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la Franc Maçonnerie au Coeur

la Franc Maçonnerie au Coeur

Un blog d'information, de conversations sur le thème de la Franc Maçonnerie, des textes en rapport avec la Franc Maçonnerie, comptes rendus et conseils de lectures.

Publié le par Rémy LE TALLEC
LE GRAND DOSSIER DE L'HUMANISME - PART -II-
La deuxième partie du Grand Dossier de l'Humanisme, du Temps des Lumières, jusqu'à Darwin...

3 -Débats au Temps des Lumières

 

Antoine Lilti, auteur du livre décisif « L’héritage des Lumières. Ambivalence de la modernité »(EHESS/Gallimard/Seuil, 2019) est l’auteur particulièrement habilité pour introduire ce 3ème volet du dossier, sous l’évident titre :  

Adolph Menzel La Tablée du Roi Frédéric II à Sanssouci (1850) avec Voltaire

L’héritage des Lumières ,

 

dans lequel il s’attache à éclairer la complexité de ce bouillonnement intellectuel, idéologique et éthique qui qualifiera définitivement le 18ème siècle et en fera une vache sacrée dans l’inconscient collectif. Il invite à considérer la grande diversité de pensée chez les auteurs du temps de Lumières - ce qu’il appelle les lumières modérées et les lumières radicales – et à prendre en compte les tensions et les désaccords qui opposaient les philosophes, et les contradictions qui traversent le siècle.

En effet, la vision commune devenue autorité de référence fait des Lumières « un bloc homogène, le socle doctrinal de la modernité occidentale. Elles désignent alors le culte de la raison et du progrès ; le rejet des croyances religieuses, l’attachement aux libertés et aux droits humains ».

Or, l’héritage des Lumières implique de sortir de ce « chantage aux Lumières » selon l’expression de Michel Foucault, qui « oblige à prendre position pour ou contre une image caricaturale sur laquelle chacun projette ses fantasmes ». Depuis deux siècles en effet, toute entreprise intellectuelle se doit, avant toute chose, de préciser sa position à l’égard des Lumières, cet événement fondateur à la fois connu et fantasmé.

 

Les Lumières ne désignent pas un ensemble cohérent de propositions théoriques… « Il faut plutôt y voir l’ensemble des débats qui ont accompagné l’effort des écrivains européens pour penser la transformation sous leurs yeux des sociétés traditionnelles : diminution de l’emprise des églises sur les croyances, développement des villes et du commerce, qui dévaluent les privilèges de la noblesse, mondialisation des échanges, apparition de l’idée de nation, avec une histoire »…

Les Lumières n’ont pas élaboré le programme de ces transformations, elles ont été

« l’effort intellectuel pour comprendre ces transformations  et les orienter,… et à rendre sensibles les problèmes nouveaux que suscitaient ces transformations sociales et culturelles ».

Imprimerie à Paris 1751 Encycl de Diderot et d'Alembert

Diffusion du savoir, émancipation de l’individu des préjugés et des superstitions, réquisition de la raison, liberté d’imprimer et instruction publique vont susciter débats et polémiques. Alors que Diderot et les encyclopédistes veulent faire œuvre de vulgarisation des savoirs, d’autres s’interrogent sur l’opportunité d’éclairer le « vulgaire », par exemple. L’expansion européenne – avec un foisonnement épistolaire sans frontières - va faire advenir également l’idée d’universalisme, et l’Europe va s’imposer une mission « civilisatrice » de propagation de l’esprit philosophique des Lumières, colonisation douce qui suscitera aussi force débats.

 

« Les écrivains des Lumières n’étaient pas des prophètes dogmatiques de la raison, du matérialisme et du progrès. Ils ont cherché à articuler une démarche militante, celle du combat inlassable contre le fanatisme et l’injustice, et une visée distanciée, travaillée par le doute et l’inquiétude »…. Les Lumières ne nous fournissent pas des réponses, elles ont formulé les questions auxquelles nous cherchons aujourd’hui encore à répondre ».

Olympe de Gouges Déclaration des Droits de la Femme

La moitié oubliée des hommes  

 

 En 1791, la Déclaration des droits de la femme et de la citoyenne par Olympe de Gouges dénonce la fausse universalité de l’horizon humaniste des Lumières.

Dans la situation des femmes qu’il infériorise, l’humanisme des Lumières est le masque de la domination masculine. « S’inventer comme actrice de soi-même, prendre la parole, exister et refuser l’essentialisation maternelle et domestique du rôle assigné à la femme en société… » : Olympe de Gouges met ainsi en évidence les manques et les zones d’ombre de l’esprit des Lumières, et revendique l’ambition d’une véritable universalité. Combat courageux, que l’échafaud fera taire.

Et l’on s’apercevra que deux siècles seront encore nécessaires pour, dans les lois au moins, mettre fin à cette injustice.

L'Apothéose de Saint-Thomas d'Aquin

Aux sources des droits humains  

 

« L’idée d’un droit naturel placé au-dessus de tous les autres passe pour une idée révolutionnaire, mais elle n’est pas si neuve que cela en 1789, et ses racines théologiques sont anciennes ».

Quelle est l’origine des principes qui ont engendré la déclaration de ces droits de l’homme ? Les racines anciennes des droits de l’homme ainsi proclamés sont-elles « une application des idéaux popularisés au siècle des Lumières par un John Locke ou un Voltaire, ou bien sont-elles à chercher du côté des doctrines religieuses et des théories du droit naturel ? ». En guise de réponse, on va élaborer un sacré laïc protégeant de facto la liberté des individus sans les priver de cadres moraux. Et, parmi les valeurs républicaines, la laïcité comme valeur absolue de la République fera désormais consensus pour une gestion pacifique dans l’espace public des différentes confessions et convictions.

 

Jean-Jacques ROUSSEAU à Ermenonville

Deux versions de la perfectibilité de l’homme  

 

Le progrès humain est presque une idée presque neuve au moment de l’Encyclopédie de Diderot et d’Alembert. D’Alembert parle d’une « perfectibilité indéfinie » de l’espèce humaine. « Parmi les philosophes, nombreux sont ceux qui placent tous leurs espoirs dans les arts et les sciences, mais d’autres s’inquiètent déjà de leurs mauvais usage. C’est le cas de Jean-Jacues Rousseau, pour qui la raison ne fait pas la sagesse ».

Rousseau va développer l’idée que l’être humain n’est pas totalement déterminé par la nature, et qu’il est donc susceptible de perfectibilité, grâce aux vertus des Lumières et grâce à ses facultés de raison, d’inventivité et de volonté. L’être humain est capable de se modifier et de modifier le monde grâce au progrès des savoirs et des techniques, au risque d’être dévoyés. C’est pour cela qu’il s’intéressera  activement au domaine de l’éducation.

Allégorie de la paix et de la justice Corrado Giaquinto

Kant et la paix universelle 

 

Philosophe incontournable des Lumières, pour l’éclairage qu’il en donne («  Qu’est-ce que les Lumières ? », et figure emblématique de l’histoire de la philosophie en général,

Emmanuel Kant est convoqué ici pour son projet de « Paix perpétuelle ». Aux yeux des Lumières, c’est la raison qui confère à l’esprit sa liberté, parce que l’esprit n’est soumis à aucune puissance étrangère et extérieure à lui et qu’il n’obéit ainsi qu’à lui-même. Tel est le sens de ce maître-mot du XVIIIème siècle : la loi. Et c’est sur la loi et la morale que peut s’instituer une paix perpétuelle entre les Etats. Au travers de trois niveaux d’ordre constitutionnel : constitution de chaque nation, loi internationale liant les différents Etats et constitution d’un ordre mondial « dans lequel les hommes seraient considérés comme citoyens d’une cité humaine universelle ». Pour cela, Kant utilise largement l’expression « Alliance de paix » qui « engage davantage qu’un contrat : elle allie, elle apparie des libertés, elle noue une existence à une autre existence »…

Magnifique utopie en 1795 ! Deux siècles plus tard, au XXèmesiècle, l’Onu, la Charte des Nations Unies pour la protection des droits de l’homme et des libertés fondamentales et les institutions européennes donneront enfin chair à des avancées qui contribuent largement au maintien d’une paix fragile et à la liberté des citoyens d’un monde possible, d’un monde virtuellement présent. 

L'Esclavage

Abolir l’esclavage, un consensus moral 

 

« La critique de l’esclavage est aussi ancienne que sa pratique, mais l’idée d’y mettre fin ne s’imposera qu’au XIX ème siècle. Elle émane aussi bien d’activistes croyants que de philosophes militant pour les droits humains ».

 

Dans le monde occidental, dans la philosophie classique, l’esclavage existait de toute Antiquité, comme relevant d’une hiérarchie dans l’ordre naturel des humains. Cependant, dès la Renaissance, quelques humanistes et religieux ont commencé à mettre en doute la légitimité de cette pratique. Questions morales, économiques, politiques et sociales alimenteront longtemps des débats passionnés.

