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la Franc Maçonnerie au Coeur

la Franc Maçonnerie au Coeur

Un blog d'information, de conversations sur le thème de la Franc Maçonnerie, des textes en rapport avec la Franc Maçonnerie, comptes rendus et conseils de lectures.

Publié le par Jean-François Guerry
UN MAUVAIS WESTERN

UN MAUVAIS WESTERN

 

 

 

La lumière ne vient pas de l’ouest. Injonction : « Ce que te demande la franc-maçonnerie, c’est de défendre partout la justice. » Le franc-maçon a l’amour de la justice, il doit se faire son opinion par lui-même. Il ne suit pas toujours la même route que les autres, mais il s’engage dans l’honneur à défendre ses frères. Il se méfie des idoles humaines, il aime le peuple mais ne suit pas la foule. Amoureux de la nature il ne chasse pas en meute l’animal blessé.

 

Un mouvement né dans la nouveau monde « le Call Out » a donné lui-même naissance à « la Cancel Culture ».

Le Call Out la dénonciation publique est née aux Etats-Unis, elle est l’expression d’un sentiment d’injustice ou de manque de justice.

 

Le mouvement amplifié autrefois par la rumeur, transmise par la foule, l’est aujourd’hui par les réseaux sociaux. On est passé de l’image placardée à la sortie du Saloon au net.

 

Le Call Out, a donc accouché de la Cancel Culture qui peut être traduit par : une culture du boycott, une culture de l’annulation, une culture de l’humiliation publique, une culture de l’interpellation, une culture de la dénonciation, de la délation. Au mieux une auto-culture du rééquilibrage, par des auto-justiciers (Source Wikipédia)

Un mauvais Western décliné en série, un feuilleton médiatique, une multitude de petits Zorro occupent l’espace.

 

« La cancel culture qui nous vient des campus nord- américains et des réseaux sociaux, normalise les tentatives pour faire littéralement annuler les opinions considérées comme illégitimes. On la voit aujourd’hui défendue non seulement outre atlantique par des militants radicaux, qu’ils soient féministes, anti-homophobes, anticolonialistes, antiracistes, ou antiappropriationnistes, mais aussi des sympathisants français. » (Vu dans le journal le Monde de Nathalie Heinich sociologue, chercheuse au CNRS)

 

On assiste à un affrontement stérile entre ces censeurs de gauche et les anti-censeurs de droite.

 

Nathalie Heinich met à ce propos en lumière les différences entre la société nord-américaine et la nôtre :

 

« Le premier amendement de la constitution américaine, tout comme le premier article de la chartre canadienne des droits et liberté, fait de la liberté d’expression ‘un droit fondamental positif’ rendant à priori anticonstitutionnelle toute entrave à ce droit ».

 

Nous ne sommes pas en France dans ce système juridique.

 

« Notre liberté d’expression est d’emblée contenue dans des lois qui la restreignent, en interdisant, par exemple l’incitation à la haine raciale, l’appel au meurtre, l’encouragement à toutes les discriminations…. »

 

Cela doit nous éviter toute guerre civile larvée, manifestations violentes. Tout lynchage médiatique devrait être proscrit. En clair il y a des lois, et les citoyens individuellement ou en groupe ne peuvent se substituer aux juges, aux avocats, à la justice dans son ensemble. Nos institutions sont démocratiques, chez nous pas shérifs ni de coroners.

 

Les censeurs et les anti-censeurs s’auto autorisent eux-mêmes par leurs jugements médiatisés. Ils instituent une culture de la censure et de l’autocensure, par les ragots, les ont dits, les rumeurs.

 

La cancel culture balaye d’un même mouvement les juges, les avocats, toute la justice, elle prépare le retour de la barbarie et de l’arbitraire. C’est la justice médiatique des réseaux sociaux, rapide expéditive.

 

Comment en est-on arrivé là ?

Laure Murat professeure, historienne l’explique par un défaut, un manque de justice, trop lente, sans assez de moyens. Mais la justice n’aura jamais la rapidité des réseaux sociaux et c’est tant mieux !

Laure Murat va donc jusqu’à justifier cette cancel culture, en dénonçant simplement les excès, elle estime :

 

« Que la stigmatisation à laquelle se livrent en ligne certains militants de gauche radicale peut certes être excessive, mais elle est l’expression de la colère d’une population marginalisée et sans autre voix qu’internet. »

 

Son propos d’apparence modéré à mon sens, risque de faire basculer les esprits les plus radicaux de la colère à la violence sans redonner à la justice sa place.

La cancel culture échappe à tout contrôle démocratique, une fois ses messages lancés sur les médias ou les réseaux sociaux, les incriminés sont déjà condamnés de fait, sans défense, sans appel.

 

S’il y a lieu sans ‘mais’ de faire respecter la liberté d’expression, qui est un des fondements des droits de l’homme et ce que la loi permet dans notre pays où il n’y a pas à ma connaissance de prisonniers politiques.

Il y a lieu aussi comme le propose la sociologue Nathalie Heinich de réfléchir à cette affirmation de Lacordaire :

 

« Entre le fort et le faible, c’est la liberté qui opprime et c’est la loi qui affranchit. »

 

La justice que la franc-maçonnerie nous demande de défendre, c’est bien le contraire de la barbarie, de la loi de la meute sauvage, de l’arbitraire, de la désignation des boucs émissaires, il nous faut combattre toutes les dictatures politiques, religieuses et aussi celles plus modernes des réseaux sociaux incontrôlés qui condamnent sans jugement.

Vous avez surement un avis à ce propos ?

 

Jean-François Guerry.

 

Sources : Articles du journal Le Monde.

