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la Franc Maçonnerie au Coeur

la Franc Maçonnerie au Coeur

Un blog d'information, de conversations sur le thème de la Franc Maçonnerie, des textes en rapport avec la Franc Maçonnerie, comptes rendus et conseils de lectures.

Publié le par jean françois
LIRE- RECENSION : Lîle des pluies

  LIRE - RECENSION: L’île des pluies.

 

 

Il y a des îles de rêve, des îles hostiles. Dans les îles il y a le microcosme de notre société, il y a ceux qui baissent les yeux vers le sol, vers leurs chaussures, ceux qui quand ils lèvent parfois leur regard, ne voient que l’extrémité de leur index. Et puis il y a ceux qui regardent l’horizon, qui respirent vers l’ailleurs, qui voient l’autre autrement que comme un obstacle à leur vanité et leurs égoïsmes, ils aiment aussi leur terre, ils sont aussi d’ici, mais ils ont compris qu’ils étaient de passage, comme des locataires, ils ont à cœur de transmettre autre chose que les bornes d’un territoire, ceux-là construisent des ponts, pas des murs, accueillent des bateaux et pas que ceux des touristes, pour remplir leurs comptes en banque.

Marc Gontard

 

 

Marc Gontard est sorti, de son île ou presque, pour aller dans le monde à la rencontre de l’autre, dans l’Afrique terre des premiers hommes, il a consacré sa vie aux autres dans le monde de l’éducation, de sa Bretagne natale, il écrit l’altérité, la rencontre de l’autre, des autres, après l’avoir enseignée, est-ce par hasard qu’il publie dans la collection La Société Des Gens aux éditions Goaterce roman l’île des pluies ?

 

La forme romanesque est un prétexte, le territoire confiné permet de mieux saisir l’incontournable de la nature humaine, dans un vase clos, s’agite, le bien et le mal. Le courrier (qui a pris maintenant le vilain nom de navette) de l’île est seul lien avec le continent il apporte toutes les nourritures et les inconnus, ceux qui dérangent, ceux qui ne sont pas d’ici, même si parfois ils sont là depuis un demi-siècle. Ce roman est une véritable anthropologie de ces iliens et à destination de tous ceux qui s’enferment dans leurs préjugés, mais il révèle aussi l’espérance comme une étoile qui brille dans le ciel et le cœur des hommes. 

Au fil du Roman l’on suit l’étoile, l’étoile de mer, ou l’étoile flamboyante au centre de laquelle se trouve l’homme, cette étoile démembrée au grè des vagues, symbole de l’inaccessible mais toujours présente, prête à se régénérer, elle symbolise la perfectibilité et la métamorphose possible de l’homme, cette qui n’est pas à un paradoxe près elle dévore la coquille Saint-Jacques, ce symbole du voyageur, elle reste un symbole universel elle est un guide. Je cite :

 

« Je ne sais pas pourquoi il manque une branche à cette étoile de mer échouée sur la plage. Elle est lourde, rugueuse entre les doigts. On dit que ces étoiles peuvent se régénérer. Elle va se refaire une cinquième branche. Peut-être même reconstituer une autre étoile autour de la branche manquante. Ces étoiles sont immortelles. Je les envie parfois. »

 

Marc Gontard propose donc à travers son roman une réflexion sur nos attitudes, notre capacité à l’amour d’autrui, à voir l’autre autrement que comme un envahisseur, un ennemi, il démontre que notre ennemi c’est nous-même. Il décrit les petits arrangements avec notre conscience, l’entre soi qui exclut l’autre celui qui est un peu trop noir, un peu trop ou pas assez.

 

Une réflexion sur l’universel et sur l’identité sur la grandeur de cette identité, qui serait incompatible pour certains, au nom de quoi je vous le demande avec l’universel ?

 

La vie de l’île des pluies est la vie des hommes et des femmes avec leurs aventures personnelles, leurs parts d’ombres et leurs vertus, l’île est un territoire propice à leurs révélations, leur mise à nu, là on ne peut pas se cacher dans une foule anonyme, pas de pseudo dans le réseau social de l’île, les caractères trempés par les pluies se révèlent, les apparences tombent au premier coup de tabac.

