Un blog d'information, de conversations sur le thème de la Franc Maçonnerie, des textes en rapport avec la Franc Maçonnerie, comptes rendus et conseils de lectures.
Le siècle des lumières a sorti l’homme de l’obscurantisme, il a placé la raison au centre, mettant à mal les traditions au mieux les reléguant au domaine de la foi. Le développement des sciences et des techniques est devenu un projet de vie, l’homme se préoccupant de plus de son enveloppe corporelle, nous assistons à la réduction des croyances, l’imagination est mise uniquement au service de la technique, les soins du corps, la vie quotidienne seront exécutés par des machines. L’empathie, la solidarité, la fraternité sera remplacée par des robots, est-ce un problème ?
La dictature de la technique dépasse notre libre arbitre, dans les plus infimes détails, il faut remplacer les bougies de cire dans nos temples maçonniques, sécurité incendie oblige, il faut de l’efficacité, de la productivité à tout prix. La valeur de l’échec, de la rêverie, de la surprise, de l’imprévu doit absolument disparaître, risque zéro. Dans ce monde hyper rationnel l’homme se confond avec les automates dont il est le créateur, il semble heureux de la réussite de sa création, de ses gestes répétitifs sans âme.
Les processus, les techniques naissent dans les conseils d’administration, une très faible minorité décide pour l’ensemble des citoyens sans les consulter, on ira sur la Lune pas au secours des affamés ou de notre planète. Les décisions des conseils d’administration seront exécutés par des comités de techniciens dont ne font pas partie les poètes, les sages, les philosophes, les artistes au mieux il y a quelques « designers » au service de l’esthétique des objets pour mieux les vendre.
Ces techniques nous sont imposées par ceux qui investissent dans notre vie quotidienne, nous sommes envahis par des machines qui se connectent entre elles et nous connectent à elles. Comment sommes-nous arrivés à cette sorte d’uniformité, il faut peut-être remonter à la Grèce ancienne, au passage du Muthos, des mythes incarnés par tous les « bons dieux », symbolisant chacun une vertu à ce « Dieu généraliste Logos » unique, parlant mieux à notre raison. Une volonté sans doute de mettre de l’ordre dans ce panthéon, de rendre plus lisible pour tous les hommes le divin, avec les conséquences que l’on connaît une guerre entre les religions. Il semble que les Grecs anciens étaient plus sages avec leurs dieux spécialisés, des courtiers en connaissance comme pourrait le dire nos cousins du Québec.
Et rien n’empêche de réunir tous ces dieux pour une agape fraternelle, comme les francs-maçons savent le faire dans leurs loges.
Nous sommes bien loin pensez-vous d’un monde de machines, mais si proche d’un monde d’hommes.
À trop vouloir aduler, adorer nos machines, nous oublions quelles ne sont rien comparer à l’histoire de l’homme. « Que sont les cent années de l’histoire de la machine en regard des deux cent mille années de l’histoire de l’homme ? » Ecrivait Antoine de Saint-Exupéry dans Terre des hommes. Il ajoutait « Nous sommes tous de jeunes barbares que nos jouets neufs émerveillent encore. » « Nous avons un peu oublié que nous dressions ces constructions pour servir les hommes. » Il nous reste encore beaucoup de travail, de résistance et de conscience à privilégier pour vivre dans un monde d’hommes et non dans un monde de machines.
C’est un message passé au compagnon franc-maçon, une injonction. Mais de quel travail s’agit-il sans nul doute de celui qui ennoblit l’homme et tout ce qu’il crée, touche, pas de ce qui l’avilit. C’est le travail qui fait du bien, le bien, le travail bien fait. Certes il n’y a plus de cathédrales à construire au sens premier, mais un métier bien fait est une cathédrale personnelle que l’on construit. La démarche initiatique est une construction personnelle, comment pourrions-nous nous construire en accomplissant notre vie durant ce que nous nous souhaitons pas, en ‘occupant un emploi, une tâche’ qui n’est pas un travail.
Le franc-maçon dans son application à faire le travail, sait qu’il doit accomplir une œuvre, l’œuvre de sa vie. La valeur-travail des économistes n’est pas la sienne, quand on aime, on ne compte pas, on n’ignore le terme même de productivité, rattaché au produit, à ne considérer que les produits, on devient, soi-même un produit. Parfois un simple chiffre dans les statistiques de pôle emploi.
Chaque travail quand il est bien fait est source de dignité, de bien- être. Jacques Le Goff ancien inspecteur du travail, juriste spécialiste du droit du travail, sociologue, philosophe, dans son éditorial du 21 septembre 2018 paru dans le journal Ouest-France sous le titre « le retour du travail bien fait » comme une supplique à la Gloire au travail, il évoque les maux dont souffre le travail dans notre société. Le contenu du travail, la qualité de celui-ci remplacé par la quantité à fournir, le chiffre à faire, les salariés sont en manque de travail bien fait, la beauté dans le travail a disparu peu à peu.
