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la Franc Maçonnerie au Coeur

la Franc Maçonnerie au Coeur

Un blog d'information, de conversations sur le thème de la Franc Maçonnerie, des textes en rapport avec la Franc Maçonnerie, comptes rendus et conseils de lectures.

Publié le par Jean-François Guerry
LES LUMIÈRES DE PYTHAGORE

L’INITIATION EN QUESTION – LES LUMIÈRES DE PYTHAGORE.

 

L’initiation en général, est le passage d’un état à l’autre, elle émaille les périodes de notre vie parfois sans que nous nous en rendions compte, le jeune enfant passe l’âge de raison, puis à l’adolescence, puis à l’âge adulte il devient mûr c’est le moment que les grecs appellent le Kairos, le moment opportun, le midi de la vie, enfin la vieillesse qui précède l’ultime initiation qui ouvre les portes de l’inconnu.

 

L’initiation est donc une succession de passages, de morts de régénérations, des cycles qui forment une spirale ascendante. Elle communication des mystères, dont le plus important celui qui surplombe les autres, le mystère de la vie. Ces changements d’état, modifient notre manière de voir, de sentir, d’entendre, conversion du regard, de notre manière d’être, de nos relations aux autres.

 

Les initiations sont ancestrales, elles remontent dans la mémoire des temps, dans notre mémoire. L’initiation est une descente dans notre inconscient personnel et dans l’inconscient collectif ou nous trouvons les traces de l’un, de la source, c’est un voyage dans la psychologie des profondeurs.

L’on décèle là, l’individuation de Jung, Jean-Luc Maxence a écrit à ce propos, dans son livre Jung est l’avenir de la Franc-Maçonnerie Édité chez Dervy :

 

« Il y a un jeu de miroir entre individuation et initiation… la propédeutique de Jung et celle de la Franc-Maçonnerie en général, les enseignements de l’une et l’autre, les deux voies originales et complètes ! (….) l’individuation, approche progressive d’un Centre que l’homme ne peut jamais atteindre, et l’initiation approche progressive de la sagesse que l’éternel apprenti que nous demeurons tous jusqu’au dernier soupir ne peut jamais vraiment acquérir. »

 

L’on ne peut pas dire que cela soit vraiment réconfortant, du moins en apparence car la joie se trouve sur le chemin, qui donne progressivement et de plus en plus intensément un sentiment de plénitude à portée d’esprit.

 

L’initiation selon Pythagore est comparable à cette psychologie des profondeurs, de l’intime de Jung. La connaissance des mystères intemporels, les mystères de l’existence humaine, recherche de toutes les époques depuis la naissance de l’humanité.

 

Au commencement, au début, je cherchais puis je fus sélectionné, élu parmi les néophytes. Pour aller à la conquête d’une vie nouvelle, d’un changement d’état. Pour passer du profane au sacré par la porte basse, à la découverte des secrets qui mènent au sacré, jusqu’à l’illumination.

Devenir moi-même un temple remplit de lumière, cette lumière intérieure éternellement vivante. Celle qui brille dans le noir comme les vitraux de Pierre Soulages, on est alors heureux comme l’écrit Christian Bobin :« Impossible de s’éprouver abandonné devant un tableau de Pierre. On est, enfin, devant quelqu’un. Et ce quelqu’un, c’est nous. »

 

L’initiation est donc l’éveil de l’être à la Lumière, que l’on peut appeler Vérité ou Parole, ou Grand Architecte.

 

Quelle est la clé de cet éveil ? C’est le symbolisme. Pour les Pythagoricien la connaissance des nombres dorés.

 

Le profane a reçu la Lumière et plus aussi le « le pouvoir » par la pratique des rites initiatiques, par la pratique des Vertus nous dit la Franc-Maçonnerie. Véritables exercices spirituels, qui sont les voies vers la Connaissance.

 

C’est quoi au juste cette initiation ?

 

Le réveil des facultés enfouies, encloses, l’ouverture des travaux, d’où l’impérieuse nécessité du respect des rituels initiatiques.

Ce pouvoir du rituel est transmis du maître à l’élève, à celui qui s’élève. Le maître est détenteur du pouvoir, maillet et épée en main, c’est lui qui dit mes frères que le profane entre dans la chaîne.

 

La transmission du Pouvoir, du souffle, doit être rigoureuse, le rite doit être immuable, c’est seulement à cette condition que peut se réaliser la transmission initiatique.

 

Selon les Pythagoriciens le pouvoir spirituel vient d’en haut, et non d’en bas. Il est transmis par le maître médiateur qui se situe entre terre et ciel.

Pour les Pythagoriciens ce médiateur l’était AD VITAM ETERNAM, il ne représentait que lui-même, il était investi par son prédécesseur.  Aujourd’hui le pouvoir vient d’en bas, par élection, sans douter de la bonne foi des électeurs et des postulants à l’élection, l’horizontalité n’est pas verticalité spirituelle.

 

On observe d’ailleurs que les corps maçonniques sont de deux niveaux, ceux qui régissent les premiers degrés initiatiques sont horizontaux, ceux qui régissent les degrés supérieurs, les degrés de perfectionnement sont verticaux, c’est l’association complémentaire du temporel et du spirituel. C’est sans doute ce qui créé parfois des tensions dans leurs rapports.

 

Les Pythagoriciens eux sont à cet égard plus sévères :

« Chez les anciens l’initiation était un acte cultuel et religieux, chez les modernes égarés, il est tout au plus une sorte de mauvais théâtre, une parodie sans âme d’une chose sacrée ! (…) Les anciens formaient des initiés, les modernes ne forment très superficiellement que des amateurs. »

 

Cette rigueur est-elle critiquable ? Cela ressemble au « de mon temps », et résonne comme la nostalgie du passé. Les adaptations successives des rituels, ont-t-elles abouties à une dégradation de ceux-ci, et à une perte de leur sens et de leur rôle initiatique ?

Faut-il s’adapter aux circonstances passagères ? Peut-on dispenser une propédeutique initiatique avec Skype ou Zoom, les anciens avaient sans doute la même interrogation quand la transmission qui était orale, devint écrite avec la révolution de l’imprimerie.

 

Les Pythagoriciens apportent une réponse, quand ils disent :

 

« Car, c’est à l’effet que l’on juge le rite ; au fruit que l’on juge l’arbre. »

 

Leurs critiques des initiations modernes se poursuivent ainsi :

 

« Les Anciens Mystères ont produit dans les âmes des révolutions extraordinaires ; ils ont eu leurs Saints, leurs Martyrs, leurs Thaumaturges, leurs Docteurs, leurs Philosophes, les grands Législateurs.

 

Les modernes ont sombré dans le matérialisme, la querelle des intérêts, la brigue électorale, la démagogie la plus mercantile.

Les marchands ont envahi le Temple et les fils de l’Esprit n’ont plus été capables de la reconnaître. »

 

Leur apparente intransigeante n’est pas loin de la vérité, car le but de l’initiation n’est pas l’enrichissement matériel, voire intellectuel, mais l’élévation spirituelle, et le désir de plus d’humanité, de fraternité et d’amour entre les hommes. Il y a dans les initiations antiques un véritable secret traditionnel, sur le destin de l’homme, de son âme, dans le présent d’où la Praxis des vertus, et une espérance pour certains de salut, cette espérance est celle promise par les religions, l’espérance maçonnique, comme la foi maçonnique est celle de rendre l’homme meilleur, ici et maintenant. Ce qui n’empêchent pas le Franc-Maçon de boire le nectar qui coule des sources des meilleurs Traditions, pour construire sa vie.

 

Jean-François Guerry.

 

 

Sources : Ordre Pythagoricien.

 

Quelques citations références pour les Pythagoriciens :

 

  « Heureux celui des hommes, vivant sur la terre, qui a vu les Mystères dit un hymne à Déméter ; heureux, celui qui a vu cela, avant d’entrer dans les fosses de la terre, a dit Pindare ; Ô trois fois heureux, le mortel qui, après avoir contemplé ces Mystères, s’en ira dans l’Hadès ; lui seul pourra y vivre heureux, les autres n’y trouveront que souffrance dit Sophocle. Et Platon ajoute celui qui aura été purifié et initié vivra avec les Dieux, mais ceux qui viendront dans l’Hadès sans avoir été reçus aux Mystères, seront plongés dans l’océan de boue… »

 

À ces citations je rajouterais volontiers quelques lignes du prologue de l’évangile ésotérique de Jean, bien postérieur mais qui est toujours présent dans de nombreuses loges maçonniques :

« et la Lumière luit dans les ténèbres et les ténèbres ne l’ont pas saisie.

Et les siens ne l’ont pas accueilli. Mais à tous ceux qui l’on accueilli, il a donné le pouvoir de devenir….

C’est de lui que j’ai dit : celui qui vient derrière moi, le voilà passé devant moi, parce qu’avant moi il était. »

 

Conseils de lecture pour ceux qui veulent aller plus loin :

 

Biographies :

Vie de Pythagore par Jamblique.

Vie de Pythagore par Porphyre.

 

Études et recherches sur la littérature pythagoricienne :

Études sur la littérature pythagoricienne par A. Delatte.

Recherches sur les sources de la légende pythagoricienne par I.Lévy

 

Les Vers Dorés :

Pythagore : Le Vers d’Or, Hièroclès par M. Meunier.

Les Vers Dorés de Pythagore par Fabre d’Olivet.

 

Recherches et études sur la philosophie pythagoricienne :

Les penseurs de la Grèce par Th. Gomperz.

Les Études de Philosophie Antique par E. Brehier.

 

Recherches sur la science pythagoricienne :

Le nombre d’Or, Rythmes et Rites Pythagoriciens par Matila Ghyka.