 

La rencontre improbable entre Stella la belle métisse à la peau dorée, cette étoile dont les branches sont à la fois, européennes et africaines, et ce pêcheur ‘pur jus’ de l’île Gwendal, est un souffle d’air iodé d’espérance. Je cite Stella :

« C’est beau. Mais ce n’est pas la vie…

  • Parce que cette nature sauvage, ces odeurs, le rythme du ressac au bas de la falaise et les cris des oiseaux de mer qui nichent au bas des rochers, nous éloignent du monde des humains. Vous vivez ici comme si l’extérieur n’existait pas et vous cherchez encore à vous enfermer sur vous-mêmes, sans soucis de ce qui se passe ailleurs : la misère des bidons-villes, les enfants-soldats qui violent et qui tuent, les famines, les attentats-suicides, les bombardements au gaz moutarde, les camps de refugiés et le trafic des passeurs. Et tous ces morts qui dorment au fond de la méditerranée. »

 

Le pêcheur dans sa marche vers l’étoile Stella, va à la rencontre de l’autre, ce qui lui était étranger lui devient familier, il trouve ainsi le meilleur de lui-même. Il y a dans ce récit Marc Gontard des analogies d’idées avec celui del’Archipel du Chien de Philippe Claudel.

 

Ce roman polysémique, nous permet de sortir de cette fable de la tour de Babel comme l’indique Marc Gontard . Rien n’est plus fort que notre appartenance collective au monde des humains, nos différences sont dans l’épaisseur du trait. Les hommes se sont séparés pour occuper la terre, mais ils restent des hommes reconnaissables, leurs différences ne font qu’embellir le tronc commun de l’humanité.

 

Pour nous francs-maçons, qui revendiquons l’universalité de notre démarche initiatique nous ne pouvons, nous soumettre à la haine, au rejet de l’autre, au fanatisme et à l’ignorance incarnée par tous les extrémistes politiques ou religieux. 

 

Ce roman qui touche au réel, réveille en nous le meilleur de nous-mêmes, c’est un beau témoignage d’espérance, même l’isolement de ces iliens n’a pas éteint en eux, la flamme intérieure qui fait d’eux des hommes véritables, en quête de perfectionnement et d’amour fraternel.

 

 

Jean-François.

 

L’île des pluies de Marc Gontard, aux Éditions Goater à Rennes dans la Collection La Société des Gens. 250 pages – 18 €- 2019-code ISBN 970-10-97465-07-0

 

 

Du même auteur entre autres :

 

Essais : Victor Segalen : une esthétique de la différence aux Éditions L’Harmattan

 

Le Moi étrange Littérature marocaine de langue française aux Éditions L’Harmattan.

 

Dictionnaire des écrivains bretons du 20èmesiècle aux Presses Universitaires de Rennes.

 

Ecrire la crise. L’esthétique postmoderne aux Presses Universitaires de Rennes.

 

Marc Gontard publie maintenant régulièrement une fiction par an, son dernier roman Naufragesest paru en 2019 aux Éditions Goater.

NOTE DE L’ÉDITEUR.

 

L’île des pluies


 

de  Marc Gontard

Un roman composé en cinq points de vue, un roman des îles de Bretagne sud. Une histoire subtile qui dévore les mémoires.

Résumé :

Une île, sans doute en Bretagne sud, où l’on vit de la pêche. Et où les touristes ne sont pas toujours les bienvenus. Encore moins ceux du continent, qui vivent de l’autre côté des coureaux. Un décès énigmatique en appelle d’autres, peut-être en écho à une mémoire plus lointaine, plus incertaine… Mais comme il n’y a pas de vérité judiciaire établie, le roman porte sur un doute, perçu simultanément par cinq personnages dont les points de vue s’entrecroisent et s’opposent. Il y a ceux qui rêvent d’un paradis de l’entre-soi où l’autre est une menace. Et ceux dont l’esprit nomade ne conçoit qu’une existence sans frontière, ouverte à tous les horizons. 

Dans un décor de pluies et de tempêtes, sur le pont d’un chalutier ou sur les sentiers de l’île, fouettés par la bourrasque, deux êtres totalement opposés, se rencontrent et mêlent leur destin au sein d’une fable éminemment politique qui reste une histoire de notre temps.

Un roman d’île avec ses drames et ses passions par un des meilleurs écrivains de Bretagne.

