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la Franc Maçonnerie au Coeur

la Franc Maçonnerie au Coeur

Un blog d'information, de conversations sur le thème de la Franc Maçonnerie, des textes en rapport avec la Franc Maçonnerie, comptes rendus et conseils de lectures.

Publié le par Jean-François Guerry -Jacques Viallebesset
Jacques Viallebesset

Jacques Viallebesset

TÉLÉGRAMME POÉTIQUE

 

Jacques Viallebesset : Poète, Auteur, Écrivain, Franc-Maçon peut-être ? Frère Jacques ! Berger des Mots surement. Auvergnat ? Un de ses maîtres Jean Giono.

Son Blog l’Atelier des Poètes à voir sans modération, attention à l’addiction. Redoutable : son sourire, il sent bon la gentillesse.

 

Conférencier : voir la conférence ci-dessous. Un cadeau de sa part pour les lecteurs du Blog : « J’en appelle »

 

Merci à Jacques pour ses cadeaux.

 

Jean-François Guerry.

 

Poésie, Franc-maçonnerie et ré enchantement du monde

Notre société se veut réaliste et nous nous croyons de même, alors qu’elle et nous, la plupart du temps , ne sommes que matérialistes, scientistes, utilitaristes, consuméristes. Ce matérialisme, ce scientisme, cet utilitarisme, ce consumérisme ont abouti  au désenchantement du monde et au désenchantement du regard que nous portons sur lui. C’est ce qu’annonçait à la fin du 19ièmesiècle le sociologue Max Weber, et le 20ième siècle, a sonné,  tragiquement,  la fin des croyances dans le progrès technique et scientifique comme conditions du progrès humain.   Mais le réel, contrairement à ce que nous croyons , ne saurait se résumer seulement  à ce que nous en voyons . Le réel, comme la vérité, est un mais comporte plusieurs facettes, et le réalisme premier serait de prendre conscience d’à quel point notre vision du réel est partielle et partiale, d’à quel point aussi elle est structurée par un langage techniciste  managérial et économique  qui s’impose  à nous alors que nous croyons en être les maîtres. Ce langage utilitariste et techniciste, qui envahit tous les domaines d’appréhension du réel prétend en rendre compte dans sa globalité, alors, qu’en fait, non seulement il n’en rend compte que très partiellemen, mais, en plus, il en rend compte partialement. Ce discours dominant n’ est qu’une représentation du réel , représentation partielle et partiale donc.  Le plus grave, dans ce phénomène, est que, sans que nous en soyons forcément conscients, cette vision imposée du réel structure, à notre insu, notre propre représentation du réel et en réduit le sens. Cette vision du monde, fabriquée essentiellement par un flot ininterrompu d’images nous dit : « Voyez le monde tel qu’il est », se présentant, mensonge suprême, comme objective. Cette représentation «  orientée » du réel et du monde modélise une position existentielle devenue loi. Elle aboutit à notre aliénation. . Dois-je rappeler, comme l’écrivait Karl Marx, que le propre de l’aliéné est de ne pas se rendre compte qu’il l’est ? Aliénation privatrice de la liberté irréductible de chaque individu de penser de manière singulière. Bien que le règne de la quantité soit le signe du temps, comme le prophétisait René Guénon, l’homme n’est pas unidimensionnel, ne vit pas que de pain et ne se réduit pas à l’homo économicus tel que le discours ambiant de la pensée conformiste voudrait le faire croire ; mais nous rendons-nous compte d’à quel point son langage structure notre manière de rendre compte du réel, alors qu’il nous en est imposé une vision unique, partielle et partiale ?  Cette langue de signification minimale et consensuelle réduit non seulement le vocabulaire, mais aussi clôt le sens et assigne le réel à sa perception immédiate. Telle est la supercherie de notre société : elle tient le consommateur-citoyen renseigné comme jamais mais dans une langue de bois close qui, annihilant en elle la fonction imaginante et imaginatrice, ne donne accès qu’à un réel sans profondeur, encore plus sans intensité, c’est-à-dire une apparence du réel, un mensonge donc. D’où le désenchantement des individus, donc d’où la nécessité impérieuse et vitale  de ré-enchanter le monde et la vie, car si  l’homme peut mourir de manque de nourritures matérielles, l’humain meurt encore plus sûrement du manque de nourritures spirituelles .

Mais avant que de développer cette notion de ré-enchantement du monde, qu’il me soit permis de préciser ceci et de dénouer un éventuel quiproquo .  A mes yeux,  ré-enchanter le monde ne consiste pas à fuir le réel, ni à  poursuivre quelque chimère pour se réfugier dans des illusions fantastiques ou fantasmagoriques .Ce serait là une démarche mortifère. Tout au contraire, ré-enchanter le monde, cela suppose tenter de se réapproprier la globalité du réel non plus seulement dans son aplat et son apparence, mais dans le maximum de ses facettes d’une part, d’autre part dans sa profondeur et son intensité, enfin de rendre compte du kaléîdoscope de la réalité, que l’on pourrait appeler le sur-réel .

Ré-enchanter le monde et la vie, c’est vivre poétiquement. Comme l’écrivait il y a deux siècles le poète Holderlin, il n’y a qu’une façon de vivre,  c’est d’habiter le monde poétiquement. Vivre poétiquement, c’est retrouver la capacité à l’étonnement et à l’émerveillement qu’a l’enfant et que perd l’adulte, c’est être capable d’appréhender le réel dans son entièreté, car comme le rappelait Paul Eluard : « Oui, il y a un autre monde, mais il est dans ce monde ». Vivre poétiquement , c’est prendre conscience , qu’à coté de la pensée logique, nous possédons une pensée analogique , celle capable d’établir des correspondances , c’est  comprendre que notre raison raisonnante et intellectuelle n’est pas la seule , qu’elle est sœur jumelle d’une «  raison sensible » , pour reprendre l’expression du sociologue Michel Maffesoli, autrement dit, une «  intelligence du cœur », faite de ressenti , d’intuition et d’émotionnel, que notre société mécaniste a atrophié en chacun de nous  et qui amoindrit fondamentalement la compréhension individuelle et collective du monde. Vivre poétiquement, c’est une manière d’être, qui cherche en permanence à comprendre l’envers du décor, la face cachée des choses, c’est interpeller, voire transgresser les valeurs communes, les façons de voir conformistes et les habitudes qui appauvrissent la vie singulière et unique de chaque individu. Cette manière d’être est celle qui permet d’être pleinement présent au monde, de l’habiter donc pleinement et réellement. En même temps vivre poétiquement consiste à reconnaître en soi l’existence de notre moi véritable, l’autre dimension, la vraie, de soi-même, qui fait que chacun est, potentiellement, unique. Cette autre dimension de soi-même, la partie lumineuse, profonde et puissante qui ne demande qu’à être développée par l’expérience de vie, pour faire de chacun de nous des êtres pleinement «  vivants »et pas seulement existants.  