Le Rôle du Pythagorisme dans l’évolution des idées par L. Brunschvicg.

 

La Liturgie pythagoricienne :

La Basilique Pythagoricienne de la Porte Majeure par J. Carcopino.

LES LUMIÈRES DE PYTHAGORE

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Publié le par Jean-François Guerry

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Jean-François Guerry.

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Publié le par Rémy Le Tallec
LUCIEN JERPHAGNON - PART - II.

 

« Les dieux ne sont jamais loin »,

 

« C’est un mythe ; La nuit des temps et le temps de la nuit ; Des dieux et des hommes ; « Mors et vita… » ; Le matin des philosophes ; L’intelligence des mythes ; Le merveilleux au jour le jour ; Ce que parler veut dire ; L’espérance du savoir et le savoir de l’espérance » : tels sont les titres de quelques chapitres de ce maître-livre : un parcours initiatique dans l’imaginaire et le monde intérieur des êtres humains. De nos anciens à aujourd’hui.

 

Avec les mythes véhiculés par la parole, l’art et l’écriture, les hommes faisaient leurs premiers pas dans l’histoire, qui rend possible une transmission posthume. Et ces mythologies attestent, comme le mot l’indique, une élaboration, une mise en forme par ce « logos », ce verbe, cette parole intérieure dont nous guettons l’apparition.

Ceux qui ont écrit L’épopée de Gilgamesh, le Cantique des Cantiques, l’Iliade, l’Odyssée, l’Enéide, les Métamorphoses… y ont investi une bonne part d’eux-mêmes, mais laquelle ? Cela reste à découvrir.

Car les mythes traitent des questions toujours bien vivaces chez l’homme contemporain, et Jerphagnon s’amuse à en recenser le fond de quelques-unes parmi bien d’autres.

« Sur le trajet de quelle intention de la conscience surgit ce que nous appelons le mythe ? Qu’a-t-on si longtemps cherché dans les mythes, qu’y cherche-t-on encore qui changerait la vie ? Il s’agirait donc ici de ce qu’on appelle dans notre argot de philosophes, une phénoménologie du mythe. Du Mythe vécu en société et du mythe vécu à la première personne, si tant est que l’on puisse y atteindre par le peu qui nous reste de tant de millénaires retournés au silence »… ».

 

« Quelque chose échapperait-il encore et toujours à l’Homo archi-sapiens, version IIIème millénaire, pourtant muni des lumières de sa raison, de sa liberté chérie, de son ordinateur, de ses droits de l’homme et de ses satellites ? Quelque chose d’éternel à quoi seuls les mythes venant de si loin dans le temps donnaient alors accès ? Quelque chose, en tout cas, qui paraît bien avoir compté pour une part dans l’idée qu’on se faisait du bonheur ? Tout se passe comme si l’on voulait aujourd’hui savoir ce qui alors était vécu avant que d’être su, vécu au premier degré, sans distance réflexive ».

 

A ces questions éternelles déjà mille fois envisagées, Lucien Jerphagnon ne prétend jamais apporter de réponse définitive, c’est rassurant. D’ailleurs, ni en histoire, ni en philosophie, nulle pensée ne peut apporter quelconque réponse définitive à prétention universelle. Et d’ailleurs, quel peut être l’intérêt d’une enquête par définition rationnelle sur une donnée irrationnelle ?

 

Il se contente d’émettre ses interprétations, ses propositions qui viennent enrichir les précédentes études. Des analyses claires de pur bonheur, solidement assises sur des rayonnages entiers de bibliothèques, en latin ou en grec dans le texte….

 

Ces légendes, ces exploits des dieux universels avec leurs mesquineries, leur courage ou leur cruauté, bien humaines, ces mythes, confectionnés, rassemblés au fil du temps, et diffusés dans le monde méditerranéen jusqu’à l’extrême orient mystérieux, ont contribué à indiquer des sens à l’Homme du temps. Des directions, des significations, des explications possibles sur l’Un, sur la nature, sur la vie plutôt que rien. Ces mythes nous plongent au cœur de l’homme.

 

Et puis, peu à peu l’homme en prend et en laisse de ces dieux lointains et incohérents ; et se développent alors la philosophie, l’histoire qui s’écrit et retient la parole, la littérature, tout ce qui exprime l’interprétation par l’homme de son environnement au quotidien. Ce que Jerphagnon appelle l’intelligence des mythes, dans les deux sens de l’expression.

 

La rationalité et les mythes campent sur leur pré-carré. Les mythes et la rationalité, la religion et la science prétendant chacun à la vérité, il est impossible de faire un choix unique sans s’amputer d’une partie de nous-même : l’équilibre de l’homme en est l’enjeu. C’est de toute éternité la double attente de l’âme humaine, rationnelle et irrationnelle, naturelle et surnaturelle, immanente et transcendante, et, si l’on se risque aux grands mots, scientifique et mystique.

 

 

Un souffle d’enchantement

 

On doit dire que cette plongée ébouriffante dans l’histoire des mythes, des questions existentielles posées par les hommes qui les ont inventés, puis par la conservation écrite de la parole de l’histoire, les pensées de la philosophie vécue au quotidien …, cette plongée est un véritable bonheur. Le bonheur de comprendre un morceau de notre histoire, un morceau de la naissance de notre histoire, un morceau des questions que se posaient déjà nos ancêtres, qui avaient eux aussi leurs problèmes existentiels. L’espérance du savoir et le savoir de l’espérance …

 

Pour ne pas laisser l’homme dans l’intranquillité de la solitude, Lucien Jerphagnon a  lui aussi,  fait un rêve :

« On se prend à rêver d’un monde sans anathèmes, où le savoir de l’espérance viendrait magnifier l’espérance du savoir. Oui, comme il arrive qu’on rêve d’idéal, d’éternité, de paix universelle, d’intelligence partagée, de bonheur, même… ».

 

 

Rémy Le Tallec.

Lucien Jerphagnon

Lucien Jerphagnon

Pour aller plus loin …..

 

Pour les amoureux de la philosophie antique, en complément du bel article de Rémy Le Tallec, je vous conseille la lecture de :

Julien Jerphagnon « Mes leçons d’antan- aux Éditions les Belles Lettres.

 

Note sur le livre : « Big-bang philosophique, le Parménide de Platon a donné naissance à un courant de pensée, le néoplatonisme, qui a ponctué toute l’Antiquité de la Grèce à Rome et dont les échos ont résonné jusqu’à la Renaissance. »

 

Le Parménide : dialogue obscur, parfois abscons, rebutant le lecteur est pourtant souvent à l’honneur dans les loges maçonniques, dans ce livre de Lucien Jerphagnon le lecteur trouvera une analyse littéraire du texte et de ses célèbres hypothèses, il trouvera aussi l’histoire des interprétations jusqu’à Plotin, enfin la vie de Plotin commentée par Porphyre. Voie vers la découverte de l’harmonie secrète du Parménide.

 

Fragments:

 

Conclusion des Hypothèses du Parménide

 

« Selon A Diès le programme du Parménide est réalisé, à savoir « mettre de la contrariété au sein même des Formes intelligibles, sans détruire ni leur objectivité ni leur détermination précise et intransformable, établir l’unité sans détruire le multiple, poser l’affirmation en fondant, sur l’affirmation même la négation.

Ainsi, se dégagent « les éléments d’une théorie de ce qui est et de ce qui apparaît. On sait quel sens il faut donner au mot être et au mot apparence (….) En parlant de l’un qui est, et en le niant partiellement, on arrive a constituer un monde ordonné. (…) de même on a sauvé la multiplicité du monde en lui conférant une unité. Selon Platon, tout acte de pensée inclut la double affirmation de l’un et du multiple. »

 

Cela énoncé ne peut laisser indifférent le Franc-Maçon, sur son chemin initiatique, sa conquête d’unité, on y trouve les fondements de la propédeutique maçonnique. Le but aussi réunir ce qui épars, l’un, l’individuel, le particulier et le multiple, l’universel. C’est la ‘récupération’ de l’unité, sa réparation, c’est aussi la pensée de Pythagore et d’Héraclite deux ‘prophètes’ maçonniques.

 

Cela nous conduit à l’évidence vers Plotin :

 

« C. Ramoux parle ‘ d’étonnante architecture théologique’, une discipline, pour une ascension spirituelle à inscrire sur la carte du cosmos, et une tradition mystique dont le fil se laisse remonter à travers Plotin encore plus haut, possiblement très haut, jusqu’à Platon et au-delà. »

 

Exégèse du Parménide selon Plotin :

 

« Tout être et tout non-être sont des modes de l’Un. Tout être aspire à son unité car c’est elle qui le constitue -ou, pour mieux dire, tout être se pose lui-même dès qu’il réalise son unité. Et la totalité elle-même s’autogénère en expliquant une unité qui lui est immanente. »

  La nausée du corps.

 

L’époque de Plotin est celle de la nausée du corps, du rejet du corps. Pierre Hadot cité par Lucien Jerphagnon, explique, nous avons plusieurs têtes. (lire La simplicité du regard de Pierre Hadot). Cette époque est-elle révolue ?

 

« Il y a un ailleurs, un autrement, un au-delà, vers quoi l’on imagine un passage possible, ou plutôt des passages, selon les goûts et les possibilités de chacun. »

 

C’est le moment sans doute où certains frappent, la porte du temple, d’eux-mêmes, descendent dans la caverne, pour une visite de leur intérieur en vue d’une rectification et d’une remontée spirituelle, ils pourront alors se contempler dans le miroir qui leur proposé.

 

« Pour les intellectuels, un retour au platonisme, un revival platonicien incontestable, mais aussi superficiel et parfois louche ;

 

Pour les esprits religieux, les cultes à mystères, et il y en avait de toutes les variétés ;

 

Pour les amateurs de spéculation, les gnoses de toute sorte, les astres, les cieux dont les humains procèdent en revêtant des défroques plus ou moins grossières dont la dernière serait précisément le corps.

