté, ils avaient des droits bien supérieurs aux autres ouvriers, mais ils avaient aussi des obligations de travail et des devoirs moraux envers leurs maîtres, leurs frères, les hommes en général. Ils ne pouvaient jouir de leurs droits que dans le respect de leurs devoirs.

 

Les droits de l’homme au siècle des lumières, ont libérés toutes les femmes et les hommes du moins en théorie. L’événement remarquable a été tracé, buriné dans le marbre, la devise républicaine nous le rappelle en couronnant les frontons de nos monuments publics.

 

Les francs-maçons hommes et femmes de devoir placent dans leur rituels, le devoir en haute estime, leurs serments les obligent, envers leurs frères, les hommes en général et surtout eux-mêmes c’est leur dignité, leur sens de l’honneur.

 

La liberté des lumières est inachevée, en panne. Dans une société d’abondance : « le donnant donnant », les échanges sociaux de bons procédés, assurent la sécurité et la liberté. Mais quand la société de l’abondance disparaît, quand les riches maigrissent, les pauvres sont déjà morts. Les inégalités augmentent, la société se divise, se fragmente, se clive. Le projet politique se dégrade et est insuffisant quand la planète vient à manquer, d’eau, d’air, quand la terre devient stérile.

 

Corine Pelluchon Philosophe écrit : 

 

« Dans les théories politiques qui font reposer l’association civile et le contrat social sur le sujet conçu comme un agent moral défini par la liberté et le bien-être, la finalité politique est la conciliation des libertés et des intérêts individuels. »

 

C’est sans conteste un progrès est-il suffisant, n’est-il pas en panne ? Après les pères fondateurs des droits de l’homme, n’est-il pas nécessaire de revoir notre logiciel, qui semble devenu obsolète au regard de l’écart des inégalités qui s’amplifie.

Nous avons tendance à considérer ce progrès des droits de l’homme comme un acquis irréversible, et donc à oublier les devoirs qui lui sont liés.

 

On oublie également qu’il n’y a pas de démocratie sans liberté certes, mais aussi sans égalité. À force de jouir de tous nos droits on ne voit plus les droits de l’autre et aussi ce que nous demande la société. On est constamment dans le Je au détriment du nous qui fait reliance. Nous répétons à l’envie comme pour exorciser nos devoirs, je sais, je sais, mais j’ai le droit, c’est mon droit.

 

On ignore la solidarité, selon Emmanuel Levinas :

« Fonder l’état sur la liberté, et non le visage garantit au mieux la liberté et l’égalité, mais pas la fraternité. » (Explication du terme visage chez Levinas : Le visage est l’expressif d’autrui qui me renvoie à ma responsabilité totale. Levinas incarne la loi morale dans la figure d’autrui. Il renverse ainsi la morale de l’autonomie de Kant.

« Le visage s’impose à moi sans que je puisse cesser d’être responsable de sa misère. La conscience perd sa première place. »)

 

Il nous faut être responsable pas seulement de nous-mêmes, mais aussi d’autrui, des autres. Nous sommes les gardiens de nos frères n’en déplaise à Caïn. Notre facile bonne conscience n’exclue pas notre action, j’ai promis d’aider mes frères.

 

Pour que l’état fonctionne il faut que nous soyons tous concernés par autrui et les autres en général. Il est facile d’être en symétrie avec ceux de sa classe sociale, c’est une mondanité. L’asymétrie seule est la condition de l’éthique et donc de la liberté vraie pour tous. Pas de vraie liberté sans fraternité et sans amour, le combat pour la justice est inséparable de l’amour pour autrui.

 

Jean-François Guerry.  

  

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