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la Franc Maçonnerie au Coeur

la Franc Maçonnerie au Coeur

Un blog d'information, de conversations sur le thème de la Franc Maçonnerie, des textes en rapport avec la Franc Maçonnerie, comptes rendus et conseils de lectures.

Publié le par Jean-François Guerry
POSÉ SUR MON BUREAU

POSÉ SUR MON BUREAU

 

J’ai toujours un livre posé sur mon bureau, chaque matin je l’ouvre, avant que le soleil ne se lève, je cherche à l’intérieur, j’écoute le vent des pages qui tournent… En ce moment c’est Météores de Stéphane Barsacq…

 

Extraits du vent des pages…

 

Jean-François Guerry.

 

          FEU

 

« Un jour, on le saura ; un jour tôt ou tard, le méconnu sera reconnu ; jamais personne n’a été méconnu jusqu’à la fin des temps ; jusqu’à la mort, oui, peut-être ; mais jusqu’à la fin des temps, non. Ce jour-là, ce sont les terroristes et les rugissants qui seront anéantis, et pour toujours. Ils ne laisseront aucune trace. Leur nom sera même oublié ; on ne comprendra plus qu’ils aient pu faire autant de bruit, et on ne pourra même pas savoir qu’ils ont existé. Comme il est dit dans La Grande Pâques russe, ils disparaîtront comme disparaît la fumée ; ils fondront comme fond la cire à la chaleur du feu. (Vladimir Jankélévitch)

 

                                                                      CONFIANCE

 

Nietzsche, à 43 ans, à deux ans de sombrer dans la folie, déclarait : « Ma vie est juste en plein méridien : une porte se ferme, une autre s’ouvre » Moi, non. Sentiment de continuité. Impression que le meilleur est au-devant. Mon problème à présent est que je ne dissocie plus le futur du passé, comme si le futur devait à coup sûr me rapporter le passé. Peut-être est-ce la raison pour laquelle je reste optimiste, malgré tout : ce que j’ai vécu, je me dis que je vais le revivre. Comme si une loi indiquait qu’il faille pour coïncider avec son passé tout l’avenir, et même l’éternité.

 

 

Le Livre posé : Météores –Stéphane Barsacq – Revue NUNC _ Éditions de Corlevour.

 

En couverture : Stanislas Bouvier. Le soir huile sur toile.

4e de couverture :
“Météores ? En Grèce, on parle de « monastères suspendus au ciel ». Ici, ce sont des Fusées. Elles font écho à Mystica, le recueil d’aphorismes que Franz-Olivier Giesbert a consacré dans Le Point comme un « livre-culte ».
Depuis ces Météores, Stéphane Barsacq nous invite à scruter notre temps fait d’inquiétudes et de lueurs. Et à s’élever, quand tout alentour semble sur le point de s’effondrer.
Il est question d’amour et de grâce, mais encore de figures élues propres à inspirer à chacun l’insolence de se dresser face à « la contagion des ténèbres ».
Quand l’enjeu majeur n’est plus entre humanisme ou transhumanisme, mais entre la vie profonde ou le néant total, ce recueil fait le pari scandaleux de mettre à jour des paroles immémoriales.”

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Publié le par Jean-François Guerry
LA LIBERTÉ ET LA LUMIÈRE

LA LIBERTÉ ET LA LUMIÈRE

La Liberté en questions. Quelles libertés, quelle Liberté.

 

 

Ces jours-ci des femmes et des hommes se lèvent pour la défense des libertés et franchement cela fait du bien, même si cela ne plaît pas aux obscurantistes. La défense de la liberté d’expression est un des fondements de nos droits de l’homme et du citoyen, droits qui sont enviés dans beaucoup de pays et qui dérangent toutes les dictatures politiques et religieuses.

 

La liberté d’expression issue du siècle des lumières, est une de nos libertés fondamentales. Elle fait partie de la Liberté de l’homme. Cette Liberté une et indivisible celle de l’homme qui se dirige vers la Lumière, avec le désir de reconstruire le monde d’en bas à l’image du monde d’en haut, d’en faire le miroir, pour faire régner la justice et les libertés dans notre humanité.

 

Il faut pour cela être libre soi-même. Genou à terre se saisir du ciseau originel pour couper le voile des ténèbres, pour faire apparaître la Lumière, la Grande Lumière afin qu’elle se répande sur la terre.

À chacun de se saisir de son ciseau pour couper les premières peaux ceux de la surface, des apparences, pour connaître la profondeur du vrai, celle de notre inconscient personnel et de l’inconscient collectif. Tailler la première pierre brute diront les sœurs et les frères et mettre sa pierre en rapport avec sa destination, c’est-à-dire au bon endroit, à sa place dans l’édifice universel, prendre sa place, prenez place mes sœurs et mes frères.

