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la Franc Maçonnerie au Coeur

la Franc Maçonnerie au Coeur

Un blog d'information, de conversations sur le thème de la Franc Maçonnerie, des textes en rapport avec la Franc Maçonnerie, comptes rendus et conseils de lectures.

Publié le par jean françois
Une recension sur un livre curieux et intéressant sur Les Lumiéres.

 

Retrouver Benjamin Lay, pour une histoire populaire des Lumières

Deborah Cohen

 

 

A travers la biographie de Benjamin Lay, l’historien Markus Rediker livre le récit fascinant d’un acteur central mais oublié du siècle des Lumières. Usant de tous les moyens d’action pour ébranler les conventions sociales de son temps, Lay défendit très tôt l’égalité des humains, tout en dénonçant les dégâts et les faux besoins produits par le capitalisme naissant.

A propos de Marcus Rediker, Un activiste des Lumières. Le destin singulier de Benjamin Lay, traduit de l’anglais (États-Unis) par Aurélien Blanchard, Seuil, 2019 .

Marcus Rediker, Professeur à l’Université de Pittsburgh, est né en 1951 dans le Kentucky, dans une famille de mineurs et d’ouvriers. Lui-même travaillera en usine durant trois années. Ayant ensuite rejoint le monde universitaire, il est cependant toujours resté fidèlement en contact avec l’univers des prolétaires, des dominés, des opprimés. Il a été au cœur de nombreux combats pour la justice et la paix, et s’est particulièrement engagé contre la peine de mort. Il se définit lui-même comme « d’ascendance galloise, écossaise, hollandaise et cherokee, d’éducation sudiste, appartenant à la génération de la New Left et citoyen du monde par élection »[1].  C’est sur l’Atlantique du 17e au 19e siècle, comme lieu de naissance du capitalisme mondialisé, que portent tous ses travaux. Minutieux travail d’historien sur des passés disparus, ses ouvrages sont aussi éminemment politiques et pensés pour aujourd’hui. Marcus Rediker refuse ce qu’il appelle un « terracentrisme [5] [6] [7] [8] »1, c’est-à-dire une recherche centrée sur les territoires non maritimes, oublieuse de l’océan, et qui, orientant le regard vers les espaces et les individus bénéficiaires du nouveau commerce, occulte les conditions de production et d’échange2. L’historien préfère quant à lui suivre sur les eaux océaniques les marins, les esclaves, les pirates, les foules portuaires multi-ethniques (ce qu’il appelle « l’équipage bigarré ») qui ont été les travailleurs et les marchandises de ce nouveau marché, qui à bien des égards est encore le nôtre. Ses ouvrages pensent ensemble le travail « libre » et le travail des esclaves, persuadé qu’ils relèvent d’une commune marchandisation3.

 

LE RÔLE POLITIQUE DU CONTEUR

            Marcus Rediker ne cesse de nous offrir des récits rendant compte de cette réalité protéiforme ; il est l’un de ceux qui écrivent l’histoire de la manière la plus singulière aujourd’hui, et c’est surtout un merveilleux conteur, un passeur d’histoires. Dans un contexte mémoriel et historiographique qui a longtemps oublié, marginalisé, voire criminalisé, les figures historiques les plus radicales et rebelles, il travaille inlassablement depuis trente ans à faire entendre les voix de celles et ceux qui ont ancré leur parole dans une expérience du travail, de la révolte et de la lutte atlantique. Contre l’histoire officielle, Marcus Rediker écrit une « histoire d’en bas » : il nous raconte ce qu’ont subi et ce qu’ont accompli des anonymes ou des oublié.e.s, en les donnant le plus possible à voir et à entendre, cherchant les textes, les poèmes, recourant même à la mémoire orale4. Reprenant à son compte les analyses de Walter Benjamin sur Le Conteur5, il considère que les histoires enracinées dans le peuple avaient « pour fonction fondamentale de permettre l’échange de l’expérience au sein d’un groupe »6. Par là, chacun de ses livres est une manière de faire justice de l’oubli7, mais surtout, chacun peut jouer pour nous le rôle d’un conte populaire : il nourrit notre imaginaires politique de la diversité des formes anciennes de résistance au capitalisme mondialisé. Son dernier ouvrage traduit en français, documentant la vie et les combats d’un quaker radical du début du 18e siècle, pourrait sembler anecdotique. Il n’en est rien ; par la méthode et par les thèmes abordés, il continue un chemin de recherche cohérent, obstiné[9] [DMC10]  et politiquement nécessaire.

 

DES BIOGRAPHIES PAR LE BAS : LE RÔLE DES AFFECTS

            Benjamin Lay (que son biographe appelle souvent familièrement, et presque tendrement, Benjamin) fut l’un des tout premiers auteurs à appeler à l’abolition de l’esclavage. Pourtant, il a peu attiré l’attention des historiens. Écrire sa vie c’est poursuivre un travail de biographies par le bas, par lequel Marcus Rediker nous a déjà fait rencontrer (entre autres) Edward Barlow, marin autodidacte du 17e et auteur d’un journal marqué par une forte rhétorique de classe, Henry Pitman rebelle exilé par les forces royalistes en 1685 et vendu comme esclave, ou encore les héros des collectifs insurgés des bateaux pirates8 ou du groupe d’esclaves se libérant à bord de l’Amistad. Tant d’autres aussi, juste croisé.e.s, comme Dwight Janes, épicier de New London et important rouage de l’abolitionnisme des années 1830, comme Sarah, belle à fasciner les marins qui la virent sur le négrier de Liverpool qui la transportait en 1785 et où elle participa à une rébellion, ou ce jeune enfant fouetté à mort par le capitaine négrier Thomas Marshall en 17659. Donner à voir et à entendre des individus, c’est ne jamais édulcorer la violence derrière les chiffres (fussent-ils terrifiants et morbides comme le sont ceux produits par les historien.ne.s de l’esclavage), c’est ne pas se poser la question de la représentativité10 mais penser que toute action rebelle laisse une trace et ouvre une voie, c’est prendre en compte le fait que les combats politiques d’hier et d’aujourd’hui ne se nourrissent pas seulement de concepts et de démonstrations, mais d’images et d’affects.

