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la Franc Maçonnerie au Coeur

la Franc Maçonnerie au Coeur

Un blog d'information, de conversations sur le thème de la Franc Maçonnerie, des textes en rapport avec la Franc Maçonnerie, comptes rendus et conseils de lectures.

Publié le
LA NUIT DE MAI


La nuit de Mai

Les spectres évitaient la route où j'ai passé
Mais la brume des champs trahissait leur haleine
La nuit se fit légère au-dessus de la plaine
Quand nous eûmes laissé les murs de La Bassée

Un feu de ferme flambe au fond de ce désert
Aux herbes des fossés s'accroupit le silence
Un aéro dit son rosaire et te balance
Une fusée au-dessus d'Ablain Saint-Nazaire

Les spectres égarés brouillent leurs propres traces
Les pas cent fois refaits harassent leur raison
Des panaches de peur montent à l'horizon
Sur les maisons d'Arras en proie aux chars Arras

Interférences des deux guerres je vous vois
Voici la nécropole et voici la colline
Ici la nuit s'ajoute à la nuit orpheline
Aux ombres d'aujourd'hui les ombres d'autrefois

Nous qui rêvions si bien dans l'herbe sans couronnes
La terre un trou la date et le nom sans ci-gît
Va-t-il falloir renaître à vos mythologies
On n'entend plus pourtant grincer les cicerones

Ô revenants bleus de Vimy vingt ans après
Morts à demi Je suis le chemin d'aube hélice
Qui tourne autour de l'obélisque et je me risque
Où vous errez Malendormis Malenterrés

Panorama du souvenir Assez souffert
Ah c'est fini Repos Qui de vous cria Non
Au bruit du canon retrouvé Faux Trianon
D'un vrai calvaire à blanches croix et tapis vert

Les vivants et les morts se ressemblent s'ils tremblent
Les vivants sont des morts qui dorment dans leurs lits
Cette nuit les vivants sont désensevelis
Et les morts réveillés tremblent et leur ressemblent

A-t-il fait nuit si parfaitement nuit jamais
Où sont partis Musset ta muse et tes hantises
Il flotte quelque part un parfum de cytises
C'est mil neuf cent quarante et c'est la nuit de Mai

 

Louis Aragon.

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Publié le
L'éloge de l'inégalité

L’éloge de l’inégalité…

 

 

Un lecteur du blog finistérien, me fait parvenir de sa retraite, la quatrième de couverture du livre de l’avocat fiscaliste Jean-Philippe Delsol paru sous le titre provocateur de L’éloge de l’inégalité. De quoi faire se retourner dans sa tombe Maximilien de Robespierre son confrère, et bien d’autres acteurs de la révolution française. Notre lecteur réagit sans doute à l’article du blog La devise et ses principes du 21 mai, travail proposé par la Loge KLEÎO de la GLAMF. J’avais déjà évoqué cet ouvrage le 02 février 2020 dans un article du Blog.

 

Il m’offre donc l’opportunité de revenir sur ce principe d’égalité, qui est plutôt un concept issu de l’esprit des lumières. Il est factuel d’observer son irréalité, sa perversion, ses limites. Nous ne pouvons en effet que prétendre à une tension vers, ce qui est déjà beaucoup. J P Delsol lui va plus loin jusqu’à prétendre que cette utopie est destructrice de la liberté.

 

La déclaration des droits de l’homme et du citoyen de 1789, considérée comme un texte fondamental de la révolution française, pour ma part je regrette que l’on n’y ait pas ajouté la déclaration des devoirs, mais l’époque ne s’y prêtait pas, qu’en serait-il d’ailleurs aujourd’hui ? Où le simple port d’un masque pour protéger les autres fait débat.

L’article premier de cette déclaration :

 

« Les hommes naissent et demeurent libres et égaux en droits. »

 

Ressemble plus à une déclaration d’intention qu’à une réalité. Sans faire de polémique, nous ne naissons pas égaux, ni de corps, ni d’esprit et c’est bien ainsi. Nous ne naissons pas non plus avec la même richesse matérielle. Qui peut raisonnablement expliquer à un jeune enfant né dans une dictature qu’il est libre, totalement libre, et qu’il possède les mêmes droits que celui qui naît dans une démocratie fut-elle un peu dégradée. Cet article premier reste donc un principe que l’on doit s’efforcer de réaliser ou pas comme le pense JP Delsol, en tout cas ne pas en faire l’alpha et l’oméga, la solution à tous nos problèmes.

 

L’auteur s’interroge pour savoir s’il faut absolument mettre en œuvre ce principe d’égalité, et s’il est, le gage de notre liberté. La tentation du dévoiement de ce principe, son exacerbation le transforme en une dictature de l’égalitarisme, qui serait le Graal, la résolution de tous nos problèmes, l’apaisement de notre société ?

Montesquieu

Ce qui paraît simple est souvent complexe, ainsi cela suppose d’effacer, de réduire, d’anéantir toutes nos différences, pourtant vénérées par notre individualisme autre déviation de notre individualité. Ce sont les dictateurs qui rêvent de sujets asservis et égaux, l’état ne peut délivrer avec nos cartes d’identité, des passeports d’égalité.

 

« L’homme doit conquérir lui-même sa liberté. »

 

L’égalité comme la liberté ne peut être imposée. Réellement qui aspire à être totalement l’égal de l’autre, son clone.

 

Nous avons du mal à percevoir le fait que les inégalités se réduisent avec le temps, c’est un peu comme la température réelle et celle ressentie. Nous sommes persuadés que les inégalités se creusent, ou augmentent, l’augmentation de la fortune des plus riches, masque le fait que l’ensemble des pauvres à l’échelle de la planète diminue. Je reconnais que je serais incapable de vendre ces statistiques à un pauvre de Dehli, ou du Bangladesh, on ne se nourrit pas de statistiques.

 

Plus près de nous, l’égalité recherchée par exemple dans le domaine de l’éducation a-t-elle fait ses preuves ? Faut-il une dictature de l’égalité lire le passage de Tocqueville dans l’extrait du Figaro.

 

N’ya-t-il pas plus d’avantages dans la diversité que dans l’égalitarisme, la créativité n’est-elle pas tuée par l’égalité ?

 

Dans Contrepoints :

 

« C’est le dévoiement de l’égalité qui oblige à faire l’éloge de l’inégalité. »

 

La réalisation du rêve de l’égalité absolue serait mortifère. Il faut à mon sens une égalité des droits, et un bon usage de ces mêmes droits, c’est-à-dire une obligation de devoirs. Le désir d’égalité ne doit pas se transformer en envie d’égalité. Il faut distinguer plaisir et désir.

Tocqueville

J’en reviens à l’avocat JP Delsol, il n’est pas étonnant qu’il se réfère à Montesquieu l’auteur de L’esprit des Lois et des Lettres Persanes. Charles Louis de Secondat, baron de la Brède et de Montesquieu issu d’une famille riche, n’a sans doute pas trop souffert du manque d’égalité. Son inégalité de naissance a été tempérée par le fait que ses parents lui ont choisi pour parrain, un mendiant de leur paroisse.

 

« Afin qu’il se rappelle toute sa vie que les pauvres sont ses frères. »

 

Son Esprit des lois qu’il mit plus de 10 ans à écrire et qui paraît à Genève en 1748, va enflammer Londres et Paris c’est une attaque frontale de la monarchie et de ses privilèges. Il prône la séparation des trois pouvoirs législatif, exécutif et judiciaire, nous sommes 41 ans avant 1789 !

 

L’égalité vue à travers le prisme maçonnique : rappellons que les francs-maçons doivent être des hommes libres, et qu’ils sont les amis des pauvres comme des riches pourvu qu’ils soient vertueux.

 

C’est donc bien les vertus qu’il faut défendre, plus que l’égalitarisme, il faut défendre la justice et la liberté. Il n’en reste pas moins que l’égalité a sa place avec la liberté et la fraternité. Il faut à mon sens se garder du nivellement par le bas de la société.

 

Le franc-maçon aspire au passage, de l’horizontale à la verticale, c’est le chemin de son élévation spirituelle. Pour cette réalisation il maniera l’épée de la justice et la truelle de la fraternité, l’envie d’être l’égal de l’autre, n’est ni un acte, ni une preuve d’amour fraternel.

 

Jean-François Guerry.

 

Jean-Philippe Delsol Avocat Fiscaliste

Jean-Philippe Delsol Avocat Fiscaliste

L'éloge de l'inégalité
L’éloge de l’inégalité.

 

 

Dans le journal l’Opinion

« A vouloir libérer les hommes à leur place, l’État dévore ceux qu’il nourrit. À vouloir définir les conditions de la liberté réelle des hommes, l’État perd le sens des limites »

 

La question est de savoir si la liberté n’a pas besoin d’être soutenue pour s’exercer, si ceux qui ont plus ne doivent pas aider ceux qui ont moins pour leur permettre de disposer d’une liberté effective […]. Le « hic » de cette vision irénique au point d’être diabolique est qu’à vouloir […] libérer les hommes à leur place, l’État dévore ceux qu’il nourrit, il détruit l’homme dont l’être est par essence dans la liberté de découvrir et devenir ce à quoi il est appelé, dans une liberté qu’il doit acquérir par lui-même, à défaut de quoi elle ne serait plus sa liberté et ne lui permettrait plus d’être lui-même.

À vouloir définir les conditions de la liberté réelle des hommes, l’État perd le sens des limites, manque inéluctablement de discernement sous la pression de ceux qui s’habituent tant à recevoir qu’ils demandent à disposer de toujours plus […]. Le meilleur moyen de permettre à tous de disposer de libertés réelles est donc d’abord de leur en garantir le droit et de limiter autant que possible les entraves à leur exercice. Sauf bien entendu pour ceux qui n’en ont pas la capacité, que notre humanité commune conduit naturellement à assister avec le souci constant de les aider à recouvrer, quand c’est possible, l’autonomie qui leur permettra de prospérer par eux-mêmes.

A généraliser l’égalité des chances, elle deviendrait bientôt la version moderne et modérée de l’égalité des conditions, sous une forme respectable tout en portant en germe tous les dangers de l’égalitarisme niveleur. Car pour assurer une totale égalité des chances de tous à chaque instant, il faudrait nécessairement, sans y prêter attention peut-être, l’avènement d’un État omnipotent, intervenant sans cesse dans la vie de chacun. Et il ne serait pas admis que ceux auxquels était due leur chance n’obtiennent pas un revenu et un patrimoine équivalents à ceux...

 

SITE ATLANTICO

 

Les raisons du recul des inégalités de revenus dans le monde

Jean-Philippe Delsol publie "Eloge de l’inégalité" aux éditions Manitoba. L’auteur s insurge contre la doxa contemporaine qui voudrait que l’égalité soit la mesure de toute chose. L’égalité est devenue l’obsession maladive de notre monde tandis que la jalousie ordinaire le taraude pour faire de l’inégalité son bouc émissaire préféré. Extrait 1/2.


Les études les plus sérieuses montrent que la pauvreté régresse dans le monde en même temps que la liberté y progresse, et vice versa le cas échéant. C’est notamment ce qu’a mis en relief l’économiste d’origine catalane Xavier Sala-i-Martin en recueillant de nombreuses données pour évaluer la distribution des revenus des individus et son évolution. Il utilise le c                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                  oefficient de Gini pour comparer le niveau et la dispersion des revenus dans 191 pays sur les trente-cinq années précédant la crise de 2007-2008, soit la période 1970-2006. Et selon cet indicateur, il constate que les inégalités mondiales en termes de revenus sont passées de 0,676 en 1970 à 0,616 en 2006. Selon son analyse, l’extrême pauvreté, celle de ceux qui gagnent moins de 1 $ par jour (selon le critère alors en vigueur) a baissé de 80 % sur la période concernée. 

La liberté fondée sur l’égalité de tous en droit crée inéluctablement de l’inégalité au profit de quelques-uns et, en même temps, plus d’égalité au profit de tous car elle éradique progressivement la misère. Le progrès économique, favorisé par la liberté d’initiative laissée aux entrepreneurs et l’ouverture de la société à la concurrence, a permis d’augmenter progressivement le niveau de vie des populations les plus modestes. Jean Fourastié a montré qu’il fallait encore 40 salaires horaires de référence (s.h.) pour acheter une paire de bas de soie en 1910 quand un tiers d’heure suffisait en 1976 pour payer un bas en nylon, que le kilogramme de sucre valait encore 7,10 s.h. en 1874 et seulement 0,23 en 1974, que le rendement du blé par hectare a plus que décuplé en deux cents ans et que le prix du blé a été divisé par 67. Ainsi, tandis que les bonnes années, vers 1700, un kilogramme de blé coûtait 3 s.h., en 2013, un kilogramme de pain baguette représentait environ 14 minutes de travail. « Le volume physique des biens et services consommés par le Français moyen, écrit-il, a augmenté, depuis 1800, au minimum, dans les proportions suivantes : pour les biens alimentaires (primaires), de 1 à 4 ; pour les objets manufacturés (secondaires), de 1 à 100 ; pour les biens et services tertiaires de 1 à 6.» 

Ce mouvement de convergence des situations s’est accéléré au cours des dernières décennies. Depuis que les pays sous-développés sont plus ou moins sortis de la mouvance communiste, après que le Mur lui-même est tombé entre l’Est et l’Ouest en permettant à de nombreux pays de redécouvrir les chemins de l’initiative individuelle et du libre choix, la pauvreté s’estompe. Malgré des entraves récurrentes à la libération des sociétés de leur assujettissement à de fausses élites prévariquées, la misère recule partout, ou presque, dans le monde. De 1981 à 2012, le taux de pauvreté mesuré en dessous de 1,90 US$ (en parité de pouvoir d’achat 2011) par jour est passé de 80 % à 8 % en Asie du Sud, de 57 à 18 % en Amérique latine (Caraïbes incluses), de 23 à 5 % en Europe de l’Est et Asie centrale. Il est resté élevé en Afrique subsaharienne où il ne s’est réduit sur la période que de plus de 50 % à plus de 40 %. Le rapport 2015 de l’UNESCO sur son programme Éducation pour tous montre que le taux brut de scolarisation est passé de 33 à 54 % entre 1999 et 2012. Certes, le niveau de pauvreté mesuré pays par pays n’est pas toujours comparable. En établissant généralement le seuil de pauvreté par rapport au revenu médian du pays, les pauvres de certains pays seraient les riches d’autres pays. Ces dernières décennies, les inégalités de revenus ont augmenté entre les individus de certains États, comme en Chine ou en Inde par exemple, mais ont régressé dans d’autres et se sont réduites largement au niveau mondial comme entre nations. 

Selon Sala-i-Martin, ces résultats sont confirmés par d’autres études et notamment par d’autres indicateurs statistiques sur les inégalités, comme l’indice Theil et les indices Atkinson. Sur le plan mondial, le niveau de vie des habitants les plus pauvres de la planète converge vers le niveau de vie des pays développés, de même que l’espérance de vie, les conditions sanitaires, la scolarisation et l’accès au confort des technologies modernes. Des données plus récentes le confirment également. En retenant le taux de pauvreté monétaire évalué par la Banque mondiale désormais à moins de 1,90 $ par jour, il ressort qu’en 2011 il y avait encore 897 millions de personnes vivant en dessous de ce seuil de pauvreté, soit 12,7 % de la population mondiale. C’était évidemment 897 millions de trop. Mais cela représente une réduction de deux tiers de la pauvreté depuis 1990, ce qui est considérable. D’ailleurs, à peine deux ans plus tard, en 2013, il apparaît, selon un nouveau rapport de la Banque mondiale rendu public le 2 octobre2016, que le nombre d’individus vivant avec moins de 1,90$ par jour avait encore baissé à 800 millions, soit 100 millions de moins en deux ans. Dans 60 des 83 pays couverts par ce nouveau rapport pour suivre l’évolution de la prospérité partagée, le revenu moyen des 40 % les plus pauvres de la population a augmenté entre 2008 et 2013, malgré la crise financière. Un résultat significatif puisque ces pays représentent 67 % de la population mondiale. « Contrairement à une idée répandue, les inégalités dans le monde sont en recul constant depuis 1990 et, bien souvent, les inégalités au sein de la population d’un même pays refluent depuis 2008 », écrivent les auteurs du rapport. Ils observent également que les pays où les inégalités ont baissé le plusentre2008 et2013sontsouventceux qui ont le plus libéralisé leur économie dans cette période, notamment le Royaume-Uni et l’Allemagne. 