UN MAUVAIS WESTERN

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Publié le par Jean-François Guerry
Rien que la lumière

Rien que la lumière

RIEN

 

 

Ce matin rien, rien que le bruit de la vague remplie du sel de la vie qui coule lentement sur le sable où brille les premiers éclats du soleil.

 

 

Rien que le vol d’une hirondelle de mer qui joue avec le vent.

 

 

Rien, que la dernière pirouette du martinet devant ma fenêtre avant le grand voyage, ventre à terre.

 

Rien que le message de la nature dans la bouteille de lait mousseux déposée à ma porte quand le soleil se lève. Dans le lait, il y a l’herbe verte avec les larmes de la rosée du ciel.

 

Ce matin ne rien dire, ne rien faire, être là immobile regarder la mer, regarder l’autre qui passe, s’arrête un instant. Ri pour rien à rien, à la vie, à moi peut-être.

 

Rien que l’empathie silencieuse. Rien mais toi, rien mais moi, ne rien offrir, ne rien prétendre, ne rien promettre, donner tout sans rien dire, pour la vie, être là c’est tout et ce n’est rien.

 

Il n’y a rien au bout du monde, rien derrière l’horizon, tout est là près de chez soi, juste derrière la porte, chez soi en soi.

 

Jean-François Guerry.

RIEN

Ce matin-là !

Je m’étais réveillé au milieu des vignes

Un soleil généreux me réchauffait le corps

Tandis que dans mon cœur réfléchissait encor’

Un rêve tourmenté comme un très mauvais signe.

 

Je me suis relevé comme un pantin cassé,

Un silence pesant enveloppait l’endroit.

Je pensais : « la nature et ses drôles de lois… »

Qu’avions nous enfreint pour en être chassés ?

 

J’avisais un sous-bois à quelques encablures

Un lieu protecteur qui avait belle allure

Sur la route déserte qui menait à la ville.

 

J’atteignis mon refuge un peu sur le « qui vive »

Mon masque avait glissé, protecteur inutile,

Mes gants étaient souillés et la fin déductive…

 

Philippe Jouvert.

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Publié le par Jean-Laurent Turbet

Cet article est reposté depuis Bloc notes de Jean-Laurent sur les Spiritualités.

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Bernard Stiegler

Bernard Stiegler

DISRUPTION

 

 

Bernard Stiegler est décédé le 6 août. Une vie hors du commun s’achève, une vie hors des chemins balisés, une vie hors de tout, hors de lui. Une vie de travail et de méditation, pour l’autre, pour les autres. Le philosophe de la « Disruption » ex ouvrier agricole, ex-tenancier de restaurant musical, ex-braqueur de banques, ex-taulard, témoin et acteur de vie hors normes, précurseur des lanceurs d’alertes.

 

Il fût sauvé, de ses dérives par le philosophe Jacques Derrida. Il fera une carrière remarquable au centre Pompidou, à la télévision etc… Il va dénoncer l’économie du pulsionnel, la monétarisation de tout, et surtout de l’existence. Il alertera sur la financiarisation des réseaux sociaux.

 

La disruption est la pensée centrale de Bernard Stiegler, il met en lumière : 

« La crise totale que traversent les sociétés occidentales. La disruption est le phénomène d’accélération de l’innovation technologique qui mène au point de rupture. »

Christian Bobin

L’on peut rapprocher le mode de vie du philosophe athée Bernard Stiegler, de celle du poète et écrivain croyant Christian Bobin, ainsi que celle d’un autre philosophe Olivier Abel ; tous les trois ont choisi de renoncer à l’accélération de la vie. Ils se sont retirés dans des havres de paix et d’harmonie proches de la nature, ils sont dans l’éloge de la lenteur.

Olivier Abel

Il est temps sans doute dans un monde de la multiplication des chiffres, de la dictature des « followers », que les suiveurs, les marcheurs occasionnels et éphémères se rendent compte que leur dictature technologique est invasive, impérialiste et qu’elle programme leur mort, la fermeture de leurs comptes quand elle aura épuisé leurs données personnelles. Dès que les comptes en banques de ces influenceurs de vie sont bien garnis, ils jettent leurs créditeurs.

 

Il ne s’agit pas de renier l’utilité des progrès des sciences et des techniques, mais de ne pas en faire des idoles. Le bonheur est et restera dans le pré et TIK TOK !

 

Jean-François Guerry.

Bernard Stiegler (photo Libération)

Bernard Stiegler (photo Libération)

REVUE DE PRESSE

DISPARITION LIBERATION

 

Mort du philosophe Bernard Stiegler, technicien de la pensée et penseur de la technique

Le philosophe engagé à gauche est mort à l’âge de 68 ans. Condamné en 1978 pour plusieurs braquages de banques, il avait étudié en prison. Il est l'auteur d'une œuvre hybride et pionnière sur la technique et le numérique.


En mars dernier, Bernard Stiegler donnait encore une interview à Libération à l’occasion de son dernier livre, Qu’appelle-t-on panser ? La leçon de Greta Thunberg(Les liens qui libèrent). Evoquant l’impuissance des gouvernements et des multinationales face à la crise climatique et à la colère des jeunes générations, il confiait : «Même s’ils le voulaient, les Etats n’auraient pas les concepts pour changer. Il faudrait, pour pouvoir le faire, établir une nouvelle critique de la science dans le monde industriel.» Pendant plus de quarante ans, Bernard Stiegler a largement contribué à mettre une telle critique sur pied. «Il était un pionnier de la réflexion contemporaine sur la place de la technique dans notre société, sur la technique comme partie active et constituante de notre civilisation», explique le philosophe Jean-Luc Nancy à Libération.

