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la Franc Maçonnerie au Coeur

la Franc Maçonnerie au Coeur

Un blog d'information, de conversations sur le thème de la Franc Maçonnerie, des textes en rapport avec la Franc Maçonnerie, comptes rendus et conseils de lectures.

Publié le par Blog-notes des Meuniers de la Tiretaine

Cet article est reposté depuis Le Blog du Rite Français.

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Publié le par Jean-François Guerry
OÙ EST LA FRATERNITÉ UNIVERSELLE

OÙ EST LA FRATERNITÉ UNIVERSELLE ?

 

La Franc-Maçonnerie est universelle, nous sommes tous des sœurs et des frères. Cette affirmation est partagée par toutes les sœurs et les frères quelque soit leurs obédiences de tous les Orients. Cela posé force est de constater que cette belle union est au mieux représenté par une confédération de corps maçonniques qui s’échinent à cultiver jalousement leurs différences plus que leurs points communs. La multiplicité des obédiences, la diversité des Rites sont autant de branches sur un seul tronc qui risque de plier et se rompre. Ce manque d’unité, nourrit l’incompréhension des profanes, et écorne son caractère universel.

Ne soyons pas trop sévère, l’on peut aussi voir le verre à moitié plein, la diversité des obédiences, des loges, est une preuve de démocratie, d’autonomie, un respect de la liberté de conscience.

 

Ce phénomène est un aussi présent dans notre société en général, conséquence de la montée de l’individualisme ? Perte de l’attrait du Sacré religieux, qui relie. Le monde occidental après être sorti de l’obscurantisme est à la recherche d’une nouvelle religion liée aux droits de l’homme, une religion universelle pour faire du « Nous ». Selon l’expression du sociologue Émile Durkheim spécialiste de la conscience collective, (fondateur de la sociologie française, membre fondateur de la Ligue pour la défense des droits de l’homme, influencé par Rousseau, Montesquieu, Kant, Descartes…), sa religion les droits de l’homme, son église la communauté morale des hommes, il a donc écrit nous avons su développer : « Un système solidaire de croyances de pratiques relatives à des choses sacrées et unissant en une même communauté morale tous ceux qui y adhérent ». Une définition qui englobe les religions séculières, révélées et civiles nous adorons, nous louons les droits de l’homme. Sommes-nous dans une horizontalité, sans verticalité ? La norme qui semble s’imposer c’est la fédération ou la confédération de nations autour de valeurs communes à minima. Nous serions passés de l’universel à l’international, sous le joug du marché mondial.

Pourtant la déclaration de 1789 contenait bien le terme universel et non international !

Le fameux concert des nations s’est mis à jouer des fausses notes. Par exemple notre Marseillaise est toujours considérée comme universelle, quand le God Save the King n’est reconnu quand dans le Commonwealth par exemple, et pourtant l’esclavage a été aboli en Angleterre avant de l’être en France.

Pire encore, si j’ose dire il y a des squatters dans la maison père qui ne respecte pas l’universalisme.

Les alchimistes constateront comme l’on dit vulgairement « qu’on leur fait à l’envers » en transformant l’or spirituel universel en plomb matériel. On assiste malheureusement au passage de l’intérêt universel à celui de la nation ou de la cité. L’on reprend les discussions du Lycée d’Aristote sur le droit et la justice en oubliant la philosophie pratique, l’humanitas de Cicéron.

 

C’est sans doute parce que dans nos universités on ne fait plus nos humanités, seul compte les grandes écoles de commerce internationales. Le monde, l’Europe n’est plus qu’un vaste marché entre nations, les échanges entre les hommes se font à ras de terre. Sans aucune verticalité, sans conscience universelle. Nous avons oublié que ce qui fait l’homme, c’est l’humain.

 

Les églises traditionnelles se vident peu à peu, leurs anciens fidèles s’inscrivent dans les ONG subventionnées par les états, l’impôt paye des moments de spiritualité universelle. Parallèlement directement lié au marché se développe le Charity Buisiness qui enorgueilli les firmes, les trusts et leurs dirigeants et génèrent des profits pour leurs sociétés et leurs actionnaires s’achetant à moindre coût une bonne conscience. Les sociétés commerciales sont devenues des expertes en humanité.

Le méli-mélo des ONG et du Charity Buisiness permet de donner l’illusion du respect des droits de l’homme et de l’élévation spirituelle.

 

Les sœurs et les frères qui ont prêtés serment de faire œuvre de charité discrètement, sans ostentation passent pour des naïfs.

La Franc-Maçonnerie quand elle devient exclusivement une œuvre caritative n’échappe pas à cette transformation de l’Or spirituel universel en plomb matériel.

Heureusement que la plupart des obédiences prônent l’alliance entre humanisme et spiritualité, entre horizontalité et verticalité. Elles ont la vision permanente de cette rose mystérieuse universelle de l’amour fraternel placée au centre du lieu où se croisent les forces humaines de la raison et de l’élévation de l’esprit.

 

                                            Jean-François Guerry.

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Publié le par Jean-François Guerry
LE SENTIMENT D'ESPÉRANCE

LE SENTIMENT D’ESPÉRANCE

 

« El mós terrible de todos los sentimentos es el sentimentio de terrer la esperanza muertas. »

          (Le plus terrible de tous les sentiments, c’est celui de la mort de l’espérance).

                                                           Federico Garcia Lorca.

 

Le sentiment d’espérance naît du profond de notre cœur, dans le bruit assourdissant du silence, comme au milieu d’un désert de pierre, quand les bruits de la vie semblent avoir disparus après un dernier rire, qui revient en écho. Quand il ne reste que quelques photos en train de jaunir, quand par erreur l’on appelle un numéro de téléphone blottit dans le fond d’un agenda, et qu’une voix familière confirme son absence, laisser votre message je vous rappelle dès que possible, cette voix est sans possible.

 

L’espérance est belle ! Elle est folle ! Liée au tragique à l’obscur lever d’un soleil noir, froid sans chaleur ni lumière. Elle ne peut se vivre sans une perte de vie, elle est promesse d’une utopie, il paraît que l’utopie est la vie de demain ? Refuser la fin des choses, comme une lumière éternelle, est-ce la vertu des forts. Cette vertu qui ne peut naître que de la conscience de nos faiblesses, de notre finitude. Comment vaincre ce que l’on considère comme une injustice ?

 

Comment espérer ? L’espérance est irrationnelle, comment recoudre le ruban coupé de la vie, comment remettre du vert, de la sève dans un cœur meurtri ?

 

Faire à nouveau, les mêmes pas, les mêmes actes, avoir des désirs pour les autres Nic et Hunc, l’espérance n’est pas l’espoir de demain, elle est la vie d’aujourd’hui, la force de faire du quotidien. La Force était en nous, bien établie nous ne l’avions pas mesurée, elle était inutile dans la douceur du temps. Elle revient comme brutalement, presque honteusement pour aider les autres, on entend regardez comme il est fort ! C’est la force de l’espérance.

Nous avions en nous cette force ignorée seul un drame peut la faire surgir, l’ériger la transcender. Comment puis-je espérer ? En regardant devant moi, en regardant ceux qui me tendent les bras, ils ont besoin de mon espérance.