 

Cette nausée du corps, est la vision de l’homme de cette époque, c’est le rejet du matériel.

Toute relation est possible avec notre époque, mais aussi à mon sens dangereuse. Cela peut mener à tous les intégrismes, les prosélytismes sur nos manières de vivre, de nous alimenter etc..

 

Jean-François Guerry.

 

 

À LIRE : Lucien Jerphagnon ‘ MES LEÇONS D’ANTAN’ Éditions Les Belles Lettres.

LUCIEN JERPHAGNON - PART - II.

L'adieu de Michel Onfray à son "vieux maître", Lucien Jerphagnon

 

Le grand professeur de philosophie et historien de l'Antiquité est décédé le 16 septembre. Son ancien élève Michel Onfray lui rend hommage.

 

Au premier cours de l'année donné au cinquième étage de l'université de Caen, Lucien Jerphagnon fournissait son mode d'emploi : il annonçait qu'il y aurait un devoir et donnait la date de remise des copies, il ajoutait qu'il le signalerait une autre fois, donnait également la date de la piqûre de rappel et ajoutait qu'une copie non rendue ce jour-là, ce serait zéro. "À bon entendeur...". Pas utile d'arguer de la troisième mort de son grand-père, d'un glissement de terrain ou d'une grève des trains.

Ensuite, il donnait son adresse, précisait qu'il répondrait à chaque lettre le jour même et qu'on recevrait une réponse le lendemain dans sa boîte aux lettres - c'était l'époque où l'on n'avait pas besoin d'affranchir le courrier au prix du caviar pour que, nonobstant, il prenne son temps en route. Pendant des années, il répondit à chacune de mes lettres le jour même. Je garde ce précieux trésor dans une chemise à la couleur passée.

Enfin, il concluait son topo en citant Montherlant : "Qui vient me voir me fait plaisir...", puis il marquait un temps de silence, et il ajoutait, goguenard : "... Qui ne vient pas me voir me fait plus plaisir encore !" Pendant des années, je lui ai offert le premier plaisir, pendant d'autres années, le second.

Concernant ses relations avec Jankélévitch, dont il fut l'assistant, il écrit : "Mai 68 nous avait éloignés, point séparés." Il y eut aussi entre nous un éloignement qui ne fit pas une séparation. Tel ou tel journaliste fit de son édition de saint Augustin en Pléiade le motif de cet éloignement, l'auteur du Traité d'athéologie ne pouvant qu'être un allumeur de bûcher sur lequel il sacrifiait son vieux maître ! Mais c'était me prendre pour un imbécile : quand j'eus le coup de foudre pour ce professeur exceptionnel, j'ai tout lu de lui et, à 17 ans, je n'ignorais pas qu'il avait publié des textes qui sentaient l'eau bénite aux éditions du Vitrail (sic) ! Pas besoin de chercher de ce côté-là.

Quand il arrivait dans la salle, grand, maigre, la moustache d'un officier de la coloniale toujours impeccablement symétrique, il posait son cartable, sortait son volume de Budé, posait une grosse montre sur le bureau et commençait un spectacle extraordinaire. Seul, il jouait tous les rôles du théâtre antique : il fulminait, susurrait, ricanait, délirait, le tout avec une érudition époustouflante. Drôle, malin, ironique, vachard, intelligent, cultivé, il assassinait, portait au pinacle, tirait une balle entre les deux yeux de tel ou tel professeur parisien, citait une lettre envoyée par un ami cardinal ou académicien, faisait un genre de revue de presse de la semaine et n'oubliait jamais le cours - qui était clair, limpide, impeccable, bourré de références, et vrai.

À l'époque, l'idéologie faisait la loi : Marx - Freud, Lacan - Foucault. À Caen, nous avions le subversif de service, jadis Mao - Badiou, puis Sade - Bataille (aujourd'hui Aristote - saint Paul), l'apparatchik communiste, Lénine - Althusser, le fainéant, rien - rien, le dandy, Wagner - Varèse, le professeur modèle, Kant - Hegel, etc.

Lui se moquait de tout cela et parlait des preuves de l'existence de Dieu chez saint Thomas d'Aquin, des hypostases de Plotin, du plaisir chez Lucrèce. S'il parlait d'un bordel, c'était avec la caution de Juvénal, d'une partie de jambes en l'air, avec celle de Perse, d'un trait d'esprit, avec Tibulle, s'il lançait une saillie contre les grands de ce monde, c'était sous couvert de Tacite - Suétone. On ne savait comment il s'y prenait, mais on avait l'impression d'un one-man-show effectué par un genre de Monsieur Hulot de la philosophie. Une fois sur le campus, on avait beaucoup appris, tout compris et, surtout, tout retenu... J'ai encore un gros paquet de notes prises au cours donné par le membre du PCF sur Victor Cousin et la philosophie française, mais ne me souviens de rien ; j'ai gardé les quelques notes du cours sur Lucrèce, je me souviens de tout, comme si le cours avait eu lieu hier. Or, il a plus de trente ans...

Il m'a tout appris : ne rien tenir pour vrai qu'on ne l'ait vérifié expressément. Lire, beaucoup lire, encore lire, toujours lire, travailler sans cesse. Aller directement au texte et économiser les gloses. Se moquer des travaux universitaires, jamais très utiles : ils obscurcissent la plupart du temps, alors que la lecture et la méditation du texte même forcent les pages les plus difficiles. Il ne sacrifiait à aucune mode de lecture - ni freudienne, ni lacanienne, ni marxiste, ni structuraliste. Il disait pratiquer "une méthode érudite". De fait, pour comprendre Lucrèce, je m'étais inscrit à des valeurs d'histoire de l'archéologie antique, ou d'histoire ancienne, je lisais sur l'époque, je bricolais un peu de latin. À rebours du structuralisme, il voulait le texte et le contexte - il avait ô combien raison ! Ma Contre-histoire de la philosophie est un hommage à sa méthode. Un hommage dont j'entame la dixième année.

Tout nous séparait : homme de droite, très conservateur, agnostique, mais, quoi qu'il en dise, mystique plus proche du Dieu des chrétiens que de l'Un-Bien de Plotin, pestant contre Mai 68, ami de gens d'Église, dont, paix à son âme, un évêque athée. Bien qu'il s'en défendît, il goûtait les honneurs comme un petit garçon les friandises, et je crois qu'il aurait aimé le bicorne et l'épée du Quai Conti, un lieu qu'il aurait enchanté par son éternelle jeunesse, ses pétillements d'intelligence, ses mots en pointe sèche aiguisée d'acide. Tout nous séparait, donc. Et alors ? Je l'aimais ainsi.

Voilà quelques jours, passant chez Grasset, mon éditeur Jean-Paul Enthoven m'apprit qu'il était entré dans une chambre de soins palliatifs. De là-bas il a envoyé une lettre de dandy à la maison d'édition des Saints-Pères qui fut aussi la sienne : joli papier filigrané, incrustation de titres, dont Membre correspondant de l'Académie d'Athènes, il y tenait.

L'encre violette de son Montblanc ("Regardez, mon cher Onfray, c'est le supertanker avec lequel j'ai écrit tous mes bouquins", me dit-il quand je vis son bureau pour la première fois...) avait pâli, le trait était resté net, mais la plume grattait le papier et avait des ratés. Il remerciait la maison qui l'avait édité, rigolait au bord de la tombe, continuait le spectacle, mais savait que le rideau allait tomber très vite. J'ai pleuré. Il était né la même année que mon père.

 

J'ai lu son dernier livre qui vient de paraître en librairie, j'ai entendu sa voix en le lisant. J'ai fermé le livre. J'ai vieilli un peu plus. Adieu, mon vieux maître, adieu - je vous aimais...

SOURCE HEBDOMADAIRE LE POINT

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Publié le par Rémy Le Tallec
LUCIEN JERPHAGNON

Miracle grec, marmite d’Alexandrie, vase d’oxford, œuf maçonnique, pas d’inquiétude le Blog ne change pas de thème. Je confesse au grand désespoir de mon épouse être un piètre cuisinier (je ne fais pas beaucoup d’effort), je ne suis pas meilleur dans la culture des légumes, je préfère les fleurs de mon balcon, mon jardin est plutôt rempli de livres. Je vois quand même le ciel !

 

Mon ami Rémy Le Tallec, qui s’il y avait des demi-dieux en ferait peut-être partie, mais c’est un homme avant tout, un homme qui frôle tellement l’humilité qu’il finit par en être une incarnation. Il paraît que cette vertu est inatteignable à par l’esprit humain !

Il n’y a que ses très proches qui savent que Rémy fût un critique musical très réputé, lanceur de talents en France, en Bretagne et chez nos cousins du Québec.

J’ai découvert il y a quelques années, bien caché, dans son salon bibliothèque, le livre de Gilles Vigneault « Les Gens de Mon Pays. » C’est l’édition intégrale des chansons enregistrées du poète. Hubert Reeves et Rémy Le Tallec ont rédigés ensemble respectivement la préface et l’introduction.

 

Rémy a écrit dans cette introduction. « La chanson Mon Pays (Considérée comme l’hymne officieux du Québec) brave le temps et les modes pour faire désormais partie de la mémoire collective, depuis ce fameux jour de la superfrancofête qui a consacré à jamais leur trio Royal, Félix Leclerc avant coutume de dire que dans la chanson québécoise, il représentait la lampe à huile, Gilles Vigneault l’ampoule électrique et Charlebois le néon… mais que l’important c’était la lumière. »

 

Rémy Le Tallec nous invite donc à une promenade lumineuse, dans le passé et le présent pour éclairer notre avenir, c’est un message d’espérance, il nous invite en compagnie de Christiane Rancé et Stéphane Barsacq à la découverte des lumières de Lucien Jerphagnon.