Tandis que le système et la société mettent  des barbelés autour de la pensée humaine, celle-ci a des hirondelles dans la tête qui seront toujours libres de voler, de voyager, de chanter… et de refaire le monde tel qu’il pourrait, devrait être , car , tant qu’il y aura une aube à venir, le monde sera à recréer ; vivre poétiquement, c’est enfin ne pas se contenter du vocabulaire et du langage technocratique qui assèche le sens mais s’efforcer d’utiliser pour s’exprimer un vocabulaire , un langage qui rende compte de la saveur de la vie . Retrouver sa capacité d’étonnement et d’émerveillement , relier la pensée logique à la pensée analogique en développant cette dernière, élargir et approfondir son vocabulaire pour dire de manière personnelle son rapport au monde , telles sont les conditions qui permettent d’accéder à un état de vivre poétiquement. Cela suppose que l’on fasse un pas de coté et que l’on convertisse son regard ; ce à quoi, justement, invite la franc-maçonnerie …

La franc-maçonnerie est, elle n’est pas la seule, une des voies d’accès à cet état de vivre poétiquement. Elle l’est  tout d’abord car entrer en franc-maçonnerie , c’est  être projeté dans un étrange pays étranger  , sans aucun repère connu ,  un univers dont on ne connait aucun des codes , un univers où le temps et l’espace sont autres , qui nous renvoient face au cosmos, face aux quatre éléments, dans un temps circulaire et non plus linéaire, un pays dont on ne connait pas la langue.   Pour peu que l’on veuille bien prendre les rites , mythes et symboles de la franc-maçonnerie au sérieux et ne pas les traiter en objets «  folkloriques » extérieurs à nous , notre désir de compréhension nous renvoie à cet état de questionnement , d’étonnement et d’émerveillement qui est celui de l’enfance où nous avons tout à apprendre, tout à comprendre, tout à ressentir.   S’enclenche alors un processus d’étonnement, de recherche du sens, qui ne peut qu’élargir et approfondir ce dernier, processus qui, étape par étape, grade par grade, sera lui-même aiguisé, maintenant en éveil nos sens, notre réflexion, que la société extérieure atrophie.  

Etre face aux rites, mythes et surtout symboles de la franc -maçonnerie  rouvre en nous les portes de notre imaginaire,  car la signification des choses n’y est pas énoncée , mettant en mouvement notre pensée analogique et stimulant notre imagination.  Mythes, rites, symboles fonctionnent comme un «  mutus liber » , un gigantesque livre muet  où la, les significations ne sont pas énoncées mais suggérées. Si, dans notre fonctionnement social, nous employons un langage logique ,  rationnel, empirique, pratique, technique, qui tend à préciser, dénoter , définir, les mythes, les rites, les symboles utilisent ,eux,  pour signifier, la connotation, l’analogie, l’allégorie ,  la métaphore , qui plutôt qu’une définition précise , dégage un halo de significations possibles, et rouvre , ainsi la multiplication du sens . Si, en entrant en Franc-maçonnerie, on dit à l’apprenti qu’il ne sait ni lire ni écrire, c’est parce qu’il va lui falloir apprendre, à coté du langage commun qu’il possède, ces langages autres qui disent autrement les choses. La franc-maçonnerie utilise, du langage de la construction au langage de l’alchimie, de celui de la géométrie à celui de la chevalerie, au moins sept langages. C’est dire que l’apprentissage,  puis l’emploi, puis la maîtrise de ces langages , ne peut qu’élargir et approfondir la vision du réel en même temps que  permettre à l’adepte  d’en rendre compte avec une richesse d’expression elle-même plus large et approfondie .

Enfin, au moment où il peut prétendre maîtriser ces langages, il est annoncé à l’adepte que «  la parole » aurait été perdue,  qu’il est invité à la retrouver , et qu’en attendant , il est condamné à utiliser des mots substitués. Il est ainsi mis l’accent sur un point,  fondamental, à savoir que le langage commun ne rend pas compte du réel mais seulement d’une représentation du réel , contrairement à ce que l’on croit communément. Il est ainsi invité à retrouver une parole qui fait qu’il a un « avant » et un «  après » qu’elle ait été prononcée , une parole fondatrice .

C’est ainsi que pour faire comprendre cela, certains rites maçonniques  ouvrent les travaux de loges  avec comme Volume de la Loi Sacrée , L’évangile de Jean, à la page de son prologue où il est écrit : «  Au commencement était le Verbe, et le Verbe était Dieu. Toutes choses ont été faites par lui ; et rien de ce qui a été fait, n’a été fait sans lui. En lui était la vie ; et la vie était la lumière des hommes ».  

L’interprétation minimale que l’on peut faire de ce verset est que c’est en nommant les choses qu’on les crée. J’en suis d’accord : c’est en nomment les choses qu’on les crée. En même temps, au long de son parcours, l’adepte sur la voie maçonnique est invité à retrouver la Parole , qui aurait été perdue. Il ne peut donc s’agir que  du Verbe, comme l’indique le verset. Cette Parole, qui fonde les choses en les nommant ne peut être, selon moi, que la parole poétique, celle des mots vivants parce que vécus , celle qui établit les choses en force , avec puissance évocatrice .  C’est d’ailleurs ce qu’indique l’étymologie du mot poésie qui vient du grec poïen.  Ce mot veut dire «  Créer » et s’il n’invite pas tous les francs-maçons à écrire des poèmes, il les invite,  au moins,  à faire de leur vie une œuvre, ce qui est l’essentiel,  les mettant ainsi dans cet état de «  vivre poétiquement, contemplant le monde et le créant en permanence en même temps qu’ils le nomment , sur cette petite planète «  terre » , maison commune des humains, perdus dans le cosmos , se reliant entre eux en se reliant à lui .  

Voilà le secret le mieux gardé de la franc-maçonnerie, ignoré de beaucoup, connu des seuls « vrais initiés » (je plaisante, quoi que…) : la franc-maçonnerie est, tout entière, une « entreprise poétique » , qui fabrique de la force, de la sagesse et de la beauté, donc de la poésie… Comme la poésie, elle cherche à « révéler » les faces occultées du réel ; comme la poésie, elle utilise pour délivrer ses « messages » l’allégorie, la métaphore, voire la parabole ; enfin, comme la poésie, elle est un questionnement sans fin sur le monde et la vie, questionnement sans fin, car comme l’a écrit Maurice Blanchot, « La réponse est la mort de la question » et nous, nous sommes Vivants.