Les conclusions de la Banque mondiale sont confirmées par les derniers chiffres du Census Bureau (l’équivalent de l’INSEE aux États-Unis)qui montrent une hausse du revenu médian aux États-Unis de 5,2 % en termes réels, tenant compte de l’inflation, entre 2014 et 2015, un record depuis 1967, date à laquelle le Census Bureau a commencé à publier cette statistique. À ce rythme-là, le revenu médian doublerait en seulement quatorze ans. De même, aux États-Unis on comptait, en 2015, 3,5 millions de personnes vivant sous le seuil de pauvreté de moins qu’en 2014, soit une baisse de 1,2 point. Depuis, la richesse a continué d’augmenter pour tous sous cette présidence que tous décrient mais qui accroît la prospérité des États-Unis. En 2018, le PIB augmente de 4,2% en rythme annuel et le taux de chômage tombe à son plus bas niveau depuis 1969 : 3,7 % ! Celui des Noirs (afro-américains), est à 6 %, soit un record aussi. Sur les neuf premiers mois de l’année, 211 000 emplois ont été créés en moyenne, plus que les 182 000 en moyenne de 2017. Ceux qui accusaient le milliardaire Trump de faire des« cadeaux aux riches » se font beaucoup plus discrets : en réalité, les salaires du premier quintile de revenus – les plus pauvres – augmentent plus qu’ils ne le faisaient à la fin des années 1990. Les salaires les plus bas ont augmenté de 5 % en moyenne au deuxième trimestre 2018 et ceux des salariés non-diplômés de 6 % tandis que le salaire moyen ne gagnait « que » 2,8 % par rapport à l’année précédente (septembre 2017).

Extrait du livre de Jean-Philippe Delsol, "Eloge de l’inégalité", publié aux éditions

 

Le Figaro

 

Eloge de l’inégalité
C’est le siècle des Lumières qui … adopta l’idée que l’égalité est naturelle.

 

Jean-Philippe Delsol publie un ouvrage sous le titre provocateur de « Eloge de l’Inégalité  », aux Editions Manitoba/ Les Belles Lettres. Il sort aujourd’hui en librairie. Nous vous en livrons ci-dessous un extrait de l’introduction en espérant qu’il vous donnera l’envie d’acheter, de lire le livre dans son entier et de le mettre en toutes mains dans votre entourage.

À la mère qui voulait avantager l’un de ses deux enfants, Nivelle de La Chaussée répond : « L’égalité, madame, est la loi de nature, Il faut n’en avoir qu’un quand on veut qu’il ait tout. » Voltaire reste exclusivement attaché à l’égalité en droit, mais il a de la peine à résister à la pensée désordonnée de légions d’utopistes en faveur d’une égalité sociale. La Révolution sera l’héritière de ce débat, partagée entre 1789 et 1793. L’égalité en droit inscrite dans la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen votée le 27 août 1789 a très largement contribué au considérable progrès de nos sociétés en libérant les énergies enchâssées dans des ordres et des corps intermédiaires figés et en permettant l’avènement de nouveaux talents. Mais, là où l’Assemblée constituante avait déclaré que « Les hommes naissent et demeurent libres et égaux en droits » (article 1er), quatre ans plus tard, dans la Constitution de l’An 1, les Montagnards érigent l’égalité en droit (article 2) et inaugurent les droits-créance de chacun sur tous : droit au travail, à l’instruction, aux secours publics… L’égalitarisme est né qui ne veut plus considérer les personnes dans leur identité, mais dans leur conformité, tous semblables sans distinction de valeur ni de droits.

L’histoire s’emballe alors dans une course à l’égalité qui sert de prétexte à tous les idéalismes autant qu’à toutes les ambitions et à toutes les fureurs. Accompagnant les soubresauts populaires qui parsèment le XIXe siècle européen, Robert Owen dévoue sa vie à améliorer le sort des ouvriers en favorisant plus que tout l’éducation des enfants pour leur assurer une égalité des chances, mais celle-ci accouche presque toujours de la revendication d’une égalité des conditions à laquelle Cabet déjà s’emploie en créant en 1849 sa communauté d’Icarie en Illinois. Au même moment Marx demande que chacun reçoive selon ses besoins. C’est la faute à Rousseau sans doute, qui invente une égalité originelle pervertie par la société et qu’il se propose de retrouver dans la soumission à un Contrat social tout aussi imaginaire et livré à des majorités tyranniques.

Il inscrit dans la tête des peuples la légende égalitaire nourrie par ailleurs par la jalousie et l’envie ordinaires. Certes cette nostalgie d’un paradis terrestre et d’une unité originelle n’était peut-être que la traduction laïque de ce rêve fusionnel qui hante les mythes et les religions, mais en voulant lui donner force de loi elle en a fait l’instrument de la puissance plutôt que celui de l’espérance qui anime ceux qui évitent de confondre le spirituel et le temporel. Ignorant cette distinction fondamentale, les idéologies totalitaires ont brandi l’égalité en guise de justification pour répudier l’identité de chacun en récusant jusqu’à l’âme qui la fonde. Elles ont dénié la liberté individuelle pour bâtir des cités où l’oppression a été généralisée à la mesure de la perfection qu’elles prétendaient instaurer dans une réduction à une uniformité dégradante. Elles n’ont pas hésité à commettre tous les crimes pour anéantir la différence en supprimant l’autre, le ci-devant, le bourgeois, le juif… L’humanité est ressortie épouvantée de cet embrasement cataclysmique du XXe siècle, mais loin de comprendre que l’une des causes en était cette égalité dénaturée, elle s’y est abandonnée autrement.

C’est ainsi que désormais, l’égalité est devenue l’obsession du monde, non plus seulement, légitimement, comme une égalité en droits, mais comme une égalité d’accès, de tous à tout, puis de situation matérielle autant qu’intellectuelle, comme un reniement de ce que nous sommes. Elle est devenue le sésame des politiques tandis que l’inégalité est le bouc émissaire de tous nos maux et parfois un gros mot jeté en outrage à ses adversaires. Elle est sanctifiée, adulée, intouchable. Elle est considérée comme la référence suprême de toute loi, de tout débat, de toute vertu, au point que le risque de ne pas satisfaire à ses canons génère facilement une forme d’anxiété sociale et contagieuse. Le djihad autant que le réchauffement climatique, la misère et la pollution, les tourments du mondialisme autant que ceux de l’isolationnisme et les crises politiques autant que les crises économiques ou sociales seraient dus aux inégalités. Désormais la cause de tout est l’inégalité : la dissension sociale, la hausse de l’insécurité, la mauvaise santé, l’obésité, les grossesses adolescentes, la corruption des élections, la décroissance ou la mauvaise croissance… Une rationalité incertaine et la confusion des causes et des conséquences aboutissent à ce méli-mélo qui compose un ersatz de discours où la démagogie l’emporte souvent sur l’intelligence. Mais rien n’y fait, l’insatiable égalité couche tout sur son chemin tant il est facile de dénoncer ce qui distingue et d’alimenter la convoitise, le dépit et la haine.

Tocqueville annonçait déjà cette hargne des égalitaristes : « Ils n’ont pas seulement la haine de certains privilèges, la diversité même leur est odieuse : ils adoreraient l’égalité jusque dans la servitude. Ce qui les gêne dans leurs desseins n’est bon qu’à briser. Les contrats leur inspirent peu de respect ; les droits privés, nuls égards ; ou plutôt il n’y a déjà plus à leurs yeux, à bien parler, de droits privés, mais seulement une utilité publique. Ce sont pourtant, en général, des hommes de mœurs douces et tranquilles, des gens de bien, d’honnêtes magistrats, d’habiles administrateurs ; mais le génie particulier à leur œuvre les entraîne. » C’est pour réagir à ce déchaînement que j’ai puisé mon titre, avec la plénitude de sa provocation, dans la sagesse d’Érasme, grand ami de More à l’époque du déchirement du christianisme malmené par la Réforme, qui observe que « La nature n’a pas accordé à tous les mêmes dons et ne les a pas répartis d’une manière égale afin que cette inégalité fût compensée par des services réciproques. » En introduisant son Éloge de la folie, Érasme croit « avoir loué la Folie d’une manière qui n’est pas tout à fait folle ». Il fait écrire la Folie comme je pourrais donner la plume à l’inégalité : « Et voici que je m’étonne de l’ingratitude des hommes ou plutôt de leur indifférence ! Tous me font volontiers la cour, tous, depuis des siècles, jouissent de mes bienfaits, et pas un n’a témoigné de sa reconnaissance en célébrant l’Inégalité (il écrit la Folie), alors qu’on a vu des gens perdre leur huile et leur sommeil, à écrire en l’honneur des tyrans … » Mon Éloge ne sera pas dithyrambique, ni inconditionnel, ni même seulement exclusif des réserves, limites et critiques que l’inégalité requiert dans ses débordements et la débauche qui la guettent toujours. Il dira ce que plus personne n’ose dire sans risquer de se faire occire, que l’inégalité a ses mérites et toute sa valeur autant que l’égalité en diverses occasions. Cet Éloge tentera surtout de remettre l’égalité et l’inégalité à leur place, comme l’Église au milieu du village, disent les Suisses avec bon sens. D’aucuns penseront, comme le craint Érasme, « qu’il est d’une suprême sottise d’exprimer une vérité intempestive », mais c’est précisément ce qu’il fit au travers de sa satire facétieuse pour éclairer ses contemporains sur les dérives de son époque, comme aujourd’hui il paraît nécessaire de s’occuper de rappeler que l’égalité n’est pas la raison du monde.

Il parlait de celui qui requérait des hommes des excès de vertu et de sagesse comme on pourrait parler aujourd’hui de celui qui veut les hommes égaux en tout : « ce faisant, il supprime l’homme même, il fabrique un démiurge, un nouveau dieu, qui n’existe nulle part et jamais n’existera ; disons mieux, il modèle une statue de marbre, privée d’intelligence et de tout sentiment humain 13 ». L’égalitarisme détruit l’homme en effet et le trompe. Car il est généralement prétexte à de pires inégalités, injustifiées. En son nom, s’instituent de nouveaux privilèges accordés à ceux qui se sont proclamés les sauveurs du genre humain. En son nom, est bafoué l’état de droit et est légitimée l’oppression des autres. En son nom, se légitiment toutes les violences et gonflent démesurément les pouvoirs de l’État et des nomenklaturas qui le dominent et savent s’y servir sans mesure. L’égalité illimitée n’est jamais qu’une chimère contre la nature des hommes qui sont dissemblables par naissance et fructifient de leur diversité. Les hommes sont différents et donc inégaux dans l’usage de leur liberté qui les conduit à travailler plus ou moins, à innover ou non, à épargner ou dilapider, à s’activer pour fonder des entreprises ou des cités ou à les saper sans merci et parfois sans raison autre que la bêtise ou la cupidité… L’altérité de chacun établit par elle-même des inégalités si naturelles et consubstantielles à l’être que les combattre tend à le détruire, à anéantir l’humanité de la personne. C’est l’image de la tour de Babel, le lieu de la confusion en hébreu, qui voulait rivaliser avec les cieux mais dont Yahvé empêcha le projet en brouillant les langues et en dispersant ses peuples, en rendant inégaux ceux qui pensaient pouvoir être tous semblables au Très Haut. La construction de cette tour jusqu’au ciel est le signe de l’orgueil des hommes et surtout des plus forts qui voulaient, dit la Bible, se faire un nom et dominer en imposant une langue unique.

Mais le message divin est que les hommes sont faits pour la diversité qui s’enrichit de leurs échanges. Ainsi, l’inégalité n’empêche pas l’harmonie. Mieux même, elle la permet tant il faut de pluralité et de bigarrure pour la créer au lieu que l’uniformité de l’égalité ouvre à des déserts de conformité sans relief ni couleur. Lorsqu’elle respecte un état de droit, la liberté des hommes est créatrice de richesse pour tous au travers de l’échange qui suppose l’égalité des valeurs offertes réciproquement et qui en même temps contribue à l’inégalité des situations selon l’usage que fait chacun des idées, des produits ou de l’argent reçus. L’échange permet ainsi le progrès pour autant qu’il soit libre et que la propriété soit garantie, car il faut pouvoir posséder ce qu’on offre pour que la transaction se fasse. Quand ces conditions sont réunies, le monde prospère comme il l’a fait depuis que le commerce s’est ouvert et a permis de doter chaque peuple du progrès des autres et que tous puissent faire négoce de leurs richesses. Ce mouvement a eu ses hauts et ses bas bien sûr, ses déconvenues et ses trahisons. L’inégalité s’est accrue en certaines périodes au profit des plus hardis, en avant du progrès qu’ils suscitaient, mais la pauvreté s’est résorbée dans le long terme à proportion de cette liberté du commerce et de l’industrie et du respect des règles élémentaires d’honnêteté que la morale commune commande et que le droit doit imposer. C’est l’effort considérable du monde depuis la dernière guerre mondiale et la chute du Mur pour supprimer des barrières tarifaires et l’abaissement non moins important des frais de communication et de transport qui ont permis de réduire partout la pauvreté. L’égalité et l’inégalité peuvent toutes deux être bonnes ou perverses. Dans leur démesure, elles sont sans doute l’une et l’autre à bannir. Mais il existe une égalité par le haut qui transcende l’inégalité. Sans rejet des inégalités naturelles et des différences de savoir et d’avoir de chacun, sans les rancœurs qui invitent à l’égalitarisme niveleur, les hommes peuvent partager également leur finitude et leur aspiration à l’infini, leur imperfection congénitale et leurs inquiétudes doublées d’une possible espérance. Pour accéder à la conscience commune de cette humanité sensible, insatisfaite et tendue vers son achèvement inaccessible comme pour pouvoir commercer le plus positivement avec ses semblables, chacun mérite l’égal respect de ses droits, égaux à ceux des autres, dans l’exercice de ses libertés. …

Il fallut que tous aient le même droit de s’exprimer, de se défendre, d’être jugé indépendamment de son état, de gagner sa vie dans n’importe quel métier et d’en changer librement, d’acheter et de vendre, d’épouser, de s’instruire… pour que la société s’éveille au nouveau monde avec tous ses défauts et ses immenses qualités pour ceux qui peuvent être soignés, chauffés, nourris autrement mieux qu’ils l’auraient été autrefois.

Bien sûr il faut aussi être attentif à ceux qui n’ont pas leur autonomie, enfants ou adultes handicapés notamment, auxquels la collectivité doit faciliter l’expression de leurs droits. Mais lorsque l’égalité des chances veut profiter à d’autres que ceux dont l’incapacité est avérée, elle dégénère presque nécessairement en une égalité des conditions dont l’histoire démontre qu’elle en appelle toujours à la contrainte pour tenter de s’imposer sans jamais au demeurant y parvenir. C’est dans l’excès d’égalité ou d’inégalité que le bât blesse. C’est dans le respect humain, dans l’éducation à la rigueur et au dépassement, dans une certaine humilité et une volonté certaine, lorsque les institutions publiques sont limitées et fortes, soumises elles-mêmes au droit qu’elles imposent aux autres, que les conditions sont réunies pour que la communauté des hommes convienne de suffisamment d’égalité pour se comprendre et accepte assez d’inégalité pour que la complémentarité de leurs différences crée de l’harmonie et de la richesse plutôt que de l’acrimonie et de la discorde. La réalité est plus complexe qu’il ne paraît. Les hommes sont tous égaux dans leur dignité et tous différents dans leurs aptitudes. Ils sont tous façonnés de la même humanité et pourtant chacun est unique et autre. C’est, d’une certaine manière, le mystère de l’humanité que cette unicité de chacun qui permet de renouveler la terre par l’action humaine toujours surprenante ainsi que le constate Hannah Arendt : « Le nouveau apparaît donc toujours comme un miracle. Le fait que l’homme est capable d’action signifie que de sa part on peut s’attendre à l’inattendu, qu’il est en mesure d’accomplir ce qui est infiniment improbable. Et cela à son tour n’est possible que parce que chaque homme est unique, de sorte qu’à la naissance quelque chose d’uniquement neuf arrive au monde. » Nous sommes tous également inégaux. Non seulement nous sommes différents, mais cette distinction est dans notre nature, dans le projet de chacun à sa naissance comme créature unique, si bien que toute volonté d’égaliser ne peut, au-delà d’un certain niveau d’équilibre fragile, se faire que par la violence, fût-elle légale, et conduit presque nécessairement au despotisme étatique. À l’inverse, les passions débridées peuvent favoriser d’autres injustices à l’égard des plus faibles. Ceux-ci craignent, ou sont incapables, d’assumer leur responsabilité d’homme et préfèrent se ranger sous une houlette tutélaire dont la protection a souvent tôt fait de dégénérer en absolutisme.