 

Rémy cisèle les mots, ses mots, il nous faudra donc  s’y arrêter pour découvrir les secrets qu’ils cachent, deux étapes seront nécessaires sur ce chemin lumineux.

 

Jean-François Guerry.

 

Lucien Jerphagnon vu par Christiane Rancé et Stéphane Barsacq

 

 

Les références à Christiane Rancé et Stéphane Barsacq, auxquels Jean-François a consacré un article vendredi dernier, m’ont fait immédiatement penser à Lucien Jerphagnon, historien de la philosophie, dont ils ont l’un et l’autre préfacé plusieurs ouvrages. Christiane Rancé, a préfacé « A l’école des Anciens » (Ed Perrin, 2014), et publié un recueil d’entretiens « De l’amour, de la mort, de Dieu et autres bagatelles… » (Ed Albin Michel, 2011). Et l’on doit à Stéphane Barsacq les préfaces de « Connais-toi toi-même… et fais ce que tu aimes » (Ed Albin Michel, 2012) et « L’homme qui riait avec les dieux » (Albin Michel, 2013)… entre autres.

Lucien Jerphagnon

Lucien Jerphagnon, historien de la philosophie grecque et latine

 

Professeur émérite des universités, Lucien Jerphagnon (1921–2011) était un éminent spécialiste de l’Antiquité grecque et de l’Antiquité romaine, avec leur histoire, leurs modes de vie, leurs mythes et leurs dieux, leurs empereurs, leurs philosophes, leurs penseurs et écrivains, auxquels, il a consacré la majeure partie de son œuvre. (« Les divins Césars, idéologie et pouvoir dans la Rome impériale »(Ed.Tallandier, 2004)

De son immense bibliographie, on trouve tout en haut de son hit-parade,  Augustin, auquel il a consacré l’édition des « Oeuvres Complètes », trois tomes en Pléiade, et puis Plotin, Platon, etc …

 

De Lucien Jerphagnon, je me souviens avec une grande précision, des circonstances de ma première rencontre avec l’un de ses ouvrages, et celle où j’ai appris son décès. Ma première rencontre, c’était avec son livre « Les dieux ne sont jamais loin » (Ed. Desclée de Brouwer 2002), que lisait la fille d’un ami, décédée peu de temps après, qui accepta de me le prêter le temps d’un week-end en bord de mer. Aussitôt rentré, j’ai acheté ce bouquin pour le lire à loisir, et ce fut le début d’un compagnonnage avec l’antiquité grecque et romaine sous le bienveillant patronage de Lucien. A l’annonce de son décès, j’étais de nouveau en bord de mer, sous un autre ciel lumineux, et je vois toujours la chambre spartiate et le petit écran de télévision porteur de la mauvaise nouvelle. Chagrin.

Car, entretemps, j’avais pris le temps de me passionner pour l’historien philosophe et plusieurs de ses bouquins, et appris à aimer son regard malicieux, son esprit subtil et sa voix limpide, dans de rares émissions littéraires à la télé et à la radio.

 

Philosophe et historien, ou plutôt historien de la philosophie, car il aimait à préciser « qu’un historien qui ne se consacre qu’à l’histoire est un archiviste qui se contente d’énumérer les traités et les batailles…et qu’un philosophe qui ne fait que de la philosophie se balade dans les concepts sans que personne n’y entende plus rien, sauf peut-être lui-même »

…. « Toute philosophie est nécessairement historique. Une philosophie dépend de l’air de son temps. L’idéal pour l’historien de la philosophie est d’essayer de respirer l’air du temps de la philosophie qui l’intéresse. Il faut savoir non seulement ce qu’on pensait, mais aussi ce que l’on faisait, disait, je dirais même ce que l’on mangeait et buvait, quelle conception on avait de l’amour, de la haine, de la religion, de la politique, du bonheur… ».

 

Lucien Jerphagnon avait ce don particulier de faire vivre devant nous, de nous faire vivre avec les personnages historiques quels qu’ils fussent, aussi bien Plotin que l’empereur Auguste, un grec lambda ou un romain de la plaine du Po, l’empereur  stoïcien Marc Aurèle, ou Augustin, Aristote ou Platon…

Dans une sorte de complicité respectueuse, il partage avec nous un regard neuf – je vois son œil pétillant - avec l’élégance d’un vocabulaire familier bien enraciné dans notre siècle, et un solide humour d’une finesse rare. (Il a dédié l’un de ses livres à Pierre Dac).

 

Avec lui, on ne peut plus considérer l’histoire en général, et ses personnages en  particulier comme des abstractions, mais bien comme des histoires de vie et des êtres de chair et d’émotion. Avec en filigrane une érudition aussi discrète que profonde, et une acuité psychologique exercée par les milliers d’ouvrages patiemment étudiés et la compagnie d’illustres collègues saisis de la même passion, Paul Veyne, Jankélévitch…

 

L’histoire et les mythes à la première personne  

 

Cette proximité à la première personne, qui en fait un enchantement de lecture et d’apprentissage est une constante dans le climat de l’œuvre de Lucien Jerphagnon, y compris dans ses livres historiques. Et il s’en explique à plusieurs reprises.

A la fin du « Bonheur des Sages », « Ici, je ne puis parler qu’à la première personne. A chacun ses expériences. Car il s’agit de fréquenter les disparus comme s’ils vivaient encore, les lire et les relire. Il y aura bien quelque chose qui la dernière fois m’aura échappé. Alors je regarde du plus près que je peux. Si je pouvais partager un moment le regard que ce vivant d’alors portait sur le ciel d’Athènes, d’Alexandrie ou de Rome ? Sur son présent à lui, sur son passé, sur l’avenir qu’il imaginait ? Voir ce qu’il voyait, en éclairer mon présent, qui lui aussi m’échappe comme lui échappait le sien… ».

 

(Entre parenthèses, quel maçon ne rêve pas d’entendre ceux qui ont créé les premières assemblées, ceux qui ont écrit les rituels ? Leur projet de vie, leur projet de se rencontrer régulièrement entre gens d’ici et de partout, sans autre distinction que d’être des hommes libres et de bonnes moeurs ? Leurs inquiétudes ? A quelle liberté aspiraient-ils ? Que mangeaient-ils à leur faim ? Quelle pandémie craignaient-ils ? Pourquoi tel mot, telle phrase plutôt qu’une autre dans ces fameux rituels ? Quel sens donnaient-ils aux mots, aux phrases de ces rituels ? Les serments prononcés avaient-ils un sens ?)

 

(Entre parenthèses encore : quel maçon ne lit et relit ses rituels, pour en tirer encore et toujours une interprétation symbolique nouvelle qui ne l’avait pas encore nourri, une direction nouvelle qui ne l’avait pas encore dirigé ?)

 

« Les mythes ont comme tout le reste une dimension psychologique, sociologique, politique même, on s’en doute bien, tout cela changeant selon l’air du temps et des temps »….

« Chaque génération a ses modes, sinon ses obsessions, sa vision du mythe, du monde et de la mort. Les individus ont personnellement aussi leur façon d’envisager la vie ou la survie, leur drame intérieur et leurs raisons d’interpréter ainsi ou autrement tel ou tel épisode de la légende des dieux et des héros »… ». D’une couche géologique à l’autre, l’esprit du temps change, et avec lui le regard qu’on porte sur les mythes, selon ce qu’on en attend »

Rémy Le TALLEC

 

À SUIVRE demain....

Christiane Rancè et Stéphane BarsacqChristiane Rancè et Stéphane Barsacq

Christiane Rancè et Stéphane Barsacq

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Publié le par Jean-François Guerry
AU SECOURS PYTHAGORE

      AU SECOURS PYTHAGORE !

 

C’est beau la politique ! Non je ne suis pas infecté par la COVID, ni par ses variantes, j’ai encore, je pense un peu de santé mentale, malgré ce que je peux voir de la politique en dehors de nos frontières aux USA, au Brésil, en Russie, en Turquie, en Iran, au Liban etc… En fait ce n’est pas la politique qui est en cause, mais les hommes politiques.

En Franc-Maçonnerie l’on s’auto interdit de parler de politique dans nos loges, mais comme tout est politique, l’on s’empresse d’en parler au dehors. Oui les Francs-Maçons ont comme tout le monde des opinions politiques, ils font aussi dans la vie civile, profane de la politique, ils ont parfois des engagements politiques et c’est bien. Les enseignements reçus en Loge peuvent-êtres utiles pour leur conduite dans la cité.

 

J’ai décidé aujourd’hui de m’intéresser à la politique telle que la voyait dans l’antiquité les Pythagoriciens.

Je ne passe pas heurter vos opinions politiques avec les principes de l’école de Crotone, en effet nous environ 580 ans avant l’ère chrétienne. Ce grec de Samos rendu célèbre par son théorème qui enchante encore nos jeunes écoliers, fût aussi un philosophe de la praxis. A peu près tout ce que nous savons de lui, nous as été transmis par la plume de Jamblique né vers 250 avant J-C.

Ma réflexion s’inscrit dans la suite, des articles sur les droits et les devoirs, et la justice. Je vous soumets quelques secrets, qui ne demandent qu’à être diffusés le plus largement possible.

 

Les secrets des Politikoï Pythagoriciens :

 

L’on peut lire dans différents ouvrages, que dans l’école pythagoricienne les initiés après avoir été formés à la science profane et à la science secrète, ils étaient admis au 5ème degré de l’initiation. Rien à voir bien sûr avec notre actuelle ENA ou Science Po, dommage !