            Cette conviction redikerienne qu’une meilleure compréhension politique du monde et de ses enjeux passe d’abord par le sensible et le vécu vaut à la fois pour les lectrices et lecteurs que nous sommes (et donc oriente la forme du récit) mais aussi et d’abord pour les acteurs de l’histoire passée (et présente). Le choix de la biographie est lié à l’idée que les formes de compréhension du monde, que les pensées, émergent de rapports pratiques à ce monde. C’est ainsi la vie même de Benjamin Lay qui lui permet de formuler, bien avant que le thème ne prenne[DMC11]  place dans un espace public légitime, des critiques radicales contre l’exploitation des hommes à travers l’esclavage, et contre celle des animaux. Devenu auteur et libraire aux États-Unis, Benjamin[DMC12] Lay[DMC13] est[DMC14]  issu d’une famille de l’Essex, région de longue tradition de radicalisme religieux ; il fut berger, réfléchissant aux rapports de protection envers son troupeau, gantier dans ce « commerce puant » et violent qui traite des peaux animales ; il passa par la Barbade, la plus grande société esclavagiste du monde à l’époque, fut marin familier du monde cosmopolite des navires et des docks, homme de petite taille en proie aux railleries des tenants d’une norme corporelle : la biographie de Benjamin Lay explique (sans déterminisme) son rapport au monde et ses convictions. Les idées naissent des pratiques. C’est la raison pour laquelle les travailleurs qui sont au cœur du système atlantique sont en mesure, plus que d’autres peut-être, d’en saisir les implications profondes.

            En collaboration avec Peter Linebaugh, Marcus Rediker avait déjà montré combien les circulations de l’expérience prolétarienne à travers l’Atlantique pouvaient être à l’origine des révolutions de la fin du 18e siècle11. La pensée des Lumières bourgeoises n’est pas tombée du ciel des idées, elle doit beaucoup à des récits et des colères venus d’en-bas et que les érudits recueillaient sur les docks12, à des révoltes qui ont permis des formulations neuves chez des auteurs (J. [DMC15] Philmore[DMC16] , Thomas Paine, Jefferson, Samuel Adams Jr) qui n’en auraient pas eu l’idée autrement. Il faut prendre la mesure de ce que déplace cette « histoire par le bas ». De même que l’histoire du genre est, au-delà de l’histoire des femmes, non pas simplement l’introduction d’un nouveau sujet dans l’histoire mais une autre manière de la voir, de même l’histoire par le bas telle que la pratique Marcus Rediker ne se contente-t-elle pas de donner à voir des pauvres tentant d’agir dans une histoire finalement quand même écrite par la répression et la domination : elle révèle d’intenses influences. Dans ce livre-ci plus encore que dans les précédents il s’agit de penser autrement que ne le fait l’histoire des idées traditionnelles : le titre même de l’ouvrage est presque une provocation, il y a donc des Lumières populaires, celle des activistes inconnus, des Lumières restées dans l’ombre en somme13. « L’abolitionnisme révolutionnaire » qui est celui de Benjamin Lay, suggère, nous dit Marcus Rediker, « une nouvelle généalogie de l’antiesclavagisme », non plus « associée aux seuls membres des élites », mais aux travailleurs ordinaires. Cela contribue aussi à en déplacer la chronologie pour faire démarrer l’opposition à l’esclavage non plus dans les années 1750 mais une vingtaine d’années plus tôt. À l’époque, Benjamin Lay fait partie d’une très petite minorité, mais il n’est pas seul. Marcus Rediker documente la vie et la pensée de Ralph Sandiford, marchand auteur d’un virulent réquisitoire contre l’esclavage et qui fut l’ami de Lay, parce qu’il partageait sa connaissance de la mer et du monde des marins, une vie en marge, un refus des lois iniques. Mais le destin de Sandiford, qui à force d’oppression sombra dans la folie, dit combien ces positions étaient dures à tenir à l’époque.

 

            Écrire est peut-être ce qui a empêché Benjamin Lay de sombrer lui aussi dans la folie. Se qualifiant lui-même d’ « illettré », Lay est pourtant bien « un homme de lettres » selon Marcus Rediker14. Il l’est parce qu’il possédait des livres qu’il lit et commente, et surtout parce qu’il est l’auteur de All Slave-Keepers That Keep the Innocent in Bondage, Apostates. L’ouvrage a un ton prophétique ; il est écrit dans un langage familier mêlant humilité et grandiloquence, voix de l’auteur et voix d’autres ouvrages ou d’autres individus rencontrés, pour aboutir à une sorte de grande compilation – forme ouverte et démocratique que prennent souvent les écritures populaires à l’époque. Écrit sans plan et sur le mode, nous dit Marcus Rediker, du « flux de conscience »15All Slave-Keepers témoigne de la propension de Benjamin Lay à l’ « enthousiasme », aux émotions fortes. L’ « enthousiasme » [DMC17] désigne pour les quakers une émotion potentiellement subversive, mais il est bien évidemment choisi par l’auteur pour engager une discrète polémique avec celles et ceux qui imagineraient encore les Lumières comme le triomphe d’une rationalité froide et hostile aux émotions (à l’encontre de l’usage que Kant lui-même fait de la notion d’enthousiasme16 ).

            Suivre Benjamin Lay, c’est aussi trouver au mouvement abolitionniste, et aux Lumières en général, une généalogie autre que celle habituellement tracée – notamment en France. À travers lui c’est une chaîne logique que l’on remonte, allant des premiers cyniques grecs au christianisme primitif et au christianisme radical de la Révolution anglaise. Cette généalogie valorise donc des figures de marginaux et de proscrits, de rebelles sociaux et non de penseurs aristocratiques. Il y a des pages très amusantes dans le livre où Marcus Rediker imagine la rencontre, supposément ratée de peu, entre l’incarnation des Lumières traditionnelles, Voltaire en exil à Londres, et Benjamin membre de l’assemblée quaker à laquelle le grand homme se rendit un jour.

