Overblog
Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
la Franc Maçonnerie au Coeur

la Franc Maçonnerie au Coeur

Un blog d'information, de conversations sur le thème de la Franc Maçonnerie, des textes en rapport avec la Franc Maçonnerie, comptes rendus et conseils de lectures.

Publié le par Jean-François Guerry
Aristote : L'Éthique à Nicomaque

Aristote : L'Éthique à Nicomaque

FUIR LE VICE PRATIQUER LA VERTU.

 

Les fragments qui sont en italiques sont d’Aristote et tirés de son Éthique à Nicomaque. Les francs-maçons et tous ceux qui choisissent la pratique du bien, du bon, du beau cherchent à se perfectionner et rendre la société des hommes plus harmonieuse, fraternelle et donc solidaires. Ils sont les « figures » de la Sagesse, dans les premiers temps de la démocratie, ces figures de la Sagesse gouvernaient la cité et le monde. Ils étaient nos hommes politiques au mieux, et à défaut leur conscience. L’attachement aux qualités humaines, aux qualités d’âmes, aux vertus faisait la noblesse de la politique, qualifiée d’Art.

 

Les hommes ont des sens, ils acquièrent les vertus. « C’est vertus, nous les acquiérons qu’après les avoir préalablement pratiquées… Ainsi on devient architecte en construisant. On devient juste en pratiquant la justice. Sage, en cultivant la sagesse, courageux, en exerçant le courage. Ce qui se passe dans le gouvernement des États le prouve bien : les législateurs ne rendent les citoyens vertueux qu’en les habituant. Ceux qui ne remplissent pas comme il faut cette tâche, manquent le but qu’ils se proposent ; et c’est là précisément ce qui fait toute la différence d’un bon gouvernement et d’un mauvais. Si l’architecte construit bien, il est un bon architecte ; il en est un mauvais quand il construit mal. »

 

Ce sont me direz-vous des lapalissades ou des naïvetés. La politique est devenue plus une science, qu’un Art. Une science sans morale et sans vertus, une science sans conscience. Une technique électorale, deuxième naïveté. Il suffit d’observer quels sont nos Sages de la politique : des politologues qui sont les dermatologues de leurs clients, des experts en communication habiles à faire prendre les vessies pour des lanternes, des sondeurs analystes des comportements des électeurs, des commentateurs spécialistes des commentaires sur tout. Il y a des cathédrales à construire, et des outils inadaptés. La politique est une devenue plus une science qu’une vertu. Elle a ses écoles techniques, Sciences Po, E N A, etc… On n’enseigne pas dans ses écoles les vertus.

« C’est par notre conduite dans les circonstances périlleuses, et en y contractant les habitudes de la poltronnerie ou de la fermeté, que nous devenons les uns braves, les autres lâches. Il faut agir suivant la droite raison. »

S’il faut de justes colères, il n’y a pas de saines violences. « La violence démesurée des exercices, ou le défaut d’exercices, ruine également la force. »

L’homme qui est dans le déni, qui ne sait rien supporter qui fuit tout est un lâche, celui qui ne craint jamais rien est un téméraire.

Courage et tempérance doivent faire alliance, comme la justice doit le faire avec l’amour.

En réalité, ce qui nous manque ce sont des écoles où l’on pratique la vertu et où l’on fuit le vice.

 

« Voilà pourquoi il faut, dès la première enfance, comme le dit si bien Platon, qu’on nous mène de manière à ce que nous placions nos joies et nos douleurs dans les choses où il convient de les placer ; et c’est en cela que consiste la bonne éducation. »

 

Ors nous avons collectivement perdu le sens du devoir d’exemplarité, l’exercice de la vertu est un travail, comme celui de la fraternité, son chemin n’est pas le plus facile, mais il est le seul qui mène à la joie. « Comme le dit Héraclite ; or l’art et la vertu s’applique toujours de préférence à ce qui est le plus difficile, puisque dans les choses qui sont plus difficiles le bien acquiert un plus haut prix. Tels sont les principes que nous devons poser. »

 

Vous serez moins surpris peut-être pour ce nouvel engouement pour les sagesses antiques. Les philosophes antiques avaient aussi leurs écoles, mais ils vivaient les principes et les vertus enseignées. C’est pourquoi on appelle aujourd’hui au secours Aristote, Platon ou Marc Aurèle et bien d’autres…

 

Jean-François Guerry.

ABONNEZ-VOUS EN DÉPOSANT UNE ADRESSE MAIL DANS LA FENÈTRE NEWSLETTER. (Gratuit)

 

 

Pour les Abonnés : Il est possible de recevoir gratuitement les textes des articles au format Word en écrivant à l’adresse suivante :

 

courrierlafmaucoeur@gmail.com

 

 

Info : le blog respecte la loi RGPD, il ne fait par ailleurs aucune publicité depuis sa création en 2015.

 

www.lafrancmaconnerieaucoeur.com

Voir les commentaires

Publié le par Jean-François Guerry
 COMMUNIQUÉ : Il était une fois un mythe, Hiram
Vous m'avez demandé comment commander le Livre, Prix 19 € : Le lien ci-dessous.
Jean-François Guerry 

 

https://www.helloasso.com/associations/academie-maconnique-provence/evenements/achat-du-livre-de-solange-sudarskis-il-etait-une-fois-un-mythe-hiram

Voir les commentaires

Publié le par Jean-François Guerry, Jean-Pierre Rousseau
IL ÉTAIT UNE FOIS UN MYTHE, HIRAM. Par Solange Sudarskis

IL ÉTAIT UNE FOIS UN MYTHE, HIRAM.

 

Les lumières du passé éclairent les ténèbres du labyrinthe de l’avenir. À chacun son guide, pour passer des ténèbres à la Lumière. Nous ne sommes pas égaux dans la vie, le poète chante la différence entre les trottoirs de Manille, et les beaux quartiers des villes lumières. Mais à la porte de l’Orient éternel, au moment de la pesée de l’âme, l’importance des métaux compte peu.

Chacun doit construire sa vie, se construire en même temps. Il est des moments d’échecs, ils sont sans doute faits pour prendre la mesure de notre capacité à revivre plus radieux que jamais, il est des moments de gloire, c’est là que l’on prend le pouls de notre capacité à rester humble.

 

Pour structurer son parcours de vie, son existence, s’accomplir c’est-à-dire être pleinement soi, il nous faut les scintillements d’un phare, qui indique le cap quand advient la nuit.

Les francs-maçons ont choisi pour l’accomplissement de leur vie, une méthode le symbolisme de la construction. La figure du sage, la figure du sage, emblématique et tutélaire de ce symbolisme est le Maître Architecte Hiram. Un Maître inspiré, transcendé par un principe innommable, ineffable plus grand que lui. Le mythe, la légende d’Hiram et de sa mort est au cœur de l’initiation maçonnique, Hiram est Osiris.

Hiram est peu présent dans les textes vétérotestamentaires qui constituent entre autres le substrat de la Franc-Maçonnerie spéculative. Cet homme venu d’ailleurs, de surcroit fils d’une veuve, orphelin de père allait avoir un destin fabuleux, c’est le lot des héros. Hiram est le soleil, la lumière, le feu de la forge de Tubalcaïn. L’abondance des mots pour décrire Hiram, n’est pas nécessaire, la contemplation de ses vertus, de son exemplarité suffit pour servir de guide, de clé pour ouvrir la porte du cœur des femmes, des hommes en général et des sœurs et des frères en particulier, de tous ceux qui sont capables de regarder avec l’œil de leur cœur.

 

Solange Sudarskis, signe un ouvrage sur le mythe d’Hiram. Il ne pourrait être qu’un ouvrage de plus, il apparaît cependant comme un manuel, une encyclopédie hiramique. Il répond brièvement aux questions, pour laisser plus grande, plus ouverte la ou les possibilités d’interprétation personnelle au lecteur, qui s’approprie le mythe, et les valeurs qu’il transporte pour en faire sa ligne de vie personnelle à son rythme, avec l’intensité qu’il choisit.