Jacques Viallebesset

Imaginales Maçonniques et Esotériques d’Epinal 2015

Avec l'aimable autorisation de Jacques Viallebesset.

Quelques uns de ses recueils ses Éditeurs : Le Nouvel Athanor, Vega Eds, Entrelacs.
Quelques uns de ses recueils ses Éditeurs : Le Nouvel Athanor, Vega Eds, Entrelacs.
Quelques uns de ses recueils ses Éditeurs : Le Nouvel Athanor, Vega Eds, Entrelacs.
Quelques uns de ses recueils ses Éditeurs : Le Nouvel Athanor, Vega Eds, Entrelacs.
Quelques uns de ses recueils ses Éditeurs : Le Nouvel Athanor, Vega Eds, Entrelacs.
Quelques uns de ses recueils ses Éditeurs : Le Nouvel Athanor, Vega Eds, Entrelacs.

Quelques uns de ses recueils ses Éditeurs : Le Nouvel Athanor, Vega Eds, Entrelacs.

LE BLOG L'ATELIER DES POÈTES

 

jacques.viallebesset.scribouilleur.over-blog.com

 

 

TÉLÉGRAMME POÉTIQUE
TÉLÉGRAMME POÉTIQUE

J’en appelle                                                                                            

                                                                                                               A Matthieu Baumier

 

S’il est toujours minuit en ce siècle

A la kermesse des étoiles

Le meilleur est encore à venir

Les épiciers du cœur tiennent boutique

Sous le bec des vautours

 La chair quitte les os

Ce monde est un vaste charnier

Les hommes cherchent en vain leur ciel

Dans le  regard vitreux des autres

 

Pour que le coq puisse annoncer l’aurore

J’en appelle aux clowns et aux prophètes

Aux bateleurs, aux rêveurs, aux jongleurs

Et au cœur de soleil des forains

Il faut replanter l’arbre  de vie

Dans l’humus des cœurs

Avant que l’océan de la mort

Engloutisse la terre où, êtres sans destin,

Nous errons en quête de notre Orient   

 

On ne pourra  plus dormir tranquille

Tant que l’on n’aura pas les yeux ouverts

Restent le courage et la lucidité

Pour aimer en dernier recours

Notre  réalité est plus grande que les illusions

Nous savons  que nos  jours sont comptés

Nos colères rouges doivent refleurir

Bien que les coquelicots soient éphémères

Afin de partager le beau pain des forts et des sages

 

Pour que la sève irrigue nos branches

J’en appelle aux buveurs de lune,

Aux alchimistes du verbe qui allument

Des soleils d’or au cœur de la nuit

Aux conquérants de la Toison d’or,

Aux guetteurs de l’invisible et de l’indicible

Aux chercheurs de Graal et aux fils du vent

Aux cracheurs de mots de feu

Et aux professeurs d’espérance  

 

S’il est encore minuit dans ce siècle  

A la kermesse des étoiles

Le meilleur est toujours à venir

J’en appelle à vous Nobles Voyageurs

Qui traversez  l’espace et le temps

Moi, qui suis un arbre en marche

Dont les racines sont dans le ciel

Je  m’en remets à vous Merlin et Mélusine

Et vous, mes semblables, que la poésie vous  garde…

Jacques Viallebesset . Extrait de «  Le pollen des jours «  Editions Le nouvel athanor 2014

Avec l'aimable autorisation de Jacques Viallebesset.

BIOGRAPHIE & INFORMATIONS

Nationalité : France 
Né(e) : 1949
Biographie : 

Jacques Viallebesset serait le nom de plume d'un écrivain et poète français.
Il résiderait en Auvergne. Franc-Maçon, il s’est fait connaître comme co-auteur d’un roman La Conjuration des vengeurs (Dervy,2006), où il utilise tous les ressorts de l’imaginaire maçonnique. Adapté en bande dessinée sous le titre éponyme en 2010 chez Glénat.
Egalement poète, il a publié deux recueils, remarqués par la critique, L’Ecorce des cœurs en 2011 et Le Pollen des jours en 2014 aux éditions Le nouvel Athanor. Son prochain recueil, Sous l’étoile de Giono, paraitra en 2014 aux éditions Alain Gorius/Al Manar. Ses poèmes sont présents dans plusieurs revues et anthologies internationales.
Il travaille actuellement à un roman, dans la même veine que son précédent, Le Testament de l’initié, devant paraître en 2015 ainsi qu’à son quatrième recueil : Ce qui est épars.

Source Babélio 2015.

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Publié le par Jean-François Guerry
CATARACTE

CATARACTE

CATARACTE

 

Et s’il fallait que le corps diminue pour que l’esprit s’ouvre et grandisse ? S’il fallait la mise sur nos yeux d’un voile, s’il fallait en passer par la ruine du corps, comme par les ruines du temple, le corps tout entier est un symbole. C’est quand la chair quitte les os que l’on distingue mieux le sacrum, cet os qui soutient notre colonne vertébrale, symbole de notre verticalité.

La cataracte qui obscurcit nos yeux, met un bandeau sur nos yeux, nous dissimule le monde extérieur, le monde des apparences, nous ouvre à une autre vue, au domaine du réel, à la richesse intérieure infinie, que rien ne peut égaler. Aucun voile ne peut obscurcir l’esprit qui n’a pas de limite.

 

Cette cataracte qui croit avec la vieillesse du corps, ouvre la porte de l’intérieur à celui qui veut bien entrer en lui-même. Quand la lumière extérieure se brouille, diminue, la Grande Lumière intérieure commence à paraître, et elle augmente progressivement.

 

La cataracte n’est pas une maladie contagieuse, n’espérer pas en être atteint. Elle est le résultat d’une usure provoquée par les écailles inutiles, un passage des ténèbres à la Lumière. Car sous les ruines des ans, comme sous les ruines du temple de pierre, pour celui qui cherche il y a toujours une lumière, un cœur battant, un triangle lumineux d’or fin ou demeure inscrit le nom de l’ineffable. Il faut descendre pour connaître une ascension spirituelle. Ce chemin est un chemin de joie, et comme l’on dit avec un large sourire dans mon pays là où la Finis terrae à Brest même ! Quand vous descendrez, montez donc, vous verrez le petit comme il est grand !

