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la Franc Maçonnerie au Coeur

la Franc Maçonnerie au Coeur

Un blog d'information, de conversations sur le thème de la Franc Maçonnerie, des textes en rapport avec la Franc Maçonnerie, comptes rendus et conseils de lectures.

Publié le par YANN
BLOG DE YANN - MOURRIR DANS LA DIGNITÉ
Photo de alpn sur Unsplash

MOURIR DANS LA DIGNITÉ

" Travaillons donc à bien penser, voilà le principe de la morale."

PASCAL, Pensées, 347 

 

Dans ce billet à propos de la loi sur la fin de vie, votée par l’Assemblée nationale, j'aborde un débat difficile qui relève de notre propre philosophie par rapport à la mort et concerne aussi la société. 

 

Des interprétations différentes qu'il convient de préciser. 

 

L'assistance à mourir n'est autre que l'atténuation des douleurs physiques, psychologiques ou morales de l'agonie. Considérée longtemps comme faisant partie du rôle du médecin, elle est aujourd'hui facilitée par la multiplication des médications modernes. 

 

L'euthanasie passive consiste, soit à ne pas utiliser de procédés artificiels, comme l'alimentation intraveineuse ou les différentes techniques de réanimation lorsque l'état du patient est désespéré, soit à les retirer au malade lorsqu'ils ont été précédemment mis en œuvre. C'est à cette conception de l'euthanasie qu'entendait répondre la loi Claeys-Leonetti de 2016 mais la législation actuelle n'est pas encore totalement appliquée – l'hôpital français manquant cruellement de moyens pour les soins palliatifs – et, surtout, ne répond pas à la variété des situations. Ainsi, entre 2 000 et 4 000 euthanasies clandestines sont réalisées chaque année en France, selon l'Institut national d'études démographiques (INED). Et plusieurs dizaines de personnes par an font le choix de se rendre à l'étranger pour mourir. 

 

L'euthanasie active est, au contraire, le fait de donner la mort ou d'avancer délibérément la mort d'un incurable en proie à la souffrance. Le suicide secondé est un acquiescement plus ou moins actif donné à des demandes d'abréger la vie. Il pose, dans toute son ampleur, ce que certains appellent "le droit à la mort "ou le "droit à mourir", ce droit que chacun pense avoir d'être consulté au moment et sur les modalités de sa mort "naturelle" et de disposer des moyens d'en finir avec la vie. Dans ce contexte, le projet de loi débattu jeudi à l'Assemblée nationale propose "une mort rapide et sans douleur" avec une "assistance médicalisée", cette dernière étant définie comme "la prescription à une personne par un médecin, à la demande expresse de celle-ci, d'un produit létal et l'assistance à l'administration de ce produit par un médecin". Toutefois, une clause de conscience pour les médecins est prévue et il est précisé que les personnes qui n'auraient plus la capacité de s'exprimer pourraient avoir accès à l'euthanasie, à la condition que cette demande figure expressément dans leurs directives anticipées ou qu'elle soit relayée par leur personne de confiance.

Les frontières de l'acceptable

 

La position de l'Ordre des médecins et aussi celle de nombreux comités d'éthique – dont je fus l'un des membres fondateurs à Rennes sous la présidence éclairée du professeur Yves Logeais – est de rester sur la ligne de la loi Léonetti, faisant valoir qu'elle est mal connue et surtout insuffisamment appliquée dans tous ses champ de possibilités, ce qui est vrai : les médecins ont encore cette tendance à prioriser la technique pour elle-même, reléguant les aspects humains plus que jamais fondamentaux chez les patients en fin de vie.

 

Pourtant, le serment d'Hippocrate est clair dans son principe "tu ne prolongeras pas abusivement les souffrances", avec l'aspect psychologique il stipule aussi "tu ne donneras pas la mort délibérément".

