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la Franc Maçonnerie au Coeur

la Franc Maçonnerie au Coeur

Un blog d'information, de conversations sur le thème de la Franc Maçonnerie, des textes en rapport avec la Franc Maçonnerie, comptes rendus et conseils de lectures.

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Découvrez en cliquant ici l'ensemble du programme des Entretiens d'été 2022 du 23 juin  au 1er septembre sur le thème :
 
Nous vous souhaitions un très bel été et vous embrassons bien fraternellement.

Alain Boccard
Président
 

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Publié le par Jean-François GUERRY
L'ACADÉMIE DE RAPHAËL

L'ACADÉMIE DE RAPHAËL

SAGESSE ANTIQUE – POUR MIEUX VIVRE – PART I.

 

Y a-t-il aujourd’hui et maintenant un besoin de sagesse ? Si oui, est-ce encore cette sagesse recherchée par les philosophes de l’Antiquité ? Et comment la pratiquer, où la pratiquer ? Est-elle encore nécessaire ?

« On peut vivre sans la philosophie, comme on peut vivre sans la Franc- maçonnerie mais moins bien. » (Jean-François Guerry- Exercices spirituels antiques et Franc-maçonnerie- Éditions Ubik 2021.

L’axiome de base est que la philosophie antique était théorie et pratique, et que la philosophie moderne est théorie. La philosophie moderne a un côté poussiéreux, celui des livres quelques fois ouverts et qui le reste du temps dorment bien rangés dans les bibliothèques, où deroeux en repassant, jette parfois un œil à la recherche d’une formule pour enrichir un cours magistral il faut bien quelques bons mots pour éveiller l’intérêt des étudiants qui rêvent d’obtenir un diplôme. Comment d’ailleurs pourrait-il en être autrement on informe, plus que l’on ne forme dans nos écoles et nos universités. Les étudiants en philosophie ne s’étonnent plus de rien. En 1929 le philosophe Alfred North Whitehead affirmait que toute la philosophie « se résume à une série de notes de bas de page à Platon. » On ne peut que faire le constat que la philosophie antique en Occident s’est développé dès le premier millénaire parallèlement avec les mouvements religieux et spirituels d’Orient. C’est le substrat de la spiritualité encore présente de nos jours même si elle se dégrade sous l’empire de l’homo economicus. Nous sommes encore aujourd’hui à essayer de comprendre pour mieux agir. Vous l’avez compris, au-delà des écoles philosophiques avec leurs dogmes, leurs erreurs, mais aussi leurs vérités le plus important est ailleurs.

C’est peut-être là le Miracle grec dont avait conscience Ernest Renan. Cette soif de connaissances, c’est envie de savoir, non pas de connaître pour connaître comme le disait Pierre Hadot. Mais de comprendre pour mieux agir, de changer notre regard sur nous-mêmes et sur le monde, de convertir notre regard. Il y a des lieux aujourd’hui, ou peut se réaliser cette conversion du regard. Certains d’entre nous ont le bonheur de les connaître ce sont les loges maçonniques.

                                                     Jean-François Guerry.

 

À SUIVRE…

GOZO -MALTE

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Publié le par Jean-François GUERRY
LA FRATERNITÉ UNIVERSELLE

LA FRATERNITÉ UNIVERSELLE

De la fraternité à la solidarité Part VI.

 

Selon Levinas, la fraternité n’est en rien une question importante pour soi. « Car la fraternité excède toute réciprocité ou égalité ». Ce qui est le propre de la solidarité. C’est ce qui constitue par excellence son éminence et son irréductible à la persévérance des étants dans leur être. La fraternité est la dignité de l’être, comme manière de se tenir dans la trace de l’infini. La fraternité nous assigne à une responsabilité pour autrui, je suis définitivement le gardien de mon frère. Elle précède et surplombe ainsi le sens et les engagements de la liberté. Sa place dans la devise républicaine devrait donc être avant la liberté et l’égalité, puisque rattaché au commandement tu ne tueras point. « Elle témoigne de la bonté du bien au-delà de l’être en « dénudant » sous le mois de chacun, non pas comme un point commun, mais un point d’extrême vulnérabilité à la souffrance d’autrui, du frère donc, un point d’où sourd, sans se tarir, l’exigence de la responsabilité pour lui. » (E Levinas) Le travail de la fraternité nous apparaît comme le passage du Je au Nous. Acte de solidarité, mais est-ce assez fort pour parler de fraternité ? Levinas écrit « le ‘tu’ se pose devant ‘nous’. Être nous, ce n’est pas se bousculer ou se côtoyer autour d’une tâche commune », où nous serions solidaires, « la présence du visage l’infini de l’Autre est dénuement, présence du tiers entre parenthèses c’est-à-dire de toute humanité qui nous regarde). Plus loin il précise : « que tous les hommes soient frères ne s'explique pas par leur ressemblance, ni par une cause commune dont il serait l’effet comme des médailles qui renvoie au même coin qui les a frappées. » d’où provient ce mystère de la fraternité ? « C’est ma responsabilité en face d’un visage me regardant comme absolument étranger et l’épiphanie du visage… Qui constitue le fait originel de la fraternité. » nous en arrivons sur les traces de la pensée de Levinas, à penser, la fraternité, autrement que par les ressemblances entre les êtres humains, l’idée du genre humain regroupant les diverses familles. La fraternité de Levinas est plus individuelle, responsable, unique, singulière au-delà d’une communauté de genre. La fraternité n’est pas symétrie mais asymétrie elle est plus exigeante que la solidarité. « Autrui qui me domine dans sa transcendance est aussi l’étranger la veuve et l’orphelin envers qui je suis obligé. » Sans succomber dans un trop facile syncrétisme. Je constate que la franc-maçonnerie nous oblige à voler au secours c’est-à-dire à nous élever, pour aller vers la veuve et l’orphelin. Cette veuve-t-on nous sommes aussi les enfants. Enfin le stade ultime de l’initiation maçonnique, le nec plus ultra nous commande d’aller seul dans le monde comme un soldat de l’universel. D’aller vers l’autre, plein d’une fraternité comme séparé de notre ‘je’ et de notre ‘moi’ pour passer au ‘tu’ et au ‘nous’. Si l’on s’en réfère à ce qui a pu apparaître comme une fraternité collective lors des événements de 2001 à New-York et 2015 à Paris, ce n’était en fait qu’une solidarité contre les intégrismes et les fanatismes. Même Edgar Morin quand il nous propose des appels à la fraternité,  nous indique la direction, le sens, pour l’atteindre alors que Levinas la place déjà au sommet de la montagne. La fraternité ne saurait être que des appels constants sans faits. Catherine Chalier spécialiste de Levinas illustre bien cette prépondérance de la fraternité dans notre devise républicaine quand elle écrit : « qu’est-ce que l’égalité qui n’est pas rachetée par la fraternité, sinon une nouvelle forme d’oppression ? Et qu’est-ce que la liberté, si elle induit la fortune autour de soi et s’accommode de l’indifférence au sort d’autrui, sinon l’alibi de la violence ? » En définitive la fraternité relève plus de la philosophie première, de la métaphysique que des sciences humaines et sociales. La science croit plus à la solidarité, plus concrète plus palpable, plus probable dirait Cicéron l’humaniste. La fraternité reste un mystère, elle a un lien avec l’originel. Nous avons sans doute souhaité associer la fraternité à la liberté et l’égalité pour donner un supplément d’âme à notre devise républicaine, ambition réduite au minimum au regard de ce qu’est réellement la fraternité. La fraternité est une véritable épreuve pour l’homme, puisqu’elle est amour inconditionnel et infini de l’autre. Épreuve parce qu’elle suppose que l’on doive aimer l’autre sans même le connaître, sans même se retrancher devant l’alibi de sa méconnaissance, de l’ignorance. Levinas ira encore plus loin avec son altérité préconisant la fraternité sans l’obligation d’humanité, qui induit sans amour une tolérance méprisante. Je vais conclure ces réflexions sur la fraternité et la solidarité qui laissent encore en suspension plus de questions que de réponses, je suppose pour vous comme pour moi.

Je conclus donc par un message d'espérance universelle auquel je crois encore, naïvement sans doute : qu’un jour tous les hommes seront frères. Comment y parvenir me direz-vous en reprenant peut-être les mots du poète Pindare (518 av. J.-C. 4 38 av. J.-C.) « Deviens ce que tu es, … quand tu l’auras appris. » plus fraternel.

                                                     Jean-François Guerry.

Bonnes Vacances

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LA FRATERNITÉ UNIVERSELLE

LA FRATERNITÉ UNIVERSELLE

DE LA FRATERNITÉ À LA SOLIDARITÉ – PART -V- Réflexions sur la solidarité.

 

« Tout groupe humain prend sa richesse dans la communication et la solidarité visant un but commun : l’épanouissement de chacun dans le respect des différences. »

                                                              Françoise Dolto.

 

« La solidarité fait retomber le mal des uns sur les autres, comme elle étend aussi le bien de chacun à tous et de tous à chacun. Elle oblige par là même la société à trouver un remède pour tout mal qu’il inflige à l’individu parce que ce mal tend à devenir social. »

                                                              Alfred Fouillée.

La fraternité est peut-être trop pure, trop belle, trop idéale si bien qu’elle a du mal à trouver sa place dans un monde ordinaire, réel ? Même dans notre société où l’on voudrait qu’elle la locomotive qui tire les wagons de l’égalité et de la liberté, elle manque de puissance. C’est sans doute pourquoi certains ont voulu lui substituer une valeur plus à notre portée : la solidarité. Cette solidarité, qui est moins prétentieuse, moins vaniteuse, moins globale, moins universelle. Cette solidarité de groupe, plus identifiable, plus pratique, c’est l’expression du coup de main passager pour faire face aux difficultés de l’individu, qui est alors soutenu par son groupe. J’ai promis d’aider mes frères. Je suis solidaire, mais serais-je fraternel jusqu’à donner ma propre vie ?