 

Pour cela il nous faut renoncer à la liberté des bêtes sauvages, à leur anarchie, cette liberté des barbares. Ces barbares qui confondent les archaïsmes avec leur « arché ». Ces bêtes sauvages n’ont pour référence que la démesure de leur Ego. Ils sont dans la confusion persuadés que la Liberté c’est faire ce qu’ils veulent, sans aucune contrainte, ils sont les jouets, les marionnettes de leurs pulsions, de leurs passions dévoyées, ils ne regardent pas le visage de l’autre. Ils oublient et perdent leur esprit, leur âme. Ils ne savent plus se poser ne serait-ce qu’un instant en silence pour méditer, ils ont perdu le nord et sa colonne, ils sont éblouis par le soleil des apparences, incapables de supporter la Lumière de l’esprit.

 

Incapables de se détacher des turbulences du monde, pour aller vers la Connaissance, le logos, le Verbe, incapable d’être nu comme Noë pour recevoir la Lumière, de connaître l’ivresse du sacré, du divin. L’homme libre est l’homme actif capable de monter au sommet de l’échelle et de prendre conscience des paroles de Paul : « C’est lorsque je suis faible qu’alors je suis fort. » (1)

 

Cet homme a vaincu son Ego qui l’humilie et il est prêt pour aller seul humblement dans le monde, vers l’autre, vers les autres, il est libre.

 

Jean-François Guerry.

 

Première lettre de Paul aux Corinthiens extrait de la Sagesse du monde, et Sagesse Chrétienne. Il ne faut pas voir dans ce texte que le caractère religieux, mais sa spiritualité Dieu est le principe supérieur, un des noms du Grand Architecte.

 

II-12 à 15. « Or, nous n’avons pas reçu, nous, l’esprit du monde, mais l’Esprit qui vient de Dieu, pour connaître les dons gracieux que Dieu nous as faits. Et nous en parlons non pas avec des discours enseignés par l’humaine sagesse, mais avec ceux qu’enseigne l’Esprit, exprimant en termes spirituels des réalités spirituelles.

L’homme psychique n’accueille pas ce qui est de l’esprit de Dieu : c’est folie pour lui et il ne peut le connaître, car c’est spirituellement qu’on en juge. L’homme spirituel au contraire juge de tout, et lui-même n’est pas jugé par personne. (…)

Echelle Mystérieuse

Echelle Mystérieuse

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Publié le par Jean-François Guerry
LA TRADITION             UN HÉRITAGE, UNE SOURCE, UN LABEL 	              7ème CAHIER DE L’ALLIANCE

  LA TRADITION

            UN HÉRITAGE, UNE SOURCE, UN LABEL

                 7ème CAHIER DE L’ALLIANCE

 

Dans ce deuxième article consacré au 7ème Cahier de l’Alliance, je veux en préambule vous parler « de l’Art de la Mémoire », au sens où l’entend Charles Bernard Jameux dans sa thèse sur les origines de la Franc-Maçonnerie Spéculative, qui se relie à mon sens à la psychologie des profondeurs de Carl Gustave Jung quand il fait sa relation entre l’inconscient individuel et l’inconscient collectif. C’est aussi le dévoilement des secrets et des mystères contenus dans les textes alchimiques, secrets qui mènent au sacré au divin, qu’Annick de Souzenelle nous fait découvrir dans son livre Job sur le chemin de la Lumière. Dans ce livre nous redécouvrons comme il est écrit en introduction de la Bible de Jérusalem : Le chef- d’œuvre littéraire du mouvement de sagesse.. C’est un chemin initiatique comparable à celui vécu par les Francs-Maçons, passage des ténèbres à la Lumière, par la pratique des vertus cardinales et théologales au sommet desquelles règne la charité qui est l’amour, avec l’aide du Grand Architecte de L’Univers.

Annick de Souzenelle a écrit :

 

« On a tout oublié, tout détruit ! Nos balbutiantes techniques thérapeutiques de Rebirth, (renaissance, respiration consciente,palingénèse) cri primal, respiration embryonnaire et autres.. cherchent à tâtons la mémoire d’un passé qui devra dépasser l’historique pour pénétrer aux sources du prénatal et réenraciner l’être dans ses grands archétyphes.

Si enfouie soit-elle, cette mémoire n’est cependant effacée des couches profondes et très antiques de notre être ; elle dort mais peut être réactivée par ce qui la garde secrètement à l’extérieur de nous, comme dans l’attente d’un appel conscient de l’Homme enfin las des valeurs du monde. Car elle est dans nos mythes, si nous réapprenons à les lire ; dans nos chants sacrés si nous leur prêtons une oreille neuve ; dans la pierre cachée de nos cathédrales si nous portons sur elle un autre regard ; elle est aussi dans ces premières cathédrales que sont les grottes d’une préhistoire plus authentique que notre malheureuse histoire faite des jeux cruels de l’ignorance.

En la profondeur de nos mythes jusqu’en celle de ces grottes bat toujours en secret le cœur du monde. A leur contact, nos ancêtres y avaient apprivoisé leur propre cœur, et tous auraient compris ce que Jean-Baptiste à voulu dire lorsque, désignant le Christ « agneau de Dieu », il prophétisa : « Lui vous baptisera par le feu. »

 

Ce texte démontre que la tradition est à la fois commencement et continuité.