On trouve dans ce livre ouvert : l’explication des mots de la cérémonie d’élévation au sublime grade de Maître, une interprétation du mythe de la mort, une recherche de la Parole perdue, l’histoire légendaire du héros, une description des temples. Solange Sudarskis termine par une ouverture sur les semblables d’Hiram, un épilogue en forme de prologue à la recherche de notre semblable, Hiram est-il notre jumeau, notre ange ? Celui qui nous montre le chemin pour se rapprocher de nos semblables les chercheurs de vérité, pour se rapprocher d’eux par la pratique des vertus, et la plus grande d’entre elles la charité qui est l’amour fraternel. Hiram est mon semblable, mon frère, mon Maître.

 

Comme vous le voyez le mythe d’Hiram tel que proposé par Solange Sudarskis, répond à quelques questions, mais son plus grand mérite est de nous faire lever la tête et suscité bien plus de questions que les réponses qu’il apporte. C’est un rituel d’ouverture pour la pratique de nos travaux personnels, sur nous-mêmes. Il nous montre le chemin qui mène de la périphérie au centre du cercle entre l’équerre et le compas.

 

Jean-François Guerry.

 

Extraits du Livre :

 

« Au troisième degré, le psychodrame des cérémonies et des rituels offre le cadre et tous les processus nécessaires au développement psychique et à l’harmonisation entre les ténèbres et la lumière du franc-maçon. »

 

Les jeux de Rôle.

 

« Le jeu de rôle permet de créer un nouveau père, accessible émotionnellement, auquel il est possible de s’identifier. »

 

À SUIVRE : La recension va se poursuivre les travaux ne sont qu’ouverts.

 

 

À LIRE : « Il était une fois un mythe, Hiram. Par Solange Sudarskis.

183 pages 15 €- ISBN : 978-2-91-965640-0

 

Éditions : L’Académie Maçonnique de Provence et UBIK éditions.

 

Ubik-éditions.com

 

contact@ubik-lab-com

 

academie.maconnique.provence@gmail.com

 

 

EN VENTE.

contact@comptoirdulivre.fm

IL ÉTAIT UNE FOIS UN MYTHE, HIRAM. Par Solange Sudarskis

 

         " Le symbolisme de la légende des Trois Mages "

 

 

Rude épreuve, au fond du puits, trésor caché,

Mot sacré  ineffable, imprononçable ;

Bien présente dans l'homme enfouie, Divinité,

Mais de la percevoir en est-il capable ?

 

Il doit chercher la Lumière à l'infini,

Au zénith de même qu'au fond de la crypte.

Il doit trouver le chemin de son Paradis.

En soph !

 

 

 

         " La vérité absolue est inaccessible à l'esprit humain ;

                    il s'en approche sans cesse mais ne l'atteint jamais "

 

 

Vérité où te caches tu ?

Vérité es-tu en moi ?

 

Vision éthérée d'une sylphide diaphane ;

Rêve récurrent, rêve vieux,  universel !

Rêve tracé décliné par José Carcel.

Chimère chère à l'acerbe Aristophane.

 

Quête de la beauté dans la complexité,

Conscience de mort - Espoir de vie -

Survie du corps ! Vérité de l'Esprit,

Devoir de Vérité, rêve d'immortalité.

 

Travail sur symboles, visions de découverte !

Pieds sur la terre, esprit de perspective,

Curiosité de l'initié en alerte.

 

Conscience de mort - Espoir de vie -

Sublimation de la mort symbolique

Sublimation du relèvement par l'initiation.

Jean-Pierre Rousseau

Avec l'aimable autorisation de l'auteur.

IL ÉTAIT UNE FOIS UN MYTHE, HIRAM. Par Solange Sudarskis

ABONNEZ-VOUS EN DÉPOSANT UNE ADRESSE MAIL DANS LA FENÈTRE NEWSLETTER. (Gratuit)

 

 

Pour les Abonnés : Il est possible de recevoir gratuitement les textes des articles au format Word en écrivant à l’adresse suivante :

 

courrierlafmaucoeur@gmail.com

 

 

Info : le blog respecte la loi RGPD, il ne fait par ailleurs aucune publicité depuis sa création en 2015.

 

www.lafrancmaconnerieaucoeur.com

Voir les commentaires

Publié le par Jean-francois Guerry, Egidio LUZ
L’INFORMATION, LA COMMUNICATION À LA UNE ! L’action, la réflexion, la pensée plus tard peut-être ?
L’INFORMATION, LA COMMUNICATION À LA UNE ! L’action, la réflexion, la pensée plus tard peut-être ?

L’INFORMATION, LA COMMUNICATION À LA UNE !

L’action, la réflexion, la pensée plus tard peut-être ?

 

 

Cette semaine a été riche, de rien ou presque, une femme brûlée vive par son mari violent, devant son voisin en pleine rue impuissant, un policier tiré à bout portant par un dealer ordinaire gêné dans son commerce en plein jour dans le centre-ville d’Avignon, ville réputée pour sa culture. Le jeune policier qui ne faisait que son travail, laisse une veuve et ses enfants. Les banderoles et les discours de Rambouillet n’étaient pas encore rangés.

Heureusement les politiques sauvent la semaine avec une savoureuse bouillabaisse, comme on les aime bien à Marseille. La routine de l’information, de la communication, qui se substitue à l’action et la réflexion, il faut occuper l’espace médiatique.

Quand une information finit par choquer, ce qui devient de plus en plus rare, on ne parle surtout pas du fond, mais du manque de communication ou de mauvaise communication. La communication est devenue l’alfa et l’omega. Je suis stupéfait du nombre de fois où l’on m’explique que je n’ai pas bien compris !

Pourtant la communication est continuelle, jusqu’à la nausée. Comme vous le savez maintenant en politique il n’y a pas d’échec, mais des manques de communication, de compréhension. Je vieillis donc je vois mieux bien, j’entends parfois mal, j’ai compris il faut que je consulte.

 

Tout espoir n’est pas perdu donc, tiens si au lieu de l’information en continu on faisait de la formation continue. Si les maîtres pour une fois osait en savoir un peu plus que leurs élèves ? Si l’on imposait le silence, le respect de l’autre, surtout de ses erreurs, au lieu de liker, de dire j’aime, j’aime pas, de jeter sans regarder, sans céder à la culture de l’émotion, à l’excès des passions en regardant l’extrémité de son doigt pour voir le monde. Impossible, il faut communiquer sur tout et tout de suite, au risque d’être taxé d’ignorant. Communiquer c’est la liberté, surtout anonymement, c’est plus courageux ! De fait on ne va plus chercher sur l’Aventin les sages, ils nous barbent !

 

Pourtant l’on voit resurgir dans les magazines les préceptes de la philosophie antique, cela revient à la mode ! Un marché, une niche pour les vendeurs de promesses du bonheur et de la joie, (50€ la séance en groupe ou 300 € avec un coach personnel). Vous allez réapprendre à vous aimer, j’ai le sentiment que beaucoup ne sont pas en manque d’amour pour eux-mêmes, mais bon.

« Penser par soi-même… se soucier de ce qui ne dépend que nous. Se soucier de son soi. » C’est vendeur ! Rester stoïque, pratiquer la résilience. Tout le monde est d’accord. J’en vois certains qui doutent, il doit y avoir quelque chose derrière ? Le pot aux roses, c’est que se soucier de son soi, de soi c’est aussi se soucier des autres, ah non ! Le masque tombe. Au pire je veux bien me soucier de ma famille, de mes amis, de mon groupe social, de tous ceux qui sont d’accord avec moi. Mais pas des autres, de ceux qui sont éloignés de moi. Pour moi l’homme Universel c’est Manpower !

 

Après cette basse philosophie de comptoir du commerce, je rentre chez moi le cœur léger. Je l’ai dit, j’ai osé le dire !

Il reste pour quelques naïfs une autre option, arrêter de pleurer et dire. Faire, agir, aider, ne plus se restreindre à l’information qui absous. Mais former ceux qui veulent, ceux qui ont foi en l’espérance.

 

Je laisse la plume à Egidio.

 

Jean-François Guerry.

L’INFORMATION, LA COMMUNICATION À LA UNE ! L’action, la réflexion, la pensée plus tard peut-être ?

Un formation

Les journaux qui les lit? 

