Overblog
Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
la Franc Maçonnerie au Coeur

la Franc Maçonnerie au Coeur

Un blog d'information, de conversations sur le thème de la Franc Maçonnerie, des textes en rapport avec la Franc Maçonnerie, comptes rendus et conseils de lectures.

Publié le par jean françois
COURRIER DES LECTEURS LE 03 Mai 2020

 

Reçu de François-R :

 

Nous échangeons nos maladies, nos lumières, nos espérances et nos remèdes.


Au 17ème siècle :

 

En des circonstances similaires à ce que nous vivons, voilà ce que Madame de Sévigné écrivait à sa fille Pauline de Grignan :

"Surtout, ma chère enfant, ne venez point à Paris !

Plus personne ne sort de peur de voir ce fléau s’abattre sur nous, il se propage comme un feu de bois sec. Le roi et Mazarin nous confinent tous chez nous. Cela m’attriste, je me réjouissais d’aller assister aux prochaines représentations d’une pièce de Corneille dont on dit le plus grand bien.

Nous nous ennuyons un peu et je ne peux plus vous narrer les dernières intrigues à la Cour, ni les dernières tenues à la mode.

Heureusement avec ma chère amie, Marie-Madeleine de Lafayette, nous nous voyons discrètement, et nous nous régalons des Fables de La Fontaine, dont celle, très à propos, « Les animaux malades de la peste » !

« Ils ne mouraient pas tous, mais tous étaient frappés » ».

 

Une anthologie des épidémies sans fin durée de la vidéo 5 minutes instructives.

 

https://youtu.be/csPJpKqPDI4

COURRIER DES LECTEURS LE 03 Mai 2020

Reçu d’un lecteur du Finis Terrae

 

Un texte de Mr Olivier Becht. Député du Haut-Rhin

Coronavirus : que nous enseigne l’Histoire ?

             Pour ma génération, cette épidémie mondiale est un événement encore jamais connu, jamais vécu. Pourtant, en discutant avec mes parents, il apparaît que le monde en a déjà connu et pas seulement dans les siècles passés. Nul besoin de remonter à la peste, au choléra ou encore à la grippe espagnole de 1918.D’autres épidémies, ressemblant fortement au Coronavirus ont frappé le monde en 1957 et en 1969.

               En 1957, le monde connaît une pandémie nommée « grippe asiatique ». Mon père s’en souvient encore car toute sa famille (père, mère, 5 enfants) va alors rester couchée presque sans possibilité de se lever pendant plus de 15 jours. Cette « grippe asiatique » fera 100 000 morts rien qu’en France et plus de 2 millions de morts dans le monde.

En 1969, à nouveau venue d’Asie, la « grippe de Hong Kong » frappe le monde. Elle va faire 31 000 morts en France et 1 million de morts dans le monde. J’ai retrouvé un article du Journal Libération qui comparaît en 2005 le traitement de la canicule de 2003 avec celui de la « grippe de Hong Kong ».

 

Voici ce que l’extrait de cet article disait de la situation en 1969 :

« On n'avait pas le temps de sortir les morts. On les entassait dans une salle au fond du service de réanimation. Et on les évacuait quand on pouvait, dans la journée, le soir.» Aujourd'hui chef du service d'infectiologie du centre hospitalo-universitaire de Nice, le professeur Dellamonica a gardé des images fulgurantes de cette grippe dite «de Hongkong» qui a balayé la France au tournant de l'hiver 1969-1970. Âgé alors d'une vingtaine d'années, il travaillait comme externe dans le service de réanimation du professeur Jean Motin, à l'hôpital Edouard-Herriot de Lyon. «Les gens arrivaient en brancard, dans un état catastrophique. Ils mouraient d'hémorragie pulmonaire, les lèvres cyanosées, tout gris. Il y en avait de tous les âges, 20, 30, 40 ans et plus. Ça a duré dix à quinze jours, et puis ça s'est calmé. Et étrangement, on a oublié.» - Fin de l’extrait-

Ce n’était pas au Douzième Siècle, c’était il y a 50 ans ! Étrangement on a oublié.

 

Encore plus étrange furent les traitements politiques et médiatiques qui en furent faits. Alors que l’hôpital fait face à une crise sanitaire majeure : afflux brutal de malades, impossibilité de les soigner, mortalité par dizaine de milliers, nul ou presque n’en parle. La presse parle à l’époque de la mission Apollo sur la Lune, de la guerre du Vietnam, des suites de mai 1968... mais pas ou peu des dizaines de milliers de personnes qui meurent dans des hôpitaux surchargés. Pire, le monde continue de tourner, presque comme si de rien n’était.

 

Alors que nous enseigne l’Histoire ?

          D’abord et c’est une bonne nouvelle, que nos sociétés en ont « connu d’autres » et qu’elles se remettent de ces épidémies. Malgré la mortalité de masse provoquée par elles, nous n’allons pas tous mourir et la vie gardera le dessus.

 

           Ensuite, qu’en 50 ans, les progrès techniques ont profondément modifié notre société. En 1969 encore la mort de millions d’individus semblait une fatalité alors qu’aujourd’hui elle nous paraît juste inacceptable. Nous attendons de la science qu’elle puisse nous protéger de toutes ces maladies, les vaincre voire peut être un jour vaincre la mort elle-même. Je parle bien sûr pour nos sociétés occidentales car 100 000 morts nous paraissent un choc majeur et inacceptable en Europe ou en Amérique du Nord alors que personne ou presque ne semble hélas s’offusquer que le Palu puisse tuer chaque année un demi million de personnes en Afrique...

 

           L’Histoire nous enseigne encore que nos exigences vis à vis de l’Etat ont beaucoup changé. Nous sommes désormais, et c’est le prix de l’Etat providence, dans une société qui « attend tout de l’Etat ». En 1969 personne n’attendait de Pompidou qu’il arrête la « grippe de Hong Kong » ou encore organise le confinement de la population pour sauver des vies. Aujourd’hui le moindre accident est nécessairement de la responsabilité d’une autorité publique et si l’on n’arrive pas à un résultat immédiat et satisfaisant, c’est forcément que les élites ont failli. Que l’on soit bien clair, je ne cherche à excuser personne et il est vrai que le niveau des impôts n’est pas le même qu’en 1969 donc le niveau d’exigence peut légitimement être plus élevé. Je pose juste des constats.

 

           Enfin, l’Histoire nous enseigne que la sphère médiatique a beaucoup changé et influence terriblement le traitement des événements. En 1969 les médias étaient encore pour beaucoup sous le contrôle de l’Etat. Comme on ne pouvait pas arrêter la maladie on n’en parlait quasiment pas. Et la vie continuait tant bien que mal. A l’ère des chaînes d’info continue et des médias sociaux on ne parle plus que de la maladie, du traitement sanitaire, politique, économique. Tout devient très vite sujet à polémique et à scandale. Pire, on a l’impression que notre vision du monde se limite désormais à ce qui défile sur nos écrans. Et comme il n’y a plus que la maladie sur nos écrans on oublierait presque que la vie continue avec ce qu’elle a de plus merveilleux (l’amour par exemple, mais aussi la création, l’innovation...) mais aussi de pire (la haine, la violence, la criminalité, la bêtise...). Bref la saturation de l’info autour de la maladie fait qu’on a l’impression que le monde s’arrête et comme la conscience crée en partie la réalité, il semble vraiment s’arrêter.

 

        Alors vous me direz « autres temps, autres traitements de la maladie et des événements ». Oui, vous avez raison et quelque part heureusement.Ces enseignements de l’Histoire ne nous obligent pas à traiter les choses comme dans le passé. Bien au contraire.

Mais ces voix venues du passé nous disent néanmoins :

 

 

 

- que les épidémies ont toujours existé et existeront probablement toujours car elles ne sont pas issues de complots de savants fous manipulés par des militaires dans des labos secrets, mais simplement des virus qui font partie de la Nature, au même titre que nous.

 

- que l’on pourra déployer toute la science et posséder les meilleurs Gouvernements du Monde, il y aura toujours un événement naturel que nul n’avait prévu et que l’on ne pourra pas totalement éviter.

 

- qu’il faut toujours garder l’esprit positif car l’Humanité s’est toujours relevé de ces épidémies. La France s’en relèvera aussi et cela d’autant plus vite que nous saurons faire preuve de résilience et de fraternité dans l’épreuve.

 

               Essayons donc de ne pas perdre nos nerfs et notre moral rivés sur le compteur des morts qui monopolise nos écrans, restons unis plutôt qu’à accuser déjà les uns et les autres, concentrons nous sur les vies que l’on peut sauver chacun dans son rôle et à sa place, continuons de vivre, d’aimer, d’inventer car ni le monde ni la vie ne se sont arrêtés et profitons peut être, pour ceux qui en ont, d’utiliser le temps pour imaginer le monde meilleur dans lequel nous voudrions vivre à la sortie de cette crise.

 

Regarder le passé, c’est parfois prendre le recul nécessaire qui permet de mieux construire l’avenir.

Courage et espoir ! Prenez soin de vous …..

 

O.BECHT

COURRIER DES LECTEURS LE 03 Mai 2020

 

 

Reçu : Revue en ligne Terrestres : Réactiver le sens commun de Isabelle Stengers.