 

VIES ET PROPAGANDES RÉVOLUTIONNAIRES

            La rencontre imaginaire, de deux hommes qui partageaient un semblable combat antiesclavagiste, souligne l’importance pour Marcus Rediker de la manière dont les idées s’incarnent. Profondément étranger au monde de l’aristocratique Voltaire, Benjamin Lay a choisi d’incarner et de vivre son mépris pour les riches et les exploiteurs17. Comme avant lui d’autres chrétiens radicaux (et notamment Thomas Tryon, protestant radical du 17e siècle anglophone, végétarien, antiesclavagiste), Benjamin est un bon connaisseur de la figure de Diogène et lecteur d’Épictète ; il choisit une vie simple, marquée par un idéal d’autosuffisance ascétique, sans interférence des biens créés et donc de faux besoins, tournant le dos à une économie de marché de plus en plus mondialisée. Se nourrissant exclusivement de fruits, de légumes, de miel, de lait et d’eau, tissant ses propres vêtements, passant la dernière partie de sa vie dans une caverne, ne se déplaçant jamais qu’à pied et non à cheval, Benjamin subvient donc à ses besoins vitaux sans qu’on puisse y trouver trace de la moindre exploitation de l’homme ou de l’animal. La connexion chez Benjamin Lay entre pratique végétarienne et lutte contre l’esclavage est intéressante, non pas seulement dans le refus de l’exploitation mais aussi parce que le langage raciste s’est appuyé sur un mépris pour les animaux, parce qu’il existe un lien entre suprémacisme blanc et suprémacisme humain : les Noirs ont été décrits comme des singes, les juifs comme des rats. L’animalisation visant à exclure du cercle de la moralité est possible, nous explique Florence Burgat, parce qu’il existe, depuis le 13e siècle, une définition ontologiquement dégradée de l’animalité18. Marcus Rediker fait de Benjamin Lay un quasi « vegan » et un écologiste, parce qu’il relie généalogiquement le souci contemporain d’un respect de la nature à l’intention chrétienne de Lay qui cherche à se conformer à une nature pensée comme divine.

            Dans cette pratique d’une philosophie par le bas, il ne s’agit nullement de voir un simple égotisme, une réduction de la politique à un style de vie19. En effet, au-delà de la mise en cohérence de leurs idées et de leur vie, les personnages que suit Marcus Rediker – et Benjamin Lay au premier chef – sont presque tous marqués par la volonté [DMC18] d’engager le combat pour changer non pas seulement sa vie, mais la société. Les vies des cyniques grecs et des quakers primitifs qui inspirent Lay sont autant d’adresses au peuple : « que nos vies parlent » disait un vieux dicton quaker20. Ce combat passe par des formes d’opposition publiques destinées à choquer, à heurter les habitudes paresseuses et à introduire à une « politique des petits choix »21. Ainsi, au grand scandale des présents, Benjamin organisa un jour de 1742, sur la place d’un marché particulièrement fréquenté de Philadelphie, la destruction d’un très joli service à thé lui appartenant. Il s’agissait de théâtraliser les enjeux liés à la consommation, et de marquer les consciences de celles et ceux qui ne pensaient pas forcément, en buvant leur thé, aux mauvais traitements des hommes et des femmes qui le récoltaient, ou au système esclavagiste aboutissant à la production du sucre qu’on y faisait fondre. Cette manière de s’attaquer à ce que Marx appellerait le fétichisme de la marchandise, en tentant de donner une visibilité au travail et aux souffrances que dissimulent l’usage, la beauté, l’évidence quotidienne de l’objet, a des résonances très contemporaines. Cela permet de rappeler que loin d’être le fait de « casseurs » irresponsables, décervelés et sans culture, un geste comme celui de briser des vitrines de banque s’inscrit dans une très ancienne tradition politique et philosophique. Le mépris auquel se heurte ce geste, Benjamin Lay l’a bien connu, lui qui fut désavoué et chassé par sa communauté quaker[DMC19].

            C’est que ces quakers, supposés prêcher l’amour, la paix et le respect de l’autre, sont très souvent eux-mêmes devenus propriétaires d’esclaves. Lay intervient dans leurs réunions pour les perturber, dénoncer collectivement et individuellement ceux dont la vie est en contradiction avec les paroles de l’Écriture sainte et leur interprétation par les premiers quakers. Cette même communauté quaker allait pourtant évoluer elle-même vers un rejet de l’esclavage. Ce que Benjamin Lay dut défendre à travers des méthodes provocatrices, qu’il concevait comme la guerre d’un David contre le Goliath des esclavagistes, devint – vingt ans après – une sorte d’évidence partagée. C’est donc de leur fondamentale efficacité à long terme que nous entretient M. Rediker quand il évoque des formes de propagande radicale. Parce qu’elles touchent aux émotions du public, les luttes pleines d’ « enthousiasme » ou de « zèle » sont, quoique souvent réprimées, loin d’être inutiles. Ayant travaillé sur l’impact des images du navire négrier sur le développement du mouvement abolitionniste au 19e siècle22, sur les usages d’une sorte de « guerilla Theater » par les révoltés de l’Amistad pour représenter l’horreur de leur traversée atlantique23, l’historien s’intéresse ici au travail de subversion symbolique que mène Benjamin Lay, qui fut particulièrement inventif en la matière – se couchant dans la neige pour mettre celui qui le relevait devant la contradiction de sa pitié ici exercée mais refusée envers les esclaves24, ou perçant d’une épée une bible évidée et remplie d’une poche gorgée de jus rouge sang, pour figurer la vengeance divine contre les propriétaires d’esclaves25. C’est à nos modalités de lutte et de propagation de convictions dans une société[DMC20]  du spectacle que M. Rediker s’attache à fournir des modèles et des encouragements, en insistant sur la nécessaire incarnation des idées et des concepts.

 

UNE AUTRE SOCIÉTÉ EST POSSIBLE

            M. Rediker ne se contente pas de documenter les formes d’opposition passées, il souligne également ce qui, dans les histoires qu’il nous raconte, pointe vers des possibles futurs. La plupart de ses héros partagent au moins trois caractéristiques permettant de reconstruire le monde autrement : l’antinomisme, la solidarité et l’égalitarisme.