 

Dans le 7ème Cahier de l’Alliance, François-Xavier Tassel urbaniste et chercheur dans son article : L’invention de la Tradition, tente de la définir en démontrant d’abord ce qu’elle n’est pas, il évoquera les us et coutumes, les anciens Landmarks, les constitutions d’Anderson. Avant d’aborder ce qu’est véritablement La Tradition : transmission d’un don et les raisons de l’invention d’une Tradition.

En revenant sur la naissance ou plutôt l’émergence de la Franc-Maçonnerie spéculative, à l’image de la résurgence du néo-druidisme, il traite de ce que j’appelle souvent le miracle ou la marmite écossaise et britannique en souvenir du miracle grec et de la marmite d’Alexandrie.

Il traitera des éléments constitutifs de la tradition maçonnique, terminant son article par une définition : Qu’est-ce qu’une Franc-Maçonnerie de Tradition. Ses mots de conclusion sont empruntés à Françis Bardot : « Une fraternité de pèlerinage. »

 

J’ai particulièrement aimé dans cet article très riche de sens, les références à Emmanuel Lévinas et sa prise en main de l’altérité non dogmatique.

 

Gaston Paul Effa philosophe et écrivain, fait de la Tradition un véritable bréviaire contenant non pas, les prières d’une religion particulière, mais une liturgie de la vie : La Tradition comme livre de vie.

Le Phare du Petit Minou à Plouzané (29) France

Il traite des paradoxes de la Tradition, insiste sur le rapport entre Tradition et le Devoir de Transmission.  La Tradition est un phare sur le chemin de l’être.

 

Décidemment je ne regrette pas d’avoir choisi comme emblème du Blog le Phare de la Teignouse dans la baie de Quiberon.

 

Jean-François Guerry.

 

 

Ps : D’autres articles suivront sur le 7ème Cahier de l’Alliance.

 

À lire : La Tradition – Un héritage, une source, un label

7ème Cahier de l’Alliance- Revue d’Études & Recherche Maçonniques.

 

Abonnements : GL-AMF- Cahiers de l’Alliance- 8 rue Gesnouin- 92110 Clichy. 3 numéros pour 48€

 

Contact : gl-amf@gl-amf.net

Anciens numéros chez : www.numerilivre.fr

LA TRADITION             UN HÉRITAGE, UNE SOURCE, UN LABEL 	              7ème CAHIER DE L’ALLIANCE

JOB SUR LE CHEMIN DE LA LUMIÈRE – Annick de Souzenelle.

 

De tout temps, juifs et chrétiens - et, en ce siècle, des psychologues comme Carl Gustav Jung - se sont interrogés sur le Livre de Job. Cette oeuvre troublante aborde si directement l'absurdité du Mal que l'on a pu remettre en cause son origine, voire sa place dans le canon biblique.
Annick de Souzenelle éclaire ce récit d'un jour nouveau, avec les outils qui font toute l'originalité de sa démarche : racines des mots hébraïques, psychologie des profondeurs, lecture symbolique et mythologique, théologie chrétienne. La "descente aux enfers" de Job, un juste accablé par Satan avec la permission divine - permission qui, précisément, fait scandale -, devient alors un véritable chemin initiatique. L'auteur du Symbolisme du corps humain nous fait découvrir les étapes successives de cette initiation qui conduit Job vers la mort définitive du "vieil homme" en lui et l'élève vers la Lumière.

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Publié le par Jean-Laurent Turbet

Cet article est reposté depuis Bloc notes de Jean-Laurent sur les Spiritualités.

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Publié le par Jean-François Guerry
LA TRADITION  UN HÉRITAGE, UNE SOURCE, UN LABEL 7ème CAHIER DE L’ALLIANCE

     LA TRADITION

            UN HÉRITAGE, UNE SOURCE, UN LABEL

                    7ème CAHIER DE L’ALLIANCE

 

 

Avertissement : C’est en qualité de lecteur assidu des cahiers de l’Alliance que j’interviens, considérant que la qualité des articles qui paraissent dans cette publication mérite la plus grande diffusion possible. Je ne suis pas membre de la GLAMF.

Jean-François Guerry.

 

 

La Tradition, un chemin vers la Lumière, mais quelle Tradition, comme il existe plusieurs cultures, il existe plusieurs Traditions. Peuvent-elles se rejoindre en une seule unique Tradition, primordiale disait René Guénon, comme une sorte de religion naturelle, universelle, qui ferait « Reliance » suivant le terme employé par Edgar Morin. Les Francs-Maçons utopistes pour certains, naïfs pour d’autres, ambitionnent de réunir ce qui épars, dans cette période de résurgence de l’obscurantisme, du fanatisme, de l’intolérance, du matérialisme, de l’individualisme, du manque de fraternité et solidarité, les valeurs maçonniques manquent cruellement dans notre société. Quand les ténèbres recouvrent à nouveau le monde, le mythe du retour à la source, à la tradition originelle reprend force et vigueur. La Tradition maçonnique est une voie, un chemin, une direction pour donner du sens à sa vie, faire sens pour une réalisation personnelle dans un cadre collectif, l’initiation maçonnique occidentale pratiquée depuis plus de 300 ans et qui puise ses valeurs, ses sources, dans de nombreuses traditions, est ce centre d’union fraternel ou se retrouvent les femmes et les hommes, de toutes les couleurs de peau, de toutes les religions, de tous les partis politiques, de tous les courants de pensée, ils se retrouvent dans l’espérance de connaître le bonheur ensemble de l’amour fraternel, qui est infini, sans frontières. Les Traditions sont « Archaïques »,ce qui veut dire très anciennes, elles sont donc les piliers encore vivants, ces arbres millénaires qui continuent leur croissance et regardent vers le ciel, la sève irrigue toutes les branches, à l’abri desquelles s’abritent les plus faibles.