 

Son Livre

Opposer les scientifiques à un " public prêt à croire n'importe quoi " – et qu'il faut maintenir à distance – est un désastre politique. " Ceux qui savent " deviennent les bergers d'un troupeau tenu pour foncièrement irrationnel. Aujourd'hui, une partie du troupeau semble avoir bel et bien perdu le sens commun, mais n'est-ce pas parce qu'il a été humilié, poussé à faire cause commune avec ce qui affole leurs bergers ? Quant aux autres, indociles et rebelles, qui s'activent à faire germer d'autres mondes possibles, ils sont traités en ennemis.
Si la science est une " aventure " – selon la formule du philosophe Whitehead –, ce désastre est aussi scientifique car les scientifiques ont besoin d'un milieu qui rumine (" oui... mais quand même ") ou résiste et objecte. Quand le sens commun devient l'ennemi, c'est le monde qui s'appauvrit, c'est l'imagination qui disparaît. Là pourrait être le rôle de la philosophie : souder le sens commun à l'imagination, le réactiver, civiliser une science qui confond ses réussites avec l'accomplissement du destin humain.
Depuis Whitehead le monde a changé, la débâcle a succédé au déclin qui, selon lui, caractérisait " notre " civilisation. Il faut apprendre à vivre sans la sécurité de nos démonstrations, consentir à un monde devenu problématique, où aucune autorité n'a le pouvoir d'arbitrer, mais où il s'agit d'apprendre à faire sens en commun.

 


 

Audioblog - Les sons des Terrestres - Audioblogs | ARTE Radio

audioblog.arteradio.com › blog › les-sons-des-terrestres

 

 

Il y a 5 jours - Réactiver le sens commun - Entretien avec Isabelle Stengers.

COURRIER DES LECTEURS LE 03 Mai 2020
André Comte Sponville

André Comte Sponville

Article relevé par un lecteur du Finis Terrae
COURRIER DES LECTEURS LE 03 Mai 2020
COURRIER DES LECTEURS LE 03 Mai 2020

Voir les commentaires

Publié le par jean françois
Voltaire Philosophe, écrivain

Voltaire Philosophe, écrivain

 

Le philosophe Jean-Marie Arouet, dit Voltaire est une figure emblématique des Lumières, pas étonnant que chacun cherche dans ses écrits des références à ses pensées, pour valoriser les siennes. Les francs-maçons s’enorgueillissent de le compter parmi les leurs. S’il ne fait aucun doute qu’il fût initié par la célèbre Loge Parisienne Les neuf Sœurs, mais seulement deux mois avant sa mort. Sa vie fût-elle un parangon de vertus, l’on est en droit d’en douter. Sa langue acerbe, ses répliques faciles ont fait sa notoriété. Tout homme a sa partie d’ombre, Voltaire aussi. L’on a retenu de lui plus de lumière que d’ombre et pour ma part je pense que c’est bien ainsi, il faut des phares pour se diriger dans l’obscurité, peu importe qu’il soient grands ou le marin les aiment tous, ils sont ses repaires quand la tempête gronde.

 

Vous trouverez dans l’excellente Anthologie Maçonnique de Raphaël Aurillac et la Loge Kleiô éditée cher Dervy. Le portrait de cet homme qui marqua les Lumières en particulier son Traité sur la Tolérance. Mais aussi ce que dit de lui Condorcet.

 

Je vous rapporte de lui ses citations reprises dans cette Anthologie Maçonnique, elles sont restées mémorables :

 

« L’univers m’embrasse et je ne puis songer que cette horloge existe et n’ait point d’horloger. »

 

« Nos prêtres ne sont pas ce qu’un vain peuple en pense. Notre crédulité fait toute leur science. »

 

Ces deux citations mises côte à côte démontre bien que Voltaire croyait à une forme de transcendance, mais était aussi un fervent anti clérical.

 

« Il vaut mieux hasarder de sauver un coupable que de condamner un innocent. »

 

Il apparaît là, comme un défenseur de l’abolition de la peine de mort.

 

« Je ne suis pas d’accord avec ce que vous dites, mais je me battrai jusqu’à la mort pour que vous ayez le droit de le dire. »

 

Il n’est pas certain qu’il fût l’auteur de cette dernière citation, s’est pourtant celle qui traversera mieux l’histoire, elle fût remise en exergue lors de l’attentat contre le journal Charlie Hebdo.

 

Je vous propose maintenant la lecture d’un excellent travail réalisé dans la Loge Kleiô sur Voltaire.

Bonne lecture.

 

Jean-François Guerry.

VOLTAIRE EN QUESTION ?
VOLTAIRE EST-IL LE FRANC-MAÇON QUE L'ON PRÉTEND ?
VOLTAIRE EN QUESTION ?

VOLTAIRE ETAIT-IL LE FRANC MACON GENIAL QUE L’ON PRETEND ?

 

L’APPORT DES LUMIERES

 

 Au terme de ce XVIIIe siècle, alors que va éclater la Révolution, les philosophes des Lumières ont provoqué un formidablement ébranlement des certitudes anciennes qui régissaient le vieux monde. Je retiendrai les idées les plus fortes qui ont fait rupture avec l’Ancien régime. Et qui gardent, trois siècles plus tard, toute leur pertinence.

 

1ère idée : le libre esprit critique

 C’est la raison sur la superstition, sur les vérités révélées, sur les dogmes. La raison et son corollaire, l’esprit critique, bien plus même, l’exigence critique à l’égard des traditions, des pouvoirs, des idéologies qu’ils inspirent et de ceux qui les servent.

 

 2e idée : le volontarisme

 « Un autre monde est possible », ce slogan d’aujourd’hui des adversaires de la mondialisation néo-libérale, lancé par Le Monde diplomatique, s’inscrit dans le droit fil de la pensée des Lumières.

 « Le présent est affreux s’il n’est point d’avenir, un jour tout sera bien voilà notre espérance ; tout est bien aujourd’hui voilà l’illusion. » » écrit Voltaire.

 

 3e idée : la liberté

Liberté de pensée, mais aussi liberté individuelle.

S’affranchir

Désapprendre l’acquiescement, la soumission, l’obéissance passive.

Ni esclave, ni serf, ni serviteur, mais citoyen.

Terminée, la servitude volontaire. Pleinement citoyen. Libre.

 

Diderot écrit : « Aucun homme n’a reçu de la nature le droit de commander aux autres. »

Dans son Discours sur l’inégalité, Rousseau démontre que la liberté politique est la base de toutes les autres libertés.

 Vivre libre ou mourir, va proclamer la Convention nationale !

 4e idée : l’égalité

Rousseau est, par excellence, l’auteur qui, avec constance, a revendiqué l’égalité politique. Avec lui, l’idée d’égalité politique, sociale et économique s’affirme comme jamais jusqu’alors dans l’histoire de l’humanité.

 

 Mais il n’est pas le seul, la révolution des Lumières, c’est le refus des privilèges.

« N’avoir que ses égaux pour maîtres » avait affirmé Montesquieu.

 

« Les hommes naissent égaux en droits » proclame la Déclaration de 1789.

 

Tout être humain est pourvu de la même dignité, quels que soient sa couleur, sa croyance, son sexe, sa langue, son degré d’éducation, son niveau social.

 

On retiendra surtout Condorcet qui publie en 1790 « Sur l’admission des femmes au droit de cité, » un véritable plaidoyer pour l’égalité.

 

 5e idée : la tolérance

 « Puissent tous les hommes se souvenir qu’ils sont frères !»  s’exclame Voltaire

 

 6e idée : la démocratie

 En se libérant, par l’instruction, du pouvoir religieux, en rejetant les superstitions, les dogmatismes et les intégrismes, en privilégiant la raison critique, les hommes se dotent de la capacité d’agir sur le cours des choses en vue du bonheur de tous.

 

Il faut donc que s’organise la délibération de tous et la décision par tous. Un principe fondamental est énoncé : la souveraineté populaire.

Tous les pouvoirs émanent non plus du roi, ni de dieu, mais du peuple.

 

 « L’Esprit des Lois » de Montesquieu, le « Discours sur les origines de l’inégalité » et « Le Contrat social » de Rousseau, sont des ouvrages essentiels qui vont nourrir la réflexion et les propositions de Condorcet lorsqu’il présente son projet de Constitution.

Plus proche de Rousseau que de Montesquieu, Condorcet ne veut pas seulement la séparation des pouvoirs sur laquelle tous les trois sont d’accord, mais leur limitation autant que possible.

 

 7e idée : l’universalité humaine

 La révolution des Lumières, c’est l’affirmation de la commune condition humaine.

 « Comme la vérité, la raison, la justice, les droits de l’homme, l’intérêt de la propriété, de la liberté, de la santé sont les mêmes partout » souligne Condorcet

 « Quand il est question de raisonner sur la nature humaine, le vrai philosophe n’est ni Indien, ni Tartare, ni de Genève, ni de Paris, mais il est homme », constate Rousseau

 « Je suis nécessairement homme et je ne suis Français que par hasard » insiste Montesquieu.

 

VOLTAIRE

 

"Mais qu'est-ce donc que Voltaire ?  Voltaire, disons-le avec joie et tristesse, c'est l'esprit français". 

