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la Franc Maçonnerie au Coeur

la Franc Maçonnerie au Coeur

Un blog d'information, de conversations sur le thème de la Franc Maçonnerie, des textes en rapport avec la Franc Maçonnerie, comptes rendus et conseils de lectures.

Publié le par Jean-François Guerry
L'HUMILITÉ
Photo de bielmorro sur Unsplash

L’HUMILITÉ

 

Je veux vous parler ce matin de l’humilité, quand un déluge de feu s’abat sur la Perse, car pour moi qui ne connais pas l’Iran, mon Iran c’est la Perse de Cyrus et Darius, de Farîd od-dîn ‘Attar et son Cantique des Oiseaux, de Saâdi de Chiraz et son Jardin des Roses. Rien, pas même le feu des bombes ne pourra détruire le Jardin de Saâdi qui est la Somme impérissable de l’amour et de la sagesse. Seuls les poètes sont capables de dire l’harmonie, de réunir l’Occident et l’Orient. Quand tout nous semble épars, il surgit toujours du fond des ténèbres un chant d’espérance, c’est la voix d’un poète qui se mêle au chant des oiseaux et à la nature. On peut rêver, il faut rêver, que les hommes se réveillent au Chant des oiseaux, qu’ils se mettent autour d’une table pour partager le même festin, le grand combat des hommes c’est l’humilité. Cette humilité règne dans le jardin des sages, elle règne, quand on entend les chants des oiseaux dans les vallées. Du cœur des roses exhale le parfum de l’Amour, les chants des oiseaux résonnent dans nos poitrines. Ne croyez pas que les poètes sont inutiles, qu’ils sont hors du temps, ils brûlent toujours du feu de l’Amour pour les hommes même sous les cendres. Ils sont les plus vivants d’entre nous. Leurs jardins et leurs vallées sont peuplés par toutes les femmes et les hommes humbles devant les merveilles de la nature. La Comtesse de Noailles écrit : « A Chiraz même, un étroit chemin retient le cœur. C’est une allée de mosaïque, bijou tombé à terre, dont les losanges sertissent de petits bassins d’eau, semblables à de liquides opales.

Accordons à Saâdi que sa contrée fut la plus belle du monde. Du haut de son ermitage contemplant les longues campagnes, il écoutait se déchaîner, à la suite des jours engourdis, la passion des nuits ».[1]

Il faut une grande humilité pour ouvrir le livre de Farîd od-dîn ‘Attâr, Le Cantique des Oiseaux qui contient 4720 distiques. Il faut accepter de suivre la Huppe messagère du Roi Salomon, qui nous guide dans les Vallées et nous encourage en nous racontant des histoires de Sagesse. C’est suivre un parcours initiatique, parfois mystique, chacun choisira l’oiseau qui parle à son cœur, comme reflet de lui-même. Il faut accepter humblement de se perdre dans les Vallées, s’arrêter pour écouter, attendre la lumière de l’espérance, pour entreprendre son ascension spirituelle. Il faut accepter de reconnaître comme le dit ‘Attâr : « Ce sont tes yeux, hélas, qui sont toujours fermés. Entre dans le désir et alors tu verras. Que la porte jamais n’est fermée devant toi ! »[2]. Si l’on entre avec humilité dans le désir de connaître l’Être Suprême, quel que soit la représentation que l’on s’en fait, on entre dans une grande aventure, il faut être capable d’humilité. La Vallée du désir, mène à celle de l’Amour et de la Connaissance qui se confondent, s’unissent, s’harmonisent. Alors, le Corps, l’Esprit et l’Âme vibrent ensemble, l’envol se produit, on suit la Huppe l’oiseau guide, messagère de la vérité. Le Cantique des Oiseaux est un chant de liberté, il n’est dédié à aucun tyran. Ses distiques inclinent les hommes à la méditation sur eux-mêmes. C’est un chant d’ouverture pour l’homme, puisse ce chant inspirer tous les hommes.

« Que Dieu en soit loué, je ne suis pas contraint.

 Et je ne dépends pas de quelque maître indigne.

 Pourquoi je retiendrais mon cœur par des attaches ?

Pourquoi dirais-je « Seigneur » à quelque vil féal ?

Je n’ai mangé à la table d’aucun tyran

Je n’ai dédié mes livres à aucun seigneur ».[3]

Cette épopée spirituelle proposée par ‘Attâr, veut mettre fin à l’ego et guide vers un abandon total de soi, pour l’Amour des autres. Si les hommes faisaient ne serait-ce que quelques pas sur ce chemin, avec humilité le visage du monde serait changé. ‘Attâr contribue avec son long poème, du moins faut-il l’espérer à faire que les hommes soient un peu plus des humains. Ce poème devrait être lu à tous les enfants du monde. Voici ce que dit ‘Attâr de son poème :

« Mon œuvre porte en elle une vertu étrange

C’est que plus tu la lis, plus elle est généreuse

Plus tu pourras la lire, sans cesse y revenir

Et plus à chaque fois tu goûteras ses mérites ».[4]

 

                                                     Jean-François Guerry.

 

[1] La Comtesse de Noailles- Préface du Jardin des Roses de Saâdi. Page 28. Édition d’Art H Piazza Paris 1942. Tiré en 300 exemplaires. Dont un m’a été offert par l’un de mes Frères en visite à Chiraz.