Au Solidarisme de Léon Bourgeois inspiré par le positivisme d’Auguste Comte, sur lequel nous reviendrons plus loin, Albert Fouillée a développé une pensée originale conciliatrice entre positivisme et idéalisme, liant à mon sens solidarité et fraternité. Il a associé la science comme mode de connaissance, au besoin de spiritualité de l’homme, à ses aspirations spirituelles inaccessibles dans leur totalité par la seule science. Le débat du choix entre solidarité et fraternité ayant perdu ainsi son sens, puisque qu’il y a plus opposition mais complémentarité entre ces deux valeurs, il ne reste qu’un débat sur la graduation de l’une par rapport à l’autre.

La fraternité, d’une grandeur insaisissable, peut provoquer de l’angoisse même de la culpabilité, la solidarité qui met en pratique le fait fraternel, apaise grâce à son expression matérielle, concrète. La fraternité poussée jusqu’à sa complétude est le fait d’êtres quasi mystiques, de grands initiés, chacun peut cependant faire œuvre de fraternité à son niveau. Plus la fraternité est cultivée, plus elle impose comme totalité et infini c’est alors l’altérité décrite par Emmanuel Levinas, cette altérité eidétique (Cf. E Levinas dans Totalité et infini). La sagesse aimée des philosophes antiques, par la connaissance des savoirs est dépassée dans le sens d’une élévation par la sagesse de l’amour : « Philosophie comme amour de l’amour, sagesse qu’enseigne le visage de l’autre homme ! » (E Levinas Totalité et infini. Préface à l’édition allemande Janvier 1987. Page IV- Biblio Essais).

Si j’évoque avec émotion souvent Levinas, et sa fraternité liée l’altérité, j’oublie volontairement le nom d’un philosophe qui a écrit : « la fraternité c’est bon pour les chrétiens, les francs-maçons et les imbéciles. » Cela fait beaucoup de monde quand même et peut-être lui-même dans le groupe des imbéciles bien sûr. (Avis personnel).

Charles Gide, professeur au collège de France, économiste, l’oncle de l’écrivain André Gide a écrit : « la fraternité, on laisse à ceux qui y croient encore le soin de la démontrer par des embrassades, mais les gens sérieux ne lui donnent pas plus de place dans la science que dans les affaires. » Il aurait complété : « la fraternité est un mot sonore… la solidarité un fait. »

Nous sommes aux environs des années 1870 -1880, les mots de Charles Gide auraient put êtres prononcés par nombre d’hommes politiques de l’époque, c’est le temps de l’idée de solidarité, les hommes pensent économie, cette économie liée aux progrès des sciences et techniques. L’état d’esprit des années 1880, n’est pas si éloigné de celui de 2022, qui pourrait nous dire aujourd’hui que la fraternité est en marche, qu’elle marche bien ? Les baisers fraternels des Frères et des Sœurs en maçonnerie paraissent bien incongrus à la plupart des gens. La fraternité semble être une affaire intime, la preuve d’une conscience morale élevée, une idée que l’homme est bon perfectible capable de grandeur d’âme. Pratiquer la fraternité vraie universelle et sans limites apparaît comme une religion. Alors que la solidarité fait plus société, et encore elle commence elle aussi à se diluer, se compter, se dégrader.

On ne peut pas judiciariser la fraternité la mettre en forme de lois, où alors elle perd son sens. La seule loi de la fraternité, c’est la loi d’amour, essayez donc de judiciariser l’amour ! Au fait a-t ’elle un début et une fin, totalité et infini ?

Il est plus facile d’introduire dans le droit la solidarité, que l’on peut rendre obligatoire par exemple avec l’impôt, la sécurité sociale, les organismes sociaux, les institutions mutualistes, les syndicats, les corporations. Ainsi la fraternité perd un peu de son aura, de son éclat au profit de la solidarité accessible au plus grand nombre.

La solidarité induit un rapport d’intérêt, un espoir de retour. Être solidaire c’est donner, c’est faire dans le but de recevoir une compensation, ou d’être assuré de la possibilité de recevoir. La fraternité c’est le don, le sacrifice sans attente d’un retour, c’est donner pour donner et de plus sans ostentation comme nous le recommande la Franc-maçonnerie.

Au début du 19ème siècle, les sciences et les techniques prennent leur essor, en même temps que les sciences humaines et sociales qui prennent le pas sur la philosophie, la métaphysique, les traditions, les religions. On célèbre la république laïque, plus solidaire, plus humaine. De nombreuses loges qui travaillent ou pas à la Gloire du Grand Architecte de l’Univers, optent dans leur patronyme le mot Solidarité. On voit fleurir des loges comme la Solidarité Bretonne, la Solidarité Mançoise, la Solidarité Normande etc…Parmi leurs fondateurs il y a de nombreux hommes politiques, souvent radicaux, aussi des enseignants, des membres de mutuelles. Les penseurs référents de la solidarité sont ceux qui croient en l’homme et le place au centre de tout, l’homme juste et bon comme pour Rousseau ou encore Locke qui prône la séparation des pouvoirs pour affirmer la démocratie. Avec son ouvrage majeur son essai sur L’Entendement humain, l’homme est capable de découvrir toutes les idées par l’usage de ses facultés naturelles. Ainsi l’on pensait auparavant que seule la fraternité pouvait être associée au règne de la justice, par son idéal de perfectionnement de l’homme. Peu à peu la solidarité prend sa place se substitue à elle.

C’est Léon Bourgeois, qui fût député, puis Président du Conseil, qui obtint le Prix Nobel de la Paix, il sera le ‘Pape’ du solidarisme. Il voulait associer le socialisme et le solidarisme comme en témoigne son ouvrage au titre de Solidarité de 1896, dans lequel il conceptualise un contrat entre les hommes quasiment inhérent à notre nature et la solidarité. « La solidarité est la règle suprême de la vie commune. » Un précurseur du fameux Vivre ensemble ou du spot de la Ville de Rennes Vivre en intelligence. Léon Bourgeois voulait absolument substituer la solidarité à la fraternité, il a été inspiré par le positivisme d’Auguste Comte héritage des lumières amplifié d’une manière rigoureuse s’attachant seulement aux connaissances découlant des faits. Ainsi la solidarité n’est pas une idée abstraite, mais se révèle réellement dans les faits. Pourtant je décèle un paradoxe, quand Léon Bourgeois affirme : « Les hommes sont solidaires par nature. » Emporté par son élan, voulant rendre la solidarité supérieure à la fraternité, il veut la sacralisée, en faire une vertu donc quelque chose qui se cultive et non inhérent à la nature de l’homme sinon de manière embryonnaire, c’était sans doute le fond de sa pensée ?

Je poursuis son raisonnement si la solidarité n’est pas une vertu, qu’elle ne se cultive pas, alors la métaphore qui consiste à la comparer au corps humain dont les membres sont solidaires et tiennent les uns par rapport aux autres devient complexe ?

Léon Bourgeois ira jusqu’à écrire concernant le mot solidarité à propos de la devise républicaine : « Je souhaiterai qu’on puisse la placer en premier, parce qu’en théorie et en fait, il précède tout, et c’est là que naît toute société. »

On pourrait avoir le même désir avec le mot fraternité. Mais la fraternité lui semblait sans doute trop difficile à atteindre, trop métaphysique, trop incertaine, réservée à des initiés qui ont appris qu’elle n’est peut-être pas totalement innée mais seulement embryonnaire, à l’exemple de Caïn et Abel, qu’elle demande efforts, travaux constants sur nous-mêmes, de plus même le travail n’est pas synonyme de réussite en ce domaine, et pourtant il faut le faire.

Pour conclure temporairement cette Part V, deux thèses s’opposent celle des positivistes, des solidaristes qui pensent que la solidarité active affaiblie la fraternité qui ne serait qu’une idée, un concept. Inversement ceux qui prônent la fraternité pensent qu’elle est mère de la solidarité. Je pense (donc subjectivement) sous le prisme partisan de la Franc-maçonnerie que les deux sont liées, je penche pour l’idée que la fraternité est la mère de la solidarité, mais que serait une mère sans enfant, de même que serait un Franc-maçon pratiquant des vertus théoriques en loge et même pratiques avec ses Frères et qui serait incapables de les traduire dans une forme de solidarité humaine dans le monde profane. Pour moi enfin, la solidarité ne peut se priver de la fraternité qui est sans espace et sans bornes, qui n’attend aucune récompense, qui est totale et infinie, elle est un don, un sacrifice envers l’autre, celui que je connais qui est mon Frère, ou celui qui fait partie de mon groupe, mais aussi celui que je ne connais pas qui est lointain, parce que rien ne les sépare si ce n’est mon ignorance. N’est-ce pas un combat maçonnique que de vaincre l’ignorance ?

 

« Désormais la solidarité la plus nécessaire est celle de l’ensemble des habitants de la terre. » (Albert Jacquard). Cette solidarité-là, a des airs de fraternité.

Bien Fraternellement.

                                            Jean-François Guerry.

 

À SUIVRE : De la fraternité à la solidarité Part VI- Un retour de la fraternité ?

Malte

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Publié le par Jean-François GUERRY
LA FRATERNITÉ UNIVERSELLE

LA FRATERNITÉ UNIVERSELLE

DE LA FRATERNITÉ À LA SOLIDARITÉ -PART -IV-

 

« Sans la fraternité la liberté conduit à l’égoïsme »

                                                               Paul Bert.