            L’antinomisme est l’idée selon laquelle la conscience morale transcende la loi civile de l’État. L’esprit (divin) prévaut alors sur la loi humaine. C’est un des points d’appui du radicalisme religieux des années 1640-1650, que l’on trouve chez les Niveleurs ou les Diggers, par exemple, et chez un auteur comme William Dell, que Benjamin a lu et annoté. C’est aussi le cas de certains abolitionnistes que les actions de rébellion (celle de Tacky à la Jamaïque en 1760 ou celle de l’Amistad en 1839) confortèrent dans l’idée qu’une action en contradiction avec la loi positive doit être soutenue si elle est favorable à la cause de la liberté. C’est plus généralement le cas des pirates et de tous ceux qui correspondent à la définition du bandit social donnée par Eric Hobsbawm (envers lequel Marcus Rediker reconnaît une dette qui est évidente)26. Il y a, en somme, une « loi supérieure », loi de justice et d’humanité, supérieure à la loi instituée. Tous les collectifs analysés par Marcus Rediker se sont constitués en s’arrachant à la loi des États oppresseurs.

            La solidarité, mise en valeur par l’historien dans tous les collectifs qu’il rencontre, est le dernier élément nécessaire à la reconstruction de sociétés alternatives. Marcus Rediker l’analyse notamment dans le cas du navire négrier : face à l’entreprise de déshumanisation et d’acculturation menée par les capitaines et marchands d’esclaves, les hommes et les femmes à bord créent des collectifs unis par une forte solidarité : ils et elles deviennent « compagnons de bord »27, unis au point de créer des parentés fictives et, comme ce fut le cas pour les révoltés de l’Amistad, d’entrer dans un « processus d’ethnogenèse » qui aboutit à la création d’une entité nouvelle, d’un « peuple ». Chacun et chacune prend soin de l’autre28. Cette solidarité n’a pas seulement, dans les récits de M. Rediker, une valeur morale : elle a également une efficacité pragmatique, assez proche sans doute de celle que lui donne un Pierre Kropotkine29. M. Rediker a ainsi une analyse assez fascinante du destin de celui qui aurait pu être l’un des modèles de Robinson Crusoé : face à une historiographie qui fait de celui-ci un solitaire et un individualiste, l’historien montre que son modèle, Henry Pitman, ne put survivre que parce qu’il était membre d’un collectif insurgé et qu’il bénéficia de savoir-faire divers, venus de différentes personnes et coalisés.

 Cette solidarité ne peut réellement advenir que sur fond d’égalitarisme. On trouve celui-ci chez les pirates, ces « hommes sans chef » ou presque, pour lesquels l’autorité est toujours collective. L’égalitarisme est aussi bien analysé par Marcus Rediker comme étant ce qui permet au groupe des révoltés de l’Amistad de tenir après la prise du navire, et même en prison, par des décisions prises de manière toujours collectives (selon un modèle qui doit sans doute beaucoup aux « palabres » de leurs pays d’origine). C’est cette égalité de tous qui permet l’ « autogouvernement »30. Chez Lay l’égalitarisme s’exprime dans l’opposition à l’esclavage et par l’antispécisme. Mais Benjamin Lay, trop radicalement décalé par rapport à son époque, ne put jamais construire de communauté – c’est la différence entre lui et la plupart des autres figures étudiées par l’historien. Tout au plus Marcus Rediker suggère-t-il qu’il vécut probablement avec sa femme dans une relation d’équilibre et d’égalité, et qu’il ne renonça jamais à être réintégré dans sa communauté quaker – sans doute au nom d’une communauté rêvée qui serait un lieu d’égalité de tous et toutes.                      

Marcus Rediker nous le rappelle, les histoires des marins furent « cruciales pour la construction par en bas d’une communauté »31, de même l’histoire telle que lui nous la raconte est précieuse pour construire aujourd’hui des communautés de lutte qui se reconnaissent des ancêtres ou acceptent de partager des filiations (peut-être imaginaires) et des précurseurs. C’est à reconnaître Benjamin Lay comme l’un des nôtres et à puiser force et espoir dans son combat que nous appelle Marcus Rediker par son livre récemment traduit.

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Publié le par jean françois
NOUVELLES RADICALITÉS VERTES ?

NOUVELLES RADICALITÉS VERTES ?

 

 

A  contre-courant du mondialisme, du prêt à porter, des kits, des prêts à penser algorythmés. De nouvelles communautés radicales vertes s’installent dans nos campagnes désertées, elles seraient environ 1000, et en constante augmentation. Sont t’elles les héritières de l’esprit des lumières et du penser par soi-même, ou une résurgence du peace and love ?

Les jeunes qui constituent ces îlots se caractérisent par leur niveau intellectuel, leur culture, et la prise de conscience de l’urgence écologique.

Sont-ils des gaulois réfractaires au modernisme, ou des utilisateurs raisonnables des nouvelles technologies, leur téléphone portable les relie avec le monde, leur désir de communiquer avec le monde qui les entourent les différencient des communautés des années 1970. Ils ne veulent plus vivre simplement au rythme du CAC 40 ou du cours du blé mondial.

 

Leur objectif n’est plus seulement de gagner sa vie, mais de faire par soi-même sa vie et de lui donner du sens, ils voient plus loin que les autres. Ils veulent revoir leurs rapports avec la nature et les autres, non pas s’enfermer, mais s’ouvrir.

 

Ceux que nous considérions il y a quelques années encore comme de doux allumés, ont aujourd’hui le statut de lanceurs d’alertes. Ce sont eux qui investissent les jachères organisées dans nos campagnes comme substituts à la surproduction localisée qui ruine nos agriculteurs.

 

Alors ceux que certains considèrent comme des bobos écolos, des enfants gâtés, ne sont-ils pas tout simplement des précurseurs ? Ok boomer.

 

Ceux qui sont aujourd’hui considérés comme des marginaux, ne seront-ils pas dans 20 ou 30 ans considérés comme des précurseurs. Les utopies d’aujourd’hui sont souvent les normalités de demain.

 

 

On argumentera à leur sujet que l’on ne change pas le monde, en se retirant du monde, c’est refuser de voir qu’ils font déjà partie de notre monde, et c’est par leurs transgressions, leurs mutations, qu’ils font avancer le monde. Ils rêvent d’un autre monde.

