Un blog d'information, de conversations sur le thème de la Franc Maçonnerie, des textes en rapport avec la Franc Maçonnerie, comptes rendus et conseils de lectures.
22 Octobre 2026
Le symbolisme donne un élan et un essor à l’imagination, il féconde l’élévation spirituelle. Pour l’initié en état de réception, ce sont les événements qui créent son choix et son élévation spirituelle. Les symboles mis à sa disposition lui permettent sa recréation spirituelle, qui devient permanente. Ainsi, nulle lassitude de l’imagination qui naît à partir de la vision d’un symbole, par nature vivant et propre à chaque individu. Thierry Didier, avec justesse et précision nous permet de comprendre ce mécanisme du symbolisme, qui n’est pas une école de pensée, mais une école à penser. Même le terme « école » ne convient pas, c’est une simple méthode. Il met en lumière à la fois les interactions de soi à soi, et de soi aux autres, et enfin, des autres à soi, ce qui fait que la richesse du symbolisme est inépuisable et est un enrichissement permanent grâce aux différents acteurs et à leurs différences propres. C’est du moins mon humble analyse.
Une loge maçonnique, grâce à tous les piliers vivants de ses colonnes, qui communiquent entre eux. Quand deux parties d’une réflexion spirituelle se rejoignent et s’emboitent malgré leur différence, il y a comme création d’une unité qui élève l’esprit.
Thierry Didier une fois encore, nous mène sur la voie de l’esprit. Avec Cette sagacité qui se retrouve dans tous ses ouvrages, il fait preuve d’une « une grande pénétration d'esprit, une finesse et une vivacité qui permettent de comprendre, de découvrir et de démêler promptement les choses les plus difficiles ou les plus cachées. » [1] La lecture de Thierry Didier est facteur d’enrichissement spirituel elle donne à chacun son salaire.
Jean-François Guerry.
[1] Définition de la sagacité.
Le symbolisme
Pourquoi le symbolisme est-il indispensable à la construction du maçon contemporain ? Après tout, les initiés des 18ème et 19ème siècle s’en sont passés, utilisant la morale, l’opératif, et un progressisme de l’Histoire, qui n’ont plus nécessité d’être aujourd’hui, en tout cas selon la trajectoire introspective qu’a adoptée l’écossisme depuis un demi-siècle. Avec le symbolisme, la nature de la méthode diffère, adaptée, en paraphrasant Malraux, à une civilisation plus spirituelle qu’auparavant. Mais l’esprit demeure identique aux biais passés, c’est-à-dire une dichotomie structurelle sur laquelle se fonder : Bien et Mal pour la morale ; tenon et mortaise pour l’opératif ; Anciens et Modernes pour la tradition, et donc symbole (phonétiquement symbolé) et symbolum pour le symbolisme. Le symbolisme n’est pas à proprement parler spiritualiste, c’est l’incidence qu’il peut avoir sur l’initié qui pourra conduire à une « élévation » de l’esprit. Cette élévation ne vient pas de nulle part : elle est fondée sur les 2 tenants déjà cités qui s’assemblent et se dissemblent en permanence, offrant l’énergie d’une liaison et d’une disjonction à celui qui désire s’édifier. Ce qui prime, en effet, dans la construction au sens large, est une façon de s’accommoder, et même de surfer sur une alternance de concepts, de postures et d’idées, car la construction est une suite d‘horizontales et de verticales édifiant progressivement l’initié, à la manière d’un mur mental et métaphysique, constitué pour toujours mais en éternel devenir. Et fondamentalement et donc géométriquement, il conviendra d’utiliser ce processus fait d’une alternance de clivages, de disruptions et de réassemblages, suivant une dualité d’attitudes mimant le cours éternel de la vie, et que l’on retrouve sans arrêt dans la légende des grades. En un mot, construire l’individu reviendra à reconstituer quelque part le cours de l’existence, en créant obstacles et issues, au sein d’un même continuum. Ce n’est alors pas le cours de l’existence qui deviendra initiatique, mais plutôt ce qu’en fera le maçon.
/image%2F1752520%2F20261022%2Fob_a79bac_capture-d-ecran-2026-10-22-a-08-39.png)
Pour le franc-maçon, le but de la pensée et de l'action sera donc de mettre en lumière tous les mécanismes de l'existence (frustration, joie, peine, colère, etc.…) afin de mieux comprendre le monde qui l’entoure. Il ne s'agit pas là d'une mince affaire car, dès que nous naissons, nous appartenons au gigantesque mouvement de la vie, et il est compliqué d'agir sur un milieu duquel on provient. Pour contourner cet obstacle, nous allons mettre en œuvre un mode de pensée qui sort des sentiers battus, ni intellectuel, ni manuel, ni même psychologique, un mode de pensée qui ne puisse pas être suspecté de relayer une quelconque forme de convention des idées. Ce mode de pensée est la pensée symbolique. En fait, la symbolique n'est pas à proprement parler une pensée mais un système, un choix, une voie particulière qui, même en empruntant des chemins connus, en l’occurrence ceux des outils de construction, utilisera comme levier le symbole, c'est à dire un mécanisme dynamique, qui échappera, du fait de sa mobilité, à toute emprise culturelle.