 

LE MONDE :Le philosophe Bernard Stiegler est mort à l’âge de 68 ans

Condamné en 1978 pour plusieurs braquages de banques, il avait étudié la philosophie en prison. Penseur engagé à gauche, il prenait position contre les dérives libérales de la société.

 

Né le 1er avril 1952 à Villebon-sur-Yvette (Essonne) d’une mère employée de banque et d’un père ingénieur à la télévision française, Bernard Stiegler a comme vécu plusieurs vies. En 1968, il arrête ses cours de seconde au lycée pour rejoindre les barricades de la rue Gay-Lussac. Il adhère rapidement au Parti communiste, qu’il quittera en 1976, rejetant « le stalinisme imposé par Georges Marchais ».

Lire son portrait : Bernard Stiegler, un philosophe interactif

Après 1968, il fait tous les métiers : manœuvre, employé de bureau, commis de courses dans un cabinet d’architecte… Ouvrier agricole, il gère une exploitation dans le Lot-et-Garonne pendant deux ans jusqu’à la grande sécheresse de 1976.

Bernard Stiegler ouvre ensuite un bistrot musical à Toulouse, où il invite des musiciens de jazz. Son café-restaurant séduit Gérard Granel, professeur de philosophie à l’université de Toulouse, passionné de jazz. Les deux hommes deviendront amis. Mais les finances du bistrot sont très tendues et il décide un jour de braquer une banque « pour combler [son] découvert ». « J’y ai pris goût et j’ai braqué trois autres agences », racontait-il dans un portrait que lui avait consacré Le Monde en 2006.

Il sera finalement arrêté par la police lors de son quatrième braquage puis condamné à cinq ans de prison. De 1978 à 1983, il profite de son incarcération pour s’inscrire à l’université de Toulouse et y suit des études de philosophie par correspondance.

« La possibilité et la nécessité de changer nos vies »

A sa sortie de prison, en 1983, il rencontre le philosophe français Jacques Derrida, qui s’apprête à diriger le nouveau Collège international de philosophie créé par Jean-Pierre Chevènement. Bernard Stiegler y tient un séminaire bimensuel sur la technique dès 1984. Un séminaire qui lui permettra de se faire remarquer et d’être ainsi embauché comme chercheur au ministère de la recherche. Toujours appuyé par Jacques Derrida, il avait soutenu sa thèse à l’Ecole des hautes études en sciences sociales (EHESS) en 1993. En 1988, l’Université de technologie de Compiègne (UTC) lui propose un poste de professeur, qu’il accepte.

 

Lire sa tribune : « “L’économie contributive” distingue fondamentalement travail et emploi, mais sans les opposer »

 

De 1996 à 1999, il devient directeur général adjoint de l’Institut national de l’audiovisuel (INA), avant de prendre la direction de l’Institut de recherche et de coordination acoustique/musique (Ircam) en 2002. Il y reste jusqu’en 2006, quand il est nommé directeur du Développement culturel du Centre Pompidou. C’est au sein de cette institution qu’il fonde la même année l’Institut de recherche et d’innovation (IRI), chargé d’« anticiper, accompagner, et analyser les mutations des activités culturelles, scientifiques et économiques induites par les technologies numériques, et [de] développer de nouveaux dispositifs critiques contributifs ».

Parmi ses nombreux essais, Bernard Stiegler avait publié en janvier Qu’appelle-t-on panser ? La Leçon de Greta Thunberg, dans lequel il s’interrogeait sur l’inaptitude des Etats et des entreprises à répondre aux demandes écologiques, et estimait que les sciences devaient être autonomes par rapport au capitalisme. Il était aussi l’auteur de L’emploi est mort. Vive le travail !, Etats de choc : bêtise et savoir au XXIe siècle et coauteur, avec Denis Kambouchner et Philippe Meirieu, de L’école, le numérique et la société qui vient.

Dans un texte publié en avril dans Le Monde sur son expérience du confinement (en prison et durant la crise du Covid-19), Bernard Stiegler écrivait :

« Le confinement en cours devrait être l’occasion d’une réflexion de très grande ampleur sur la possibilité et la nécessité de changer nos vies. Cela devrait passer par ce que j’avais appelé, dans Mécréance et discrédit (Galilée, 2004), un otium du peuple. Ce devrait être l’occasion d’une revalorisation du silence, des rythmes que l’on se donne, plutôt qu’on ne s’y plie, d’une pratique très parcimonieuse et raisonnée des médias et de tout ce qui, survenant du dehors, distrait l’homme d’être un homme. »

 

LE FIGARO

 

Le Collège international de philosophie a annoncé jeudi 6 août le décès de Bernard Stiegler, à l'âge de 68 ans. Directeur de l'Institut de recherche et d'innovation (IRI), créé en 2005 au Centre Pompidou pour imaginer les mutations des pratiques culturelles entraînées par les technologies numériques, le philosophe avait axé sa réflexion sur le numérique et ses conséquences sociales.

 

 

Dans le journal La Croix : Bernard Stiegler, un éveilleur de conscience

Le philosophe et essayiste est mort jeudi 6 août. Il avait 68 ans. C’était l’un des penseurs de la technique et du temps, confronté à l’ère numérique qui bouleverse radicalement nos modes de vie et de pensée.

Bernard Stiegler, un éveilleur de conscience

Le philosophe et essayiste est mort jeudi 6 août. Il avait 68 ans. C’était l’un des penseurs de la technique et du temps, confronté à l’ère numérique qui bouleverse radicalement nos modes de vie et de pensée.