Et il faudra attendre le milieu du XVIIIème siècle pour voir émerger l’antiesclavagisme, grâce à l’effacement du clivage géographique entre l’Europe et le monde d’outre-mer, à la montée des philosophies sociales et humanistes déniant toute valeur morale à l’esclavage, et à la reconnaissance de la liberté naturelle de l’homme. La convergence des morales profanes des Lumières et chrétiennes (catholiques et protestantes) feront consensus, mais les traditions et les trafics tarderont à se plier dans les faits aux lois d’abolition

 

4 - Face au siècle du progrès

Sans- abri à Londres

L’utilitarisme : une morale sans scrupules ?  

 

« La doctrine de Jeremy Bentham se voulait laïque, humaine, mais surtout rationnelle, au point de, si nécessaire, sacrifier certains au bonheur de tous. Est-elle compatible avec les valeurs de l’humanisme ? ».

 

Selon l’utilitarisme de Bentham, on doit juger la moralité des actions au regard de leurs conséquences sur le bonheur de l’ensemble des individus : « le plus grand bonheur du plus grand nombre ». Voilà qui laisse peu de place au bonheur personnel auquel tout être humain peut légitimement aspirer. Et pourtant, « bien-être individuel et diminution des souffrances » sont au centre des réflexions des penseurs utilitaristes.

Et, après avoir longtemps été à la pointe des luttes sociales, l’utilitarisme n’a plus le même impact pour les générations futures. Finalement, l’épanouissement de l’homme, qui est un thème fondamental de la pensée humaniste, reste largement absent de la philosophie utilitariste.

Mais, « utilitarisme et humanisme ont chacun un rôle à tenir, certainement ensemble », pour le bien commun.

Statue de Karl Marx Chongquing (Sichuan, Chine)

Karl Marx et les droits humains  

 

« Pourquoi Karl Marx, porteur d’un projet qui se voulait humaniste et émancipateur, s’est-il autant méfié des droits de l’homme ? Conscient des mésusages possibles de la liberté individuelle, il en oublia les indispensables libertés publiques ? »

 

Malgré les méandres de sa pensée, le refus des droits humains est resté une de ses obsessions, et devenu l’objet d’une captation d’héritage par des régimes de terreur permanente de funeste mémoire.

 

Pourtant, Marx se revendique d’un « humanisme radical », qu’il nomme « humanisme achevé » ou « humanisme réel ». Il le définit par le fait que « l’homme est pour l’homme l’être suprême » et par « l’impératif catégorique de renverser tous les rapports où l’homme est un être humilié, asservi, abandonné, méprisable ».

Pourtant, la société qu’il appelle de ses vœux doit être « une association où le libre développement de chacun est la condition du libre développement de tous ».

Pourtant, selon son interprétation, les termes de la Déclaration des droits de l’homme ne portent pas en eux l’émancipation humaine, mais représentent une aliénation sociale. Tout tourne autour de l’idée d’aliénation. Les humains construisent leur histoire, mais sans savoir laquelle ils font ; ils ont une « conscience fausse »  d’eux-mêmes et de la société. Selon lui, ce n’est pas la conscience des hommes qui détermine leur existence, « c’est au contraire leur existence sociale qui détermine leur conscience ».

Et il tient à séparer les droits humains qu’il considère comme des obstacles aux forces sociales, et les droits citoyens résultant d’une auto-organisation de la société qui rend inutiles les garanties juridiques des libertés.

« Mais, en récusant les droits humains au lieu de les réarticuler avec les droits citoyens, et en laissant dans l’obscurité le statut juridique des libertés publiques et individuelles, Marx laissait la porte ouverte à une traduction autoritaire, voire totalitaire de ses analyses … et à l’écrasement des individualités rétives ».

Friedrich NIETZSCHE (1844-1900)

Nietzsche et les illusions de la morale 

 

« Friedrich Nietzsche est l’auteur d’une critique radicale de l’humanisme. Selon lui, la morale est l’ultime ruse des faibles pour domestiquer les puissants ».

 

Pour Nietzsche, la morale du christianisme « étouffe la volonté, la passion, le désir, est en fait une morale d’esprits faibles qui craignent d’affronter la vie en ce qu’elle a de brutal et de créateur ». La morale est pour lui le refuge des faibles, des esclaves te de la masse des gens ordinaires… A sa détestation de la religion, Nietzsche ajoute celle des philosophes, qui, sous le voile d’apparences de sagesse et de réflexion, de défricheurs de concepts et d’idées abstraites, cachent leurs propres convictions. De quoi l’existence de l’homme tire-t-elle son sens ? De sa volonté de puissance créatrice affirmative.

En fait, il ne semble rechercher ni l’harmonie ni l’égalité, et entend valoriser le combat, la lutte, dont doivent sortir un vainqueur et un vaincu. La morale de Nietzsche se situe « au-delà du bien et du mal ».

Au total, la pensée protéiforme et passionnée de Nietszche influencera la réflexion philosophique occidentale de tout le XXème et du début du XXIème siècle au moins…

Charles DARWIN (1809-1882)

 Darwin a-t-il déchu l’espèce humaine ? 

 

Selon certains, Charles Darwin aurait porté un coup fatal à l’humanisme en affirmant que « l’homme descend du singe » … En fait, sa théorie de l’évolution ne prévoyait pas qu’une espèce puisse être supérieure à une autre, mais seulement différente ».

 

La question de la place de l’homme est au centre de vifs débats de la communauté scientifique. Darwin croit au perfectionnement du genre humain, y compris au plan biologique. Mais il est surtout attentif au développement du sens moral pour préserver la sociabilité de l’être humain, avec l’instinct naturel de la compassion dont on doit entourer les plus faibles et les plus démunis et « la sympathie qui tend à devenir universelle ».

Caricature Darwin

Darwin pose donc le respect de la personne au centre de la civilité et avant les gains hypothétiques de toute intervention de type eugénique. Il place même son espoir dans les progrès de l’empathie, en direction de formes de vie toujours plus différentes. Ce qui invalide le faux procès d’antihumanisme dont sa pensée est parfois l’objet.

 

Rémy LE TALLEC

 

 

 

À suivre : PART - III- : Désillusions et impasses, le Renouveau de l'Humanisme.

 

Conclusion et article sur la revue Sciences Humaines.

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Publié le par JF GUERRY
Bonsoir  ! A LA DEMANDE DE PLUSIEURS LECTEURS 

 

Le texte sur Le Grand Dossier de l'Humanisme à été modifié il apparait maintenant en noir, plus lisible !

Bonne soirée !

Jean-François Guerry

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Publié le par Rémy Le TALLEC
Première de couverture Sciences Humaines, La Grande Histoire de l'Humanisme

Première de couverture Sciences Humaines, La Grande Histoire de l'Humanisme

L’évocation du mot humanisme, fait penser immédiatement à l’homme créature raisonnable par rapport à la bête féroce, être humain, être vertueux, né de la terre, soldat de l’universel. Né de Dieu homme de péché, vieil homme ou pas. Homme de troupe animal social, homme honnête et de bonnes mœurs, perfectible.

La polysémie du mot conduit au désir de connaissance, aux questions existentielles qui traversent tous les temps. D’où je viens, qui suis-je et où je vais.

La revue Sciences Humaines a consacré un de ses Grands Dossiers à la Grande Histoire de l’Humanisme. En interrogeant l’histoire, le passé, l’on se dirige plus sereinement dans le labyrinthe de l’avenir.

L’homme est au centre de l’humanisme, la Franc-Maçonnerie s’assigne la tâche avec sa méthode initiatique du symbole de la construction, d’améliorer l’homme, de le rendre plus humain. L’expression aujourd’hui un peu tombée en désuétude : faire ses humanités reprend alors force et vigueur.

Rémy Le TALLEC contributeur actif du Blog, en s’appuyant sur le Grand Dossier de la revue Sciences Humaines, nous propose une réflexion approfondie sur l’humanisme, il manipule ses mots avec la précision d’un orfèvre afin que les mots brillent de tout leur éclat et leur sens.

On découvrira ou redécouvrira les grandeurs et les faiblesses, voire les menaces qui pèsent actuellement sur l’humanisme. En quelque sorte les portraits de notre humanité d’hier, de celle d’aujourd’hui, les épreuves et les défis qui nous attendent.

 

Jean-François Guerry.

La grande histoire de l’humanisme

(Grands dossiers de la revue « Sciences Humaines », n° 61- (Novembre, décembre, janvier)

 

Editorial : « Comment ne pas être humaniste ?

 

« Où commence et où finit l’humaniste ? L’histoire du mot lui-même est celle d’un anachronisme : il s’invente à la fin du 18ème siècle pour nommer la vision commune à ces érudits qui, quatre siècles plus tôt, férus d’antiquités gréco-latines, ont réhabilité le pouvoir de la raison dans la connaissance du monde et la définition des buts de l’existence humaine.