 

Quand les sœurs et les frères se retiraient dans leurs loges, pour réfléchir, alors naissaient les idées de demain. Les communautés qui se retirent s’octroient du temps long, s’extraient des contingences, de la dictature de l’immédiateté, deviennent des marqueurs sur le chemin de l’avenir.

Ces jeunes se fédèrent en couvents écologiques, il y a dans leur recherche un aspect spirituel, ils sont sans conteste à la recherche de plus d’être et de moins d’avoir, de recherche de la vraie vie en vérité.

 

Ils sont je pense animés par l’intuition qu’il faut allumer la lumière dans les phares quand la nuit tombe ou quand les éléments se déchainent. Sous prétexte de rentabilité nous n’avons plus de gardiens de phare. Ces jeunes sont des lumières, fragiles, imparfaites, solitaires, ils sont des lumières verticales qui éclairent notre monde.

 

Jean-François Guerry.

« À l’aurore, lorsque tu te réveilles péniblement, aie toute prête cette pensée : « C’est pour faire œuvre d’homme que je m’éveille. Vais-je donc encore m’irriter, si je m’en vais faire ce pour quoi je suis né et ai été amené au monde ?(…) Est-ce donc pour le plaisir que tu es né ? N’est-ce pas pour agir ? Ne vois-tu pas les plantes, les moineaux, les fourmis, les abeilles faire leur besogne propre, apportant leur part à l’œuvre du monde ? Alors, ne veux-tu pas faire la besogne de l’homme. Ne vas-tu pas te presser d’agir conformément à ta nature ? »

Marc Aurèle – Pensées I – Livre V.

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Publié le par jean françois
Les meilleures actualités maçonniques sont sur les sites :

 

QUELQUES ACTUALITÉS

 

VU SUR HIRAM BE SITE D’INFORMATION MAÇONNIQUE

WWW.HIRAM.BE

L’EUROPE ET LA JEUNESSE À PONTIVY LE 7 FÉVRIER

Publié par Géplu

 

Dans Divers

La loge du Grand Orient de France Au Centre de l’Union, de Pontivy, organise ce vendredi 7 février à 19h30 au palais des congrès, salle Pourleth, une conférence publique gratuite animée par Alain Geraudelle, ancien grand maître adjoint du GODF sur le thème de l’Europe et la jeunesse

 

Tous les détails sur le site hiram.be

 

NON AU RETOUR DU DÉLIT DE BLASPHÈME

Publié par Géplu

 

Dans Divers

Communiqué du Collectif Laïque National
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NON AU RETOUR DU DÉLIT DE BLASPHÈME

La liberté laïque de critiquer les religions, ainsi que la liberté d’expression sont, aujourd’hui encore, attaquées de toute part.

Une jeune fille a été récemment injuriée, menacée de mort par égorgement et déscolarisée pour échapper à ces menaces parce qu’elle s’était insurgée, par une critique acerbe de la religion musulmane, contre un harcèlement sexiste et homophobe. Or, elle s’est vue mise en cause, accusée d’être en partie responsable de ces appels au meurtre, dans le contexte alarmant de l’absence de réaction des partis politiques progressistes ou de certaines associations des droits de l’Homme ou prétendument féministes, voire même du déni des atteintes ainsi portées à ses droits fondamentaux.

 

La suite sur le site hiram.be

QUELQUES ACTUALITÉS
PMA : FAMILLE ET FILIATION AU XXIE SIÈCLE

Publié par Géplu

 

Dans Divers

La loge Tetractys de la Grande Loge Mixte de France à l’Orient de Saint Germain-en-Laye organise le vendredi 6 marsune Tenue Blanche Ouverte sur le thème PMA – Famille et filiation au XXIième siècle : Venez dialoguer avec une loge maçonnique.

Lire la suite sur hiram.be avec une interview

QUELQUES ACTUALITÉS

SUR LE SITE G A D L U INFO à lire

 

Enlever l’image sulfureuse que l’on peut avoir de nous“: le Grand Maître de la Grande Loge de France veut démystifier la franc-maçonnerie

Source : Article “Var Matin” du 07 février 2020

Pierre-Marie Adam, Grand Maître de la Grande Loge de France, anime ce soir une conférence à Saint-Raphaël pour “démystifier” la franc-maçonnerie. “L’humain est au cœur du projet”, insiste-t-il

 

www.gadlu.info


 

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Publié le par jean françois
RÊVES D'OR

RÊVES D’OR

 

 

Lalchimie est le travail du poète, celui qui voit  à l’intérieur de la pierre autre chose que de la matière, il voit en regardant toutes les choses qui nous entourent, vivantes ou inertes la beauté en devenir. Si la beauté n’est pas encore à l’état de semence de l’esprit, elle est la graine qui sommeille, à nous, de la transformer en semence.

 

Le travail de la matière, la construction du temple extérieur précède toujours à mon sens, le travail de l’esprit, la construction du temple intérieur lieu sacré de la métamorphose de l’avoir en être.

 

Négliger les besoins matériels élémentaires, n’est pas propice au développement de l’esprit. La franc-maçonnerie demande à ses adeptes de pourvoir aux besoins essentiels à la vie matérielle de sa famille et de ses proches, elle demande aussi le respect des institutions de la cité, l’harmonie ne réside bien que  dans un triangle corps, esprit, âme. Chacun dans cette réalisation y voit selon sa foi maçonnique, la main de l’immanence où de la transcendance, où l’alliance des deux.

L’homme tend vers le sacré, vers la beauté, vers l’or spirituel, ce trésor qui donne du sens à sa vie, à sa vie intérieure.Le Grand Architecte peu importe le nom qu’il porte, est le symbole de l’esprit sans limites, la rivière, l’océan et la source. Il est le secret enfoui au plus profond de nous, si profond que nous ne pourrons peut-être le découvrir qu’au seuil de l’orient éternel, c’est là que peut être nous découvrirons le pilier manquant, le quatrième pilier, symbole des quatre éléments représentation du cosmos.

 

Mais le quatre n’est pas encore la quintessence de la Rose Mystique aux cinq pétales. Cette rose symbole de pureté et d’amour, sur ses pétales coule la rosée céleste de l’or spirituel, nous en recueillons humblement quelques gouttes qui glissent lentement dans notre cœur.