  • Jean-Claude Raspiengeas
 

 

Bernard Stiegler, philosophe, à l'Institut de Recherche et d'Innovation du Centre Pompidou. Paris, 17 mai 2016.BERTRAND BECHARD/MAXPPP

 

 

La mélancolie, tenace, lui collait à la peau. Pour tenter de la tenir à distance, il s’engouffrait dans le travail, la recherche, la spéculation intellectuelle et l’action sociale. Bernard Stiegler est parti en toute discrétion. Son décès a été annoncé jeudi 6 août dans la soirée par le Collège international de philosophie dont il avait été l’un des directeurs de programme de recherche, à sa sortie de prison, en 1983. « Un contemporain hors du commun, qui a cherché à inventer une nouvelle langue et de nouvelles subversions », salue le communiqué

→ À LIRE. Le philosophe Bernard Stiegler est mort

L’une de ses singularités, si souvent soulignée, fut d’avoir été emprisonné pendant cinq ans pour une série de braquages. Et d’avoir transformé cette réclusion en occasion de se réinventer. Au terme d’une grève de la faim, il obtient une cellule individuelle et de pouvoir explorer l’histoire de la philosophie. C’est dans le silence et la solitude de ce réduit que Bernard Stiegler va devenir un autre homme.

Né le 1er avril 1952, militant d’extrême-gauche, aspiré par Mai 68, il « s’établit » un temps comme ouvrier agricole et manœuvre. À Toulouse, il rachète une petite épicerie, lance un restaurant musical, vite transformé en club de jazz. Endetté, il décide d’attaquer sa banque à main armée et récidive avant d’être coffré. « La chance de ma vie », disait-il.

Autodidacte et atypique, il en sort, soutenu par Jacques Derrida, son directeur de thèse, comme l’un des penseurs capitaux de la technique et de la techno-science, un théoricien de la mise en réseau des savoirs et des pratiques, un ardent promoteur de « l’économie de la contribution », inspirée de la théorie de la pollinisation.

Tout en poursuivant son travail d’enseignant universitaire et son œuvre d’essayiste, Bernard Stiegler est recruté par des institutions influentes de l’industrie culturelle (Institut national de l’audiovisuel, Ircam, Centre Pompidou), séduites par sa rigueur et la pertinence de son propos.

 

La « barbarie » de l’économie du pulsionnel

Dans la lignée de Heidegger, de Jacques Ellul, de Paul Virilio, que dit-il ? Les individus ne sont plus que des consommateurs perpétuellement frustrés et insatisfaits, manipulés par des techniques de marketing, soumis à l’idéologie du consumérisme qui joue sur les ressorts de la pulsion. Temps détruit, travail en miettes, esprit colonisé par la publicité, injonction consumériste, toxicité des évolutions technologiques, savoir-faire perdus, mémoire confisquée, monétarisation de l’existence, humanité dépressive…

Cet éveilleur de conscience pointe et dénonce la « barbarie » de cette économie du pulsionnel (cf l’usage frénétique des réseaux sociaux) et du contrôle général, de l’accélération technique pilotée par les intérêts financiers. Farouche procureur de la dérive mercantile de la télévision, il s’affirme comme un analyste décapant du nouveau « malaise dans la civilisation ».

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DU RAPPORT DE SOI À L’AUTRE

DU RAPPORT DE SOI À L’AUTRE

 

 

 

Linitiation maçonnique, c’est d’abord l’attachement à la connaissance de son soi. L’oracle du temple de Delphes : le connais-toi, toi-même, et tu connaîtras le monde et les dieux.  À imprégner toute la philosophie antique et nombre de traditions initiatiques, la franc-maçonnerie en fait partie.

Architecte de son temple intérieur, responsable du plan de sa vie, conscient qu’il devra construire et se construire, avec naïveté ou une ambition démesurée, utopiste, le franc-maçon envisage de réparer, voire de construire ou de reconstruire le monde, de le rendre meilleur, plus humain, plus spirituel.

 

L’on parle souvent du parcours initiatique, comme d’une spiritualisation progressive, d’élévations d’états de conscience. De travail d’acquisition des savoirs, des connaissances, de volonté et de pouvoir. Savoir, pouvoir, connaître, chercher la vérité pour gagner sa liberté, puis transmettre ; c’est l’empreinte des recherches des philosophes antiques.

 

Emmanuel Levinas a proposé une autre manière de penser, révolutionnaire : la passivité phénoménologique. Constatant les limites de notre conscience, que savons-nous du monde au-delà de notre ligne d’horizon ? Pouvons-nous donner trop de pouvoir à notre conscience ? L’autre étant différend de nous-même, sa conscience est différente de la nôtre. Pouvons-nous prétendre le connaître à travers le seul prisme de notre conscience.

La philosophe Corine Pelluchon explique la pensée de Levinas :

 

« Autrui me tombe dessus, lui que je n’avais pas deviné et qui n’est pas dans mon horizon. Puisque l’horizon est constitué par la conscience. Avec l’autre on est dans l’éthique. »

 

Notre rapport habituel à l’autre ne serait donc qu’un rapport de soi à soi, un solipsisme du moi. C’est-à-dire, que nous avons des certitudes, et que ces certitudes n’existent que par rapport à nous-mêmes.

Nous ne considérons l’autre que par rapport à notre savoir, notre pouvoir, notre conscience, et toujours nos certitudes. On est dans le moi d’abord, le par rapport à moi ! Comment dès lors vivre dans une forme d’éthique, et dans le soin de l’autre. La franc-maçonnerie nous mets en garde vis à vis de nos certitudes.