 

Extrait :

« La brume a disparu. Du haut de la falaise qui surplombe le bassin, les bateaux ont l’air de jouets d’enfants. Tous bien alignés, l’étrave amarrée aux anneaux du quai et l’arrière sur une bouée de corps-mort. Je connais leur nom par cœur. Regina coeli. Madone des flots. Santez Anna. Stella maris. Stereden vor… Quelques voiliers en épi sur une tonne, au bout de la jetée, annoncent le début de la saison. On n’est pourtant qu’en mars. Bientôt le port sera surchargé. Le courrier des îles fait son entrée en secouant les bateaux sur son sillage. Arrière toute. L’Hélice brasse à l’envers. La coque vient accoster la cale, dans un remous tourbillonnaire où la vase du fond remonte en grandes corolles noires. Il y a quelques passagers. Des visiteurs, venus pour la journée. Je reconnais aussi quelques îliens qui rentrent du continent. Je reste là, un instant, accoudé au garde-fou qui protège le sentier. »

 

Extrait de la Biographie de l’auteur WIKIPEDIA 

 

Marc Gontard est un universitaire français, né à Quiberon en 1946. Professeur de lettres, il est spécialiste des littératures francophones.

Il est élu en 2005 à la présidence de l'université Rennes 2, puis est réélu en 2008 dans le cadre de la mise en place de la LRU. Son successeur Jean-Émile Gombert est élu à la présidence de l'université le 10 décembre 2010.

La suite avec le lien…

 

Marc Gontard — Wikipédia


 

https://fr.wikipedia.org › wiki › Marc_Gontard

LIRE- RECENSION : Lîle des pluies
LIRE- RECENSION : Lîle des pluies

Commenter cet article

cincinnatus 17/09/2019 15:57

Combien de fois ai je déploré moi aussi, à l'instar de Claudius, l'absence de commentaires !
Comment faut il interpréter ce silence "étourdissant"?
Si j'en juge par le nombre élevé de lecteurs, j'en déduis que les articles intéressent les FF mais que par manque d'idées, fainéantise ou trouille de je ne sais quoi, ils demeurent muets comme des carpes et ne donnent certainement pas des Maçons l'image que l'on s'en fait, à savoir celle d'individus libres et qui n'hésitent pas à dire ce qu'ils pensent.
On en est loin hélas!

cincinnatus 17/09/2019 15:57

Combien de fois ai je déploré moi aussi, à l'instar de Claudius, l'absence de commentaires !
Comment faut il interpréter ce silence "étourdissant"?
Si j'en juge par le nombre élevé de lecteurs, j'en déduis que les articles intéressent les FF mais que par manque d'idées, fainéantise ou trouille de je ne sais quoi, ils demeurent muets comme des carpes et ne donnent certainement pas des Maçons l'image que l'on s'en fait, à savoir celle d'individus libres et qui n'hésitent pas à dire ce qu'ils pensent.
On en est loin hélas!

claudius 17/09/2019 15:20

La Franc Maçonnerie depuis plus de 3oo ans qu'elle s'est constituée s'est développée en obédiences, en loges, qui se sont établies dans de nombreuses villes bâties sur toutes les terres émergées, or ces terres, ces villes,jusqu'à présent préservées des méfaits de l'homme, sont en danger du fait que l'homme inconscient, égoïste, est prisonnier des progrès matériels dont il est assoiffé, ce qui le conduit à piller la planète sans se soucier du devenir des générations à venir.
Au début de mon propos ,j'évoquais la Franc Maçonnerie, société d'hommes qui se considèrent comme des Frères, or ils semblent ignorer ce grave problème qui les touchent, ils sont cloitrés dans les loges, réfléchissent mais sont en fait inactifs, ils sont suffisamment nombreux pour avoir la volonté de s'intégrer pour s'opposer, trouver des solutions , nous ne les entendons pas, il serait temps que les obédiences émergent et donnent de la voix !!!!!!!
Claudius

claudius 16/09/2019 15:03

Ce blog a le grand mérite de nous faire découvrir par des synthèses de leurs écrits ,des hommes dont certains ont des qualités surprenantes tel: Marc Gontard, qui ont l'art d'exprimer avec clarté des analyses logiques dont nous avons besoin pour enrichir notre propre culture, pour comprendre l'évolution du comportement humain, et favoriser sa cohésion.
Sans la volonté de Jean-François d'actualiser son site , nous serions restés dans l'ignorance de leurs travaux.Si le blog est visité, il est regrettable qu'il soit vierge de commentaires ou si peu.

Levez le nez de vos portables, manifestez-vous !!!montrez que vous êtes des individus responsables, reprenez l'habitude d'écrire en phrases complètes et non hachées , la précision de la pensée et la diffusion des idées est à ce prix.
Claudius

Isabel FESSER DE GRACIA 15/09/2019 18:42

OUI!!! MERCI En plus je suis Citoyenne du Monde avec carte d'Identité nº 157266

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