Peu s'il faut en croire 
Tout ce qui se dit
Du matin jusqu'au soir
 
La presse dépêrit
Selon mille sondages
La liberté faiblit
Ajoutent en choeur les Sages
 
De fait qu'en est il
Vraiment de ce truc là
Ment on moins qu'avant?
Oui ? Non ? J'sais pas
 
De mentir est un art
Affirmer peu de chose
Jouer au fin renard
Laisser filer la chose
 
Le journal quotidien 
Narre les faits divers
Que vit le citoyen
Ici bas sur la Terre
 
Vie de choses banales
Que l'abonné va lire
Curieux sans faire le mal
C'est pas mieux, ni pire
 
Chercher l'information
Mais vendre le ragot
Susciter l'émotion
Voilà le "mettre maux"
 
Faire que la peau calypse
Du lecteur du matin
D'un seul scoop, de bêtises
S'effraye...oui c'est très bien
 
Ainsi d'Armaggedons
En vols et fusillades
Ainsi nous oublions
Que toute cette salade
 
N'a pour seul objectif
Que de faire acheter
Ou rendre plus agressif
Qui ne peut dépenser
 
Des pensées justement
Faîtes en grand usage
Même si pour autant
Toutes ne sont pas sages
 
Question d'entraînement 
Et régularité
Sur ce point souvent
Il faudra vous pencher
 
Egidio LUZ

Voir les commentaires

Publié le par Jean-François Guerry
PARUTION : HIRAM LE MYTHE
PARUTION : HIRAM LE MYTHE


Il était une fois un mythe, Hiram

de

Solange Sudarskis


 
 



Le dernier livre de la Collection L'Intégrale co-éditée par L'Académie Maçonnique Provence et les Éditions Ubik est désormais disponible.
"Il était une fois un mythe, Hiram"

de Solange Sudarskis

Aller à la rencontre du mythe d'Hiram en compagnie de Solange Sudarskis, c'est assurément, ouvrir de nouvelles portes, se poser de nouvelles questions, en bénéficiant de sa grande culture et d'un regard original.
Voir ci-dessous la table des matières complète.


Vous pouvez commander son ouvrage 


Nous avons pris en compte les remarques des lecteurs du premier opus de la collection "Kabbale et Franc-Maçonnerie" de Marc Halévy qui souhaitaient un format un peu plus grand pour une lecture encore plus agréable.
Le format de la collection sera désormais de 15x21 cm.
PARUTION : HIRAM LE MYTHE
PARUTION : HIRAM LE MYTHE
PARUTION : HIRAM LE MYTHE
POUR COMMANDER LE LIVRE

Contact : academie.maconnique.provence@gmail.com

https://www.ubik-editions.com

 

 

 

Solange Sudarskis

Solange Sudarskis

Source Babelio

Nationalité : France 

Biographie : 

Solange Sudarskis, ancien maître de conférences à l’université Lyon 1-Claude Bernard a été initiée en 1977 dans la loge du Droit Humain « Évolution et Concorde ». Membre fondateur de la loge du Droit Humain « L’arbre de Liberté », elle a publié plusieurs ouvrages maçonniques.
 

Voir les commentaires

Publié le par Loge Kleio
DES VERTUS
Les Vertus Théologales.

 

Un travail de la Loge Kleio.

 

Aborder les notions de Foi, Espérance et Charité en les appelant “Les 3 vertus Théologales”, c’est les mettre au niveau le plus haut de la spiritualité, par comparaison aux autres vertus, dont les vertus cardinales qui sont conseillées dans nombre de rituels : la Tempérance, la Prudence, la Justice et la Force. C’est relativement justifié, dans la mesure où les vertus cardinales sont plutôt du ressort de la vie sociale et de la pratique personnelle quotidienne, alors que les vertus théologales sont de l’ordre de l’inspiration divine et intéressent notre être profond dans son rapport avec la transcendance.

Les trois termes sont présentés conjointement dans deux épîtres de Paul de Tarse, le plus juif des apôtres, à mon sens, si l’on regarde de près son parcours et comme il est rapporté dans les Actes des Apôtres : « Je suis juif, né à Tarse en Cilicie ; mais j'ai été élevé dans cette ville-ci (Jérusalem), et instruit aux pieds de Gamaliel dans la connaissance exacte de la loi de nos pères, étant plein de zèle pour Dieu, comme vous l'êtes tous aujourd'hui. » — (Act. 22, 3).  De l’enseignement de sa jeunesse, il a hérité le souci de la Foi exprimée dans le respect de la Loi et dans la prière en commun, d’où sa propension à créer des églises et à entretenir des relations suivies avec les fidèles par sa présence ou ses épîtres. Et c’est dans deux de ces épîtres, disais-je, que Paul a réuni solennellement les trois mots. Dans la première épître aux Théssaloniciens « Nous nous rappelons en présence de notre Dieu et Père l'activité de votre foi, le labeur de votre charité, la constance de votre espérance, qui sont dus à notre Seigneur Jésus Christ » (1Th 1,3). Aussi, dans la première épître aux Corinthiens « Ce qui demeure aujourd'hui, c'est la foi, l'espérance et la charité ; mais la plus grande des trois, c'est la charité. » ( 1Co 13,13 ). Il complète ainsi, selon diverses exégèses, le passage de la même lettre « Mais ce que nous proclamons, c'est, comme dit l'Écriture : ce que personne n'avait vu de ses yeux ni entendu de ses oreilles, ce que le coeur de l'homme n'avait pas imaginé, ce qui avait été préparé pour ceux qui aiment Dieu. Et c'est à nous que Dieu, par l'Esprit, a révélé cette sagesse. » ( 1Co 2,9-10 ) en indiquant, par l’exaltation de ces 3 vertus, qu’il a fallu que l’homme les possède, ou les pratique, pour qu’il accède à ce savoir. Nous reviendrons le moment venu sur le point de vue particulier exprimé par Saint Paul sur la prééminence de la charité.

Pour cette introduction, je commencerai par rappeler ce que sont, à mon sens, ces notions, les circonstances de leur apparition dans l’univers spirituel de l’humanité, certaines époques et doctrines, religions ou systèmes de pensée qui les ont prônées, puis je vous inviterai à chercher à les relier à notre spiritualité de Franc Maçons.

 

La Foi est un sentiment profond qui résulte de la conjonction de plusieurs influences sur notre esprit : la famille et l’éducation, l’observation du monde et le ressenti devant la création et aussi, peut-être, une grâce partagée avec d’autres êtres humains ayant reçu une inspiration similaire. Ce sentiment, tel qu’il fut ressenti par nos prédécesseurs, est raconté dans plusieurs textes sacrés. Il induit chez le croyant des formes diverses de dévotion qui en sont les manifestations intérieures ou extérieures. La prière en est l’exemple essentiel.

La nature de ce sentiment a des formes diverses suivant les époques et les lieux. Nous prendrons quelques exemples qui m’ont paru importants :

Dans l’Egypte ancienne, la Foi est l’acceptation de la vérité de la création, vérité spécifique suivant les régions, création attribuée à l’un ou l’autre des dieux tutélaires comme IsisSethHorusAnubis. Les manifestations de cette acceptation ont souvent été des sacrifices personnels, y compris l’adhésion au travail forcé de la construction des lieux sacrés, temples et pyramides, comme la soumission sans réserve à l’autorité du Pharaon, d’essence divine, et la satisfaction de tous les désirs que celui-ci pouvait exprimer.

Pour les Perses, la Foi Zoroastrienne, qui a persisté comme religion presque unique de l’empire Perse, depuis le 1er millénaire avant J.C. (peut-être même avant) et jusqu’à l’expansion de l’Islam au milieu du VIIè siècle, est l’acceptation de la création monothéiste par Ahura Mazda (« Seigneur de la Sagesse »).

Cette Foi consiste surtout à accepter de répondre de ses actes en fonction d’une morale en trois points :  bonne pensée, bonne parole, bonne action.