Leur soumission à la volonté d’autrui nourrit leur ressentiment qu’ils surmontent en puisant au rêve d’une égalité magique susceptible par ailleurs de détruire les forces du progrès portées par les individus capables d’assumer leur originalité et leur différence. Il existe en toute humanité cette tension permanente entre l’affirmation de l’individualité singulière de chacun et la préférence donnée à la sécurité promise plutôt qu’à la liberté, au risque de perdre l’une et l’autre. Chacun dispose d’un droit égal à sa liberté, mais cette liberté est créatrice d’inégalité dans l’exercice que chacun en fait. L’égalité peut être consacrée au rang de vertu quand elle n’est qu’un état et un attribut de la justice. Sa tragédie est que très nombreux sont ceux qui la sanctifient à tort, quand personne ne l’a jamais réalisée. Tous en rêvent et tous les efforts pour la faire advenir tournent au cauchemar dans les mines de sel de Sibérie, les prisons cubaines ou les camps chinois. La tragédie de l’égalité est aussi que l’inégalité est naturelle et nécessaire à l’épanouissement de chacun autant qu’au développement de la société, et qu’elle est néanmoins souvent incomprise et parfois intolérable. Égalité et inégalités naviguent souvent dans les eaux troubles des paradoxes. C’est le dévoiement de l’égalité qui oblige à faire l’éloge de l’inégalité avec la mesure qui y sied. »

 

                              
Éloge de l’inégalité, de Jean-Philippe Delsol

Le dernier livre de Jean-Philippe Delsol revient sur cette passion bien française pour l’égalité, ou plutôt pour l’égalitarisme.

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Par Francis Richard.

C’est le dévoiement de l’égalité qui oblige à faire l’éloge de l’inégalité.

Le dévoiement de l’égalité se nomme l’égalitarisme, qui a pour but ultime d’établir l’égalité absolue, c’est-à-dire l’égalité de condition, ce qui n’est guère vertueux puisqu’elle ne peut être obtenue – de manière utopique – que par la contrainte et des atteintes à la liberté et à la propriété.

Pour faire bonne mesure, Jean-Philippe Delsol ne se fait pas pour autant le défenseur absolu de l’inégalité, même si l’inégalité est naturelle et souvent efficace : elle est toujours nuisible quand elle est infondée et dès lors souvent excessive. Tout est justement question de mesure :

La bonne vie est dans la recherche d’équilibres toujours instables plutôt que d’imposer la mise en œuvre d’un modèle parfait et inaccessible.

L’ENVIE

Quel est le moteur de l’égalitarisme ? L’envie (bien française), qui exprime la tristesse ressentie face à la possession par autrui d’un bien que l’envieux voudrait bien posséder à sa place, et la volonté de se l’approprier par tout moyen et à tout prix. Son contraire est l’admiration (bien anglo-saxonne)…

Description : https://www.contrepoints.org/wp-content/uploads/2019/11/arton5474-e299a-213x320.jpgvient cette envie d’égalité sans limites ? C’est la faute à Rousseau et à son imagination fertile. Il a en effet inventé la fable selon laquelle les Hommes, naturellement bonsauraient été dénaturés par la société : ce serait donc à elle d’œuvrer pour les rétablir dans ce paradis originel.

En sanctifiant l’égalité, Jean-Jacques Rousseau a suscité involontairement les atrocités commises au XXe siècle pour qu’advienne par la force ce rêve, bien vite devenu cauchemar, d’une société égalitaire, dont la Terreur de 1793 et la Vendée décimée auront été les prémisses…

LA NATURE HUMAINE

L’égalitarisme forcené se traduit aujourd’hui par la négation de la nature humaine et l’indifférenciation généralisée, jusqu’à l’égalisation des Hommes avec les mondes animaux et inertes, en leur accordant à tous des droits similaires, alors que le droit est une affaire exclusivement humaine :

La justice est propre aux Hommes, pas aux animaux, en ce sens qu’elle est ordonnée à leur fin […] Le droit est ce qui permet aux hommes de vivre en société.

 

Avec le transhumanisme, l’Homme serait tout aussi déshumanisé que par l’égalitarisme : on n’aurait finalement plus affaire à des personnes, mais à des produits. Ce qui ne devrait d’ailleurs pas déplaire aux égalitaristes puisqu’il serait enfin possible d’égaliser les humains en les chosifiant…

LA LIBERTÉ

Quant aux robots, ils ne seront jamais que des fabrications humaines, dénués de cette liberté qui est le propre de l’Homme, lui permettant d’être responsable et le distinguant du monde animal. Cela n’empêche pas certains de poser déjà la question de leur personnalité juridique

À propos de liberté, l’auteur parle de son paradoxe :

La liberté fonde l’égalité d’agir par laquelle s’institue nécessairement l’inégalité sous le bénéfice de la capacité de penser et de faire qu’elle permet.

Il donne comme exemple l’échange égal (librement consenti), qui crée des richesses inégales.

Données chiffrées à l’appui, il montre qu’il y a davantage de croissance dans les pays où la redistribution et les dépenses publiques sont moindres, et que dans ces pays, la pauvreté recule sans que nécessairement les inégalités reculent pour autant. Mais l’important est moins l’inégalité que la pauvreté :

Les études les plus sérieuses montrent que la pauvreté régresse dans le monde en même temps que la liberté y progresse, et vice-versa le cas échéant.

LA PROPRIÉTÉ

Un ferment de développement est la propriété qui est antinomique à l’égalité. C’est pourquoi les égalitaristes cherchent à la supprimer ou, à défaut, à exproprier par l’impôt. Or la propriété, c’est la liberté. De plus, elle est efficace parce qu’elle est naturelle à l’Homme et lui est essentielle :

La propriété coexiste à l’Homme, elle est constitutive de sa nature en ce sens que l’Homme est déjà propriétaire de lui-même, c’est-à-dire aussi responsable de lui-même ; en ce sens aussi que la propriété est l’outil de sa liberté, de son indépendance.

L’ÉGALITÉ EN DROIT

L’égalité en droit est le moyen de permettre à chacun que toute sa dignité soit reconnue et d’exercer toute sa liberté, notamment celle de créer des richesses et des emplois : celui qui s’enrichit en vendant des produits ou des services à des consommateurs libres de lui acheter ou non, ne vole personne.

A contrario,

plus l’État est présent dans l’économie, plus l’autorité publique intervient dans l’allocation des ressources, plus le risque est grand que des connexions particulières permettent de bafouer l’égalité en droit en concédant des avantages particuliers à certains, en leur attribuant des droits préférentiels souvent monnayés au bénéfice de ceux qui délivrent les permis et autres autorisations nécessaires à l’exercice de telle ou telle activité.

Abordant le sujet de l’égalité des chances, l’auteur souligne qu’elle ne doit pas être instaurée au détriment de l’égalité en droit, mais plutôt et seulement en accompagnement de celle-ci. C’est pourquoi

ce n’est qu’à titre subsidiaire [que l’État] doit lui-même mettre en place les moyens d’accueil, d’accompagnement et de soin qui font défaut aux plus démunis et aux incapables avérés.

LA CONDITION HUMAINE

L’Homme a à la fois un sentiment d’insuffisance et un désir d’élévation : la condition humaine est faite d’une commune misère de l’être insatisfait et d’une commune étincelle d’espérance. C’est pourquoi l’égalité fondamentale est celle de chacun dans la recherche de ses fins, elle est dans la liberté de chacun de combattre pour se réaliser.

La réalité est que

en chacun le mal le dispute en permanence au bien. Il reste pourtant possible de croire que l’espérance est dans la vocation de l’Homme à rechercher sans cesse ce qui l’élève dans son être, qui n’est ni la richesse ni le pouvoir, ni l’égalité ni l’inégalité, mais son chemin sans fin vers la Vérité à rechercher sans relâche pour dépasser les querelles et les infirmités de ce monde.

  • Jean-Philippe Delsol, Éloge de l’inégalité,  214 pages, Manitoba.
 
 
TABLE DES MATIÈRES

Introduction

1. L’égalité n’est pas vertu, l’inégalité non plus d’ailleurs
Le droit dévoyé à l’égalité
L’inégalité destructrice
L’inégalité tempérée

2. L’envie d’égalité
Le poison égalitaire de la centralisation
Du ciel sur la terre
L’égalité sans limites
La face positive de l’envie

3. C’est la faute à Rousseau
L’égalité pervertie

4. L’égalité dénaturée
Par déni de la nature humaine
Le droit des animaux
La frontière brisée entre nature et culture
Le droit est exclusivement humain
Les hommes sont des personnes
Le transhumanisme déshumanise
Des robots ou des hommes
L’absurde égalité

5. Le paradoxe de la liberté
L’échange égal crée des richesses inégales
La justice commutative
Des méfaits du monopole

6. Croissance et inégalité
De mauvaises contraintes favorisent l’inégalité !
Les chantres de la décroissance et de la médiocrité

7. Mieux vaut lutter contre la pauvreté que pour l’égalité
Les méfaits de l’assistance internationale
Développement et pauvreté
Les inégalités de revenus reculent dans le monde
Les inégalités relatives
La porosité sociale et l’effet de ruissellement
Inégalités et pauvreté
Aux marges des nouveaux eldorados

8. Pas de prospérité sans propriété
La propriété est efficace
La propriété, c’est la liberté
La propriété n’est pas efficace par hasard
La propriété de soi
La possession sans propriété

9. L’égalité en droit
La justice comme égalité
Démocratie et égalité
Égalité de droits et inégalités de richesses
L’égalité souffre de la démesure
La boussole de l’égale justice
L’égalité contrainte est une forme d’inégalité et parfois de violence

10. L’égalité des chances
L’inégalité naturelle
L’égalité des chances d’une inégale éducation
Les limites de l’égalité des chances

11. L’égalité par le haut
Une égalité de perspective
L’égalité d’inquiétude
L’égalité distributive
L’égalité au-delà du désir
La liberté dans l’errance
Le miracle de l’être

Conclusion

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COMPLÉMENT article FRANC-MAÇON EN MAI 2020.

COMPLÉMENT article FRANC-MAÇON EN MAI 2020.

 

 

Hier je n’avais pas connaissance de la communication de la Grande Loge de l’Alliance Maçonnique Française (GLAMF), et pour cause cette communication était réservée aux membres de cette obédience qui sont plus de 15 000. Ayant pour habitude de ne pas commenter les communications internes aux obédiences, je n’ai pas pu vous relater les points forts de cette communication de crise. Grâce à un envoi de Jean-Claude Tribout rédacteur en chef des Cahiers de L’Alliance Maçonnique, je peux vous apporter un complément d’information.

 

Dans sa lettre du 30 mars adressée à ses frères le Grand Maître de l’Alliance Maçonnique Française Jean-René Dalle, fait un appel à la fraternité et à la responsabilité. Il évoque la fraternité à l’épreuve. Cette fraternité consubstantielle à la Franc-Maçonnerie, est mise à l’épreuve, chaque maçon a l’occasion de cette crise à un devoir de fraternité.

 

Le chemin initiatique est un chemin d’apprentissage de la vraie vie celle de l’esprit, mais aussi de la mort. Le franc-maçon par ses serments répétés tout au long de sa progression initiatique a juré de garder le secret, mais aussi d’aider ses frères, l’instant est venu d’être responsable. Il se doit de faire en sorte d’augmenter l’humain, le vivant, de dépasser les soucis de la vie matérielle.

 

Le Grand Maître fait appel à la mobilisation des présidents de loge et de leurs officiers. Mobilisation dans les loges sur des thèmes de réflexion pour préserver le lien entre les frère, et fraternité en dehors des loges. Pour que la joie demeure dans les cœurs.

 

Il est demandé aux frères de mettre à profit ce temps long, pour une réflexion personnelle intérieure, mise à profit pour aider à reconstruire les deux temples, le temple matériel et celui de l’esprit.

Les frères sont invités, à lire ou à relire le Cahier N°4 de l’Alliance ; consacré à La Symbolique du Temps. En particulier deux articles le premier de Jean Dumonteil qui associe la liberté et le temps, la nécessaire persévérance. La méditation doit s’inviter dans nos foyers, pour préparer notre élévation spirituelle.

 

Jean Dumonteil cite Henri Bergson :

 

« Si je veux me préparer un verre d’eau sucrée j’ai beau faire, je dois attendre que le sucre fonde… »

 

Je retiens pour ma part, l’expression « J’ai beau faire » en la traduisant par je veux faire du beau, c’est ce à quoi pour moi prépare cette méditation.

 

De là découlent lentement le temps progressif maçonnique et l’initiation en général. Le temps long est nécessaire pour atteindre, l’éternité, retrouver la parole perdue. Presque paradoxalement il est urgent de se mettre à la pratique de ce temps long, c’est peut-être une nécessité pour un monde d’après différent.

 

L’article fait état du grand mystère de lumière qui ne s’éteint pas même au milieu des ténèbres et atteint son apogée à midi.

Jean Dumonteil semble mêler nostalgie, retour à l’unité, mais aussi espérance dans la pratique du rite qu’il qualifie de « battement de cœur de la vie maçonnique. » Rappelant ainsi la spécificité de l’initiation maçonnique, à la fois personnelle et collective. Créatrice de fraternité, cette fraternité qui n’est pas innée qui se cultive et qui doit être encore plus nourrie, pour être plus active en ces temps difficiles.

 

L’article « Le Temps Sacré » par Jacques Branchut auteur du livre «  L’Aventure Maçonnique » paru chez Dervy est également proposé à la méditation des frères. Évoquant le passage du temps profane au temps sacré, du temps linéaire contraint, déterminé, fini au temps cyclique et infini, qui ouvre la porte de l’éternel, du dépassement de l’être.

Une réflexion sur l’espace profane et l’espace sacré. Mais aussi suivant ma lecture sur le passage du secret au sacré.

 

Ainsi la Grande Loge de l’Alliance Maçonnique Française, malgré la distanciation imposée pour protéger ses membres et nous tous en général n’est pas inactive en cette période de confinement. Les frères sont appelés à renforcer leur fraternité naturelle, leur solidarité dans l’action.

 Ils sont aussi appelés, à une, nécessaire méditation, pour consolider leur présent, réfléchir à leur avenir, celui de leur obédience et du monde en général. C’est par le reflet de leurs actions personnelles et collectives qu’ils peuvent nourrir l’espérance avec tous les autres francs-maçons, d’influencer le monde d’après. Pour que ce nouveau monde, fasse une place plus grande à ce qu’il y a de mieux dans l’humain, son esprit et son cœur. Ainsi la pratique du bien et du beau fera régner à jamais la joie dans les cœurs.

 

J’ai donc eu mon salaire à la lecture de la communication interne de la Grande Loge de l’Alliance Maçonnique Française.

 

Jean-François Guerry.   

 

 

 

https://numerilivre.fr/fr/vente-au-numero/128-154-les-cahiers-de-l-alliance-n4-la-symbolique-du-temps-128.html#/35-type_ouvrage-livre_papier

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Le numéro N°4 Cahier de l'Alliance Maçonnique 

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FRANC-MACON EN 2020

FRANC-MAÇON EN MAI 2020.

 

 

La crise sanitaire sans précédent, nous conduits à nous interroger sur notre modèle de société, sur notre passé nos réussites, nos erreurs, notre vie au présent et nos espoirs pour notre avenir et celui de nos enfants.

Le Franc-Maçon est constructeur de sa vie matérielle et spirituelle, sa quête le dépasse, le rend plus humain, élève son esprit graduellement. Il tente ainsi de devenir un homme plus juste, plus bienveillant, plus fraternel et solidaire. Traçant avec mesure les plans pour une société plus belle, plus accueillante pour tous.