On ne peut pas dire, tant qu’il l y a de la vie, il y a de l’espoir. L’espoir est passager, l’espérance demeure en nous pour toujours, elle ne demande qu’a être ranimée chaque jour par son flambeau, elle devient alors liberté de vivre, de revivre sans doute ? Je ne sais pas, je ne suis qu’un apprenti dans ce domaine. Ce que je sais maintenant, c’est qu’il faut sans attendre, toujours aimer les autres, notre horizon c’est les autres, les autres sont nécessaires pour nourrir notre espérance.

Alors on ne se pose plus la question : faut-il espérer ? On jette dans la mer tumultueuse son ancre d’espérance pour s’accrocher et y accrocher tous ceux qui ont besoin qui espèrent le soutien de notre amour. Dans la tempête du doute il nous faut espérer, pour nous, pour eux.

 

                                                                       Jean-François Guerry.

 

 

ÉPITRE AUX HÉBREUX -6-

 

« Cette espérance nous la possédons comme une ancre de l’âme, sûre et solide ; elle pénètre au-delà du voile ».   

TAKE THIS WALTZ 

(Pequeño vals vienés) sur un poème de Federico Garcia Lorca

En Viena hay diez muchachas,
A Vienne, il y a dix jeunes filles,

un hombro donde solloza la muerte
une épaule où sanglote la mort

y un bosque de palomas disecadas.
et une forêt de colombes empaillées.

Hay un fragmento de la mañana
Il y a un fragment du matin

en el museo de la escarcha.
dans le musée du givre.

Hay un salón con mil ventanas.
Il ya un salon aux mille fenêtres.

¡Ay, ay, ay, ay!
Ay, ay, ay, ay!

Toma este vals con la boca cerrada.
Prends cette valse la bouche serée.


Este vals, este vals, este vals,
Cette valse, cette valse, cette valse,

de sí, de muerte y de coñac
oui, de mort et de cognac

que moja su cola en el mar.
qui mouille sa queue dans la mer.


Te quiero, te quiero, te quiero,
Je t'aime, Je t'aime, Je t'aime,

con la butaca y el libro muerto,
Avec le fauteuil et le livre mort,

por el melancólico pasillo,
dans le couloir de mélancolie,

en el oscuro desván del lirio,
dans le grenier sombre du lys,

en nuestra cama de la luna
dans notre lit chambre de lune

y en la danza que sueña la tortuga.
et dans la danse dont rêve la tortue.

¡Ay, ay, ay, ay!
Ay, ay, ay, ay!

Toma este vals de quebrada cintura.
Prends cette valse à la taille brisée.


En Viena hay cuatro espejos
A Vienne, il ya quatre miroirs

donde juegan tu boca y los ecos.
où jouent ta bouche et les échos.

Hay una muerte para piano
Il y a une mort en douceur

que pinta de azul a los muchachos.
qui peint les garçons de bleu.

Hay mendigos por los tejados.
Il ya des mendiants sur les toits.

Hay frescas guirnaldas de llanto.
Il ya fraîches guirlandes de larmes.

¡Ay, ay, ay, ay!
Ay, ay, ay, ay!

Toma este vals que se muere en mis brazos.
Prends cette valse qui meurt dans mes bras.


Porque te quiero, te quiero, amor mío,
Parce que je t'aime, je t'aime, mon amour,

en el desván donde juegan los niños,
dans le grenier où jouent les enfants,

soñando viejas luces de Hungría
en rêvant de vieilles lumières de Hongrie

por los rumores de la tarde tibia,
dans les rumeurs de la douce après-midi,

viendo ovejas y lirios de nieve
en voyant les brebis et les lys de neige

por el silencio oscuro de tu frente.
dans le silence sombre de ton front.

¡Ay, ay, ay, ay!
Ay, ay, ay, ay!

Toma este vals del "Te quiero siempre".
Prends cette valse de "Je t'aime pour toujours."


En Viena bailaré contigo
A Vienne, je danserai avec toi

con un disfraz que tenga
déguisée

cabeza de río.
en tête de rivière.

¡Mira qué orilla tengo de jacintos!
Regarde ma rive de jacinthes !

Dejaré mi boca entre tus piernas,
J'abandonnerai ma bouche entre tes jambes,

mi alma en fotografías y azucenas,
mon âme en photos et fleurs de lys,

y en las ondas oscuras de tu andar
et dans le sillage sombre de tes pas

quiero, amor mío, amor mío, dejar,
Je veux, mon amour, mon amour, quitter

violín y sepulcro, las cintas del vals.
violon, tombeau et rubans de la valse.


Traduction par Michel Hervé Bertaux-Navoiseau

LE SENTIMENT D'ESPÉRANCE

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Publié le par Jean-François Guerry
LA POROSITÉ

LA POROSITÉ

 

 

Un sol, une matière, une terre sont dits poreux quand leur partie solide n’occupe qu’une partie du volume total, sa partie vide étant occupée par de l’air ou de l’eau. La partie dense, pleine serait donc l’essence et les cavités constituées d’apports extérieurs, le tout formant un ensemble. Ce matériau est souvent considéré comme peu fiable, peu solide. Il aurait néanmoins des capacités, un potentiel, à la fois d’absorption et de vie. Il a la capacité d’avoir un noyau dur « une mêmeté » et une partie variable, une capacité à recevoir. Il est à la fois unique et multiple.

 

Il se dessine peu à peu une image de ce matériau, qui pourrait être de la glaise, une terre gorgée d’eau ou une éponge. Vous voyez où je veux en venir.

Le Rite maçonnique nommé Rite Écossais Ancien et Accepté est souvent comparé à une éponge, pour sa capacité à être à la fois un corps unique avec des valeurs reconnues et identifiées et aussi capables de recevoir des apports de traditions extérieures, le tout formant un ensemble cohérent.

Cette « éponge » avoir reçue ses apports est capable d’en extraire les valeurs essentielles et les vertus qui composent ses valeurs, de les conserver et d’expurger les autres.

L’apprenti Franc-maçon recèle en lui un état de porosité, il cherche la Lumière, quand il la reçoit il est capable de la conserver, car son cœur et son esprit sont disponibles. Compagnon il recevra les savoirs qui le rendront plus éclairé. Maître au centre il concentrera en lui cette Lumière, il sera capable d’en restituer une partie à ses Frères et dans le monde.

 

Ainsi cette suite d’opérations physiques et spirituelles permettra d’enrichir ceux qui reçoivent dans leur propre éponge, mais aussi de donner ce qu’ils ont reçus, dans un mouvement de va et vient enrichissant pour l’humanité.

Ce travail méthodique d’accès aux connaissances extérieures, permet de conserver le noyau dur des valeurs et d’ouvrir son esprit aux différences. On accueille en soi, on cherche les réponses aux mystères de la vie à travers la connaissance des diverses traditions.

Ce mécanisme est merveilleux car c’est un ouvert sans fin, il n’y a pas de limites à la connaissance si ce n’est nos facultés, nos capacités humaines.