D’où l’absentéisme, le burn out, le rejet de certains travaux qui deviennent humiliants. On parle de manque de conscience professionnelle, mais celle-ci demeure, mais n’est pas reconnue, valorisée, elle ne peut être exercée, on n’hésite pas à se vêtir avec des vêtements sortis des usines asiatiques ou africaines qui font travailler des enfants.
« Il ne suffit pas de traverser la rue, ou de se délocaliser en même que les murs de son usine et son matériel, pour vivre heureux. » Ces situations temporaires ne peuvent devenir une règle de vie.
J’ai déjà évoqué le travail compagnonnique tel que pratiqué chez les compagnons du Devoir ou l’Union Compagnonnique, là on célèbre le travail. La formule de Matthew Crawford proposé par Jacques le Goff : « tout travail pourrait devenir une forme d’art s’il était exécuté dans un esprit adéquat. » Ce n’est rien d’autre que la conscience du travail bien fait matérialisée.
Chacun en conscience à sa part à prendre pour respecter le travail de l’autre de son frère, il y en a qui n’hésite pas à prendre le torchon pour essuyer la vaisselle après les agapes fraternelles, combien d’ouvriers sont devenus de vrais d’authentiques patrons d’entreprises, ils connaissent la valeur du travail.
Chacun doit respecter l’autre sans arrogance, chaque pierre à sa place dans la cathédrale de l’humanité, et l’on ne construit pas de cathédrale pour les vendre dans je ne sais quel supermarché où l’on solde tout, où l’on rabaisse le travail des agriculteurs, mais pour accueillir tous les hommes de bonne volonté.
Le travail un art, qui doit ennoblir l’homme, il est à partager avec l’autre, quel que soit le côté de la rue où il se trouve.
Le DROIT HUMAIN est profondément attaché aux respects fondamentaux des Droits de l’enfant sur l’ensemble de la planète : parce qu’il n’existe aucune frontière géographique ou politique pour la sauvegarde le l’humain, et que cette défense fait partie des préoccupations militantes qui structuraient le travail de nos fondatrices.
Telles Maria Deraismes et Marie Becquet de Vienne qui furent à l’origine de ce qui deviendra plus tard la PMI (Protection Maternelle et Infantile).
L’Initiation des femmes s’est opérée au XIX° siècle qui vit l’apparition des mouvements féministes. C’est la raison pour laquelle des femmes engagées dans ces combats idéologiques et sociaux ont fait, quasi naturellement, partie des premières initiées. Elles n’ont pas séparé, dans leur combat, les Droits de la femme et ceux des enfants. La femme était la mineure juridique de son père, puis de son mari. On appelait cela, depuis l’antiquité, « la Puissance paternelle ».
A Rome, le pater familias élevait l’enfant « en hauteur », au sens strict, pour le reconnaître comme faisant partie de sa lignée ; il avait le droit de vie et de mort sur lui. Puis est arrivée bien tardivement la notion juridique « d’autorité paternelle » (code Napoléon) qui a abouti à la forme actuelle de la notion moderne « d’autorité parentale conjointe » (1992).
L’état d’une société s’apprécie sur le statut qu’elle donne à l’enfant et à ses droits ; il a fallu attendre le 20 Novembre 1989 pour que ceux-ci soient inscrits dans cette Convention internationale sous l’égide de l’Unesco. Celle-ci définit, comme obligation pour les Etats signataires, la reconnaissance des droits fondamentaux de l’enfant : nourriture, hébergement, instruction, surveillance médicale, fréquentation des parents, respect de la culture d’origine. La question actuelle concernant les migrants nous amène au cœur de ces problèmes de la protection des enfants.
Plus encore : les Etats signataires s’engagent à ne pas pratiquer la peine de mort pour les mineurs.
Grâce à son Internationalisme, le Droit Humain peut dans les nombreux pays où il est présent, faire ce travail au quotidien ; on sait bien qu’une information appropriée peut modifier les mentalités en profondeur.
Est-ce à dire que tout est serein dans les pays occidentaux ? Loin de là pour qui sait que rien n’est jamais acquis… notre vigilance reste grande ! Prenons des exemples en France :
En 2011, « Défenseur de l’enfant » a disparu, rayé d’un simple trait de plume sans que personne ne s’en inquiète. Sa fonction est désormais dissoute dans celles du Défenseur des Droits. Cette fonction spécifique aux droits de l’enfant doit être rétablie.
Qui se préoccupe encore de la création des CEF (centre d’éducation fermé) qui sont, pour beaucoup, les rejetons des maisons de redressement ?
Les Ordonnances de 1945 prévoyaient la protection de l’enfance, et ce avec des mesures d’accompagnement, de surveillance (AEMO : aide éducative en milieu ouvert), voire d’hospitalisation ou de placement. Dans les années 80, les éducateurs d’AEMO se voyaient confier un nombre limité de familles. L’augmentation actuelle de ce chiffre, pour de pures raisons économiques, empêche un réel travail en profondeur.
