Au 18ème siècle c’est la fin des grands chantiers les cathédrales et les bâtiments publics d’importance sont achevés, les compagnons, les free masons démontent leurs Loges devant les parvis des cathédrales.
La Grande Bretagne connaît une période troublée sur le plan religieux, des dissensions avec l’église catholique Romaine, contestée cette religion réunie les « papistes » comme le dit Isaac Newton.
C’est l’apparition des Lumières, la société sort de la féodalité elle se libère, les Collèges de Londres, de Dublin vont voir le jour, la Royal Society réunir tous les intellectuels, les scientifiques. Certains maçons opératifs vont exprimer le besoin de se réunir à nouveau, ils vont accepter dans leurs réunions des hommes qui ne sont pas du « métier » des intellectuels, des scientifiques, des militaires, des bourgeois, des juristes, des militaires etc … C’est la naissance de la Franc-Maçonnerie spéculative.
Les Tavernes londoniennes vont prendre une part importante à cette fondation de la Franc-Maçonnerie spéculative. Les plus célèbres :
La Taverne de l’oie et du Grill, Le gobelet et les Raisins, le Pommier et la Couronne. Ces espaces sont les précurseurs des temples maçonniques.
Michel Delon professeur de littérature française du XVIIIème siècle à l’université de Paris Sorbonne écrit sur ce sujet :
« Les Loges sont parmi les lieux de sociabilité où se vivent les Lumières. Avec les salons et les cafés les académies et les sociétés savantes, elles permettent une rencontre des personnes et une circulation des idées. Elles se multiplient au XVIIIème siècle partout en France. »
Les Cafés Maçonniques de l’époque ont permis la rencontre d’hommes différents, ils ont été les lieux d’expression des idées, on y combattait l’intolérance, les malentendus. Les rituels maçonniques pratiqués étaient le ciment de la fraternité, les hommes libres et de bonnes mœurs s’y exprimaient sans contraintes.
Depuis quelques années dans notre société hyper médiatisée, nous voyons renaître un peu partout en France des Cafés Maçonniques, sans nul doute un besoin de communication directe loin des filtres de nos moyens de communications modernes. Se retrouver en un lieu convivial pour partager, construire sa réflexion, dans l’harmonie et le respect des idées d’autrui, sans volonté de convaincre, mais de comprendre, de s’enrichir, connaître pour ne pas exclure, lever les voiles des pseudos secrets. Se réunir entre profanes et Francs-Maçons pour évoquer des sujets Maçonniques ou de sociétés avec le prisme de la Franc-Maçonnerie.
Pour que fonctionne bien un Café Maçonnique quelques règles simples sont demandées :
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Les participants construisent leurs réflexions en commun.
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On respecte la parole de l’autre, on ne cherche pas à avoir raison, on réfléchit, on s’écoute.
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C’est l’esprit de dialogue qui préside.
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On s’interdit de demander à quelqu’un s’il est Franc-Maçon ou pas. Ceux qui le souhaitent en parleront de leur propre initiative.
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Pendant le temps des échanges les principes et règles sont scrupuleusement respectées, c’est au modérateur de faire des rappels si besoin.
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L’organisation est collective ouverte, chacun peut demander à y participer.
Après ces échanges le café reprend ses droits, les échanges deviennent informels.
L’esprit est que le cadre soit le plus libre possible, « et que la parole circule » dans une ambiance conviviale, des intervenants extérieurs peuvent êtres sollicités sur des Thèmes de leur choix.
Ces échanges sont loin de l’agitation fébrile des politiques en quête de mandats, ils permettent des rencontres apaisées avec autrui, dans un espace de fraternité citoyenne.
JFG.