 

La Franc-Maçonnerie est une vénérable dame de plus de 300 ans, une mère pour toutes les obédiences qui sont ses filles, chacune est différente, mais elles partagent en commun de nombreuses valeurs, elles sont toutes respectables. Il y a plusieurs pièces dans la maison mère.

 

À la lumière de cette pandémie universelle, les Francs-Maçons peuvent ils faire du collectif, du solidaire ?

 

La culture maçonnique des différentes obédiences, leur vision est discernable au travers de leurs professions de foi ou de leurs communiqués  récents  donne une indication sur les actions dans l’avenir. Quand  l’ensemble de la société se met à réfléchir sur le monde d’après. Les francs-maçons doivent-ils-eux aussi se soumettre au questionnement, à un doute constructeur, le doute n’est-il pas après tout le début de la quête initiatique.

 

La somme des prises de position des différentes obédiences sur la crise actuelle et ses conséquences fournissent un éclairage à leurs membres et à leur influence sur notre société. Reste un clivage important et je dirais récurrent quant à la méthode, la manière de faire poids dans la balance des décisions sur le plan politique et économique. Les obédiences les plus traditionnelles se référant aux fondements de la franc-maçonnerie, refusent toutes  les interventions, les  propositions à caractère politique, ils veulent améliorer l’homme, qui ensuite améliorera la société à titre personnel par son exemplarité. D’autres obédiences ont une position je dirais médiane, avec une quête humaniste et spirituelle, elles ne s’interdisent pas une prise de position collective sur des grands sujets de société, qui part leur nature devraient faire consensus au-delà des clivages politiques. Enfin une troisième mouvance plus franchement sociétale et humaniste, ces obédiences interviennent souvent et directement sur beaucoup de sujet affirmant des prises de position, plus claires et déterminées. Toutes ces obédiences refusent les extrêmes.

 

Extraits d’interventions récentes :

De la Grande Loge de France

 

Dans une lettre réservée aux frères de cette obédience son Grand Maître, rappelle que la fraternité est un devoir maçonnique, cette fraternité assure la pérennité de la tradition. Le Grand Maître rappelle également l’engagement humaniste de son obédience. Il met en garde ses frères sur leur choix soit d’une société matérialiste, individualiste ou spirituelle et fraternelle. Que faire pour faire vivre cette société ? D’abord loin de toute polémique être meilleur, pour faire le monde meilleur.

Il demande à ses frères d’êtres des citoyens éclairés, de sortir du confort de l’ombre et de l’inaction. Il faut apporter une réponse collective. À l’appui des ces affirmations il cite un ancien Grand Maître de l’Obédience Henri Tort Nougès – (1920-2001) professeur de philosophie qui fût Grand Maître entre 1983 et 1985 :

 

« Le franc-maçon, n’appartient pas à un ordre qui se veut uniquement et seulement contemplatif mais il se veut être un homme d’action, un bâtisseur, et dans le cadre de la cité et de la société où il vit un homme responsable qui s’efforce de traduire son idéal dans ses actes. »

 

Le Grand Orient de France.

Le Grand Maître lors de la traditionnelle réunion du 1er mai, a fait cette année en l’absence de réunion, une déclaration dans laquelle il insiste : sur l’humanisme universel, la solidarité, la nécessité de faire nation, il affirme la référence de son obédience à l’esprit des lumières. Son opposition aux dogmes, à une orthodoxie mondiale, il constate la fragilité de notre condition. Il prône pour un humanisme d’urgence, il faut être des militants de l’égalité, du progrès et de l’émancipation. Il va jusqu’à évoquer une mystique républicaine. Il appelle à notre désir du commun, nous engage au dépassement du réel. Le projet est de poursuivre le chantier inachevé de notre société, en pesant sur l’économie, pour un respect de notre environnement.

 

La Grande Loge Nationale Française.

Qui se présente comme la seule obédience traditionnelle et régulière est plus avare dans ses communiqués. Elle refuse toute participation active à la vie de la société. Se référant à la stricte tradition, elle s’interdit toute action politique. Dans la page d’accueil du site il est écrit :

 

« La Grande Loge Nationale Française demande de séparer le temps des cérémonies de Loge du divertissement de ses occupations professionnelles, familiales, sentimentales, culturelles, sportives ou politiques. »

 

Plus loin le Grand Maître a écrit :

 

« Pas de controverses politiques et religieuses… »

 

La Grande Loge Féminine de France.

La plus importante obédience exclusivement intervient avec sa spécificité dans la sphère publique. Les travaux de ses sœurs sont réputés pour leur qualité.

L’obédience est intervenue sur les violences faites aux femmes, les discriminations et les inégalités sociales, elle appelle à un esprit européen en faveur des femmes.

Une prise de position aussi remarquée concernant le traçage numérique dans le cadre de la pandémie coronavirus.

Enfin un appel intéressant concernant la solidarité au niveau européen, avec une référence à la convention d’Istanbul, « Aspirant à créer une Europe libre, permettant avec les budgets nécessaires de concevoir un cadre global des politiques et des mesures de protection et d’assistance. »

 

La Grande Loge Féminine de France propose un chemin philosophique, spirituel et humaniste. Pour une société harmonieuse et équitable, avec une transmission graduelle de la connaissance.

 

Belle formule qui prend une acuité particulière en ces temps de réflexion sur notre avenir.

 

Je terminerais par :

 

La Fédération du Droit Humain.

 

C’est sans aucun doute le corps maçonnique le plus prolixe en matière de communiqués ou d’interventions dans la sphère publique, souvent rédigés sous forme d’appels :

 

  • Appel à la dignité humaine à la lutte contre les violences familiales, l’urgence sanitaire imposant une veille de tous les instants.
  • Europe Confinée, Europe Confirmée 9 mai 1950 et 9 mai 2020. 70 ans après où en est  le projet européen ?
  • Rechercher ce qui rassemble, plutôt que ce qui divise.
  • Respect strict des libertés individuelles.
  • Assumer la souveraineté et l’autonomie de l’Europe dans le domaine de la santé, une bataille décisive.

 

Ces brefs exemples à l’exception de la Grande Loge Nationale Française, le désir d’intervention dans la cité et la société des obédiences maçonniques. Le franc-maçon de 2020 peut-il, doit-il rester indifférent à la vie de la société, en se protégeant par les règles de la tradition. Peut-il doit-il faire des propositions sur les grands sujets de société, y-as-t-il un sens à vouloir être en dehors de la société et proposer une amélioration, un perfectionnement de l’homme. Dans quelles limites le franc-maçon peut-il intervenir, sachant qu’il s’engage à faire triompher le bien, le beau et la justice. Comment mettre faire vivre la Liberté, l’Égalité et la Fraternité sans être au plus près de l’action. Vous allez me répondre en agissant dans un autre cadre en dehors de la Franc-Maçonnerie, parti politique, associations diverses et variées, mais quand l’on voit l’état des partis politiques, le nombre de leurs membres actifs, et également l’état des corps intermédiaires, la sous-représentation des syndicats etc…

 

Il est intéressant de se rappeler par exemple comment les francs-maçons de Belgique ont réussi à faire vivre l’école Laïque, qui en Belgique s’appelle libre. Ils ont donné l’impulsion mais ils n’ont jamais participé directement à la gestion directe.

 

Les francs-maçons pourraient être des inspirateurs, dans monde contemporain ils pourraient être des influençeurs.

 

Qu’en pensez-vous ?

 

Jean-François Guerry.

 

PS: N'ayant pas eu connaissance de communiqués récents de la Grande Loge de l'Alliance Maçonnique Française je n'ai pas pu rédiger d'article.

FRANC-MACON EN 2020

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LE PÉLICAN
Pour tous les Chevaliers...

 

Jean-François Guerry.

Musset : Allégorie du Pélican

LA MUSE

Quel que soit le souci que ta jeunesse endure,
Laisse-la s'élargir, cette sainte blessure
Que les séraphins noirs t'ont faite au fond du cœur;
Rien ne nous rend si grands qu'une grande douleur.
Mais, pour en être atteint, ne crois pas, ô poète,
Que ta voix ici-bas doive rester muette.

Les plus désespérés sont les chants les plus beaux,
Et j'en sais d'immortels qui sont de purs sanglots.
Lorsque le pélican, lassé d'un long voyage,
Dans les brouillards du soir retourne à ses roseaux,
Ses petits affamés courent sur le rivage
En le voyant au loin s'abattre sur les eaux.
Déjà, croyant saisir et partager leur proie,
Ils courent à leur père avec des cris de joie
En secouant leurs becs sur leurs goitres hideux.
Lui, gagnant à pas lent une roche élevée,
De son aile pendante abritant sa couvée,
Pêcheur mélancolique, il regarde les cieux.
Le sang coule à longs flots de sa poitrine ouverte;
En vain il a des mers fouillé la profondeur;
L'océan était vide et la plage déserte;
Pour toute nourriture il apporte son cœur.
Sombre et silencieux, étendu sur la pierre,
Partageant à ses fils ses entrailles de père,
Dans son amour sublime il berce sa douleur;
Et, regardant couler sa sanglante mamelle,
Sur son festin de mort il s'affaisse et chancelle,
Ivre de volupté, de tendresse et d'horreur.
Mais parfois, au milieu du divin sacrifice,
Fatigué de mourir dans un trop long supplice,
Il craint que ses enfants ne le laissent vivant;
Alors il se soulève, ouvre son aile au vent,
Et, se frappant le cœur avec un cri sauvage,
Il pousse dans la nuit un si funèbre adieu,
Que les oiseaux des mers désertent le rivage,
Et que le voyageur attardé sur la plage,
Sentant passer la mort se recommande à Dieu.

Poète, c'est ainsi que font les grands poètes.
Ils laissent s'égayer ceux qui vivent un temps;
Mais les festins humains qu'ils servent à leurs fêtes
Ressemblent la plupart à ceux des pélicans.
Quand ils parlent ainsi d'espérances trompées,
De tristesse et d'oubli, d'amour et de malheur,
Ce n'est pas un concert à dilater le cœur ;
Leurs déclamations sont comme des épées :
Elles tracent dans l'air un cercle éblouissant;
Mais il y pend toujours quelques gouttes de sang.

LE PÉLICAN

 À PLOUGASTEL

 

 

Ma grand-mère dans l’enfance, me disait ne prend pas la grand route, prend le chemin creux, le chemin de la garenne, ce sera plus sûr  et je partais aux beaux jours, à pied ou à bicyclette vers la ferme des cousins, à Tréastel comme à l’aventure, entre les murailles du chemin creux à la quête des mottes de beurre blond, qui suintaient de sel, ornées des fleurs de genêt.

 

Au quatre heure on étalait le beurre sur les tranches des miches de deux et comble de bonheur à la fin de l’été, aux dernières fraises, celles de la confiture, elles s’étalaient sur le beurre frais, rougissant nos lèvres, j’étais heureux, j’étais à Plougastel.

 

Bientôt il faudrait retourner là-bas dans le bruit et la poussière de la ville près du vacarme du périphérique, crachant un flot continu de boîtes métalliques, à la porte d’Orléans enfermé.

 

Il faudrait attendre encore pâques ou l’été pour reprendre le chemin, vers la Fontaine Blanche, vers Pors Guen, pour voir les cousins en liberté sur le Port du Tinduff, godiller dans les plates vers de nouvelles aventures.

 

Le dimanche avec ma cousine, qui venait des Comores, nous allions à l’église Saint-Pierre près du calvaire, à la messe du côté des femmes, ma cousine chantait à tue tête ‘aux ananas’, déclenchant les fous rires, c’était son hymne à la joie d’être.

Après la messe nous avions droit à un gâteau de pâtisserie, avec le bol de chocolat derrière l’église, j’ai oublié le nom du café, mais je revois toutes femmes en coiffe, j’entends encore les cris de joie, qui montent en moi quand je pense à Plougastel.

 

Jean-François Guerry.   

 

LE PÉLICAN
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LA DEVISE, SES PRINCIPES
LA LOGE KLEÎO se penche sur la devise républicaine et maçonnique un travail du passé pour le présent et et l'avenir. Où en sommes nous de la pratique de  ces principes ? Est-ce toujours un rêve ?
 

Jean-François Guerry. 

LA DEVISE, SES PRINCIPES

 

EGALITÉ, SOMMES NOUS TOUS LARGUÉS ?

par J.S.

 

(Intervention France Inter, « l’invention de l’idée d’égalité en France et aux États Unis »)

……….Extrait France Inter……….

 

« La Révolution commence à Grenoble en 1788, le 7 juin le peuple ce jour-là - c’est un jour de marché - prend le parti des magistrats du Parlement que la troupe, sur ordre de Versailles, voulait envoyer en exil. Les gagne-deniers du marché s’agitent dans tous les sens, les femmes sonnent les cloches à la volée, les hommes montent sur les toits, arrachent les tuiles qu’ils jettent sur les soldats. C’est la Journée des Tuiles. Qui aurait pensé qu’en très peu d’années les privilèges seraient supprimés et que, scandale inouï, l’égalité s’imposerait jusque dans les cadres de civilités et l’accès au droit de vote. Partie de Grenoble la Révolution française allait rejoindre la révolution américaine. »

 

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Il faut partout une place publique, un banc public, un réverbère, pour respirer l’égalité les uns les autres, comme l’expliquait l’abbé SIEYES.

 

Emmanuel-Joseph Sieyès naît à Fréjus, en Provence, le 3 mai 1748, dans une famille modeste

Il fait ses études d'abord chez les Jésuites de sa ville natale puis à Draguignan dans un établissement de la Congrégation de la doctrine chrétienne. Tenté par une carrière militaire, il s'oriente cependant vers la prêtrise, sur le conseil de ses parents, très pieux et qui bénéficient de quelques relations dans le milieu religieux. Le petit séminaire de Saint-Sulpice, à Paris, l'accueille en 1765 puis celui de Saint-Firmin en 1770. Siéyès est ordonné prêtre en 1772. Deux ans plus tard, il obtient une licence de théologie et arrête là ses études.

Durant les six derniers mois de l'année 1788, il écrit trois brochures dont la dernière, publiée d'abord anonymement au début de l'année 1789, va faire date. Qu'est-ce que le Tiers-Etat ? est un immense succès. Les rééditions s'enchaînent, 30 000 exemplaires sont vendus, un million de personnes les lisent. Le fond du texte, extrêmement radical, dénie aux ordres privilégiés leur place dans la Nation, met la noblesse hors la loi et appelle les représentants du Tiers-Etat à se constituer en Assemblée Nationale ; sa forme est brillante, ponctuée de formules chocs et provocatrices qui font mouche et restent en mémoire.

« Il y a donc un homme en France » écrit Mirabeau à Siéyès le 13 février. Le désormais célèbre chanoine entre rapidement en rapport avec les hommes qui vont animer les premières années de la Révolution : Mirabeau, Talleyrand, Lafayette, Duport, les frères Lameth, Condorcet... Il fréquente également les salons et s'affilie à divers clubs, parmi lesquels la Société des Amis de la Constitution, dite Club Breton, qui deviendra le Club des Jacobins, dont il est l'un des premiers membres. Ses relations avec le duc d'Orléans sont moins avérées. Siéyès lui-même se défendra vigoureusement, sans jamais pouvoir s'en laver complétement, de l'accusation d'avoir été l'instrument de ce prince.

Probablement franc-maçon, Siéyès aurait fréquenté diverses loges : "Les Amis devenus Frères" à l'Orient de Fréjus avant la Révolution, puis à Paris la Loge "des Neuf soeurs" (dite loge des Philosophes) et la Loge de la rue du Coq-Héron.

 

 

L’égalité c’est partager un monde commun

L’égalité c’est s’assembler

L’égalité c’est défiler et marcher ensemble

L’égalité c’est être côte à côte

 

D’ailleurs, il faut se souvenir que lorsque nous fêtons l’anniversaire du 14 juillet, ce n’est pas la prise de la Bastille que nous fêtons, mais la fête de la fédération, parce que la fête de la fédération, c’est justement le côte à côte, et le rassemblement dans un même espace des personnes de lieux et d’origines différents, mais commun.

LA DEVISE, SES PRINCIPES

Éléments Fondateurs de l’égalité :

 

La nuit du 4 aout 1789 

Les châteaux brulent, les campagnes se sont soulevées, c’est la grande peur cruelle et mortelle pour les privilégiés.

Et à Paris, en pleine nuit, à l’assemblée, on proclame l’égalité, tout d’abord de l’impôt, et des libertés.