Pour les Hébreux, la Foi est évoquée à plusieurs reprises dans la Bible, comme l’acceptation de l’inspiration divine par des figures tutélaires du judaïsme, inspiration qui les conduit à “marcher à coté de Dieu” comme l’ont fait Noé, Abraham, ou Moïse. Cette acceptation sans réserve du commandement divin a conduit Noé à construire l’Arche et à participer ainsi au sauvetage de la création. Elle a conduit Abraham à s’exiler volontairement, après avoir détruit la boutique de son père, marchand d’idoles, et dont la Foi sera éprouvée par l’exigence du sacrifice d’Isaac. Le remplacement du fils aimé par un mouton montre la difficulté de la Foi (Abraham pouvait-il croire que Dieu le laisserait aller jusqu’au bout du sacrifice ?). La leçon de cet épisode c’est la décision de Dieu de mettre un terme aux sacrifices humains, chers aux prêtres idolâtres. Elle a, enfin, conduit Moïse à défier Pharaon,  l’homme probablement le plus puissant de la terre à cette époque, en exigeant la délivrance de son peuple. Plus tard, Moïse sera le porteur de la Loi qu’il présentera dans le tumulte de la foule livrée à l’idolâtrie à nouveau. La Foi des Hébreux, en tant que peuple, apparaît ici, dans l’acceptation de la vérité de la Loi divine, la Torah, et des contraintes qu’elle impose, à travers ses 613 commandements.

Cette Foi des Hébreux est caractérisée sommairement par le rejet des Idoles et l’affirmation de l’unicité, de l’omni-science /-présence / et -potence du Dieu dont on ne doit ni ne sait prononcer le Nom sacré.

Le Christianisme donnera à la Foi tout d’abord une incarnation, en la personne de Jésus, avec pour conséquence, la certitude d’avoir atteint les temps messianiques (cette certitude n’est plus en vigueur à ma connaissance, même s’il ne semble pas qu’on y ait substitué de nouvelle espérance liée aux temps à venir). L’objet de la Foi va s’étendre avec le temps en y ajoutant la personne sacrée de Marie, mère de Jésus, le concept de l’Esprit Saint et en rappelant le rôle de Dieu, ce qui élargit le champ du corpus dogmatique aux notions de Trinité et d’Immaculée conception. L’Eucharistie complète ce champ en entrant dans la liturgie commune à tous les catholiques.

Le Credo (profession de foi) est la manifestation par le croyant, de son adhésion à ce corpus. Pour mémoire, l’un des textes trouvés sur le site du Diocèse de Paris :

Je crois en Dieu, le Père tout-puissant, créateur du ciel et de la terre ; et en Jésus-Christ, son Fils unique, notre Seigneur, qui a été conçu du Saint-Esprit, est né de la Vierge Marie, a souffert sous Ponce Pilate, a été crucifié, est mort et a été enseveli, est descendu aux enfers, le troisième jour est ressuscité des morts, est monté aux cieux, est assis à la droite de Dieu le Père tout-puissant, d’où il viendra juger les vivants et les morts.

Je crois en l’Esprit-Saint, à la sainte Eglise catholique, à la communion des saints, à la rémission des péchés, à la résurrection de la chair, à la vie éternelle. Amen.

Ce texte confirme la codification extrêmement précise de la Foi catholique.

A l’opposé, le Protestantisme est revenu à une Foi plus sobre, si on peut s’exprimer ainsi, en mettant en avant quelques commandements pour la Foi, dont :

  • "A Dieu seul la gloire" : Rien n'est sacré, divin ou absolu en dehors de Dieu affirment les protestants.
  • "La grâce seule" : Les protestants affirment que la valeur d'une personne ne dépend ni de ses qualités, ni de son mérite, ni de son statut social, mais de l'amour gratuit de Dieu qui confère à chaque être humain un prix inestimable.
  • "L'essentiel, c'est la foi": La foi naît de la rencontre personnelle avec Dieu. Cette rencontre peut surgir brusquement dans la vie d'un individu. Le plus souvent, elle est l'issue d'un long cheminement parsemé de doutes et d'interrogations. Mais la foi est offerte par Dieu, sans condition.
  • "La Bible seule": Les chrétiens protestants ne reconnaissent que la seule autorité de la Bible.

Dans l’Islam enfin, le concept de Foi est résumé, à mon sens, dans l’acceptation du Monothéisme et de la position de Muhammad comme Envoyé de Dieu. La profession de Foi est exprimée dans (traduction approximative) : “Il n’y a de seul Dieu qu’Allah et Muhammad est son Envoyé”. Plus précisément, cette foi s’exprime dans la première Sourate du Coran, la Fatiha, qui est la première prière qu’il faut prononcer :

Traduction possible :

1. Au nom d'Allah, le Tout Miséricordieux, le Très Miséricordieux.

2. Louange à Allah, Seigneur de l'univers.

3. Le Tout Miséricordieux, le Très Miséricordieux,

4. Maître du Jour de la rétribution.

5. C'est Toi [Seul] que nous adorons, et c'est Toi [Seul] dont nous implorons secours.

6. Guide-nous dans le droit chemin,

7. le chemin de ceux que Tu as comblés de faveurs, non pas de ceux qui ont encouru Ta colère, ni des égarés.

 

La traduction de Chouraki, plus littérale donne :

1.     Au nom d’Allah, le Matriciant, le Matriciel.

2.     La désirance d’Allah, Rabb des univers,

3.     le Matriciant, le Matriciel,

4.     souverain au jour de la Créance:

5.     Toi, nous te servons, Toi, nous te sollicitons.

6.     Guide-nous sur le chemin ascendant,

7.     le chemin de ceux que tu ravis, non pas celui des courroucés ni des fourvoyés.

 

Vous aurez remarqué des mots bizarres (Matriciant, désirance, courroucés), qui sont en fait des traductions très proche de l'étymologie des mots arabes correspondants (Rahman, Al Hamdoulillah, etc.)

 

L’Espérance est fortement liée au souhait de l’homme de bénéficier d’une vie, plutôt meilleure, après sa mort. Une évidence : la mort est une donnée incontournable de l’environnement de l’homme. Des époques les plus reculées de la préhistoire nous sont parvenus des témoignages du soin qui était apporté aux rites funéraires ainsi que de leur codification. Le corps du proche, même dans l’inertie de la mort, mérite le respect. De plus, l’espérance d’un au-delà qui serait sa nouvelle demeure, exigerait une préparation. Les civilisations anciennes ont codifié cette préparation des corps à la vie future, comme si l’état à venir du défunt dépendait du soin pris à son égard. Petit à petit, cette immortalité désirée se transforme pour devenir une réalité que notre bonne conduite dans ce monde nous assurerait. Dans toutes les religions que j’ai évoquées précédemment, le concept d’Espérance, fortifié par l’affirmation de l’existence d’un monde à venir où les bons auraient leur place, apparaît à un moment de leur évolution et plus ou moins tardivement. Dans la religion Égyptienne, dès les premiers Pharaons, la question de leur survie physique dans l’au delà est posée de manière très pragmatique et la réponse donnée est un tombeau lieu de vie avec vêtements, meubles et nourriture, un corps momifié pour assurer que la pourriture ne pourra l’atteindre avant qu’il ait trouvé sa nouvelle place,  A l’opposé, dans le texte de la Torah, c’est ici et maintenant que tout se joue. Les Hébreux des premiers temps espèrent vaguement être récompensés pour leurs bonnes actions ou la fermeté de leur Foi.  Les lois s’imposent à l’homme sans qu’il en espère être gratifié en aucune manière dans l’au-delà. Bref, on obéit à la Loi, parce que c’est la Loi. Cependant, une évolution se produira lorsque de grands malheurs s’abattront sur le peuple dont l’exil à Babylone est un exemple. L’espoir de vivre une bonne vie terrestre s’amenuisant, le rêve de l’immortalité de l’âme dans un monde de béatitude fait son chemin et apparaît la notion de “monde à venir” (en hébreu “Ha Ôlam Haba”). L’immortalité de l’âme et la vie dans ce monde à venir ont fait l’objet de milliers de pages de discussion dans le Talmud et dans les exégèses diverses. Je me contenterai de citer un extrait du livre de Job, où il est explicitement fait état de ce monde à venir : « Pour ma part, je sais que celui qui me rachète est vivant et qu'il se lèvera le dernier sur la terre. Quand ma peau aura été détruite, en personne je contemplerai Dieu. C’est lui que je contemplerai, et il me sera favorable. Mes yeux le verront, et non ceux d'un autre » (Job 19.25-27).

C’est avec le Christianisme que la question de l’Espérance trouve sa réponse, non seulement dans la résurrection de Jésus, mais dans l’annonce du séjour céleste promis à l’âme du défunt si, de son vivant, celui-ci a été bon. C’est la promesse de la résurrection de tous les hommes qui auront fait leur devoir sur terre.