 

Ce 7ème Cahier de l’Alliance, remet la Tradition Maçonnique à sa juste place au centre de l’initiation qui est commencement, mais aussi transmission c’est-à-dire continuité et force. Humblement en ces temps troublés où la barbarie revient, le combat continue contre l’ignorance qui est la source des fanatismes. Notre devoir est de soutenir tous les enseignants, qui propagent les lumières.

 

 

 

 

Il y a des mots en Franc-Maçonnerie qui nourrissent les polémiques et il y a des mots qui définissent et qui relient les francs-maçons entre eux, le mot Tradition fait partie de ceux-ci.

Ils sont des mots de reconnaissance, comme des bijoux sacrés que l’on porte jusqu’à l’ultime initiation, ces mots ne sont pas que des décorations, des apparences, ils embellissent l’âme.

 

La tradition est une source qui coule depuis les temps les plus anciens et abreuve les hommes en recherche de sacré, de spiritualité, c’est le message de Jean-René Dalle dans son avant-propos du 7ème Cahier de l’Alliance, Jean-René Dalle. Il vient de transmettre sa charge de Grand Maître de l’Alliance Maçonnique Française à son successeur Fred Picavet ainsi le travail se poursuit suivant la Tradition, la source coule toujours.

 

Jean-François Guerry.

 

Ps : D’autres articles suivront sur le 7ème Cahier de l’Alliance.

 

À lire : La Tradition – Un héritage, une source, un label

7ème Cahier de l’Alliance- Revue d’Études & Recherche Maçonniques.

 

Abonnements : GL-AMF- Cahiers de l’Alliance- 8 rue Gesnouin- 92110 Clichy. 3 numéros pour 48€

 

Contact : gl-amf@gl-amf.net

Anciens numéros chez : www.numerilivre.fr

LA TRADITION  UN HÉRITAGE, UNE SOURCE, UN LABEL 7ème CAHIER DE L’ALLIANCE
LA TRADITION  UN HÉRITAGE, UNE SOURCE, UN LABEL 7ème CAHIER DE L’ALLIANCE
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LA TRADITION  UN HÉRITAGE, UNE SOURCE, UN LABEL 7ème CAHIER DE L’ALLIANCE

À écouter jusqu'aux dernières paroles..

Les gens de mon pays

 
 

Les gens de mon pays
Ce sont gens de paroles
Et gens de causerie
Qui parlent pour s’entendre
Et parlent pour parler
Il faut les écouter
C’est parfois vérité
Et c’est parfois mensonge
Mais la plupart du temps
C’est le bonheur qui dit
Comme il faudra de temps
Pour saisir le bonheur
À travers la misère
Emmaillée au plaisir
Tant d’en rêver tout haut
Que d’en parler à l’aise

Parlant de mon pays
Je vous entends parler
Et j’en ai danse aux pieds
Et musique aux oreilles
Et du loin au plus loin
De ce neigeux désert
Où vous vous entêtez
À jeter vos villages
Je vous répéterai
Vos parlers et vos dires
Vos propos et parlures
Jusqu’à perdre mon nom
Ô voix tant écoutées
Pour qu’il ne reste plus
De moi-même qu’un peu
De votre écho sonore

Je vous entends jaser
Sur les perrons des portes
Et de chaque côté
Des cléons des clôtures
Je vous entends chanter
Dans ma demi-saison
Votre trop court été
Et mon hiver si longue
Je vous entends rêver
Dans les soirs de doux temps
Il est question de vents
De vente et de gréements
De labours à finir
D’espoirs et de récolte
D’amour et du voisin
Qui veut marier sa fille

Voix noires, voix durcies
D’écorce et de cordage
Voix des pays plain-chant
Et voix des amoureux
Douces voix attendries
Des amours du village
Voix des beaux airs anciens
Dont on s’ennuie en ville
Piailleries d’école
Et palabres et sparages
Magasin général
Et restaurant du coin
Les ponts, les quais, les gares
Tous vos cris maritimes
Atteignent ma fenêtre
Et m’arrachent l’oreille

Est-ce vous que j’appelle
Ou vous qui m’appelez
Langage de mon père
Et patois dix-septième?
Vous me faites voyage
Mal et mélancolie
Vous me faites plaisir
Et sagesse et folie
Il n’est coin de la terre
Où je ne vous entende
Il n’est coin de ma vie
À l’abri de vos bruits
Il n’est chanson de moi
Qui ne soit toute faite
Avec vos mots, vos pas
Avec votre musique