Pétrarque, Boccace, Dante, et plus tard Léonard de Vinci, Erasme, Rabelais, incarnent parmi cent autres, cet espoir que, sans remettre en cause les fondements de la religion chrétienne, l’homme peut aussi réaliser son salut sur Terre et s’améliorer lui-même. Mais au moment même où le terme s’impose, une autre page a été tournée : celle des Lumières, du rejet du pouvoir souverain de l’Eglise et de la monarchie. L’humanisme moderne, laïc et républicain, s’incarne dans le droit et la politique en proclamant l’égalité des  citoyens, la tolérance et l’harmonie possible des nations.

L’humanisme est une vision idéaliste de l’histoire, dont la centralité de l’homme est et l’assurance de son progrès universel sont les valeurs motrices. Or cette même histoire n’a jamais manqué de mettre ces valeurs à l’épreuve de leurs prétentions. Michel de Montaigne doutait déjà de tout en 1580, Thomas Hobbes craignait que l’homme soit resté « un loup pour l’homme », et Jean-Jacques Rousseau, en 1755, se méfiait fort des dérives de la raison, des arts et des lettres. Le 19ème siècle ne rêve que de progrès, mais déshabille aussi l’humanisme : Charles Darwin bouscule l’exception humaine, Karl Marx dénonce une idéologie bourgeoise, Friedrich Nietzsche moque toute morale humaniste. Et le pire attend encore : comment, au 20ème siècle, croire à la raison humaine après l’hécatombe d’une, puis de deux guerres mondiales ? Comment croire au progrès lorsque la machine créée par l’homme menace de l’asservir et de détruire la planète ? En 1966, Michel Foucault écrit que l’homme, en tant que maître de son destin, n’a jamais été qu’un mirage, une illusion.

C’était aller trop vite en besogne. Même consternés par l’impuissance des humains à se gouverner, même face aux pires menaces, les penseurs du 21ème siècle ont à reconnaître sur l’homme est, plus que jamais, responsable de lui-même et de son environnement. Comment ne pas être humaniste ? »

 

Nicolas Journet

 

(Editorial reproduit avec l’aimable autorisation de la revue « Sciences humaines »et de l’auteur)

 

Tel est l’éditorial de ce Grand Dossier (n°61) de la Revue « Sciences Humaines », disponible en kiosques et Maisons de la presse.

 

 

 

 

La Grande histoire de l’humanisme

 

 

La notion d’humanisme est aujourd’hui tellement galvaudée par les bateleurs de télévision et « penseurs » médiatiques de tout ordre, qu’il est rassurant de pouvoir se recentrer sur le sens des mots, et sur l’histoire des grandes idées qui ont éclairé des moments de l’histoire humaine. Et ce numéro de Sciences Humaines en est une illustration magistrale. Bien sûr, pour le format d’une revue, il aura fallu effectuer des choix douloureux, tant le champ d’investigation est immense et la matière infinie, en matière humaine si l’on ose dire, c’est-à-dire en penseurs, en idées, en concepts, pour tenter d’embrasser le trésor et la diversité de ce qui fait « l’humanitude » de l’homme. Néanmoins l’entreprise est une magnifique réussite.

Giuseppe Arcimboldo (1527-1593) Le Bibliothécaire, château de Skoloster, Habo, Suède

 

Qu’est-ce que l’humanisme ?

 

Ce Grand dossier de la revue Sciences Humaines brosse donc à grands traits cette histoire mouvementée, avec ses racines anciennes, ses avancées, ses impasses, ses contradictions, et l’éternelle actualité de ses questions essentielles. Et c’est la moindre curiosité du franc-maçon que de se passionner pour la question de l’humanisme sous ses différents aspects et ses différentes acceptions historiques.

 

Question première : « Qu’est-ce que l’humanisme ? » : L’humanisme place l’homme au centre de ses valeurs. Mais quel homme ? Celui qu’il est ou celui qui travaille à se dépasser lui-même, au risque d’en oublier toute mesure et remettre en question sa place dans l’univers ? Le philosophe Abennour Bidar (par ailleurs auteur de « Histoire de l’humanisme en Occident » (Armand Colin, 2014), prolonge l’éditorial en relayant justement les interrogations contemporaines sur son postulat le plus central :

 

D’abord considéré comme « la merveille des merveilles », l’homme voit très tôt ce statut d’exception pondéré par l’usage désordonné qu’il peut faire de son immense pouvoir sur les choses. L’humanisme se complexifie et, à l’image des écoles philosophiques de l’Antiquité et de la culture biblique, adviendront les idées d’effort,  d’éducation (le « Connais-toi toi-même, et tu connaîtras l’univers et les dieux » de Socrate) et de dépassement de soi. La grandeur de l’homme sera inséparablement liée à l’impératif moral et spirituel de grandir en humanité et de s’élever à une dignité supérieure.

 

L’idée de transcendance s’évaporant à partir de la Renaissance, les tentations de la technoscience, et les méfaits d’un usage pervers de ses innovations, l’ère de l’individu et l’individualisme vont transformer l’humanisme ancien. L’humanisme moderne, tout en continuant à exalter la dignité de l’homme, en le rappelant à son  « principe responsabilité » va se consacrer au combat contre toutes les atteintes à l’humanité sur la liste interminable de toutes les violences et souffrances que des humains imposent à d’autres humains.

 

L'éducation  Antique

 

Une histoire complexe

 

Ce dossier sur l’histoire de l’humanisme est construit autour de six grands volets chronologiques qui représentent autant d’étapes de l’évolution de l’idée humaniste : Les racines anciennes, Autour de la Renaissance, Débats au temps des Lumières, Face au siècle du progrès, Désillusions et impasses, et Le renouveau de l’humanisme.

 

1 - Les racines anciennes

 

Humanistes, les grecs ?

 

On peut trouver des racines anciennes de notre humanisme chez les premiers philosophes grecs qui s’interrogeaient sur l’origine du monde et la place de l’homme dans cet univers inexploré. La grande diversité des racines grecques et latines montre bien que ce qu’on appelle la pensée antique est loin d’être univoque. Certes, l’homme est parfois très hiérarchisé (« hiérarchie naturelle ») en ordres, en castes, avec des droits sélectifs selon sa naissance (Platon). Mais par ailleurs, sa caractéristique propre qu’est la raison est unanimement reconnue.

Ces pensées antiques, grecques et latines, lucides sur les parts d’ombre et de lumière chez l’humain considèrent l’homme tantôt en jouet des dieux et de ses propres pulsions ; et tantôt elles louent sa singularité dans l’univers, sa capacité de penser, et sa disposition à se constituer en communauté sur la base de règles sociales.

Selon Aristote, la définition de l’homme comme être qui dispose de la raison et de langage conceptuel, est le signe de sa faculté à s’engager dans l’accomplissement individuel de l’homme et collectif de l’animal humain.

Cicéron s'élevant contre Catilina au Sénat

Cicéron emploie le mot « humanitas » pour exprimer une disposition de fraternité fondée sur un sentiment d’appartenance au même genre humain. Et la condition nécessaire à cette humanitas est la culture de l’esprit, la nécessité d’un travail intérieur incessant pour connaître et maîtriser ses passions, tout en développant les vertus amor, caritas, misericordia. « Sens de l’humain, sens de la culture, sens de la bienveillance exprimée dans les rapports sociaux, ce sont les trois conquêtes de l’humanisme cicéronien face à la violence et aux excès de la nature humaine ».

ERASME

ERASME

2 -Autour de la Renaissance, on nous propose quatre figures qui restent dans l’histoire :

 

Erasme, (« On ne naît pas homme, on le devient ») , surnommé « le prince des humanistes » voit dans « l’acquisition d’un savoir ouvert sur le monde la clé de l’accomplissement humain ». Il est parmi les premiers à plaider pour une éducation libérale des enfants.

Montaigne, le sceptique, tout penseur humaniste qu’il soit, émet de sérieux doutes aussi bien sur le magistère de la science que sur la capacité de l’homme à s’élever par la raison au-dessus de la Création. Il se désespère que l’on respecte les hommes savants au lieu d’admirer les hommes sages. Et, face aux ambitions démesurées de la raison, il oppose prudence et mesure, ce qu’il appelle sagesse.

Thomas Hobbes

Thomas Hobbes, le pessimiste, avec son maître-livre, Léviathan, témoigne d’un profond désenchantement : l’homme est par nature si asocial que seul un pouvoir fort peut l’amener à des comportements plus apaisés.

Son exact contraire, John Locke, le libéral, propose une vision beaucoup plus optimiste que celle de Hobbes : parce que doté d’une morale naturelle, il est possible à l’homme de s’améliorer lorsqu’il est libre de consentir aux contraintes de la vie sociale. « Le contrat social garantit une forme d’amélioration de la condition humaine : le consentement volontaire à la vie civile élève l’individu ».