Victor Hugo

 

Il est commun de considérer que l'antisémitisme moderne prend sa source dans le christianisme.

Les chrétiens accusent le peuple juif d'être responsable de la mort de Jésus-Christ. Cet antisémitisme trouve évidemment sa limite en lui-même.

Le christianisme est issu du judaïsme, et l'antisémitisme chrétien ne peut donc être absolu. Sinon il se retournerait contre lui-même.

 

A propos de la Shoah, Léon Poliakoff a pointé l'origine de l'antisémitisme nazi dans la philosophie des Lumières.

 

Le racisme des Lumières

Le texte le plus éclairant à ce sujet est l'Essai sur les Mœurs et l'esprit des Nations, de Voltaire (1756). Par rapport au Traité sur la Tolérance qui est un texte très court, cet ouvrage est monumental. Il occupe des centaines de pages, ce qui révèle son importance dans la pensée, dans l'œuvre et dans les préoccupations du philosophe.

La thèse centrale de Voltaire est la perversité de la religion chrétienne à travers l'histoire, et plus particulièrement du catholicisme. Cette thèse passe par plusieurs démonstrations, mais en particulier les deux suivantes :

- L'enseignement chrétien est fondé sur des erreurs.

Ainsi, l'idée que tous les hommes sont issus d'un même père et d'une même mère, Adam et Eve, est fausse.

Les races humaines n'ont rien à voir entre elles. Elles ont des origines différentes.


- La religion chrétienne est mauvaise dès le départ.

En effet, elle prolonge la religion juive, qui est celle d'une nation odieuse et ennemie du genre humain. La religion chrétienne a hérité des tares du judaïsme.


 

L'adhésion au christianisme fixait les limites de l'antisémitisme, et la théorie de l'ancêtre commun fixait les limites du racisme. Voltaire brise les limites, et donne à la xénophobie une puissance nouvelle, se revendiquant de la Raison. 

 

        Les quelques citations ci-dessous donnent une idée de la violence et de la conviction du propos. Des considérations du même calibre émaillent l'ouvrage par centaines.

 

 

A propos des races humaines

 

"Des différentes races d'hommes, ce qui est plus intéressant pour nous, c'est la différence sensible des espèces d'hommes qui peuplent les quatre parties connues de notre monde.

Il n'est permis qu'à un aveugle de douter que les blancs, les nègres, les Albinos, les Hottentots, les Lappons, les Chinois, les Américains soient des races entièrement différentes.

Il n'y a point de voyageur instruit qui, en passant par Leyde, n'ait vu une partie du reticulum mucosum d'un Nègre disséqué par le célèbre Ruysch.

Tout le reste de cette membrane fut transporté par Pierre-le-Grand dans le cabinet des raretés, à Petersbourg. Cette membrane est noire, et c'est elle qui communique aux Nègres cette noirceur inhérente qu'ils ne perdent que dans les maladies qui peuvent déchirer ce tissu, et permettre à la graisse, échappée de ses cellules, de faire des tâches blanches sous la peau.

Leurs yeux ronds, leur nez épaté, leurs lèvres toujours grosses, leurs oreilles différemment figurées, la laine de leur tête, la mesure même de leur intelligence, mettent entre eux et les autres espèces d'hommes des différences prodigieuses. Et ce qui démontre qu'ils ne doivent point cette différence à leur climat, c'est que des nègres et des négresses transportés dans les pays les plus froids y produisent toujours des animaux de leur espèce, et que les mulâtres ne sont qu'une race bâtarde d'un noir et d'une blanche, ou d'un blanc et d'une noire.

Les Albinos sont, à la vérité, une nation très petite et très rare ; ils habitent au milieu de l'Afrique : leur faiblesse ne leur permet guère de s'écarter des cavernes où ils demeurent ;

 

Cependant les Nègres en attrapent quelquefois, et nous les achetons d'eux par curiosité. Prétendre que ce sont des Nègres nains, dont une espèce de lèpre a blanchi la peau, c'est comme si l'on disait que les noirs eux-mêmes sont des blancs que la lèpre a noircis. Un Albinos ne ressemble pas plus à un Nègre de Guinée qu'à un Anglais ou à un Espagnol. Leur blancheur n'est pas la nôtre : rien d'incarnat, nul mélange de blanc et de brun ; c'est une couleur de linge ou plutôt de cire blanchie ; leurs cheveux, leurs sourcils, sont de la plus belle et de la plus douce soie ; leurs yeux ne ressemblent en rien à ceux des autres hommes, mais ils approchent beaucoup des yeux de perdrix. Ils ressemblent aux Lappons par la taille, à aucune nation par la tête, puisqu'ils ont une autre chevelure, d'autres yeux, d'autres oreilles; et ils n'ont d'homme que la stature du corps, avec la faculté de la parole et de la pensée dans un degré très éloigné du nôtre. Tels sont ceux que j'ai vus et examinés. " 

                                                                                                            (Tome 1, pages 6 à 8)

"Les Samoïèdes, les Lappons, les habitants du nord de la Sibérie, ceux du Kamshatka, sont encore moins avancés que les peuples de l'Amérique. La plupart des Nègres, tous les Cafres, sont plongés dans la même stupidité, et y croupiront longtemps." 

                                                                                                                 (Tome 1, page 11)

"La même providence qui a produit l'éléphant, le rhinocéros et les Nègres, a fait naître dans un autre monde des orignaux, des condors, des animaux a qui on a cru longtemps le nombril sur le dos, et des hommes d'un caractère qui n'est pas le notre." 

                                                                                                        (Tome 1, page 38)
" Les blancs et les nègres, et les rouges, et les Lappons, et les Samoïèdes, et les Albinos, ne viennent certainement pas du même sol. La différence entre toutes ces espèces est aussi marquée qu'entre un lévrier et un barbet."

                                                                                                              (Tome2, page 49)

 


A propos des Juifs :

 

Le Dictionnaire philosophique (1769)

L'obsession antisémite de Voltaire ne s'endort jamais. 


Dans son Dictionnaire philosophique, il revient régulièrement sur la question des Juifs, même quand il n'existe aucun lien avec la philosophie ou avec le titre de l'article.

 

Article "Abraham" :
"Il est évident que tous les royaumes de l’Asie étaient très florissants avant que la horde vagabonde des Arabes appelés Juifs possédât un petit coin de terre en propre, avant qu’elle eût une ville, des lois et une religion fixe. Lors donc qu’on voit un rite, une ancienne opinion établie en Égypte ou en Asie, et chez les Juifs, il est bien naturel de penser que le petit peuple nouveau, ignorant, grossier, toujours privé des arts, a copié, comme il a pu, la nation antique, florissante et industrieuse."

Article "Anthropophage" :
"Pourquoi les Juifs n’auraient-ils pas été anthropophages ? C’eût été la seule chose qui eût manqué au peuple de Dieu pour être le plus abominable peuple de la terre."

Article «Juifs» :
"Vous ne trouverez en eux qu’un peuple ignorant et barbare, qui joint depuis longtemps la plus sordide avarice à la plus détestable superstition et à la plus invincible haine pour tous les peuples qui les tolèrent et qui les enrichissent. Il ne faut pourtant pas les brûler."

Article «Job» :
"Leur profession fut le brigandage et le courtage ; ils ne furent écrivains que par hasard."

Article «Tolérance» :
"Le peuple juif était, je l’avoue, un peuple bien barbare. Il égorgeait sans pitié tous les habitants d’un malheureux petit pays sur lequel il n’avait pas plus de droit qu’il n’en a sur Paris et sur Londres."

 

"Si nous lisions l'histoire des Juifs écrite par un auteur d'une autre nation, nous aurions peine à croire qu'il y ait eu en effet un peuple fugitif d'Egypte qui soit venu par ordre exprès de Dieu immoler sept ou huit petites nations qu'il ne connaissait pas ; égorger sans miséricorde les femmes, les vieillards et les enfants à la mamelle, et ne réserver que les petites filles ; que ce peuple saint ait été puni de son Dieu quand il avait été assez criminel pour épargner un seul homme dévoué à l'anathème. Nous ne croirions pas qu'un peuple si abominable (les Juifs) eut pu exister sur la terre. Mais comme cette nation elle-même nous rapporte tous ses faits dans ses livres saints, il faut la croire."

 (Tome 1, page 158-159)

"Toujours superstitieuse, toujours avide du bien d'autrui, toujours barbare, rampante dans le malheur, et insolente dans la prospérité, voilà ce que furent les Juifs aux yeux des Grecs et des Romains qui purent lire leurs livres."

                                                                                                                  (Tome 1, page 186)

          "Si Dieu avait exaucé toutes les prières de son peuple, il ne serait restés que des Juifs sur la terre ; car ils détestaient toutes les nations, ils en étaient détestés ; et, en demandant sans cesse que Dieu exterminât tous ceux qu'ils haïssaient, ils semblaient demander la ruine de la terre entière."

                                                                                                                 (Tome 1, page 197)

" N'est-il pas clair (humainement parlant, en ne considérant que les causes secondes) que si les Juifs, qui espéraient la conquête du monde, ont été presque toujours asservis, ce fut leur faute ? Et si les Romains dominèrent, ne le méritèrent-ils pas par leur courage et par leur prudence ? Je demande très humblement pardon aux Romains de les comparer un moment avec les Juifs."