Ils clament à la face du monde que le régime féodal doit être aboli.

 

Il ne s’agit pas cette nuit-là de n’abolir que les impôts et taxes, mais de rendre au sort commun, les privilégiés, dont Le duc de Noailles, et le duc d’Aiguillon présents l’acceptent, alors qu’ils formaient une sorte de race à part, une humanité différente.

 

Sources de l’égalité :

La bible, Rousseau, l’encyclopédie, l’histoire naturel de Buffon

 

Il y a beaucoup d’origine, mais il est certain que l’idée chrétienne a compté,

La bible nous raconte que l’égalité existe entre les hommes devant dieu.

C’est une vision puissante, mais qui ne conduit pas à l’égalité des hommes sur terre.

Puisqu’elle instaure une idée de dignité, une égalité dans l’au-delà, c’est une égalité de mérite et de vertu.

 

Il y a dichotomie entre égalité morale, égalité spirituelle et égalité sociale.

 

L’article « égalité » de L’encyclopédie y a beaucoup participé aussi, on a pu distinguer l’idée de similitude, et l’idée d’égalité, ainsi que l’histoire naturel de Buffon qui a aidé à penser l’idée du monde des semblables et d’une espèce humaine commune.

 

Pour Buffon, ce qui distingue l’homme est moins important que ce qui le rassemble dans une même espèce.

Les distinctions entre individus sont secondaires et accessoires.

 

Georges-Louis Leclerc, comte de Buffon 1707-1788 est un naturaliste, mathématicien, biologiste, cosmologiste, philosophe et écrivain français.

À la fois académicien des sciences et académicien français, il participe à l'esprit des Lumières et collabore à l'Encyclopédie, notamment en se chargeant des sciences de la nature. Ses théories ont influencé deux générations de naturalistes, en particulier Jean-Baptiste de Lamarck et Charles Darwin. Salué par ses contemporains pour son maître ouvrage Histoire naturelle, Buffon a été qualifié de « Pline de Montbard »2.

Son nom est lié à la localité de Buffon, en Côte-d'Or, dont la seigneurie fut acquise par la famille Leclerc.

La famille est bien implantée en terre bourguignonne et propriétaire de domaines qui lui ont apporté la noblesse. Le père, Benjamin Leclerc, seigneur de Buffon et de La Mairie, a fait des affaires comme président du grenier à sel de Montbard, lieu de conservation du précieux produit, mais aussi de paiement du fameux et détesté impôt qui va avec : la gabelle.

Puis, il est devenu conseiller au parlement de Bourgogne et la famille s’est installée à Dijon. Le jeune Georges-Louis y entre au collège des Jésuites, puis part à la faculté d’Angers étudier les mathématiques, la médecine et la botanique, alors balbutiante.

Après avoir tué en duel un officier, il doit quitter la faculté et regagner Dijon.

Sollicité par le ministre de la Marine

Il parcourt ensuite l’Europe, d’une faculté à l’autre, mais le décès de sa mère le ramène à Dijon, où le remariage de son père avec une jeunette le met hors de lui. Menaçant celui-ci d’un procès, il obtient la libre jouissance de la fortune familiale, monte à Paris, s’intègre au monde scientifique et intellectuel, publie des ouvrages de mathématiques novateurs et remarqués et entre finalement à l’Académie des sciences.

Le ministre de la Marine cherchant une étude sur les bois utilisables pour la construction de navires, Buffon, resté exploitant forestier à Montbard, rédige un rapport d’importance qui accentue sa notoriété et lui ouvre le poste d’intendant du Jardin du roi. Sous sa direction, ce dernier va devenir le fameux Jardin des Plantes, un centre de recherche et un musée où il fait planter des arbres qu’on lui fait parvenir du monde entier. Il donne par là ses lettres de noblesse à l’histoire naturelle et multiplie les écrits sur le sujet, dont sa fameuse et copieuse « Histoire naturelle » : pas moins de 36 volumes !

Sa renommée internationale attire les dons et enrichit les collections qui formeront la base du Muséum national d’histoire naturelle de Paris.

Si son entregent lui vaut de solides protections, comme celle de la toute-puissante marquise de Pompadour, ses relations avec le monde scientifique européen sont plus contrastées. Il entre en 1753 à l’Académie française et rejoint la franc-maçonnerie naissante, mais aime retrouver Montbard où il se retire chaque année durant huit mois, amasse ses documents, fait réaliser d’importants travaux, et installer un paratonnerre dès 1752. Il décède juste avant que n’éclate la Révolution française.

 

C’est dans ces ouvrages, la bible, Rousseau, l’encyclopédie, et l’histoire naturel de Buffon que ce forge le vocabulaire de la déclaration des droits de l’homme.

 

L’égalité est traitée comme appartenance à un même humanité, elle est définie comme être des semblables.

Et c’est aussi vivre libre, à la manière de Rousseau, c’est-à-dire, dans une société d’individus, en étant indépendant et sans être marqué par une position de domination.

Et appartenir à une même communauté politique.

L’égalité c’est à la fois, éradiquer la distinction, éradiquer la domination, et organiser la participation.

Conclusion éphémère :

Comme vous vous en doutez, il y a de nombreux écrits sur notre devise.

Il n’y a qu’à ouvrir notre anthologie, pour en avoir un rapide aperçu, ainsi que la planche de notre F :. Olivier sur la Fraternité

 

Montesquieu disait : « Dans l’état de nature, les hommes naissent bien dans l’égalité ; mais ils n’y sauraient rester. La société la leur fait perdre, et ils ne redeviennent égaux que par les lois. »

MONTESQUIEU (1689-1755), L’Esprit des Lois (1748)

 

On est un peu avant la révolution, mais l’Ancien Régime étant fondé sur les privilèges (fiscaux et autres), donc sur un principe fondamental d’inégalité, il fallait une réforme littéralement révolutionnaire pour amener l’égalité. Des ministres éclairés en proposeront des amorces, sans pouvoir les imposer aux privilégiés qui conduiront inéluctablement « leur » régime à sa perte.

 

Saint Just disait : « Quand tous les hommes seront libres, ils seront égaux ; quand ils seront égaux, ils seront justes. » 

 

Saint Just était un Très jeune théoricien de la Révolution, il décrit un cercle idéalement vertueux, conforme à l’idéologie de Robespierre. Liberté, égalité, justice… Les faits démentent ce genre d’optimisme.

Et enfin, Robespierre, qui disait : « La royauté est anéantie, la noblesse et le clergé ont disparu, le règne de l’égalité commence. »

Robespierre (et les Montagnards) est partisan de mesures sociales qu’on peut qualifier de socialistes, voire communistes.

Mon choix a résolument était restreint, en essayant de mettre en exergue la place de l’égalité comme choix de société au sortir de la révolution.

 

J’y reviendrai dans la troisième partie, mais pour la seconde, je vous parlerai de l’égalité dans le symbolisme et l’ésotérisme maçonnique :

 

égalité en loge ( et non pas en Franc Maçonnerie)

c’est un peu abscons, mais j’essayerai de m’en expliquer en troisième partie.

L'étude de la symbolique nous amène à comprendre la signification de l'équerre, du compas, du delta rayonnant, ou encore des gants blancs. Par exemple, l'équerre est le symbole même de la rectitude, de la justice et du droit. Déposer ses métaux à la porte du Temple, ainsi que le niveau et les gants blancs, représentent l'égalité entre tous au sein de la loge. Ainsi, nous agissons toujours en considération du maître mot "égalité".

Un autre exemple avec le compas, qui symbolise l'amour fraternel, ou encore avec la pierre brute. En effet, l'apprenti maçon représente la pierre brute, qu'il devra "dégrossir pour arriver au soi", à la pierre polie.

Les gants blancs sont le symbole de pureté et d’égalité. Une main gantée, signifie l’égalité entre tous.

LA DEVISE, SES PRINCIPES

 

Le niveau  symbolise l'horizontale qui montre l'égalité sociale des hommes, l'altruisme, la moralité et la justice. Toute chose doit être considérée avec une égale sérénité.

« Le Seigneur était debout sur un mur bien aligné au cordeau et il avait dans sa main un fil à plomb.

L'Éternel me dit : que vois-tu Amos ?

Je dis "un fil à plomb"

Le Seigneur reprit : "Voici que je vais mettre un fil à plomb au milieu de mon peuple d'Israël désormais je ne lui pardonnerai plus sa faute" »

Amos, chapitre VII, versets 7 et 8.

« Et je prendrai le droit comme mesure et la justice comme niveau. Mais la grêle balaiera le refuge de  mensonge et les eaux inonderont la cachette; »

Isaïe 28 ; 17

 

La construction n'est pas binaire, mais volume avec ses forces contraires qui la fragilise.

Rien n'est possible sans une vision globale qui permettra de trouver le juste équilibre.

Méditer, observer et connaître sans être sceptique ni destructeur; l'apprentissage maçonnique n'est pas une soumission mais la connaissance de soi qui permettra d'arriver à la connaissance des autres à travers soi.

 

Il est bon de préciser que le Niveau, comme le fil à plomb et l'Équerre, ne sont pas des outils en tant que tel, mais des "bijoux", c'est à dire avec un identifiant fixe, mais relatif à la fois , avec des signifiants philosophiques et des devoirs de fonction.

 

Pour être un peu plus ésotérique, j’aimerai vous esquisser ce que l’on pourrait traiter d’égalitaire dans notre rituel, la prise de la parole.

 

La loge est l’un des rares « lieux sociaux » où la prise de parole en public soit codifiée de manière aussi rigoureuse et dotée d’une charge symbolique aussi forte.

L’une des particularités du rite réside dans le fait que toute action des membres de la communauté, tout positionnement des objets dans le temple, est porteur d’information et de sens. Chaque chose est à sa place, chaque discours vient en son temps, et une telle distribution garantit la cohérence de l’harmonie égale.

 

Elle suit un schéma triangulaire, et cela à plusieurs niveaux. La première forme de triangulation est relative au discours : en loge, on ne prend pas la parole, on la demande. Et lorsqu’on la demande, on ne s’adresse pas directement au Vénérable Maître dirigeant la loge, qui peut seul l’accorder, mais à l’un des deux intermédiaires que l’on nomme Premier Surveillant et Second Surveillant. Enfin, le Vénérable Maître lui-même accorde la parole en passant également par l’un des deux intercesseurs, lequel relaie l’information au requérant. Ce dernier s’exprime alors, et nul ne peut l’interrompre ni même s’adresser à lui, à moins que la teneur de ses propos ne nécessite une censure brutale de la part du Vénérable Maître

 

On pourrait ne voir dans ce procédé qu’un artifice pompeux, participant simplement de la théâtralité du cérémonial.

Cependant, les raisons de cette triangulation de la parole sont plus profondes qu’il n’y paraît et dépassent largement le cadre de la dramaturgie. Procédé de médiation, elle a pour objectif d’évacuer toute communication interpersonnelle, et de tisser un lien collectif en dépassant les échanges d’individu à individu, nous appelons cela l’« Égrégore ».

 

Le terme communication (de communicare), signifie étymologiquement « mettre en commun » et implique les notions de partage, alors notre rituel atteint probablement l’objectif de toute communication, dans ses formes les plus paroxystiques.

 

Il est à noter, cependant, qu’à l’inverse de la plupart des forment de communication,  notamment des rites, ou communications politiques, où se jouent des rapports de domination et de sujétion, qui définit les fonctions, exprime les allégeances, confirme les rangs et les statuts, le rite maçonnique, créateur de lien social, ne fait guère reposer les rôles assignés aux adeptes sur la situation professionnelle et financière que chacun occupe sur l’échelle sociale, dans le monde profane.

 

C’est ainsi qu’un ouvrier d’usine accèdera progressivement au grade de Maître, tandis que le PDG d’une grande entreprise ouvrira sa voie maçonnique au grade d’Apprenti, comme tout un chacun, avec les corvées qui accompagnent cette première étape, installation du Temple, préparation des Agapes et service durant le repas, etc., qui se veut un apprentissage de la patience et de l’humilité, une familiarisation, aussi, avec une dimension symbolique souvent inconnue du néophyte.

 

D’autre part, les fonctions de chacun ne sont pas figées, puisque nous changeons de poste, ou de rôle au fil des ans.

Or, ce principe d’égalité et de circularité est, encore une fois, inscrite dans le temps, et dans la communication.

Dans notre rite, par exemple, le Vénérable Maître, après avoir occupé des fonctions centrales à l’Orient durant quelques années, (on me dit deux…) se voit-il relégué à l’Occident, près du Parvis.

Outre que ce positionnement diamétralement opposé lui confère un angle de vision, et par conséquent un angle de compréhension différent sur le Temple, il traduit le passage d’une position supérieure à une position inférieure. En devenant Couvreur, il quitte la place dominante et ordonnatrice pour une place d’exécution, en contre-bas. Il en va de même pour les autres officiers de la loge.

 

Nous nous rendons compte que le principe de nos réunions est l’égalité, dans la communication, dans nos fonctions, dans nos circumambulations.

 

On ne s’étonnera donc guère que le niveau figure parmi les outils et symboles privilégiés de l’institution, ni même que le principe d’égalité présidant aux travaux maçonniques ait pu contribuer à la diffusion des idées émancipatrices jadis émises par les philosophes des Lumières.

 

Il semble avéré qu’en favorisant le brassage social (puis la mixité, à partir du xixe siècle, dans quelques obédiences), les loges précipitèrent la chute d’un régime inégalitaire.

 

« La Franc-Maçonnerie vint ainsi offrir un excellent terrain de culture au ferment des idées révolutionnaires »

Oswald Wirth

 

Les idées progressistes qu’elle véhiculait étaient d’ailleurs jugées subversives et dangereuses, tant par le pouvoir politique que par le pouvoir ecclésiastique.

 

On peut le comprendre à la lecture de certains textes du dix-huitième siècle.

« Ramener les hommes à leur égalité primitive par le retranchement des distinctions que la naissance, le rang, les emplois ont apporté parmi nous. Tout maçon en loge est gentilhomme »

 

Le sceau rompu, 1745 (rituels et divulgations maçonniques)

 

Tout semble concourir à faire de l’espace maçonnique un espace sociopète, ou proxémique, un lieu de partage, de cohésion, d’égalité et d’intégration.

La proxémie ou proxémique est une approche du rapport à l'espace matériel introduite par l'anthropologue américain Edward T. Hall à partir de 1963. Ce néologisme désigne d'après lui « l'ensemble des observations et théories que l'Homme fait de l'espace en tant que produit culturel spécifique »Hall 1.

L'un des concepts majeurs en est la distance physique qui s'établit entre des personnes prises dans une interaction. Hall a remarqué que ces distances varient selon les cultures considérées1. Ainsi, dans les pays latins, les distances entre les corps sont relativement courtes. En Afrique, elles sont souvent si réduites que le contact physique est fréquent. À l'inverse, dans les pays nordiques ou au Japon, les contacts physiques sont plus rares et ces distances plus importantes. Elles varient également selon les lieux où l'interaction se déroule, ce qui signifie qu'elles doivent être prises en compte par les architectes et designers. Elles sont par exemple différentes dans des lieux publics comme les ascenseurs ou les transports en commun1.

LA DEVISE, SES PRINCIPES

Nous nous interrogeons sur l’identité et le devenir de l’homme à travers les trois temporalités :

D’où venons-nous ?, Qui sommes-nous ?, Où allons-nous ?

Je résumerais ainsi notre appartenance, qui se nourrit au présent de la sagesse des anciens pour tenter de construire une société idéale.

 

Alors, que penseriez-vous de la « triple batterie » et de « l’acclamation » si, dès que le V :.M :. En fait l’annonce nous frapperions trois fois dans nos mains, et si on criait  « Liberté », « Égalité », « Fraternité ».

 

Troisième partie :

 

Égalité, nous sommes tous largués

Égalité, on se fout de nous

 

 

Égalité

Sens 1              Équivalence, conformité

Synonymes : similitude, ressemblance, conformité

Sens 2              Principe selon lequel tous les hommes ont les mêmes droits

Synonymes : équité, parité

Sens 3              Caractère de ce qui est plan, uni

Sens 4              Modération, régularité

Synonymes : régularité, uniformité, constance

 

Égalitarisme

doctrine politique prônant l'égalité des citoyens en matière politique, économique et/ou sociale, selon les contextes.