Michel de Montaigne, John LockeMichel de Montaigne, John Locke

Michel de Montaigne, John Locke

À SUIVRE : PART - II-
      LE TEMPS DES LUMIÈRES

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Publié le par Jean-François GUERRY
RECENSION : KABBALE ET FRANC-MAÇONNERIE – L’INTÉGRALE de Marc HALÉVY

RECENSION : KABBALE ET FRANC-MAÇONNERIE – L’INTÉGRALE de Marc HALÉVY

 

 

L’Académie Maçonnique de Provence publie le livre de Marc Halévy Kabbale et Franc-Maçonnerie, son Président Alain Boccard, dans son propos liminaire, c’est-à-dire sur le seuil de l’ouverture de ce que l’on peut qualifier d’essai comparatif ; confesse dans un élan d’humilité avoir choisi le terme de liminaire plus que celui de préface ou même d’avant- propos.

Il ne s’agit pas de sa part de fausse modestie, non que la lecture de l’ouvrage soit ardue, bien au contraire il n’est pas besoin de se munir d’un dictionnaire pour comprendre la pensée de l’auteur. Il a le talent de la simplicité, sans être dans la vulgarisation. L’on peut à l’épreuve de la lecture, rappeler ce que disait Nicolas Boileau : « Ce que l’on conçoit bien s’énonce clairement et les mots pour le dire arrivent aisément. » Il reste que pour l’humble lecteur que je suis, que la richesse de l’œuvre rend difficile la synthèse dans laquelle j’ai osé me lancer. Je comprends mieux au terme de ma lecture l’appréhension, qui a gagnée Alain Boccard.

 

J’ai dans un passé à la fois lointain et récent au cours de mon chemin initiatique été confronté à la Kabbale, le désir de comprendre m’a fait ouvrir quelques livres, j’en ai conçu souvent de l’amertume, étant resté soit dans l’incompréhension face à des mots d’une complexité rebutante souvent abscons, soit j’ai ressenti l’impression de n’avoir touché que la surface et l’apparence, ce qui en la matière est un paradoxe, la Kabbale touchant avant tout de l’intérieur, de l’ésotérisme, de l’herméneutique.

 

Heureusement, Marc Halévy possède le talent pour expliquer des phénomènes complexes, c’est sans doute dû à sa formation scientifique et philosophique à la fois, ainsi qu’à sa grande culture. Mais aussi à sa pratique, conjointe des deux méthodes celle de la Franc-Maçonnerie et celle de la Kabbale.

 

Moi-même éveillé, nourri et élevé en Franc-Maçonnerie, par le Rite Écossais Ancien et Accepté, j’ai pensé que je pouvais au moins frôler la compréhension de ce qu’était la Kabbale.

Pour avoir un peu, trop peu pratiqué le Rite Français, le Rite Émulation, j’ai mesuré la difficulté de mener en parallèle des voies différentes.

L’on parle d’universalité en Franc-Maçonnerie, pour ma part je conçois plutôt des symboles universels et des Traditions distinctes, qui ont leurs propres fondements, leurs références, leurs racines, dans l’espace et le temps. René Guénon parle d’ailleurs de Traditions distinctes et de Tradition Primordiale, pas Universelle. Dans toutes les Traditions se retrouvent des symboles universels, ainsi que des fragments d’autres traditions.

 

Constatant que le Rite Écossais Ancien et Accepté est le rite maçonnique le plus répandu, faut-il en conclure qu’il est universel au sens stricto sensu ? Je ne le pense pas, on le considère souvent comme une éponge ayant absorbé, le meilleur des valeurs, des vertus, des autres traditions, tout en conservant sa particularité en étant distinct, il assimile, c’est cette capacité qui fait sa vivacité et son développement constant. Il absorbe le suc, le nectar, l’essence, les plus hautes valeurs spirituelles des Traditions anciennes et même des plus récentes ; il en fait sa maïeutique. Il devient ainsi en capacité de proposer à ceux qui ont le désir de connaissance, une propédeutique basée sur des symboles universels, et en particulier sur le symbolisme de la construction, donnant du sens à la vie, à leur vie et in fine à l’humanité, il frôle encore ainsi l’Universel. En refusant le dogmatisme il s’enrichit des différences, rend l’homme plus humain c’est-à-dire plus fraternel avec les autres, et il le rapproche du sacré et du divin. C’est en ce sens qu’il est universel, le point d’orgue de cette tension vers l’universalisme, son apogée est la reconnaissance de d’un principe supérieur qu’il nomme à défaut de le définir totalement, donc de le réduire, Grand Architecte de l’Univers.

 

Vous pensez peut-être que je fais une digression, que je m’éloigne de la lecture de Kabbale et Franc-Maçonnerie, pas sûr, car le Rite Écossais Ancien Accepté, s’il est imprégné comme l’atteste son Rituel du 1er degré de l’Alchimie, cette ancêtre de la chimie moderne, dont la naissance fût constatée sur les bords du Nil, la al-kimeya arabe qui elle-même vient du grec ancien Khumeia ou Khêmia, cette méthode de transmutation des éléments, des métaux (voir Mircea Eliade Forgerons et Alchimistes), qui fit sa résurgence au moyen-âge, devenant le grand œuvre de la métamorphose de l’homme, méthode dont la Franc-Maçonnerie fit le rapt et qui inspire grandement le Rite Écossais Ancien Accepté.

 

Qui absorba également la Kabbale, qui est comme le dit Marc Halévy : « Le versant mystique et ésotérique du judaïsme » Les références à l’ancienne loi, à la Torah, à la construction du Temple de Jérusalem, font le corpus de la Franc-Maçonnerie Salomonienne. Jusqu’à la jonction avec la nouvelle loi, inspiratrice des grades Chevaleresques.

Les Kabbalistes ont inscrits dans le triangle lumineux les lettres mystérieuses, comme les Francs-Maçons, ils épèlent ce qu’ils ne peuvent nommer ou alors est-ce Ein sof , le tout, le grand tout, le tout absolu, l’infini, l’Ein sof or !  La lumière sans fin.

 

Cette recherche de la Lumière, de la Vérité, de la Parole perdue procède d’un désir de spiritualité commune aux deux traditions la Kabbale et la Franc-Maçonnerie de Tradition. Deux voies parallèles qui s’enrichissent, deux sources qui deviennent deux rivières, puis deux fleuves que se jettent dans un océan de spiritualité, d’où émerge le sacré et le divin. Comme les rayons d’un arc dans le ciel, ces traditions éveillent et élèvent l’homme, puis le ramène vers sa mère la terre, dans l’humus.

Comment s’étonner dès lors de la conjonction entre les valeurs, les émanations de la Kabbale et la méthode maçonnique. L’arbre de vie, l’arbre des sephirot est bien présent par exemple au 13ème du Rite Écossais Ancien et Accepté, Chevalier de Royal Arche, l’impétrant en descendant dans sa Voûte intérieure, dans la Voûte Sacré, prononcera peu à peu les noms des sephirot mettant de l’ordre dans le chaos.

 

C’est dès lors naturellement que Marc Halévy procède à la mise en lumière des analogies entre les deux méthodes Kabbale et Franc-Maçonnerie. Il propose au lecteur de suivre un fil conducteur ou plutôt un chemin spiralé, une ascension vers la connaissance de la méthode de la Kabbale.

 

Il faut des outils pour préparer une ascension, dans le prologue de son livre il fait la distinction entre Judaïsme et kabbalisme et tout et partie du tout.

Les citations du livre seront en caractères gras et italiques, elles sont censées lever à chaque fois une partie du voile, sur l’essentiel de chaque chapitre (selon moi). Une incitation à aller plus loin, plus haut comme les jacquets sur le camino.

 

  • PROLOGUE

« La Kabbale est le versant mystique et ésotérique du Judaïsme.. »

 

« La kabbale l’appela (Dieu) Eyn sof le sans fin… »

 

« Retenons que le Lévitisme où s’enracine le Kabbalisme, n’est pas un monothéisme. »

 

« La Kabbale n’est pas une doctrine, mais une méthode. Une méthode de lecture et d’interprétation du texte hébreu.. »

 

« Cette méthode herméneutique à des outils … La kabbale vise l’un..»

 

« La Kabbale est une réception… »

 

L’auteur parle de réception, indiquant qu’en hébreu translittéré Qabalah, du QBL qui signifie recevoir.

Daniel BERESNIAK dans son livre la Kabbale Vivante ne dit pas autre chose : « Kabbale est un substantif formé par la racine hébraïque trilitère : Kof, Beith, Lamed. Cette racine exprime l’idée de « recevoir ». Ainsi la Kabbale se traduit par réception. »

BERESNIAK ajoute de manière intéressante : « La réception est le fruit. Ce qui est porté par la transmission est le goût du fruit. Il est incommunicable, autrement que par l’expérience. »

 

Toute analogie avec le secret maçonnique et l’initiation est vivement conseillée.