Je vous entends rêver
Douce comme rivière
Je vous entends claquer
Comme voile du large
Je vous entends gronder
Comme chute en montagne
Je vous entends rouler
Comme baril de poudre
Je vous entends monter
Comme grain de quatre heures
Je vous entends cogner
Comme mer en falaise
Je vous entends passer
Comme glace en débâcle

Je vous entends demain
Parler de liberté

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Publié le par Jean-François Guerry
Maria Deraismes

Maria Deraismes

DU TESTAMENT PHILOSOPHIQUE MAÇONNIQUE

 

 

Un testament dans le monde profane est protégé, scellé du sceau du secret, déposé dans les minutes d’une étude notariale pour être reconnu sans tergiversations comme authentique.

 

En ce qui concerne les testaments philosophiques maçonniques rédigés par les postulants aux mystères de l’initiation, après leur communication ils sont en principe remis à leurs auteurs dans une enveloppe close afin qu’ils en est à jamais le souvenir.

 

J’ai découvert que dans certaines obédiences ces testaments étaient archivés, c’est le cas semble-t-il au Droit Humain.

Après avoir lu l’excellent livre de la Commission Histoire de la Fédération française le Droit Humain paru récemment sous le titre : Soyez parfaites, mes sœurs ! Les pionnières du Droit Humain dont les auteures sont Annick Drogou et Dominique Segalen ; elles ont rédiger une biographie des fondatrices de cette obédience mixte, ces biographies font ressortir leurs combats pour la Liberté et l’Égalité des femmes.

 

Au terme de chaque biographie l’on peut lire leur curriculum vitae maçonnique et en épilogue leur testament philosophique dévoilant leurs motivations pour intégrer l’ordre maçonnique, l’idée qu’elles se font de leurs devoirs de femme envers l’humanité et la patrie, leurs devoirs envers elles-mêmes et enfin leur testament.

 

Je vous livre donc le testament de Maria Deraismes la plus emblématique de ces pionnières, à l’aune de ce testament qui résonne comme une profession de foi, l’on comprend la détermination de cette femme remarquable :

 

« À la question : Quel est votre but en entrant dans la Maçonnerie ? Elle répond : Mon but est de mettre fin au préjugé qui exclut les femmes, car j’ai le ferme espoir que grâce à leur admission, il pourra s’accomplir au sein des loges une œuvre de relèvement général des consciences. »

 

 

« À la question : Quels sont les devoirs de la femme envers l’humanité et envers la patrie ? Elle répond : Faite par la nature pour être l’agent moralisateur dans la famille et dans la société, son premier devoir est de répandre les principes de la morale, celle même de la direction de la vie sans laquelle il n’y a ni grand caractère ni grandeur, c’est le plus éminent service qu’elle puisse rendre à l’humanité et à la patrie. »

 

 

« À la question quels sont les devoirs de la femme envers elle-même ? Elle répond : Développer ses facultés supérieures, étudier les questions avant de porter un jugement et être soucieuse de sa dignité. »

 

 

« Testament : Mes travaux, mes écrits, mes discours disent assez quel a été le but de ma vie, combattre l’erreur et l’injustice. Certes, je n’ai pas la prétention de léguer un grand exemple après moi. Mais j’affirme que je laisserai celui de la plus profonde conviction dans la progressibilité indéfinie de l’humanité et du plus sincère amour pour mes semblables. »

 

Si tels secrets pouvaient êtres dévoilés ils feraient progresser l’humanité mais aussi la loi d’amour entre les hommes.

 

Jean-François Guerry.

 

 

 

Pour aller plus loin lire :

 

Soyez parfaites mes Sœurs ! Les pionnières du DROIT HUMAIN. De Annick Drogou -Dominique Segalen.

 

Numérilivre – Éditions des Bords de Seine – 368 Pages – 20€

 

ISBN : 978 2 36632 1456.

   

DU TESTAMENT PHILOSOPHIQUE MAÇONNIQUE

4 avril 1893. Seize femmes, dans le sillage de Maria Deraismes, s’apprêtent à braver l’interdit en posant l’évidence de la Maçonnerie en mixité, dans l’équité de statut et dans l’égalité d’identité.
Qui sont-elles ? Des indignées.
Indignées par le sort déprécié fait aux femmes, par l’absence de tous droits, par les injustices dont sont victimes les enfants. Révoltées par les exactions dont la société donne le triste spectacle historique et politique.
Féministes, conférencières, philanthropes, pacifistes, elles honorent une réputation justifiée de militantes insérées dans le tissu politique, social et civique.
À ces femmes reconnues pour leur maîtrise de la parole publique et écrite, la Franc-Maçonnerie va apprendre la maîtrise du silence.
Et le cheminement initiatique les confirmera dans la certitude qu’elles ne sont pas condamnées à une place définitivement inférieure, en leur offrant l’espace de leur juste place librement, mutuellement et rituellement consentie.
Prenez place…

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Publié le par Jean-François Guerry
RECENSION : PAROLES D'ARBRES

RECENSION : « PAROLES D’ARBRES » de Claude Cuvelier

 

 

Claude Cuvelier Architecte international franc-maçon opératif et spéculatif grand rêveur, nous invite avec ce livre à une balade dans une forêt ou les arbres parlent, lui parle, nous parlent.