Dans un sens plus général, l'égalitarisme désigne une école de pensée qui donne la priorité à l'égalité de tous.

L'égalité en droit est le fait de considérer que chaque être humain est égal, qu'importe sa religion, son sexe, son orientation sexuelle, etc.

L'égalitarisme est le fait de reconnaître les différences qui existent chez l'autre sans le discriminer pour ses différences.

Ainsi, chaque être humain doit avoir les mêmes droits et devoirs au sein de la société.

Pour ses détracteurs, l'égalitarisme est philosophiquement le refus de l'altérité, donc la recherche de l'Un, soit de l'Unité, niant la complexité et les contradictions inhérentes à la vie.

Pour eux, l'égalitarisme est une atteinte à la liberté, en empêchant l'humain de s'élever et le réduisant en l'avalant dans une masse, en allant à l'encontre de ses aspirations naturelles d'excellence, de ce qui s'apparenterait à de l'individualisme.

Ils voient dans l'égalitarisme, une source de nivellement par le plus petit facteur commun, qu'ils qualifient de médiocratie. Les régimes élitistes combattaient l'égalitarisme.

 

 

 

Je commencerai pour parler d’inégalité ou de non égalité par ce qui nous touche, ………un peu : Les femmes ? des sous égales ?

 

Avec Maria Deraismes comme Symbole de l’égalité initiatique.

Marie Adélaïde Deraismes, dite Maria Deraismes est une féministe, oratrice et femme de lettres française née le 17 août 1828 à Paris et morte le 6 février 1894 dans le 17e arrondissement de Paris. Elle est la première femme initiée à la franc-maçonnerie en France, à la fin du xixe siècle et elle est à l'origine de la création de l'ordre maçonnique mixte international « le Droit humain ».

 

Les Constitutions de 1723 de James Anderson (pasteur), adoptées par la Grande Loge Unie d’Angleterre étaient sans ambiguïté :

« Toutes les personnes pour être admises membres d’une loge doivent être des hommes bons et fidèles, nés libres et arrivés à l’âge de discrétion et de jugement sain ; ni serfs, ni femmes, ni hommes immoraux ou scandaleux mais de bonne réputation ». Il faudra toute la ténacité d’une Maria Deraismes, qui prône l’émancipation des femmes, pour être à l’origine, en France, de la première obédience mixte à initier des femmes : le Droit Humain.

 

Comme bien des femmes elle s’est émancipée, elle s’est battue.

Elle a touché à la littérature, à la peinture, elle a été journaliste et conférencière.

Mais elle a fait plus : en étant la première femme initiée, elle a violé l’interdit posé aux origines de la maçonnerie par le pasteur Anderson en ouvrant, à jamais, la franc-maçonnerie aux femmes.

 

Elle contribue avec le franc-maçon Léon Richer, du Grand Orient de France, au premier Congrès International du Droit des Femmes.

 

Depuis le XVIIIe siècle, le journalisme n’est plus réservé aux hommes. Comme George Sand, comme Delphine de Girardin, Maria collabore de façon régulière à différents journaux.

 

Dès 1866, elle est sollicitée par le Grand Orient de France, pour participer à des conférences.

A tour de rôle, elle aborde la morale, l’histoire, la littérature, le droit de l’enfant, le rôle du clergé dans la société, la femme, etc… Certaines de ses idées sont reprises dans des propositions de loi, comme l’électorat des femmes dans les tribunaux de commerces ou les droits civils des femmes.

 

Marie Gouze, dite Olympe de Gouges, née à Montauban le 7 mai 1748 et morte guillotinée à Paris le 3 novembre 1793, est une femme de lettres française, devenue femme politique. Elle est considérée comme une des pionnières du féminisme français.

 

« La femme à le droit de monter à l'échafaud ; elle doit avoir le droit de monter à la tribune. »

 

Elle met de la verve à rappeler le sort des femmes dans les différentes religions, dont le christianisme :

 

« Le christianisme fait peser sur la femme la plus grande part de la responsabilité dans la faute originelle […] En m’avançant dans les vieux récits, je découvre une faute, une transgression à la loi éternelle dont la femme se serait rendue coupable … Eve, chez les Hébreux, et Pandore, chez les Grecs, perdent l’humanité par leur curiosité fatale. »

 

Le 14 janvier 1882, s’ouvre pour Maria Deraismes une période nouvelle. Les frères de la loge “Les Libres Penseurs du Pecq” décident dans l’enthousiasme de l’initier, sachant qu’ils transgressent un interdit de taille.

Mais la portée de cette initiation est autant politique que symbolique. Alphonse Houbron, alors Vénérable Maitre, accepte : « Mon premier soin sera de faire consacrer le mot autonomie par l’immixtion de l’élément féminin au sein de la Loge afin de combattre effectivement le cléricalisme» car « détruire chez la femme les préjugés en les combattant par la morale et la lumière maçonniques, c’est préparer pacifiquement la véritable émancipation sociale».

La cérémonie donne lieu à une grande fête, sous les auspices moraux de Victor Hugo et de Louis Blanc, au cours de laquelle Alphonse Houbron fait tirer huit santés. Le scandale est énorme et ébranle la maçonnerie masculine. Alphonse Houbron est désavoué et la Loge est fermée.

 

Tout ceci fait écho, et même à l’étranger, des femmes la célèbre….

 

Georges Martin, un médecin féministe, conseiller général de gauche, (c’est étonnant !), initié dans la loge Union et Bienfaisance au R E A A, constate que les obédiences ne pourront s’ouvrir aux femmes ;

 

il faut donc couper avec la maçonnerie masculine.

 

Avec Maria Deraismes, il fonde en 1893, (il n’y a que 124 ans !!!) une obédience nouvelle : La Grande Loge Symbolique Ecossaise de France, Le Droit Humain, appelée à devenir l’Ordre Maçonnique Mixte International Le Droit Humain.

 

Et je vous parle d’une femme blanche, instruite….

On va juste essayer de s’imaginer une femme racisée, et non instruite…..

En fait, instruite n’est que superflu, juste racisée, et femme…

 

On nous dit que l’égalité recouvre aussi une dimension éthique, elle est une valeur relationnelle et sociale.

Concernant le rapport à l’autre, elle commande à la solidarité et à la fraternité. 


Considérer l’autre comme son égal…..

 
Cette réflexion a pris corps avec Socrate qui généralisa le problème éthique en affirmant que :

« ce qui est bon pour l’un doit également l’être pour l’autre placé dans les mêmes circonstances. »

 
On ne peut dissocier cette façon d’envisager le lien social d’une perception unitaire du genre humain. 

Rappelons-nous, en effet, le monde qui succéda au Siècle des Lumières. Les débuts de l’ère industrielle.

En haut de la pyramide sociale règne l’homme blanc, adulte, riche.

Illustrant le schéma darwinien, il ignore l’enfant et la femme, écrase le prolétaire et le colonisé.

Nous sortons à peine de ce monde.

LA DEVISE, SES PRINCIPES

Euh, pas vraiment en fait…..

 

Nous acceptons encore le schéma binaire qui ordonne l’espèce en deux camps antagonistes:

les forts et les faibles, les supérieurs et les inférieurs.

 

La plupart des gens lorsqu’ils parlent de leur différence se trompent un peu parce qu’ils parlent en réalité de leurs appartenances.

Nos appartenances?

Je suis né à Maubeuge,  je vis à paris, et je suis architecte, je suis allé à Florence et à Colombo.

J’appartiens donc à diverses catégories: celle des immigrés de Paris, des professions libérales, des touristes qui ont parcouru l’Italie et le Sri Lanka.

 

Je rencontre une commerçante Soudanaise qui travaille en Hollande….

nous sommes différents par culture et par nature.

En cas d’accident… et de transfusion, si nous appartenons au même groupe sanguin, elle me sauve la vie.

Nous voilà frères de sang, ou sœur de sang

En dépit de cette digression hématologique, tout peut nous séparer.

Mais voilà l’inattendu.

Nous aimons tous les deux Florence… ou le colombo de poulet.

Surgit une complicité, une connivence.

Michel Serres appelle cela une intersection.

Peu importe le domaine de l’art, qu’il soit architectural ou culinaire.

Du pluralisme de nos appartenances surgit un goût commun, égalitaire. Un plaisir gémellaire.

 

 «Avoir les mêmes droits à la félicité, affirmait jadis Voltaire, c’est pour nous la parfaite et seule égalité».

 

Et pour en finir, j’aimerai vous faire partager une dernière devise :

 

« Liberté, égalité, sororité »

 

Pour la politiste experte de l’égalité femmes/hommes Réjane Sénac, il y a là un « péché originel » de la République française, et par extension de toutes celles qui la prendront pour modèle, que ne résout pas l’appel lancée aux femmes à se projeter dans un universel qui se conçoit et s’écrit au masculin. En effet, les femmes, écartées de la citoyenneté à ses origines, vont devoir conquérir des droits fondamentaux qui ont été accordés sans conditions aux hommes entre eux. L’histoire des droits des femmes, qui sont d’abord – faut-il le rappeler – des droits humains par lesquels les femmes (appartenant à l’humanité jusqu’à preuve du contraire) devraient être légitimement couvertes, est une histoire de combats… Et de débats. Longtemps, rappelle Réjane Sénac, on argumente de la « moins-value » essentielle (c’est-à-dire procédant de leur « nature ») des femmes pour restreindre leur participation à la citoyenneté, à la société et à l’économie : elles sont des moins-que-frères. Puis la vapeur se renverse et c’est une « plus-value » que l’on attend d’elles : on leur fait une place en tant que mieux-que-frères, notamment réputées plus équipées de « soft skills », « complémentaires » des compétences traditionnelles et indispensables à la performance d’aujourd’hui et demain.

 

Le terme « sororité » est un nom commun féminin provenant du terme latin soror, qui signifie sœur ou cousine. En latin médiéval, il a désigné une communauté religieuse de femmes, mais il n'a été utilisé dans ce sens que jusqu'au xvie siècle.

 

utilisé par les féministes dans les années 1970 afin de faire entrer dans le langage commun l'équivalent féminin de "fraternité".

Le terme anglais sisterhood avait déjà été fabriqué par les mouvements féministes américains en réaction au terme brotherhood (fraternité). Ce terme exprime alors l'expression de la solidarité entre femmes. La sororité désigne les liens entre les femmes qui se sentent des affinités, ont un vécu partagé du à leur même condition féminine et au statut social qui y est alors lié.

 

Les mouvement féministes ont également promu la diffusion de l'utilisation du terme d'« adelphité » qui désigne ce même sentiment de confiance, de complicité et de solidarité dans une relation entre homme(s) et femme(s). Dans le cas de frères et sœurs ou d'amis par exemple.

 

Vous conviendrez que c’est une mise à l’écart des hommes, non ?

 

Alors, est ce que « liberté, égalité, fraternité » est une devise d’égalité ?

LA DEVISE, SES PRINCIPES

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DANS L’ÉCUME DE MES ERRANCES

DANS L’ÉCUME DE MES ERRANCES

 

                                            Pour tous ceux qui sont dans la peine.

 

UN pèlerinage, un chemin initiatique, une errance du corps, une flèche vers l’âme, une aventure humaine, spirituelle, pour voir l’infini. Le grandiose derrière la porte à peine ouverte, un rayon de lumière. Un élan vers soi, un essor, une ‘reliance’ avec soi, avec l’autre.

 

Frapper, passer entre les colonnes, marcher de l’occident jusqu’à l’orient, puis descendre dans les vallées sans fond, établir son camp dans les hauteurs et redescendre de la montagne plus radieux que jamais, comme un torrent de lumière.

Être une rivière aux pépites d’or, aux cristaux polis des diamants pierres éternelles, se jeter dans l’océan pour n’être qu’une vague dans l’immensité, toucher le fond et la crête. Comme une bouteille dans la mer, atteindre les rivages inconnus de l’horizon. Là, où la terre, l’eau, et le ciel se confondent. Établir sa demeure, dans le bleu de l’azur.

 

Transhumer, pour sentir, transmuter pour grandir, franchir l’impossible, obtenir la liberté de passer, revenir chez soi, sur sa terre. Reconstruire sans cesse son temple détruit, fouiller dans les ruines, pour découvrir le trésor, l’anneau de l’alliance avec le bien, le juste, le beau.

 

Oublier tout, fermer ses yeux, ne les ouvrir que sur son âme. Subtile et légère, elle vole, au dessus du fleuve el Nil bleu, pour se reposer dans la vallée royale.

 

Perdre les illusions de son ego, trempé par l’orage qui emporte les bagages inutiles. Faire quelques pas, plus loin, plus haut et passer sous le laurier et l’olivier. Un soir de soleil d’été, s’adosser au chêne millénaire qui me recouvre des ses ailes vertes, qui attrapent le vent rempli de mes rêves.

Étirer la nuit jusqu’au matin brumeux, pour voir danser sur la lande les lutins magiques, courir pour saisir leurs sourires, enfermer dans son cœur leurs éclats de joie. Puis avec eux faire une dernière valse jusqu’à l’ivresse.

 

Aimer tout, la nature, les paysages, les fleurs sauvages, les murmures des oiseaux et peut-être soi-même enfin. Soudain céder à l’irrésistible envie de courir comme un enfant dans le champ de blé, la prairie et me poser comme un planeur sur votre cœur doucement, pour l’écouter battre. Comme un fou d’amour, un instant, toujours, seul au monde avec vous, avec toi, ensemble avec la beauté du monde.

 

Attacher cet instant à l’arbre de ma vie, attacher mon présent, au-dessus de mon passé, avec mon désir d’avenir en faire une éternité.

 

Capturer une étoile au fond de ma main, ne la montrer qu’a ceux qu’on aime, les autres ne peuvent pas la voir, leurs yeux sont fermés. Elle éclaire la nuit pour toujours.

Refaire sans cesse le chemin qui va de la crypte souterraine où jaillit la source de la fontaine de jouvence, puis marcher pas à pas, remonter l’échelle en suivant le feu tremblant du cœur, vaciller d’émotion quand la grande lumière commence à paraître au point du jour.

 

Mettre son cœur en vacance, libre, en mode ralenti, en mode écoute, pour recevoir tous les messages. Comprendre enfin l’autre ce qu’il nous dit, alors qu’il s’essouffle à notre porte depuis longtemps. Faire de son cœur autre chose qu’une mécanique, dont le ressort finira par lâcher user par l’inutile.

 

Ne plus courir après sa performance, marcher lentement avec précaution la nuit, sans bruit franchir la porte entre ouverte, et regarder le berceau dans lequel repose notre âme, dans un monde au-delà du bien et du mal, un monde de pureté, d’harmonie ; un jardin où les roses mystérieuses aux pétales de velours, déposent délicatement dans l’air leurs parfums qui rentrent par les fenêtres béantes du cœur : et notre corps frissonne de bonheur.

 

Tout flotte en apesanteur, les roues du char de la vie, tournent dans les nuages immaculés, elles avancent dans des plaines fertiles du ciel vers la terre de lumière et de vérité.

 

L’autre côté est ici et maintenant, à force de verser dans la coupe tant d’amour, elle en déborde, l’amour se jette dans le fleuve de la vie, il irrigue toute la surface de la terre. C’est comme un rêve d’adolescent, lors de sa première rencontre, le cœur trop chargé des sanglots de joie, les lèvres rougies d’avoir trop embrassé, donné sans compter.

Le soleil, bientôt, dans un mois sera au midi, il brisera les nuages noirs, l’été de la Saint-Jean. Quand le feu d’en haut descend en bas, il crépite de joie jusqu’au sommet du cône lumineux quand la nuit tombe, le jour se lève. Demain nous reprendrons les tisons encore rouges, le feu est éternel pour celui qui sait le nourrir. Rien ne meurt, tout se transforme, l’éternité nous appartient il n’y a pas de limites à notre imagination.

 

Est-ce que cette errance, n’est pas une folie, a-t-elle un sens ? Peu importe si les mots s’entremêlent, se bousculent maladroits, pourvu que cette errance dure pour vous, pour moi, pour nous. Qu’elle puisse parfumer ne serait-ce qu’un instant les espaces fétides, qu’elle soit un lotus épanoui dans votre vie, ou un chemin vers la roseraie enivrante et rouge d’amour.