 

Marc HALÉVY retrace ensuite le chemin historique de la Kabbale, exercice nécessaire, toujours savoir d’où l’on vient, pour pouvoir retrouver son chemin. La Kabbale s’intéresse au fond de la pensée.

 

« …. Le texte devient alors le révélateur de vérités transcendantales que l’on porte en soi sans le savoir. »

 

Il nous apprend qu’il n’y a pas de doctrine commune à tous les Kabbalistes, mais des chemins parallèles.

 

Vers la fin de ce prologue, il esquisse les rapports entre Kabbale et Franc-maçonnerie.

 

« La Kabbale et la Franc-Maçonnerie sont deux fleuves parallèles qui aboutissent au même Océan divin. »

 

À SUIVRE : Kabbale et Franc-maçonnerie -Part -II- de Marc Halévy.

 

Le livre : « L’intégrale – Kabbale et Franc-Maçonnerie.

Publié par L’Académie Maçonnique de Provence et les Éditions Ubik – format poche 209 pages Prix 14€

ISBN : 978-2-91-965639-4

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Publié le par Egidio LUZ FERREIRA, et Jean-Bernard LALANGE
LE TEMPS

INTRODUCTION : LE TEMPS – RÉUNIR CE QUI EST ÉPARS.

 

 

Relier le Temps présent et celui d’hier est une gageure, le Temps d’aujourd’hui, est celui d’un poème maçonnique sur « Le Temps » qui touche à l’Universel. C’est un lecteur du Blog VM de sa Loge Egidio LUZ FERREIRA qui nous propose cette ballade.

 

Le Temps d’hier, est aussi celui d’aujourd’hui, un autre lecteur du Blog Jean-Bernard LALANGE, nous propose la recension d’une biographie de Manoël PENICAUD, sur Louis MASSIGNON ; qui s’inscrit à mon sens dans le courant de pensée de René Guénon et Henri Corbin, ils forment ensemble un triangle, qui ambitionne de réunir ce qui est épars. Faire de l’œcuménisme religieux au-delà des paroles, faire un centre d’union fraternel entre les hommes.

 

Dépasser les dogmatismes, les radicalités, chercher les ponts, les passages communs, les lieux de rencontres.

 

Nous manquons cruellement à tous les niveaux de notre éducation de l’enseignement du fait religieux. L’ignorance est le terreau des radicalités, de toutes sortes. Les radicalités laïques qui se revendiquent des lumières, en oubliant parfois l’esprit. Les radicalités religieuses qui nourrissent la haine de l’autre.

 

L’islamo gauchiste remis en lumière démontre la pauvreté de nos réflexions, l’arbre cache la forêt.

 

Pourtant nous sommes tous issus de l’humus qui fait l’humanité, il n’y qu’un pas à franchir pour aimer son proche, quelques-uns de plus pour aimer l’autre, c’est passer de la souffrance à la joie.

 

Merci à ces deux contributeurs pour leur travail, il nous reste à en tirer profit.

Bonne lecture.

 

Jean-François Guerry.

Mes TCF en vos Grades et qualités, voici le Morceau d’Architecture que tout Maître doit à ses Frères, je l’ai bâti en pensant que sa formulation et sa structure rimée, pourrait vous aider et ainsi vous permettre d’ancrer en votre Cœur, cette méditation sur celui qui s’impose à nous…comme le défi qu’il faut Maîtriser pour accéder à l’Homme Libre, ami du pauvre et du riche s’ils sont vertueux.

 

Bien Fraternellement

 

 

Il est mes Bien Cher Frères
En vos Grades et Qualités
De bien étranges pensés
Dont l'on ne sait que faire
Mais qui en s'obstinant
En nos esprits perdurent
C'est la question du Temps
Que ce soir je "capture"
Et traiterai pour vous

Ce temps qui nous mesure  

Qui prend ou donne tout

Ainsi le Temps mes Frères
Revêt pour les Maçons
Diverses dimensions
Degrés et puis Mystères.
C'est donc en Apprenti
Que devant vous ce soir
Le Temps sur qui j'écris
Devient toute une Histoire.

Avant que pour nous s'ouvrent
Les Travaux qui nous unissent
Que la Loge se couvre
Et que le Tapis glisse

Règne un certain silence
Que les Maillets battant
Brisent en leur cadence
Aux mains des Gouvernants

Ainsi nous sommes nés
Venus dans l' Univers
Le silence brisé
Et une rouge Lumière

Ici le Temps est Toujours
Comme indéfinissable
Car Rien n'est encore jour
L' Esprit Insaisissable

Par la Lumière émane
D'une source inconnue
Une sublime flamme

Ardente de Vertu

Trois Chandelles d'abord
Un premier cercle esquissé
A l' Orient de consort
Simultanéité...

Temps qui devient synchrone
Pour que tout soit en place
Avant que sur le Trône
Salomon prenne place
Et  qu'advienne le Verbe

Que nous légua  Saint Jean
Sa Lumière est une gerbe
Sacré devient le Temps
Plus de bornes profanes
Plus d' heures ni de cadran

  En ce Temps rien ne fane

Les Travaux sont ouverts
  Alors qu'il est Midi...étrange
  Éclairez-moi mes Frères
Cet horaire me dérange
La source de ce Mystère
A une explication
En Asie Mineure naguère
Un pan de la Tradition
A émané d'un astre
Il Instruisait ses Apprentis
Se nommait Zoroastre
Entre Midi et Minuit
Leur laissant le sommeil
Comme vecteur de savoir
Au coeur du noir l'Éveil
Rassemblez ce qui est épars.
Quel Temps fait donc oeuvre ici
Est un Temps Imposé ?
Est-ce un temps choisi ?
Ou bien le Temps Sacré
Celui qui nous unit ?
En Loge dans la Tenue
Le Temps est Eternel
Dans la Vie profane qu'est-il ?
Un repère, une limite
Aux accents parfois cruels
Dont l'urgence nous invite
A la question existentielle.

Qui tous nous habite

Quand viendra l'échéance

Pour chacun de partir

Trop tard pour qu'on s'y penche

Sur notre devenir

En Loge notre histoire

Humaine devient Mythe

Et le Temps de ce Soir

S'est transcendé en Rite

Mais grand déchirement
La vie et ses obligations
Ne laissent que peu de temps
A ce genre de questions.
Ici un landmark s'esquisse
Vous devez prendre posture
La Vertu ou le Vice
Serment ou Forfaiture...
C'est par un doux Ternaire
Que vient la solution
A l'aide de mes F:.
Et par les Instructions
Je distille le murmure
Que la Lumière en moi
Produit sur la Pierre dure
Que ce Temps creuse pour Moi.
En effet le Temps de Loge est tel
Qu'il récompense en "salaire"
Ceux qui ont juré au Ciel
  De bien tailler leur Pierre.
Ainsi vous déduirez
Qu'une simple lecture
De votre sage Instruction


Taille la pierre dure
Rappelle l'Initiation !
Ainsi voyez mes F:.
Pas de fatalité
Vous avez la Lumière
Le Temps est votre allié

Que d'exemples en nos vies
Sur lesquels nous butons

Du temps trop raccourci
Pour vivre nos Passions
Le Temps est alors un trait
Qui va de gauche vers la droite
S'écoulant comme l'on sait
Vers une porte étroite
Ou bute notre destin
C'est la le Temps profane
Celui qu'égrennent les heures
Ou la bougie perd sa flamme
Et la fin crie Horreur
C'est le Temps du Vieil Homme
Que vous cesserez d'être
Si vous oeuvrez peut-être
Et qu' en vos coeurs résonnent
Les riches enseignements

Que vos Travaux vous donnent

La Loge allonge par terre

Et sur une règle inscrit

Ce Temps que nous mes Frères

Décomposons ainsi

Vingt Quatre divisions

Réparties en Trois tiers

Travail, prière et Don

De Soi et pour ses Frères

Ainsi cet autre Temps

Fait que jamais ne sonne

Le glas des enterrements

Qu'apporte le temps des hommes

Ce temps de l'Ignorance

Et des questions pratiques

Le temps des métaux rances

Et leurs effets tragiques

Ignorance, Ignorance, Ignorance

Condition chez l'Homme première
Sans cesse nous voile mes Frères

Les Lumières Maçonniques

  Bien que La Vigilance
Exercée sur nous-mêmes
Avec la Bienveillance
De ces Frères qui s'aiment
Éloigne de nous la souffrance

Et soude notre Chaîne

Ainsi ce Temps sacré
Oh concrète révélation
Est le plus négligé
Par nous mes Compagnons
C'est bien vers ce qui tue
L' éclat de nos mystères
Que notre temps vécu
Est employé á faire
Ce que Saint Jean dit triste
Ces travaux de l'orgueil et l'avoir
Que lui l' Évangéliste
Dénonce comme miroir
Aux Illusions desquelles
L' éclat de nos savoirs
Inscrits en ce Rituel
Nous convie au partage
Et la Célébration
Puisque nous avons l' Âge
Et toutes les conditions
Je vous invite avec moi
Au Temps du recueillement
Celui qui précède le Soi
La Chaîne et son Serment
Le Verbe ici s'efface
En mémoire de celui
A qui nous rendons Grâces
Pour ce bienfait : la VIE
Qu'aucune durée n'efface
Car ce Temps-là mes F:. amis
Ennemis et toi qui passes
Ce Temps sacré
Est l'Instant de ta vie.