 

Jean-François Guerry.

 

HUMOUR: vu dans actualités OUEST-FRANCE du Morbihan.

 

Une septuagénaire disparue jeudi a été retrouvée à Mauron, l’abri de jardin devra être détruit à Arradon, un faux gendarme pour faire ralentir les automobilistes à Baden, l’université de Bretagne Sud où il fait bon vivre et étudier de bon matin il conduisait ivre et drogué à Vannes.

 

L’essentiel du 7 Février 2020.

 

Tout ça sans transition, on a du mal à s’y retrouver heureusement qu’il y a l’université !!

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Publié le par jean françois
LE FRANC-MAÇON UN PARRÈSIASTE

LE FRANC-MAÇON PARRÈSIASTE

 

 

 

ue demandez-vous ? La Lumière, l’on pourrait dire aussi la Vérité. Le Franc-maçon est un infatigable chercheur de la Vérité, des vérités. Doit-il pour autant la dire, sans précaution, en toutes circonstances et à tout le monde ? Ne succombera t ‘il pas alors à une forme de vanité, de suffisance bien loin de l’amour fraternel, les vérités sont-elles universelles, non contestables, à les dire ne risquons nous pas de nous couper des autres, de refuser leurs différences.

 

Faut-il renoncer à parler clair, à parler vrai, comment éviter de tomber dans une subjectivité moralisante, sous le prisme des lumières nous deviendrions d’obscurs dogmatiques.

 

Pourtant, négocier sa liberté de parole, c’est renoncer à sa liberté même. Dire vrai n’est pas si simple, affronter celui qui reçoit notre vérité, c’est passer pour un arrogant, faut-il alors voiler les vérités, les dissimuler sous des symboles, parler en paraboles, et si oui jusqu’à quand et avec qui ?

 

Si l’esprit des lumières impose de faire accéder le plus grand nombre à celles-ci, il faut rompre avec le secret et l’ésotérisme, mais est-ce que tout le monde est capable et en situation, et surtout dans le désir  de recevoir les lumières, cherchez et vous trouverez…

 

Il faut donc du courage pour dire sa vérité, les vérités, les secrets véritables, pour être un parrèsiaste, un diseur de vérités, un lanceur d’alerte, du courage pour renoncer à l’auto censure, à la langue de bois. Notre jeune président en a fait les frais et l’expérience, sa vérité, ses vérités ont été considérées comme de l’arrogance, cette arrogance des élites. C’est pourquoi la plupart de nos dirigeants tirent des bords comme l’on dit dans la marine à voile, ils louvoient pour arriver au port, au moment de vérité. Au risque de choquer l’adage populaire prend ici toute sa réalité : toutes les vérités ne sont pas bonnes à dire. Le plus humble de tous lui-même recommandait de ne pas donner de la confiture aux cochons.

Le parrèsiaste, est celui, qui à le courage, de dire la vérité, qui se met dans une position inconfortable, sachant que la vérité n’est pas faite pour plaire à la foule.

 

Dans ma loge maçonnique il m’arrive de louvoyer quand je félicite un frère pour la qualité de son travail, alors qu’il n’a fait que son simple devoir. Je prends aussi le risque de le heurter quand je lui pose une question, ou quand je fais un apport personnel, avec ma vérité ; je me livre parfois à une contorsion rhétorique, à l’esquive pour éviter de dire.

 

Stéphane Hessel, propose une forme d’indignation permanente, il se place dans les pas de Camus, de son homme révolté et de son refus positif. Il faut donc avec un doute raisonnable, s’indigner et se révolter pour ne pas rester dans le pire, c’est-à-dire l’indifférence. Il faut construire en soi avec persévérance sa capacité de s’indigner de se révolter, surtout par rapport à ses propres attitudes, c’est à ce prix que l’on se construit non pas une bonne conscience, qui est une forme de renoncement, mais une conscience véritable, un tribunal intérieur qui siège en permanence, pour entretenir cette conscience qui nous incline au juste, au bien, au beau.

Dans son dernier discours au collège de France Michel Foucault, a abordé le thème « du courage de la vérité. » Il évoque sur le sujet après le miracle Grec, entre autre l’aspect apostolique et spirituel de la parrêsia, la parole du prophète qui prend le risque de la vérité, elle est comme celle d’un éclaireur de la vérité, à l’instar du cynique Diogène et de son parlé franc. Mais aussi de Jean dans le nouveau testament, ce Jean bien connu des loges maçonniques.

 

« N’est-ce pas celui, qu’ils cherchent à tuer ? Le voici qui parle librement et les juifs ne disent rien. » Jean 7- 26.

La vérité du parrèsiaste est donc la vérité de l’homme libre et de bonnes mœurs. De celui qui combat le fanatisme, l’intolérance, la soumission à toutes les dictatures, qu’elles soient religieuses, morales où politiques, de celui qui agit pour faire régner partout la justice. Il refuse d’être idiot avec les idiots, il ne se soumet pas aveuglement à un maître fut-il reconnu pour un sage, il ne refuse rien, mais s’oblige toujours a penser par lui-même.

Il n’est pas facile de dire sa vérité, sans tomber dans les travers du cynique moralisateur, du prophète de malheur dogmatique, où du pervers hypocrite abusant de sa rhétorique. Il n’est pas facile contrairement aux apparences de dire, j’ai dit, sachant, que l’on a, à peine commencé à dire.

 

J’ai dit.

 

Jean-François Guerry.

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Publié le par jean françois
AMBIVALENCE

AMBIVALENCE

 

 

Terme d’hésitation, cette tendance à éprouver, où  manifester en même temps, une hésitation entre deux sentiments, deux attitudes, envers une personne où un événement. Éluder, rechercher sans cesse un compromis, ne pas savoir se déterminer, si cette attitude de doute est raisonnable, elle apparaît souvent aux plus radicaux comme une faiblesse. Il y a pourtant plus à craindre de ceux qui ne doutent de rien, et surtout pas d’eux-mêmes !