 

Qu’elle soit, un énorme pied-de-nez, à la tristesse des jours sans joie, une folie sans doute, des folles pensées errantes dans un val sans retour, ou une simple brèche ouverte dans un coin de ciel pur, ou un humble paradis sur terre. Un chemin vers nos accolades, nos mains fraternelles, avant de partager l’agape festive. L’écume de cette errance est un petit bonheur, ou une grande joie, un moment de vie.

 

Jean-François Guerry.

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Essai Discovery

Essai Discovery

HUMEUR EN VRAC

 

 

Monde d’avant, monde d’après, monde d’aujourd’hui, qui a parlé du monde d’après ? Dans le monde d’avant il y avait les télégrammes et les appels téléphoniques du bout du monde en PCV. Les télégrammes étaient solennels portés par le facteur, écrits nous les yeux sous nos yeux, nos vrais yeux, quand nous recevions des appels en PCV de l’autre bout du monde nous savions que c’était urgent et important. Dans le monde d’aujourd’hui nous avons des centaines de mails dans nos boîtes, comment autant de diables qui dès qu’ils sortent leurs têtes nous la coupons et passons à autre chose entre le matin et l’après-midi, nous avons résolu, nous passons à autre chose.

 

C’est promis il y aura le monde d’après, fini les clichés, les certitudes, comme nous avons le meilleur système de santé au monde, erreur nous avons le meilleur système de remboursement des soins sans doute, puisque nous le payons très cher. Nous avons une recherche médicale très performante, sans doute puisque nous avons les meilleurs médecins du monde.

 

La preuve nous sommes à l’origine de l’essai franco- européen pour la recherche médicale sur le corona virus, nom de baptême « Discovery » ce n’est pas du français ça ! L’Europe unie, c’est normal en fait devait réunir tous les pays européens pour cet essai, un test pour la cohérence européenne 3200 patients de tous les pays européens, résultat 842 français et 1 patient du Luxembourg, résultat du test promis pour le 14 mai, c’était peut-être pas pour cette année ! Fiasco total, pourquoi trop compliqué trop d’administration, trop de normes et peut-être trop d’arrogance et de certitudes.

 

Les autres pays européens ont rejoints l’essai initié par l’OMS, en bonne logique nous cotisons nous aussi à l’OMS, mais seul nous sommes plus forts qu’ensemble logique ! Moralité 90 pays participent à l’essai de l’OMS son nom « Solidarity » c’est moins glorieux et conquérant que Discovery, mais on cherche quoi en temps de guerre, la gloire avant l’efficacité ? Les lauriers de la victoire avant d’avoir gagné la bataille. Il fallait peut-être soutenir l’OMS au moment où les États-Unis stoppent leur subvention, et au moment où l’on dit que le monde d’après devait faire du collectif. Stop fin de télégramme.

 

 

Banques centrales stop, elles soutiennent les économies du monde, on s’aperçoit finalement qu’elles soutiennent les actionnaires, stop la bourse résiste pas si mal ouf !

 

 

Technologie elle a failli enfanté des surhommes, finalement nous ne sommes toujours que des frêles roseaux pensants, ayant besoin du collectif, mort de l’individualisme peut-être stop.

 

 

Question deuxième vague, qui voudra demain rester soigner ceux qui souffrent ? Nos infirmières et nos aides-soignantes dont les salaires sont au 22ème rang paraît-il des pays développés ? Sans doute, avec une prime ponctuelle qui sera au mieux de 100 € plus une médaille Stop.

 

Jean-François Guerry.

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NIETZSCHE : " deviens qui tu es !" PART III

NIETZSCHE- « Deviens qui tu es ! » PART-III.

 

 

Nietzsche le casseur au marteau des idoles humaines, qu’il assimile aux religions en général, et en particulier à la religion chrétienne, part à la recherche des valeurs du réel, avec sa méthode de la généalogie, de la chronologie. Son but l’éternel retour à l’identique. Sa généalogie lui permet une remontée aux origines honteuses du temps présent. Il y voit une succession de ruptures, de mutations qui anéantissent la possibilité d’une histoire pérenne. D’où une philosophie de la raison née d’elle-même.

 

Il veut « surprendre » les idoles, se guérir des idoles, parce que pour lui, il y a plus d’idoles que de réalité dans le monde c’est pourquoi, il tape dessus avec son « marteau » Pour lui les idoles sonnent creux.

 

Dans son Crépuscule des Idoles, il est à la recherche d’une autre définition des de toutes les valeurs, hors des religions.

Pour lui les valeurs ne sont pas simplement les thèmes de nos croyances morales et religieuses. Elles sont les fondations de notre monde et par conséquent notre monde lui-même. Les valeurs sont les bases d’une évaluation de la vie, qui entraine l’approbation de pratiques jugées bonnes.

 

On peut faire, je pense un rapport avec la philosophie antique et les exercices spirituels, comprenant theoria mais surtout praxis. Ou encore avec le but de la franc-maçonnerie fuir le vice et pratiquer la vertu.

En quelque sorte c’est la montée de l’échelle, les pas sur le chemin qui priment sur la dualité bien mal. C’est l’essor, l’éveil. L’accomplissement du premier pas, les pas suivants, le parcours initiatique. C’est la transmutation qui importe. L’on peut y voir également un rapport avec l’alchimie.

 

« Transmuer les valeurs signifie donc : changer, renverser, mais aussi en un sens alchimique métamorphoser les partages, les oppositions, les hiérarchies qui font le monde prendre sens pour nous,

  • les savoirs n’engendrent l’évidence du vrai, et qui déterminent, sans que nous le sachions, notre ‘bios’ notre ‘ethos’ notre être dans le monde. »

 

Nietzsche a écrit le Crépuscule des Idoles en 1888, il sera publié en 1889 au moment de son effondrement, donc juste avant de sombrer dans la démence. L’on ressent à mon sens les prémisses de cette folie dans le fragment qui suit :

 

  « Qui a donné cette couleur au monde, l’a plongé dans ces lueurs d’incendie ? Ce furent les hommes des convulsions spirituelles, des paroxysmes de terreur et de ravissement, des plus profonds abattements : hommes-médecine, tragiques, saints, etc. ; on avait peur d’eux : on les croyait quand ils voulaient, car ils étaient effrayants. »

 

Nietzsche refuse la dictature de la faute, de la chute, il refuse le partage du monde entre bien et mal. Il faut assimiler le bien et le mal, intégrer le tout et vivre dans la joie, le plaisir de dire oui à la vie t’elle quelle tout de suite, un rêve ?

 

Il ne faut plus être soumis aux morales du devoir, de l’effort et du mérite, de ces passions tristes en finir à jamais avec les regrets, les remords, la culpabilité, quelle belle utopie !

 

Pour Nietzsche il faut aimer le réel tel qu’il est, tout le réel sans restriction, vivre dans l’amour total inconditionnel.

Essayez donc ! Pas si simple, que fait t’on des génocides, des fratricides, de tous les bourreaux qui sommeillent en nous, l’homme peut-il vraiment aimer la totalité du réel ? Ce réel qui inclut les criminels de toutes sortes, les pédophiles etc. Peut-on donner son pardon sans repentir et sans purge de la faute, que fait-on de la justice ?

 

Son innocence du devenir, son amor fati son amour du réel est-il réaliste ? Tout le réel ne peut pas être aimable, regarder l’horreur en face, ne supprime pas l’horreur, ne la réduit pas, l’accepter est une forme de lâcheté. Notre dignité impose au moins de tenter de la transformer, de la réduire, cela peut être un sens à donner à sa vie.

 

À travers l’idée que ce fait Nietzsche de la morale dans son Crépuscule des Idoles – Le Cas Wagner, l’on discerne ce qu’il est sur le plan philosophique :

 

« La morale des maîtres (romaine, païenne, classique, renaissance) est le symbole de la constitution parfaite de la vie ascendante, de volonté de puissance comme principe de vie. La morale de maître est affirmative aussi instinctivement que la morale chrétienne est négative (Dieu- l’au-delà, l’abnégation). L’une communique sa plénitude aux choses elle transfigure embellit, elle rationalise le monde, l’autre appauvrit, apâlit, enlaidit, la valeur des choses, elle nie le monde. »

 

Nietzsche avec son elle rationalise signe là son rationalisme, sa philosophie de la généalogie et de la technique, il affirme aussi avec son elle nie le nihilisme qu’il voit dans les religions et la tradition.

 

Jean-François Guerry.

 

Sources : Nietzsche – La mort de Dieu par Luc Ferry. Nietzsche le Crépuscule des Idoles- Le Cas Wagner Présentation par Christian Jambet et Traduction de Henri Albert.

 

CITATIONS dans le Crépuscule des Idoles:

 

« Si l’on possède son pourquoi ? de la vie, on s’accommode de presque tous les comment.»

 

 

« Une fois pour toutes, il y a beaucoup de choses que je ne veux point savoir. La sagesse trace les limites même de la connaissance. »

 

« Es-tu de ceux qui regardent ou de ceux qui mettent la main à la pâte, ou bien encore de ceux qui détournent les yeux et se tiennent à l’écart ? Troisième cas de conscience. »

 

« Formule de mon bonheur : un oui, un non, une ligne droite, un but.. »

NIETZSCHE : " deviens qui tu es !" PART III
NIETZSCHE : " deviens qui tu es !" PART III
NIETZSCHE : " deviens qui tu es !" PART III
NIETZSCHE : " deviens qui tu es !" PART III
NIETZSCHE : " deviens qui tu es !" PART III


BIOGRAPHIE & INFORMATIONS

Nationalité : Allemagne
Né(e) à : Röcken , le 15/10/1844
Mort(e) à : Weimar , le 25/08/1900
Biographie :

Friedrich Wilhelm Nietzsche est un philologue, philosophe, poète et musicien allemand.

Fils d'un pasteur, Nietzsche, après ses études, est appelé à la chaire de philologie classique de l'université de Bâle. En 1870, il s'engage comme volontaire dans le conflit franco-allemand. De retour à Bâle, il entre en relation avec le milieu intellectuel bâlois et rend de fréquentes visites au compositeur Richard Wagner qui réside aux environs de Lucerne.

Son premier ouvrage, "La naissance de la tragédie", paraît en 1872 et suscite de vives polémiques dans les milieux universitaires germaniques. De 1873 à 1876, il publie les quatre essais des "Considérations inactuelles", puis, en 1878, "Humain, trop humain". La même année intervient la rupture avec Wagner.

Gravement malade, Nietzsche demande à être relevé de ses fonctions de professeur. Dès lors commence sa vie errante entre Sils-Maria, Nice, Menton et plusieurs villes italiennes.

En 1882, il fait la connaissance de Lou Andréas Salomé, avec qui il vit sa seule véritable et platonique histoire d'amour. Lou a en commun avec Nietzsche d'avoir réfléchi à la mort de Dieu. Tous deux passent trois semaines d’errance à discuter de philosophie. Mais la sœur du philosophe, maladivement jalouse, s'ingénie à briser cette relation, ce que le frère ne lui pardonnera pas !

Pendant cette période les livres se suivent à un rythme rapide ("Aurore" (1881), "Le Gai Savoir" (1882 et 1887), "Ainsi parlait Zarathoustra", (1885), "Par-delà bien et mal" (1886), "Généalogie de la morale" (1887), "Le Cas Wagner" (1888), "Crépuscule des idoles" (1888, publié en janvier 1889), "Nietzsche contre Wagner" (publié en février 1889), "L'Antéchrist" (1888, publié en novembre 1894), "Ecce homo" (1888, publié en avril 1908)). Au début de 1889, il s'effondre dans une rue de Turin, puis il sombre dans la démence et passe les dix dernières années de sa vie dans un état mental quasi végétatif.

L'œuvre de Nietzsche est essentiellement une critique de la culture occidentale moderne et de l'ensemble de ses valeurs morales (issues de la dévaluation chrétienne du monde), politiques (la démocratie, l'égalitarisme), philosophiques (le platonisme et toutes les formes de dualisme métaphysique) et religieuses (le christianisme).


 


POURQUOI LIRE NIETZSCHE ?


Souvent condamnée, récupérée, exploitée, la pensée de Nietzsche n'a finalement été que rarement étudiée pour elle-même et sans arrière-pensée. Si son style poétique, s'exprimant souvent par aphorismes et métaphores, a de quoi surprendre, tant il est loin du cliché du philosophe au vocabulaire technique et aux tournures ardues, Nietzsche n'en est pas moins l'un des penseurs les plus révolutionnaires de son temps. Ni systématique, ni uniforme, son œuvre déploie des thèmes récurrents qui s'assemblent dans une direction : celle d'une pensée neuve et énergique qui détruit les « idoles », telles que Platon, pour mieux envisager l'avenir.

Inspiré par Arthur Schopenhauer dans sa jeunesse, Nietzsche tient de lui le pessimisme qui conduit au nihilisme. Mais en affirmant que « Dieu est mort », le philosophe ne se contente pas d'un constat désabusé. S'il n'y a rien hors de l'humain, c'est en lui-même que celui-ci doit chercher l'espoir d'une vie meilleure. Pour cela, il doit devenir fort et libre, capable de détruire les postulats de la métaphysique depuis ses fondements platoniciens mais aussi de rejeter le christianisme et son héritage moral, qui, selon Nietzsche, bride à tort les instincts vitaux. En abolissant l'idée d'un être transcendant, Nietzsche entend réhabiliter la réalité concrète. Sa philosophie n'est pas prisonnière des sphères de l'esprit, contrairement à ce que son style poétique pourrait laisser croire : le penseur a les pieds sur terre, et la conscience tournée vers le monde qui l'entoure.

C'est d'ailleurs la confrontation au monde de son époque qui lui vaut des dépressions et crises nerveuses, mais aussi la rupture avec ceux qui ont le plus compté pour lui. Très proche de sa sœur Élisabeth et du couple Wagner, Nietzsche rompt avec eux lorsque leur antisémitisme devient prégnant. Ironie de l'Histoire, sa pensée est partiellement récupérée par l'idéologie nazie, qui fait du concept du Surhomme le modèle de l'Aryen. Mais le Surhomme n'est en aucun cas une espèce biologiquement supérieure. Ce que prône Nietzsche, c'est le dépassement des fictions consolantes alimentées par la religion et la capacité à observer la réalité en face et à l'affronter.

Car le réel n'est pas donné comme tel, et de ce fait, la vérité n'est pas une et absolue. La réalité demande à être saisie et ordonnée par l'esprit humain, qui, pour connaître, doit faire l'effort de se l'approprier et de l'organiser. La vérité est une valeur en tant qu'elle contribue à l'organisation du réel. Elle est un outil pour la volonté de puissance. De ce concept clé de la philosophie nietzschéenne, nous ne saurons jamais tout ce que le penseur avait à nous dire : son grand œuvre, 
La Volonté de puissance, qui devait synthétiser ses idées, n'a jamais été achevé. La maladie puis la folie viennent l'empêcher de poursuivre sa carrière universitaire puis sa réflexion. Il reste de son œuvre un style inimitable, rare en philosophie, une énergie irrépressible, une volonté d'amélioration du sort de l'humain et de dépassement des présupposés du christianisme. Sa pensée reste aujourd'hui encore moderne, dynamique et inspirante.


 

CHRONOLOGIE


15 octobre 1844 : naissance à Röcken de Friedrich Wilhelm Nietzsche, fils d'un pasteur.

1846 : naissance d'Élisabeth, sœur de Friedrich.

1848 : naissance de Joseph, frère de Friedrich.

1849 : mort du père de Friedrich.

1850 : mort de Joseph.

1858 : Friedrich Nietzsche entre au collège de Pforta.

1864 : Nietzsche s'inscrit en faculté de théologie à Bonn, il envisage de devenir pasteur comme son père.

8 novembre 1869 : Nietzsche rencontre 
Richard Wagner à Leipzig, où il vient d'achever son service militaire.

1869 : Nietzsche est nommé professeur de philologie à Bâle.

1872 : publication de 
La Naissance de la tragédie.

1973 : Nietzsche rencontre Paul Rée, qui devient son ami.

Novembre 1876 : rupture avec ses amis les Wagner, en partie due à l'antisémitisme croissant de Cosima, l'épouse du compositeur.

1878 : parution de 
Humain, trop humain.

1879 : malade, Nietzsche démissionne de son poste de professeur.

1880 : parution du 
Voyageur et son ombre.