 

La porosité nous impose sa lenteur, l’eau de la source ne peut remonter que par capillarité, on ne s’approprie pas la connaissance qu’en dévorant une quantité de savoirs, le chant du colibri est plus beau que la logorrhée d’un perroquet.

La plus grande difficulté réside parfois à se taire, à faire le vide en soi, à faire de la place en jetant nos encombrants, le ménage annonce toujours le printemps, les nouvelles pousses ne naissent qu’avec une nouvelle sève qui monte en même temps que la Lumière. J’ai constaté combien ma pierre brute sonnait le creux, c’est pourtant la plus belle des pierres elle est symbole du monde du temple à construire.

 

Le Franc-maçon par nature est un chercheur, il est donc « le plus poreux des hommes », le moins sectaire, le moins crispé. Il est à l’écoute de l’autre, des autres. Il a aussi la capacité de faire vivre sa mémoire, d’opérer des transferts d’intuition. Il sait faire appel aux sources, aux racines, à la transmission. Car après tout, nous n’avons rien inventé ou presque, nous avons puisé, épongé et restitué selon nos idées. Plotin au 3ème AP-JC dans Ennéades V-1-8 : « Nos théories n’ont donc rien de nouveau ; elles ont été énoncées il y a longtemps, mais sans être développées, et nous ne sommes aujourd’hui que des exégètes de ces vieilles doctrines dont l’antiquité nous est témoignée par les écrits de Platon… »

 

Nos vieilles « doctrines » maçonniques pour ce qui est de la Franc-Maçonnerie spéculative remontent à environ 300 ans, mais ont été inspirées par des traditions diverses plus anciennes encore.

 

J’ai amitié particulière pour Cicéron, pourtant souvent qualifié du bout des lèvres du titre de philosophe. Il est plus connu comme orateur célèbre, il a repris les pensées philosophiques les plus anciennes pour les faire siennes en les humanisant, les rendant plus accessibles, plus pratiques. On peut être philosophe sans être un philosophe, comme l’on peut être un Franc-maçon sans être un maçonologue.

 

Cicéron l’humaniste à puisé chez Aristote, puis il a été séduit par les qualités humaines de Phèdre l’épicurien, il tata si j’ose dire du stoïcisme avec Posidonius, il fût donc du Lycée et de Portique.

Défenseur ardent de la langue romaine il étudiait tous les textes en grec. Toute cette philosophie, absorbée, digérée il l’a mise au service de la cité. Dans l’Orateur, la République et les Lois ses traités de politique. Il disait : « À quoi servirait donc la sagesse des anciens, sinon de guide pour aujourd’hui ».

 

Il appelait de ses vœux un homme idéal pour diriger la cité, dans une période politique difficile. Il pourrait inspirer nos postulants actuels à la plus haute fonction dans la cité. Portrait de son homme politique idéal : « Je ne lui demande qu’une chose : qu’il ne cesse jamais de s’observer, de vouloir se connaître. Qu’il soit pour les autres un vivant modèle ; que par la limpidité de son âme et de sa vie il puisse servir de miroir à ses concitoyens ».(République II- 29 et 42).

 

Un programme idyllique que nous avons peu de chance de voir figurer dans les professions de foi des prétendants à la haute fonction politique.

 

Après cette parenthèse je reviens à ma porosité, il suffit peut-être d’ouvrir son cœur pour accueillir le meilleur de toutes les traditions, c’est-à-dire d’aimer l’homme, les hommes pourvu qu’ils soient justes et bons.

 

                                          Jean-François Guerry.

LA POROSITÉ

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Publié le par Jean-François Guerry
Jardines del Really Viveros Valencia

Jardines del Really Viveros Valencia

Hier mes pas m’ont guidé par hasard jusqu’au Jardines del Realy Viveros près de centre de Valence en Espagne, à l’entrée du jardin la balade nous invite dans l’allée des poètes, une plaque dédiée au poète Antonio Machado accroche mes yeux. Celui qui a écrit une de mes citations préférées.

 

« Celui qui ne parle pas à un homme, ne parle pas à l’homme et celui qui ne parle à l’homme ne parle à personne ».

Il s’agit dans cette citation de la recherche de la connaissance par la culture de soi, par la pratique de l’amour de l’autre qu’il soit proche ou lointain. C’est le témoignage d’un grand humaniste. Sur cette plaque de ce jardin de Valence, celui qui fût contemporain de Federico Garcia Lorca sont gravées ces paroles à propos de ce jardin :

« C’est beau très beau, c’est comme un coin de paradis, dans ce verger tous les verts flamboient, tous les jaunes, tous les rouges, l’eau rouge de ces veines… alimente le corps de cette terre. Combien a dû travailler l’homme, pour parvenir à cela. Les Valenciens sont fiers de leur terre qu’ils n’ont pas déchirée mais caressée comme une belle fille embrassée, c’est une bénédiction ». (Avec mes excuses pour cette traduction approximative)

 

Cette visite, dans ce jardin de Valence, cette évocation de Antonio Machado, la pureté du ciel bleu de cette après-midi a été un moment de douceur.

De retour à ma location, j’ai cherché pour vous, pour moi quelques citations de Machado :

 

« Tout ce qui est ignoré est méprisé ».

 

« Aujourd’hui est toujours calme ».

 

« La bienveillance ne signifie pas la tolérance du moyen, ou la conformité avec l’inepte, mais la volonté pour le bien ».

 

« Il y a deux sortes d’hommes, ceux qui vivent en parlant des vertus et ceux qui se bornent à en avoir ».

 

« Autant que vaut un homme, il n’aura jamais plus de valeur que d’être un homme ».

 

J’ai sélectionné toujours pour vous et moi deux poèmes, le premier en référence à ce que l’on nomme la transcendance, le deuxième dédié à Federico Garcia Lorca et sa lutte contre l’oppression.

         Jean-François Guerry

Hier soir je dormais...

Hier soir, en dormant,
j’ai rêvé — illusion bénie! —
qu’au-dedans de mon coeur
coulait une fontaine.
Dis-moi, pourquoi, filet caché,
eau, viens-tu jusqu’à moi,
source de vie nouvelle
où je n’ai jamais bu?

Hier soir, en dormant,
j’ai rêvé — illusion bénie!
que j’avais une ruche
au-dedans de mon coeur;
et que les abeilles dorées
y faisaient
avec mes vieilles amertumes
de la cire blanche, du miel doux.

Hier soir, en dormant,
j’ai rêvé, — illusion bénie! —
qu’au-dedans de mon coeur
luisait un soleil brûlant.
Il était brûlant, parce qu’il donnait
une chaleur de brasier flamboyant,
et c’était un soleil parce qu’il éclairait
et faisait pleurer.

Hier soir, en dormant,
j’ai rêvé, illusion bénie! —
que c’était Dieu
que j’avais dans mon coeur.

(Antonio Machado)

Antonio Machado

Antonio Machado

Il y a eu crime dans Grenade

A Federico Garcia Lorca

I

Le crime

 

On l’avait vu, cheminant entre des fusils

par une longue rue,

apparaître dans la campagne froide,

encore étoilée, la campagne du matin.