La déclinaison de cette Espérance par l’Islam, peut être résumée ainsi (Institut pour les Questions Relatives à l'Islam : http://www.iqri.org/articles/musulmans-et-chretiens-ont-ils-memes-raisons-d-esperer)

 

En islam le concept d'espérance est très important. L'espérance du musulman est fondée sur ce  qu'il s'efforce de faire pour Dieu et sur ce que Dieu décidera de faire pour lui.  Il s’efforce donc d’obéir à Dieu en espérant qu'au jour du jugement, il se montrera bienveillant à son égard.

On trouvera plus de détails ici :

https://fr.wikipedia.org/wiki/Vie_après_la_mort#Selon_l.27islam

 

La Charité, en tant que vertu Théologale, peut être vue comme synonyme d’amour.

Pour l’Egypte ancienne, j’ai trouvé dans Wikipedia une allusion à la charité, comme vertu permettant de faire pencher la balance en sa faveur :

Lors de la pesée du cœur dans le tribunal d'Osiris, le défunt après avoir nié ses péchés devant quarante-deux juges, affirme pour faire pencher la balance en sa faveur :

« J'ai satisfait dieu par ce qu'il aime: j'ai donné du pain à l'affamé, de l'eau à l'altéré, des vêtements à celui qui était nu, une barque à celui qui n'en avait pas, (...) Alors sauvez-moi, protégez-moi, ne faites pas de rapport contre moi devant le grand dieu !  »

J’ai ensuite examiné ce que la religion Zoroastrienne en fait. Ici, je cite la source Annie Besant, “Des religions pratiquées actuellement dans l’Inde” 1907 :

“Ce doit être une charité éclairée, elle doit être exercée envers qui la mérite ; il est particulièrement recommandé d’aider les pauvres, d’aider à se marier ceux qui n’ont pas le moyen de le faire, d’aider à élever les enfants de ceux qui sont incapables de remplir eux-mêmes ce devoir.”

Dans la tradition juive, de multiples commandements sont relatifs à la charité, dont le mot clé est la “TSEDAKA” qui veut dire plutôt “justice” et “droiture”, mais qui est communément considéré comme l’expression de la charité, puisqu’il est associé au principe religieux de l’aumône.

De fait, les versets appelant à la « charité » s'inscrivent dans un contexte bien plus profond que la simple entraide. Voici des exemples :

 

Dt 15

7: S'il y a chez toi quelque indigent d'entre tes frères, dans l'une de tes portes, au pays que l'Éternel, ton Dieu, te donne, tu n'endurciras point ton cœur et tu ne fermeras point ta main devant ton frère indigent.

8 : Mais tu lui ouvriras ta main, et tu lui prêteras de quoi pourvoir à ses besoins.

Ce chapitre traite de l'année sabbatique, où tous les prêts doivent être annulés et l'égalité sociale rétablie.

 

Lv 19

9.Quand vous ferez la moisson dans votre pays, tu laisseras un coin de ton champ sans le moissonner, et tu ne ramasseras pas ce qui reste à glaner.

10.Tu ne cueilleras pas non plus les grappes restées dans ta vigne, et tu ne ramasseras pas les grains qui en seront tombés. Tu abandonneras cela au pauvre et à l’étranger. Je suis l’Éternel, votre Dieu.

Le judaïsme enseigne que Dieu est l'ultime propriétaire, l'homme n'étant qu'un locataire temporaire ou un serviteur sur le sol qui lui est alloué. Les biens que ce sol produit sont redevables à l'Éternel, qui décide de partager les ressources entre riches et pauvres. De plus dans le passage du Lévitique cité, la nourriture est laissée à l'abandon, de sorte que le pauvre puisse conserver sa dignité en récoltant ce que Dieu veut lui donner, plutôt que d'être contraint à mendier auprès des riches ce qu'ils veulent bien lui laisser.

Le concept juif de la tsedaka diffère de la charité au sens commun, car celle-ci est le fait de la décision et de l'humeur des philanthropes, alors que la tsedaka est une obligation de justice donnée par Dieu à tous les Juifs indépendamment de leur statut financier ou de leur volonté de donner, bien qu'il soit préférable de vouloir donner, comme l’évoque le texte de Maïmonide ci-dessous.

Maïmonide distingue huit niveaux de Tsedaka :

1.La charité préventive : donner du travail à une personne pauvre (ou lui avancer les fonds pour démarrer une affaire) de façon à ce qu'il ne dépende pas de la charité, étant donné qu'on est soi-même indépendant d'elle. Maïmonide résume ce principe par sa célèbre sentence : « Donne un poisson à un homme, il mangera un jour. Apprends-lui à pêcher, il mangera toute sa vie ». C’est l’équivalent d’une aide au développement qui apporte capitaux et enseignement du savoir-faire.

2.Donner anonymement à un récipiendaire inconnu.

3.Donner anonymement à un récipiendaire connu.

4.Donner publiquement à un récipiendaire inconnu.

5.Donner l’aumône avant qu'on ne la demande.

6.Donner l’aumône de façon adéquate après qu'on l'a demandée.

7.Donner de son plein gré, mais inadéquatement (trop peu).

8.Donner contre son gré.

 

 

 

 

Le concept de Charité, pour les Chrétiens, est superbement exprimé dans le chapitre 13 de la première épître aux Corinthiens de Saint Paul dont nous avons déjà parlé, reproduit en entier ci-dessous, :

1.Quand je parlerais les langues des hommes et des anges, si je n'ai pas la charité, je suis un airain qui résonne, ou une cymbale qui retentit.

2.Et quand j'aurais le don de prophétie, la science de tous les mystères et toute la connaissance, quand j'aurais même toute la foi jusqu'à transporter des montagnes, si je n'ai pas la charité, je ne suis rien.

3.Et quand je distribuerais tous mes biens pour la nourriture des pauvres, quand je livrerais même mon corps pour être brûlé, si je n'ai pas la charité, cela ne me sert de rien.

4.La charité est patiente, elle est pleine de bonté; la charité n'est point envieuse; la charité ne se vante point, elle ne s'enfle point d'orgueil,

5.elle ne fait rien de malhonnête, elle ne cherche point son intérêt, elle ne s'irrite point, elle ne soupçonne point le mal,

6.elle ne se réjouit point de l'injustice, mais elle se réjouit de la vérité;

7.elle excuse tout, elle croit tout, elle espère tout, elle supporte tout.

8.La charité ne périt jamais. Les prophéties prendront fin, les langues cesseront, la connaissance disparaîtra.

9.Car nous connaissons en partie, et nous prophétisons en partie,

10.mais quand ce qui est parfait sera venu, ce qui est partiel disparaîtra.

11.Lorsque j'étais enfant, je parlais comme un enfant, je pensais comme un enfant, je raisonnais comme un enfant; lorsque je suis devenu homme, j'ai fait disparaître ce qui était de l'enfant.

12.Aujourd'hui nous voyons au moyen d'un miroir, d'une manière obscure, mais alors nous verrons face à face; aujourd'hui je connais en partie, mais alors je connaîtrai comme j'ai été connu.

13.Maintenant donc ces trois choses demeurent: la foi, l'espérance, la charité; mais la plus grande de ces choses, c'est la charité.

Je pense que nous devons relever tout de suite que la charité de Saint Paul va bien au delà de l’aumône, du dépouillement des biens au bénéfice des nécessiteux. Pour moi, c’est l’amour du prochain, à travers l’amour de Dieu, qui est sous-entendu ici. On remarquera aussi le glissement du discours de la matérialité associée à l’aumône, à la connaissance du monde actuel, vers la spiritualité de la fin des temps et de la révélation de la lumière.