                                                                                                                  (Tome 1, page 226)

"Si ces Ismaélites [les Arabes] ressemblaient aux Juifs par l'enthousiasme et la soif du pillage, ils étaient prodigieusement supérieurs par le courage, par la grandeur d'âme, par la magnanimité : leur histoire, ou vraie ou fabuleuse, avant Mahomet, est remplie d'exemples d'amitié, tels que la Grèce en inventa dans les fables de Pilade et d'Oreste, de Thésée et de Pirithous. L'histoire des Barmécides n'est qu'une suite de générosités inouïes qui élèvent l'âme. Ces traits caractérisent une nation. 

          On ne voit au contraire, dans toutes les annales du peuple hébreu, aucune action généreuse. Ils ne connaissent ni l'hospitalité, ni la libéralité, ni la clémence. Leur souverain bonheur est d'exercer l'usure avec les étrangers ; et cet esprit d'usure, principe de toute lâcheté, est tellement enracinée dans leurs coeurs, que c'est l'objet continuel des figures qu'ils emploient dans l'espèce d'éloquence qui leur est propre. Leur gloire est de mettre à feu et à sang les petits villages dont ils peuvent s'emparer. Ils égorgent les vieillards et les enfants ; ils ne réservent que les filles nubiles ; ils assassinent leurs maîtres quand ils sont esclaves ;ils ne savent jamais pardonner quand ils sont vainqueurs : ils sont ennemis du genre humain. Nulle politesse, nulle science, nul art perfectionné dans aucun temps, chez cette nation atroce."

                                                                                                                (Tome 2, page 83)

 

" Lorsque, vers la fin du quinzième siècle, on voulut rechercher la source de la misère espagnole, on trouva que les Juifs avaient attiré à eux tout l'argent du pays par le commerce et par l'usure. On comptait en Espagne plus de cent cinquante mille hommes de cette nation étrangère si odieuse et si nécessaire. (...)          Les Juifs seuls sont en horreur à tous les peuples chez lesquels ils sont admis (...).           On feignait de s'alarmer que la vanité que tiraient les Juifs d'être établis sur les côtes méridionales de ce royaume long-temps avant les chrétiens : il est vrai qu'ils avaient passé en Andalousie de temps immémorial ; ils enveloppaient cette vérité de fables ridicules, telles qu'en a toujours débité ce peuple, chez qui les gens de bon sens ne s'appliquent qu'au négoce, et où le rabbinisme est abandonné à ceux qui ne peuvent mieux faire. Les rabbins espagnols avaient beaucoup écrit pour prouver qu'une colonie de Juifs avait fleuri sur les côtes du temps de Salomon, et que l'ancienne Bétique payait un tribut à ce troisième roi de Palestine ; il est très vraisemblable que les Phéniciens, en découvrant l'Andalousie, et en y fondant des colonies, y avaient établi des Juifs qui servirent de courtiers, comme ils en ont servi partout ; mais de tout temps les Juifs ont défiguré la vérité par des fables absurdes. Ils mirent en œuvre de fausses médailles, de fausses inscriptions ; cette espèce de fourberie, jointe aux autres plus essentielles qu'on leur reprochait, ne contribua pas peu à leur disgrâce."

                                                                                                  (Tome 5, page 74-76)

 

 

 

" Ils ont même été sur le point d'obtenir le droit de bourgeoisie en Angleterre vers l'an 1750 et l'acte du parlement allait déjà passer en leur faveur. Mais enfin le cri de la nation, et l'excès du ridicule jeté sur cette entreprise la fit échouer. Il courut cent pasquinades représentant mylord Aaron et mylord Judas séants dans la chambre des pairs. On rit, et les Juifs se contentèrent d'être riches et libres ; (...)
          Vous êtes frappés de cette haine et de ce mépris que toutes les nations ont toujours eus pour les Juifs. C'est la suite inévitable de leur législation : Il fallait, ou qu'ils subjugassent tout, ou qu'ils fussent écrasés. Il leur fut ordonné d'avoir les nations en horreur, et de se croire souillés s'ils avaient mangé dans un plat qui eût appartenu à un homme d'une autre loi. Ils appelaient les nations vingt à trente bourgades leurs voisines qu'ils voulaient exterminer, et ils crurent qu'il fallait n'avoir rien de commun avec elles. Quand leurs yeux furent un peu ouverts par d'autre nations victorieuses qui leur apprirent que le monde était plus grand qu'ils ne croyaient, ils se trouvèrent, par leur loi même, ennemis naturels de ces nations, et enfin du genre humain. Leur politique absurde subsista quand elle devait changer ; leur superstition augmenta avec leurs malheurs : leurs vainqueurs étaient incirconcis ; il ne parut pas plus permis à un Juif de manger dans un plat qui avait servi à un Romain que dans le plat d'un Amorrhéen ; ils gardèrent tous leurs usages, qui sont précisément le contraire des usages sociables. Ils furent donc avec raison traités comme une nation opposée en tout aux autres ; les servant par avarice, les détestant par fanatisme, se faisant de l'usure un devoir sacré. Et ce sont nos pères ! "

                                                                                                  (Tome5, page 82-83)

 

A propos des Tziganes :

          " Il y avait alors une petite nation, aussi vagabonde, aussi méprisée que les Juifs, et adonnée à une autre espèce de rapine ; c'était un ramas de gens inconnus, qu'on nommait Bohèmes en France, et ailleurs Egyptiens, Giptes ou Gipsis, ou Syriens (...). Cette race a commencé à disparaître de la face de la terre depuis que, dans nos derniers temps, les hommes ont été désinfatués des sortilèges, des talismans, des prédictions et des possessions."

                                                                                                    (Tome 5, page 83-84)

 

 

 

 


A propos de l'esclavage ; Voltaire homme d'affaires

nous sommes tous persuadés que Voltaire était antiesclavagiste.

 

Ce philosophe est un bel hypocrite : il a en effet spéculé en association avec les armateurs nantais, et avec la compagnie des Indes, dans les opérations de traite des esclaves (par exemple dans l'armement du bateau négrier Le Congo).

 

" Nous n'achetons des esclaves domestiques que chez les Nègres ; on nous reproche ce commerce. Un peuple qui trafique de ses enfants est encore plus condamnable que l'acheteur. 
Ce négoce démontre notre supériorité ; celui qui se donne un maître était né pour en avoir."

(tome 8, page 187)

Le racisme : un thème récurrent chez Voltaire

 

En 1734, vingt-deux ans avant l'Essai sur les mœurs, Voltaire publie le Traité de Métaphysique. La thèse de l'origine différente et de l'inégalité des races humaines est déjà présente, dans toute sa nudité et toute sa violence.
Descendu sur ce petit amas de boue, et n'ayant pas plus de notion de l'homme que l'homme n'en a des habitants de Mars ou de Jupiter, je débarque vers les côtes de l'Océan, dans le pays de la Cafrerie, et d'abord je me mets à chercher un homme. Je vois des singes, des éléphants, des nègres, qui semblent tous avoir quelque lueur d'une raison imparfaite. Les uns et les autres ont un langage que je n'entends point, et toutes leurs actions paraissent se rapporter également à une certaine fin. Si je jugeais des choses par le premier effet qu'elles font sur moi, j'aurais dû penchant à croire d'abord que de tous ces êtres c'est l'éléphant qui est l'animal raisonnable. Mais, pour ne rien décider trop légèrement, je prends des petits de ces différentes bêtes; j'examine un enfant nègre de six mois, un petit éléphant, un petit singe, un petit lion, un petit chien: je vois, à n'en pouvoir douter, que ces jeunes animaux ont incomparablement plus de force et d'adresse; qu'ils ont plus d'idées, plus de passions, plus de mémoire, que le petit nègre; qu'ils expriment bien plus sensiblement tous leurs désirs; mais, au bout de quelque temps, le petit nègre a tout autant d'idées qu'eux tous. Je m'aperçois même que ces animaux nègres ont entre eux un langage bien mieux articulé encore, et bien plus variable que celui des autres bêtes. J'ai eu le temps d'apprendre ce langage, et enfin, à force de considérer le petit degré de supériorité qu'ils ont à la longue sur les singes et sur les éléphants, j'ai hasardé de juger qu'en effet c'est là l'homme; et je me suis fait à moi-même cette définition:  

           L'homme est un animal noir qui a de la laine sur la tête, marchant sur deux pattes, presque aussi adroit qu'un singe, moins fort que les autres animaux de sa taille, ayant un peu plus d'idées qu'eux, et plus de facilité pour les exprimer; sujet d'ailleurs à toutes les mêmes nécessités; naissant, vivant, et mourant tout comme eux.

            Après avoir passé quelque temps parmi cette espèce, je passe dans les régions maritimes des Indes orientales. Je suis surpris de ce que je vois: les éléphants, les lions, les singes, les perroquets, n'y sont pas tout à fait les mêmes que dans la Cafrerie, mais l'homme y paraît absolument différent; ils sont d'un beau jaune, n'ont point de laine; leur tête est couverte de grands crins noirs. Ils paraissent avoir sur toutes les choses des idées contraires à celles des nègres. Je suis donc forcé de changer ma définition et de ranger la nature humaine sous deux espèces la jaune avec des crins, et la noire avec de la laine.  