 

Paul Bert, médecin, homme politique, député radical, successeur de Jules Ferry au ministère de l’éducation nationale, anticlérical convaincu était pourtant persuadé de l’importance de la fraternité. S’il ne fut pas Franc-maçon, il fut proche de Jean Macè « qui en était !» Paul Bert  avait une vision particulière c’est un euphémisme de le dire de la fraternité, il participa à la diffusion de thèses racialistes et racistes, un extrait de ses ouvrages : « Les nègres ont la peau noire, les cheveux frisés comme de la laine, les mâchoires en avant, le nez épaté, ils sont bien moins intelligents que les chinois et surtout les blancs (…) Il y a des hommes qui sont vraiment inférieurs. » Certains ont voulu adoucir ses propos en vouloir voir en lui un anthropologue mais quand même ! On s’interroge sur la nature de la fraternité de ce laïque anticlérical et de surcroit ministre de l’éducation nationale. Pourtant aujourd’hui nombre d’établissements publics affichent son nom à leur fronton donc des établissements d’enseignement, des rues, des places partout en France, il y a même une station de métro à son nom à Lyon. On peut  penser que Paul Bert n’était surement pas un parangon de la fraternité, mais comme la fraternité est quelque chose qui nous dépasse, qui dépasse ce que nous sommes !

Régis Debray Photo Philosophie Magazine

Régis Debray a écrit : « On est frères en quelque chose qui nous dépasse…car c’est ce qui nous dépasse qui nous ressemble. » La fraternité il y a consacré un ouvrage sous le titre : Le moment fraternité. Il parle d’un défi crucial de notre temps, et que la fraternité est la source créatrice du « Nous » durable. Je dirais personnellement éternel. Il parle de cette fraternité qui fait référence à une sacralité séculière ou révélée. Il établit aussi une relation entre les droits de l’homme et la fraternité un droit qui s’exprime qui s’exprime dans la solidarité humaine. Personnellement je pense que si la fraternité est un droit (elle est inscrite dans la devise républicaine), elle est aussi un Devoir. Sans trahir sa pensée je pense quand sa qualité démontrée d’activiste, il aspire à une fraternité active dynamique. Qui soit autre comme il le dit qu’un « fumigène » brandit, une fraternité qui soit un labeur journalier, une exigence donc un Devoir.

La fraternité ne peut pas être une succession de moments alibis pour apaiser notre conscience, elle doit vivre à chaque instant dans nos rapports avec l’autre. En lisant Le moment fraternité de R. Debray, et en regardant notre société on ne peut qu’être d’accord sur sa nécessité. Il écrit : « Que l’économie seule ne fera jamais société. » rejoignant ainsi Antoine de Saint Exupéry quand il disait que les chiffres et les statistiques n’ont pas d’humanité, et que l’on « ne peut pas continuer de vivre en s’occupant de frigidaires, de politique, de bilans budgétaires et de mots croisés… »

On n’aime, ou on n’aime pas R. Debray pour ses positions politiques, mais l’on peut fraternellement reconnaitre « la force de son esprit contraire », qui le mène à avoir et vivre une fraternité avec ceux qui sont rejetés et qui sont nos frères en humanité. Il est « quelqu’un qui fait toujours pencher le balancier du côté opposé où ça tire. Non pas par provocation, mais pour garder l’équilibre. » En s’efforçant de s’attacher au concret, il s’attèle à la pratique de la fraternité au-delà des verbiages, il s’engage à faire fraternité parfois mal à propos qu’importe et que celui qui n’a pas fait d’erreur pendant toute sa vie lui lance la première pierre.

Persuadé que pour tenir une société debout et digne il faut ce ciment de la fraternité, quelque qu’en soit la source, que cette source soit révélée par une pratique religieuse ou pas, elle est sacrée et spirituelle. Il a dit « En laissant s’évanouir son sacré républicain la France s’effiloche en communautés propres à coup de lois mémorielles. » R. Debray Philosophie Magazine.

Pour ma part, je suis en accord avec cette formulation, les extrémistes et les intégristes de toutes sortes ont du mal à comprendre que la fraternité est le contraire d’une fratrie. Faire œuvre de fraternité c’est unir tous les hommes, remettre de l’ordre dans le chaos, c’est-à-dire combattre tous les despotismes pour faire régner la justice avec la force de son épée, la justesse de sa balance et sa loi d’amour pour les hommes de bonne volonté.

                                            Jean-François Guerry.

 

À SUIVRE : De la fraternité à la solidarité Part V, Brève réflexion sur la solidarité.   

Quiberon

Quiberon

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Publié le par Jean-François GUERRY
LA FRATERNITÉ UNIVERSELLE

LA FRATERNITÉ UNIVERSELLE

DE LA FRATERNITÉ À LA SOLIDARITÉ -PART-III-

 

« Chaque homme à des devoirs envers l’homme en tant qu’homme. »

                                                                                  Henri Bergson.

 

La révolution américaine de 1783 avec George Washington qui ne fût pas un parangon de la fraternité, on ne peut oublier qu’il avait comme beaucoup à cette époque de nombreux esclaves dans ses propriétés. Puis la révolution française, qui annonça les lumières, la fin de l’obscurantisme religieux et du pouvoir de l’église sur la société sonnèrent le glas de l’exclusivité du message évangélique de la fraternité. Dieu n’était pas encore mort, mais l’on tournait plus son regard vers l’homme, l’idée de Dieu, le principe de Dieu s’incarnat un temps dans l’être suprême, la Raison Suprême, un ersatz de Dieu l’homme ayant toujours un besoin de croire à une puissance, un principe supérieur, indéfinissable que les Francs-maçons appellent le Grand Architecte de l’Univers laissant à chacun sa liberté d’interprétation. Bien plus tard l’on chercha d’autres sources à la fraternité. Henri Bergson a proposé une fraternité ayant deux sources : la morale et la religion. En 1932 avec la montée des périls en Europe (toute recherche de correspondance avec notre actualité n’est pas à exclure) le besoin de fraternité se fit ressentir. Bergson constata que les origines de la fraternité étaient religieuses comme dans le christianisme avec la loi d’amour, philosophique avec les stoïciens, qui plaçaient au-dessus de tout la loi morale comme étant le bien suprême ; jusqu’aux lumières qui voulaient l’union fraternelle de tous les hommes. Ainsi la fraternité s’associait à l’altérité. Nous y reviendrons plus tard avec Emmanuel Levinas le philosophe de l’altérité. Nous l’avons dit précédemment selon Bergson la liberté et l’égalité sont le cadre de la fraternité. Il abonde cette pensée en disant : « La fraternité est seule à même de réconcilier ces deux sœurs ennemies que sont la liberté et l’égalité. »  En la confirmant par cette affirmation : « L’homme est un frère avant d’être un concitoyen. »

Cela mérité de s’attarder sur son ouvrage majeur : Les deux sources de la morale et de la religion. Pour Bergson une partie du moi de l’individu est « le moi social », il en découle l’obligation de la culture de ce moi, ce qui est essentiel pour notre vie en société. Pour vivre en société nous avons donc un Devoir de fraternité ou à minima un Devoir de solidarité. La solidarité devient le minimum de la fraternité son obligée. La fraternité est donc la source l’énergie de la solidarité.

L’homme être pensant, a un instinct grégaire, il aspire à vivre en société, même si la société est grande elle reste un espace défini, ce qui convient bien à l’entendement, la raison humaine. Dans cet espace clos l’homme exerce cette fraternité de l’entre-soi, qui est une solidarité entre les membres d’une même société, cette forme de fraternité se dilue, s’amoindrie entre les sociétés distinctes, la solidarité elle-même s’estompe sous les coups de l’ignorance de l’autre, de celui d’une autre société. On se reconnait comme tels plus facilement dans une société, dans un autre-soi. Ailleurs c’est plus difficile, la fraternité avec notre lointain est plus difficile qu’avec notre prochain. Quand le lointain s’approche, notre défiance augmente sous l’influence de notre ignorance, l’étranger est étrange.

Ce qui distingue à mon sens la fraternité de la solidarité, c’est que la fraternité est ouverte, universelle, infinie à contrario la solidarité est close l’espace ou elle s’exerce est restreint. Les solidarités de groupes sont visibles identifiables, corporations, clubs, membres, syndicats, mutuelles. La fraternité est plus complexe elle englobe plus la totalité des êtres, elle n’est pas que de corps elle est aussi d’esprit, l’âme est plus fraternelle que solidaire.

Bergson précise, la nation est une société close : « Or entre la nation, si grande soit-elle et l’humanité, il y a toute la distance du fini à l’infini, du clos à l’ouvert. » (H. Bergson Les deux sources de la morale et de la religion PUF Quadrige Paris 2000 Page 27).

En réalité Bergson ressent cet écartèlement entre le moi social et le moi totalement individuel. La solidarité s’insère mieux dans le moi social et la fraternité se rattache à une morale universelle. La fraternité est la mère de la solidarité elles restent dans ce rapport mère fille facilement dans une même société, une même nation. Mais plus difficilement dans deux cadres différents, dans deux nations différentes. La fraternité transcende la solidarité, la solidarité seule ne peut rien pour les grandes causes elle ne peut pas empêcher les guerres et les conflits.

On peut aller plus loin, jusqu’à penser que la solidarité soude les groupes et fractionne en même temps d’une manière générale, nous aurions un archipel (voir Jérôme Fourquet) de groupes solidaires indépendants dans notre société, groupes manipulables au profit de certains et au détriment d’autres, d’où la nécessaire fraternité qui seule permet la réalisation d’un centre d’union des hommes. La fraternité seule peut empêcher les conflits, étant reliée au commandement « tu ne tueras point. »

La fraternité, est plus forte que le simple respect de l’autre, que la tolérance de l’autre qui induit une forme de mépris conciliant, mais pas l’amour de l’autre. La fraternité est un amour pur sans l’attente d’une récompense d’une contrepartie, ce qui n’est pas le cas de la solidarité.