Ils ont tué Frédéric

à l’heure où surgissait la lumière.

Le peloton des bourreaux

n’osait le regarder en face.

Ils ont tous fermé les yeux,

ils ont prié : Dieu lui-même ne te sauverait pas !

Il est tombé mort, Frédéric

- sang au front et aux entrailles. –

…Il y a eu crime dans Grenade !

Vous savez ? – pauvre Grenade ! – sa Grenade !...

 

II

Le poète et la mort

 

On le vit cheminer seul avec elle,

sans crainte de sa faux.

- Déjà le soleil frappe sur la tour et la tour ; et les marteaux

sur l’enclume, et l’enclume, et l’enclume des forges.

Frédéric parlait,

faisant à la mort sa cour, et elle écoutait.

« Parce qu’hier, dans mes vers, chère compagne,

résonnait le choc de tes paumes sèches

parce qu’hier, dans mes vers, chère compagne,

et parce que tu donnas à mon chant ton gel, et à ma tragédie

le fil de ta faux d’argent,

je te chanterai la chair que tu n’as plus,

tes yeux absents,

tes cheveux que le vent secouait,

et les rouges lèvres où l’on te baisait…

Aujourd’hui comme hier, ma mort, belle gitane,

Ah ! qu’on est bien seule avec toi,

à respirer cet air de Grenade, ma Grenade ! »

 

III

 

On les vit cheminer…

                                       Taillez-moi mes amis,

un sépulcre de pierre et de rêve, - dans l’Alhambra,

pour le poète

sur une fontaine où l’on pleure

et dise éternellement :

il y a eu crime dans Grenade ! sa Grenade !

 

Traduit de l’espagnol par Jean Cassou 

In, Federico Garcia Lorca « Romancero gitan et poèmes »

Editions Seghers, 1964

Antonio Machado : Celui qui parle aux hommes

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FRANC-MAÇON ÉTERNEL ZÉTÉTIQUE

FRANC-MAÇON ÉTERNEL ZÉTÉTIQUE.

 

L a principale caractéristique du zététique, c’est sa propension à chercher sans cesse la vérité, tout en ayant conscience qu’il ne la trouvera pas, la question qui reste en suspension c’est pourquoi, pour quoi ?

Le zététique donne au doute sa noblesse, le doute pour lui n’est pas un renoncement, mais une obligation de construction, son doute est un combat contre l’ignorance. Le Franc-maçon agit pour faire régner la justice mère de la Liberté humaine.

 

Il agit dans le monde refuse l’impasse des aporétiques qui veulent convaincre par des discours intellectuels oubliant la force de l’intuition de l’âme humaine qui dépasse parfois la raison et l’entendement.

Le Franc-maçon conscient de la force de la raison humaine et aussi de ses limites, l’homme animal social, peut aborder le domaine de l’invisible sans toutefois tomber dans la démesure, dans l’Hubris mère de l’ambition et de l’orgueil leviers des fanatismes de toute sorte. La capacité de perfectionnement de l’homme contribue à le rendre plus humain pour peu qu’il travaille sans cesse à construire la cité avec le ciment de la fraternité. Comme le fit Cicéron avec son humilité loin des grandes théories philosophiques à la recherche du possible, de la vérité probable, vraisemblable. C’est pourquoi Stefan Zweig le qualifia de premier avocat de l’humanité.

 

Le Franc-maçon est un zététique conscient de son ignorance comme l’était déjà Socrate quand il affirmait : « Je sais que je ne sais rien ». C’est déjà beaucoup de le savoir. Ne sachant ni lire, ni écrire il faut bien pourtant se construire en commençant, en s’initiant en s’efforçant de connaître.

 

La pratique du doute constructif reprise par René Descartes et partout les chercheurs de Lumière est le moyen de progresser dans la connaissance, c’est une stimulation constante de l’esprit. Travailler, persévérer chercher la vérité qui est en lui, c’est ce que s’efforce de faire le Franc-maçon sincère, le verbe fait encore appel au premier mot de maçon la force. La force qui permet de regarder au-delà des apparences, de ne pas se contenter de notre ignorance. Mais aussi de ne pas être dans une certitude dogmatique paisible. Ce serait renoncer à l’espérance de la compréhension du monde, en attendant que le ciel nous aide, sans faire d’effort.

 

Penser au ciel n’est pas incompatible avec une vie de recherche ici et maintenant, comment le ciel pourrait nous aider si nous ne faisons rien ?

Si nous renoncions au combat permanent contre les injustices, en suspendant nos jugements sous le prétexte de leurs imperfections, nous serions dans une époché permanente une désespérance incompatible avec une vie harmonieuse. Ce que nous demande la Franc-maçonnerie ce n’est pas de suspendre pour toujours nos jugements mais en conscience les soumettre au tribunal de notre cœur, à l’intelligence de notre cœur. Avoir un autre regard sur les choses et les hommes. Élever notre jugement, grâce à l’écoute de l’autre, à la sagesse du silence, la prise en considération de l’autre, ne pas souscrire sans efforts, ne pas vouloir convaincre absolument. S’efforcer encore et toujours de réaliser l’union fraternelle. La Franc-maçonnerie ne se qualifie-t-elle pas de centre d’union de tous les hommes, pourvu qu’ils soient à la recherche des vertus qui ennoblissent. Le Franc-maçon est un humble chercheur de l’impossible, un naïf qui assume sa naïveté, pour essayer de rester un cœur pur.

 

                                   Jean-François Guerry.

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MARCHER

MARCHER

 

Marcher, une philosophie, quand mon ami Rémy Le Tallec m’a offert le livre de Frédéric Gros quelques jours après le départ brutal de mon fils, je me suis demandé pourquoi ce livre ? Étant un piètre marcheur, un marcheur par nécessité il faut bien aller chercher son pain chaque jour.

J’ai presque simultanément le message d’un frère qui me conseillait d’aller de l’avant, de ne pas regarder dans le rétroviseur, il rajoutait plus facile à dire qu’à faire, je suis là si tu as besoin de parler. Je répondais ça marche, je vais essayer de mettre un pied devant l’autre, facile ! Je ne mesurais pas la difficulté de ce geste simple jusqu’à présent.

 

Certes on ne marche pas en regardant en arrière sous peine d’une contorsion douloureuse. Quelques jours plus tard, j’ai été pris de cette envie irrésistible, de sortir, de marcher, sans pudeur de prendre l’air, de prendre un peu d’air, pour avoir l’air de faire quelque chose d’utile.

J’ai ouvert le livre de Frédéric Gros pour glaner quelques fruits, tombés de ses pages, de cette anthologie philosophique des marcheurs.

Comme Henri-David Thoreau, je me suis aperçu que je ne marchais pas pour tuer le temps : « On ne peut tuer le temps sans aussitôt blesser l’éternité ». Frédéric Gros commente : « On ne marcher pas pour tuer le temps, mais pour l’accueillir, l’effeuiller (…) on marche pour vivre de manière décapée, délestée, purgée… »

Le drame que j’ai vécu m’a déjà permis de décaper, d’écorcer, mes certitudes, mes inutilités, mes vengeances ridicules, mes jalousies dérisoires, je vois mieux les cœurs blessés. Je vois mieux tout ce qui m’entoure, les pierres, les arbres, la terre, le ciel et ses nuages leurs larmes qui me recouvrent, et qui passent lentement sans revenir.