Dans les pays développés, le rendement prend le pas sur l’éducatif et l’instruction, aggravant les clivages sociaux, facteurs de délinquance.
La réflexion sur le statut de l’enfant n’est pas encore close ; dans notre Droit français, contrairement à la Suède, par exemple, il ne peut pas « être partie au procès ». L’avocat de l’enfant n’est qu’un « accompagnant » à l’audience. Une discussion doit donc avoir lieu sur la synthèse délicate qu’il y a à faire dans ce registre. Il convient de respecter la transmission par les parents des interdits structurants, et de sanctionner ceux qui les transgressent.
Le chantier est encore vaste !
Le Droit Humain rappelle qu’il sera toujours présent sur la scène sociale pour défendre l’Intérêt Supérieur de l’enfant, notion née avec la CIDE, afin de préserver ceux qui seront les adultes de demain.
Sur le chemin de la Lumière, la rencontre avec la Vérité, Philippe nous propose un conte initiatique pour sortir des ténèbres, ouvrir les yeux, aller vers l’autre, vers soi.
JF.
Extrait du Chapitre I de la Constitution de la Grande Loge de France : « Dans la recherche constante de la vérité et de la justice, les Francs-maçons n’acceptent aucune entrave et ne s’assignent aucune limite.
LA QUÊTE DE VÉRITÉ.
« La Franc-Maçonnerie N’impose aucune limite à la recherche de la Vérité » (Et c’est pour garantir à tous cette liberté qu’elle exige de tous la tolérance) », et c’est pour ce noble et ambitieux dessein que « je suis en chemin »…
MAIS Attention…ne pas se méprendre et entendre par « aucune limite » que TOUT est possible…Non bien sûr que non, la torture par exemple pour arracher un aveu est à proscrire avec la dernière énergie…, d’ailleurs « patience et longueur de temps font plus que force ni que rage… »…N’est-ce pas mes Biens Aimés Frères ?
Donc…Je tenterai de vous dire ma Vérité ce soir, mais pas « la Vérité », non pas que je craigne d’être exécuté comme le chante Guy BEART, mais tout simplement parce que je suis en chemin, je la cherche, je la veux de tout mon cœur et de toute mon âme. Un ami m’a dit un jour : « La vérité n’existe pas… », mais s’il avait raison ce serait alors un fieffé menteur, car affirmer qu’une chose n’existe pas (la vérité), revient à mentir, à déclarer qu’elle existe…Ainsi donc j’essaierai de vous dire « ma » vérité, celle qui me construit, celle qui m’indique un chemin mal balisé et sinueux pour avancer et me dresser un jour prochain, pour tenter, en me tordant le cou, d’entrapercevoir le faîte de mon temple où siège l’espérance. D’ailleurs devant l’apparente complexité du sujet, il m’est apparu plus naturel de vous le conter plutôt que de vous le dire…ainsi…
Il était une fois…par une nuit noire, très noire, un homme hagard déambulant, passif, cauchemardant, suivant des traces de pas et de sueur…
Les ténèbres avaient envahi les lieux, les arbres frissonnaient sous la baguette d’un vent hivernal, froid. La forêt toute entière geignait.
L’homme remonte la fermeture éclair de sa parka ; il fait si froid !
Il s’est retourné tout à l’heure, une fois, une seule fois, mais sans rien apercevoir, d’ailleurs qui cherchait il ? Quelle aide opportune ? Il semble si seul !
Une lune pâlichonne troue parfois les cimes des arbres alentour, révélant des strates de brume sale. Il avance à vive allure, cadencée.
Il sait déjà qu’il ne les rattrapera pas, d’ailleurs pour quoi faire ? En plus Ils sont sûrement déjà loin. Il refoule ses larmes. Elles viendront plus tard. Sans doute. « Ils » lui avaient révélé l’existence du livre. Alors Il s’est mis en route à sa recherche. Ils lui avaient dit qu’IL était unique ; qu’il lui révèlerait tout, enfin, presque tout. La température a chuté brutalement. Il voudrait rebrousser chemin tant il redoute sa lecture, et en même temps il a envie de courir pour savoir, vite. La nuit est tombée brutalement. Une nuit d’hiver glacée épaisse qui vous pénètre par tous les pores de la peau. Il distingue à peine le chemin ; un chemin sinueux et boueux. Tout semble calme alentour hormis ce vent qui bruyamment glapit à fendre l’âme jusqu’à faire vaciller la plus profonde résolution.
Il est seul au milieu de la nuit guettant un signe, un indice une réponse.
Au cadran de sa montre il est déjà minuit 30. Au fait combien de temps cela fait-t-il qu’il marche ? Cinq, dix heures peut être davantage, peut être depuis des jours, des années… ?
Il sait confusément qu’il ne s’en retournera pas. C’est un voyage sans retour. En tout cas tant qu’il ne saura pas, tant qu’il n’aura pas assouvi sa curiosité, sa soif de savoir, enfin, alors il ne s’en retournera pas. Qu’importe le temps, le froid, la faim qui le tenaille à présent et ce sentiment d’une insondable solitude qui l’oppresse sur le chemin. Non Il ne renoncera pas.