Mes F:.je veux ce soir
Témoigner par ces vers
Qu'il n'est jamais trop tard

Pour s'évertuer à bien faire.


Comme vous le faites en Loge
Évitez que le Temps passe
A faire votre disgrâce
Drapez-vous d'une Toge
De vertu opiniâtre
Bâtissez votre Loge
Mettre des buches en l'âtre
La flamme ainsi nourrie
De votre effort personnel
Dissipera les brumes
De votre Rituel
Aimez Aimez vos F:.
Au-delà de la raison
Car c'est le temps symbole
Seul ou nous vivons

 

Egidio LUZ FERREIRA

LE TEMPS

Louis MASSIGNON « Le catholique musulman »

 

 

Cette récente biographie est importante à plusieurs titres. Elle permet, à une époque où le dialogue islamo-chrétien est souvent à la peine, de s’intéresser à nouveau à celui que Pie XI surnommait le « catholique musulman » et que Jacques Berque désignait comme le « cheikh admirable ». Louis Massignon est en effet un grand témoin et acteur du XXème siècle.

 

Très accessible, l’ouvrage offre un regard panoramique sur l’itinéraire de ce personnage complexe, grâce à l’apport de sources qui n’étaient pas disponibles jusqu’à présent. Ses huit chapitres approfondissent les multiples facettes du personnage (professeur au Collège de France, islamologue, historien, linguiste, sociologue, aventurier, diplomate, écrivain, homme engagé et grand chrétien) en s’attachant à faire émerger les influences, les tournants et les ruptures dans sa vie et à révéler la manière dont il a été « agi » par l’objet de ses recherches, notamment le persan soufi Mansur al -Hallaj.

La vie de Louis Massignon (1883-1962) offre une amplitude exceptionnelle et en fait l’un des plus fascinants savants et penseurs français du siècle dernier.

 

Il perd sa foi catholique en 1903 mais la retrouve à l’occasion d’une crise mystique en 1908, en Irak. Il dit s’être « refait chrétien » par la découverte de Hallaj, saint soufi et martyr, qui restera un phare, sa vie durant. Massignon a joué un rôle de premier plan en faveur d’une meilleure connaissance de l’islam, dans le monde académique comme dans la société civile. Il a vécu un monde (y compris musulman) dans sa première moitié du XXème siècle, aujourd’hui totalement bouleversé. Il n’aurait jamais pu imaginer le terrorisme islamique que nous connaissons. Pour lui, le jihad était une notion digne et vertueuse, qui signifie d’abord l’effort que l’on doit faire soi-même pour maîtriser ses désirs et s’engager dans la voie d’une purification spirituelle. Où qu’il soit, il doit aujourd’hui regarder notre monde avec beaucoup de tristesse….

Il a joué un rôle-clé pour faire connaître et valoriser les études académiques de l’islam et notamment du soufisme, branche mystique de l’islam très peu connue à son époque, et même encore aujourd’hui.

Nommé professeur au Collège de France où il occupera la chaire de sociologie et sociographie musulmane de 1926 à 1954, il entame une brillante carrière universitaire ; il fréquente les grands penseurs de son temps : Charles de Foucault, Claudel, Bernanos, Huysmans, Mauriac tout comme Malraux, Sartre ou Camus dans un autre registre.

Il découvre la notion d’hopitalité, dont il fait une vertu cardinale, et qui pour lui est la « concentration de toutes les œuvres de miséricorde du christianisme ». L’autre, quel qu’il soit, doit être accueilli, bien traité, considéré, nourri. Il s’appuie sur toute la geste d’Abraham, l’ancêtre fondateur, qui selon la bible et selon le Coran, aurait reçu trois étrangers qui passaient devant sa tente sous le chêne de Mambré. C’est une hospitalité fondatrice, car c’est à ce moment que ces trois personnages, que l’on dit être des anges, ont annoncé la naissance d’Isaac. Massignon est très fortement frappé par ce sens de l’hospitalité orientale, présente aussi dans le judaïsme et le christianisme oriental, et qui restera pour lui toute sa vie une valeur clé : « Pour comprendre l’autre, il ne faut pas se l’annexer mais devenir son hôte ».

 

Loin d’être un pur esprit, il applique ses recherches à sa vie pratique et quotidienne : créant par exemple un pèlerinage islamo-chrétien en Bretagne, dédié aux sept dormants d’Éphèse, des saints que l’on connaît aussi dans le Coran (voir plus bas). Alors qu’il était professeur au Collège de France, il allait enseigner le soir à des ouvriers immigrés dans les bistrots de la banlieue parisienne.

Il a entrepris ainsi nombre d’actions sociales, spirituelles voire politiques, en soutenant l’accueil des réfugiés palestiniens chassés par la création de l’État d’Israël, il fut aussi très actif aux côtés des grands acteurs du « tiers- mondisme »

Ce positionnement a fait sa force, mais aussi sa faiblesse. En effet, son orientation scientifique était pétrie de ses valeurs, de ses convictions politiques ou religieuses. Sa mystique a souvent gouverné ses actions politiques. Il est indéniable qu’il est un des pères fondateurs de l’islamologie française, mais en même-temps il appréhendait l’islam avec un prisme chrétien. Pie XI qui le soupçonnait de s’être converti à l’islam, le qualifiera lors d’une audience de « catholique musulman ». Beaucoup croient d’ailleurs encore à cette conversion, ce qui est faux. Entré dans le Tiers Ordre Franciscain (proche de l’oblature) il sera ordonné prêtre dans le rite grec-catholique (église melchite orientale) en 1950, par dérogation du pape car marié depuis 1935… mais ce rite admet le mariage des prêtres. Il était plutôt un « transversal, multiple, un homme de l’entre-deux, de l’interstice »… Au nom de sa mystique abrahamique de réunion, de réconciliation, il sut franchir les frontières religieuses, ce qui a été et peut être vu comme une ambiguïté.

 

Louis Massignon a sans doute à nous dire aujourd’hui au sujet de l’islam, en particulier qu’il ne faut surtout pas tomber dans le piège du réductionnisme, en regardant l’islam comme un bloc qui incarne la peur de l’altérité religieuse. Nous sommes matraqués par des événements tragiques et sordides, réels, mais qui risquent de créer de la confusion et d’assimiler la grande majorité des croyants musulmans à la mince proportion de fous de Dieu. L’islam est une constellation de couleurs, d’écoles et de différences culturelles immenses qu’on ne peut pas réduire à un seul mot.

 

Il a ainsi dédié sa vie de chercheur et de croyant à la compréhension de cette religion autre, déjà mal perçue à l’époque.

 

Théodore MONOD écrivait dans son épitaphe le 31.10.1962 : « Saint pour certains, prophète doté d’un charisme mystique incontournable et déroutant, il a marqué son temps, fait avancer les consciences envers l’altérité religieuse et marqué plusieurs générations via ses disciples dévoués » et Louis ARAGON « un des hommes qui signifie la France vient de disparaître ». Plus tard en 1983, l’écrivain Tahar BEN JELLOUN écrivait : « Louis Massignon a réussi incontestablement à changer la manière de comprendre l’islam. Il a su montrer la présence, dans cette religion, d’un mysticisme actif, nourri de souffrance, de poésie et compassion ».

 

Son islamophilie peut détonner en cette période où l’islam devient de plus en plus synonyme de menace, voire du fanatisme de « grand remplacement ». Sans tomber dans l’hagiographie ou la « prophétisation », la vie de MASSIGNON est un modèle, en tout cas un phare dans l’obscurantisme ambiant. Enrichie de nombreux documents visuels inédits, (issus pour la plupart de la collection de la famille Massignon), cette biographie redonne toute la modernité et l’importance qu’il mérite à cet extraordinaire « passeur interreligieux » dont le nom vient d’être attribué à une chaire consacrée à l’enseignement du fait religieux à Sciences-Po Paris.