          Mais à Batavia, Goa, et Surate, qui sont les rendez-vous de toutes les nations, je vois un grande multitude d'Européens, qui sont blancs et qui n'ont ni crins ni laine, mais des cheveux blonds fort déliés avec de la barbe au menton., On m'y montre aussi beaucoup d'Américains qui n'ont point de barbe: voilà ma définition et mes espèces d'hommes bien augmentées.  

             Je rencontre à Goa une espèce encore plus singulière que toutes celles-ci: c'est un homme vêtu d'une longue soutane noire, et qui se dit fait pour instruire les autres. Tous ces différents hommes, me dit-il, que vous voyez sont tous nés d'un même père; et de là il me conte une longue histoire. Mais ce que me dit cet animal me paraît fort suspect. Je m'informe si un nègre et une négresse, à la laine noire et au nez épaté, font quelquefois des enfants blancs, portant cheveux blonds, et ayant un nez aquilin et des yeux bleus; si des nations sans barbe sont sorties des peuples barbus, et si les blancs et les blanches n'ont jamais produit des peuples jaunes. On me répond que non; que les nègres transplantés, par exemple en Allemagne, ne font que des nègres, à moins que les Allemands ne se chargent de changer l'espèce, et ainsi du reste. On m'ajoute que jamais homme un peu instruit n'a avancé que les espèces non mélangées dégénérassent, et qu'il n'y a guère que l'abbé Dubos qui ait dit cette sottise dans un livre intitulé Réflexions sur la peinture et sur la poésie, etc.

           Il me semble alors que je suis assez bien fondé à croire qu'il en est des hommes comme des arbres; que les poiriers, les sapins, les chênes et les abricotiers, ne viennent point d'un même arbre, et que les blancs barbus, les nègres portant laine, les jaunes portant crins, et les hommes sans barbe, ne viennent pas du même homme.(...)


           Je me suppose donc arrivé en Afrique, et entouré de nègres, de Hottentots, et d'autres animaux. Je remarque d'abord que les organes de la vie sont les mêmes chez eux tous; les opérations de leurs corps partent toutes des mêmes principes de vie; ils ont tous à mes yeux mêmes désirs, mêmes passions, mêmes besoins; ils les expriment tous, chacun dans leurs langues. La langue que j'entends la première est celle des animaux, cela ne peut être autrement; les sons par lesquels ils s'expriment ne semblent point arbitraires, ce sont des caractères vivants de leurs passions; ces signes portent l'empreinte de ce qu'ils expriment: le cri d'un chien qui demande à manger, joint à toutes ses attitudes, a une relation sensible à son objet; je le distingue incontinent des cris et des mouvements par lesquels il flatte un autre animal, de ceux avec lesquels il chasse, et de ceux par lesquels il se plaint; je discerne encore si sa plainte exprime l'anxiété de la solitude, ou la douleur d'une blessure, ou les impatiences de l'amour. Ainsi, avec un peu d'attention, j'entends le langage de tous les animaux ; ils n'ont aucun sentiment qu'ils n'expriment : peut-être n'en est-il pas de même de leurs idées ; mais comme il paraît que la nature ne leur a donné que peu d'idées, il me semble aussi qu'il était naturel qu'ils eussent un langage borné, proportionné à leurs perceptions. 

          Que rencontré-je de différent dans les animaux nègres? Que puis-je y voir, sinon quelques idées et quelques combinaisons de plus dans leur tête, exprimées par un langage différemment articulé? Plus j'examine tous ces êtres, plus je dois soupçonner que ce sont des espèces différentes d'un même genre. Cette admirable faculté de retenir des idées leur est commune à tous ; ils ont tous des songes et des images faibles, pendant le sommeil, des idées qu'ils ont reçues en veillant ; leur faculté sentante et pensante croît avec leurs organes, et s'affaiblit avec eux, périt avec eux. Que l'on verse le sang d'un singe et d'un nègre, il y aura bientôt dans l'un et dans l'autre un degré d'épuisement qui les mettra hors d'état de me reconnaître ; bientôt après leurs sens extérieurs n'agissent plus, et enfin ils meurent. (...)

         Enfin je vois des hommes qui me paraissent supérieurs à ces nègres, comme ces nègres le sont aux singes, et comme les singes le sont aux huîtres et aux autres animaux de cette espèce. 

 

La fierté de Voltaire d'être devenu un vrai seigneur féodal

 

Voltaire, dans sa lettre à M. de Brenles du 27 décembre 1758, se vante de posséder un droit de haute justice. Ce droit permet au seigneur féodal de juger et prononcer toutes les peines sur son domaine, y compris la peine de mort. Le philosophe en parle à propos d'un certain Grasset, avec qui il devait être en conflit :
"Il ne me reste plus que de le prier à diner dans un de mes castels et de le faire pendre au fruit. J'ai heureusement haute justice chez moi, et si M. Grasset veut être pendu, il faut qu'il ait la bonté de faire chez moi un petit voyage."

Dans une lettre à Thibouville du 28 mai 1760, il revient sur son droit de haute justice, en particulier de mettre quiconque au pilori.
" On me reproche d'être comte de Ferney. Que ces Jean f... là viennent donc dans la terre de Ferney, je les mettrai au pilori. "

Dans sa lettre à d'Argental du 1er février 1764, Voltaire se vante d'avoir droit de mainmorte, coutume liée au servage et qui avait heureusement disparu un peu partout. La mainmorte fut officiellement abolie en 1790 par un décret de Louis XVI.

"Je remercie tendrement mes anges de toutes leurs bontés ; c'est à eux que je dois celles de M. le duc de Praslin, qui me conservera mes dîmes en dépit du concile de Latran... Figurez-vous quel plaisir ce sera pour un aveugle d'avoir entre les Alpes et le mont Jura une terre grande comme la main, ne payant

 

 

 

La face cachée de Voltaire

Apôtre de la tolérance, le prince des Lumières a aussi sa part d'ombre. Il se révèle misogyne, homophobe, antijuif, islamophobe. Quelle faute !

Par Roger-Pol Droit

Publié le 02/08/2012 à 00:00 | Le Point

 

 

 

Pour conclusion, et pour éclairer les lumières, je vous citerai Condorcet et Necker.

VOLTAIRE EN QUESTION ?

Voir les commentaires

Publié le par jean françois
Caricature Pierre Dac

Caricature Pierre Dac

 

De l’os à Moelle stop … stop … Pierre Dac

 

 

Monsieur et Madame Oléum ont la joie de vous annoncer la naissance de leur fille Aline.

 

 

Monsieur et Madame Têtebaissée ont la joie de vous annoncer  la naissance de leur fils  Alphonse.

 

 

Monsieur et Madame Moifor ont l’honneur de vous annoncer la naissance de leur fils Ambroise.

 

Un Os dans le calendrier par Ursulo Anstress

 

Le Printemps.

 

Le 21 mars : Le printemps revient. La nature se réveille. Une vague d’érotisme déferle sur le monde. C’est le terrible mois de Kama-soustral.

 

Le 20 avril : Vos enfants commencent à s’inquiéter de leur passage dans la classe supérieure : il serait temps ! Plus que soixante jours avant la « sortie ». C’est le mois de Sprint final.

 

Le 20 mai : C’était à prévoir ! Vos bambins s’y sont pris trop tard : l’aîné qui va passer son bac en juin n’aura jamais terminé ses révisions. Il va rater son examen. Ça n’a pourtant pas l’air de l’ennuyer pour autant ! C’est le mois de j’m’en fous pas mal.

Voir les commentaires

Publié le par jean françois
VOIR L'AUTRE

VOIR L’AUTRE

 

 

Ouvrir enfin les yeux, c’est peut-être un des bienfaits de ce confinement forcé. La première impression vue de ma fenêtre de Citadin, c’est le calme retrouvé. Les bruits de la nature ont repris leur place, ils ont chassé les bruits des machines. Les bouchons, les files comme disent nos cousins Belges ont disparu, l’on peut rentrer chez soi, en soi tranquillement. Cela nous ouvre un autre espace, une autre perspective.

 

Nous avons subi une sidération, une influence subite sur notre santé, presque une apoplexie, une perte de connaissance brutale, une perte de nos repères, de nos habitudes.

 

Nous sommes comme les habitants d’un astre qui a subitement disparu dans l’infini de la nuit étoilée. Nous sommes frappés au cœur, pourquoi un tel choc, parce que les autres, l’autre nous manque :

 

« Un seul être nous manque et tout est dépeuplé. »

 

Lamartine ne croyait pas si bien dire. Et là il n’y a plus personne, l’isolement nous confronte à notre « Je » à notre individualisme. Ce n’est pas un moment choisi de solitude, de repos, c’est une mise à l’écart de l’autre, une mise à distance, une distanciation obligatoire. Ce n’est pas cette distanciation volontaire par rapport à des personnages de fiction, c’est une distanciation réelle, vécue.

 

La franc-maçonnerie nous fait prendre conscience que seuls nous ne pouvons rien ou presque, qu’il nous faut leur secours. Sommes-nous subitement sourds et aveugles ? 