Il doit trouver rapidement un refuge pour y passer la nuit, chasser les ténèbres, se restaurer, dormir, ou en tout cas se reposer, ne plus penser quelques heures, oublier le livre et ce qu’il renferme, fermer les yeux et tenter d’écarter ce sentiment d’impuissance, d’abattement, qui freine son impossible quête.
La vue d’un possible refuge se découpe à la croisée d’un chemin, tout proche ; il s’agit d’une maisonnée du toit de laquelle s’échappe une fumée prometteuse. C’est une très vieille bâtisse ; tout en bois, défraîchie, vermoulue, et cependant resplendissante ; mémoire du temps jadis, et gardienne des lieux. Tout semble à l’abandon alentour ; jardin envahit d’herbes et de plantes sauvages, véranda effondrée…Le temps a fait son œuvre ; il a signé son forfait avec outrance, tout n’est plus que désolation, mémoire déchiquetée, absence…
Il s’élance à grand pas vers l’entrée salvatrice.
Il frappe à coups répétés la lourde porte de chêne.
Un vieil homme vient lui ouvrir. Il sourit. Il ne prononce aucun mot mais s’efface pour le laisser entrer. Il lui désigne une table où s’entasse pèle mêle, pain, charcuterie, fromages et vin. Le voyageur reste interdit fixant avec une certaine avidité la table si bien garnie. Il fait un pas, puis un second, et fini par s’attabler comme son hôte l’y avait invité.
Le vieil homme qui le fixe avec un regard doux et bienveillant parle enfin. Il lui apprend qu’il l’attendait. Qu’il est en retard, mais, n’est-ce pas, ajoute-t-il, « le temps ne compte pas. Le temps ne suspend pas son vol, ni les heures propices leurs cours, comme le déclarait l’illustre poète. C’est déplorable, vraiment, mais c’est ainsi ! Il faut du temps pour que la maturité fasse son œuvre, et l’amour est le maître mot. Il détermine et enracine nos choix. Il rend, au fil du temps, le cherchant plus fort et conquérant, pour de nobles desseins et de justes causes. Tout passe par la générosité, la justesse, et la maîtrise de nos sentiments. C’est un lent processus en perpétuel accomplissement, visant la perfection, et c’est cela « de la bonne gouvernance » pour que s’accomplissent nos destins, et que finalement (et symboliquement) nous devenions « Maîtres » de nos vies ».
Il lui dit encore qu’il a écrit la première des mille et une pages du livre. Qu’il trouvera, jour après jour, des portes qui s’ouvriront, pour le restaurer, pour sustenter son corps et son esprit pour le nourrir d’un idéal salvateur et glorieux. Il lui apprend également que le livre est inachevé, qu’il en écrirait lui-même les plus belles pages à la condition qu’il persévère, qu’il en sera toujours ainsi, que la fin est sans fin.
Le voyageur est resté coi. Il dîne goulûment, puis, rassasié, s’apprête à sortir pour se remettre en chemin. Mais le vieil homme lui barre la route et lui indique une couche où il pourra se reposer. Puis il prend congé de son invité.
Le sommeil ne viendra pas cette nuit. Il repense aux paroles du vieil homme. Il est dans le livre, il en a déjà écrit la première page, d’autres viendront... Qu’est-ce que tout cela signifie, et où, puis jusqu’où aller ?
Le lendemain matin il ne trouve pas le vieil homme à son réveil. Mais une courte lettre ainsi rédigée.
« Bonjour mon cher ami. J’espère que la nuit fut réparatrice, dans toute l’acception du terme. Restaurez-vous à nouveau. Puis reprenez votre route. Sans hâte. Apprenez à écouter et à voir, le chemin est tout autant devant vous que derrière vous, en haut en en bas. Il n’y a pas d’itinéraire privilégié sinon celui que vous dictera votre cœur. Sachez l’écouter. Apprenez et restituez l’enseignement que vous aurez reçu, alors un jour prochain, qui est encore loin, on vous qualifiera de sage, ou mieux encore d’homme VRAI. Signé : Votre ami B… »
Il se remit alors en chemin, l’esprit plus alerte, la démarche plus assurée, et, tandis que les questions se bousculent encore, si nombreuses, si dérangeantes parfois, il sent quand même, imperceptiblement, que sa résolution toute neuve, si soudaine qu’il ne parvient pas encore à la définir ni même à la nommer, a chassé une partie de ses doutes, il entreprend alors de raisonner, de faire preuve de discernement. Il commence par retracer les quarante premières années de sa vie, les personnes qu’il a connues, aimées, haïes, blessées, les pays qu’il a foulés, ainsi que toutes les occasions qu’il a manquées, et bientôt, à force de penser, à force de se maudire, se profile un dessein, une issue, un possible destin.