Il y a une ascèse, une pratique de la fraternité, il est demandé au myste en Franc-maçonnerie de pratiquer la fraternité. Bergson identifie deux sortes de mystiques, je dirais en raccourci ceux de théorie, les plus utopistes les mystiques religieux qui veulent se fondre avec Dieu, s’en approcher de si près que l’on ne les différencie pratiquement plus de Dieu, ils se désincarnent et se déshumanisent presque. Bergson lui pense qu’il y a aussi des mystiques actifs capable par leur ascèse de contempler l’un, mais aussi d’agir, ceux-là sont vraiment fraternels. Je ne puis m’empêcher de faire une analogie avec les Francs-maçons de théorie et ceux qui ne rejetant pas les lois morales, les vertus les pratiquent. Ceux-là travaillent sur eux-mêmes, avec leurs frères et tentent de s’améliorer sans cesse, de se perfectionner sans cesse, ils acceptent les épreuves initiatiques auxquelles ils sont soumis, afin d’élever progressivement leur conscience, convertir leurs regards, se tourner vers le bien, le bon et le juste. Ceux-là, quand le masque tombe, quand ils sont prêts dans leur cœur, ils sont prêts aussi à serrer dans leurs bras leurs anciens ennemis qu’ils voient dans la chaîne d’union fraternelle des hommes, les reconnaissants pour Frères. Imaginons un instant, un seul instant que tous les hommes soient capables d’une telle fraternité, alors le monde serait changé.

Je termine avec Bergson sur la religion, il la divise en deux catégories : une religion statique, une institution sociale qui permet à l’homme de vivre en société, mais qui ne permet pas de transformer le monde, le monde reste en l’état. La deuxième catégorie est une religion dynamique, qui transforme liée à une morale ouverte à une fraternité universelle. En conclusion Bergson a écrit un hymne à l’amour universel qui est aussi la fraternité. Nous étions en 1932, c’était avant le séisme qui allait fracturer les nations européennes.

 

« J’ai rêvé d’un monde de soleil dans la fraternité de mes frères aux yeux bleus. »

                                            Léopold Sédar Senghor.

                                    Jean-François Guerry.

 

À SUIVRE : De la Fraternité à la solidarité – Part IV- J’évoquerais le moment fraternité de Régis Debray, l’étonnante quête de l’auteur, sa nostalgie du « Nous » qui n’est plus et qui pourtant fait la force du sacré. Son amertume de la perte de fraternité.     

Je ne vous présente plus ce Blog, ne garder pas cette adresse pour vous faites-en profiter vos amis et vos Frères.

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SENTIMENT OCÉANIQUE

Sur le chemin de crête

jdumonteilmecom

Juil 31

Ce chemin de crête, c’est le sentier de nos incertitudes. C’est l’endroit le plus beau de la terre, loin des conformismes de la plaine paresseuse et de ses autoroutes de certitude. N’ai pas peur de l’incertitude. Elle te tient en vie. Elle n’est pas le relativisme où tout se vaut. C’est le sentier de la solitude et de la sollicitude car tu sais bien que tu n’es pas seul sur ce chemin. La vérité des choses n’est accessible qu’à ceux qui ne sont pas barricadés derrière leurs certitudes.

Ce n’est pas toi qui domines la voie étroite, c’est le chemin qui fait l’altitude. Tu te contentes d’avancer comme tant de devanciers l'ont déjà fait. Progresse pas à pas, au risque de trébucher parfois, mais confiant dans le chemin, le seul endroit où l’on voit, large, l’horizon lointain. Avance en confiance, pas à pas, sans craindre les aspérités du sentier. Avance dans le courage de la confiance, dans l’abandon et la lenteur du jour qui bientôt s’achèvera, accompli. Bientôt viendra l’étape où tu retrouveras d’autres marcheurs espérant.

N’aie pas peur de l’altitude, vise les cimes mais n’oublie pas la vallée de nos jours. Aime ta solitude, goûte le silence qui te parle, fort et franc comme l’infini de nos questions sans réponse. Avance dans la contemplation de la vie qui bruisse. Tout est vivant, tout respire. Écoute, regarde et avance. Reconnais les pas qui ont précédé les tiens. Leur trace a créé le chemin. Souviens-toi du souffle de ceux qui ont marché avant tout. Aime la voie où tu n’es jamais seul de ces souffles, de ces rêves et de ces espérances. Fraternité de marcheurs, dans l'apparente solitude de la marche qui nous relie si fort. Aime cette solitude qui ne sera jamais l’isolement du terrier. Marche et contemple. Infiniment présent, espérément aimant. 

 

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DE LA FRATERNITÉ À LA SOLIDARITÉ -PART-III-

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Publié le par Jean-François GUERRY
Le renoncement.

Le renoncement.

BILLET D’HUMEUR SANS HUMOUR : LE GRAND RENONCEMENT.

 

« L’œuvre absurde illustre le renoncement de la pensée à ses prestiges et sa résignation à n’être plus que l’intelligence qui met en œuvre les apparences et couvre d’images ce qui n’a pas de raison. Si le monde était clair. L’art ne serait pas. »

Albert Camus- Le Mythe de Sisyphe.

Samedi 30 juillet 2022, il fait beau, la mer est belle, la vue magnifique et pourtant l’horizon s’obscurcit. J’ouvre le journal du monde, le Monde page 23. Le titre d’un article de Robert Zarader m’intrigue : « Nous sommes dans une société du renoncement », au bas de l’article l’auteur est qualifié d’économiste et d’influenceur, intéressant ! Va-t-il influencer mon jugement ?

Comme le dit pas assez souvent mon épouse, compte-tenu de mon attitude : tu vas encore râler, t’indigner, te révolter, bouger quoi, comme si tu pouvais changer le monde !

Journal le Monde 30 juillet 2022

Pourtant l’article parle de démissions, de renoncements, une fois de plus je ne suis dépassé, atteint par la limite de mon âge, plus dans le coup, sur le coup quoi. Il y a des démissions massives dans le monde du travail, ma tendance serait de dire, Si le chômage n’était pas autant indemnisé, si les prestations sociales étaient moins généreuses et surtout vraiment réservées à ceux qui sont dans le besoin ou handicapés par la vie. J’entends derrière moi, ça y est c’est parti, il râle. Pourtant j’ai mal lu, il ne s’agit pas de licenciements, mais de démissions ! Je râle quand même, alors que les entrepreneurs, les forces vives cherchent partout du « personnel, du petit personnel de préférence ». L’économiste parle d’une sorte de droit de retrait du travail, comme un risque, y aurait-il une amplification des risques au travail, le travail serait-il soudainement devenu plus dangereux. Non ! Décidemment, je râle encore, les « gens » sont de plus en plus paresseux ils sont trop gâtés, de mon temps ! D’ailleurs comme le souligne l’économiste les gens ne se déplacent même plus pour voter, 70% des jeunes n’ont pas voté aux élections législatives c’est dire ! Je suis complétement déphasé, moi qui célèbre encore la gloire au travail, le travail qui rend l’homme libre, lui donne sa dignité, moi qui pense que voter est un Devoir civique (on n’est plus que 50% visiblement) tout ça c’était donc avant, mais avant quoi ? Je poursuis ma lecture de l’article, car au fond je ne peux pas me résoudre à penser que c’était mieux avant, car je vois bien qu’il y a eu des progrès pour tout le monde dans tous les domaines. Pourtant il semble qu’une forme de paresse se généralise, alors je me dis c’est une mode comme d’habitude cela vient des États-Unis, ce serait une forme de coquetterie de la jeunesse, ou des nantis, des bobos etc…On entend souvent maintenant, je fais ce qui me plaît, quand cela me plait, le temps que je veux, c’est moi qui décide. Robert Zarader suggère une explication tout cela serait apparu avec le fameux low cost. En matière d’alimentation le low cost, c’est une économie du renoncement. « Vous renoncez à la qualité en échange de petits prix, c’est mortifère ! »  

Robert Zarader.

Ce fameux renoncement est partout, par exemple en matière de voyage en avion. C’est un constat (et une appréciation personnelle, appréciation d’enfant gâté dirait mon épouse, sans avoir tort elle est comme Jiminy Cricket la conscience de Pinocchio ), d’abord il n’y a plus d’horaires papier, j’aimais les lire et les relire ces horaires, les noms de destinations résonnaient comme des musiques, des promesses de découvertes, des images d’exotismes. Il n’y a plus de billets papiers que l’on gardait parfois comme des trophées, comme preuves que l’on avait fait le voyage de New-York, de Montréal ou de Dehli, il y avait du rêve dans ces bouts de papiers, dans ces cartes d’embarquements qui me servaient de marque pages dans mes livres : Arrivée 19h 00 PM New-York JFK porte 1 terminal B. Il n’y a plus non plus ces étiquettes indécollables soigneusement mises de travers mes bagages qui donnaient cette impression d’urgence, plus de bagages donc plus d’étiquettes tout ça jeter dans la caisse des oublis, remplacé par des notifications éphémères du smartphone dans le Wallet. Je ne vous parle pas de l’accueil à l’aéroport, réduit à son maximum, ni des sièges dans cabines, avant c’était les bagages qu’on entassait dans les coffres, aujourd’hui c’est nous, nous ressemblons à des poules en cages attendant sans bouger un hypothétique verre d’eau gratuit. Pour finir avec cette apocalypse organisée, on ne parle plus des horaires de départ et d’arrivée ils sont devenus aléatoires. On parle de la chance que nous avons eu d’être arrivé à l’heure promise, comme d’un exploit de l’aéronautique au temps de Mermoz ou St EX. C’est ça le low cost, c’est ça le progrès parait-il, je le concède, le low cost a permis d’ouvrir les portes des avions à tout le monde, même aux écologistes chevronnés qui grimpent les passerelles en courbant la tête. Je sais ce que vous pensez avec raison. Il nous fait du Radio Nostalgie. Je reviens à mes moutons.