 

La marche solitaire rend inutiles, les comparaisons et les préférences sociales, elle est pure fraternité humaine, amour de l’homme naturel. La marche a le même effet que le deuil elle purifie des rancœurs et des haines, elle vide la tête, fait de la place pour mettre de la bienveillance, chaque pas est un rayon de lumière passant sous la porte du cœur, un acte d’espérance, un frémissement, hier j’ai fait quelques pas, aujourd’hui je marcherais encore…

 

                                   Valence Espagne le 14 janvier 2022

 

                                          Jean-François Guerry.  

 

Post réflexion : Les promenades de Jean-Jacques Rousseau lui ont fait prendre conscience de son état d’homme social mais aussi de sa préférence pour son état d’homme naturel. Faut-il préférer l’un ou l’autre, comment déployer et pratiquer l’amour fraternel dans la solitude ?

Ce que rejetait Rousseau, ce sont plus les paradis artificiels, les apparences et la célébrité, l’égoïsme, l’ambition destructrice, la compétition matérialiste.

 

« Au milieu de tant de philosophie, d’humanité, de politesse, et de maximes sublimes, nous n’avons qu’un extérieur trompeur et frivole de l’honneur sans vertu, de la raison sans sagesse, et du plaisir sans bonheur ». (Jean-Jacques Rousseau Discours sur l’origine et les fondements de l’inégalité parmi les hommes.)

 

Cherish yesterday, dream tomorow, live today.

MARCHER

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Publié le par Jean-François GUERRY
LE SACRÉ DES ENCLOS

LE SACRÉ DES ENCLOS.

 

Il est naturel pour ceux croient d’affirmer que le sacré élève leur esprit. Ils passent ainsi du « Je » au « Nous » grâce à l’amour fraternel la plus haute des vertus. Ils abolissent les frontières, les murs, entre les hommes, la question demeure est-ce que le sacré favorise la rencontre et le partage, est-ce que le sacré ne sépare pas, n’isole pas. Et si isolement il y a, cet isolement est-il nécessaire, la descente en soi avant la remontée vers les autres.

À l’inverse ceux qui ne croient pas voient-ils le sacré comme une séparation entre les hommes, cette vision n’est-elle pas erronée par la confusion entre sacré et religieux, il n’en reste pas moins que la séparation entre l’espace sacré et l’espace profane est bien réelle. Régis Debray dans Le moment de fraternité écrit : « Là où il y a du sacré, il y a une enceinte. Et là où la clôture s’efface-ligne seuil ou dénivelé, le sacré disparaît ».

 

Il y a une distinction dans l’espace, une catégorisation de l’espace, une séparation entre le monde profane et le monde sacré. Le profane serait exclusivement matérialiste et le sacré exclusivement spirituel. Ce qui s’exprime dans certains rituels maçonniques : « Nous ne sommes plus dans le monde profane, nous avons laissé nos métaux à la porte de la loge ».

Cette phrase illustre un moment, un temps profane suspendu, un temps sacré vécu. Il faut sans aucun doute nuancer on ne peut prétendre que le temps sacré rempli entièrement la durée d’une tenue maçonnique, il y a des moments, des intensités variables.

Dans le temps sacré, les sœurs et les frères sont séparés du monde profane. Les séparés ont accès au sanctuaire, leurs regards sont tournés vers la lumière de l’orient. Ils aspirent à l’éternel retour dans l’enclos paradisiaque (paridaiza en persan antique signifiant enclos, paradis terrestre).

Les Francs-maçons sacralisent leur temple en loge, le sépare du monde profane pour se livrer à leurs travaux : « Nous sommes dans un lieu couvert seul connu des … (des séparés) ».

Preuve que les sœurs et les frères attachent de l’importance à cette séparation des mondes, ils ont des gardiens du temple à l’extérieur des Tuileurs et à l’intérieur des Couvreurs. Ce qui est à l’intérieur symboliquement bien sûr ne peut pas être connu des profanes, les profanes ne peuvent connaître les secrets véritables des enfants de la lumière. Là encore symboliquement la lumière extérieure qui n’est qu’apparence ne pénètre pas dans l’espace sacré de la loge, les fenêtres ont été occultées.

Mais ceux qui ont reçus la Lumière, sont éclairés, illuminés en capacité de construire grâce à la force et la persévérance symbolisées par les colonnes qui soutiennent leur temple intérieur.

Les forteresses, les citadelles de l’esprit sont toutes intérieures, comme cette Jérusalem céleste qui descend dans le cœur de l’homme, séparé de la domination de sa matérialité.

Les temples de l’esprit où règne le sacré peuvent être dans le monde visible, mais dans des lieux spécifiques où des forces mystérieuses, telluriques et célestes s’allient pour sacraliser ces lieux et alors l’esprit s’élève. Je pense aux alignements mégalithiques de Carnac, aux pierres levées de Stonehenge dans la plaine de Salisbury balayées par les vents extérieurs. Mais celui qui s’arrête au milieu d’elles et écoutent un instant perçoivent en eux un murmure spirituel. J’imagine que quand la lumière du soleil paraît dans les cloîtres ouverts vers le ciel l’on ressent le même souffle spirituel. Ces lieux sacrés ou sacralisés par l’homme, n’ont pas été choisis par hasard. On ne construit pas une pyramide ou le Mont Saint-Michel par hasard, n’importe où. La cathédrale ne monte pas vers ciel sans le souffle de l’esprit qui guide la main du compagnon bâtisseur. Comme je l’ai déjà écrit je garde une place particulière dans mon cœur et mon esprit pour ce moment particulier où assis dans l’herbe sur la pente qui domine le lac de Tibériade, j’ai ressenti une forme de complétude et d’harmonie dépassant toute implication religieuse, car j’étais entouré de mes sœurs et mes frères. Nous étions passés peu de temps avant dans la cité de Capharnaüm, un passage du profane au sacré en quelque sorte.

Pourquoi ces lieux sont-ils sacrés, peut-être parce qu’ils sont difficilement accessibles, les chemins de l’esprit sont souvent tortueux, comme les voyages symboliques du Franc-maçon, comme le labyrinthe de la vie. Les lieux sacrés sont souvent des grottes, des cavernes, des voûtes ou encore des monts et des montagnes. Les descentes, précédent toujours les ascensions, ceux qui sont capables de descendre seront aptes à monter plus haut, à aller plus loin. Les séparés voyagent souvent seuls à l’instar du grand prêtre pénétrant une fois par an dans le Saint des Saints, dans l’obscurité du temple, dans ce lieu sacré nu et aux fenêtres occultées. On ne profane pas un sanctuaire.