 

Le Pèlerinage des 7 saints : Cette biographie tire sa source de travaux entrepris par Manoël PENICAUD dès 2000 sous la direction de Bruno ETIENNE, sur le pèlerinage qu’effectuent des confréries soufies Regraga, descendantes de sept saints chrétiens qui auraient rencontré de son vivant le prophète Mohamed à la Mecque. Elle aboutit en 2010 à une thèse de doctorat d’anthropologie « Le réveil des 7 dormants. Un pèlerinage islamo-chrétien en Bretagne ». En effet MASSIGNON découvre en 1951, l’existence du pardon des Sept Saints dans les Côtes d’Armor ; il est frappé par la résonance entre la gwerz (Ballade, complainte bretonne) et la sourate de la caverne, et projette alors d’organiser un rassemblement islamo-chrétien, qui se déroule pour la première fois le 25 juillet 1954 devant la crypte-dolmen de la chapelle du Vieux-Marché, proche de Lannion. L’objectif de ce pèlerinage de réconciliation est double : comportant une dimension politique visant à promouvoir une paix sereine en pleine guerre d’Algérie et une dimension spirituelle et eschatologique, visant à préparer la fin des temps.

 

Le pèlerinage se perpétue dans ce hameau breton chaque quatrième week-end de juillet depuis bientôt 70 ans, au-delà de la disparition de Louis MASSIGNON en 1962 (il est enterré dans le cimetière de Pordic, où son père avait fait construire une maison) ; le dernier rassemblement ayant eu lieu le 25 juillet 2019.

 

Jean-Bernard LALANGE.

 

 

Manoël Pénicaud est anthropologue, chargé de recherche au CNRS et spécialiste des relations interreligieuses. Il a publié plusieurs ouvrages, dont Lieux saints partagés (Collectif, Actes Sud -Mucem, 2015), Le réveil des Sept Dormants. Un pèlerinage islamo-chrétien en Bretagne (Cerf, 2016), Coexistences (Collectif, Actes Sud-MNHI, 2017). Il est aussi l’un des commissaires de l’exposition Lieux saints partagés présentée à Marseille, Tunis, Paris, New-York, Istanbul…

 

Louis MASSIGNON « Le catholique musulman »- Manoël Pénicaud – 450 – Pages – 23,90 €- Éditions Bayard.

Pèlerinage des Sept Saints Dormants au Vieux-Marché 22

Pèlerinage des Sept Saints Dormants au Vieux-Marché 22

Manoël PENICAUD au Vieux-Marché (Photo Journal Le Télégramme)

Manoël PENICAUD au Vieux-Marché (Photo Journal Le Télégramme)

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Un lecteur du Blog  Christian  F me transmet cette chanson sur le Temps 

 

Le temps

Couplet 1

Mon cœur comme un oiseau                                 voltige dans les airs, désert

Le temps nous est compté                                     il se moque de nous, sur terre

L’horloge sonne le tempo                                      et chuchote « Souviens-toi, mon frère »

Les heures sont remontées                                    les dieux surfent enfin, la mer

 

Refrain :

Mon esprit divague

Mon esprit sauvage

Les minutes s’agacent

Mon esprit divague

Mon esprit sauvage

Les minutes s’effacent

Mon esprit divague

Mon esprit sauvage

 

Couplet 2

 

Mon âme comme un poisson                                sublime les eaux, de feu

Nos beaux jours se dispersent                               nos secondes s’envolent, mon vieux

Une clepsydre se déverse                                      mon discours se termine, si peu

Je remonte le carillon                                            nos pensées s’évaporent, adieu !

 

Refrain

Solo


 

Couplet 3

 

Bonheur au Nirvana                                                j’ai le souffle coupé, amis

Le sablier sur nos vies                                             je regarde l’enfance, merci

Avec le temps va tout s’en va                                  et moi je rêve, d’ici

Capturer ce temps par l’esprit                                 faire de cet instant, le paradis          

 

Refrain

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Publié le par Jean-François Guerry
TOURNER SON REGARD VERS L'ORIENT

TOURNER SON REGARD VERS L’ORIENT

 

 

Quand la loge est dûment couverte, quand le silence règne, que les ouvriers sont à leur place, quand les mots, les signes sont connus. Les regards se tournent vers la Lumière de l’Orient.

Alors le passage est ouvert, des ténèbres vers la Lumière, la tension se fait vers le sacré.

 

S’agit-il d’un rite de l’Égypte ancienne, un mystère de la Grèce antique, un rite cosmique, chaque tradition a ses rites propres, mais ils sont tous éclairés par la même Lumière, ils proposent au cherchant la Connaissance.

 

Chaque tradition transmet sa Connaissance initiatique, le soleil lumière et feu se lève chaque matin à l’aube, l’esprit s’éveille sous l’effet de sa chaleur, il brûle du désir de connaître.

 

Intrigué par l’article de Roger Dachez paru récemment dans le 8ème Cahier de l’Alliance la revue de la Grande Loge Maçonnique de l’Alliance Française, avec le titre de : « Sous le signe d’Harpocrate ». Harpocrate qui n’est en fait que la représentation grecque de l’enfant dieu Horus fils d’Isis et d’Osiris les personnages légendaires d’Égypte. Horus fait le signe du silence bien connu des Francs-Maçons.

Bien sûr ce n’est pas le doigt posé sur la bouche qui nous intéresse, mais le silence nécessaire au secret et au mystère du sacré. Le silence pont à franchir, exercice indispensable à la méditation spirituelle.

Le silence ouvre donc la porte vers le sacré, le sacré qui est partout et en tout et que pourtant nous ne voyons pas. Le sacré qui est relié au divin, est l’Ein sof des Kabbalistes, l’Or spirituel des alchimistes, et peut-être l’humus qui fait l’homme et l’humanité ?

Le sacré féconde l’homme intérieur, l’homme spirituel, j’en reviens naturellement à Horus l’enfant dieu, conçut sur les bords du Nil, du fleuve sacré des égyptiens, ou sur les bords du Gange, de l’Euphrate, de l’Amazone, du Jourdain, peu importe…

Isis a rassemblé les morceaux épars d’Osiris son mari et son frère à la fois, la chair avait quitté ses os, tout était désuni, il lui fallait retrouver l’unité, fût-ce avec des mots substitués, retrouver une forme de verticalité, Isis la veuve mythique voulu un enfant à l’image Osiris.

OSIRIS

Elle parvint grâce au rayon de lumière provenant des yeux d’Osiris et grâce à sa tendresse et la force de son amour, redonner à Osiris tout son éclat. Ce rayon de lumière en Z fit renaître la splendeur d’Osiris il réapparu plus radieux que jamais dans son fils Horus. Ainsi Horus fût l’enfant de la veuve, l’enfant de la Lumière.

 

Une autre légende raconte que Horus naquit sous la forme d’un faucon protégé et mis au secret sous les ailes déployées de sa mère, transformée en rapace, elle le protège dans les roseaux du fleuve.

 

L’enfant dieu Horus est alors représenté sous la forme d’un faucon et son œil son symbole emblématique. L’œil central devient ainsi la représentation du principe divin, l’œil du cœur. Cet œil différend des yeux liés à la lune et au soleil. Ce qui fit dire à Saint-Exupéry : « L’essentiel est invisible pour les yeux, les yeux sont aveugles il faut chercher avec le cœur. »

ISIS ET HORUS

L’œil divin, sacré d’Horus, l’œil du cœur qui permet de voir l’invisible. René Guénon le situe au centre du triangle maçonnique. Il est unique, immobile selon Platon, c’est l’œil de l’âme, l’œil de la Connaissance.

 

Les Égyptiens pratiquaient le culte du soleil, les francs-maçons se déplacent dans le sens solaire, le frère Goethe voyait aussi cet œil solaire, cet œil de la Lumière :

« Si l’œil n’était pas de nature solaire. Comment pourrais-tu apercevoir le soleil ? »

 

L’œil central du delta lumineux, est le principe réunificateur, il préside aux travaux qui se font à la Gloire du Grand Architecte, travaux qui visent à régénérer l’unité en nous, à réunir ce qui est épars.

C’est bien avec ce troisième œil, cet œil intérieur, que l’on passe du visible des apparences à l’invisible du réel. Jacques Rolland dans « Symbolisme Maçonnique de l’Ancienne Égypte » écrit :

« Ce troisième œil, permet alors de voir dans l’invisible, un peu à la manière du spectre de l’arc-en-ciel, où l’ultra- violet est absent, mais cependant présent. »

 

L’œil d’Horus permet de voir la réalité pure, débarrassée des impuretés profanes. Il devient l’œil de notre conscience, l’œil de la justice, cette justice qu’Isis que n’a cessé de réclamer Isis pour Osiris et Horus. Que nous demande la franc-maçonnerie si ce n’est de défendre la justice ..

 

Les rites de maquillage égyptiens et encore présents de nos jours sont-ils pratiqués pour attirer notre regard vers l’intérieur et ensuite répandre la beauté du cœur vers l’extérieur ?

L’œil au centre du delta lumineux maçonnique, inspire les travaux, incline à la pratique des exercices spirituels propres à faire jaillir la lumière intérieure, l’œil du delta, est-il comme l’œil divin d’Horus qui demandait aux scribes et aux Pharaons, de porter à l’extérieur du temple la lumière qu’ils avaient reçus à l’intérieur. De transmettre cette hiérophanie, cette manifestation du sacré, dans la société qui en avait besoin et qui en a encore besoin de nos jours. Je terminerais par cette remarque le signe du silence de Horus et son œil du cœur, peuvent-ils êtres comparés au silence de notre maître secret, notre maître intérieur et à cet œil descendu de l’orient et présent la bavette d’un certain tablier maçonnique.