Le renoncement se généralise, il parait, selon Robert Zarader que plus de 30% des bénéficiaires potentiels du R S A, y renoncent trop compliquer, trop de bureaucratie, de contraintes, et de stigmatisations. Plus encore, de nombreux français renoncent aux soins médicaux ou espacent leurs soins, en cause les déserts médicaux. C’est surement vrai, vu que lorsque l’on obtient un rendez-vous avec un médecin, soit le mal s’est aggravé et l’on est allé encombrer les urgences, soit le mal ou la crise est passée. En fait je pousse un peu, je suis même de mauvaise foi, personne ne m’empêche d’aller habiter en centre-ville ou dans les zones riches et prospères là ou s’installent tous les médecins, je ne sais pas quelle idée j’ai eu de vouloir habiter dans un joli village ou une petite ville à taille humaine comme on dit, bizarre que l’on se préoccupe plus des jardinières de fleurs que des humains dans ces jolies petites villes. On manque de médecins ! On manque surtout de médecins qui veulent travailler 60 h ou 70 h par semaine incroyable non ? C’est vrai qu’il y a aussi une bonne proportion d’entre eux qui d’emblée par convenance personnelle renoncent à travailler plus que la moitié du temps, c’est leur liberté, après tout nous sommes dans un pays libre, l’exercice doit être libre, même quand la collectivité a financé quasiment à 100% de leurs études, pour qu’ils ne travaillent qu’à mi-temps cherchez l’erreur.   

Donc comme le dit Robert Zarader dans son analyse : « Nous sommes fatigués de cette politique. » C’est donc pourquoi, nous ne renonçons pas par que nous sommes paresseux cqfd. Il est vrai, que la politique est faite de promesses et de communications, de pansements et de baumes soporifiques, suivit d’actes inexistants ou ratés. J’entends encore derrière moi, Jiminy Cricket arrête de râler !

L’auteur se lance, il convoque le Général de Gaulle comme tout le monde quand ça va mal ! Il cite, ses Mémoires : « Le vide effrayant du renoncement général. » (Après la défaite de 1940). On a l’impression que nous avons renoncés aujourd’hui même avant la bataille. Il y a quelques temps on parlait de bataille pour l’emploi, aujourd’hui il semble qu’il y est une mobilisation pour ne pas travailler. Personne, surtout pas les politiques ne semblent être en capacité de résoudre ce problème. Il suffit de voir leurs airs surpris, ébahis, abasourdis, devant la guerre Ukraine. Comme s’ils découvraient que la moitié des états de la planète sont dirigés par des dictateurs (1), des despotes (2). On en vient à se poser la question s’ils n’étaient pas partis à la pêche avant leurs électeurs ? Résultat Robert Zarader écrit à propos du travail : « On le quitte parce que on en a assez, assez d’être mal traités, mal payés, mal considérés. »

Conséquence Monsieur Paul Emploi cherche désespérément avec sa lanterne à la main quelques volontaires qui veulent travailler dans les hôpitaux pour un peu plus, mais pas trop, que quelques applaudissements au moment d’une crise sanitaire, ou des assistantes maternelles, dans  les crèches qui reçoivent  les enfants que les mamans sont obligés de laisser pour remplir le frigo et payer les mensualités du prêt immobilier à la banque, ou le loyer qui a encore augmenté, on cherche aussi du personnel (petit) dans les EPHADS où l’on abandonne nos anciens comme des vêtements usagés. Ces EPHADS qui ont parfois plus le souci de servir leurs actionnaires que leurs employés ou leurs résidents, on cherche aussi des employés dans les restaurants dont les exploitants s’étonnent qu’ils ne veuillent plus travailler 40 ou 50 heures semaine samedi dimanche et fêtes pour un peu plus que le Smig, et pour conclure, même l’éducation nationale à qui l’on confie nos enfants qui sont l’avenir de notre nation ! Peine à trouver des enseignants qualifiés etc…

Robert Zarader évoque certaines statistiques qui parlent de 470 000 démissions de C D I (Dans un temps récent encore le Graal des contrats de travail) au premier trimestre de cette année. Il met en garde nos gouvernants : « Le grand renoncement est le précurseur d’un grand effondrement. »  Le remède comme je le pensais à tort, ne serait pas seulement dans la restriction des allocations chômages, dans la suppression des prestations sociales. Mais peut-être faut-il remotiver les troupes ! Peut-être faut-il un général, pour prendre soin des soldats qui veulent encore travailler, les récompenser à leur juste valeur, leur promettre des galons et des augmentations de salaires, un avenir quoi ! Donner du sens, un sens à leur travail, au travail.

L’auteur évoque en aparté le fait que l’on n’a par ailleurs pas renoncé : « Au charbon, au pétrole, au gaz russe, à la malbouffe, à l’élevage en batterie… » Comment dès lors convaincre et motiver les jeunes en particulier, qui sont souvent plus intéressés que nous-mêmes par les problèmes environnementaux et l’avenir de notre planète.

La politique s’est peu à peu transformée et réduite à de la communication, qui maintenant tourne en boucle sur les chaînes d’informations en continu, communication qui finit par tourner dans le vide. On informe simplement, on n’agit plus, on ne forme plus. Robert Zarader craint que chaque groupe social, politique, se cristallise, qu’il n’y est plus de jonctions entre les différents groupes, la France déjà fracturée va alors devenir une poudrière, une tour de Babel. À force de diviser pour régner, d’aller à la pêche aux voix, la pêche déjà très mince, le sera de plus en plus. Robert Zarader craint que « le grand renoncement se transforme en un grand renversement. »

Alors oui ! Malheureusement, je m’étais trompé nous ne sommes pas devenus paresseux et avides de nous gaver de prestations sociales et même si c’était le cas, renoncer à la paresse et aux prestations ne résoudrait pas notre problème, il faut redonner du sens à notre engagement au travail. Il est temps de se remettre au travail et faire que travail soit une œuvre et d’avoir à nouveau l’esprit politique c’est-à-dire comme le disait Hannah Arendt : « de soucier d’avantage du monde que nous-mêmes. »

Avec ma demande d’excuse pour ce billet pessimiste en période de vacances alors que la lumière est encore à son zénith, qu’il est midi plein le temps du travail, bon travail à tous.

« Appelles-tu liberté le droit d’entrer dans le vide ? C’est plutôt un renoncement à notre vocation d’homme. »

Antoine de Saint Exupéry.

                                   

                                                     Jean-François Guerry.

                          

  1. Dictateur dans l’antiquité : Magistrat nommé en cas de crise grave, investi, pour un temps déterminé, d’un pouvoir illimité. Aujourd’hui le dictateur prend le pouvoir dans sa totalité, quand le peuple est faible (a renoncé) pour un temps illimité.
  2. Despote : Souverain qui gouverne avec une autorité arbitraire et absolue. La ligne de crête est mince entre le despotisme et la monarchie, entre le despotisme et la démocratie quand cette dernière est exercée par un seul homme. Le dirigeant adroit et respectueux du peuple cherche l’harmonie entre « dêmos » le pouvoir du peuple et « Kratos » le commandement, c’est un démocrate.

À LIRE : Robert Zarader « Nous sommes en plein dans une économie et une société du renoncement. » Journal Le Monde du Samedi 30 juillet Page 23.

Bio en Bref de l’auteur : Robert Zarader Né le 18/01/1955 à Alger Dr es sciences économiques. Il fût militant anarchiste. Secrétaire général du Cercle des Économistes. Conseiller du Président François Hollande, ami de Gaspard Gantzer. Il aurait été à l’origine de la formule « un président normal » Il a soutenu le Président Emmanuel Macron en 2017 il serait aussi à l’origine du slogan « La France en marche »    

Robert Zarader : « Nous sommes en plein dans une économie et une société du renoncement »

De l’abstention à l’abandon de droits sociaux souvent trop difficiles à obtenir ou aux démissions massives, la société française est à l’heure d’un retrait général inquiétant, analyse le communicant et économiste, dans une tribune au « Monde ». A tel point que notre vie politique pourrait en être bouleversée.

À SUIVRE : DE LA FRATERNITÉ À LA SOLIDARITÉ -PART III-
Belle-Ile en Mer.

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Publié le par Jean-François GUERRY
LA FRATERNITÉ UNIVERSELLE

LA FRATERNITÉ UNIVERSELLE

DE LA FRATERNITÉ À LA SOLIDARITÉ – PART-II-

 

« La liberté et l’égalité sont conçues comme un cadre que la fraternité vient remplir. » Bergson.

 

Les religions du livre, et plus particulièrement le judaïsme et le christianisme ont fait de la fraternité ‘leur propriété’. Il suffit de relire la genèse sous le prisme du symbolisme, l’épisode relatant le meurtre d’Abel par son frère Caïn et cette interrogation célèbre de Caïn : « Suis-je le gardien de mon frère ? » Cette interrogation sert encore de nos jours de thème de travail dans les Loges maçonniques et dans le monde profane. Le nouveau testament avec la loi d’amour du plus humble de tous : « Aimez-vous les autres, comme je vous ai aimé ! ». Ainsi que le 5ème commandement : « Tu ne tueras point ! », fondent la fraternité humaine universelle. Cette fraternité a été et demeure un marqueur des religions jusqu’au siècle des lumières. Elle est donc une idée, un principe, ce n’est qu’au moment des révolutions de 1789 et 1848 qu’elle deviendra aussi un concept, puis un concept juridique quand elle fût associée à la liberté et l’égalité.

La fraternité a -t’elle perdue de sa force de sa puissance en passant d’une idée, d’une valeur, d’une vertu à un simple concept juridique ? Personnellement je pense que oui, elle a perdue son caractère universel. C’est un peu comme la spiritualité qui a perdu sa pureté son universalisme quand elle a été caractérisée de religieuse ou laïque, elle a été réduite, fractionnée, elle n’est plus une unique.

La fraternité associée à la loi d’amour, à la vertu de charité a perdue de sa potentialité quand elle est associée à la liberté et à l’égalité et surtout mise en troisième position ! Comment être libre, comment être l’égal de mon Frère si je ne pratique pas la fraternité ? Je ne vous rappelle pas la première lettre de Paul aux Corinthiens 13,1-3 sur la vertu de charité.

Les révolutions de 1789 et 1848 ont essayés de faire de la fraternité une question de droit, ce qui semble logique la fraternité étant inscrite au fronton de nos édifices publics. Mais comment inscrire dans une loi sociale, ce qui par nature est présent dans le cœur des hommes. Dans notre société minée par l’individualisme, il faudrait écrire partout fraternité, et pas seulement sur nos édifices publics, comme Paul Eluard l’a fait avec son poème la liberté.