Heureusement il n’y a pas que l’œil physiologique, que l’organe, il y a le principal l’œil du cœur, celui de la Lumière intérieure. Le symbolisme de l’œil est étroitement mêlé avec celui de la Lumière. Frithjof Schuon a écrit dans son ouvrage L’œil du Cœur :

 

« Les rapports entre l’œil, le cœur et le soleil sont multiples et profonds, ce qui permet souvent de les considérer comme synonymes. L’œil est le soleil du corps, comme le cœur est le soleil de l’âme, et le soleil est à la fois l’œil et le cœur du ciel. »

 

C’est souvent les yeux fermés que l’on voit le mieux. Ogalalla un sage de la tribu des Sioux disait :

 

« Je suis aveugle et je ne vois pas les choses de ce monde ; mais quand la Lumière vient d’En-Haut, elle illumine mon cœur et je peux voir car l’œil de mon cœur voit toute chose. »

 

J’ai un peu cette sensation quand je ferme mes paupières pour me mettre à l’ordre de deuil et penser à mes frères qui ont rejoint l’Orient éternel, je les vois en pleine Lumière.

 

Comment donc parvenir à voir les yeux fermés, si ce n’est par une pérégrination intérieure quotidienne, par des exercices spirituels de purification, à la manière des philosophes antiques parfaitement décrits par Pierre Hadot.

 

Les francs-maçons ne font pas autre chose dans leurs loges, ils s’efforcent de fuir le vice et de pratiquer la vertu. D’après Jean Climaque le père du désert, celui de l’échelle mystérieuse : l’œil du cœur peut voir le divin « soleil de l’intelligence », et dans ce cas le contemplatif se voit lui-même tout lumineux.

 

Sur le chemin de Damas Saul atteint de cécité, a été interpellé ainsi :

« Saul, mon frère celui qui m’a envoyé, c’est le seigneur, c’est Jésus, celui qui s’est montré sur le chemin que tu suivais pour venir ici.

Ainsi tu vas retrouver la vue, et tu seras rempli d’esprit saint. »

 

Il faut donc sans rire, vous faire opérer de la cataracte le moment venu, vous le sentirez, vous n’aurez qu’une envie c’est de retirer le voile qui vous empêche de voir avec le cœur. Vos yeux physiologiques seront capables de voir toutes les merveilles du monde, du cosmos.

C’est donc bien par le passage de cette cataracte de cette chute d’eau purificatrice qu’il faut passer pour voir le monde réel, et regarder les choses et les êtres avec amour. N’est-ce pas l’essentiel comme l’a dit Paul dans sa lettre aux Corinthiens. L’amour reste donc à mon sens aussi le message principiel présent dans les rituels maçonniques, et l’œil du cœur l’organe qui permet d’accéder à l’intelligence du cœur, la plus grande des intelligences. Je vous souhaite de garder en permanence votre œil du cœur ouvert.

 

Jean-François Guerry.

 

 

Bibliographie : L’ŒIL DU CŒUR de Frihjof Schuon -Collection Théoria L’Harmattan.

CATARACTE

RESUME

Cet ouvrage reprend l'intégralité du texte original paru à l'Age d'Homme en 1995, mais augmenté de trois chapitres inédits. Il couvre un large éventail de sujets : entre autres, les principes fondamentaux du symbolisme, la méditation, la vie après la mort, le profond mystère du Bodhisattva, et des réflexions précieuses sur l'intégration des activités quotidiennes dans la vie spirituelle. L'auteur s'attache ainsi à dégager l'intention spirituelle profonde des doctrines, des formes et des pratiques traditionnelles, tout en insistant sur la nécessité du cadre religieux comme garant de leur efficacité. Parallèlement, il évoque admirablement le caractère sacré de la création et du message de beauté qui lui est inhérent. Au coeur de cette sagesse, et à l'encontre de la laideur envahissante du monde moderne, le lecteur redécouvre alors la maxime platonicienne : "La beauté est la splendeur du vrai", laquelle exprime le rapport primordial et intime entre le vrai et le beau, sur lequel doit se fonder toute voie spirituelle.

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Publié le par Clementia

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Publié le par Jean-François Guerry
RECENSION : LAÏCITÉ, TOLÉRANCE & FRANC-MAÇONNERIE PART II-

LAÏCITÉ TOLÉRANCE & FRANC-MAÇONNERIE

 

Je reviens vers vous comme promis, avec un deuxième article sur le livre de Robert de Rosa : Laïcité, Tolérance & Franc-Maçonnerie. Dans le premier article du 11 novembre, il était question de l’acte de naissance de la laïcité.

Aujourd’hui mon but est de vous donner l’envie de lire les chapitres 2 et 3 où l’auteur donne d’abord sa définition de la laïcité et sa vision sous le prisme d’un enseignant et franc-maçon de la tolérance.

Il est incontestable que la laïcité a vu le jour sous la pression d’hommes ne supportant plus, la main mise par l’église catholique sur la société générale. Sa volonté de conserver et d’étendre son pouvoir temporel séculaire. L’église catholique voulait rester une religion d’état, dirigée par Rome, prétextant être la seule garante de l’ordre moral. Ce qui après la révélation des lumières était intolérable.

 

Robert de Rosa évoque néanmoins un des dangers de la laïcité ou plutôt d’une forme de laïcisme, qui serait de vouloir faire de la laïcité en quelque sorte une religion de substitution à l’usage des athées et des agnostiques. Ce serait confondre religion et spiritualité, notions radicalement différentes, il y a des spiritualités sans clercs et sans religions.

Peut-on parler de Spiritualité laïque ? André Comte Sponville et Luc Ferry non croyants défendent de concert cette idée. Voir le livre d’André Comte Sponville : « L’esprit de l’athéïsme – Introduction à une spiritualité sans Dieu. »

 

Robert de Rosa quant à lui pense qu’il y a antinomie entre les termes spiritualité et laïque. En clair pour lui il ne peut pas y avoir de spiritualité laïque, « accoler un adjectif a spiritualité c’est en réduire la portée universelle. »

 

Il nous donne sa définition de la laïcité qui ne se situe pas sur le même plan que la spiritualité.

 

« (…) c’est une disposition législative qui doit préserver l’exercice de toutes les formes de spiritualités. »

Je dirais que le compas de Robert de Rosa est plus ouvert. Il complète sa définition sur les valeurs de la laïcité :

« La première d’entre elles porte le nom controversé de tolérance, et s’accompagne de la liberté de conscience. »

 

La lecture de ce chapitre, vous permettra de vous faire par vous-même en toute liberté votre jugement sur ce qu’est la laïcité.

 

Dans le troisième chapitre de son livre il est donc question de la tolérance chère aux francs-maçons et aux hommes éclairés et ouverts.