 

Le sacré est donc lié à un enclos. Notre société du voyeurisme n’aime pas le secret des enclos, les secrets de l’intime, du sacré. Aujourd’hui il faut tout voir, tout faire voir. Les temples même de la démocratie sont proposés en spectacle, l’on peut mesurer « le spectacle » affligeant de l’Assemblée Nationale, ou l’irrespect dans les écoles, les lycées, les universités, les estrades d’ou viennent les savoirs et la connaissance sont données en pâture aux barbares modernes.

Les irrespects, vis à vis de ceux qui sont en charge dans les sanctuaires de la démocratie poussent les gens vers les écoles confessionnelles. Ces saints laïques qui consacrent leur vie au bien moral, au bien commun sont rejetés par notre société matérialiste. Le but manqué de la construction du temple intérieur de l’homme aboutit à l’écroulement du temple social.

 

La Franc-maçonnerie propose la reconstruction du temple intérieur de l’homme, un changement de regard sur l’homme et la société, en spiritualisant un peu plus notre société. Faire renaître la spiritualité en dehors des murs, des enceintes que constituent les loges. S’efforcer de mettre du sacré, du spirituel, en abolissant toutes les frontières, prôner pour une éthique spirituelle universelle sans exclusive sociale ou religieuse. Je cite encore Régis Debray : « Le saint part sur les routes avec le lever du soleil, pour convertir le monde et s’aperçoit le jour tombé, qu’il n’y parviendra jamais s’il ne commence pas par se convertir lui-même au monde ».

 

Comment parvenir à apporter un peu plus de sacré, de spirituel dans le monde si ce n’est en portant humblement hors les temples, les loges, hors des lieux sacrés, sacralisés. Si ce n’est en portant la Lumière de la Fraternité soigneusement entretenue pour quelle grandisse et donnée en partage.

 

                                   Jean-François Guerry.

LE SACRÉ DES ENCLOS

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Publié le par Jean-François Guerry
LA QUESTION DU SACRÉ, LE SACRÉ EN QUESTION

LA QUESTION DU SACRÉ, LE SACRÉ EN QUESTION

 

En passant du temple de pierre, au temple de l’esprit, du temple matériel à la loge. Nous passons de l’espace profane à l’espace sacré. Il y aurait donc deux espaces ? Ou est-ce le même espace qui a changé de nature, d’état, en quittant le monde des apparences, nous sommes rentrés dans le monde réel, nous ne sommes-nous pas toujours posés la question dans quel monde vivons-nous ? Quel monde avons-nous construit pour nous-mêmes et nos enfants ?

L’on entend à l’envie l’expression : « apportons ou j’apporte ma pierre à l’édifice », et ce à propos de tout et de rien, de quelle pierre s’agit-il, est-elle sacrée ou profane.

Représentation du Temple du Roi Salomon

Parmi les secrets du sacré l’on constate que l’idée du sacré traverse le temps et l’espace. Le désir de sacré serait consubstantiel à l’homo sapiens ?

 

Est-ce que le secret du sacré ne serait pas de nous mettre sur la voie de la sagesse de notre unité harmonieuse. Les images du sacré sont-elles des icônes représentant la sagesse ? Le désir de sacré est-il un mouvement vers la Lumière ?

 

Le sacré est-il uniquement relié au ciel, ou est-il aussi sur terre. On ne sait pas exactement ce qu’est le sacré on ne le connaît que par ses incarnations : images, constructions, espaces, ses sciences comme la géométrie, par ses arts : musique, peinture, littérature, idées…

La Franc-maçonnerie nous demande de ne pas prendre les mots pour des idées et de chercher les idées sous les symboles.

Les symboles du sacré sont infinis, l’historien des religions Mircea Eliade voit dans le sacré le monde réel, l’ultime réalité, l’excellence du monde, le meilleur du monde. La force primordiale celle qui créé, cette force qui se manifeste dans des hiérophanies. La définition même d’une hiérophanie c’est la manifestation du sacré, on tourne peut-être en rond autour de la définition du sacré ?

Le Sacré une ouverture vers la Lumière

Pour chercher du sens derrière le mot, il faut une certaine maîtrise sinon l’on peut penser tout et son contraire. L’on peut par exagération voir du sacré partout, ou du moins des traces des fragments de sacré. L’on postule alors que le sacré est dans tout, il apparaît alors qu’il n’est dans rien ou dans pas grand-chose, sa grandeur s’amoindrit, sa particularité disparaît, deviendrait semblable à tout.

Une autre facilité serait de « croire » que le sacré est égal au spirituel et que le spirituel est égal au religieux. En adjectivant le spirituel on le catégorise, on en fait un particularisme il perd sa valeur universelle.

L’adepte du spiritualisme a une relation particulière, individuelle avec le sacré, il ressent une émotion quand il passe du visible à l’invisible, cette émotion lui fait prononcer avec humilité le mot « Je ».

Cela se complique si j’ose dire quand l’on passe au « nous », cette communion dans le sacré devient une caractéristique des religions. Cela me fait penser aux invocations sacrales comme le « notre père » des chrétiens. La Franc-Maçonnerie est-elle exempte de cette complexité quand dans certains rituels d’ouverture des travaux, quand la loge a été sacralisée le Vénérable dit :« Nous ne sommes plus dans le monde profane, que nos regards se tournent vers la lumière ». Malgré ce qu’elle prétend la Franc-Maçonnerie serait donc finalement une religion du fait de son rapport au sacré !

 

Mais comme nous l’avons vu le sacré et le spirituel ne sont pas l’exclusivité du religieux. Qu’est-ce qui relie donc les sœurs et les frères au sacré, si ce n’est la force de la Fraternité qui fait passer du « Je » au « Nous » et d’appréhender le sacré. C’est à mon sens cette force de la Fraternité qui fait que nous nous aimons les uns les autres, ce qui n’est pas incompatible avec la haute valeur partagée par les religions en général et celle du prophète le plus humble de tous.

Marche vers le Sacré

Ainsi chacun peut s’émouvoir au contact du sacré, qu’il croit au ciel ou qu’il n’y croit pas. L’on peut avoir des frissons dans des circonstances diverses, des grandes évocations historiques, ou bien en pénétrant dans une cathédrale ou un temple. Notre lien au sacré peut être différent pour chacun de nous. Pierre Nora juif askénaze et surtout historien constate : « C’est par la nation, que notre mémoire s’est maintenue sur le sacré ».

Je rajouterais quand même qu’à titre personnel une fanfare nationale même prestigieuse me fait moins vibrer que la musique de Bach, mais c’est bien sûr restrictif puisque personnel.

 

L’introduction du sacré dans les rituels maçonniques permet l’élévation de l’esprit vers la connaissance de l’invisible. L’association de la posture physique, la pratique de la gestuelle, le tracé du tableau de loge, les répétitions des sentences, des exhortations participent à la sacralisation de la méthode maçonnique traditionnelle. On peut y déceler une analogie avec les pratiques des traditions orientales. Ce qui explique le fait que de nombreuses sœurs et frères sont sensibilisés par le Bouddhisme et le Yoga.

Quand le sacré est présent dans l’air, quand il flotte entre les colonnes, l’émotion s’élève, l’intelligence du cœur se concrétise, la lumière resplendit.