 

Ce qui est ressentit comme une danse, un tango sans fin, une sacralisation de l’hésitation, alors que le temps exige des réponses immédiates à des questions complexes, à vouloir être empathique avec tout le monde on aboutit à une exacerbation des clivages, auquel s’ajoute une apparence de confusion mentale. Ce qui est néfaste dans notre société hyper médiatisée, c’est de changer d’avis rapidement, et pourtant il n’y a que les imbéciles qui ne se trompent pas. Mais l’on ne supporte plus la lenteur.

 

L’affaire de la lycéenne Mila qui a envahit notre sphère médiatique, démontre cette ambivalence ambiante, les mots sortis précipitamment, je dirais sans avoir tourné sept fois sa langue, sans être à l’ordre et en ordre, comme :

« L’insulte à la religion, est une atteinte à la liberté de conscience. » S’apparente au retour du «  délit de blasphème. »

 

Si le langage employé par cette lycéenne pose problème c’est vrai, ce langage doit d’abord nous interroger sur notre capacité à l’accepter, ce langage est après tout celui de nos enfants, éduqués dans notre république, par nos maîtres et leurs parents.

 

Les réseaux sociaux d’aujourd’hui, subissent les mêmes critiques que la diffusion des livres lors de l’expansion de l’imprimerie, avec certes une intensité plus rapide. L’ambivalence du siècle des lumières revient dans notre monde contemporain.

 

Il faut donc se garder de se prévaloir de « l’esprit du siècle des lumières », si par ailleurs par une sorte d’autodafé l’on prétend bruler les messages des réseaux sociaux.

 

Certes Mila n’a pas le langage de Voltaire loin s’en faut, mais sur le fond ? Doit-on renoncer au combat des lumières comme le firent en leur temps Voltaire en s’éloignant des lieux de pouvoir pour continuer son combat contre la religion, où Rousseau en s’exilant à Genève ?

 

C’est pourquoi, Francs-Maçons nous luttons pour une éthique universelle, porteuse de valeurs, contenue dans toutes les religions, en se gardant bien de se soumettre à leurs dogmes. Ce fut le message de l’encyclopédiste Diderot. Mais il nous faut aussi œuvrer pour l’indispensable combat contre l’ignorance, pour l’éducation, la transmission des savoirs au plus grand nombre, pour que chacun et tous puissent sortir de l’obscurantisme et atteindre en toute liberté la Connaissance. C’est bien donc dans la sphère des lumières, avec l’esprit des lumières que seront vaincus l’intolérance, le radicalisme et l’intégrisme.

 

Il nous faut rejeter toutes les formes de censure, le délit de blasphème lui-même a été exclu par l’église catholique, les autres religions seraient bien inspirées de suivre cette voie. Ce qui devrait susciter aussi chez tous les laïques un combat incessant pour défendre la liberté de culte, un des fondements de la laïcité.

 

S’il y a une guerre à mener c’est bien celle de la pensée contre la matière, celle de la raison contre les préjugés. Comment y parvenir autrement que par l’éducation, par la connaissance, apprendre l’histoire des religions, ce n’est pas adhéré à une religion, les religions font parties des traditions universelles, comme les écoles de pensée philosophique, elles ont leurs valeurs.

 

Un peuple plus éclairé, est peuple plus tolérant, plus bienveillant. Condorcet, qui avait foi, en la perfectibilité de l’homme disait :

 

« Les hommes ne naissent ni stupides, ni fous, ils le deviennent. (…) Il est donc à la fois possible et nécessaire d’instruire le peuple à condition de lui parler raison. »

 

Plus y aura de personnes éclairées, plus les lumières se répandront, diffusons donc ces lumières en dehors de nos temples !

 

Pour cela il nous faut renoncer à la farce de la célébrité, de l’image, des apparences qui envahissent tous les nouveaux médias, qui manipulent les hommes sincères, mais peu enclins à se faire par eux-mêmes leur opinion.

 

La Franc-Maçonnerie propose de construire des femmes et des hommes éclairés par leur propre conscience, des hommes libres, indépendants. Elle propose à l’homme de penser par lui-même, d’en cultiver la volonté, d’avoir la force et le courage : c’est le Sapere Aude de Horace, repris par Kant «  aie le courage de penser.» Je dirais que c’est le prix à payer pour acheter sa précieuse liberté, et se défaire des préjugés.

 

Comment y parvenir, et peut-on y parvenir seul ? Nous ne sommes pour la plupart d’entre nous que hommes, avec nos faiblesses, nos limites, mais aussi nos richesses, qui ne demandent qu’à êtres développées. La Franc-Maçonnerie propose un chemin initiatique pour faire grandir l’homme intérieur, favoriser ce qu’il y a de mieux en  lui, c’est un parcours individuel, dans un cadre collectif, une aide aux premiers pas, une aide pour pousser les portes, les anciens sont des tuteurs qui aspirent à ce que nous les dépassions, s’ils sont nos exemples, ils ont le devoir d’êtres Humblement exemplaires.

 

Les philosophes, les Savants, les Scientifiques doivent accomplir ce devoir dans la cité, seuls nous ne pouvons rien, c’est cette aide fraternelle, qui nous donnera l’accès aux lumières.

 

Encore une ambivalence, il y a urgence au retour de l’esprit des lumières, face à la montée de tous les ismes. Il faut réunir les îles de l’Archipel Français de Jérôme Fourquet dans une communauté éclairée. Il y a urgence et en même temps, nous avons besoin de temps long, conscients que les lumières du savoir, et la Lumière de la Connaissance ne pénètrent en nous que lentement, un des grands défis de notre société, est la patience, sans le relâchement de l’action, le besoin d’une vision, pour faire taire la colère et la violence.  

 

Il faut je crois avec beaucoup de naïveté, mais pourquoi pas ? Faire l’éloge de la lenteur, de la douceur, de la beauté, de l’amour des hommes en général, et prétendre à une sorte de verticalité personnelle et collective, un projet d’ascension de la conscience et de la spiritualité sans dogmes.

 

Cette ascension est réalisable par la rigueur de l’équerre, l’ouverture du compas, posés ensemble sur le volume de la loi sacrée, formant un triangle de lumière, de grande Lumière.

 

 

Jean-François Guerry.