Il a ralenti son pas, et prend conscience des beautés qui l’entourent. Un soleil, encore timide favorise sa progression, et l’espoir affleure, enfin. Il s’imagine alors touchant au cœur de la raison inavouée de ce cheminement, à savoir la mise en œuvre et en forme de sa vie sociale, ignorant encore que s’engage une autre quête toute spirituelle, éternelle, qui le laissera, plus tard, beaucoup plus tard, frustré mais heureux. Il comprendra demain, plus tard, quand il sera prêt, les paroles du vieil homme, à savoir qu’il vivra encore plusieurs centaines de fois ces instants rédempteurs, lumineux, cette « résurrection » toujours recommencée, toujours inachevée, relayée par les maillons d’une chaîne immense ; elle garantira la tangibilité de sa quête, celle d’un universel bonheur ; elle lui dévoilera maints secrets, elle les réinventera, et les justifiera ; le doute subsistera bien sûr, mais, ce faisant, il se rapprochera de son parachèvement…Cependant le chemin est long, sans fin, à l’instar de l’incommensurable cosmos ; en plus il est parsemé d’embûches et de larmes, le défi est immense, mais la victoire ,en Vérité, est si belle…
Nous naissons, grandissons, et pour la plupart, nous épanouissons, au moins au sens des vérités qu’on nous a inculquées, dans un parfait anonymat. Nous nous fondons dans une masse d’individus soumis aux mêmes rites, aux mêmes règles du fameux « vivre ensemble », tout semble si juste et si parfait dans cet univers aseptisé qui nous sert de chaudron...Nos miroirs sont impuissants à nous dévoiler le tréfonds de notre âme, à nous révéler notre part de Vérité, d’authenticité, tout ce qui s’agite, ou devrait s’agiter, à l’intérieur, sous les couches soigneusement étalées de notre pudeur sociale.
Nos loges peuvent alors servir de révélateur. Elles peuvent réveiller le bâtisseur qui sommeille en chacun de nous, et le tirer vers la surface, le révéler à lui-même, lui apprendre, pour qu’il le décline à l’infini, à tous les modes et toutes les modes, le verbe penser, jusqu’à lui faire oublier l’autre verbe panser qu’il déclinait si souvent avant, quand il se sentait blessé, rejeté, haï, ou tout simplement oublié. Alors l’homme vrai pourra naître ; il sera en capacité de secouer ce monde endormi ; la vigilance restera de mise et le combat est permanent parce que tapi dans la pénombre de nos âmes, l’indignité sommeille… Je nous vois comme des ambassadeurs, les pionniers d’une nouvelle race d’hommes et de femmes qui aiment la vie, passionnément, et qui veulent humblement et patiemment partager cet amour-là jusqu’à l’avènement de la raison.
Philippe Jouvert.
Avec l’aimable autorisation de l’auteur.
La lumière au-delà de la lumière ne se contemple jamais mieux en cette vie qu’en cheminant dans la ténèbre.
ANGELUS SILESIUS LIVRE IV, 23.
HUMOUR LA LUMIÈRE QUI NE VIENS PAS TOUJOURS D'OÙ ON L'ATTEND
DE LA MATIÈRE À L’ESPRIT, DE LA MATIÈRE DE L’ESPRIT
Passer du un de la matière, par le deux de l’intuition, pour s’élever au trois de l’esprit, qui est un. C’est le parcours initiatique du profane, qui en apprenti reçoit la lumière, est éclairé en compagnon par ses sens, se place au centre de l’étoile flamboyante, reçoit les influences extérieures, réalise son œuvre au blanc, pour s’illuminer en maître, en faisant couler le feu de son sang sur la rose, il se régénère comme le phénix.
Telles sont les étapes de l’initiation maçonnique. La matière est le substrat, la pierre dure, la pierre brute sans laquelle l’aventure ne pourrait pas s’écrire, se buriner. Ce substrat, ce support de culture, comme le définisse les horticulteurs, qui élèvent les roses. Ou cette molécule de départ des biochimistes propre à provoquer les réactions, ce substrat c’est l’homme ancien, le vieil homme celui qui pénètre dans le cabinet de réflexion, celui qui recevant des chocs initiatiques successifs, va s’éveiller, se réveiller, passer de l’horizontale à la verticale pour partir à la recherche de la lumière de l’esprit et la faire grandir en lui.
La mise en mains des outils, sera prolongée par le réveil des sens, la pratique des arts qui libèrent, qui couronnent ses relations avec le monde externe, cette pratique va résonner en lui progressivement les portes vont s’ouvrir derrière les symboles les idées vont germer, la conscience intérieure va se développer sous l’influence de l’esprit. Pour les non croyant cette téléologie n’implique aucune théologie, pour les croyants l’intervention divine est la force qui les pousse vers leur monde intérieur. Le franc-maçon qui ne s’impose aucune limite dans sa recherche de la vérité, met sa foi maçonnique ou pas, entre les mains de sa croyance en un Grand Architecte indicible, innommable, il ne se laisse imposer aucun dogme.