Le chapitre commence par une citation de Gandhi :

« Je n’aime pas le mot tolérance, mais je n’en trouve pas de meilleur. »

 

Historiquement les religions ont fait preuve d’intolérance, ce n’est pas les dénigrer, c’est factuel, l’inquisition, les massacres de la Saint-Barthélémy illustrent tristement cet état de fait. Aujourd’hui cette intolérance est encore très présente en Inde, en Iran etc….

 

Une communauté quelle qu’elle soit, ne peut imposer ses dogmes à une nation entière, c’est une pratique barbare. Robert de Rosa écrit :

« Il y a une légitimité des peuples à devenir eux-mêmes, comme il y en a une pour soi à se réaliser hors d’un cadre défini par d’autres. »

 

La tolérance c’est aussi pour lui : « la nécessité de reconnaître l’autre comme un égal jouissant des mêmes droits. »

 

Il prône pour une tolérance raisonnée, constructive, en affirmant :

« Que les seules bornes à lui fixer, sont celles de la réciprocité. »  

 

Le but est donc d’atteindre dans la société, une harmonie, un quotidien partagé. Pour ma part je suis un las du fameux ‘vivre ensemble’ que l’on nous afflige à tous propos, il me semble réducteur, cela ressemble trop à ‘se supporter’ c’est le mauvais sens de se tolérer ! Cela induit une forme de tension, un couvercle que l’on ait obligé de mettre sur la marmite et non un apprentissage du véritable partage, une construction de la fraternité.

 

Robert de Rosa adoptant le langage maçonnique parle de « (…) servir l’humanité en général dans un homme en particulier. »

 

IL nous demande de « prendre place » cela rappelle les rituels maçonniques d’ouverture des travaux. Il y a du travail sur la planche à tracée.

Nous avons les outils et les mots à nous de nous en saisir, avec fermeté, compassion et amour.

Nous éviterons de tomber dans l’hubris qui nous guette. Robert de Rosa conclu ce chapitre sur la tolérance par les paroles d’Aristote :

 

« La vertu et l’homme vertueux sont la mesure de toute chose. »

 

Je tolérerais sans regret que vous lisiez ce livre, qui éclaire parfois des notions qui restent confuses dans cette période assombrie par l’intolérance.

 

Je reviendrais encore sur ce livre qui décidément manquait.

 

Jean-François Guerry.

Robert de Rosa, enseignant, plasticien, auteur, Franc-Maçon à la Grande Loge de France où il est Directeur de la Rédaction la Revue Points de Vue Initiatiques, vient d’écrire : « Laïcité, Tolérance et Franc-Maçonnerie », édité chez Numérilivre Éditions des Bords de Seine.

À LIRE : « Laïcité, Tolérance & Franc-Maçonnerie- de Robert de Rosa.

 

Chez NUMÉRILIVRE- Éditions du Bord de Seine-

152 Pages. Prix 20€ - ISBN : 978-2-36632-1524

www.numerilivre.fr  

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Publié le par Jean-Pierre Rousseau
LE  SECRET QUI  MÈNE AU SACRÉ

 

                       Le tablier de maître secret

 

Tel un faire part de décès ! blanc bordé de noir,

Je ne suis que douleur des bâtisseurs du Temple, 

Qui, par la mort de maître Hiram, leur exemple,

Ont perdu mot des maîtres, mis à mal leur espoir.

 

Je suis le symbole du conflit intérieur !

Combat lumière-ombre, bien-mal, vérité-erreur ;

Devoir de chaque initié en recherche,

De tendre à tout frère sur le chemin la perche.

 

Pour l’homme ! je suis la constance du Devoir !

J'aimerais être incitation à percevoir.

A travers le temps, je suis de l’âge du temps !

Dans toute  quête, je pourrais être le temps.

 

Sur ma bavette bleue figure l’œil ouvert,

Symbole de notre soleil œil de l’univers,

Divinité chère aux anciens Égyptiens !

Archétype de la lumière pour les anciens.

 

Je porte aussi sous ma bavette en décors,

Formant gloire autour de lettre Z, en lettre d'or,

Rameaux verdoyants de laurier et d'olivier,

 Ce soir exclus du propos de l’œil du tablier.

 

Jean-Pierre Rousseau.

LE  SECRET QUI  MÈNE AU SACRÉ
LE  SECRET QUI  MÈNE AU SACRÉ
LE  SECRET QUI  MÈNE AU SACRÉ
LE  SECRET QUI  MÈNE AU SACRÉ

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Publié le par Jacques Viallebesset

Cet article est reposté depuis L'atelier des Poètes - par Jacques Viallebesset.

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Publié le par Jean-François Guerry
SOUVENIRS DE PONDICHÉRY

SOUVENIRS DE PONDICHÉRY

 

Hier soir je me suis endormi en fermant un petit livre rouge au titre de « Palingénésies » sur quelques mots de Noël Rousseau ayant trait à l’hindouisme :

« (…) au-delà de l’existence, il y a l’Être et le Non- Être, la Non-dualité, but de toutes les traditions.

 

Le but de l’hindouisme est, ainsi de ramener le « moi » au « Soi » en sacrifiant le « moi », c’est-à-dire en sacrifiant son individualité son ego.

 

C’est le « il faut que je m’abaisse afin qu’il grandisse » ou le « je dois me vider de moi-même afin qu’il m’emplisse » de Maître Eckhart, celui-là même qui faisait bien la différence, au niveau principiel, entre l’Être et le Non-Être, entre l’Être qui œuvre, et le Non- Être ou Déité qui n’œuvre pas.

Cette Déité, ce Non-Être est le « Soi » oriental. »

Ashram Sri Aurobindo à Pondichéry.

Cela m’a ramené quelques années en arrière alors que j’étais devant le numéro 9 de Marine Street à Pondichéry à l’entrée, du Ashram de Sri Aurobindo ; simple touriste en quête de curiosités orientales.

Pourtant on ne vient pas en Inde par hasard, venir vers l’Orient c’est peu chercher les lumières perdues dans les brumes d’occident. C’est découvrir un autre monde, un monde ou la spiritualité est présente à chaque coin de rue, dans le regard des femmes et des hommes.

 

L’hindouisme est une religion ancestrale, sans dogme, sans fondateur, sans clergé, c’est peut-être ce qui a guidé mes pas vers cet Ashram. La lumière pure, la lumière éternelle de l’esprit comme celle qui brille sans arrêt à l’orient de ma loge. Cette quête de lumière qui est au début et à la fin de l’initiation, de l’ultime initiation que les profanes appellent la mort.

 

C’est aussi naturellement comme chaque matin que j’ai allumé la Lumière sur mon bureau et symboliquement dans mon cœur, ce matin je pensais à mon voyage à Pondichéry. Dans la bibliothèque de l’Ashram, j’avais trouvé un recueil des pensées de Sri Aurobindo qui a pris place dans ma bibliothèque et que j’ouvre régulièrement, ce recueil a pour titre : « La Croissance Intérieure ».