C'est au-delà du symbolisme végétal une série de conte initiatique propice à l'élévation spirituelle du lecteur. La matière se transforme, se régénère peu à peu se métamorphose en esprit, la sève spirituelle monte en nous.

 

Les arbres sont des symboles vivants présent dans toutes les traditions. L'arche de Noé le premier temple de Jérusalem furent construits en bois. La franc-maçonnerie Noachite et la franc-maçonnerie forestière sont des résurgences de traditions antiques. Les  rituels des francs-maçons forestiers, bons cousins et fendeurs ont des rituels peuplés d’arbres.

 

Les contes initiatiques de ‘paroles d'arbres’ parlent à notre cœur. Arbres de vie, de la connaissance, sacrés, des hommes, des oiseaux, de la Renaissance peuplent nos forêts à nous de les découvrir.

Claude Cuvelier, Consacre un chapitre aux arbres et à la franc-maçonnerie, arbre de force, de sagesse et de beauté, arbre axe du monde, arbre inversé.

Pour Claude Cuvelier, les arbres semblent être de véritables pédagogues de la spiritualité et des traditions. À l’instar du cèdre du Liban, qui correspond bien à ce pays, le cèdre sous ses larges et immenses branches abrite de multiples traditions.

 

Les arbres de Claude Cuvelier sont des récepteurs de la Lumière, il la transforme en vie. À force de contempler les arbres sacrés, ce grand rêveur a fini par découvrir qu’ils sont une âme. Leurs âmes peuplent nos forêts, elles murmurent dans le souffle du vent à l’orée des forêts, elles nous appellent à l’élévation spirituelle.

 

Oui les arbres parlent à ceux qui veulent bien prendre le temps de les écouter, Claude Cuvelier a traduit quelques-unes de leurs paroles pour nous. Lui qui connaît bien l’Acacia, avec son livre nous invite à une ballade serpentine, onirique, ésotérique, initiatique, originale à la découverte de ces géants sur lesquels enfants nous grimpions pour voir plus loin, plus haut.

 

Jean-François Guerry.

 

À lire : « Paroles d’Arbres » de Claude Cuvelier

Chez NUMERILIVRE – Éditions des Bords de Seine-168 Pages, 18 €.

 

ISBN : 978 236 632 1470.

www.numerilivre.fr

Claude Cuvelier

Claude Cuvelier

RECENSION : PAROLES D'ARBRES

 

Claude Cuvelier: Style français, âme vietnamienne

Nhân Dân en ligne - Ceux qui ont eu l’occasion de parler à Claude Cuvelier, architecte français, auteur d’œuvres architecturales somptueuses comme Tràng Tiên Plaza à Hanoi ou Vinpearl, la zone touristique Hon Ngoc Viêt à NhaTrang, ont tous remarqué qu’il avait un style très français.

L’histoire du gendre vietnamien Cuvelier a commencé par une jeune fille vietnamienne, dont il est tombé amoureux en 1988, un an seulement après être arrivé au Vietnam. Les fruits de ce « coup de foudre »est un mariage heureux, avec une petite fille et un garçon.

Le Vietnam dans les yeux du gendre français

Par sa voix française malicieuse, il a confié: «J’aime le Vietnam. Les Vietnamiens et les Français ont une tradition très proche et une vie très sentimentale et spirituelle, et en particulier, les femmes vietnamiennes et françaises sont tous jolies».

«La différence avec les femmes françaises, c’est que les Vietnamiennes sourient toujours. J’aime ça. Je trouve que lorsque je rie avec une Vietnamienne, je suis sûr qu’elle va sourire pour me répondre», a-t-il remarqué.

Notre histoire passe à l’architecture, il ouvre alors son cœur: «Il faut dire que la qualité architecturale et la construction au Vietnam connaissent de plus en plus de progrès, avec des changements notables. Les ouvrages sont plus beaux par rapport à ceux construits il y a 20 ans lorsque je venais tout juste d’arriver au Vietnam».

«J’ai plus d’amis»

Cette année, Claude Cuvelier va célébrer ses 20 ans de vie et de travail au Vietnam. Pendant cette période, il a réalisé plus de 40 ouvrages dans la plupart des grandes villes vietnamiennes.

En 1987, il est arrivé au Vietnam en tant qu’architecte d’intérieur de l’hôtel Hilton Hanoi Opera pour le groupe CBC. Grâce à l’aide du gouvernement français, il a eu de nombreux autres projets à Hanoi comme le projet de l’Institut français de Hanoi L’Espace, le projet du Centre commercial Tràng Tiên Plaza, etc. Plus tard, il a reçu de nombreuses grandes commandes comme Vinpearl Land, Etown I & II, etc.