Je voudrais ajouter que la Charité a quelque chose de plus que la Foi et l’Espérance. En effet, celles-ci sont des vertus qui m’impliquent seul dans ma relation avec Dieu et la Transcendance. La Charité, elle, je la pratique envers autrui. La bonté qu’elle implique est associée au souci de l’Autre, tel que le conçoit Levinas, cet Autre dont le visage m’interpelle par une confrontation qui me met en question, bien au delà de la décision de faire une simple bonne action. Cette confrontation en appelle, non seulement à ma générosité, mais à ma responsabilité infinie. Elle implique une aliénation de ma liberté en m’obligeant à “faire attention à mon frère”, à comprendre que tout n’est pas permis au nom de ma liberté. Ici, Levinas érige l’éthique en philosophie première et c’est à lui que je reviens toujours pour éclairer mon jugement en la matière. Il va même plus loin, sur des points auxquels je vous invite à réfléchir, surtout à cause de l’étonnement qu’ils peuvent provoquer par rapport aux idées reçues. Premièrement, en introduction à son livre très difficile “Totalité et Infini”, il écrit :  Il importe au plus haut point de savoir si l'on n'est pas dupe de la morale.

Deuxièmement, il nous assène une affirmation concernant l’éthique : « L’éthique, c’est ce qui provoque un dérangement dans le sujet » (cf. la mise en question provoquée par la confrontation avec le Visage d’Autrui).

Enfin, conséquence de cette affirmation, j’ai trouvé la citation, en substance, d’une mise en garde concernant les bonnes (ou mauvaises) raisons que nous aurions de pratiquer la Charité :

“Le registre « bien-pensant » de la charité, de l’altruisme, de la récrimination moralisante, n’est pas celui de Levinas car ses postures de charité confortent le sujet dans son identité, dans sa contenance subjective. Ma charité me fait du bien, alors que la relation éthique lévinassienne me traumatise.”

Pour en revenir à la Charité, en appliquant la leçon de Lévinas, je dirais qu’il faut en effet la pratiquer sans orgueil, sans en tirer une quelconque gloire, ni en espérer un bien-être quelconque, mais modestement et humblement donc.

Enfin, j’ai noté dans mes lectures la citation suivante de Jean-Marie Aubert qui mérite également réflexion car elle aussi nous interpelle, et qui me servira de conclusion pour le sujet de la Charité, et donc pour ma modeste planche :

« On définira la place de la charité par rapport aux autres vertus par la finalité supérieure vers laquelle elle les élève et par la motion efficace qu’elle leur procure. La charité doit donc être conçue essentiellement comme le moteur et la fin de la vie morale, car seule elle procure aux actes humains leur bonté fondamentale du fait qu’elle seule les meut et les oriente vers leur fin ultime. »

A vous maintenant, si vous le souhaitez, de relier ces concepts à notre pratique et à notre spiritualité de Francs-maçons.

DES VERTUS

Voir les commentaires

Publié le par Jean-François Guerry
Arnaud Beltrame

Arnaud Beltrame

VICTIME DE SES VERTUS !

 

La franc-maçonnerie demande à ses membres de fuir le vice et de pratiquer les vertus. C’est en application de ses devoirs de franc-maçon que le frère Arnaud Beltrame qui n’était pas que franc-maçon, mais un homme d’engagement, d’honneur, un militaire au service de la République c’est-à-dire de nous tous, s’est porté courageusement au secours des otages d’un assassin terroriste islamiste. Aujourd’hui encore des hommes et des femmes faisant appel au meilleur de ce qu’ils sont suivent son exemple.

 

Espérons qu’au-delà des larmes, nous saurons honorer dignement et justement leur mémoire, et ne pas écrire qu’ils sont « Victimes de leur héroïsme ».

Pour que d’autres perpétuent leurs actes ne craignant pas d’être les « victimes de leur courage. » Que nous saurons comprendre le sens des mots et leurs conséquences. L’excuse de la validation par la famille de ces mots, ne tient pas, mais en dit long sur ceux qui ont osés proposer cette formule.

Gémissons, Gé…Gé… mais surtout espérons que Samuel Paty ou Stéphanie Montfermé ne seront pas considérés comme des Victimes de leur héroïsme !

 

Jean-François Guerry.

VICTIMES DE LEURS VERTUS
A Paris, ville de lumière comme on ne dit pas en province, a été inauguré le jardin Arnaud-Beltrame.. La plaque commémorative signale qu'il a été victime de son héroïsme, autrement dit que, s'il n'avait pas fait le malin en protégeant les citoyens contre les islamises alors qu'on ne lui avait rien demandé, il serait probablement en vie..
Rappelons qu'à Marseille, une place Arnaud Beltrame a été refusée" Pour ne pas provoquer" Provoquer qui ? Des millions de Français ? C'est peu probable... Alors qui ?

 

Extrait de la Nef des Fous de Michel Onfray.

A Paris Ville Lumière le Temple N°8 de la Grande Loge de France a été baptisé : "Le Temple Arnaud Beltrame".

 

Il est à juste à coté du Grand Temple Pierre Brossolette, le grand résistant Français.

La plaque présentant Arnaud Beltrame comme « victime de son héroïsme » fait polémique

Arnaud Beltrame, le colonel de gendarmerie assassiné en 2018 après s’être substitué aux otages, a depuis février 2020 un jardin portant son nom à Paris. La plaque commémorative le présente comme « victime de son héroïsme » et fait polémique depuis ce week-end.

Président du Centre d’Analyse du Terrorisme, Jean-Charles Brisard a dénoncé une insulte à la mémoire de ce lieutenant-colonel, décédé après s’être substitué aux otages lors de l’attaque terroriste dans un supermarché de Trèbes (Aude) en mars 2018.

 

Ouest France

 

Une autre polémique en 2018

En juin 2018 déjà, une plaque commémorant la mémoire du gendarme avait soulevé la polémique en Ile-de-France. A Montfermeil(Seine-Saint-Denis) aussi le texte avait divisé. Mais pour une autre raison. La pancarte saluait la mémoire du colonel « mort en héros victime du terrorisme islamiste ». Cette fois-ci c'est le terme « islamiste » qui avait prêté au débat. Des membres de l'association cultuelle des musulmans de Montfermeil avaient même tenu à enfiler leur djellaba pour la cérémonie. « On voulait être visible », atteste Farid Kachour, secrétaire général de l'association. « On aurait préféré qu'il soit écrit victime du terrorisme, ou de Daech, mais pas que figure le terme islam », avait alors expliqué le responsable associatif.

Les élus de la France insoumise avaient accusé le maire (DVD) Xavier Lemoine de « vouloir imposer sa vision de guerre de religion ».

Le PARISIEN

Le journaliste de France 24 Wassim Nasr, spécialiste du terrorisme et auteur de L'Etat islamique, le fait accompli (Plon), juge également "qu'à force de ne pas vouloir nommer al-Qaeda et l'État islamique, on finit par se faire des noeuds dans la tête et dire n'importe quoi". "'Victime de son héroïsme' c'est aussi aberrant que 'victime du terrorisme' même avec l'adjectif package 'islamiste' ça reste un mode opératoire !" explique-t-il encore

L’EXPRESS

 

Cette polémique intervient dans le contexte des discussions autour du projet de loi destinée à lutter contre le séparatisme et l'islam radical, qui doit être présenté le 9 décembre en Conseil des ministres. 

Contactée par l'AFP, la mairie de Paris a indiqué que «la rédaction de la plaque avait été validée par la famille d'Arnaud Beltrame». «Si la formulation ne convenait pas aujourd’hui à la famille, elle serait naturellement modifiée», a ajouté la mairie.

Paris Match

 

Le souhait de Cédric Beltrame d'évoquer le terrorisme islamique

Adjointe à la mairie de Paris en charge de la mémoire, Laurence Patrice a assuré découvrir cette «formulation assez malheureuse». Le maire de Paris-centre Ariel Weil a affirmé qu'il n'avait pas validé cette «construction stylistique» qu'il «ne comprend pas». «La rédaction de la plaque avait été validée par la famille d'Arnaud Beltrame, et inaugurée en présence de sa mère et Anne Hidalgo, se défend-on à l'Hôtel de Ville. C'est une évidence que la Ville ne décide pas par elle-même sans l'accord de la famille».

Le texte a été en premier lieu rédigé par la direction des affaires culturelles, mais aurait ensuite fait l'objet de modifications pour respecter les volontés des proches du gendarme. Joint par Le Figaro, Cédric Beltrame, frère d'Arnaud, «ne se souvient pas», en tout cas, avoir été sollicité et pense que sa mère «a découvert le libellé sur place». Il aimerait pour sa part nommer les choses clairement: «ce serait mieux d'avoir «Mort en combattant le terrorisme islamique» ou «Victime du terrorisme islamique»», souligne-t-il. La mairie, qui précise que la famille a à nouveau été contactée ce lundi, se dit prête à modifier la formulation.