 

Nous sommes dans une sorte d’obsession de la maîtrise de soi, du pouvoir. Comment accueillir l’autre ?

Pour Levinas, il nous faut si j’ose dire en rabattre, être dans la passivité,l’écoute, pour être dans l’éthique. C’est sans doute pour cela qu’il nous faut accepter de l’apprenti, l’écoute de l’autre et êtres d’éternels apprentis pour sortir de nos certitudes, connaître l’éveil et l’essor spirituel.

L’étalement de nos savoirs, de nos connaissances, n’est qu’un rapport de soi à soi, un égoïsme, ce n’est pas la Connaissance, ni non plus une éthique.

 

Cette passivité de Levinas nous permet de penser notre existence comme une réceptivité et non seulement comme un projet.

 

Que demande le postulant ? La lumière V…, Que reçoit l’apprenti ? La Lumière.

 

D’où l’incontournable transmission qui vient de l’autre et du mystérieux Grand Architecte, bien au-delà de notre conscience.

 

L’obsession encore de la maîtrise de soi, notre volonté de connaissance, n’est pas suffisante à la réalisation d’une éthique de vie. La volonté et l’action ne valent rien sans l’humilité et l’amour.

Quand je reçois d’autrui, je reçois ce que je suis et j’ai le sentiment d’une épiphanie, d’une essence inconnue.

 

Jean-François Guerry.

 

Inspiration : la pensée de Emmanuel Levinas. 

DU RAPPORT DE SOI À L’AUTRE

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IPSÉITÉ ET CHEMIN INITIATIQUE

IPSÉITÉ ET CHEMIN INITIATIQUE

 

 

Le profane qui frappe à la porte du temple maçonnique, est à la recherche des réponses à ses questions existentielles, et d’une méthode pour parvenir à obtenir les réponses.

Il a déjà une certaine conscience de son soi, il est prêt, pour entreprendre une recherche spirituelle. Son premier questionnement est « Qui suis-je ? ». Qui suis-je vraiment.

 

Cette question il se la pose souvent au midi de sa vie, il sent que le temps presse. Il a conscience de son soi à ce moment donné, il a conscience aussi de l’évolution de son soi dans le temps, des modifications de ce qu’il est.

 

Qui n’a pas rêver des retrouvailles avec sa jeunesse, avec ses amis de jeunesse. Pour avoir réalisé ces rencontres, ces retours à l’avant, j’ai pu faire le constat que j’ai changé, que les autres ont changés, que nos chemins ne sont plus les mêmes. Ce qui dans notre jeunesse nous rapprochaient les uns des autres, jusqu’à croire que nous étions semblables, les mêmes. Cette mêmeté a pour partie été modifiée. Notre avons pris conscience de notre ipséité notre conscience, notre individualité, mais celle-ci a évoluée.

 

La bonne question au moment où nous poussons la porte du temple serait donc que suis-je ? et non qui suis-je ?

 

J’en appelle à Paul Ricœur pour mieux définir mêmeté et ipséité. La mêmeté ou l’idem en latin, le même, et l’ipséité au sens de l’ipse ou du soi-même.

La mêmeté se caractérise par ce qui est immuable dans le temps, comme les objets inertes (une table, une chaise..). Comme certains caractères d’un curriculum vitae, mais d’autres changent avec notre parcours de vie. Qui suis-je, c’est que je veux montrer à autrui et non le que suis-je.

 

Preuve en est après quelques années d’initiation maçonnique, l’autre nous dit tu as changé et pourtant je suis le même.

L’ipséité n’annule pas la mêmeté, mais la complète, elle est recherche de complétude. Au fil de l’initiation nous rencontrons les formules : « Je suis ce que je suis ; soit ce que tu es, ou encore je suis le même et un autre pourtant. »

 

L’initiation avec la prise de conscience de son soi, a permis l’accès à la connaissance de son être intérieur, son évolution, sa transmutation, une véritable métamorphose.

 

Dans le langage populaire des expressions expriment ce changement : j’ai changé, j’ai évolué…

 

« À partir de la notion d’ipséité, Paul Ricœur nous conduit ainsi à un concept d’identité souple et dynamique, qui immunise contre le danger d’un retour, fût-il indirect, vers un moi fort… »

 

Il s’agit là d’un combat conscient contre l’ego. L’ipséité c’est être le même et différend à la fois, peut-être un début de sagesse. Le maître qui résisté à l’injustice, qui respecté ses serments meurt au vulgaire mais réapparait plus radieux que jamais. Notre vie est une collection d’histoires, l’initiation maçonnique une succession d’états de conscience, une montée progressive sur les barreaux de l’échelle mystérieuse, une transformation permanente du même homme.

 

La gageure est comment tenir, faire perdurer les valeurs essentielles contenues dans notre mêmeté et les changements de notre ipséité. Il nous faut force et courage, sens de l’honneur, dignité.

 

Ce n’est pas simple, il nous faut tenir compte de notre faillibilité, de notre confrontation avec l’altérité. Être capables en toutes circonstances de juger par nous-mêmes. De distinguer le vrai du faux, le juste de l’injuste.

 

Corine Pelluchon cite Emmanuel Levinas, il faut que :

« Que l’humanité installée puisse à tout moment s’exposer à la situation dangereuse où sa dignité reste à la merci d’une voie subjective… »

 

Il faut sans cesse combattre toutes les dictatures, de toutes sortes, politiques ou religieuses.

« Notre obligation est d’abriter toute l’humanité de l’homme dans la cabane ouverte à tous les vents de la conscience. » (Réf à la fête juive de la Cabane Soukkah (cabane, hutte), c’est la fête qui célèbre les récoltes, la joie et l’assistance divine)

 

Notre ipséité, l’évolution de notre soi est une chance contre l’intégrisme, l’extrémisme qui pourrait envahir notre pensée. Notre tolérance fraternelle sans laxisme, doit toujours être présente en nous.