Laurence Marion conseillère d’état a écrit : « Cette transcription normative a toujours été insatisfaisante, en particulier parce qu’elle conduit presqu’inévitablement à altérer l’universalité de la notion. »

À mon sens la normalisation de la fraternité amenuise sa lumière, coupe son élan son essor. On ne peut pas, on ne doit pas enfermer la fraternité dans des bornes, des normes, des lois. La fraternité qui vient du cœur de chacun, doit se traduire par des gestes, qui soient infinis et universels, parce-que la fraternité est une pratique d’humanité.

Le pape François, ne s’y est pas trompé en voulant faire vivre la fraternité, non pas en qualité de représentant unique des catholiques, mais en prenant le mot catholique dans son étymologie issue du grec ancien Khatholikós qui signifie général universel. Le pape François donc a qualifié de fraternelle l’église catholique avec son encyclique Fratelli Tutti, une profession de foi en faveur de la fraternité universelle. Il a voulu en faire un marqueur de son épiscopat en tant que représentant des fidèles catholiques prônant la paix, le dialogue interreligieux et social, mettant en exergue la vertu de charité. Faire en quelque sorte l’union fraternelle de tous les hommes autour de cette vertu. On est loin de la faiblesse d’un concept et d’un droit, on est bien au-dessus, bien plus loin…La fraternité devenant alors le ciment de l’union entre tous les hommes chère aux Francs-maçons, qui ont dans une main l’épée de justice et dans l’autre la truelle pour construire le temple spirituel où règne l’amour fraternel.

Le législateur comprenant l’importance de la fraternité a voulu la faire entrer dans la loi, même d’en faire une valeur juridique suprême constitutionnelle en 2018. En reliant la fraternité au droit d’aider autrui en toutes circonstances, je vous laisse à votre réflexion sur l’application de ce principe surtout en matière d’accueil des étrangers.

C’est ainsi, que par glissement la fraternité s’est transformée en solidarité et son caractère plus sélectif, plus profane. Dans une société devenant de plus en plus individualiste, matérialiste, comment faire que « que je sois toujours le gardien de mon frère ? ». Comment le reconnaître comme tel ? Comment respecter sa dignité ? Comment faire en sorte de passer du « Je » individuel au « Nous » collectif et universel, la Franc-Maçonnerie, modestement, humblement est peut-être une voie ?

 

                                                     Jean-François Guerry.

 

À SUIVRE : De la Fraternité à Solidarité – Part- III-

PROMO PERSONNELLE AVEC MES EXCUSES.

LIRE : EXERCICES SPIRITUELS ANTIQUES ET FRANC-MAÇONNERIE. Auteur Jean-François GUERRY.

Une recension sur le livre de La Grande Loge Suisse Alpina.

Exercices Spirituels Antiques et Franc-Maçonnerie

Exercices Spirituels Antiques et Franc-Maçonnerie

Jean-François Guerry – Académie Maçonnique Provence-Éditions Ubik, Coll. l’intégrale, 2021, 154 pages, 15 €

Présentation de l’éditeur :

Les hommes cherchent à découvrir leur être intérieur. Ils recherchent la connaissance par un retour à l’essence de leur soi. Construire leur temple intérieur pour participer à la construction du monde qui les entoure, trouver leur juste place. Comment y parvenir ? La philosophie antique était theoria et praxis, elle était alors de vivre. La Franc-maçonnerie est aussi un art parfois qualifié de royal, un art qui impose de Savoir, Comprendre et Agir. L’observation de la pratique maçonnique démontre que les travaux maçonniques sont de véritables Exercices spirituels. On peut vivre sans la philosophie, comme l’on peut vivre sans la Franc-maçonnerie, mais moins bien.

Biographie de l’auteur :

Sur le plan profane : né en 1947 à Vanves, Jean-François Guerry suivra ses études à Paris puis en Bretagne pour s’orienter vers des études supérieures en Agriculture. Technicien de l’alimentation animale puis commercial dans l’industrie pharmaceutique, il créera ensuite une société immobilière spécialisée dans les transactions pharmaceutiques, société qu’il dirigera jusqu’à sa retraite

Sur le plan maçonnique : initié au Rite Écossais Ancien et Accepté (REAA) en 1987 au sein de la GLNF, il occupera tous les Offices y compris celui de Vénérable Maître participant activement à la fondation de plusieurs Respectables Loges. Grand Officier de la Grande Loge Provinciale de Bretagne pendant plusieurs années, il en a été Assistant Grand Maître Provincial et président de la S.A Immobilière de Bretagne GLNF.

Initié en 1996 au 4e degré du Suprême Conseil pour la France, il a, en 2008, intégré la Grande Loge de France ainsi que le Suprême Conseil de France. 30e degré, il est actuellement Président d’un Souverain Chapitre du 18e degré.

Il crée en 2015 le blog « La Franc-maçonnerie au cœur, Un blog d’information, de conversations sur le thème de la Franc Maçonnerie, des textes en rapport avec la Franc Maçonnerie, comptes rendus et conseils de lectures » qu’il anime quotidiennement http://www.lafrancmaconnerieaucoeur.com/

[NDLR : nous avions annoncé ici-même https://bit.ly/3mU5Fbk la conférence donnée par Jean-François Guerry sur les « Exercices spirituels antiques et Franc-Maçonnerie » le samedi 25 septembre 2021 au Château Saint Antoine dans le cadre des VIes Rencontres de l’Académie Maçonnique Provence. Un ouvrage préfacé par Charles-Bernard Jameux, ancien Grand Chancelier de la Grande Loge de France dont l’exorde nous propose une façon de philosopher et de maçonner. Car, en philosophie comme en Maçonnerie, nous y trouvons plaisir et joie de penser par soi-même. Et le Maçon a aussi, comme le philosophe, le devoir de s’interroger sur tout, à commencer sur lui-même…

Puis l’auteur nous conduit à travers la philosophie antique et ses exercices spirituels, comme une source de la méthode maçonnique. Il convoque Pythagore, Socrate, Platon, Aristote, architecte de la Sagesse, Cicéron, citoyen romain, Marc Aurèle et Plotin. À noter, l’annexe comprend l’esquisse d’une fresque historique et chronologique ainsi que le descriptif du célèbre tableau de Raphaël L’École d’Athènes]

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Groupe de Recherche Alpina

sous les auspices de la Grande Loge Suisse Alpina fondé en 1985 « Rechercher, partager et publier avec curiosité, ouverture et qualité »

Lu pour vous : Les recensions du GRA

Exercices spirituels antiques et franc-maçonnerie

Jean-François Guerry, préface de Charles-Bernard Jamieux Académie maçonnique -Provence

Ubik-editions.com, 2021, 253 pages, en vente sur Comptoirdu livre.fm ISBN 97-2-91-965645-5, prix 15 €

Nul doute que la franc-maçonnerie, continentale, particulièrement, dispose d’un contenu se référant à la philosophie de l’Antiquité.

Mais en quoi celle-ci, diverse dans ses approches, est-elle présente au sein de celle-là ? Comment le Frère ou la Sœur peuvent-ils, en approfondissant ce riche legs, l’intégrer dans sa démarche initiatique ? Et ceci dans le sens d’une quête sans celle renouvelée d’une Sagesse non pas théorique, mais d'une praxis se répercutant dans la vie de tous les jours ? En évitant de tomber dans une rhétorique oiseuse ou la recherche exclusive d’un discours bien fait, stérile, dérive dans laquelle est tombée la philosophie moderne, et que relève Pierre Hadot, largement cité dans l’ouvrage.

Raison vraisemblable pour laquelle l’auteur a choisi de se
référer au terme « exercices spirituels » dans le titre de son
ouvrage, et l’auteur d’affirmer « Faire des exercices spirituels, c’est donc d’abord s’éveiller, éveiller son être intérieur ». Et de citer Wittgenstein : « La philosophie n’est pas une doctrine, mais une activité » (p. 35). Elle doit cependant, comme l’affirme Montaigne, être d’abord sage avec elle- même, c’est-à-dire exercée avec modération. Y-a-t-il un parallèle avec le dit de Pascal : « Qui veut faire l’ange fait la bête » ? Peut-être...

Examinons le contenu de l’ouvrage de plus près. Chez les Présocratiques, l’auteur s’attache à mettre en parallèle, certains vers dorés attribués à Pythagore avec l’approche maçonnique. Il en fait de même avec les corpus socratiques et platoniciens. Pour ces premiers, l’auteur cite Pierre Hadot : « Socrate n’a pas de système à enseigner ; sa philosophie est tout entière, exercice spirituel, nouveau mode de vie, réflexion active, conscience vivante (p. 92) ». Un parallèle évident avec l’engagement maçonnique. Pour ce qui est d’Aristote, Guerry relève un trait qui est commun, la lutte contre l’ignorance.

 

Mais, sans surprise, une partie importante de l’ouvrage est consacrée à trois philosophes romains, Cicéron, dont il relève la pensée en mouvement, voire l’éclectisme, un rapprochement supplémentaire avec la franc-maçonnerie, Sénèque, un philosophe de la liberté, à laquelle aspire tout membre de l’ordre, ainsi que, bien entendu, Marc-Aurèle et son adhérence au stoïcisme. Pour ce dernier, l’auteur affirme : « Pratiquer les exercices spirituels stoïciens, c’est préparer son âme pour en faire un temple à la vertu (p. 165). ». Mais quels sont-ils ? Le premier est de se concentrer sur ce qui dépend de nous, de ce nous pouvons améliorer, modifier. Un autre a trait à la perfection personnelle, qui ne doit pas aboutir à un gonflement de son ego (on retrouve la modération du philosophe dans l’exercice de la Sagesse) : « Garde avant tout l’exercice de ta famille, de tes parents, vis comme un homme de bonnes mœurs ». Si l’auteur suit la pensée de Pierre Hadot concernant son analyse de la philosophie de l’empereur, il n’hésite cependant pas à la mettre en parallèle avec la critique que lui a adressée Pierre Vesperini dans « Droiture et mélancolie : Sur les écrits de Marc Aurèle » (éditions Verdier, 2016) en voyant dans ces exercices, non des spirituels, mais des existentiels. Le débat est donc loin d’être, pour ce dernier, clos. Et l’auteur de conclure sur un dit de Henry David Thoreau : « Être philosophe, c’est résoudre quelques-uns des problèmes de la vie, non seulement en théorie, mais aussi en pratique ».