 

Personnellement, je pense que la loi devrait pouvoir permettre d'aller plus loin dans des situations irréversibles ou le patient – en conscience – effectue une demande claire, qui devrait pouvoir être acceptée par un conseil de sages (jamais par une seule personne), ce qui reste conforme à l'esprit du serment.

 

D'ailleurs, dans leur exercice professionnel, nombre de médecins ont usé de la procédure autorisée de l'administration de cocktails lytiques dans le but de soulager la douleur, à des doses suffisantes pour s'avérer léthales. Le but premier est de soulager, la conséquence, au second plan, est d'abréger la vie… Attitude dite "jésuite "dans notre culture.

 

Sur le débat euthanasie passive / euthanasie active, il convient de dire que soins palliatifs et euthanasie sont non pas seulement non-contradictoires mais même complémentaires parce que soins palliatifs et euthanasie, c'est la sollicitation d'une même mort : je choisis cette voie ou en choisis une autre. Il n'y a donc pas antinomie. De même, si je suis en soins palliatifs, je peux imaginer que devant la mort je n'aurai peut-être pas le courage de lutter – et a fortiori si je suis encore intubé, incontinent, … j'ai bien le droit de dire que je ne veux plus attendre, attendre quoi dans ce couloir de la mort ? Même en soins palliatifs, je suis autorisé à demander le droit à une délivrance douce. J'ai cette liberté. Je demande à être entendu pour ne pas souffrir au-delà de ce que juge acceptable ma conscience.

 

Loin de se limiter aux questions de fin de vie et d'obstination déraisonnable, ces problématiques démontrent les limites du droit, de l'intervention du juge et du recours aux droits fondamentaux. Elles convoquent des réflexions philosophiques et éthiques. Elles renforcent aussi la conviction que la société est légitime à fixer des frontières, quitte dans des cas exceptionnels à ne pas donner suite à des revendications individuelles.

 

Plus encore que dans d'autres circonstances, chaque situation humaine est particulière et doit être analysée comme telle. La loi (dans le sens de l'Esprit des lois de Montesquieu) doit rester un garde-fou, fixant des limites mais ne figeant pas les décisions pour lesquelles l'intelligence humaine est irremplaçable.

Yann.

 

 

 

    

 

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Note : Mon obédience maçonnique a été sollicitée  dans le cadre de l'élaboration de cette loi sur l'aide à mourrir. Ce fut "Une question aux loges" le modeste groupe de travail dont j'ai fait partie, je dis modeste au regard de la qualification  des participants sur le plan scientifique à l'exception de notre coordinateur que nous avions désigné pour ses compétences de praticien hospitalier.
Notre débat à été serein, malgré certaines de nos divergences qui ont pu s'exprimer avec tous le respect possible.
Deux conclusions générales sont apparues: la première conclusion,  il y a presque autant d'avis que de personnes quand on aborde dans le détail les possibilités de mise en oeuvre d'un texte juridique et son application. La deuxième conclusion est qu'il fallait avant tout et par priorité mettre en place les centres de soins palliatifs partout sur notre territoire avec bien sûr l'ensemble du personnel soignant : médecins spécialistes, infirmiers et infirmières, psychologues. etc... Ceci fait, observer les cas personnels "résiduels" au cas par cas. Une tâche qui paraît réalisable au regard du nombre de cas concernés.

Jean-François Guerry.

Pour que la lumière de la vie puisse briller jusqu'à son terme possible.
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G
Des guerres un peu partout et ses millions de morts, d'êtres humains en bonne santé, qui ne voulaient pas mourir.. Belle antinomie, pour les malades de toutes conditions humaines, qui souffrent de maladies abominables. En France, le gouvernement et certains médecins genre Diafoirus ( malade imaginaire de Molière ) discutent encore en fonction de cette loi, votée dernièrement, de ses méandres d'esprits à la ressemblance d'un labyrinthe, à connotation très religieuse. Ils veulent l'appliquer avec grande parcimonie, et non comme en Belgique et Suisse, par une euthanasie humaine. C.Galinier. .
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