 

L’écrivaine américaine Helen Keller devenue sourde et muette à l’âge de 19 mois a écrit :

« L’unique chose qui puisse être pire que d’être aveugle est d’avoir la vue, mais pas de vision. »

En ce moment où tout est figé, c’est un temps propice pour avoir une vision, ouvrir l’œil du cœur, pour avoir une vision de l’autre, pour agrandir notre vision de l’autre, en faisant grandir notre œil du cœur ; en écoutant notre maître intérieur.

 

Nos organes de la vue et de l’ouïe entretiennent une correspondance particulière avec notre intellect, bien plus que les autres sens. Notre vue cherche la Lumière, cette Lumière est présente en nous et dans l’autre, voir la lumière de l’autre c’est voir sa propre lumière, ce qui en ce moment n’est pas possible physiquement est propice à nous faire réfléchir à une autre vision de l’autre, plus désincarnée certes, mais plus spirituelle. S’ouvrir au monde de l’autre, c’est s’ouvrir au monde en général. C’est aussi en voir l’essence, et pour nous francs-maçons partager ensemble le désir du sacré.

 

La première chose que demande le profane sous le bandeau du secret, c’est de voir la Lumière. Cette Lumière que nous partageons ensemble. C’est avec l’œil du cœur :

 

« Que l’on peut voir ce que l’on est, et être ce que l’on voit ou connaît. » écrit Frithjof Schuon.

 

L’œil du cœur est ce qui nous guide vers notre être intérieur, nous donne une vision du chemin vers la spiritualité comme une force agissante. C’est aussi cet œil du cœur qui nous guide vers l’amour de l’autre.

 

Celui qui croît au ciel, ou aux forces de l’esprit, en un principe créateur quel que soit le nom qu’il lui donne, voit avec l’œil du cœur ; Il voit l’autre et se voit lui-même tel qu’il est réellement.

Le soufi Mancûr El-Hallâj dit :

 

« J’ai vu mon seigneur avec l’œil de mon cœur ; et je dis : Qui es-Tu ? Il me dit Toi ! »

 

Cette période d’isolement forcé, peut nous conduire à une solitude consentie propice à la méditation sur l’importance de l’amour fraternel, propice à une autre vision de l’autre, au manque que nous ressentons face à son absence physique. Mais aussi à une autre vision de l’autre, à une conversion de notre regard, voir l’autre autrement qu’avec nos yeux fatigués par nos habitudes, le voir avec bienveillance et fraternité, surtout en ce moment de sidération.

 

Jean-François Guerry.

VOIR L'AUTRE

Voir les commentaires

Publié le par jean françois
Bonjour ! Amis lecteurs j'ai actuellement des problèmes informatiques avec la plateforme.

 

Si vous souhaitez vous abonner merci de m'expédier un mail (ou alias) à l'adresse suivante:

 

courrierlafmaucoeur@gmail.com

 

Même pour procédure pour les abonnés qui ne recevraient pas les articles journaliers.

 

Avec mes excuses pour ce problème qui j'espère sera résolu rapidement.

 

Jean-François Guerry

Voir les commentaires

Publié le par jean françois
COURRIER DES LECTEURS
Reçu du bienfaisant Jean-Yves.

 

Deux textes sur le confinement, un rituel d'humour et d'amour fraternel.

Jean-François.

COURRIER DES LECTEURS

CONFINEMENT...

Les mots se saisissent de nos émotions, ou peut-être est-ce l’inverse… … la parole pourrait se faire l’écho de nos silences, de nos discrétions, de nos fuites. …. Les mots ont leur racine. Comme nous… Ils s’accrochent à leur sens, leur vrai sens.

 

Alors donnons un sens à un mot qui vient de s’échouer dans notre quotidien, et qui parle trop fort pour que nous ne l’entendions pas.

 

CONFINEMENT…

 

CONFINÉS, nous sommes confinés…. Aux confins, aux bouts pour certains d’un monde, à la frontière d’un espace, où nous avançons chaque jour vers un endroit reculé plus au moins vite, et plus ou moins conscient, dans un espace qui peut nous sembler immensément clos…

 

Nous pourrions nous approcher d’une autre frontière, celle que nous savions exister, qui nous semblait si éloignée de nous… Nous rentrons « à Notre maison », disent les enfants… il nous faudra nous y asseoir, sentir les limites géantes de ces murs, tout en ressentant la sécurité de ces pans érigés entre nous et un danger, nous entrons près de nos amours ou de nos haines, de nos différences, de nos indifférences, dans nos solitudes, dans nos mondes, de nos colères, l’extérieur ne barre plus le passage, n’édulcore plus l’intensité et nos vérités…

 

La salle de spectacle est fermée.

 

Avions-nous conscience que nous étions enfermés à l’extérieur, dans les sollicitations, isolés avec nos faux semblants, les yeux scellés à nos écrans, l’esprit asphyxié.

Avions-nous conscience de nous éloigner des bras, des mains, des rires, des baisers, de la chaleur des nôtres ?

Nos périmètres se réduisaient jusqu’à pour certains, l’oppression, l’épuisement… Avions nous conscience de chercher dans nos corps, désespérément la dimension nécessaire pour survivre…Que nous ne pouvions plus respirer qu’à des créneaux réservés où nous autorisions nos incarnations à s’étirer, prendre l’air, souffler, méditer…

Nous prenions des rendez-vous avec nous-même, maintenant l'agenda est libre. Nous avions brisé nos miroirs, plus de reflet, qu’avions nous peur de voir ? On a tourné le dos à une image réfléchie, à nos beautés, pour s’arguer de posséder la plus belle apparence sociale, économique, intellectuelle …

 

Et pendant tout ce temps, la nature continue à nous faire confiance, à nous suivre, misant sur nos humanités… Elle a sorti du tiroir, la psyché, le grand miroir inclinable à volonté et fait le tour d’un univers.

 

Regardons-nous !

 

Nous touchons ceux que nous aimons de l’autre côté de l’écran, de nos regards, et les mots viennent caresser nos liens… Doucement, nous passons de l’autre côté de nos démarcations, les langues déclinent le verbe aimer, les propos recourent au cœur, les claviers inscrivent au noir notre besoin d’être ensemble… les actes marquent la force de l’intention…le monde regarde enfin son voisin.

Et dans les endroits reculés de nos territoires, l’humanité continuait à veiller…Confiner, enfermer, isoler, boucler, reléguer, renfermer, mais aussi : « Toujours prêt à toucher aux limites de l’Être »… Dans un même moment, deux définitions occupent nos espaces… les opposés cherchent à révéler le meilleur de leurs enseignements …« L’ombre de la cage ne pourra jamais couvrir de son spectre la lumière qui se présente à la porte… »

L’HUMANITE EBRANLEE ET LA SOCIETE EFFONDREE PAR UN PETIT MACHIN.

Un petit machin microscopique appelé « coronavirus » bouleverse la planète.
Quelque chose d’invisible est venu pour faire sa loi.
Il remet tout en question et chamboule l’ordre établi.
Tout se remet en place, autrement, différemment.

Ce que les grandes puissances occidentales n’ont pas pu obtenir en Syrie, en Libye, au
Yemen, …..ce petit machin a pu l’obtenir (cessez-le-feu, trêve….).

Ce que l’armée algérienne n’a pu obtenir, ce petit machin l’a obtenu (le Hirak à pris fin).

Ce que les opposants politiques n’ont pu obtenir, ce petit machin l’a obtenu (report des échéances
électorales).

Ce que les entreprises n’ont pu obtenir, ce petit machin l’a obtenu (remise d’impôts, exonération, credit à taux zéro, fonds d’investissement, baisse des cours des matières premières stratégiques…).

Ce que les gilets jaunes n’ont pu obtenir, ce petit machin l’a obtenu (baisse de prix à la pompe, protection sociale renforcée….).

Soudain, on observe dans le monde occidental que le carburant a baissé, les gens ont commencé à avoir du temps, tellement de temps qu’ils ne savent meme pas quoi en faire.
Les parents apprennent à connaître leurs enfants, les enfants apprennent à rester en famille, le travail n’est plus une priorité, les voyages et les loisirs ne sont plus la norme d’une vie réussie.

Soudain, nous réalisons que nous sommes tous embarqués dans le même bateau, riches et pauvres.
Nous réalisons que nous avions dévalisé ensemble les étagères des magasins et constatons ensemble que les hôpitaux sont pleins et que l’argent n’a aucune importance. Que nous avons tous la même identité humaine face au coronavirus.

Nous réalisons que dans les garages, les voitures haut de gamme sont arrêtées juste parce que personne ne peut sortir.

Quelques jours seulement ont suffi à l’univers pour rétablir l’égalité sociale qui était impossible à imaginer.

La peur a envahi tout le monde. Elle a changé de camp. Elle a quitté les pauvres pour aller habiter les riches et les puissants.
Elle leur a rappelé leur humanité et leur a révélé leur humanisme.

Puisse cela servir à réaliser la limite de l’intelligence humaine face à la force du ciel.

Il a suffi de quelques jours pour que la certitude devienne incertitude, que la force devienne faiblesse, que le pourvoir devienne solidarité et concertation.

Il a suffi de quelques jours pour que l’humanité prenne conscience qu’elle n’est que souffle et poussière.