 

L’on oppose, l’on sépare souvent sacré et profane. Personnellement je trouve que la pratique maçonnique constante rapproche le sacré et le profane, la séparation s’efface peu à peu, il y a des moments sacrés et des moments profanes, et des moments où les deux se mêlent, s’entrecroisent comme l’équerre et le compas.

Si la vie des grands initiés sert d’inspiration, d’exemple au regard de leur relation au sacré, cela imprime plus pour moi la prise de conscience du potentiel de perfectionnement de tous les hommes détenteurs de la volonté de faire le bien, de pratiquer la vertu. Tous les hommes vibrent en présence du sacré, on constate que plus on avance en âge plus l’on est sensible à l’influence du sacré, question de degré et d’intensité, moins l’on a aussi de pudeur vis à vis de l’expression du sacré.

 

Le sacré porte vers le monde invisible est à la portée de tous, quelque soit nos vies antérieures, nous sommes de modestes apprentis dans le domaine de la spiritualité. Nos actions en faveur de la spiritualité, nos attitudes spirituelles gonflent nos cœurs d’amour pour les autres. Le sacré remplit progressivement notre espace de vie, fait pencher le plateau de la balance qui pèse l’âme vers le bien, vers la Fraternité. L’on ressent de plus en plus le sacré que ce soit sous la voûte céleste, et celle d’une église romane dépouillée, dans la rose qui éclot le matin, pour rien juste pour faire voir sa beauté. Ou encore le vol de l’oiseau multicolore qui trace des arcs sans fin dans le ciel.

Le rituel maçonnique insuffle du sacré dans le cœur et l’esprit des sœurs et des frères jusqu’au bout de leurs mains enchainées. Il propage les mots secrets, les mots sacrés, sans le sacré ces mots ne franchiraient pas le seuil, la porte de l’âme.

 

Une question demeure pour mettre du sacré dans sa vie faut-il avoir recours à des lieux sacrés, faut-il des églises, des chapelles, des temples de pierre ? Est-ce que tous les sites contiennent une part de sacré ? Le sacré dans une vision panthéiste n’est-il pas présent dans toute la nature ? À la question posée au Franc-maçon sur la dimension de sa loge il répond : « Elle s’étend du midi au septentrion du zénith au Nadir… ».

 

Ne voir le sacré qu’au travers des lieux spécifiques n’est-ce pas en réduire la dimension, en amoindrir la force et en conséquence exclure. Faut-il au contraire marquer la séparation entre le profane et le sacré, construire des citadelles sacrées et en exclure les profanes, et alors comment se plaindre du manque de sacré dans notre société.

Faut-il construire des ponts ou élever des murs ? Encore une fois comme aux premiers jours de l’initiation il nous faut admettre les oppositions et faire le chemin vers l’unité. La marche sur le pavé mosaïque est toujours sur la ligne entre le noir et le blanc. Etre en marche c’est déjà presque être au but, grâce aux jambes de notre compas qui forme avec l’équerre et le Volume de la loi Sacrée les trois grandes Lumières.

 

                                   Jean-François Guerry.   

LA QUESTION DU SACRÉ, LE SACRÉ EN QUESTION

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PROPOSITION DE LECTURE D'UN ABONNÉ AU BLOG. E.L

 

Un texte apocryphe, non canonique, un peu dans la ligne du RÉGIUS. 

http://livres-mystiques.com/partieTEXTES/Besson/Didache/didache.html 

COMMUNIQUÉ DE L'ACADÉMIE MAÇONNIQUE PROVENCE.


Report de la journée au

samedi 30 avril




VIIes Rencontres

Académie Maçonnique Provence





Alchimie et Hermétisme


 
 
Ma Très Chère Sœur,
Mon Très Cher Frère,

Avant toute chose, toute l'équipe de l'Académie Maçonnique se joint à moi pour vous souhaiter une très belle année 2022, que Sagesse, Force et Beauté soient vos compagnes quotidiennes...

Compte tenu de la situation sanitaire encore dégradée, nous avons jugé que maintenir la date du 5 février pour organiser les VIIes Rencontres n'était pas responsable, aussi avons-nous décidé de les reporter au samedi 30 avril.

Hormis la date, rien ne change.
Le programme est le même, les invités sont les mêmes, le lieu est le même.


Nous poursuivons ainsi notre chemin à la recherche des racines profondes de la Franc-maçonnerie et les Rencontres du mois d'avril seront consacrées à l'Alchimie et à l'Hermétisme.

Ce début d'année est aussi pour nous l'occasion de vous proposer d'adhérer ou de renouveler votre adhésion à l'Académie Maçonnique Provence.
Pour un montant annuel de 35 €, vous bénéficierez de la gratuité de toutes nos manifestations (hors frais de restauration), incluant l'envoi des travaux des conférenciers ainsi que l'enregistrement intégral des conférences dans les semaines qui suivent les rencontres.
Au-delà de cet avantage bien réel, votre adhésion sera pour nous la plus grande marque de confiance nous permettant de poursuivre notre action.
Votre adhésion à l'Académie Maçonnique Provence vous permet de bénéficier également de la gratuité des manifestations organisées par les Académies de Paris, Lille, Lyon et Toulouse, en attendant de prochaines ouvertures.


 
VIIes Rencontres
de l'Académie Maçonnique Provence


Château Saint-Antoine
9 heures 30 - 17 heures


Les conférenciers seront:

 

Françoise BONARDEL
Agrégée de Philosophie, Docteur d'État ès Lettres et Sciences
Professeur de philosophie des religions à la Sorbonne
de 1990 à 2010


"Un trépied fondateur :
Hermétisme, Gnose et Alchimie" 




André UGHETTO
Ancien professeur agrégé de lettres modernes, poète,
réalisateur
 de cinéma
Projection de son court métrage (55') réalisé en 1984 et échanges


Mutus Liber, Tableaux pour Nicolas Flamel



 
 Jean-François BLONDEL 
Historien, spécialiste du Compagnonnage, auteur

"Alchimie des Cathédrales"



 
 Alain MUCCHIELLI
Médecin spécialiste Santé publique, Docteur d'État ès Sciences (Chimie-Biologie)
auteur


"Parcours maçonnique, parcours alchimique"

 
 

Les auteurs sont tous auteurs de nombreux ouvrages qu'ils dédicaceront avant la reprise des travaux l'après-midi. Nous vous les présenterons au cours des prochaines semaines.
 

Ces rencontres sont ouvertes aux Frères et Sœurs Maîtres de toutes les obédiences  et les frais de participation sont de 20 € (hors restauration) pour les non-adhérents de l'Académie Maçonnique.

Pourquoi des frais de participation ? 
Pour nous aider à couvrir les frais de location du Temple, les frais d'hébergement et de restauration des conférenciers, les frais du technicien vidéo, les assurances, les frais administratifs, etc.
Merci de votre compréhension
.

Le repas (entrée, plat, fromage, dessert, café et boissons) sera servi en salle humide et le montant du triangle est de 18 €.



Merci de t'inscrire en cliquant ICI... 