Pour les pythagoriciens l’impératif politique est bien le suprême degré. La politique vue de Crotone, est à la fois théorique et pratique, comme l’enseignait les Grecs de l’antiquité elle est Théoria et Praxis.

J’ai l’impression que nos politiques, comme nos philosophes modernes n’ont gardés de cet héritage que la Théoria, et que la Praxis a été confiée aux fonctionnaires d’état et des collectivités locales, les politiques modernes lisent leurs discours préparés par leurs conseillers et appliquent les recommandations des cohortes d’experts en tout genre, secondés par des agences de communication.

 

Aux pythagoriciens l’on enseignait, les secrets de l’harmonie sociale, et les bases d’une législation idéale et bien sûr la pratique de la justice et de l’interprétation des lois. Un beau programme en référence avec le nombre 5 symbole de l’étoile flamboyante, de cet initié triomphant dans sa lumière qui après avoir parcouru la périphérie a trouvé le chemin du centre en marchant vers la lumière, c’est l’homme dessiné par Vitruve, le Manpower pour les jeunes !

 

Le nombre 4 étant pour ces mêmes initiés sainte Tétrakys source de Sagesse. Il y a donc une certaine mystique dans la politique selon Pythagore, du sacré, jusqu’au sacrifice de soi au profit des autres. Ceux qui ont officié en tant que Maire d’une petite commune le savent bien.

 

Je ne vais pas aujourd’hui me lancer dans l’étude de cette Tétrakys magico-mystique. Mais simplement vous proposer de regarder les enseignements, les secrets que Pythagore dévoilait à ses Politikoï :

 

« Une fois formé à la vérité par une étude des lois de la nature et la découverte des mystères essentiels de la destinée humaine. » Ces politikoï du 5ème degré recevait un enseignement qui fait penser à la progression initiatique en Franc-Maçonnerie qui va du profane à l’initié, qui gravi ensuite l’échelle des degrés d’apprenti, à compagnon puis au maître, voire plus encore.

 

« Qu’il fût doux ou sévère âgé ou homme mûr, on apprenait l’art ingrat et difficile de diriger les hommes. »

 

Le constat est factuel la politique est l’art le plus complexe et presque toujours décevant, la gageure de réunir les opinions contraires. Car les sujets ont pour la plupart des tendances égoïstes et matérielles, et le peuple (je dirais plus exactement la foule) est sourde et aveugle au simple appel du devoir et de la vertu.

Vous l’avez compris, il n’était pas inutile de s’intéressé aux droits et devoirs des hommes et des citoyens et au combat pour la vertu.

 

« La politique devra étudier avec soin les principes qui mènent à un bon gouvernement des hommes et de la cité. »

 

Le moment après la mort d’un maître chez les pythagoriciens était le moment où il fallait mettre en place sa succession. Chez nous avec la multitude d’élections, nous sommes toujours dans un moment électoral, ce qui empêche l’action désintéressée, altruiste.

 

Chez les pythagoriciens, c’était plus simple la dictature des dieux était le fondement de toute autorité. D’où le danger quand les hommes se prennent pour des dieux. (Il vaut encore mieux une pâle démocratie) Mais les dieux qui par nature incarnent le bien, pour les croyants bien sûr, et qui disaient la loi avaient quelques bonnes idées :

 

« Savoir combattre l’illégalité, donner un soin particulier à l’éducation civique de la jeunesse. Les magistrats se devaient d’être impartiaux et dignes. »

 

Les pythagoriciens avaient le culte des ancêtres, des anciens, ils vénéraient leurs parents, nous nous les mettons loin de nos regards dans des EPHAD.

 

« Ils préconisaient l’esprit de famille, l’hospitalité, la pudeur, la modestie et ils en concluaient qu’ainsi la cité serait heureuse. Ils combattaient les destructeurs de l’idée nationale, les sceptiques et les sophistes »

 

Pour eux la communauté nationale était basée sur l’accordement de tous les citoyens, sur leur union, sur le jeu harmonieux des institutions.

 

« Les pythagoriciens se posaient la question comment devenir meilleur ? »

 

Par des discours apaisants, par l’observation des coutumes locales, et les traditions nationales, par des lois justes et salutaires. Ils parlaient d’or, comme leurs vers.

 

« Pour eux la loi imposait la crainte, de l’honneur naît le respect des coutumes. (A voir !) Ceux qui les violaient avaient honte de le faire. »

 

« Le bonheur devait résulter de l’orientation des passions de la jeunesse vers des idéaux nobles et désintéressés, en modérant l’accroissement des fortunes. » (Sujet toujours d’actualité)

« En répartissant équitablement les charges et en développant la collaboration de toutes les classes de la cité. » (Pas besoin d’aller faire de longues études à Sciences Po, il suffit de lire Pythagore.)

 

« Pour éviter la ruine des cités, il faut arrêter la décadence des mœurs et des institutions. Ainsi le sage ne se cache plus dans la crainte de recevoir des pierres de la foule. »

 

On en arrive à la Justice et son symbole la balance. Ce fût le symbole des initiés du 5ème degré, pour eux ce symbole était l’image de la vie.

Extrait : Voir Delatte Essai sur la Politique Pythagoricienne Liège Belgique 1922. Page 69.

 

« La balance est le symbole des Politikoï. Elle est l’image de la vie.

Si nous divisons chacun de ses deux bras en cinq parties égales, nous obtenons six divisions égales : le chiffre 5 est au centre et symbolise l’aiguille. Un plateau déplacé subit une injustice et mérité une aide ; un plateau surchargé crée une injustice et mérite un châtiment ; plus l’on s’écarte de l’aiguille, plus l’on manque d’équilibre car plus le déplacement est grand, ce qui est abaissé tend vers l’abîme ; ce qui est élevé tend au Ciel et y sollicite un secours ; le chiffre 5 est au milieu et est la stabilité et l’égalité ; un poids lourd crée un angle obtus, un poids léger, un angle aigu, un angle droit l’égalité. Plus l’on s’écarte de la Justice, plus l’on manque d’équilibre. Le chiffre 5 distribue à chacun ce qu’il mérite et rétablit l’égalité. Il ne lèse personne et nul ne peut le léser.

 

L’initié n’est pas un égoïste, qui conserve par devers lui le bénéfice de ses études. Il doit se rendre utile aux siens, à ses concitoyens, à ses semblables.

 

Il doit rayonner autour de lui la chaleur et la lumière qu’il a reçues. Il fera cela en descendant dans l’arène publique et en participant lui-même au gouvernement, mais en conseillant discrètement, fermement et affectueusement tous les hommes ses amis et ses frères. »

 

Ainsi l’homme juste parvenu au plus haut degré de spiritualité, se doit d’aider ses frères. C’est l’image de la descente de l’échelle après avoir atteint le nec plus ultra. L’initié sera alors plus ‘radieux que jamais’.

 

Qui a dit que la politique n’était pas belle ? Pas Pythagore !

 

Jean-François Guerry.

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J’ai une affection particulière pour la Belgique et nos cousins Belges, sans doute leur simplicité, leur bonne humeur, leur proximité et leur sens du partage. Je me suis rendu à plusieurs reprises dans ce pays au patrimoine culturel impressionnant. La visite du musée Magritte à Bruxelles, près du Parc Royal, et de la célèbre Grand Place bouillonnante cosmopolite, les effluves qui l’envahissent avec les lumières du soir, sont des appels au partage dans les brasseries où les touristes de passage s’étonnent de la bière qui coule en écume dorée dans leurs chopes.

 

Les enfants gourmands rêvent devant les chocolats, dans les allées commerciales. Il se répand sur les trottoirs l’odeur des gaufres, au sucre généreux….

 

Que dire de Bruges de ses canaux, de Liège de ses étudiants qui les soirs de fête dans le carré mythique remplissent les rues de leurs joies….

 

À Bruxelles j’ai bien sûr fait un détour par la rue Laken où le soir le pas pressé les frères rejoignent leur loge. La Belgique a une place particulière dans la Franc-Maçonnerie européenne, comme elle a une place politique en Europe, c’est une capitale universelle. Les Francs-Maçons Belges, ont impulsés la Liberté dans leur pays. Ils sont à l’origine de l’université libre de Bruxelles, libre en Belgique qui est l’exact contraire de Catholique chez nous.

 

Et puis ces jours-ci j’ai reçu un message sur le Blog de Joël Goffin, un poète, écrivain et bien plus encore. Un Belge à l’ascendance Bretonne par sa grand-mère originaire de Brest même. Ma mère étant également finistérienne de Plougastel-Daoulas pour être précis, nos ancêtres ont peut-être été des cousins à la mode b retonne, ou au moins ont dû se croiser un jour sur le pont Albert Louppe, qui enjambe l’Élorn, ils ont sans aucun doute regardé la rade qui s’élargit vers le large, leurs poumons se sont remplis du même air pur.

 

Cette rencontre avec Joël Goffin, a donc quelque chose de naturel. Curieux je me suis penché sur son site Bruges-la-morte. Rien que le nom choisi incite à la visite et à connaître son créateur et son contenu…

 

Jean-François Guerry.