«Au Vietnam, j’ai eu un doublé. En plus de mon travail avec ces projets, j’ai encore plus de bons amis. Je suis très content de travailler avec les partenaires vietnamiens. Nombreux d’entre eux sont devenus des amis proches, ce qui me rend très heureux», a-t-il partagé.

Malgré le temps court de cet entretien entre l’architecte français et moi-même, j’ai trouvé qu’il avait en lui une harmonie entre les deux cultures. C’est un architecte représentant le style très français, mais avec une âme très vietnamienne.

NDEL

 

Claude CUVELIER, Architecte International, résidant aujourd’hui au Vietnam est un Franc-Maçon tant opératif que spéculatif depuis quarante cinq ans. Il a été fondateur en 1993 de la Respectable Loge l’ARBRE à Paris et de la Respectable Loge CAY DOI (Arbre de Vie) en 2012 à Hanoi.

Ses nombreux essais ont concerné en général la Franc-Maçonnerie et divers aspects de l’ésotérisme dans les Rites qu’il a pratiqués ; une partie de ses écrits fut consacrée à l’Arbre depuis la création de la première Loge portant ce nom.

Il publie chez Numerilivre "Paroles d'Arbres", 31 récits ouverts au dialogue philosophique.


L’arbre est né dans l’univers avant l’Homme. Celui-ci, animal pensant, s’est vite identifié à la structure de son prédécesseur végétal, jusqu’à y voir son modèle corporel. Des racines, tronc et feuillage de l’un, les jambes, buste et tête de l’autre. Les millénaires traversés jusqu’à nos jours, il ne manquait que la parole à l’arbre : Claude Cuvelier lui offre au long de ce livre original, confirmant - son riche imaginaire à l’appui - l’intelligence communicante prêtée à cette plante.

Au fil de trente et un récits ouverts au dialogue philosophique, est mise en scène toute une diversité qui verdoie la planète, du majestueux cèdre des forêts libanaises aux cyprès, ifs et acacias méditerranéens, du saule pleureur au tremble élancé, du gland devenu chêne au bouleau et pommier de France, ...

 

L’arbre est né dans l’univers avant l’Homme. Celui-ci, animal pensant, s’est vite identifié à la structure de son prédécesseur végétal, jusqu’à y voir son modèle corporel. Des racines, tronc et feuillage de l’un, les jambes, buste et tête de l’autre. Les millénaires traversés jusqu’à nos jours, il ne manquait que la parole à l’arbre : Claude Cuvelier lui offre au long de ce livre original, confirmant - son riche imaginaire à l’appui - l’intelligence communicante prêtée à cette plante.

Au fil de trente et un récits ouverts au dialogue philosophique, est mise en scène toute une diversité qui verdoie la planète, du majestueux cèdre des forêts libanaises aux cyprès, ifs et acacias méditerranéens, du saule pleureur au tremble élancé, du gland devenu chêne au bouleau et pommier de France, du banian des Indes au gracieux bonsaï des plaines vietnamiennes.

Au vrai, c’est l’histoire de l’Homme qui est ici contée. Si l’arbre constitue le lien symbolique entre terre et ciel dans de nombreuses mythologies, il est également, parmi d’autres, l’arbre de la Connaissance au jardin d’Eden, l’arbre séphirothique de la Kabbale et l’Arbre à palabres des africains. La légende sort de la Bible pour côtoyer le réel.

Accompagné par le poétique chant des oiseaux en fond sonore, l’auteur nous renvoie à la franc-maçonnerie. Celle du bois, de la pierre et du verre conjuguées. Sans les frères forestiers, fendeurs de charpentes et étais, sans les frères verriers, créateurs de lumières, les frères bâtisseurs n’auraient jamais pu lancer les flèches des magnifiques cathédrales aux vitraux miroitants, dans les ciels de l’Europe médiévale.

Avec l’arbre en majesté, voici un ouvrage « vivant », orné des trois dimensions du temps. Y apparaissent ensemble les racines du passé, les frondaisons du présent et les fruits du futur.

Partant, chaque arbre invite à l’élévation spirituelle dans une harmonieuse clarté : Il devient alors, dit joliment Claude Cuvelier, l’élan d’une âme vers l’origine divine.

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Publié le par Rémy Le Tallec
Pierre Assouline

Pierre Assouline

Recension à propos de Kipling.

 

Le seul nom de Kipling évoque pour tout le monde le « Livre de la jungle », mais pour les Francs-Maçons c’est bien plus ses poèmes emblématiques que sont : « Ma Loge mère » et « Si ». Rémy Le Tallec nous propose une recension du livre de Pierre Assouline paru sous le titre : « Tu seras un homme mon fils »

 

Jean-François Guerry.

Pierre Assouline – « Tu seras un homme, mon fils » (Gallimard, 2020)

 

Rudyard Kipling, universellement connu pour son « Livre de la jungle », est aussi particulièrement cher au cœur des francs-maçons pour son poème fameux intitulé « If », adapté en français sous le titre « Tu seras un homme mon fils », son dernier vers.