Pour parvenir à la réunification de l’un, notre sensibilité est essentielle, elle en est l’essence, le carburant. D’apparence passive, quand elle travaillée, elle entre en ébullition dans notre marmite intérieure, nous ressentons en permanence à la vue des merveilles de la nature et de nos semblables. Il y a un phénomène « d’auto initiation », notre intuition devient intention, in tension intérieure permanente.
Nos sens nous ont permis de nous connecter avec le monde extérieur, notre esprit nous connecte avec intériorité, élève notre conscience. Nos sens seuls ont leurs limites nos yeux même décillés ne voient pas tout, nous avons besoin du secours des microscopes, des télescopes, nos oreilles n’entendent pas les ultra-sons.
Mais notre intuition, notre imagination sont sans limites, notre esprit est un sixième sens qui permet l’accès à toutes les dimensions, les contrées inconnues, fabuleuses, mystérieuses, ses mondes magiques, hors de l’espace et du temps.
Ces contrées sont accessibles à tous ceux qui cherchent, à tous ceux qui demandent, à tous ceux qui frappent à la porte de leur moi intérieur, ils entrent alors en contact avec eux-mêmes et l’univers entier.
JF.
D'infinis paysages (extrait)
Nous avons beau nous éloigner le paysage ne nous quitte pas
Qu'il s'ouvre comme un livre d'heures à chaque levée matinale des arbres sur les talus nous le savons en nous lové si intérieur qu'il instille sa sève goutte à goutte dans notre sang jusqu'à se ramifier
Et si marcher n'était qu'aller à sa rencontre pour mieux s'empayser des autres ?
Et si écrire ou lire n'était que traverser sa vie comme on traverse un paysage,
laisser à la neige des pages le soin de consteller le silence des marges,
à ces mots simples le pouvoir de ralentir le coeur le pouls de la pensée ? (...)
Notre F∴ Mateo Simoita (de son nom de plume et de blogueur) m'a demandé si je désirai illustrer la livre suivant. Vous retrouverez donc quelques dessins connus, mais aussi certains originaux inspirés par cet ouvrage à partir du 20 septembre. ( Blog de Mateo : L'idéal Maçonnique )
La Loge maçonnique Symbolise-t-elle encore l'athanor des alchimistes ? Comment lui donner Force et Vigueur ? A
L’Apocalypse de Jean fait état d’un beau cheval blanc, qui était au-dessus des nuées, fidèle et véritable est le nom de celui qui combat avec justice, ses yeux étaient de feu, il s’appelle le verbe de Dieu, sa monture.
Cela nous rappelle les grades capitulaires de la franc-maçonnerie, la quête de la parole, la chevalerie de l’esprit.
Ce verbe du prologue de jean présent dès le premier pas, le premier degré, dès l’ouverture du livre. Comme le livre s’est ouvert les cieux se sont ouverts pour laisser apparaître la Jérusalem céleste. À ceux qui ont reçu la lumière, ceux qui cherchent la parole perdue, le cheval blanc est apparu. Ils voient dans ses yeux le rouge de l’amour.
Les pauvres chevaliers du Christ vêtus de blanc pur et de rouge feu, sont comme les apprentis qui ont revêtu le tablier et les gants immaculés, quand le bandeau qui les plongeait dans les ténèbres de l’ignorance est tombé en terre, ils sont montés vers le ciel, sur le cheval blanc de l’entendement et se sont munis de leur intelligence intérieure celle du cœur, qu’ils ont fait leurs premiers pas, vers eux-mêmes.
En posant la main sur le livre ils ont faits leur premier serment, ils ont fait alliance avec eux-mêmes, avec leur frères en présence du grand architecte, ils ont reçu le souffle de la vérité.
Dans un psaume de David il est dit : « Aller à cheval sur la parole de vérité », puis dans le livre des Rois : « Dieu ouvrit les yeux du serviteur d’Elisée et il vit aussitôt une montagne pleine de chevaux et de chars ‘ignés (...) »
Les Grecs donnent au dieu de la sagesse et de l’intelligence, un attelage tiré par quatre chevaux ignés. On peut citer également ce cheval blanc ailé de Pégase, symbole de l’élévation, vers la connaissance, qui apporte à Zeus le tonnerre et les éclairs.
Les chevaliers du Graal, de l’esprit ont aussi leur monture blanche, comme tous les dieux hindous, à Ganesh le rat, à Shiva le taureau blanc de l’énergie maitrisée, à Vishnu l’aigle qui élève vers les hautes sphères de la spiritualité, et Agni le dieu du feu présent dans chaque flamme qui brûle, qui brille si sa monture, son Vahana est le bélier blanc, on le voit souvent dans un char tiré par de nombreux chevaux fougueux.
Le cheval de l’apocalypse, de la révélation est le cheval de la liberté, de la force, de l’énergie qui surmonte les obstacles. Prendre les rênes de cette monture s’est se faire adouber dans l’Art Royal, c’est prendre en main sa vie spirituelle, monter dans le char céleste, aperçu derrière le voile. Il nous faut chaque jour pour poursuivre le chemin qui est long, travailler les fers de notre monture dans la forge de Tubalcain le forgeron, l’alchimiste qui transforme les métaux extraits de la terre.