A propos de Joël Goffin

Joël Goffin est né à Bruxelles en 1963 de mère française (Brest). Du côté paternel, la famille est originaire de Liège (descendance d’Hubert Goffin). Il a passé son enfance à Schaerbeek.
adresse courriel : jg [arobase] bruges-la-morte [point] net

C’est également un chroniqueur littéraire et un poète symboliste sous le pseudonyme de
Sébastien LISE (cliquer ici pour un choix de poèmes anciens)
1981-1988 et 2005

Il est cité dans l’anthologie des poètes francophones de Belgique
Piqués des vers ! 300 coups de coeur
de Colette Nys-Masure et de Christian Libens
Espace Nord n° 300, Bruxelles, 2014
Manuscrit du texte repris dans l’anthologie et intitulé
 Au Tombeau

Il a publié un article dans la revue littéraire intitulée
« From Your Land to Poland : On the Commitment of Writers »
consacrée au thème de la littérature et l’engagement politique
Ed. Peter Lang, 2013

Serge Delaive a publié des textes de Sébastien Lise dans la revue FRAM (numéro 13)
Lettre de Serge Delaive à Sébastien Lise – 2005
Critique de France Bastia – juin-juillet 1997 dans la revue de l’AEB
Critique d’un esthète français – 2018

 

Joël Goffin a écrit pour le compte des Éditions de l’Octogone trois guides littéraires à succès sur Bruxelles (préface de Dominique Rolin, troisième édition), Bruges (préface de Charles Bertin, deuxième édition) et le Brabant. Les trois titres datent respectivement de 1997, 1999 et 2000. Tous sont épuisés (source : Electre).
Sur les pas des écrivains en Brabant co-écrit avec Jean Lacroix a été choisi comme l’un des livres de référence des Journées du Patrimoine en Wallonie les 10 et 11 septembre 2011. La partie Waterloo, Nivelles, Louvain et Malines est due à Joël Goffin.
Les recensions journalistiques, trop nombreuses, ne sont en général pas reprises sur le site.

Passionné par le mouvement symboliste pictural et son imaginaire, il a collaboré à l’exposition Fernand Khnopff qui s’est tenue à l’Hôtel de ville de Saint-Gilles à Bruxelles (1996). En 2005, il fut le Commissaire de l’exposition Georges Rodenbach ou la Légende de Bruges qui a eu lieu au Musée départemental Stéphane Mallarmé (Seine-et-Marne).
Parallèlement, il poursuit une activité éditoriale (hors commerce).

Dès 1994, il attire l’attention des autorités régionales sur l’état d’abandon de l’ancien Atelier saint-gillois de la période de gloire du peintre symboliste Fernand Khnopff. Grâce à un généreux investisseur, celui-ci est désormais sauvé :

L’état de l’Atelier de Fernand Khnopff en 1995
Joël Goffin alerte Le Soir sur l’état de l’ancien Atelier de Fernand Khnopff – 1995
Le projet de rénovation 
– 1998
Rénovation et ouverture du Khnopff – 2003

On lui doit également le contenu du site consacré à la vie et à l’œuvre de Georges Rodenbach, sur un concept graphique et sous l’administration de Dominique Rodenbach, et la mise en valeur de lieux de mémoire artistiques à Bruxelles et à Bruges.

L’auteur est membre du Comité scientifique du Provinciaal Museum Emile Verhaeren-Musée provincial Emile Verhaeren (Flandre, Sint-Amands).
Un article autobiographique – Plume du Coq, juin 2005

Il a terminé une étude sur Bruges-la-Morte qui est en ligne sur ce site (2017).
Il a relancé l’hypothèse maçonnique du Parc de Bruxellles en ligne sur ce site (2018)
Dans le même temps, il a publié les articles de Rodenbach du Figaro, du Gaulois et du Journal de Genève. Mais également les articles du Journal de Bruxelles, du Patriote et duProgrès. (cf. page d’accueil)

 

Adresse de contact :
jg [arobase] bruges-la-morte [point] net

Le Parc de Bruxelles

Le Parc de Bruxelles

Je vous recommande la lecture  sur le site de Joël Goffin son travail remarquable sur :

Le Parc de Bruxelles, le plus grand espace maçonnique du monde ? (version résumé de 4 pages)

Après cette première lecture vous n'échapperez pas au désir de lire l'intégrale, la version longue et détaillée:

Le quartier Royal, une forêt de symboles, le Parc, le Palais de la Nation, et Saint-Jacques-sur- Condenberg le plus grand ensemble maçonnique du Monde.

 

PROMENADE MAÇONNIQUE AU PARC DE BRUXELLES

Citations de présentation avant l'étude.

La Force pour l'entreprise, la Sagesse pour l'exécution et la Beauté pour l'ornement.

Il suffit que la foule prenne plaisir à la vision du spectacle :
aux initiés n’échappera pas, dans le même temps, sa haute signification.

Goethe à propos de La Flûte enchantée de Mozart

« – Quels sont les devoirs d’un Franc-Maçon ?
– Fuir le vice et pratiquer la vertu
– Comment doit-il pratiquer la vertu?

En préférant à toute chose la justice et la vérité »

Catéchisme maçonnique

Les vrais secrets sont ceux qui continuent à être des secrets même quand on les dévoile.

Je fais ceci en mémoire deceux qui ont été et de ceux qui ne sont plus. Maçonnerie des Templiers (18siècle)

PROMENADE MAÇONNIQUE AU PARC DE BRUXELLES
PROMENADE MAÇONNIQUE AU PARC DE BRUXELLES

La lecture du Secret de Bruges La Morte.  

 

LE SITE : 

https://bruges-la-morte.net/

 

Musée de la FM et Temple à BruxellesMusée de la FM et Temple à Bruxelles

Musée de la FM et Temple à Bruxelles

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Publié le par Hervé Deroeux

Le vent du Sud nous apporte des nouvelles musicales de Hervé

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Publié le par Rémy Le Tallec
LA TRADITION

LA TRADITION

 

Le 7ème Cahier de l’Alliance, la revue d’études & recherche maçonniques de la Grande Loge de l’Alliance Maçonnique Française parue il y a quelques semaines, le Blog y a déjà consacré plusieurs articles, mais compte-tenu de l’importance du thème : La Tradition, un héritage, une source, un label. Notre contributeur du blog Rémy Le Tallec a souhaité enrichir ces articles et vous inciter à une lecture intégrale de ce Cahier au numéro symbolique et au contenu emblématique pour la Franc-Maçonnerie.

 

La Tradition avec les mots qui l’accompagne, héritage, source, label, constitue non pas un concept désuet, mais un socle pour se diriger dans le labyrinthe de l’avenir, un message permanent d’espérance, dont nous avons bien besoin en ce début d’année 2021. Les racines de la tradition puisent dans l’humus, c’est-à-dire dans l’homme, les forces, la sève qui monte dans les branches les plus extrêmes de l’arbre de vie.

 

L’Héritage est un don reçu, un leg, qui donne à l’héritier des Droits, et lui impose des Devoirs, il n’est pas besoin de passer devant un notaire pour recevoir cet héritage, nos sœurs et nos frères sont là pour faire acte de donation. Ils sont persuadés, par nos serments que nous saurons prolonger la longue chaîne successorale, des biens spirituels intemporels.

 

La Source, c’est là, à chaque fois que nous avons soif, que l’on vient puiser, dans la lecture et la relecture des rituels qui nous ont été transmis de génération en génération. La Tradition abreuve ceux qui ont soif de Vérité, de Connaissance et d’Amour.

 

Le Label, est la marque de la Tradition, la marque de reconnaissance de celles et de ceux qui ont reçus la Lumière. C’est ‘la marque déposée’ dans le cœur des initiés par la Tradition. L’affirmation visible de ce que l’on est. Nous sommes dépositaires de cette marque indélébile, de cette trace buriner dans notre esprit, cette pure eau de source.

 

Notre héritage est reconnu par les actes de notre vie, que sont les actes de succession : actes de notoriété, d’acceptation de succession, attestations de propriété, certificats de mutation, actes d’inventaire, et le plus signifiant de ces actes, celui qui a le plus de sens, l’acte de partage.

 

Je partage donc avec vous, et vous laisse partager avec ceux que vous reconnaissez pour tels, et, tous ceux que vous aimez, cette réflexion de Rémy Le Tallec sur ce 7ème Cahier de l’Alliance.

 

Jean-François Guerry.

 

La Tradition, un héritage, une source, un label …

(Cahiers de l’Alliance, n°7, septembre 2020) – V3                                11-01-2021

 

Le sous-titre montre bien la difficulté d’embrasser un sujet aussi immense et complexe, même s’il est abondamment employé dans tous les domaines de l’activité humaine, comme légitimation d’un héritage ancestral.

 

La tradition émerge d’une période infiniment longue et obscure durant laquelle, cherchant à se situer dans un environnement énigmatique, effrayant et gratifiant tour à tour, les groupes humains se donnent une ébauche de sens et d’intégration dans le monde.

La tradition semble désigner une évidence, par une ancienneté réelle ou idéalisée, une longue histoire mêlée de mythes et de vraies émotions, peuplée de héros imaginés et de « réelles présences ». Qu’en est-il réellement ? Où et quand en situer les commencements ? Comment la tradition s’est-elle transmise au fil du temps ? Comment a-t-elle survécu et prospéré ?

Puisqu’elle s’en revendique fièrement, notre maçonnerie ne pouvait s’affranchir d’une mise au jour de tous ces questionnements.

 

Le plus incisif de ces questionnements, celui des commencements, ouvre avec forte pertinence le dossier. En se penchant sur « l’Invention » de la tradition », François-Xavier Tassel ouvre un chapitre original, à l’abord plutôt iconoclaste, car Invention et tradition semblent en effet parfaitement antinomiques. Cette notion d’invention de la tradition mérite pourtant d’être explorée, comme le sont l’invention de l’histoire, l’invention de la mythologie, l’invention de la littérature, ou l’invention critique de la Bible. Plus que de multiples Big Bangs, l’histoire des oeuvres humaines est plutôt faite de longues transformations silencieuses. C’est le sillon tracé par l’historien anglais Eric Hobsbawn pour qui « l’étude de de l’invention de la tradition est interdisciplinaire. C’est un champ d’étude qui ne peut que rassembler historiens, anthropologues sociaux et autres chercheurs en sciences humaines…. ».

 

Sillon emprunté par François Xavier Tassel pour la tradition maçonnique.