1881 : publication d’Aurore.

1882 : lors d'un voyage en Italie, Paul Rée présente Lou Salomé à Nietzsche, qui la demande en mariage à deux reprises, mais elle refuse. La même année paraît Le Gai Savoir.

1883-1885 : parution d'Ainsi parlait Zarathoustra en quatre volumes. Séjours en Italie, en Suisse et en France.

Avril 1884 : Nietzsche rompt avec sa sœur et son beau-frère à cause de leur antisémitisme.

1884 : rédaction de 
La volonté de puissance.

1886 : publication de Par-delà Bien et Mal.

1887 : parution de La généalogie de la morale.

1888 : Nietzsche publie Le Cas WagnerLe Crépuscule des idoles, et rédige Nietzsche contre Wagner.

3 janvier 1889 : Nietzsche s'effondre à Turin. En proie à la folie, il est rapatrié par un ami et interné à Iéna.

1894 : parution de 
L’Antéchrist. Création des Archives Nietzsche, dirigées par Élisabeth.

Juillet 1897 : Nietzsche est emmené à Weimar.

25 août 1900 : décès de Nietzsche à Weimar.

1908 : parution de 
Ecce Homo, écrit en 1888.


 

LE SAVIEZ-VOUS ?


• Peu après la mort de son père, le jeune Friedrich Nietzsche fait un rêve étrange dans lequel son père, vêtu de son linceul, sort de sa tombe et traverse une église où résonne une marche funèbre en portant un enfant dans ses bras. Quelques jours plus tard, son petit frère Joseph décède d'une mystérieuse maladie.
• À l'adolescence, Nietzsche crée un « théâtre des Arts » où il joue avec des amis les tragédies qu'il a écrites sur les dieux de l'Olympe.
• À 14 ans, il s'intéresse à la légende de Mucius Scaevola et, pour en prouver la véracité à ses camarades dubitatifs, saisit dans un poêle allumé un charbon brûlant.
• Malgré ses grandes qualités intellectuelles, Nietzsche faillit rater l'examen équivalent à notre baccalauréat à cause de ses mauvaises notes en mathématiques.
• Nietzsche était un très bon pianiste et aimait improviser ou composer. Il envoya une de ses œuvres au chef d'orchestre Hans von Bülow qui la jugea « épouvantable » et « nuisible ».
• A 
Gustave Flaubert qui affirmait "On ne peut penser et écrire qu’assis" Nietzsche répondra dans Le Crépuscule de Idôles : "Je te tiens nihiliste. Etre cul de plomb, voilà par excellence le péché contre l’esprit ! Seules les pensées qu’on a en marchant valent quelque chose"
• Malade depuis les années 1875, Nietzsche sombre dans la folie en 1889 à Turin en voyant un cocher martyriser un cheval. Il se jette au cou de l'animal et fond en larmes, bloquant la circulation. Dans les jours qui suivent, il s'identifie à des figures mythiques comme Dionysos.
• L'origine de sa maladie reste encore floue. Alors qu'on a cru pendant longtemps qu'il était atteint de la syphilis, d'autres théories lui prêtent des troubles psychologiques héréditaires, ou encore une tumeur au cerveau.


 

INSPIRATEURS ET HÉRITIERS


À l'adolescence, c'est d'abord la poésie qui séduit Nietzsche. Fasciné par Friedrich von SchillerFriedrich Hölderlin et surtout Lord Byron, il trouve sans doute dans ces lectures l'inspiration de son style métaphorique et aphoristique. Sa première grande rencontre philosophique est celle des œuvres de Schopenhauer, qui l'influencent dans sa jeunesse mais qu'il critique par la suite dans Humain, trop humain. Il s'intéresse ensuite à DémocriteEmpédocle et Héraclite, cherchant chez les présocratiques des arguments pour contrer le platonisme.

La pensée de Nietzsche, et en particulier le concept de Surhomme, ont souvent été récupérés, notamment par l'idéologie nazie, ce qui a valu au philosophe d'être longtemps décrié. Parmi ses premiers disciples importants, on peut citer Jules de Gaultier et Alphonse Chide. Par la suite, sa pensée a eu une influence indéniable sur l'existentialisme, la philosophie postmoderne et une branche de la philosophie analytique.


 

ILS ONT DIT DE NIETZSCHE…


Georges Bataille : « Nietzsche s'adressait à des esprits libres, incapables de se laisser utiliser. »
André Gide : « Ce que j'aime surtout en Nietzsche, c'est sa haine de la fiction. »
Catherine Golliau : « Lire Nietzsche, c'est se faire à bon compte une injection d'intelligence et d'énergie. »
Louis Weber : « La philosophie de Nietzsche porte en elle un flambeau de discorde qui ne s'éteindra jamais. »

 

SOURCE BABELIO.

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NIETZSCHE : " Deviens qui tu es" PART II

NIETZSCHE : « Deviens qui tu es. » Part II.

 

 

Nietzsche fût le premier philosophe briseur d’idoles, philosophe du marteau. Il y a eu de multiples interprétations de sa pensée, à chacun son Nietzsche en quelque sorte. Une chose est sûre sa pensée est originale, et c’est lui symbolise sans doute le mieux la rupture avec la tradition.

 

Philosophe des lumières, si c’est le cas c’est un radical des lumières, plus radical encore que Voltaire il ne détruit pas seulement les clercs, mais aussi les idoles religieuses qui selon lui ne sont que des créations humaines. « Vous ne forgerez pas d’idoles humaines. » Nietzsche à écrit dans : Ainsi parlait Zarathoustra :

 

« Tu ne déroberas point ! Tu ne tueras point ! » Ces paroles étaient appelées saintes jadis : devant elles on courbait les genoux et on baissait la tête, et l’on était dans ses souliers.

 

Mais je vous demande : où y eut-il jamais de meilleurs brigands et meilleurs assassins au monde, que les brigands et les assassins provoqués par les saintes paroles ?

 

N’y a-t-il pas dans la vie elle-même le vol et l’assassinat ? Et, en sanctifiant ces paroles, n’a-t-on pas assassiné la vérité elle-même ?

 

Ou bien est-ce prêcher la mort que de sanctifier tout ce qui contredisait et déconseillait la vie ? – O mes frères brisez, brisez-moi ces vieilles tables (…)

 

Dieu et les religions sont pour Nietzsche le nihilisme. Il est l’enfant radical des lumières, le casseur au marteau de l’obscurantisme.

 

Ou alors comme le pense Gilles Deleuze, Nietzsche est un critique radical des lumières, puisqu’il critique Dieu, mais aussi l’homme ; dont il est un critique de l’humanisme des lumières, de leur nouveau Dieu, la déesse Raison pure. On a jeté Dieu, on idolâtre l’homme, ses droits et ses idées de progrès.

 

La troisième interprétation de l’œuvre est plus subtile. C’est le Nietzsche élève d’Heidegger, elle apparaît comme la synthèse des deux premières interprétations. Nietzsche serait un penseur de la technique, de la raison expérimentale, de la volonté de puissance. C’est la maîtrise, pour la maîtrise, seul compte l’augmentation des forces productives.

Sans doute qu’aucune de ces interprétations n’est recevable dans sa totalité ? Il faut peut-être en faire une synthèse. Par la complexité de sa pensée Nietzsche apparaît plus comme un homme de l’élite, un aristocrate que comme un homme de la plèbe.

Nietzsche est l’homme des forces actives, toujours cette volonté de puissance, plus que celui des forces réactives de la démocratie. Sa critique de la démocratie n’en fait pas pour autant un anarchiste ou un hédoniste. Pour les anarchistes il parle : « d’une petite ivresse de puissance. » Comme Spinoza il voit les anarchistes comme des « pauvres en vie, de vie »

 

Nietzsche a un idéal, une morale la maîtrise de soi. Il distingue à l’intérieur de nous-mêmes une forme d’échelle de grandeur des forces actives, donc pas une anarchie, mais un ordre dont l’aboutissement serait la suprême maîtrise de soi. Je cite :

 

« C’est en maîtrisant les forces et en les hiérarchisant en nous-mêmes qu’on obtiendra le maximum de puissance et de joie. »

 

On peut voir dans cet idéal, cet objectif moral, la maîtrise de soi et de ses passions. Ou au contraire le danger d’une volonté de puissance si forte qu’elle peut dévier de son objectif moral.

 

Nietzsche ne combat pas le mal au sens où le font les religions. Il intègre le mal, les forces obscures qui sont en lui, ses parts d’ombre, pour les identifier, les combattre. Il spiritualise l’inimitié.

En maitrisant les forces réactives et actives, il harmonise, il synthétise, il initie, une sorte de voie du milieu, avec l’aide de sa volonté de puissance. Ce n’est pas à la portée de tout le monde et c’est une voie pavée d’embûches, réflexion personnelle.

 

C’est aussi à mon sens un peu contradictoire avec sa critique radicale du libre arbitre. Il instaure une liberté de choix, sous le joug de sa volonté de puissance. Aimer globalement le mal et le bien, pour approcher du réel, a ses limites à lire dans l’article III qui sera la conclusion.

 

Le couple joie souffrance, peut-il être cassé, éliminé par l’apathie des philosophes, une forme d’indifférence passive, contemplative, ou par l’ataraxie cette forme de tranquillité de l’âme.

 

La franc-maçonnerie, peut offrir une autre voie entre raison science, et foi religieuse. Une troisième voie, un chemin différend ouvert par l’intuition, levier des mystères, intuition du réel et même de l’au-delà du réel, une réalité intérieure.

Définition de l’initiation selon Marc Halévy :

 

« Pour le dire en un mot : L’initiation est une méthode visant à développer l’intuition et la capacité de résonner (et non de raisonner) afin d’atteindre directement, la réalité du réel. »

Nietzsche combattant de la raison et de la foi a t-il eu une intuition, l’intuition du réel. Qu’en pensez-vous ?

 

Jean-François Guerry.

 

Sources identiques à celles d’hier.

 

Demain dernière partie de l’article : «  Aimer le monde sans restriction ? »   

La Caverne de Platon

La Caverne de Platon

Un travail sur la Caverne de Platon de Claude Galinier.

 

Le mythe de la Caverne de Platon «  la République >>

Représente toi des hommes qui vivent dans une demeure souterraine en forme de caverne, possédant, tout le long de la caverne, une entrée qui s’ouvre largement du côté de la lumière ; à l’intérieur de cette demeure ils sont depuis leur enfance, enchaînés par les jambes et par le cou, en sorte qu’ils restent à la même place, ne voient que ce qui est devant d’eux, incapables d’autre part, en raison de la chaîne qui tient leur tête, de tourner celle- ci circulairement. Quant à la lumière elle leur vient d’un feu qui brûle en arrière d’eux, vers le haut et loin. Or, entre ce feu et les prisonniers, imagine la montée d’une route, en travers de laquelle il faut te représenter qu’on a élevé un petit mur qui la barre, pareil à la cloison que les montreurs de marionnettes placent devant les hommes qui manœuvres celles-ci et au dessus de laquelle ils présentent ces marionnettes au regard du public. Alors, le long de ce petit mur, vois les hommes qui portent, dépassant le mur, toutes sortes d’objets fabriqués, des statuts, ou encore des animaux en pierre, en bois, façonnés en toute sorte de matière ; de ceux qui le longent (le mur ) en les portant, il y en a vraisemblablement qui parlent, il y en a qui se taisent. Cela c’est la situation allégorique de l’homme au stade de l’ignorance, et comme son interlocuteur s’en étonne, Socrate – porte parole de Platon, évidemment – commente l’allégorie : ces hommes enchaînés ne voient que les ombres portés des objets en question sur le mur de la caverne, et ils n’entendent que l’écho des paroles prononcées par ceux qui les portent derrière le mur :..  dès lors, les hommes dont elle est la condition ne tiendraient, pour être le vrai, absolument rien d’autre que les ombres projetées par les objets fabriqués. L’ignorant enchaîné dans la caverne, prend donc des illusions pour des réalités, et c’est en cela qu’il est ignorant. A certains, cependant il peut être donné de sortir de cet état.

Quand l’un de ces hommes aura été délivré et forcé soudainement  à se lever, à tourner le cou, à marcher, à regarder du côté de la lumière ; quand, en faisant tout cela il souffrira ; quand, en raison de ses éblouissements, il sera impuissant à regarder lesdits objets, dont autrefois il voyait les ombres, quel serait son langage si on lui disait que, tandis qu’autrefois c’était des billevesées qu’il voyait, c’est maintenant dans une bien plus grande proximité du réel et tourné vers de plus réelles réalités, qu’il aura dans le regard la plus grande rectitude ? … Ne penses tu pas qu’il serait embarrassé ? qu’il estimerait les choses qu’il voyait autrefois ( les ombres ) plus vraies que réelles qu’on lui désigne maintenant ( les objets ). Nous voici donc sur la voie du savoir, mais ce n’est pas facile. Il faut d’abord faire tomber les chaînes qui nous maintiennent prisonnier ; qui le fera ?. Le texte nous dit : << Quand l’un de ces hommes.. >> la délivrance n’est plus collective ; c’est une démarche individuelle ( élitisme Platonicien ) Le mythe ne nous fournit pas d’explications, non plus, sur les forces  qui nous poussent à nous débarrasser des chaînes. Pourquoi, après tout, vouloir sortir de l’erreur si l’on s’y trouve bien ? D’autant que cette délivrance ne va pas sans mal : la marche vers la vérité est source de souffrance, d’éblouissements, qui nous font regretter notre ignorance tranquille. A cette question Platon répondra par la triple théorie de l’âme ( Phédon, Phèdre ), de l’amour ( le banquet ) et de la réminiscence ( Ménon ).  Mais la contemplation de ces objets n’est pas le dernier mot du savoir. Il faut porter les yeux aussi vers la lumière elle-même qui les éclaire, ce qui est une épreuve  plus pénible encore que la précédente, et il parviendrait à contempler le soleil ( allégorie du Souverain Bien ) <<i qui la gouverne de toutes les choses qui existent  >> et qui en est la cause >> de tout ( cause des objets marionnettes et cause des ombres qu’ils projettent ) Et le mythe décrit aussi la situation du sage qui après avoir contemplé les vraies réalités, ne peut qu’être indifférent aux ombres que cultivent ceux qui sont restés enchaînés dans la caverne Bien plus : << celui qui entreprendrait de les délier, de leur faire gravir la pente , ne crois tu pas que, s’il pouvait de quelque manière le  tenir entre leurs mains et le mettre à mort , ils le mettraient à mort en effet.. on a reconnu ici l’allusion au procès et à la condamnation de Socrate, et on retrouve le pessimisme platonicien : la voie vers la vérité n’est réservée qu’à quelques uns ;  la multitude – pour des raisons inexpliquées – vit dans l’erreur et ne peut en être débarrassée. L’enseignement  du philosophe n’atteindra qu’un petit nombre. En plus, ils risqueront d’être incompris et rejetés par leurs semblables. C’est ce qui est arrivé à Platon lors de son second voyage en Sicile, en 366 av. JC, lorsqu’il tenta d’appliquer les doctrines de La République  à la pratique politique.

Connaît toi - toi-même – La possibilité ne s’en laisse pas expliquer comme le souligne la lettre de Kant à Beck du 1 er Juillet  1794. L’accord qui définit la vérité. Puisqu’il ne réside ni dans la seule représentation, ni dans la seule conscience…doit être reporté à quelque chose ..de différend  du sujet, c'est-à-dire un objet. En écrivant cela , je remarque que je ne me comprends pas suffisamment moi-même, et je vous souhaite beaucoup de chance si vous arrivez à exposer avec suffisamment de clarté ces fils ténus de notre faculté de connaître. C’est la subjectivité de VITRIOL.

Nietzsche. L’Homme et sa solitude – Il se demande s’il n’y a pas en lui, nécessairement , derrière chaque caverne une autre qui s’ouvre encore plus profonde, et au-dessous de chaque surface un monde souterrain plus vaste, plus riche, et sous tous les fonds, sous toutes les fondations, un tréfonds plus profond encore. Toute philosophie est une façade. <<  tel est le jugement du solitaire. Toute philosophie dissimule une autre philosophie, toute opinion est une cachette, toute parole peut être un masque. La caverne du solitaire n’est plus celle de Platon.

 

C.Galinier

NIETZSCHE : &quot; Deviens qui tu es&quot; PART II

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