Dans la bibliothèque royale de Londres se trouve un ouvrage de 1785 écrit en latin qui à été traduit en langue française dont le titre est : « Du commerce de l’âme et du corps. » l’auteur de ce traité est le philosophe Emmanuel Swedenborg. (Il faut entendre le terme commerce dans le sens de correspondance)
En préambule de ce livre, se trouve un avertissement aux lecteurs.
Une question obscure, épineuse, pleine de difficultés et qui a exercé de tous les temps la sagacité des philosophes qui ont voulu pénétrer les mystères de la nature. C’est sans doute celle de l’union de l’âme et du corps, du commerce ou correspondance entre ces deux substances. Trois hypothèses partagent les savants sur cette importante question. Les uns prétendent qu’il y a une influence physique du corps dans l’âme ; ils veulent que le corps frappé par les agents extérieurs, porte le sentiment de cette commotion de l’âme. C’est le système des matérialistes, qui ne voient partout que la matière, et rien au-delà. D’autres soutiennent qu’il y a opération instantanée et unanime entre les deux substances, opération qu’ils nomment harmonie préétablie. Enfin un troisième système est celui de l’influence spirituelle, qui non seulement paraît plus vraisemblable, mais encore est le seul vrai, comme le démontre l’auteur de ce petit traité.(…)
On avait dit avant lui (l’auteur) qu’il y avait une influence de l’âme sur le corps, mais on n’avait pas dit qu’il y a eût une influence sur l’âme, et que sans cette influence il n’y aurait point de vie, point d’action, point de communication par conséquent entre les deux substances.
(De l’auteur il est dit qu’il a le souci de la recherche de la vérité, qu’il est bon citoyen, philosophe, un véritable sage, qui joignait la théorie à la pratique de toutes les vertus)
Emmanuel Swedenborg
Je dirais sans doute un homme libre et de bonnes mœurs. Il y a trois hypothèses sur la correspondance entre l’âme et le corps.
L’influence physique
L’influence spirituelle
L’harmonie préétablie
L’influence physique : fondée sur les illusions et apparences des sens, qui influent la pensée.
L’influence spirituelle : l’âme substance spirituelle, pure, antérieure et interne, par rapport au corps matériel, externe et grossier, le pur influence le grossier, et l’antérieur, le postérieur.
L’harmonie préétablie : fondée sur les illusions et les lueurs trompeuses de la raison, l’esprit agit en même temps que le corps. On passe d’une opération successive à une opération simultanée c’est une harmonie. L’esprit pense et parle ensuite.
La quatrième hypothèse : Il faut que l’âme agisse sur le corps, le corps sur l’âme, ou l’un et l’autre toujours ensemble.
L’influence spirituelle est celle adoptée par les sages. Tout ce qui est conforme à l’ordre est vérité, et la vérité se manifeste par la lumière qui est en elle, même dans l’ombre de la raison, ce qui enveloppe dans l’ombre. Cette hypothèse met en relief l’ignorance de la nature de l’âme du spirituel qui influence, qui découle dans l’âme et par l’âme, dans la faculté perceptive et pensante. Intervient alors la foi ! Qui ne sait point ou ne peut savoir que le bien de l’amour et la vérité de la foi influent de Dieu dans l’homme, qu’ils influent sur son âme.
C’est en quelque sorte la rencontre du soleil spirituel et du soleil naturel celui des hommes. De ce soleil central qui concentre les deux soleils et qui rayonne vient la chaleur et la lumière, l’essence de l’amour, il influe dans l’homme.
Le pur feu de l’amour spirituel reçu dans l’amour lui permet de vivre et renaître « plus radieux que jamais » et d’irradier le monde.
Ainsi l’homme s’élève vers la lumière en suivant son chemin initiatique.
« Le spirituel ainsi revêtu, fait que l’homme peut vivre ici-bas rationnellement et moralement, et par là spirituellement. »
« La réception de cette influence est conforme à l’état d’amour et de la sagesse dans l’homme. »
JF.
A LIRE : ce traité est disponible en version PDF à la BNF. Vous y trouverez un passage intéressant sur le prologue de l’évangile de Jean et également sur les alliances.
Pour se construire, pour construire il faut une intention, un désir, lorsque j’ai décidé de bâtir ma première maison, je cherchais à installer ma famille à lui donner le nécessaire bien être matériel, comme un rêve de petit paradis.
Je m’en suis donc donné les moyens à force de travail, il a fallu tracer les plans, chercher les matériaux, trouver le lieu, le chantier et se rappeler les gestes maintes fois répétés, faire appel à la mémoire collectiveet à la mienne en particulier, j’avais bien quelques mots sur le bout des lèvres, comme un souffle qu’il a fallu canaliser.