Toutes comparaisons avec les valeurs contenues dans les rituels maçonniques sont autorisées. Il ne s’agit pas de tomber dans un syncrétisme facile, mais quand l’on songe que Le Veda a pour but : l’éveil et l’essor de l’être, de l’être intérieur, la levée des voiles qui obscurcissent, la construction, l’élévation des colonnes force et sagesse en beauté.

Quand l’on voit les actions des Rishis les sages hindouistes, l’on peut faire une analogie avec les maximes, les injonctions des rituels maçonniques.

 

Quand on constate que l’hindouisme est plus que la religion particulière d’un peuple, d’une société mais plutôt une sorte d’ordre, un ordre pour sortir du chao, une assise, un repère, une colonne vertébrale sacrée (comme l’os sacrum), socio-cosmique éternelle, un mode de vie, de pensée et d’action. Une élévation spirituelle individuelle et collective, alors une comparaison avec l’initiation maçonnique ne paraît pas abusive.

 

Mais, il y a toujours un mais, comme les islamistes radicaux se sont emparés des valeurs ésotériques de l’Islam. Des politiques hindous et au premier rang, le premier ministre Narendra Modi bien que n’étant pas de la caste des Brahmanes a fait de l’hindouisme un instrument de sa politique et persécute les membres des autres religions.

 

Comme Brahma peut être comparé au Grand Architecte de l’Univers par sa portée universelle, l’affirmation que :  « Le Brahman sert de demeure à tous les êtres et demeure en tous les êtres. »Ce n’est pas pour les asservir, mais pour les libérer, pour respecter leur dignité, leurs différences.

 

Pour terminer avec mes souvenirs personnels de Pondichéry quelques citations inspirantes de Sri Aurobindo.

 

« C’est par une croissance intérieure constante que l’on peut trouver dans la vie une constante nouveauté et un intérêt qui ne faiblit point. Aucun autre moyen n’est satisfaisant. »

 

 

« Il n’y a qu’une chose à faire : devenir soi-même, mais le vrai « soi-même » est celui qui est en nous, et dépasser notre moi extérieur corporel, vital et mental est la condition pour que cet être suprême, qui est notre être véritable et divin, se révèle et devienne actif. C’est seulement en grandissant au-dedans et en vivant au-dedans que nous pouvons le trouver. »

 

 

« Un éveil de plus en plus puissant de la conscience et son ascension à des niveaux de plus en plus hauts, une vision et une action qui s’élargissent sans cesse, telles sont les conditions de notre progrès vers cette perfection suprême, totale, qui constitue le but de notre existence. » Sri Aurobindo.

 

Jean-François Guerry.

SOUVENIRS DE PONDICHÉRY
SOUVENIRS DE PONDICHÉRY
SOUVENIRS DE PONDICHÉRY
SOUVENIRS DE PONDICHÉRY
SOUVENIRS DE PONDICHÉRY

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Publié le par JP F

Faites le test chez vous au lieu de risquer de le prendre dans les centres de dépistage où il y a foule !!!                                                        

La pandémie covid 19 s'étend à nouveau. Comme pour les masques, il va falloir se débrouiller pour se tester.

Voici un test commode à faire à la maison (de préférence avant le repas du soir).

Étape 1: Mettez un peu de rhum dans un verre et essayez de le sentir....

Étape 2: Si vous pouvez sentir le rhum, buvez et voyez si vous en trouvez le goût...

Étape 3: Si vous pouvez sentir et goûter le rhum, vous pouvez supposer que vous n'avez pas le covid 19.

  Hier soir j'ai fait le test 6 fois et à chaque fois j'ai  été négatif !                                                                     

Ce soir je vais le refaire car, ce matin je me suis réveillé avec un peu mal à la tête ce qui peut être un symptôme de la maladie.

Faites le test pour vous rassurer! 

Le rhum est considéré et vendu comme de première nécessité ...

Bon WE 

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Publié le par Clementia

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Publié le par Jean-François Guerry - et la Loge Kleio
Delacroix

Delacroix

LA RÉSISTANCE À L'OPPRESSION

 

L es français sont-ils des gaulois réfractaires, ou sont-ils des veauxcomme le disait le général de Gaulle selon son fils Philippe de Gaulle expression qui lui vint à la bouche à propos de la signature de l’armistice, à laquelle il rajouta. Ils sont bons pour le massacre, ils n’ont que ce qu’ils méritent. De Gaulle s’il avait une haute idée de la France était sévère avec les français ou simplement réaliste.

 

S’il ne fait aucun doute que les lumières ont mis fin, aux dogmes, à l’obscurantisme et ont érigé le droit à la résistance face aux privilèges suivant l’Art 2- de la Déclaration des Droits de l’Homme et du Citoyen.

Doit-on en déduire que l’on doit résister à tout de manière systématique, en faire un fonds de commerce. Sommes-nous aujourd’hui des opprimés par un pouvoir dictatorial ? Sommes dirigés par une caste de privilégiés ? Se serait oublier que nous pouvons voter en toute liberté.

 

Nous sommes dans une guerre sanitaire, le conseil de guerre est le Conseil de défense en quelque sorte l’état-major. Pouvons-nous en toute honnêteté reprocher à nos dirigeants à la fois l’action et l’inaction, nous pouvons faire des critiques constructives.

 

Ce sur quoi il nous faut résister et être vigilant, c’est sur les actions violentes et brutales ou trop molles, pas facile de mettre la balance en équilibre. Néanmoins le Conseil de défense ne peut être qu’une gouvernance temporaire, il faut revenir au plus tôt vers la représentation nationale.

 

Je soumets, à votre réflexion ce travail sur le thème de la résistance de la loge Kleio écrit en 2017, travail d’excellente qualité.

 

Jean-François Guerry.  

LA RÉSISTANCE À L'OPPRESSION

La résistance à l'oppression

 

La vie regroupe l’ensemble des fonctions qui résistent à la mort. Par nature, l’homme dispose d’une forme de résistance innée. La résistance demeure une préoccupation vitale, non pas morale ; elle consiste juste à être vivant, à survire. Dès lors, l’atavisme qui nous prédispose à la résistance, nous donne déjà une propension à résister à d’autres formes d’agressions extérieures.

 

 

Par la suite, la philosophie des Lumières a constitué dans l’histoire de l’humanité une rupture culturelle et politique sans précédent. Tandis que l’arbitraire constituait la norme dans les sociétés humaines, le philosophe britannique John Locke a osé (en 1690) redéfinir les rapports entre le pouvoir politique et l’individu, en plaidant pour la subordination du premier aux intérêts du second ; en d’autres termes, pour l’existence d’un droit fondamental : le droit de résistance à l’oppression.