 

Notre ipséité, l’évolution initiatique de notre soi, ne doit pas nous faire oublier l’amour de l’autre et l’humilité :

 

« Je vois la dignité où vous êtes élevé et de quelle hauteur maintenant vous pouvez tomber. » (Saint-Bernard de Clairvaux)

 

Ou encore Corine Pelluchon :

« L’humilité est un breuvage amer qui me fait prendre conscience de mes limites, de ma faillibilité, du fait que les défauts que je vois chez autrui sont aussi en moi… »

 

L’ipséité ce que nous sommes à chaque moment, nous oblige à une constante construction, réparation de nous-mêmes, par adaptations progressives et continues. En cherchant avec constance et persévérance malgré l’usure et les circonstances à réunir ce qui est épars, pour nous réparer, nous reconstruire, sans oublier ce que nous sommes, et avec force et humilité apporter nos pierres dans l’édifice avec la truelle et le ciment de l’amour fraternel.

 

Jean-François Guerry.

 

 

 

Sources : Paul Ricœur, Corine Pelluchon, travail personnel.

Lectures : Cahiers de l’Alliance N°6. Comprendre Lévinas de Corine Pelluchon.

IPSÉITÉ ET CHEMIN INITIATIQUE
IPSÉITÉ ET CHEMIN INITIATIQUE

NOTE DE L'ÉDITEUR

Emmanuel Levinas a renouvelé en profondeur la philosophie, qu'il s'agisse de la définition de la subjectivité par la responsabilité, des implications politiques de cette conception du sujet ou de son insistance sur la corporéité, pensée comme vulnérabilité ou associée à une phénoménologie du " vivre de " et des nourritures.

Dans un séminaire qui s'adressait à des étudiants en philosophie et à des soignants, Corine Pelluchon donne les clefs pour comprendre cette œuvre exigeante et communique une expérience de pensée liée à la manière dont la réflexion et le style de Levinas l'ont bouleversée. Elle montre en quel sens il a inspiré ses propres travaux, qui prolongent et parfois discutent ses thèses, soulignant aussi l'actualité de Levinas, y compris lorsqu'on s'intéresse à des sujets sur lesquels il ne s'est pas exprimé, comme la médecine, l'écologie et le rapport aux animaux.



Corine Pelluchon est philosophe et professeur à l'université Gustave-Eiffel. Elle a publié une dizaine d'ouvrages.

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Publié le par Jean-François Guerry
Tour de Babel National Géographic

Tour de Babel National Géographic

LA POLYSÉMIE DES MOTS, UNE RICHESSE …

 

 

 

Derrière les mots, des images, des symboles, derrière les symboles des idées, derrière les idées l’infini, le monde imaginal un autre monde que celui connu par les sens et l’intellect. Un troisième monde, un intermonde à découvrir entre le sensible et l’intelligible. Un monde de l’inconscient, que révèle la polysémie des mots.

S’abstenir de réduire, de dogmatiser, ouvrir son cœur et son âme tendre vers l’absolu, déchirer les voiles, pousser encore et encore les portes, laisser entrer le souffle, ouvrir les fenêtres.

 

Partir de l’un vers le multiple, pour retourner à l’unique, la polysémie des mots est un levier pour connaissance. Elle permet l’accès à la richesse des différences, la connaissance de l’autre, le respect de l’autre.

 

Dans un monde univoque au même son, on oublie que le même mot cache des différences de significations, ce monde des apparences, n’est pas le monde réel. La polysémie est plurivoque.

 

La pensée occidentale contemporaine, sous une apparente diversité est une pensée souvent unique. L’individuel se confond avec l’individualisme.

 

L’initiation maçonnique, est un éveil, un essor de l’être intérieur, une tension vers la spiritualité, le sacré, le divin sans dogmes, elle donne un sens et du sens à la vie. Par l’appropriation des mots de passe, de reconnaissance, des mots sacrés, des images et des symboles, l’on avance par degré sur le chemin de la Connaissance, de la vérité, de la parole originelle. Chacun ses propres mots sur le même chemin, toutes les valeurs essentielles des traditions sont transmises par les mots justes qui sont universels et se retrouvent dans une tradition première, primordiale, le multiple se retrouve dans l’un.

 

À chacun ses mots, ses rites, ses rituels, la sève, le suc, l’essence, la moelle de toutes les traditions se retrouvent une tradition primordiale.  Ainsi l’Occident va à la rencontre de l’Orient, le nadir le soleil à minuit, va à la rencontre du soleil au midi, au zénith. Le fil à plomb est toujours présent au centre de l’espace sacré pour nous rappeler que ce qui est en haut est semblable à ce qui est en bas.

 

La polysémie des mots incarne la pensée de l’autre, impose le respect et l’écoute de l’autre. En franc-maçonnerie l’on vient comme on est, avec ce que l’on a sa soif de connaissance, sa faim de nourritures spirituelles, l’on sait que nous aurons à boire et à manger tant que nous aurons faim et soif. Nous recevrons, mais notre devoir sera aussi de transmettre, de donner ce que nous avons reçu, nous donnerons avec nos mots et nos frères transmettrons avec les leurs, ce qui compte c’est le sens, la direction, l’harmonie des notes dans cette partition universelle.