Je ne savais pas que plusieurs années plus tard j’allais entreprendre une autre construction celle de moi-même. Quand j’ai senti que j’étais prêt, il était midi plein je crois.
En silence j’ai élaboré les plans en regardant mes frères, j’ai commencé dans mon esprit à tracer le chemin, j’ai appel à ma mémoire, sans elle je n’aurais pas pu démarrer le chantier, il me fallait le premier mot, puis j’ai reçu le second. J’ai saisi les outils symboliques, je suis monté à l’orient genou à terre, j’ai rejoint mes frères qui étaient déjà à l’œuvre dans ma loge. Quand j’ai frappé les trois premiers coups sur la pierre brute, j’ai senti qu’elle était vivante et que mon esprit dirigeait ma main, le ciseau se faisait précis peu à peu les aspérités disparaissaient. La mémoire me revenait oui c’est ça, c’est comme ça
J’étais de plus en plus poussé en avant par la force de ma volonté, prêt à établir à réaliser l’ouvrage, il ne s’agissait pas de bâtir n’importe comment, il y avait autrement ce serait le chaos. Mon intelligence devint de plus en plus nécessaire, elle me donna du Cœur à l’ouvrage. Chaque pierre trouvait naturellement sa place, pour que l’édifice soit solide. A quoi servirait une construction incapable de résister à la moindre tempête ? Aux moindres coups de boutoir de la vie.
Je ne construis pas une tour ivoire, je construis une maison où l’on entre avec une clé d’or pur et ou alors les portes s’ouvrent à tous ceux qui de bonne volonté les poussent. Dans cette maison on entend des cris de joie, la lumière y brille en permanence, la chaleur accueille tous ceux qui viennent, c’est un lieu où l’on donne à manger à ceux qui ont faim et à boire à ceux qui ont soif de spiritualité. Des hommes différents parlent entre eux, ils n’ont pas la même langue mais ils se comprennent. Dans ce lieu on conserve la mémoire des mots véritables. On parle dans cette maison de la force, de la justice et de la tempérance, on parle aussi d’établir, de fonder une nouvelle vie, on parle d’espérance d’un monde nouveau. Dans ce sanctuaire de l’amour on conserve précieusement les mots qui sont autant de sésames, de vitraux où passe la Lumière.
Celui qui n’a pas connu les ténèbres, comment pourrait-il accéder à la lumière. La main qui m’a guidé vers la porte de l’obscure caverne, m’a mis face à l’ombre de moi-même, des apparences trompeuses qui se reflètent sur les parois humides couvertes du salpêtre, ce nitre, le sel de la vie, l’esprit-de-sel proche du V I T R I O L. Là je suis mis dans une position de purification de ma pierre extérieure, qu’il va falloir éclater, réduire en poudre, purifier, pour la cristalliser de nouveau, c’est le début du grand œuvre dans le noir des ténèbres. Mais quel usage je vais faire de cette nouvelle pierre reconstituée ?
ESPRIT DE SEL
La main fraternelle a déposé aussi devant mes yeux une faible lumière qui vacille irréelle dans le miroir profond qui élargit sa flamme. Puis soudain le coq chante au levant. J’enferme cette lumière au fond de moi. Des années plus tard elle brille, elle a grandi, elle brûle d’un feu éclatant, qui de jour en jour régénère mon esprit, grossit mon âme. La rose chaque matin ouvre ses pétales pour recevoir la rosée céleste.
Le feu, lumière éternelle de la vie ne s’éteint jamais, il n’y a plus d’espace et de temps. La lumière est vie comme l’eau qui purifie.
« Insensé l’homme qui s’abreuve à la mare et oublie la fontaine au cœur de sa demeure. » (Angelus Silesius Livre I- 300) « La lumière au-delà de la lumière ne se contemple jamais mieux en cette vie qu’en cheminant dans la ténèbre. » (Angelus Silesus Livre IV-23)
Le cabinet de réflexion, le cabinet de l’œuvre au noir est donc lumière !
Le bourg de Batz debout sur les marais Le Croisic tout au bout du grand trait Sous les veilleurs, les souvenirs m'attendent Et l'enfance en moi comme un matin
R: Par-dessus le manteau d'Arlequin Où les œillets se fendent sous le sol de Saint-Guénolé Tournez, tournes les ailes du moulin de Guérande Sur les grains de mes jours envolés Sur les grains de mes jours envolés
Chemin de mer pour talus de rochers Entonnoir de granit écorché Passaient nos jeux, passaient nos vies gourmandes Sur le clair sablier de Port-Lin
La mer a fuit l'auge de Saint-Goustan A l'orée des lents oiseaux distants Mon père, penché, ramassait des amandes Des fruits de nacre et des couteaux marins
Sur son balcon allumé de bouquets Ma grand-mère qui regarde les quais Et les marais balançant des guirlandes De bateaux beaux comme des ravins
Des soirs dorés des vieux cars fabuleux Le soleil dans le pare-brise bleu Citron brûlant éblouissante offrande De l'été déjà sur le déclin