Voir les commentaires

Publié le par Jean-François Guerry
Stéphanie Montfermé

Stéphanie Montfermé

DÉCADENCE, ESPÉRANCE : FICTION OU PAS ?

 

J’ai entrepris une relecture de la philosophie de Plotin, cet initié qui a conceptualisé l’ordre ascendant de l’expérience spirituelle, de purification par l’ascension et l’ordre descendant de la procession vers les autres. Pourquoi Plotin parce que les occurrences de son nom si elles n’apparaissent pas dans les rituels maçonniques, sont toujours en creux dans les réflexions des francs-maçons.

 

C’est donc naturellement que mon regard s’est porté sur un livre qui fait référence : La Philosophie de Plotin de Émile Bréhier. La lecture du Chapitre Premier sur: le IIIème siècle de notre ère, m’a inspiré cette fiction par analogie aux événements récents.

 

Il suffit parfois de modifier quelques mots pour dénaturer la nature d’un texte, ou pour que le passé resurgisse dans le présent, dans l’actualité.

 

Ce matin ou hier ou avant-hier, dans une petite ville paisible image de la douceur de notre France, protégée par les institutions de notre  république, ses représentants réunis rendaient un hommage à une mère de famille, une épouse, une maman, une fonctionnaire de notre police, lâchement égorgée par un barbare hôte de notre France icône de la défense, du droit d’asile, des droits de l’homme, du droit de la liberté d’expression, du droit de la pratique religieuse, du droit à la liberté pour tous, dans le respect de tous. Stéphanie Monfermé fonctionnaire de police, armée de son dévouement, de sa bienveillance, a été assassinée pour la défense de notre liberté, de votre liberté, de la liberté du droit de vivre dignement que son assassin était venu chercher chez nous.

 

La liste macabre des innocents s’allonge de jour en jour, notre république est menacée par les barbares venus du sud, de l’orient d’où jadis venait la lumière. Notre république est déchirée par des crises intérieures de toutes espèce : un ébranlement moral, social, intellectuel, met sens dessus dessous les valeurs sur lesquelles a vécu notre vieux monde. Dans cette période, une des plus agitée que nous ayons connu, nous tentons de maintenir dans leur ampleur des traditions anciennes dont certains ignorent même l’existence, et aussi les valeurs de l’esprit des lumières dont ils ne veulent pas, non plus.

 

Notre civilisation marque le début d’une interminable série de guerres civiles à nos portes, que certains voudraient voir se propager dans notre maison commune, ils ont réussi à briser l’espérance des printemps sur les rives de la méditerranée. Des fléaux divers, qui ressemblent aux pestes d’antan, des famines commencent à dépeupler sournoisement les pays les plus développés, les associations caritatives doivent subvenir maintenant aux besoins élémentaires de nos enfants étudiants, quel regard porter sur une civilisation occidentale qui revendique sa richesse et est incapable de nourrir ses enfants, et d’aider ses anciens à finir leur vie dans la dignité, sinon le signe du début d’une décadence.

 

En détruisant peu à peu les élites qui nous ont gouverné, pacifié, civilisé, notre république pour satisfaire l’égalitarisme qui tire vers le bas, nos élites formées chez nous quittent nos centres de recherche, nos laboratoires d’idées, en conséquence nos usines se vident avant de fermer définitivement.

L’on distribue des subsides aux plus pauvres, mais aussi à nos agriculteurs, maintenant nos pêcheurs, notre pitié, tu leur dignité.

 

Les élites de nos arts, de notre culture, se dissolvent, dans les excès du numérique ou ils disparaissent. Le niveau de notre culture s’abaisse un peu partout, en philosophie, en droit, en littérature, la quantité submerge la qualité.

 

Les terroristes sont les bras armés de ceux qui veulent détruire notre culture, notre civilisation, nos libertés qu’ils méprisent ignorent, et utilisent à leurs fins mortifères.

 

Enfin les religions qui ont été à la base de la vie politique, sociale, intellectuelle, sont en train de mourir ; aveuglées par leurs dogmes incompréhensibles. Elles laissent la place aux intégrismes venus d’ailleurs, qui font irruption partout. Le cosmopolitisme, le mélange des races, des religions, des cultures, des mœurs qui promettaient par leurs différences un enrichissement global, ont amené la confusion, le mondialisme et la globalisation jusque dans notre langue. La démocratie qui faisait naître et encourageait les plus faibles, qui devrait être un formidable ascenseur social est en régression en panne, elle cède aux pressions de la foule, qui détruit le peuple.

 

De fait notre époque va vers la ruine définitive et sans rémission, les valeurs qui étaient depuis des siècles les guides moraux des gens cultivés, les idéaux sévères qui conduisent à la joie et suppriment la souffrance. Laissent leur place à des cyniques déguenillés pour qui la pensée philosophique ne compte plus. C’est l’âge des commentateurs, des exégètes des vieilles doctrines. Personne ne songe à restaurer la pratique des valeurs morales, à donner un sens à la vie, à réintroduire du sacré dans notre quotidien.

Ce qui nous manque aussi cruellement, c’est l’unité corps esprit, le désir des vertus, la maîtrise des passions, nous sommes passés du désir au plaisir souverain, ce qui nous manque surtout, c’est l’élévation spirituelle graduée et notre capacité à redescendre, à abandonner notre arrogance, à être plus humain avec les autres qui sont nos proches.

 

Bien sûr tout cela n’est qu’une vision hors du temps et pessimiste une fiction ! Quand tout est détruit quand les colonnes des temples de l’esprit sont brisées, il reste l’espérance, de l’ordre après le chao.

 

Jean-François Guerry.

 

 

Morceaux Choisis du Livre de Émile Bréhier La Philosophie de Plotin, partie d’un cours donné en 1921-1922 à la Sorbonne. Le texte de ce livre caractérise un idéalisme élevé, une utopie.

 

                           Chapitre Premier le IIIème siècle de notre ère.

 

Il est peu de périodes plus dramatiques que la fin du paganisme : l’Empire romain, menacé à l’extérieur par les Barbares au nord et par les Perses à l’est, est intérieurement déchiré par des crises intérieures de toute espèce : un ébranlement moral, social, intellectuel, met sens dessus dessous les valeurs sur lesquelles avait vécu le vieux monde (…) la pensée se laisse aisément séduire par la bigarrure des doctrines, et par les mélanges les plus bizarres et les plus inattendus des idées venues d’Orient et d’Asie Mineure avec la vieille philosophie grecque.

Dans cette période du IIIème siècle où vécut Plotin est certainement l’un des plus agités, et l’édification de sa philosophie, qui prétend maintenir dans toute son ampleur la pensée des vieux âges, coïncide précisément avec l’époque où, selon l’étude récente de M. Ferrero, s’est produite la ruine de la civilisation antique. « La révolte de Maximin », dit-il, marque le début d’une interminable série de guerres civiles, de guerres au-dehors, de fléaux, pestes, et famines qui durèrent sans interruption un demi-siècle et qui dépeuplèrent et appauvrirent l’Empire, détruisant les élites par lesquelles il avait été gouverné, pacifié et civilisé pendant le premier et le deuxième siècle, et, avec les élites, les arts de la paix et la meilleure partie de la culture grecque et latine…. Le niveau de culture s’abaisse partout ; en philosophie, en droit, en littérature, parce que les nouveaux dominateurs la méprisent et l’ignorent. La décadence s’étend à toutes les industries. Enfin, la religion, qui avait été la base de la vie politique, sociale et intellectuelle, le polythéisme païen, est en train de mourir. Les cultes d’Orient font irruption partout…Le cosmopolitisme de l’Empire, le mélange des races, des religions, des mœurs, des cultures, l’unification du gouvernement, les nouvelles doctrines religieuses et philosophiques avaient frappé à mort en même-temps, le polythéisme et l’esprit de tradition locale… La civilisation gréco-latine était aristocratique à un degré que nous avons peine à soupçonner ; sa force était dans des élites très restreintes.