 

En douceur, mais aussi avec la force des mots, l’exigence de l’action. À chacun l’image de son Grand Architecte, de son Géomètre suprême, ce principe qui régit le monde dans son ensemble et nous tous en particulier à un nom aux multiples significations, nous sommes incapables de le prononcer, mais nous pouvons en épeler quelques syllabes, un jour peut-être, nous pourrons au-delà de nous-mêmes retrouver ce nom, cette parole unique et multiple.   

 

Jean-François Guerry. 

Polysémie

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Publié le par Jean-François Guerry
Babylone

Babylone

ENTIÈREMENT DE MÉMOIRE….

 

 

La transmission constitue le socle, l’assise d’un rite initiatique, les rites maçonniques n’échappent pas à cette règle. L’enfant apprend à parler en écoutant sa mère. La mère des enfants de la veuve, c’est-à-dire des francs-maçons est leur Loge Mère. C’est dans l’espace sacralisé de la loge après avoir franchi la porte du temple que l’apprenti maçon recevra le premier mot. Il passera ‘en force’ par le souffle du Vénérable Maître de la Loge, et il descendra au plus profond de son être intérieur. C’est ce premier mot qui ranimera l’étincelle de lumière qui n’a cessé de briller en lui depuis le début des temps. La force du souffle fera de cette étincelle un flambeau, qui se transmettra de cœur à cœur. C’est le par le cœur si bien régénéré dans le rite émulation.

 

La vraie transmission est donc orale, c’est ce souffle qui pousse et ouvre les portes fermées, c’est ce souffle qui déchire les voiles, ouvre les yeux.

C’est le psaume du prophète Jérémie qui revient à notre mémoire :

« Si je t’oublie Jérusalem, que ma main droite se dessèche !  

Que ma langue s’attache à mon palais, si je ne me souviens de toi, si je ne fais de Jérusalem le premier sujet de ma joie. »

Ces mots sont la mémoire de la liberté à conquérir, à retrouver. Ils doivent êtres transmis, Moïse le bègue depuis l’épisode biblique du buisson ardent, où il reçu la parole, ne sachant pas lire, ne sachant qu’épeler a transmis à Aaron la parole, pour qu’elle ne soit pas perdue.

Le mot à peine prononcé, à peine épelé est un appel à notre mémoire. L’art Royal est, se fonde dans l’Art de la Mémoire, le frère Charles-Bernard Jameux en a fait la démonstration dans ses recherches sur l’origine de la franc-maçonnerie spéculative.

 

L’initiation maçonnique est à la fois personnelle et collective, sans le secours des autres nous ne pourrions retrouver les mots perdus, même s’ils sont en nous, le rite transmis agit comme un levier pour soulever la pierre cachée. Comme un guide pour aller dans la vallée de Josaphat franchir le Cédron entre le mont des oliviers et le mont du temple, obtenir la liberté de passer sortir de l’exil, ne pas oublier.

 

Revenir à la source de la fontaine de jouvence, pour se purifier dans l’eau de la mémoire, puis donner à boire à ceux qui ont soif, transmettre le souffle, donner le mot, les mots qui résonnent en nous depuis le début des temps. Les donner entièrement par cœur, par le cœur, donner le souffle reçu, le feu de l’empyrée, qui brûle en nous, pour que sans cesse l'acacia reverdisse, pour que le grain tombe en terre, pour que la joie de l'amour règne parmi les hommes. 

 

 

Jean-François Guerry.

 

 

 

À lire : L’Art de la Mémoire et la formation du symbolisme Maçonnique. Par Charles-Bernard Jameux aux Éditions Dervy.

ENTIÈREMENT DE MÉMOIRE....

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Publié le par Jean-François GUERRY
LA VIE EN VRAC

LA VIE EN VRAC, FRAGMENTS…

 

 

La vie en morceaux, brisée, cassée, la vie à construire, à reconstruire, plus modestement à réparer, comme on peut. Remettre un peu d’ordre dans le chaos, mais surtout beaucoup d’amour, la rose est sans pourquoi.

 

L’HOMME ET LA MACHINE, L’HOMME ROBOT

 

L’homme créateur, l’homo faber d’Henri Bergson celui qui est capable du meilleur comme du pire. Le constructeur des robots qui libèrent où qui asservissent. La machine à toujours faim, jour et nuit elle ne connaît pas de repos, l’homme est son chevet à son service. Il faut travailler en 3 x 8, il faut rentabiliser la machine. Il faut renoncer à voir grandir ses enfants, à partager les repas de famille, la machine à faim tout le temps. Les hommes se relaient à son service et se délient entre eux.

 

À MON FRÈRE

Mon frère, j’ai un temps espérer que le facteur soit en grève, mais la lettre est bien arrivée ce matin. Quelques lignes, seulement quelques lignes, comme un bruit sec, un clap de fin. Une lettre de démission, ta démission mon ami, mon frère, toi qui à toujours été fidèle, qui à toujours été présent, sans rien demander en retour que la joie de rendre ce que tu avais reçu. Toi qui n’as jamais cherché les grades et les honneurs, tu étais simplement présent avec nous dans cette aventure merveilleuse de l’initiation. Tu étais là pour toi, mais aussi surtout pour les autres.

Mais ta lettre est arrivée, il faudra la lire, la relire, elle est un simple merci à tous, pour tout. Elle est un engagement sur un autre chantier, le temps presse pour l’essentiel.

Un regret sans doute d’avoir trouvé tout en haut de la pyramide des cœurs secs, remplis d’ironie, d’égoïsme et de vanité, qui ont réussis à ternir les valeurs et les vertus tant défendues avec humilité. Hélas le poisson pourri toujours par   la tête suivant le proverbe chinois, et il suffit d’un poisson pourri pour contaminer tout un panier.