 

Tout franc maçon connaît ce poème de Rudyard Kipling, qui élève très haut l’exigence éthique humaine, et donc a fortiori maçonnique, sous forme de message d’un père à son fils. C’est le point de départ de ce livre de Pierre Assouline, premier successeur de Bernard Pivot à la tête de la revue Lire, par ailleurs éminent auteur de biographies monumentales (Albert Londres, Hergé, Gaston Gallimard, Simenon, Cartier-Bresson…) et d’une abondante et remarquable oeuvre littéraire (Lutetia, Double vie, Le portrait, Vies de Job…etc).

 

Un jeune professeur de lettres à Paris, admirateur de Kipling, rêve de donner latraduction idéale du poème « If », et pour ce faire, il rencontre à de nombreuses reprises le poète-écrivain

aux Indes, comme on disait à l’époque, trimballé de famille d’accueil en famille d’accueil, des Indes en Grande-Bretagne, devenu journaliste, publie nouvelles, contes et poèmes, curieux, grand voyageur, Angleterre, Etats-Unis, France, pour laquelle il gardera toute sa vie une tendresse particulière. Chantre inconditionnel des grandes heures de l’empire britannique, il en devient la star littéraire entre fin XIXème – début XXème siècle, et reçoit le prix Nobel en 1907.

 

Le jeune professeur Lambert côtoie durant plusieurs années l’auteur de son poème afin de décrocher son approbation de la traduction française du fameux poème « If » qu’il essaie de concocter, et de percer, avec des trésors de discrétion, l’intimité de l’écrivain et surtout comprendre l’esprit qui a inspiré ce poème.

 

Au fil des pérégrinations littéraires et des lieux de villégiature de la société aristocratique de l’époque, entre Londres, la campagne anglaise, le sud de la France et Paris, se dévoile la vraie personnalité de Kipling, son attachement premier à sa famille, son quant à soi d’élégance intérieure, en total contraste avec un humour dévastateur, et des opinions bien tranchées et revendiquées qui ne lui valent pas que des amis.  Où l’on s’aperçoit qu’on peut être admiré sans être aimé en son propre pays, où la litote est un sport national ; logique, lorsqu’on préfère la considération à la popularité. Kipling n’est pas simplement entier, hyperactif, c’est un inconditionnel dans l’âme : antisémite et implacablement anti-allemand, ce sont ses moindres défauts. De même, quand il aime, c’est sans mesure, la France le sait mieux que toute autre nation , tant sa francophilie et son admiration pour les grands auteurs de la littérature française ressort par tous les pores de son inspiration. Et face aux ténèbres de l’histoire, il est viscéralement du côté de la lumière et prêt à défendre jusqu’au dernier homme contre l’assaut des ténèbres.

 

A rebours de ce que la littérature des fin XX et début XXIème siècles charrie comme contemplations nombrilesques et impudeurs égotiques, Kipling est de ceux qui écrivent certains textes pour y exprimer des choses qu’ils n’oseraient confier à personne. Et Lambert/Assouline, fin analyste, réussit néanmoins à pénétrer le secret intime de Kipling, et la culpabilité qui le ronge depuis la mort de sa fille à 6 ans,  comme si une lumière s’était définitivement éteinte en lui. Sentiment de culpabilité décuplé par la perte de son fils au tout début de la 1ère guerre.

 

Déclaré inapte au service armé malgré l’intervention de son père, - humiliation insupportable pour le plus grand patriote des grands écrivains de l’Empire britannique – et malgré ses déficiences physiques bien réelles, John Kipling veut à tout prix accomplir son devoir. Il réussit à se faire engager dans l’aviation, et sera abattu dès 1915 dans les ciels de Loos, au Nord de la France. Pour ajouter à l’horreur, malgré toutes les recherches officielles, appuyées par les propres recherches diligentées par son père, son corps ne sera pas retrouvé.

 

Dès lors, la vie de Kipling est hantée par cette blessure ouverte et le chagrin de ses enfants disparus, et la lancinante question posée par ce poème « If » : son exigence morale n’est-elle pas à la source de l’engagement de son fils ? Cruelle intranquillité de l’âme qui taraude tant d’esprits humains.

 

Homme d’honneur, avec son génie d’écrivain et son art poétique, son aura personnelle, Kipling n’aura de cesse d’alerter ses contemporains pacifistes sur les dangers du nazisme.

 

Rappel tragique du destin, à la fin du roman, c’est le propre fils de Lambert qui s’engage dans l’armée quand éclate la seconde guerre mondiale. Et le moins jeune professeur Lambert nous délivre enfin sa traduction du poème « Tu seras un homme mon fils ! ».

Qui repose la vivante et éternelle question de la transmission père-fils.

 

Rémy Le Tallec.

 

PS : Comme toujours chez Pierre Assouline, une opulente bibliographie en fin de volume permet de mesurer l’ampleur, la diversité, l’exhaustivité peut-être, des sources qui légitiment la crédibilité s’il en était besoin, et l’authenticité de cette magnifique œuvre romanesque autour d’un personnage bien réel.

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Publié le par Clementia

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Publié le par Clementia

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