 

De fait, cette époque a vu la ruine définitive et sans rémission des philosophies dogmatiques qui, depuis cinq siècles, étaient les guides moraux des gens cultivés : le stoïcisme et l’épicurisme. A la fin du IIème siècle, le scepticisme d’un Sextus Empiricus réunit contre elles tous les arguments possibles, et l’idéal sévère des stoïciens ne survit plus que chez des cyniques déguenillés pour qui la pensée philosophique ne compte plus.

C’est en revanche l’âge des commentateurs : on étudie Platon, Alexandre d’Aphrodite, peu avant Plotin, écrit des commentaires détaillés sur les ouvrages d’Aristote. Les philosophes ont le souci constant de se rattacher à une tradition et de ne pas présenter leurs pensées que comme l’exégèse des œuvres des vieux maîtres. Plotin lui-même ne fait pas exception : « nous devons croire que d’anciens et bienheureux philosophes, écrit-il d’un style dévot, ont découvert la vérité ; et il convient seulement de rechercher qui sont ceux qui l’ont trouvée, et comment nous en pouvons avoir l’intelligence.» « Nos théories proclame-t-il encore, n’ont rien de nouveau, et ne sont pas d’aujourd’hui ; elles ont été énoncées, il y a longtemps, mais sans être développées, et nous ne sommes que les exégètes de ces vieilles doctrines, dont l’antiquité nous est témoignée par les écrits de Platon.

 

(….) L’univers à une histoire véritable ; il comporte des crises qui se marquent par des transformations profondes ; création, chute, rédemption (que la création précède la chute, ou qu’elle la suive comme chez les gnostiques) sont dues à des initiatives imprévisibles, inattendues ; n’ayant pas leur raison dans l’essence même des choses, mais en des volontés bonnes ou mauvaises, elles ne produisent qu’un état passager : rien d’éternel, ni dans la création, ni dans les conséquences de la chute.

 

C’est pourquoi l’espérance demeure !

DÉCADENCE, ÉSPÉRANCE : FICTION OU PAS !

Voir les commentaires

Publié le par Jean-François Guerry
LE DROIT À L'ÉPOCHÉ

LE DROIT À L’ÉPOCHÉ.

 

Un des droits fondamentaux est celui de la liberté d’expression, nous le défendons avec vigueur est c’est bien. Mais nous avons sous la dictature de la rapidité de l’information, renoncé à notre droit à l’époché qui est celui de suspendre notre jugement le droit de ne pas savoir. Au risque de passer au mieux pour un naïf, au pire pour un idiot inculte. Dans une société de la communication permanente.

L’époché attribuée aux stoïciens les philosophes du Portique, ceux qui prônaient pour une morale vertueuse entre les colonnes du temple, cette époché est aussi celle des sceptiques, qui n’ont rien à voir avec les complotistes dont le doute est négatif et destructeur, et qui se servent des nouvelles technologies de la communication pour diffuser les théories négationnistes.

L’époché est à relier avec le doute constructif, celui de Descartes. Dans notre société, nous n’avons plus le droit de ne pas savoir, on doit répondre, sur tout et tout de suite.

Chaque matin sur les chaînes d’information, les journalistes doivent créer l’événement, surtout quand il n’y a rien à dire, il faut du Buzz. Ils tendent leurs micros, à qui veut les prendre, et cela ne manque pas. Le jeu est de poser des questions sur des problèmes complexes souvent non résolus depuis des années auxquels les invités doivent répondre par oui ou par non et rapidement s’il vous plaît entre deux spots publicitaires.

L’hésitation, le doute quand il est débusqué fait même de l’audience ! Répondez ! mais répondez ! Oui ou non, oui ou non ? L’invité est acculé dans un coin du ring, il essaye d’échapper aux coups de poing de son adversaire, si le boxeur est un professionnel, il esquive, il retarde le coup, il attend que la cloche sonne la fin du round, il consulte fébrile le chronomètre, il attend la pub de la délivrance, s’empêtre dans sa langue de bois.

Si l’imprudent qui connaît un peu le sujet, ose dire sa vérité, il est cloué au pilori comme le poète où alors astucieux il cède à l’opinion générale ambiante, las il devient non pas populaire mais populiste.

Répondez ! Mais répondez enfin ! épuisé il ose répondre je ne sais pas. Immédiatement il est placé dans la liste des incompétents, des inutiles, il ne sera sélectionné pour un nouvel entretien il ne fait pas assez de buzz, d’audience, de nos jours la vérité et l’humilité on n’aime pas.

 

Malheur donc à celui qui suspend sont jugement, malheur à celui qui doute, il appelle à son secours les sages stoïciens ou Descartes mais ils ne sont plus là.

 

Marylin Maeso normalienne agrégée de philosophie dans un article du magazine Lire, écrit à peu près ceci « Nous n’avons pas le temps de distinguer entre le fait et l’opinion. L’opinion surgit brute de décoffrage sans se soucier de sa pertinence. Le temps n’est pas de suspendre son jugement, de ne pas adhérer aveuglement à la première idée qui nous passe par la tête, à la moindre perception qui nous saute aux yeux. » Non le temps n’est pas « de prendre le temps d’examiner chacune de nos représentations afin d’en déterminer les valeurs. » On ne doit surtout pas rester ne serait-ce qu’un instant stoïque et réfléchir.

 

Pourtant dans les Loges maçonniques c’est une attitude encore en vogue, que d’écouter en silence les avis, les opinions dans leur diversité, de n’en rejeter aucune sans l’avoir fraternellement examinée, la mesurer, de ne pas la prendre pour argent comptant, de se faire en connaissance son jugement.

 

Eh bien non comme le dit Marylin Maeso aujourd’hui le temps est à l’utracrépidarianisme.C’est-à-dire de donner son opinion sur n’importe quel sujet sans prendre la peine de s’instruire auparavant, c’est une forme de cuistrerie.

Les réseaux « dits sociaux » où les gens ne se rencontrent jamais sinon virtuellement et anonymement, et les chaînes dites « d’informations » qui délayent la même idée pendant toute une journée sont des bêtes assoiffées, qui après s’être repus de mauvaises boissons, s’empresseront de railler le lendemain la mauvaise qualité du breuvage.

 

On ne réfléchit plus, on a des réflexes. Il suffit d’observer le journaliste qui trépigne devant son interlocuteur qui ne répond pas immédiatement, il pense à l’aiguille de l’audimat qui baisse dangereusement. Il réagit répondez ! répondez ! Si le silence ne se fait ne serait-ce qu’un instant, le temps de la réflexion, cela devient suspect, il n’a pas répondu tout de suite, est-il sincère ? Un cinglant répondez alors ! Revient mettre la pression, allez il ne nous reste malheureusement que deux minutes concluez !

 

Le silence est décidemment mal vu, on se demande pourquoi dans nos loges maçonniques il est obligatoire ? Je vous laisse le temps de la réflexion et même de suspendre votre jugement, on ne peut pas tout savoir et tout de suite.

 

Jean-François Guerry.

 

 

 

Note : référence à l’article de Marylin Maeso du Magazine Lire de Novembre 2020-

Marylin Maeso
Marylin Maeso

Marylin Maeso

Et si nous vivions dans une société bavarde où le dialogue n'existe plus ? Marylin Maeso, jeune philosophe camusienne, y voit un vrai danger.  Polémiques systématiques, procès d'intention, culture de l'esquive... : médias et réseaux sociaux se prêtent de plus en plus à un étrange jeu du silence, sorte d'accord tacite par lequel les camps adverses en arrivent à conspirer à leur insu pour créer un univers caricatural où la communication est rendue impossible. Où l'on trouve des mascarades de débat à foison, où tout est joué d'avance, et où il s'agit bien plus de cataloguer péremptoirement l'adversaire afin de délégitimer son propos que d'écouter ses arguments et d'y répondre. Dans cet ouvrage décapant, Marylin Maeso analyse les mécanismes et les enjeux de ce phénomène. Pour elle, le fait que notre époque soit à la fois celle de l'hyper-connectivité et celle de la substitution de la polémique au dialogue n'est pas le moindre de ses paradoxes !

Voir les commentaires

Publié le par Video Baglis

Voir les commentaires

1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 20 30 40 50 60 70 80 90 100 200 > >>

Catégories

Articles récents

Hébergé par Overblog