 

Il s’agit là d’une démarche littéralement révolutionnaire puisque la publication du Traité du gouvernement civil en 1690 vient justifier la Glorieuse révolution britannique et l’adoption du Bill of Rights, un siècle avant la révolution française.

 

Ces idées, chères aux francs-maçons anglais, devaient gagner la France, notamment sous l’influence de Montesquieu, né le 18 janvier 1689. Initié le 16 mai 1730 à Londres, il va inspirer la Constitution des Etats-Unis, avec son célèbre principe de la séparation des pouvoirs, qu'il évoque dans «L'esprit des Lois». Ces idées inspireront non seulement les Constitutionnels américains, mais également les Constitutionnels français, qui donneront au principe d’un droit de résistance à l’oppression la portée plus générale d’une référence à valeur universelle.

 

L’article 2 de la Déclaration des Droits de l’Homme et du Citoyen proclame ainsi que « le but de toute association politique est la conservation des droits naturels et imprescriptibles de l’homme. Ces droits sont la liberté, la propriété, la sûreté et la résistance à l’oppression ».

 

La résistance à l’oppression trouve ici sa source dans la considération selon laquelle la communauté n’institue le pouvoir politique qu’en vue de son propre bien. Si les gouvernants utilisent le pouvoir pour opprimer le peuple, celui-ci a le droit de s’opposer à leur autorité, de tenir leurs actes pour nuls et de leur résister.

 

 

Les exemples historiques les plus frappants viennent de l’Italie fasciste, de l’Allemagne nazie et du régime de Vichy en France.

L’ampleur et la violence de ces formes d’oppression sont non seulement le produit de la nature des régimes politiques, mais également du degré d’adhésion des populations en temps de guerre et sous l’occupation.

 

La résistance en Allemagne a pris la forme d’une « résistance sans ennemi et contre soi-même ». La faiblesse des formes de résistance et d’opposition traduit en fait l’intégration du nazisme par la population allemande, révélant une très forte adhésion à ce régime et une véritable légitimation de la dictature, constante de 1933 à 1945. L’ennemi ne venant pas de l’extérieur, la reconnaissance de cette résistance par la population allemande était quasi impossible, puisque résister signifiait trahir son peuple, en allant à l’encontre du sentiment patriotique dans un contexte de guerre.

 

De son côté, la longue durée du régime fasciste italien (deux décennies), ses pratiques et sa rigidité, ont conduit à une certaine dépolitisation de la population et à son éloignement de l’engagement politique. Il faut attendre, non pas l’entrée en guerre, mais la présence allemande à partir de septembre 1943, pour que s’accélère un processus de réapprentissage de la politique, à travers des actes de résistance précisément ; actes en partie liés à des stratégies de survie et des nécessités de choix.

 

Le régime de Vichy relève de cette double démarche : l’appréciation de l’existence d’une oppression, et le choix des moyens d’y résister.

 

Force est de constater que pour ces trois pays, la dictature s’installe dans un cadre légal. Peu à peu, les régimes ont recours à une « légalité falsifiée » (modification de la Constitution par Mussolini soutenu par le Parlement, Assemblées Parlementaires accordant les pleins pouvoirs à Pétain). Et les élites y collaborent.

 

La légitimité de ces régimes politiques se fonde également sur leur capacité à recomposer un corps social en proie à une crise d’identité nationale ; et c’est d’abord par la séduction que les masses sont assujetties (organisation des loisirs, embrigadement de la jeunesse), parallèlement à la coercition et à la répression.

 

La conjoncture et les évènements de la guerre introduisent toutefois le doute dans la population. La résistance a dû répondre à cette question de la légitimité, en créant une autre légitimité, en proposant un autre monde, d’autres projets et d’autres valeurs. La résistance a voulu trouver une forme d’immunisation contre le nazisme (tel est d’ailleurs le sens du terme médical « resistenz »).

 

 

 

 

Pour les premiers résistants, issus de familles catholiques, ou de tradition socialiste ou communiste, le degré d’agressivité du régime à leur égard entrait directement en conflit avec leur propre valeur d’obéissance : les possibilités de résistance ont été anesthésiées par Vichy. En Italie, les compromis entre l’Eglise et le régime fasciste a produit le même effet.

La question de la légitimité apparaît alors au cœur de l’idée d’un droit de résistance.

 

La résistance devient légitime lorsque le régime politique perd, lui, sa légitimité. Car la résistance naît de l’instauration d’un pouvoir auquel s’oppose naturellement un contre-pouvoir générateur d’actes de résistances. Il s’agit de résister à une agression, une contrainte, une oppression. Ici, il n’y a pas de théorisation de la résistance. Elle est.

 

La légitimité de Churchill apparaît dès lors incontestable lorsqu’il annonce aux français : « N’oubliez pas que nous ne nous arrêterons jamais, que nous ne nous lasserons jamais, que jamais nous ne cèderont et que notre peuple et notre empire tout entier se sont voués à la tâche de curer l’Europe de la pestilence nazie et de sauver le monde d’une nouvelle barbarie » (« Français, je marche encore avec vous », 1940).

 

Il faut comprendre que la résistance est légitimée par une prise de conscience collective. En cela, la résistance se démarque de la désobéissance. Sur ce sujet, Hannah Arendt écrivait : « Les arguments invoqués pour défendre la conscience individuelle ou des actes individuels, c’est-à-dire des impératifs moraux et des appels à un « droit supérieur », qu’il soit transcendant ou profane, sont inadéquats lorsqu’on entend les appliquer à des cas de désobéissance civile sur le terrain de la conscience individuelle » (Du mensonge à la violence, 1972).

 

Or, la désobéissance civile, ou civique, qui se traduit par le refus de respecter la loi au nom de sa conscience, remonte à l’Antiquité et a été souvent, elle, théorisée (notamment au 19ème siècle par le philosophe américain Henri David Thoreau, La désobéissance civile, 1849).

 

 

Mais cette question ne peut être déconnectée du concept de démocratie. En effet, serait-il concevable que la résistance ou la désobéissance puissent remettre en cause les fondements de la démocratie dans la mesure où celle-ci existe ?

 

Certainement pas pour les Allemands qui, le 23 mai 1949, adoptèrent une Loi fondamentale (article 20) qui intègre dans leur droit : « Le droit de résister à quiconque entreprendrait de renverser l’ordre constitutionnel, s’il n’y a pas d’autres remèdes ». La résistance est ici érigée en gardienne de la démocratie. La Loi reconnaît que des actes de résistance peuvent être conformes à un ordre juridique supra-législatif opposé à un ordre juridique injuste.