Pour pouvoir agir dans le cadre du plan, il faudra un mécanisme de même nature, qui puisse donc s’« accrocher » mimétiquement à la bidimensionnalité du plan : ce sera encore la mécanique symbolique qui, par son caractère duel, collera à cette contrainte binaire. Cette médiation par le symbole permettra un recentrage permanent de l’initié, comme si chacune de ses sorties n’était pas seulement accompagnée d'un retour à son identité propre, mais d’un retour augmenté du fruit de ses échanges. Ces interactions permanentes raconteront ces allers-retours de notre conscience, qui révèlera notre singularité. A cet égard, la pensée symbolique est alchimique, c'est à dire que par elle nous agissons sur ce qui nous transforme. La pensée symbolique correspond bien à l’humain, qui est fait d'influences variées qui le définissent à un moment T, mais qui est fait aussi de potentialités qui le rendent modelable, et donc évolutif. On a coutume d'imaginer le symbole comme constitué de 2 parties. Cette approche est nécessaire pour nous laisser imaginer que lorsque l'on regarde un symbole, celui-ci est présent en nous comme devant nous. Cela dit, ses 2 parties ne sont à aucun moment jointives, auquel cas deviendraient-elles aussitôt une forme inerte, prisonnière de son passé. Le symbole est donc formé de 2 parties distinctes, et d'un espace-temps qui les relie et les singularise. Cet espace -temps, c'est là où se développeront l'esprit critique, la pensée libre et le doute constructif. Tout sera alors question d'équilibre et d'appréhension réciproque, dans un mouvement qui ne cesse jamais, et c'est bien là la clé : ne jamais s'arrêter, car le Diable se cache dans l’inertie. C’est pourquoi se mêlent dans l’univers maçonnique des images apparemment statiques, telles que la pierre brute, le Pavé mosaïque ou les luminaires, qui vont être là pour poser les choses, et des concepts qui deviendront efficients quand ils seront mis en mouvement, ce seront les outils.
/image%2F1752520%2F20261022%2Fob_42a4b1_capture-d-ecran-2026-10-22-a-08-42.png)
En quoi finalement la mécanique symbolique des 2 premiers degrés est-elle importante et nécessaire ? Eh bien parce que cette symbolique inaugure les prémices de la substitution présente formellement à partir du 3ème degré du REAA, même si celle-ci est déjà présente au 1er degré par l’assimilation partielle de l’initié à la pierre brute. Il s’agira, avec la voie symbolique, de mettre à l’épreuve notre intelligence, afin de l’adapter à la suite de la progression initiatique. Cette mécanique sera basée sur un objet quelconque, une vision, une idée, une pensée, qui deviendra dichotomique dès lors qu’elle se verra soumise à la sagacité binaire de l’humain. Ces 2 « morceaux » , créés quelque part de toutes pièces, engendreront une dualité intrinsèque , favorisant, entre ses 2 tenants un espace vertueux que l’entendement humain cherchera à combler, et donc à parcourir de façon incessante et itérative : cette course déterminera au 1er degré la capacité de l’Apprenti à parcourir verticalement le fil de la perpendiculaire, et celle du Compagnon à visualiser à chaque gradient de ladite perpendiculaire un plan qui se déroulera et se cumulera avec une infinité d’autres plans d’une même nature,« étirant» intellectuellement la compréhension de l’initié et lui permettant au sein même de ce mouvement, de faire varier, de rendre plus souple son raisonnement sans jamais prendre appui sur autre chose que l’objet lui-même.
Thierry Didier.
ABONNEZ-VOUS EN DÉPOSANT UNE ADRESSE MAIL DANS LA FENÈTRE S’INSCRIRE A LA NEWSLETTER. (GRATUIT).
IL EST POSSIBLE DE S’INSCRIRE ANONYMEMENT DANS LA FENÊTRE NEWSLETTER ET RECEVOIR TOUS LES TEXTES AUTOMATIQUEMENT ET GRATUITEMENT.
POUR LES ABONNES : IL EST POSSIBLE DE RECEVOIR GRATUITEMENT LES TEXTES DES ARTICLES AU FORMAT WORD EN ECRIVANT A L’ADRESSE SUIVANTE :
INFO : LE BLOG RESPECTE LA LOI RGPD
WWW.LAFRANCMACONNERIEAUCOEUR.COM
DÉSABONNEMENT SUR SIMPLE DEMANDE SUR LE SITE OU À L’ADRESSE MAIL : COURRIERLAFMAUCOEUR@GMAIL.COM
ASTUCE : CLIQUEZ SUR LES IMAGES POUR LES AGGRANDIR.