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Publié le par jean françois
Entre les États-Unis et le Mexique, le vent fait tomber le mur

Entre les États-Unis et le Mexique, le vent fait tomber le mur

LE SOUFFLE

 

 

Après la cécité du bandeau, l’obscurité des ténèbres, vient l’apparition de la Lumière, la montée des marches de l’Orient. Les mots secrets, sacrés communiqués par le souffle du vénérable de cœur à cœur.

 

Ce souffle intérieur que rien n’arrête, qui brise les chaînes, abat les murs de l’ignorance et du fanatisme.

 

Ce souffle qui pousse les étoiles dans le ciel, elles tombent en poussière, immense et infini feu nocturne.

 

Ce souffle qui chasse les nuages, sèche les larmes des enfants.

 

Ce souffle qui bouscule l’ego dérisoire, qui crie dans le désert.

 

Ce souffle qui murmure dans la fontaine, devient ce que tu es.

 

Ce souffle qui pousse avec fracas les portes du temple, répand la Lumière.

 

Ce souffle secret de l’esprit qui remonte de notre maître intérieur, messager du cœur et de l’âme.

 

Ce souffle qui donne du sens à notre vie, quelle aventure, du cœur aux lèvres !

 

Jean-François Guerry.

 

Claude lecteur du Blog nous propose un billet d'humeur paru dans le Blog MYOSOTIS Dauphiné Savoie.

 

LE SOUFFLE

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Publié le par Blog-notes des Meuniers de la Tiretaine

Cet article est reposté depuis Le Blog-Notes du Rite.

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Publié le par jean françois
LA LUMIÈRE DE L’EST

LA LUMIÈRE DE L’EST

 

 

En cette année de célébration du 250ème anniversaire de Beethoven, nos regards se tournent vers l’est d’où viens le feu régénérant de la Lumière, la résonance du sacré qui irradie toutes choses de cette beauté qui est partout, et s’incarne particulièrement dans l’art.

 

Nous penserons à Goethe, à son Serpent Vert et tous ses poèmes, ainsi qu’à Jung et son individuation, son œuvre polyphonique, incitation à une dynamique transcendante de progressive transformation de soi. Comme le développe Jean-Luc Maxence dans son livre Jung est l’avenir de la Franc-Maçonnerie édité chez Dervy en 2004.

 

C’est une véritable réflexion cosmique, chère aux Chevaliers de l’esprit, les Chevaliers Rose-Croix, à laquelle nous pouvons nous soumettre, sous l’aile du Phénix, avec l’amour du Pélican. Nous vivons alors une perpétuelle métamorphose, une régénération, une transformation permanente du tout en un, et du un en tout, qui donne du sens à notre vie, une direction vers la dignité humaine et l’amour fraternel.

 

Notre sensibilité sera éprouvée, exacerbée cette année, par une intensité, une réceptivité plus forte, lors des évocations artistiques. Nos sens remués par notre admiration de la nature dans son entièreté, macrocosme et microcosme, vie totale, universelle.

 

Sous la Voûte étoilée de notre Loge, et sous les cieux, se saisissant du fil à plomb, de l’échelle mystérieuse, essayant de saisir les comètes, pour monter plus haut, et apprendre à redescendre, dans un mouvement constant d’aller et de retour. Nous maintenons constante notre foi maçonnique a dogmatique, notre foi en l’homme et au principe.

 

Quand la musique va monter de colonne d’harmonie, de l’Occident jusqu’à l’Orient, notre dehors communiquera avec notre dedans. Ainsi est la quête du merveilleux, de l’homme intérieur, de notre Maître intérieur, l’homme réel qui sommeille en nous et se révèle, se réveille, au son d’une simple flûte enchantée.

 

Goethe, révèle aussi cette métamorphose dans ces poèmes, à l’instar de son poème le « Désir bienheureux », désir de Lumière, désir du papillon qui ira ébloui, jusqu’à se consumer dans la flamme éternelle, cette même flamme qui brille dans ma loge à l’Orient.

 

Première strophe du poème :

 

« Ne le dites à personne qu’au sage,

car la foule aussitôt raille,

je veux chanter le vivant

qu’attire sa mort dans la flamme. »

 

 Ultime strophe :

 

Et tant que tu ne le possèdes pas,

Ce ‘meurs et deviens !’

Tu n’es qu’une ombre, sur la terre obscure.

 

 

Jean-François Guerry.

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Publié le par jean françois
BRÊVE RÉFLEXION : LE SECRET

BRÊVE RÉFLEXION : UN SECRET 

 

 

 

Les francs-maçons ces affreux artisans des théories du complot, qui agissent en réseaux, ont des secrets inavouables, imprononçables, ils se réunissent dans des lieux secrets, des temples de la raison et de l’esprit malfaisant des Lumières. Dans leurs cérémonies, ils brûlent de l’encens,  il paraît aussi qu’ils exploitent des pauvres apprentis dans des carrières de pierre. 

 

Pour faire quoi, je vous le demande, des constructions spirituelles, que l’on ne voit jamais, ils ont aussi des compagnons, qui font des planches, toujours trop longues ou trop courtes, leurs maîtres sont de piètres modèles, toujours coincés entre équerre et compas. Il paraît même qu’ils tronçonnent des veuves, je n’ai pas très bien compris si elles viennent de Naphtali ou s’ils les conservent sur des portes manteaux dans la naphtaline ? Pour les réduire au silence ils leurs donnent coups de maillets à répétition. 

 

Ils mettent des tabliers en peau, en peau de quoi c’est louche, ils doivent avoir aussi des abattoirs, pour avoir des tabliers en peau.

 

J’en connu un qui m’a même dit des choses incompréhensibles, un secret maçonnique, sous le maillet m’a t’il dit ?

 

«  Le secret de l’initiation maçonnique est peut-être le développement de notre capacité à relier le profane au sacré en sortant de la dualité bien mal, joie souffrance, d’être sur le chemin d’une forme d’unité, d’harmonie. Comment par la prise de conscience de notre intuition, de son écoute et de son développement. Une capacité de résonner et non plus de raisonner, d’être en résonnance avec le sacré. »

 

Vous voyez bien que c’est louche !

 

Jean-François Guerry.

 

 

 

 

Avec mes excuses mais je viens de tailler une planche depuis cinq heures du matin, la lumière m’a abandonné.

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