 

Dans un système démocratique, il appartient pourtant au Juge d’écarter la loi que viole un principe fondamentale consacré par le droit positif, et rien ne justifie que l’individu réinterprète la constitutionnalité de la loi, déclare cette dernière oppressive et désobéisse à cette loi.

Accepter un droit de résistance, ce serait alors accepter que la force d’une loi dépende de l’interprétation qu’en fait chaque individu.

 

Le recours à la résistance se conçoit par conséquent plus facilement dans des régimes non démocratiques, face à des juges appliquant des lois oppressives. Cependant, un droit de résistance n’apparait pas envisageable dans de tels régimes où il devient dérisoire de menacer un Etat devenu oppressif d’une sanction insurrectionnelle juridiquement autorisée ; la nature oppressive de l’Etat s’opposant directement à la reconnaissance positive du droit de résistance.

 

Martin Luther King ou Nelson Mandela se sont d’ailleurs battus pour la défense d’une certaine démocratie, et les valeurs qu’elle sous-tend. Leurs actions, que l’on qualifie plutôt de désobéissance, car non violentes, caractérisent toutefois une véritable résistance à l’oppression.

 

 

L’effectivité du droit de résistance se trouve peut-être alors au sein des effets symboliques que la proclamation d’un tel droit peut avoir sur les consciences et les actions des individus. Du point de vue de l’individu, se référer à un droit de résistance supérieur, c’est accepter pour soi et pour les autres une liberté d’action et de penser.

 

 

Les nouvelles formes de résistance à l’oppression s’inscrivent dans une évolution sociétale, humaniste et irréversible à l’échelle de la planète, avec le rejet d’une société assurant la domination de l’homme par l’homme.

 

Cette étape de libération a conduit l’homme à imaginer aujourd’hui d’autres formes d’oppressions, notamment une certaine forme de domination économique, contre laquelle se sont créées des forces de résistances.

 

A une vision économique mondiale, dominante et écrasante, doit répondre une vision économique plus humaniste, multiple et respectueuse des différences. Sont ainsi apparus des mouvements de résistances tels que la lutte pour les droits humains (IVG par exemple), la paix, les droits syndicaux, l’alter mondialisme. Bien sûr les formes de luttes de cette résistance à l’oppression sont aujourd’hui diverses et complémentaires : grèves, boycotts, lobbyings, votes, etc.

 

 

Il existe pourtant une forme de résistance à l’oppression connue depuis longtemps : le rire. « Castigat ridendo mores », « Châtie les mœurs par le rire », dit un proverbe ancien de la Rome antique.

 

Freud lui-même a considéré l’humour comme un mouvement de résistance à l’oppression. L’humour est le mode de réaction accessible à chacun pour marquer sa propre liberté. « Lorsque l’humour disparaitra, la barbarie se généralisera » dit Freud. Le propre des régimes autoritaires et totalitaires est de manquer d’humour : Staline ne riait pas, Pinochet non plus.

 

Rire pour ne pas périr. Pierre Dac, dans sa première allocution à la BBC, le 30 octobre 1943, a parfaitement illustré cette forme de résistance par l’humour :

 

« D’aucuns – dans le camp collaborationniste, s’entend – ne vont pas manquer de s’écrier : « Un loufoque à la radio de Londres, cette fois, c’est complet ! » Et de ricaner, et de faire de fines plaisanteries en se mettant de grands coups d’eau de Vichy derrière la croix gammée, histoire de souligner le grotesque de l’événement.

De la loufoquerie, certes, j’en ai fait et je ne cherche en aucune manière à m’en défendre, mais je l’ai faite en un temps où l’on avait encore le droit de rire en France ».

 

L’humour produit comme une sorte d’exorcisme collectif qui soude la population contre la tyrannie. « Echange une peinture de Van Dyck contre une grand-mère aryenne », proposait ainsi les juifs d’Allemagne après 1933.

 

Les États-Unis se sont également servis de l’humour pour faire prendre conscience de ce qui se passait en Allemagne. Les films américains étaient destinés à mobiliser le public contre le IIIème Reich : Charlie Chaplin était l’homme prédestiné pour opposer une réponse cinématographique à l’imagerie ampoulée des nazis, avec son film Le Dictateur.

 

 

Historiquement, l’humour a toujours créé des espaces de liberté. Toutefois, un rire tiède, de pur divertissement, et une dérision généralisée remplacent petit à petit le rire de résistance.

 

Est-ce si grave ? Assurément, car « le rire de résistance est le dernier rempart contre l’abus de pouvoir » déclarait Philippe Val, patron de Charlie Hebdo.

 

C'est là toute l'ambiguïté du rire : il bascule vite de la dérision au dérisoire. Et désamorce au lieu de résister. « L'humour permet d'attaquer publiquement des cibles haut placées, mais, en rendant l'expression de l'agression socialement acceptable, il la prive d'une partie de sa force », écrit l'historienne Amandine Regamey dans son livre sur la Russie soviétique (Prolétaires de tous pays, excusez-moi !, 2007).

 

Certains pensent que les histoires drôles politiques étaient inventées par le KGB lui-même, afin de laisser s'exprimer les frustrations et d'éviter des attaques plus sérieuses contre le pouvoir.

Ce vieux soupçon existait déjà sous les rois de France, avec leurs fameux fous qui ritualisaient la contestation. La liberté de ton laissée au bouffon est l'ultime ruse du pouvoir pour garantir sa pérennité.

 

Cette logique de récupération a traversé les siècles. Au début des Guignols de l’Info, certains hommes politiques caricaturés ont commencé par protester. Puis, rapidement, ils l'ont vécu comme un signe de reconnaissance, presque une consécration. Ceux qui n'avaient pas de marionnette ont alors commencé à se plaindre en envoyant des lettres à la production. Quelques années plus tard, on les accusera même d'avoir favorisé l'élection de Jacques Chirac en 1995 en le rendant sympathique...

 

Pierre Dac

 

Le rire ne serait-il pas aujourd’hui le seul parti d’opposition en France ?

 

Car la résistance aux nouvelles formes d’oppressions ne nécessite plus désormais le renversement du pouvoir politique, mais réside plutôt dans la volonté de remettre en cause un système, devenu moins démocratique. C’est toute la différence entre le révolté et le révolutionnaire. La volonté du révolutionnaire a un contenu émancipateur. La résistance à l’oppression se trouve, elle, dans cet objectif émancipateur.

 

A l’image de la FM qui nous émancipe pour devenir des hommes libres.

 

J’ai dit.

 

P.G.

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