Qui somme-nous ? Que valons nous ? Que pouvons-nous face à ce coronavirus ?

Rendons-nous à l’évidence en attendant la providence.

Interrogeons notre " humanité » dans cette « mondialité » à l’épreuve du coronavirus.

Restons chez nous et méditons sur cette pandémie.

Aimons nous vivants !

COURRIER DES LECTEURS
COURRIER DES LECTEURS
COURRIER DES LECTEURS

Voir les commentaires

Publié le par jean françois
ENTRE DEUX MONDES

ENTRE DEUX MONDES

 

 

Le monde est en perpétuelle métamorphose, comme l’initié sur le chemin de la Lumière et de la Vérité. Il n’est donc jamais tout à fait l’homme neuf, régénéré qu’il désire être. Il peine à se débarrasser de ses bagages inutiles. Il est entre deux mondes, entre terre et ciel. Conscient de son devoir, mais pas toujours en capacité de le faire, il a, à se perfectionner.

 

Le monde avec cette crise sanitaire est dans un état de conscience particulier, un moment opportun à saisir, un Kairos, peut-être un moment de basculement, plu dans l’avant pas encore dans l’après.

Les collapsologues fleurissent avec le printemps, ils se répandent en même temps que le virus. Las ils sont prompts à dénoncer leurs propres turpitudes, il n’a jamais trop tard me direz-vous pour faire le bien de l’humanité, est-ce le bien ? Si oui les autres seraient le mal.

 

Ils ont perdu confiance, ils ont perdu la foi et l’espérance en leurs semblables. Il faut pour eux jeter le bébé avec l’eau du bain. Ils rêvent d’un monde totalement différent du monde d’avant, ou parfois du monde d’avant le monde d’avant.

Ils ont retrouvé la voie d’un manichéisme ancestral, ils sont le bien, et les autres, le mal leurs boucs émissaires ok Boomer.

 

Ils veulent dominer leurs passions, alors que l’autre serait par nature asservi aux siennes. Il existe pourtant une voie de sagesse, la voie du milieu de l’harmonie. Cette voie intermédiaire est celle de l’humilité. C’est une voie constructive, et c’est à mon avis le moment de réfléchir à cette voie, puisque nous avons une période de temps long.

Afin qu’au sortir de ce temps, nous puissions accélérer nos décisions, comme en temps de débâcle, quand le danger imminent, que le volcan gronde, rejette ses premières coulées de lave, il faut organiser le sauvetage, prendre la mer avec ce qui est nécessaire. S’interroger sur le fret que nous mettons dans le camion, quelle monture nous prenons pour aller le plus loin possible. Il faudra reconstruire le monde d’après. C’est le moment de penser par soi-même. Le moment de faire l’inventaire des encombrants inutiles que nous devons laisser sur place, oublier nos certitudes et nos excès. Oublier les objets dérisoires des plaisirs éphémères et embarquer avec nous nos désirs essentiels.

 

Trouver une place plus grande pour notre fraternité, notre solidarité pour la justice. Tous ces outils relégués au fond de l’atelier du monde d’avant, pleins des poussières de notre égoïsme, de nos ignorances, de nos fanatismes.

Pour avoir observé quelques collapsologues convaincus, leurs motivations sont louables. Ils mènent des combats nécessaires pour nous faire prendre conscience de nos excès. Ils ont aussi leurs limites, ils peuvent se nourrir en petites communautés dans des fermes biologiques et faire un peu de commerce équitable dans leur environnement immédiat. Mais ils ne peuvent pas être des parangons de morale, ou alors il faut qu’ils montrent l’exemple en renonçant à leurs téléphones portables par exemple construits à des milliers de kilomètres par des enfants, avec des matériaux extraits des mines par d’autres enfants. Leurs téléphones achetés grâce au R S A versé par les impôts de ces diables de capitalistes qui travaillent pour leur confort.

 

Non décidemment avec cette crise nous ne sommes plus tout à fait dans le monde d’avant, mais pas encore dans le monde d’après. Nous sommes peut-être au bord de la débâcle, à l’heure des choix, de l’espérance des bons choix. Il nous faut trouver la voie raisonnable, celle de l’harmonie et cela va nécessiter plus que jamais l’intervention de l’intelligence du cœur chère aux sœurs et aux frères, et sans doute un grand supplément d’âme.

 

Jean-François Guerry.     

LE BLOG : 
Avril 2020 : 30 026 visiteurs uniques. 
                           41 885 Pages lues.

 

 

Avril 2019 : 24 104 visiteurs uniques

                          31 686 Pages lues.

Merci de votre fidélité. Jean-François.

Appel du COVID-19 aux terrestres bipèdes

Cet appel reçu à la rédaction de Terrestres constitue un variant d'un monologue originellement reçu par Lundimatin (que nous remercions). Passé par le système cellulaire de Terrestres, son message a quelque peu muté. Si elle n'a pas le mérite de l'antériorité, cette version mutante nous a semblé digne d'attention

 

MÉFIEZ-VOUS DES CHEFS AUTOPROCLAMÉS QUI ME FABRIQUENT COMME ENNEMI !

Faites taire, cher.e.s humain.e.s, vos ridicules appels à la guerre. Nous autres, virus, nés il y a plus de 3 milliards d’années sommes des piliers du continuum de la vie sur Terre. Sans nous, vous n’auriez jamais vu le jour. 8% de l’ADN humain est d’origine virale et une partie code pour des protéines qui vous sont essentielles et vous constituent comme humains (pour le fonctionnement du placenta notamment). Nous sommes vos ancêtres, au même titre que les pierres, les algues ou les singes.

Mais surtout, cessez de dire que c’est moi seul qui vous tue. Vous ne mourez pas simplement de mon action sur vos tissus, mais de l’absence de soin de vos semblables. 

  • Si vous n’aviez pas changé une planète luxuriante et infiniment diverse en un vaste désert pour la monoculture du Même et du Plus, je n’aurais pu m’élancer à la conquête planétaire de vos gorges. 

  • Si vous n’aviez pas laissé une minorité s’accaparer une part croissante de la richesse de la planète, pas laissé vos dirigeants casser les services publics, vous auriez assez de lits, d’infirmières et de respirateurs pour survivre aux atteintes que je pratique dans vos poumons (entre 1998 et 2016, le nombre de lits en soin intensif pour 1000 personnes est passé de 5,4 à 2,7 en Italie, de 4,3 à 3 en France, de 7 à 6 en Allemagne). 

  • Si vous ne laissiez pas vos médicaments et vos masques être fabriqués par des travailleuses surexploitées à l’autre bout du monde, et si vos territoires étaient autosuffisants en aliments sains, vous seriez aujourd’hui mieux préparés.

  • Si vous ne stockiez vos vieux dans des mouroirs et vos valides dans des concentrations de béton, vous n’en seriez pas là. 

  • Si vous n’aviez rendu vos territoires si vides, si traversables à grande vitesse, croyez bien que je ne me déplacerais pas à la vitesse d’un aéronef. 

Cessez donc de me blâmer, de m’accuser. Tout cela est infantile. Loin d’être votre ennemi, je ne suis qu’une alerte de plus sur une planète que vous avez vous-mêmes déréglée. Dans votre « Anthropocène », je n’ai de puissance que celle démultipliée par votre folie de la mise en « système », en « économie » et en « valeur » du monde. Méfiez-vous des chefs qui vous envoient par dizaines de millions vous entasser dans les bureaux de vote le dimanche puis qui le lundi soir vous administrent une leçon paternaliste de civisme sanitaire en me désignant comme ennemi de la nation. Pensez par vous-mêmes, soyez solidaires.

JE SUIS VENU METTRE À L’ARRÊT LA MACHINE DONT VOUS NE TROUVIEZ PAS LE FREIN D’URGENCE

Je vous propose une conversion du regard. 8,8 millions de personnes meurent chaque année par la pollution de l’air dans le monde : il se pourrait donc bien que, par l’arrêt des machines industrielles, j’évite cette année plusieurs millions de décès ! Voyez donc en moi votre sonneur d’alerte plutôt que votre fossoyeur. Je suis venu mettre à l’arrêt la machine dont vous ne trouviez pas le frein d’urgence. J’ai suspendu le fonctionnement dont vous étiez les otages pour donner à voir l’ineptie de votre organisation sociale et de votre modèle économique. « Déléguer notre alimentation, notre protection, notre capacité à soigner notre cadre de vie à d’autres était une folie (…) Il n’y pas de limite budgétaire, la santé n’a pas de prix » : voyez comme vos gouvernants reconnaissent soudain leur politique comme nuisible ! Vous n’êtes pour eux que supports de la reproduction de leur système : ils sont pires qu’un virus.