L’ouvrage est réservé à mon sens à des membres de l’Ordre qui ont déjà une bonne connaissance du contenu de la franc-maçonnerie. Il se lira, comme l’action du philosophe, avec modération, et en prenant le temps de s’imprégner de son contenu... et d’y revenir plusieurs fois.

MJ

 
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DE LA FRATERNITÉ À LA SOLIDARITÉ -PART-II-

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Publié le par Jean-François GUERRY
AGIR POUR LA FRATERNITÉ

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DE LA FRATERNITÉ À LA SOLIDARITÉ Part I- Métaphysique.

 

Tous méritent notre Fraternité.

« Ici-bas, nous ne sommes pas exempts de préoccupations. L’écriture dit en effet : Celui qui croit se tenir debout, qu’il fasse attention à ne pas tomber. Nous naviguons dans l’obscurité. Car le psalmiste appelle notre vie une mer ; or la mer est tantôt semée de récifs, tantôt déchaînée, tantôt paisible. Et nous, nous semblons naviguer sur une mer paisible, et les séculiers sur une mer secouée par les vagues. Nous, nous naviguons toujours conduits par le soleil de justice ; et pourtant, il se trouve souvent que le séculier, dans la tempête et l’obscurité, sauve à force de veiller sa propre embarcation, tandis que nous, par négligence, nous coulons au fond, bien que nous soyons sur une mer paisible, parce que nous avons lâché le gouvernail de la justice. »

Amma Synclétique mère du désert Paroles des anciens Apophtegmes des pères du désert- Jean-Claude Guy Éditions du Seuil Collection Points Sagesse – Paris 1976 – Page 167 paragraphe 17.

 

Comment sommes-nous venus peu à peu à remplacer la Fraternité troisième valeur morale de notre devise républicaine, exercice de la vertu de Charité, par la simple Solidarité ? Pour tenter de répondre à cette question, je vous propose ma réflexion personnelle non exhaustive que vous pourrez enrichir de vos commentaires. Le chemin de ma réflexion commence par un retour dans le passé, sur les traces de la Métaphysique qui selon le Grec méta est, ce qui est au-dessus, au-delà de la physique. La métaphysique est souvent définie comme une recherche rationnelle ayant pour objet la connaissance de l’être dans toutes ses composantes : Esprit, matière, nature, Dieu, des causes de l’univers et des principes de la connaissance… Une recherche globale, fondamentale, de ce qui est, vaste sujet ! Le mot métaphysique est semble-t-il apparu postérieurement à Aristote qui qualifiait la métaphysique de philosophie première, Descartes nous a rapporté ses Méditations Métaphysiques. D’une manière générale tous les philosophes, se sont intéressés à cette fameuse métaphysique comme tous les hommes qui depuis de la nuit des temps ont tourné leur regard vers le ciel, les étoiles, l’horizon et se sont posés les questions qui commencent par comment, pourquoi, par qui etc…

D’autres ont dissertés sur l’existence et l’essence des choses, et rapidement on arrive à la question de l’existence de Dieu. La recherche de l’inconnaissable, de l’innommable, de l’ineffable, tentative de la connaissance de l’abstrait, sans la possibilité de l’expérience la science ne révèlent que des hypothèses certes de plus en plus fiables, mais pas certaines. Chacun en est « réduit » à croire ou ne pas croire, puisque personne n’a pu à ce jour démontrer l’existence de Dieu, cela se saurait ! Et c’est sans doute bien ainsi.

On associe souvent par esprit de simplification la métaphysique et la religion, elle est définie ainsi comme une partie religieuse de la philosophie, la théologie qui est l’étude des questions religieuses, des dogmes, de la tradition. Certains philosophes pensent que la métaphysique ne serait pas une étude sur Dieu, sur l’invisible. Mais plutôt une méthode d’étude, qui génère non pas des questions métaphysiques sur l’existence de Dieu. Mais des questions sur notre rapport personnel à Dieu : « Il n’y a pas de questions métaphysiques, mais il y a une façon métaphysique de les poser, de les penser et surtout d’y répondre. » (Vincent Citot -La tentation métaphysique et l’exigence philosophique. Dans Philosophoire 1999 N°9 Pages de 65 à 72.)

 

Constatant sans doute leur incapacité à concevoir rationnellement Dieu, jusqu’à parfois l’idée même de Dieu, à démontrer son existence, à le nommer. Les philosophes ont tourné leur regard non plus vers le ciel, vers la terre, vers l’homme, jusqu’à l’anthropomorphisme. Ils craignaient de tomber dans une sorte de paresse intellectuelle, menant à renoncement de savoir, de comprendre bref de ne plus être en mouvement et de progressivement en revenir à admettre les dogmes religieux, à penser comme ceux qui les ont précédés. Ils ont orienté leur travail de réflexion sur le connaissable, ils ont positivé, ils se sont intéressés au possible, à ce qui est abordable par l’esprit humain. Ils ont déconnecté la Raison et la Foi dans leur recherche de la vérité.

La métaphysique, la recherche métaphysique se rattachant de fait à la croyance est devenue extra philosophique, externe à la philosophie. Cette séparation à été incarnée par les lumières et leurs philosophes comme Kant et plus tard Nietzsche qui proclama : « Dieu est mort ». Nous étions sauvés, préservés des dogmes, nous pouvions croire et philosopher, ou ne pas croire et philosopher. Il s’est opérer une sorte de retour au Miracle Grec, ce retour avant été amorcé par Giordano Bruno, Marsille Ficin, Pic de la Mirandole etc… d’une manière plus générale par l’école florentine des néoplatoniciens. Nous devons l’expression de Miracle Grec à Ernest Renan dans ses Souvenirs d’enfance et de jeunesse, je retiens personnellement ce qui l’a impressionné, c’est que ce Miracle incarnait le regroupement toutes les dimensions infinies de la pensée, parlant de Dieu, de la nature, des sciences, des hommes et tentant de répondre à toutes les questions touchant à l’universel. Il a donc écrit : c’est « une chose, qui n’a existé qu’une fois, qui ne s’était jamais vue, qui ne se reverra plus, mais dont l’effet, durera éternellement, je veux dire une beauté éternelle, sans nulle tache locale ou nationale. »  C’est donc un hymne à la Grèce Antique, mais c’est surtout un hymne à l’universalité, un marqueur indélébile de la tolérance fraternelle. Cela nous rappelle que la Grèce a été aussi le berceau du mouvement olympique, réactivé par la France et Pierre de Coubertin avec sa devise : Plus vite, plus haut, plus fort. Que nous pouvons associer à la devise républicaine de Liberté, Égalité, Fraternité.

Le Miracle Grec, imagé par E. Renan prendra fin quand la religion chrétienne soucieuse d’augmenter le nombre de ses fidèles, captera, absorbera la philosophie Grec pour en tirer profit. Raison et Foi allait temporairement se séparer, non pas à mon sens s’éloigner, mais simplement s’écarter en deux voies parallèles allant dans la même direction du moins ici sur terre. Les hommes n’avaient pas pour autant trouver les réponses aux questions métaphysiques, ils en étaient toujours restés à la physique, la partie observable par leurs yeux de ce qui est dans l’espace et le temps, seul l’œil du cœur pourra toujours répondre à ces questions. Dieu, l’idée de Dieu, le principe d’une unité d’une valeur suprême restait dans le domaine de l’intuition, les hommes continueraient à se diviser sur cette question. Les querelles religieuses participèrent à la création de la Franc-maçonnerie spéculative, des hommes inspirés par la Fraternité, l’amour de l’autre, du prochain, du lointain, du différent, cherchèrent à créer un centre d’union fraternel où tous les hommes au-delà de leurs différences se reconnaitraient comme Frères. La Franc-maçonnerie prenait forme, elle allait puiser dans les traditions les meilleures valeurs morales universelles, reconnaissant au-delà des dogmes religieux, le symbolisme de la Bible ses textes vétéro et néotestamentaires. Dans le livre de la Genèse les légendes de Caïn et Abel, d’Esaü et Jacob allaient servir de support, à l’idée de la Fraternité, de l’altérité, de l’amour de l’autre, les hommes prenant conscience qu’ils devaient être les gardiens de leurs Frères. Une exhortation qui serait réitérée dans le nouveau testament par le commandement « tu ne tueras point ». Pour se concrétiser avec la loi d’amour du prophète Jésus, la loi universelle d’amour sans limites, infinie.

Les Francs-maçons spéculatifs ne pouvaient pas prétendre créer une institution qui serait un centre d’union fraternel, sans y associer la vertu d’amour. Dans un élan génial se référant à la Foi et la Raison, ils s’accordèrent sur la reconnaissance d’un principe qu’ils nommèrent le Grand Architecte de l’Univers, laissant à chacun le choix d’en définir les contours, l’idée, principe extérieur à l’homme qui peut en détenir une parcelle, intuition de quelque choses qui le dépasse etc…Ils étaient dès lors en accord avec la pensée Kantienne des lumières, la liberté de l’homme de penser par lui-même, en accord avec la rationalité parfaite du philosophe, le problème de la théologie dogmatique était écartée. Les Francs-maçons conservaient leur liberté de penser, ils n’étaient ni des religieux soumis aux dogmes, ni des athées stupides, tous des Frères pouvant se reconnaitre entre eux comme tels. La porte des mystères restait ouverte, grâce au symbolisme l’on pouvait disposer sur l’autel des serments le volume de la loi sacrée et l’ouvrir au prologue de l’évangile ésotérique de Jean. Les lumières du passé, la Fraternité symbolique des origines, cette valeur morale, étroitement liée à la vérité théologale de Charité, allait devenir le marqueur de la Franc-maçonnerie, de la Foi maçonnique. La Fraternité allait devenir une exigence, une ascèse c’est-à-dire une pratique, un exercice spirituel facteur d’enrichissement, d’amélioration personnel, rendant l’homme meilleur, plus humain.