Nos antiques Landmarks, les constitutions d’Anderson, tous les textes fondateurs de la maçonnerie, les us et coutumes contribuent aux fondements immémoriaux de la tradition en général, et de la tradition maçonnique particulièrement.

La construction progressive de ce qui allait devenir le fonds de la réflexion maçonnique a prospéré au beau milieu du le bouillonnement scientifique, artistique et philosophique, et la naissance de lieux d’une sociabilité nouvelle, élective et constituée d’hommes libres et égaux, la révolution sociologique du XVIIIème siècle.

Les innombrables échanges épistoliers à travers toute la société européenne du siècle des Lumières ont contribué à asseoir en même temps que son universalisme un corpus maçonnique qui s’est enrichi de ses emprunts aux métiers, ennoblis en société spéculative au milieu d’une société plus juste, plus bienveillante, plus libre.

On peut observer une partie de ces emprunts dans les constitutions d’Anderson dont le titre complet est bien « Histoire, obligations et statuts de la très vénérable confraternité des francs-maçons, tirés de leurs archives et conformes aux traditions les plus anciennes ».

Tout cela, enrichi à la « sophia perennis », à la religion naturelle, à la spécificité de la voie initiatique comme voie spirituelle, à l’amour fraternel comme pierre angulaire, a contribué à une pédagogie active de la pérégrination, une fraternité de pèlerinage dont sont empreints tous nos rituels. Au total, les fondements immémoriaux de la tradition recèlent encore de larges espaces à explorer.

 

Et « La tradition comme livre de vie » (Gaston-Paul Effa) illustre les paradoxes de ce cheminement intérieur. La tradition porte en elle le passé, et l’initié doit remonter le temps du souvenir, remonter à la source de ce fleuve, y nourrir sa vie, en assimiler la substantifique moelle. S’en imprégner, et inspirer ce souffle de vie pour en exprimer à son tour l’âme et l’esprit, le savoir, la sagesse et l’expérience aux autres maillons de la chaîne maçonnique. Le mot clé de l’initiation est bien celui de conversion, cette transformation lente, progressive, de celui qui apprend peu à peu à lever le voile des apparences pour acquérir la lucidité de l’homme libre et approcher une vérité supérieure toujours hors d’atteinte humaine. La transmission devient dès lors un impératif catégorique, qu’il convient de réaliser avec humilité et un effort de méditation.

La tradition initiatique se perpétue forcément par la transmission de ses principes fondateurs, de ses paroles, de ses gestes, de ses rites, qui ne prendront vie que par l’authenticité et l’harmonie « entre ce que l’on est et ce que l’on transmet ».

 

L’incarnation de la tradition, c’est exactement le fond des deux articles suivants. « La transmission au-delà des mots » (Jean Dumonteil). Parole perdue, mot sacré, mots du rituel, mots du serment, en franc-maçonnerie comme ailleurs, « nommer, c’est faire exister ». Les mots ont un sens et une fonction symbolique qui ne peuvent s’extraire de l’esprit qui les a fait naître. Et il vaut mieux magnifier le silence que se laisser aller à l’ivresse de l’érudition, car la maçonnerie est une pratique, une expérience, avant d’être une pensée ou une théorie. Pour le dire autrement, la connaissance, ce n’est pas un vase qu’on remplit, mais un feu qu’on allume.

La transmission se fait à travers la communauté initiatique, initiante, que constitue la Loge ; au-delà des mots, « c’est la qualité du travail de chaque frère, et l’exercice de la fraternité qui donnent sens à l’initiation…. Tout est construction, édification, et on peut se poser la question de savoir si l’on est vraiment édifiants ».

 

Et le travail est la condition nécessaire à la transmission. Pas de progrès moral sans un travail de maîtrise de soi, sur son corps, sur son comportement, son attitude, car nos gestes transmettent ce que nous sommes, ce qu’il y a au plus profond de nous..

La transmission est un savoir-être ; c’est prendre soin de l’autre, de son frère, être attentif à sa soif de connaissance pour lui permettre de se révéler à lui-même.

On en revient toujours à l’expérience vécue, à la fraternité de cheminement.

Et « respecter la tradition et la transmettre, ce n’est pas préserver les cendres, mais entretenir le feu ».

 

Pur hasard évidemment, la métaphore du feu sous la cendre, est précisément le deuxième volet de l’incarnation de la tradition, « L’étincelle de lumière sous la cendre ». Pour embrasser « héritage, tradition et transmission » Pierre Pelle Le Croisa a choisi la symbolique du feu.

Au commencement, il met la « trace », celle que tout être humain souhaite plus ou moins consciemment trouver chez ses aînés, et puis laisser comme témoignage de son passage terrestre.

 

D’abord, la trace qui doit guider notre chemin, la trace comme premier maillon d’une chaîne de transmission de la tradition. Ainsi, la trace du feu sous la cendre : le feu a moins d’intérêt que l’enseignement qu’il transmet, mais la transmission ne suffit pas : il faut accepter de la recevoir, de s’en nourrir, et l’enseignement absorbé invite à la fraternité, au partage. Autrement dit, la narration, l’interprétation, et enfin la transmission de la lumière, un projet au-delà de l’être.

 

Etre le passeur de tradition, le faiseur de ponts qui réunissent au lieu de fermer des portes qui séparent. Et puis rentrer dans l’ombre, le silence et la solitude, telle est la mission que peut se donner le maçon.

 

Les divergences sur la tradition ne doivent pas cacher la lumière cachée par la fumée et brûlant sous la cendre. « Ce n’est pas la trace qui est précieuse, c’est ce qu’elle porte, c’est son message. En effet, une succession de messages préservés, accumulés et conservés forment une tradition. Mais les messages ne suffisent pas à la maintenir, il faut aussi savoir ce que l’on en fait ; car une tradition sans aucune transmission serait condamnée à s’éteindre ».

 

Jacques Branchut explore lui, « la tradition primordiale et les mythes anciens ». Les Old Charges, René Guénon, tradition primordiale et tradition maçonnique, sont mesurés à l’aune du sacré de la franc-maçonnerie traditionnelle et spiritualiste.

Au titre de la tradition mise en perspective avec les mythes anciens, il propose un voyage au pays de Gilgamesh, des mythes d’Isis et Osiris, de Déméter et Perséphone, de Prométhée, d’Orphée. Où l’on s’aperçoit que nos antiques ancêtres, qui n’étaient pas plus bêtes que nous, utilisaient avec profondeur la voie symbolique depuis des millénaires, pour dire déjà nos propres intranquillités.

Aux yeux bienfaisants de Jacques Branchut, « Tradition primordiale et mythes anciens » forment un ensemble ; ils se complètent et constituent une des voies de réflexion qu’offre la Maçonnerie de tradition ».

 

Et selon une coutume qui tend à devenir tradition, une méditation de Jean Dumonteil sur « la tradition et la transmission » donne un point d’orgue étourdissant à ce dossier « Tradition ». Dans un monde où les valeurs (comme à la bourse) ont remplacé les vertus, où le bruit permanent a étouffé le silence créateur des consciences, où tout ce qui fait l’homme est devenu marchandise, où les espaces de liberté sont devenus des prisons d’une confusion mentale encensée par les écrans en tout genre, il considère, lui aussi, « la maçonnerie [comme] dernière voie initiatique en Occident ».

 

La tradition n’est pas un acquis, un moment immuable, il faut en prendre soin, et pour cela chercher à la comprendre avec notre regard contemporain, la tradition c’est mettre notre éphémère dans la permanence. C’est mettre ses pas dans le pas de ses devanciers, se mettre à l’école de l’humilité et de la patience, retrouver l’innocence et la liberté, avec des années d’ascèse, non pas la privation, mais le dépouillement.

 

Et pour revenir aux symboles, la Tradition et la Transmission maçonniques seront l’arbre et ses racines, la source et le fleuve, la nécessité de l’enracinement, la vitalité et la fraîcheur de l’eau. Enracinement et ouverture.

« Simplement, humblement, aussi authentiquement que possible ».

 

« Un héritage, une source, un label… » précise le sous-titre de ce numéro des Cahiers de l’Alliance, un panorama, des regards d’oeuvriers-artisans, des recherches constantes qui enrichissent le lecteur au plus profond. Qui entraînent la curiosité de lire, de relire, de s’immerger dans nos rituels maçonniques à la quête de leurs incommensurables richesses.

 

Rémy Le Tallec.

 

PS : On pourra lire utilement les ouvrages de Patrick Négrier « Exposé général de la Tradition » (Dervy, 2020) et « L’invention de la tradition » par Eric Hobsbawn et Terence Ranger  (Ed Amsterdam, 2006, réédition 2012)

LES CAHIERS DE L'ALLIANCE 

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LA TRADITION
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Publié le par Jean-Pierre Rousseau
CONNAIS-TOI TOI-MÊME

Connais-toi toi-même pour les autres en vers et pour tous

 

 

Bien ambitieux de ma part, pardon à l'avance,

De distiller en vous avec insolence,

Notre rôle et la prise de conscience

De notre Devoir à partir de la sentence :

 

« Connais-toi toi-même pour les autres »

 

A quoi sert de baver, docte et onctueux,

Épaules gesticulantes, verbe pompeux !

 

Auréolé de la plénitude du Maître,

Expliquant à l'apprenti qui vient de naître,

Qu'il sait et que lui, peut-être s'il travaille bien,

Saura, s'il est sage et que son travail convient,

Accéder à nouveau palier de l'escalier.

 

A quoi sert de vanter un cordon de tissus ?

 

Comme fait un ami sur qui je tombe dessus

Le félicitant pour son humilité.

Il n'a pas intégré que le vrai initié

Est un relais vivifiant de la tradition

Avec pour devoir d'assurer la transmission.