 

Un autre de tes frères m’a dit tout simplement il démissionne, c’est regrettable, mais il est grand ! C’est le mot juste, tu es grand et libre, bonne route mon frère.

 

À MES CERTITUDES…

 

La voie était tracée, l’ordre devait régner sur le chaos. J’avais j’en étais persuadé, les bonnes manières, j’avais convoqué tout ce qui était bon pour moi et les miens. Le bon Job, le bon compte en banque qui va avec, la bonne assurance de moi-même, et celle sur tout, le bon placement qui devait rapporter, la bonne école pour les enfants, le bon endroit pour vivre loin de la pauvreté des autres, je prendrais une bonne retraite, j’avais beaucoup appris à prendre et à avoir et peut-être pas assez à donner ? J’étais dans l’impossibilité de tout perdre, de devenir pauvre comme Job.

Marion Muller-Collard écrivaine, théologienne protestante écrit :

 

« Un virus arrive, et ce virus, ou les mesures pour le contrer, nous propulse avec Job sur le tas de fumier vieux comme l’humanité : celui des désillusions de l’homme qui perd. »

 

Et puis il y aura la lumière celle de l’espérance et du courage, celle que Kipling enseigne à son fils : tu seras un homme mon fils si….

Alors il faudra comme les agriculteurs replanter dans les champs et les cœurs les graines de l’amour fraternel, car rien ne meurt vraiment….

PHILIPPE JOUVERT EST REVENU….

 

 

 

La ville assoupie

 

Entendez braves gens le vent glapir dehors

Sous vos fenêtres closes, il souffle sur la braise

De nos rêves d’infortune, nos somptueuses thèses,

Les douces certitudes de nos vies indolores.

 

La ville est assoupie et les hommes se terrent,

On les entend parfois chahutant au balcon

Pour conjurer le sort du châtiment abscons

Qu’ils reçurent en partage d’avoir voulu se taire.

 

Tandis que les soignants s’agitent en tout sens

Pour préserver la vie et calmer nos souffrances

J’observe le destin d’un monde à l’agonie.

 

Par-delà les frontières de ma quête muette,

J’aperçois la folie d’un rêve racorni

Et tranche alors mes fils de triste marionnette...

 

PHILIPPE JOUVERT – Avril 2020

MANOIR DE KERDREAN LE BONO 56 CAUSERIE PABLO CASALS

 

UN ÉVÉNEMENT Mercredi 5 Août 2020

 

Au Manoir de Kerdréan, le manoir de la pierre, au Bono sur les bords du golfe du Morbihan une rencontre avec le violoncelliste René Benedetti et son ami le musicologue Hervé Deroeux. À guichet fermé ils ouvriront la porte à quelques privilégiés pour une causerie musicale sur le thème : Pablo Casals le violoncelliste de la paix.

PABLO CASALS LE VIOLONCELLE DE LA PAIX
René Benedetti Violoncelliste
Hervé Deroeux Musicologue

 

EN HAUT, PLUS HAUT…

« Il y a un temps pour tout dit l’Ecclésiaste : un temps pour agir, un temps pour contempler, un temps pour la peine encore, un autre pour la joie. »

 

Jean-François Guerry.  

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Publié le par JF GUERRY
Madrid

Madrid

Se perdre pour se trouver, se retrouver…

 

 

Celui qui recherche la pleine lumière est sans le savoir perdu dans les ténèbres. Comment supporter la grande lumière, vouloir être dans la lumière sans s’y être préparé, sans être initié, c’est succomber sous les coups de son ego. 

 

Le cheminement d’Icare dans le labyrinthe construit par Dédale est à ce titre exemplaire, comment éviter la chute, comment ne pas se brûler les ailes en plein soleil. Dédale l’architecte connaît les secrets du labyrinthe, il donne à Thésée le fil d’Ariane pour sortir du labyrinthe après avoir tué le minotaure, Thésée fuit le vice pour pratiquer la vertu. Il sort des ténèbres du vice pour aller vers la lumière de la vertu. Mais il ne peut le faire sans l’aide du fil d’Ariane confié par l’architecte, ce fil est semblable à un bâton de pèlerin, une frêle baguette de roseau, le contenu d’un rituel, la montée d’une échelle, une élévation par succession d’états de conscience.

 

Dédale, le maître architecte, aime son fils Icare. Il l’aide à construire les ailes qui lui permettrons de s’élever vers la lumière, le mettant en garde, contre le feu destructeur de sa vanité. Perdu, plonger dans les ténèbres il doit apprendre à se garder d’une trop grande lumière, apprendre la connaissance de ce qui est en bas. La lumière réveille le jeune enfant, elle éclaire l’adolescent elle illumine l’adulte face à la porte de l’orient éternel.

Ne pas mépriser ce qui est en bas, travailler nic et hunc dans une sodalité fraternelle, ici et maintenant. Pour pouvoir atteindre le sommet de la montagne, mais surtout retrouver le chemin de la descente rempli de joie.

 

L’on peut se perdre dans les ténèbres mais aussi dans la lumière. L’initié qui garde en lui la vertu la plus grande, l’essence même de la vie, la vertu d’amour évite la chute. Celui qui sait humblement se perdre, garde l’espérance de se trouver de se retrouver.

 

Jean-François Guerry.

 

Angelus Silesus :

 

« N’adresse pas des cris à Dieu, c’est en toi qu’est la source ; n’en bouche pas l’issue elle coulera pour toujours. »

 

« Ah ! Ne cours pas au-delà des mers après l’esprit et la sagesse : la dignité de l’âme vient de l’amour seul. »

Japon et Pérou
Japon et Pérou

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