 

Jean-François Guerry.  

TOURNER SON REGARD VERS L'ORIENT

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Publié le par Clementia

Cet article est reposté depuis Un jour, une pensée.

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Publié le par Jacques Viallebesset et Jean-Pierre Rousseau
Le poète  Jacques Viallebesset

Le poète Jacques Viallebesset

Apprendre

 

Ici seulement tout est vraiment symbole

C’est entendu je ne sais ni lire ni écrire

Et si nul ne se connait totalement tant

Qu’il n’a pas souffert je me connais pleinement

Car j’ai descendu la spirale jusqu’au fond

Mais je sais déchiffrer le sens de la vraie vie

C’est entendu moi je ne sais pas construire seul

Même si j’ai les plans n’ayant comme seule raison

Pour le faire qu’une femme à rencontrer et aimer  

Mais la truelle de mes mains peut bâtir un foyer

Autour d’elle plus solide que les maisons de pierre

C’est entendu j’ai tourné en rond jusqu’à m’enivrer

Bien que je sache les marches de l’escalier vertical

Mais le labyrinthe du jeu de l’oie un pas en avant

Puis deux en arrière en a fini de m’occuper

A tout prendre ne vous en déplaise j’ai préféré

Monter sur un fil blanc danser seul sans filet

Au risque de tomber sans pouvoir me relever

Sur le damier de ce triste monde en trompe-l’œil

Et c’est avec la veuve que je veux enfin jouer

Sérieusement comme seuls savent le faire ceux- là

Qui n’ont pas étouffé en eux leur cœur d’enfant

A la marelle à cloche-pied de la terre au ciel

Apprendre dites-vous mais comprendre le pouvez-vous.

 

Jacques Viallebesset.

 

AVEC L'AIMABLE AUTORISATION DE L'AUTEUR POUR LES LECTEURS DU BLOG.

LE SITE DU POÉTE

jacques-viallebesset-scribouilleur.over-blog.com

 

APPRENDRE

 

 

 

          « La route du Devoir mène-t-elle sûrement à la Vérité ? »

 

 

La route de l'initié, du passé au futur,

Passe par la recherche du diamant le plus pur,

Le devoir de respect en toute humilité,

Par le passage du profane au sacré.

Notre regard dans le miroir de la vérité,

Ouvert par le grand architecte de l'univers,

Nous aidera à trouver, avec l'aide de nos pairs

A franchir la balustrade et trouver la lumière

Qui balisera sans faillir le bel itinéraire

Bonté vérité justice

Temple intérieur devenu sublime édifice.

Jean-Pierre Rousseau

 

AVEC L'AIMABLE AUTORISATION DE L'AUTEUR POUR LES LECTEURS DU BLOG.

 

 

 

Vous voulez écrire à Jean-Pierre Rousseau une adresse : 

courrierlafmaucoeur@gmail.com

 

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Publié le par Anonyme et Jean-François Guerry
Ochlophobie : " La peur de la foule'

Ochlophobie : " La peur de la foule'

Un lecteur du blog V.B, m’a adressé un courrier suite à la parution du travail de la Loge Kleio sur Gustave Le Bon. Il m’est apparu intéressant de vous en faire partager les grandes lignes, extraits :

 

« Très peu de gens même cultivés connaissent Gustave Le Bon » J’en fais partie, non pas des gens cultivés, mais de ceux qui ne connaisse que le nom de cet auteur.

 

« Michel Onfray puise largement son inspiration chez Gustave Le Bon. » On aime ou pas Michel Onfray mais s’il dérange, c’est souvent par la pertinence de ses analyses et des ses regards sur notre civilisation.

 

Le lecteur parle de Gustave Le Bon : « Sa redoutable conclusion dans ‘Psychologie des foules’ est assurément prémonitoire et obsédante pour moi. La crise du COVID donne raison à Le Bon. Un minuscule accident sanitaire qui n’a tué que 0,03% d’êtres humains, plonge ceux-ci dans une paranoïa émolliente et létale, du moins en occident.

 

Je crois que nous sommes dans la phase terminale civilisationnelle décrite par Le Bon dans sa conclusion. Comme civilisation nous sommes morts !

 

Une civilisation qui perd toute son énergie et ruine son économie pour (ne pas) empêcher la mort de trois ou quatre vieillards sub-claquants est morte.

 

Force est de constater, que plus l’on est âgé, plus on risque de mourir, que le refus de la mort même en rêve ne supprime pas la mort. Les constats récents démontrent que malgré tous les soins apportés à nos anciens, nombre d’entre eux continuent à mourir, est-ce anormal ?

 

« La Chine observe notre déroute morale son heure est venue désormais. »

 

N’hésitez pas à réagir, si tel est votre désir, en laissant un commentaire directement sur le blog ou en écrivant à :

courrierlafmaucoeur@gmail.com

 

V.B et Jean-François Guerry.

Gustave Le Bon
Gustave Le Bon.jpg
Gustave Le Bon vers les années 1900.
Fonction
Directeur
Bibliothèque de philosophie scientifique
-
 
Biographie
Naissance
Décès
Voir et modifier les données sur Wikidata (à 90 ans)
ParisVoir et modifier les données sur Wikidata
Sépulture
Nom de naissance
Charles Marie Gustave Le BonVoir et modifier les données sur Wikidata
Surnom
Le Célèbre DocteurVoir et modifier les données sur Wikidata
Nationalité
Formation
Activités
Autres informations
Membre de
Influencé par
Distinctions
Œuvres principales

Gustave Le Bon, né le  à Nogent-le-Rotrou et mort le  à Marnes-la-Coquette, est un médecin anthropologue psychologue social et sociologue français.

Polygraphe, intervenant dans des domaines variés, il est l'auteur de 43 ouvrages en 60 ans, traduits en une dizaine de langues de son vivant et plusieurs fois réédités entre 1890 et 1920, dans lesquels il aborde, parmi d'autres sujets, le désordre comportemental et la psychologie des foules

s1. Le Bon reste une personnalité controversée. D’une part, à une époque où la méthode devient importante, son « amateurisme » gêne ses contemporains tels que Durkheim2, sans que cela ait vraiment d’influence sur son début de carrière. D’autre part, Le Bon dégage une image pseudo[pas clair]-raciste, qui renvoie à « l’idéologie coloniale de son époque2 ». Il avait des tendances anticléricales.

Le Bon ne soutient pas la théorie d’une hiérarchisation des civilisations, mais admet des différences au niveau des stades de développement, et soutient la théorie du biologiste darwinien allemand Ernst Haeckel (1834-1919)2. Il consacre un gros volume illustré à la Civilisation des Arabesn 1. Après une mission aux Indes, il publie, en 1887, un autre ouvrage majeur, Les Civilisations de l’Inde2. Psychologie des foules marqua un tournant dans la carrière du « célèbre docteur3 ». Cette œuvre, parue en 1895, reste la plus célèbre aujourd’hui.

« L’âge où nous entrons sera véritablement l’ère des foules. […] Aujourd'hui ce sont les traditions politiques, les tendances individuelles des souverains, leurs rivalités qui ne comptent plus, et, au contraire, la voix des foules qui est devenue prépondérante. »

— Gustave Le Bon, Psychologie des foules, 18954

 

SOURCE WKIPEDIA

COMMENTAIRE

Bonjour,

Le Bon a raison, son analyse est pertinente, Onfray a raison de rebondir sur cette analyse,, tu (vous) as raison de relayer ton sentiments qui est tout aussi juste et pertinent.

Mais toi, comme moi, vivons dans une Société dite « avancée », « progressiste », « humaniste », j’en passe et des meilleurs, bref, nous sommes des Occidentaux !

Mais toi (vous) êtes vous, réellement, prêt à mourir, à ne plus voir vos êtres chers, ne plus vivre, accepteriez -vous devoir disparaître un de vos proches (vos anciens, vos épouses, époux, frères, sœurs, etc), pire pourrirez-vous lui dire : « tu as fait ton temps, tu as assez vécu, ta présence n’est pas indispensable, nous ne ferons donc rien pour te protéger ou de guérir et puis, pourquoi es-tu aussi vieux aussi, tu aurais dû être plus jeune, plus fort, peut-etre même plus beau (pourquoi pas !).
Oui, la Chine observe notre déroute !
Un jour, notre descendance occidentale regardera à son tour la déroute de la Chine, peut-être même assistera-t-elle à sa débâcle.
Il faut toujours s’inspirer du passé pour comprendre le présent, un regard sur un passé somme toute très proche, aurait été éclairant mais… (Egyptiens, Romains, etc.)
La vie est une sinusoïdale… 

XY alias Philippe.

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