[2] ‘Attâr Le Cantique des Oiseaux « Les sept vallées », distique 3355. Traduction Leili Anvar. Éditions Diane de Seilliers.

[3] Ibid 2 Distiques 4601-4603.

[4] Ibid 2. Épilogue, distiques 4506-4507.

courrier reçu de XY suite à cet article.

Peut-on écrire sur l'humilité de manière humble ?

MTCF Jean-François, 

Je suis un de tes lecteurs assidus. Ton blog touche de nombreux Frères, mais j'ai remarqué que mes demandes d'éclaircissement restaient souvent sans réponse — sans doute est-il difficile de répondre à tous. Ton dernier article sur "l'humilité" a titillé ma curiosité et m'a fait réfléchir.

Ma première réaction a été d'achopper sur le titre justement — tant il crée une tension immédiate avec ce qui suit. Car pour saisir l'humilité d'Attâr, pour comprendre que ce poète se voyait comme simple instrument du divin et non comme créateur orgueilleux, il faut déjà connaître la pensée soufie, la Perse médiévale, la Comtesse de Noailles... C'est un cercle assez étroit.

Et là surgit un paradoxe savoureux : un texte sur l'humilité qui, par sa forme même, sélectionne son lecteur et laisse dehors précisément ceux qui vivent peut-être l'humilité le plus naturellement, sans jamais avoir lu Attâr.

Car la sagesse populaire arrive souvent au même endroit par un chemin bien plus court. "C'est en forgeant qu'on devient forgeron" ou "l'appétit vient en mangeant" disent la même chose que ce quatrain — sans exclure personne.

Il y a là une dérive que je veux nommer : celle des cercles cultivés qui transforment la pensée en territoire privatif, comme si la sagesse était réservée aux initiés. Or la vraie sagesse n'est pas une posture. L'humain, comme l'univers, est toujours en mouvement — et c'est peut-être ça, la vraie humilité.

Alors, peut-on écrire sur l'humilité de manière vraiment humble ?

TAF
 
Phil
Ma réponse à Phil.

Il est clair pour moi, que la beauté des poèmes de Saâdi et d'Attâr m'incline à l'humilité par leur beauté.

Cette tension dont tu parles, c'est le vers, la direction, le chemin et non le but. Si regarder vers plus haut que soi, me semble être un chemin possible pour prendre conscience avec humilité des progrès à faire sur soi-même. Moi qui serait toujours un boiteux, mi nu, mi vêtu, depuis mes premiers pas hésitants et mes balbutiements. Je le confesse humblement j'ai besoin de m'appuyer sur des béquilles pour poursuivre mon chemin. Mes premières béquilles sont le Rite et ses rituels, mais aussi les légendes et les mythes qu'ils me raconte pour m'inspirer. Les mythes font vivre des personnages extra ordinaires, des grands initiés, à défaut de pouvoir embrasser toutes leurs connaissances. Je vais vers eux avec mes béquilles, jusqu'au bas de l'échelle et j'essaye de gravir quelques barreaux, conscient que ce qui importe c'est la descente vers ses Frères, sans bruit et sans éclat.

Bien sûr à l'aube de mes 80 ans, j'ai encore quelques années de travail pour réduire ma vanité et mon orgueil. Bien que j'ai travaillé à me perfectionner. Je suis loin d'atteindre l'humilité des Grands Initiés, c'est pourquoi ils restent des repères sur mon chemin.

Bien sûr, mon cher Phil, tu as raison, certains peuvent connaître l'humilité sans avoir lu et s'être inspiré de plus grand qu'eux. Ces hommes sont sages par nature. Ce n'est pas mon cas. Ces hommes là n'ont pas besoin des poèmes de Saâdi ou d'Attâr, ils peuvent vivre sans les poèmes, sans la Maçonnerie, sans la philosophie aussi bien peut-être ? Personnellement, je me range au côté de notre Frère Goethe qui écrivait : " Les gens ne savent pas cela  coûte de temps et d'efforts pour apprendre à lire . Il m'a fallu quatre-vingts ans pour cela et je ne suis même pas capable de dire si j'ai réussi." (Entretiens avec Eckermann)

Je m'interroge, pourquoi, je ne partagerais pas mes émotions avec mes Frères ? Il ne s'agit pas là d'exclusion, mais plutôt d'inclusion. Les portes de nos Temples, comme le Volume de la Loi Sacrée sont ouvertes à tous. La Maçonnerie n'est pas un cénacle d'intellectuels en mal de reconnaissance, mais un centre d'union fraternel. Mais c'est aussi la volonté de Savoir, Connaître, Comprendre, Vivre la vie bonne et Aimer. 

À ta question finale peut-on écrire humblement sur l'humilité? Je réponds humblement je ne sais pas. Mais, j'ai l'intuition que cette vertu est si grande quelle demande une certaine élévation spirituelle, qui n'est pas intellectuelle.

Personnellement, m'inspirer des écrits et des paroles des grands initiés qui ont dépassés les frontières de  l'espace et du temps, m'aide à améliorer. Mais, je peux comprendre que certains n'ont pas besoin de cette inspiration.

Bien Fraternellement

Jean-François Guerry.

L'HUMILITÉ

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