                                            Jean-François Guerry.

 

À SUIVRE : De la Fraternité à la Solidarité -Part II- de la Métaphysique aux Sciences humaines, du fractionnement des savoirs à la perte de la Connaissance.

DE LA FRATERNITÉ À LA SOLIDARITÉ Part I- Métaphysique.

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Pour que la Fraternité règne.

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Publié le par Jean-François GUERRY
RECENSION : CAHIER DE L’ALLIANCE N°12- Du travail à l’œuvre – Jean-Dumonteil Part- VI- Fin.

RECENSION : CAHIER DE L’ALLIANCE N°12- Du travail à l’œuvre – Jean-Dumonteil Part- VI- Fin.

 

Jean Dumonteil clôt les travaux de ce Cahier en sa qualité de Directeur de la Rédaction des Cahiers de l’Alliance et de Vénérable Maître de la Loge Nationale de Recherche de la Grande Loge de l’Alliance Maçonnique Française. Je vous rappelle qu’il publie régulièrement dans son blog « Sentiment Océanique » : https://sentimentoceanique.blog des chroniques pour que l’esprit travaille régulièrement c’est-à-dire pour qu’il vive.

 

Dans ce Cahier il nous propose en guise de conclusion un post-scriptum intitulé :« Méditation sur le travail et l’œuvre. »

Il précise d’emblée pour ceux qui l’aurait oublié qu’en Franc-maçonnerie en général et dans le Rite Écossais Ancien et Accepté en particulier le travail est au centre de la vie du maçon et qu’il est continu tout au long de son initiation. Je rajouterais qu’au R E A A, il est même un degré où les travaux ne sont jamais clôturés, mais suspendus, pour que les ouvriers puissent reprendre des forces. Mais, dès le premier degré du rite on parle d’un cycle, qui va du travail à la re création, et de la re création au travail, ainsi les Frères sont toujours à la réalisation de l’œuvre, c’est pourquoi aussi les plateaux et les postes d’officiers doivent toujours êtres pourvus. Preuve s’il en fallait une, comme l’indique le titre de ce 12ème Cahier de l’Alliance que le travail va vers l’œuvre et qu’il a un sens ; celui de la création qui elle-même donne du sens à notre vie. Comme le rappelle Jean Dumonteil les rituels maçonniques sont explicites : « Nous travaillons sans relâche à notre amélioration (…) à ne concevoir que des idées solides (…) Ce n’est qu’en réglant ainsi ses inclinations et ses mœurs que l’on parvient à donner à son âme ce juste équilibre qui constitue la Sagesse, c’est-à-dire la science de la vie. »

Le travail maçonnique, n’est donc pas qu’un simple exercice intellectuel. Il est la réalisation d’un mode de vie (Bios), au sens où l’entendait déjà les philosophes de l’antiquité cinq siècles avant notre ère à Millet. Les outils symboliques des maçons représentent les valeurs morales qu’ils doivent cultiver. Les Francs-maçons sont à la recherche du meilleur mode de vie, en rapport avec ces valeurs morales, ils sont donc en quête des savoirs pour accéder à la Connaissance. « Le meilleur mode de vie possible dès lors qu’il trouve son fondement dans l’exigence du savoir, ou du moins dans l’exigence d’une recherche du savoir. » (Jean-François Balaudé- Président d’Université Spécialiste de la philosophie antique.)

Jean Dumonteil, évoque ensuite la fraternité en précisant : « Que la fraternité est un travail », trop souvent j’ai remarqué que l’on fait une confusion au sujet de la fraternité en pensant qu’elle est la simple expression d’un vivre ensemble, d’une tolérance molle passive de l’autre et de ses différences, à la limite du mépris et de la condescendance. Eh bien non ! La fraternité ce n’est pas cela, c’est la prise de conscience que l’on est définitivement et toujours « le gardien de son frère ». Ce qui nous impose le Devoir de Fraternité vis-à-vis de lui, qu’il soit proche ou lointain de nous. La Fraternité ne se résume pas non plus à de joyeuses agapes fraternelles, la Franc-maçonnerie n’est pas un banquet de chasseurs ! C’est un centre d’union fraternel de tous les hommes libres et de bonnes mœurs. Dans ce centre d’union l’on partage des nourritures spirituelles, ce qui n’exclu pas le soin du corps support de l’âme.

 

Jean Dumonteil poursuit sur la fraternité : « Une œuvre de fraternité active transcende l’artisan. » Il nous dit que c’est un travail de bâtisseur, de constructeur qui nous attend. La Sagesse et les lumières de nos anciens Frères ont relié le symbolisme de la Franc-maçonnerie à celui de la construction en général et de la construction du temple de Salomon en particulier et du mythe de son architecte Hiram. À propos du but du travail de fraternité, Jean Dumonteil convoque Albert Camus et cite, un extrait de son discours lors la réception de son Nobel de littérature, un discours plein d’espérance et d’humilité, de cette humilité qui caractérise les sages : « (…) la mienne (Ma génération) sait pourtant qu’elle ne le refera pas (Le monde). Mais sa tâche est peut-être plus grande. Elle consiste à empêcher que le monde se défasse. »

À défaut en effet d’avoir la vanité de refaire le monde, ce qui est souvent reproché aux Francs-maçons, le travail maçonnique, le travail sur soi ; permet de re naître, de régénérer, ce qu’il y a en nous de mieux, de plus pur. En rénovant notre être, en le reconstruisant, en le sculptant plus conforme à l’original, bref en l’améliorant un peu, sans oublier : que nous avons toujours à nous perfectionner. Nous pouvons contribuer à rendre le monde un peu plus beau, meilleur. Alors au travail ! Le temps presse, Jean Dumonteil nous incite avec son paragraphe suivant : « Le Maçon, le Grand Architecte de l’Univers et le Plan. »

Quand nous les mots justes, quand nous connaissons les signes et les gestes, la règle du métier, quand tout est en ordre, quand nous sommes à l’ordre, nous pouvons nous mettre au travail. Jean Dumonteil nous rappelle l’indispensable référence à un principe qui guide notre travail et la Gloire duquel nous travaillons, le Grand Architecte de l’Univers. Plus loin il se souvient comment nous avons été fait Maçon : « Je vous crée et constitue…, à la Gloire du…, au nom de la Franc…, sous les auspices de…, en vertu…, je vous crée, constitue et reçoit…»

L’artisan, l’ouvrier devient créateur de l’œuvre.

Jean Dumonteil poursuit en évoquant : « Le risque de l’acédie ». Il nous faut travailler spirituellement, faire œuvre sinon nous risquons de tomber dans ce manque de soin pour nous-même, pour notre être intérieur. Ce manque de spiritualité peut nous mener à l’ennui du matérialisme. La Franc-maçonnerie aide l’homme à sortir de sa torpeur spirituelle elle l’éveille, à nous ensuite de prendre notre essor par le travail. Jean Dumonteil cite Romain Rolland : « On œuvre parce qu’on vit, parce qu’on vit fortement. Rêver ne suffit pas. Œuvrer c’est maitriser son rêve et régner sur sa vie. » Facile non ! Vanité peut-être ? Romain Rolland complète « Et mieux vaut être la plus petite pousse de l’arbre que la plus grande branche morte. » Merci à Jean Dumonteil pour nous avoir donné cette citation qui remplit notre cœur d’espérance et le met à l’œuvre.

Son essai se conclut sur un constat : « Depuis la porte basse, nous sommes entrés en travail pour naître. »

Nous avons donc entrepris un dialogue avec nous-mêmes avec notre être intérieur, notre Maître Secret pour re naître. Le rite est une véritable maïeutique pour le Franc-maçon. Cela me fait penser à Socrate, dont dit-on la mère était sage-femme, pas étonnant donc que la Franc-maçonnerie ait adopté dans ses instructions la forme dialogique, pas étonnant non plus qu’elle nous invite à nous connaître nous-mêmes pour connaître Dieu, el monde et les hommes (Gnôthi seauton) et ce en toute humilité en suivant une autre devise celle de Solon « Rien de trop » (Mèden agon). En référence à ces préceptes de la philosophie antique qui était theoria, mais aussi praxis pour essayer de parvenir à acquérir ne serait-ce qu’une once de Sagesse, pour nous-mêmes, mais surtout pour comprendre les autres mes Frères en humanité. Eh bien ! Il nous faut travailler, travailler encore, persévérer pour espérer être admis dans le temple de la vérité, en se rappelant que sur son fronton est inscrit la formule : « Nul n’entre ici s’il n’est géomètre ». Notre combat à un but faire notre possible pour que l’Ordre succède au chaos, que la justice et l’amour règnent sur la terre, que la joie soit dans les cœurs, et comme le conclut Jean Dumonteil que les ouvriers soient contents et satisfaits, cela n’est réalisable que par le travail.

À tous ceux qui doutent de l’utilité, de la beauté du travail, qui doutent que le travail donne sa dignité à l’homme et à tous ceux qui ne savent pas répondre à leurs questions, c’est-à-dire un peu à nous tous. Je recommande la lecture de ce Cahier de l’Alliance, c’est une contribution éclairante sur le chemin de la Connaissance.

 

                                                  FIN

                                                     Jean-François Guerry.      

À LIRE : Le douzième CAHIER DE L’ALLIANCE – Du travail à l’œuvre. Éditions Numérilivre. www.numerilivre.

Abonnements : GL-AMF Cahiers de l’Alliance – 8 rue Gesnouin 92110 Clichy. Trois numéros par an prix du numéro 18,00 €.

Commande possible chez EOSPHOROS : www.eosphoros.fr

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