 

A quoi sert de vanter un chemin personnel ?

Incommunicable parcours en tant que tel,

 

A respectable interlocuteur déférent,

Ignorant d'initié la signification,

Voire de Maçonnerie ou initiation !

 

Ça nous fait une belle jambe de parler !

Si, afin de comprendre notre bavardage,

II ne dispose pas de la clé du langage,

Du pouvoir de la parole pour échanger !

 

 

II est vrai, ce déférent interlocuteur

A en commun avec nous l'eau qui désaltère,

L'air qu'il respire et notre terre nourricière,

Le feu vivifiant nécessaire et moteur.

 

A quoi servons nous donc si nous nous contentons,

 

Une ou deux fois par mois ! d'une bonne veillée,

La planche bien tracée nous tenant éveillé,

Dans un consensus proche de l'égrégore !

Agapes ayant repu frères carnivores.

 

A quoi peut nous conduire notre engagement ?

 

Ces valeurs de rassembler ce qui est épars

Et porter au dehors ce qui nous rend à part.

 

Si nous nous contentons d'étudier sans relâche,

Ce qui à nos yeux concerne notre tâche,

Certes avec beaucoup de zèle et d'opiniâtreté,

Se connaître soi-même afin d'avancer

Sur chemin de Connaissance et de Vérité ?

 

A quoi sert de tracer, une bonne planche ?

 

Si le but unique est avant tout de plaire,

Faire descendre sur nous auréole éphémère,

Satisfecit du péché avoué en confession,

Le but de nos échanges reste vraiment l'action.

 

Pourquoi vivre la Maçonnerie en Loge ?

 

En visiteur d'un salon philosophique !

D'un club révolutionnaire sans risque !

Où souffle avec prudence une douce bise !

En restant nuancé je dirais que ça frise,

Des frénétiques de l'onanisme, l'éloge.

 

A quoi sert d'être créé constitué et reçu ?

 

Maçon du Rite Écossais Ancien Accepté,

Libre et de bonne mœurs, parfait initié ?

 

Cela suffit-il à faire de nous un élu ?

 

Si nous ne faisons pas cet effort d'animer,

Par notre travail sur nous-mêmes, et, sublimer

Nos potentialités morales, spirituelles,

Éveillées par la pratique de nos rituels ?

 

Qu'est-ce que l'accomplissement du Franc-Maçon ?

 

Un travail sur soi réalisé sincèrement

Par la connaissance et le perfectionnement !

 

Cette connaissance a pour incidence

Que, même s'il n'agit sur rien en apparence,

Rien concernant l'humain ne lui est étranger.

 

Tout ce qui parle du divin l'intéresse.

S'il n'est pas philosophe il n'aura de cesse

D'étudier la philosophie de façon active.

S'il n'est pas membre d'une œuvre caritative,

Souffrance et désolation l'invectivent.

 

Sans vraiment exercer de rôle politique

Pour la lutte des droits de l'homme il s'implique ;

II est tolérant et connaît l'intolérable ;

 

En apparence bien loin des réalités,

Des préoccupations de l'humanité,

Dans silence de la Loge, en sérénité,

II pourra régénérer combativité.

 

Une action vers l'extérieur de soi, orientée,

De nos proches à l'entière humanité.

 

La réponse au « Connais-toi toi-même pour les autres »

 

Serait-elle un monde des idées appelé à guider ?

Celui des hommes vrais afin de les aider

A partager les valeurs que nous faisons nôtres !

Dont, franchise et sincérité maçonnique,

Socles et forces intangibles de notre éthique.

 

Vouloir imposer aux autres sa propre idée !

Par force de conviction ou sincérité,

Ne peut aboutir et se transforme en échec.

Je regrette d'avoir parfois été trop sec

Par souci de partager, en toute honnêteté,

Mon travail sur le chemin de 1a Vérité.

 

Toute idée exprimée, avec bienveillance,

Au frère qui la reçoit en cours de séance !

Ne peut devenir sienne, en pleine conscience,

Que s'il en a perçu, le bien fondé, l'essence.

 

Alors comment faire pour essayer de convaincre,

Aider l'impétueux qui se doit de se vaincre ?

 

Pour le Franc-Maçon dont le but est partager,

Semer autour de lui, comme dans un potager,

Les fondations exigeantes de l'humanisme,

Le moyen est de cheminer avec altruisme,

Sur la route chaotique de l'exemplarité,

Sublimer nos belles valeurs dans la société.

 

C'est peut-être de cela dont on a peur !

 

II est vrai qu'au niveau de l'exemplarité

La maçonnerie, avec un tout petit m,

Booste ventes d'hebdomadaires que l'on aime,

Hors élections, lors de la pause, avant l'été.

 

A ce moment on lit plus souvent dans la presse,

De pseudos « frères casseroles » les prouesses,

Confortant la rumeur et le vieil anathème «

Un pseudo Ordre pourri » ça les lecteurs aiment !

 

Par l'exemplarité de récits d'actes vertueux,

On pourrait peut-être sortir de ce cercle vicieux,

Mais le juste le beau le bon ne font pas vendre !

C'est pourquoi des médias il ne faut point attendre.

 

Je rêve tout haut d'une presse sans contraintes,

Libérée sans haine sans tabou,sans goupillon,

Qui écrirait à propos de toute belle action.

 

C'est vraiment beau et bon il doit être Franc-Maçon !

 

Le vrai défi, pour un vieil adepte initié,

Est donc celui du seul contre l'adversité.

Il a presque réussi à dominer ses passions,

II lutte contre ignorance fanatisme ambition,

II connaît moultes embûches sur le chemin,

Avec pour seule arme le fait de se connaître bien.

 

 

Se connaître soi-même ne signifie pas vouloir

Prôner les actions de la Franc-Maçonnerie,

 

Mais par un dur combat personnel, promouvoir,

A l'intérieur de la Loge et au fond de soi,

Idéaux par le travail de chacun mûris,

Par l'appropriation de rituels bien compris,

Sans bornes imposées, la découverte du soi.

 

Par une connaissance aiguë de nos propres limites,

 

Conscient, sans parti pris, du devoir d'exposer

Des idées afin d'éveiller, non imposer,

Des prises de conscience du cherchant en émoi,

On approche sens du connais-toi toi-même pour moi.

 

Participer à un échange, communiquer,

Entendre l'autre jusqu'au bout, l'écouter s'expliquer,

Dire tout simplement, sans être interrompu,

Denrée rarissime dont on est jamais repu.

 

N'est-il pas beau de surprendre notre entourage

Par l'exemplarité de notre écoute de l'autre !

Nous pouvons déclencher le désir d'être des nôtres

En mettant en exergue notre goût du partage.

 

Développer avec nos moyens l'humanisme !

Travailler à une société sans intégrisme,

 

Tenter de donner aux hommes les moyens d'être libres !

 

C'est le Devoir du maçon, sa raison de vivre

Pour s'accomplir lui-même et pouvoir progresser

Sur plan matériel et domaine de la pensée.

Jean-Pierre Rousseau.

CONNAIS-TOI TOI-MÊME

            Ne vous méprenez pas, il ne s'agit pas de ma part d'un poème moraliste, le précepte Socratique puis Maçonnique du « Connais-toi toi-même » fait de ma part l'objet d'un combat de tous les jours.

 

 

            Au sein de la Maçonnerie j'ai l'illusion par mon travail et avec l'aide de mes Frères de m'en approcher, par contre dans le cadre du « Connais-toi toi-même pour les autres » je reste plus modeste.

 

 

            Pour conclure je livre à vos réflexions quelques interrogations bien sûr toutes personnelles et qui une fois encore me replacent devant mon propre miroir :

 

En tenue                      Je parle à mon voisin tandis qu'un frère s'expose par son travail !

                                   Je parle à mon voisin car ce que dit le frère député ne m'intéresse pas !

 

Aux agapes                   Cool il y a assez de monde pour débarrasser !

                                    Il y aura bien quelqu'un pour l'aspirateur !

                                   Ils sont assez à la vaisselle il n'y a plus de place.

 

Au travail                      Heureusement qu'il y a une tenue ce soir je vais pouvoir m'élever !

                                   C'est mon chef mais avec tout ce que je sais je lui ferais bien la leçon !

 

A la maison                               Je suis sûr d'avoir changé mais à chaque fois que je le dis à mes proches ça                                           déclenche un soupir voire un éclat de rire !

 

            Volontairement, je suis resté très terre à terre, dans ces petites interrogations qui relèvent du quotidien.

 

 

            La Maçonnerie ne nous enseigne-t-elle pas que, pour le nouvel initié qui commence à se formuler des questions et, évidemment, à imaginer des réponses sur la nature de ce qui le construit ou l'affaiblit, il est mis face à une voie d'accès à la conscience de lui-même, une sorte de révélation, celle de l'idée.

 

 

            Par voie de conséquence l'initié, dépositaire et porteur des principes de la Tradition, se doit de transmettre nos valeurs encore et toujours, non pas à l'échelle d'une vie, mais à l'échelle du genre humain, afin qu'un jour, ce que l'on a voulu faire partager autour de nous, devienne réalité pour l'ensemble des hommes.

 

 

            Bien, maintenant je vous ai assez lassé et j'arrive aux quelques minutes allouées. Je termine en vous incitant à transmettre notre Tradition en explicitant de façon adaptée son rôle, sa place, son esprit, notre vision de l'homme. Comment ?

 

 

            En étant exemplaires et en rendant vivants les principes que nous voulons transmettre sans aucune restriction, à tous les hommes, c'est pour cela que nous sommes universels.

Jean-Pierre Rousseau

 

CONNAIS-TOI TOI-MÊME

Avec l'aimable autorisation de l'auteur.

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