Sans moi, combien de temps vous aurait-on encore fait passer pour nécessaires toutes ces choses dont on décrète soudain la suspension ? La consommation, la mondialisation, la plupart des activités salariées, les concours, le trafic aérien, les limites budgétaires, les élections, les salles de fitness, les spectacles de masse… : tout cela était donc « non essentiel », sans nécessité ! Soyez debout dans l’épreuve de vérité des semaines prochaines : vous allez enfin habiter votre propre vie, sans les mille échappatoires qui, bon an mal an, font tenir l’intenable. Vous allez désormais vivre avec vos proches. Vous allez habiter chez vous. Vous allez cesser de toujours courir, de travailler plus pour gagner plus ou moins. Vous haïrez peut-être votre mari. Vos enfants vous taperont sur les nerfs.  Mais avant le COVID, vos vies étaient souvent plus vides, vous n’étiez guère présent.e.s au monde. Il n’était plus vivable qu’à la condition de fuir sans cesse. Il fallait s’étourdir de mouvement, d’achats, de distractions et d’une sociabilité ivre, qui n’était que le revers de vos solitudes angoissée. Tout était tellement efficace que rien n’avait plus de sens. Remerciez-moi pour tout cela, et bienvenue sur terre !

RIEN NE DIT QUE LE NON-MONDE D’AVANT REVIENDRA : PENSEZ PAR VOUS-MÊMES ET CHOISISSEZ LA VIE

Grâce à moi, pour un temps indéfini, vous ne travaillerez plus autant, vos enfants n’iront pas à l’école. Ce qui s’ouvre devant vous, ce n’est pas un espace délimité de vacances, c’est une immense béance, riche de bien des possibles. Je vous désœuvre. Rien ne dit que le non-monde d’avant reviendra. Toute cette absurdité rentable (pour qui?) va peut-être cesser. A force de n’être pas payé, quoi de plus naturel que de ne plus payer son loyer ? Pourquoi verserait-il encore ses traites à la banque, celui qui ne peut de toute façon plus travailler ? N’est-il pas suicidaire, à la fin, de vivre là où l’on ne peut même pas cultiver un jardin ? Je vous place au pied de la bifurcation :  la vie ou l’économie. A vous de choisir !

L’enjeu est historique. Soit les gouvernants vous imposent leur état d’exception, soit vous inventez ensemble le vôtre. Soit vous vous bornez à suivre les consignes d’en haut, soit vous vous rendez disponibles aux vérités qui se font jour. Soit vous employez le temps que je vous donne pour imaginer et construire le monde d’après à partir des leçons de l’effondrement en cours, soit celui-ci s’aggravera. Le désastre cesse quand cesse l’économie capitaliste. L’économie est le ravage.

Face à moi, ne cédez ni à la panique ni au déni. Encore moins aux hystéries biopolitiques orchestrées sur grand écran par le « chef de la nation ». Les semaines qui viennent vont être déprimantes, terribles, cruelles. Celles et ceux qui veulent prendre soin de la vie devront se faire des habitudes nouvelles, et qui leur seront propres. M’éviter sera l’occasion de cette réinvention, de ce nouvel art des distances dans la solidarité. Chacun saluera comme il/elle voudra. Ne faites pas cela « pour le pays » ni pour obéir au gouvernement, faites cela par amour de la vie. Prenez soin de vos ami.e.s et voisin.e.s, de vos amours et de votre jardin. Repensez avec eux, souverainement, une forme juste de la vie. Faites des clusters de vie bonne, étendez-les, et je ne pourrai rien contre vous. Ceci est un appel non au retour massif de la discipline, mais de l’attention et de l’entraide

Quelle autre moyen me restait-il pour vous rappeler la puissance qui est en vous?

Voir les commentaires

Publié le par REFLEXIONS ET PARTAGE

Cet article est reposté depuis REFLEXION ET PARTAGE.

Voir les commentaires

Publié le par jean françois
HUMOUR SANITAIRE CARNET MONDAIN

HUMOUR SANITAIRE CARNET MONDAIN

 

La chair quitte les os nous allons bientôt voir l’os et la moelle !

 

Carnet Mondain selon Pierre Dac

 

 Monsieur et Madame Ebétise ont la joie de vous annoncer la naissance de leur fils Alfred.

 

 

Monsieur et Madame Généraux ont la joie de vous annoncer la naissance de leur fils Alfred.

 

 

Monsieur et Madame Comyrespire ont la joie de vous annoncer la naissance de leur fils Armand.

 

Dans la série les inventeurs inconnus Qui a inventé quoi ? Par Léon Lamigraine.

 

  • Les glaçons chauds pour ceux qui n’aiment pas boire frais.

 

  • Les ascenseurs à déplacement horizontal pour les maisons sans étages.

 

  • Le couteau à couper le brouillard quand celui-ci est à couper au couteau.

 

  • Le thermomètre gradué en braille pour que des aveugles puissent prendre eux-mêmes la température.

 

  • Le disque de silence pour ceux qui n’aiment pas la musique.

 

  • L’imperméable en cotte de mailles pour les jours où il pleut des hallebardes.

 

Ouf ! ça suffit pour aujourd’hui…

Voir les commentaires

Publié le par jean françois
L'acronyme VITRIOL les douze clefs de la philosophie de Basile Valentin Paris 1659

L'acronyme VITRIOL les douze clefs de la philosophie de Basile Valentin Paris 1659

LA MORT INITIATIQUE

 

« Les planètes errantes restent dans le ciel la terre est semblable à elles par sa production de métaux. Le Soleil est le père de la pierre, l’errante Cynthia (lune) est sa mère, le vent a emmené le fils en son sein et la terre l’a alimenté. »

 

Je succombe aujourd’hui à une forme paresse provisoire, qui m’oblige à suspendre pour une journée mes travaux personnels, j’ai besoin de reprendre des forces. Un besoin de temps long sans doute et pourtant, nous sommes servis, question de temps long en ce moment ! Une sorte d’essoufflement sans doute, non Covid heureusement.

 

Et je pense avec regret aux deuxièmes Rencontres Maçonniques de Kerdréan qui devaient avoir lieu les 10 avril et 10 mai toutes les deux reportées sans doute après l’automne. Le 10 avril Jean-Claude Sitbon devait nous donner une conférence sur le thème de la Mort Initiatique en Franc-Maçonnerie, et Hervé Deroeux sur la Symbolique de la Construction des Cathédrales.

 

Bien que les deux thèmes semblent éloignés, ils sont intimement liés. Il s’agit bien de mourir et de renaître plus radieux que jamais. De la construction d’un temple de pierre et d’un temple de l’esprit, de la construction de l’homme en général et de faire de lui un temple capable d’accueillir le divin en lui. Pour cela il faut mourir aux ténèbres et renaître à la Lumière, dans un cycle continuel de perfectionnement.

La Mort Arcane XIII

Celui qui faire en sorte de voir l’ordre surgir après le chaos, doit passer par l’épreuve de la terre, descendre découvrir la pierre cachée du philosophe, le V I T R I O L, pour pouvoir remonter ensuite à la lumière. Post tenebras lux… L’initiation au Nadir précède celle au Zénith, ainsi le temple recouvre toute la surface de la terre.

 

Le feu obscur de l’âme, ne contient pas seulement le mal, mais aussi un roi couronné, celui de l’Art Royal. La réunion des contraires doit s’opérer, le maître n’ignore pas ses passions, il cherche à les dominer quand elles sont des vices et les cultiver quand elles sont des vertus. Par purifications lentes et progressives, vers une véritable métamorphose, pour pouvoir entrer par la porte du dedans. Mourir, renaître.

 

Quelques lignes extraites du livre le Retour d’Henoch de Fermin Vale Amesti, alias Albanashar Al Wali sur le thème de la Mort Initiatique. L’auteur a repris des textes anciens :

 

« Aucun homme ne peut, sans mourir, franchir les barrières d’ignorance existentielle qui bornent son humanité. L’initiation est une mort, et toute mort est une initiation, c’est-à-dire une mort avec compensation qui exige toujours une renaissance à un tout autre état sans commune mesure avec le premier… » Jean d’Encausse

 

 

«  En vérité, en vérité je te le dis : à moins de naître à nouveau, nul ne peut voir le royaume de Dieu. » Jean 3-3

 

« Les hommes vivent de mort et meurent de vie. Vie et mort, veille et sommeil, jeunesse et vieillesse, sont une même chose : elles sont mutuelles métamorphoses. » Héraclite d’Éphèse.

 

Un poème intitulé Mort et Vie  de l’Espagnol José Maria Bianco illustre bien le cycle du temps, le cycle mort et vie, le cycle ténèbres lumière, le chemin du réel.

 

« Adam, en voyant pour la première fois la nuit qui allait éliminer et éteindre le monde, crut que, avec l’astre moribond, c’était la création qui agonisait.

 

Mais ensuite, en voyant les doux corps lumineux, apparaître et grouiller dans un second Univers sans fin...enveloppé dans un profond spasme de gratitude, il prie et attend.

 

Un nouveau soleil en voilait mille : son coucher fut un nouvel orient, et bientôt cette lumière endormie réveilla le même Adam, pure et brillante.

 

Pourquoi la mort intimide-t-elle l’âme ? Si la lumière trompe tellement doucement, pourquoi la vie doit-elle aussi nous tromper … ? »

Diagramme du Temple de Salomon selon la vision d'Ézéchiel

 

C’est à cette supplique universelle que l’on reconnaît les Mystes de toutes les traditions, ceux qui ont été initiés aux petits mystères et recherche la grande voie, ils sont prêts à mourir aux préjugés. Ils supplient : conduisez-moi des ténèbres à la Lumière.

 

Jean-François Guerry.

Voir les commentaires