N'hésite pas à diffuser cette invitation à tous les Frères et Sœurs Maîtres de ton entourage.

 
Salutations très fraternelles,
Alain Boccard
Président



PS: Les ouvrages coédités par les Éditions Ubik et l'Académie Maçonnique Provence 
sont toujours disponibles en cliquant ICI:


Maintenant disponible
Alain-Noël Dubart: La Franc-maçonnerie entre passé et avenir


Marc Halévy, Kabbale et Franc Maçonnerie.
Marc Halévy, Après la Modernité, quelle Franc-maçonnerie ?
Louis Trébuchet, Le désir des collines éternelles
Louis Trébuchet, Appel aux racines spirituelles du REAA
Jean-François Guerry, Exercices spirituels antiques et Franc-maçonnerie
Michel Fromaget, Corps, Âme, Esprit: Liberté, Vérité, Beauté
Solange Sudarskis, Il était une fois un mythe, Hiram
 
 
 
 
 

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Publié le par Jean-François Guerry
Giordano Bruno

Giordano Bruno

 

L’évocation du moine dominicain philosophe Filippo Bruno dit Giordano Bruno connu pour le développement de la théorie de l’héliocentrisme me rappelle ma lecture des ouvrages de Charles Bernard Jameux sur les origines de la Franc-maçonnerie spéculative et l’importance de l’art de la mémoire dans sa fondation, il est fait référence à l’importance prise par Bruno. (Lire Charles-Bernard Jameux : L’art de la mémoire et la formation du symbolisme maçonnique.)

L’art de la mémoire à eu une importance primordiale dans la philosophie du « Jardin » d’Épicure, qui proposait aux hommes d’être toujours en prise avec le réel au moyen des sens. Philosophe du pragmatique refusant de chercher midi à quatorze et des réponses métaphysiques très élaborées. Pour Épicure le bien moral, le souverain bien passe par le plaisir, qui n’est pas la luxure ou les excès des sens, mais le plaisir, le désir des choses simples. Épicure fait état des données sensorielles qui s’organisent en nous, et ce grâce aux prolepses qui sont pour lui des sortes d’archives enfouies au plus profond de nous-mêmes par notre mémoire, ces prolepses sont en quelque sorte des événements vécus antérieurement et conservés, comme des forces prêtent à servir. Forces intérieures, inconscient personnel qui ne demande qu’à se révéler, inconscient collectif au sens de Karl G Jung ?

Zénon de Cittium

Il est curieux d’observer à propos de forces intérieures que le premier mot des maçons Masson word, viendrait peut-être de Giordano Bruno (voir C B Jameux L’art de la mémoire … cité ci-dessus). Les forces intérieures permettent la réalisation de l’être, ainsi l’Épicurien est aussi pourrait-on dire grâce à ses prolepses est bien dans sa peau.

 

Ceux du portique, qui enseignait sous les colonnes, les premiers stoïciens, dont Zénon de Cittium (actuelle ville de Larnaca sur l’île de Chypre). Ils étaient contemporains d’Épicure, si ce dernier était au « Jardin », les stoïciens étaient plus préoccupés du bien moral, plus inspirés par Socrate et Platon. Ils cherchaient néanmoins le bonheur sur terre, par la pratique du bien, des vertus. Pour Chrysippe de Soloi ville de Cilicie (Anatolie Turquie) successeur de Zénon à l’école du Portique, il fallait réaliser le meilleur des mondes immédiatement. Le monde de Chrysippe est un tout et un plein où chaque chose à sa place et une place pour chaque chose y compris les dieux tout est déterminé. Tous les éléments du monde sont liés les uns aux autres c’est la conception stoïcienne de l’universel. Il n’y a donc plus de questions sur l’être et les êtres, sur l’un et le multiple. Ce corps immense qu’est le monde à néanmoins une âme et cette âme est d’origine divine.

Chrysippe de Soloi

Le monde stoïcien est vivant il est en constant mouvement, il est aussi périssable et cyclique. Il se régénère sans arrêt il est périssable mais renaît, car rien ne meurt tout se transforme, il y a comme un embrasement perpétuel, universel par le feu spirituel, le feu pur, l’ekpyrose pour les Grecs c’est un feu ardent régénérateur, pour un nouveau départ. Cette palingénésie sera cycle de créations, transmigration des âmes chez les Pythagoriciens, réincarnations, renaissance chez les chrétiens, mythe de l’éternel retour, etc… Pour les Francs-maçons régénération d’un homme neuf par l’initiation.

Ces cycles sont animés par la force spirituelle intérieure, la matière vivante qu’est l’homme. Sur le principe que la matière est douée de vie se fonde la philosophie de l’hylozoïsme qui fût aussi celle de Giordano Bruno qui considérait que toute matière étant en mouvement elle était vivante, que toute matière avait une âme. Cette théorie reprise dans le Jaïnisme en Orient et plus tard par les hermétistes modernes comme Fulcanelli.

On trouve les traces de cet hylozoïsme de Giordano Bruno dans son Banquet des Cendres, on trouve sa théorie de l’unité et de l’infini du monde, véritable cosmologie spirituelle. Liberté d’agir et de penser je cite : « Avoir en soi assez de lumière spirituelle pour choisir au mieux… »

Giordano Bruno panthéiste, ami de la nature, écologiste ? Je cite encore : « La terre et les astres (…), comme ils dispensent vie et nourriture aux choses en restituant toute la matière qu’ils empruntent, sont eux-mêmes doués de vie, dans une mesure bien plus grande encore ; et vivants, c’est de manière volontaire, ordonnée et naturelle, suivant un principe intrinsèque, qu’ils se meuvent vers les choses et les espaces qui leur conviennent. » (conf Banquet des Cendres).

 

C’est bien la spiritualité intérieure qui fait agir, elle est conjugaison de la matière et de l’esprit. Tout se bouscule et se réalise grâce à la force de l’imagination créatrice, qui révèle les énormes potentialités de l’homme, ses marges de perfectionnement, ses possibilités d’accès à la connaissance pourvu qu’il refuse les idées reçues. Giordano Bruno nous intimait de nous défier de l’homme qui affirme soit par foi, soit par habitude, de cet homme qui nie par le refus de l’inhabituel et du nouveau. S’il nous faut garder raison, garder la rectitude saine de l’équerre, il ne faut pas oublier l’ouverture indispensable du compas.

Dans son Banquet des Cendres Giordano Bruno disait encore : « Il est vain de chercher le centre ou la circonférence du monde universel…  Les chose mêmes étant le produit et l’effet d’une cause infinie et d’un principe infini, il doit être infiniment infini quant à sa capacité physique et quant à son mode d’être ».

 

Je termine par ce fameux, célèbre, originel mot du maçon, le Masson Word, la Force est en lui, la Force est en nous.

 

Bon dimanche.

                                   Valence Espagne le 09 janvier 2022

 

 

 

Quelques lignes rédigées ce matin en pensant à l’ignoble inquisition espagnole et à Francisco Ferrer.

Charles-Bernard Jameux

Charles-Bernard Jameux

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GIORDANO BRUNO HÉRITIER DE CEUX DU PORTIQUE

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