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la Franc Maçonnerie au Coeur

la Franc Maçonnerie au Coeur

Un blog d'information, de conversations sur le thème de la Franc Maçonnerie, des textes en rapport avec la Franc Maçonnerie, comptes rendus et conseils de lectures.

Publié le par Jean-François Guerry, Philippe Jouvert , Jean-Pierre Rousseau
DES TÉNÈBRES À LA LUMIÈRE

 

DES TÉNÈBRES À LA LUMIÈRE…

 

 

La lumière succède aux ténèbres. Notre désir de Lumière, notre recherche de la Connaissance, de la Parole Perdue, de la Vérité, nous pousse à frapper à la porte de notre temple intérieur. En frappant les premiers coups de ciseau sur la pierre brute, nous voyons jaillir la première étincelle de Lumière, l’étoile flamboyante dans le ciel.

 

Nous ne sommes que d’infimes points dans l’immensité de l’univers, dans l’éternité. Mais nous sommes des points lumineux, par la volonté d’un principe, inconnu, indéfinissable, incommensurable, impénétrable, innommable, mystère de la vie. La multiplication de ces lumières infimes, vivantes, brûlantes d’amour éclairent le monde. L’esprit est venu habiter le corps et fait grandir les âmes, les rends plus belles.

 

« Je ne sais pas ce que je suis, je ne suis pas ce que je sais : Une chose, et pourtant aucune chose, un petit point et un cercle. » (Angelus Silésius)

 

Ces points lumineux dans l’éternité sont autant d’hommes différents, mais la loi de la maçonnerie nous demande de réunir dans une grande chaîne fraternelle, ce qui est épars. Comme nous devons en nous-mêmes réunir ce qui est épars. Afin d’atteindre l’harmonie en nous et avec force et vigueur en fonction de nos possibilités dans le monde, avec humilité.

Nous devons construire des temples de l’esprit, des tabernacles pour protéger les secrets de la vie bonne, vertueuse, sage pour que vive à jamais la Lumière de l’esprit dans le cœur des hommes.

 

Atteindre l’absolu, au-delà de nous-mêmes, s’accrocher modestement aux branches de l’étoiles, voir le char lumineux, qui porte le trône. Travailler sans relâche à la descente de la Jérusalem céleste sur terre, nourrir l’espérance que ce qui est en bas soit semblable à ce qui est en haut, installer le Saint-Empire.

 

« Il faut se jeter au-delà de soi-même. »

 

« Homme si tu lances ton esprit au-delà du lieu et du temps. Tu peux à chaque instant être dans l’éternité. » (Angelus Silésius)

 

Dévoiler, rompre sans cesse les écorces, pour que l’invisible devienne visible. Combattre le mal, l’injustice, la barbarie pour que la Loi d’Amour vienne dans le cœur des hommes ; et dans le monde. 

 

L’homme sait que la Lumière vient après les ténèbres, c’est pourquoi il est un Chevalier de l’esprit sur la route qui mène à la lumière. Même si nous ne sommes que de minuscules points lumineux dans l’univers, quoique de plus beau qu’une étoile qui brille dans le ciel d’une nuit d’été.

 

Jean-François Guerry.

DES TÉNÈBRES À LA LUMIÈRE

Le Chaos et l’enfant

 

Le temps semble figé, les secondes, comme des jours,

Interminables, passent. Au fonds de la nuit

Qui noie le monde, le silence s’installe sans bruit,

Tandis que l’Homme pleure l’Universel Amour.

 

Des larmes amères coulent, elles noient sa mémoire,

Elles roulent, roulent le long de son désespoir,

Elles deviennent fleuve, et s’en vont, océanes,

Alimenter ses peurs, et révéler ses pannes.

 

Je suis là, impuissant, contemplant le désastre,

L’imminente tragédie de l’inhumaine race.

 

Les survivants se terrent. Dans le ciel et les astres

On ressent la moiteur d’une crainte tenace.

 

Je passe et puis repasse, inconsolable et seul,

Lente rétrospective, les années d’avant deuil. 

L’épilogue d’une race bouffie d’orgueil.

 

Je contemple le fil où s’enchaînait ma vie

Je le tire et ramène des lambeaux de bonheur,

D’éphémères instants, de rassurantes heures

De pénibles souvenirs que je croyais enfouis ;

 

Le tumulte incessant de nos lourdes consciences

Nous tiens les yeux ouverts ; contemplant ce décors

Qui force au repentir ébranle nos croyances,

J’aperçois dans la rue l’insoutenable effort

Que déploie un enfant traînant une valise.

 

La scène est incongrue, parce que tout se brise,

Son fardeau semble lourd, mais il est silencieux

Il avance tranquille, assuré, lumineux

Presque heureux d’être là, au milieu de la nuit…

 

Il chavire parfois, et puis trébuche aussi,

Mais inlassablement, il se remet debout,

Fièrement, sans faiblir, et il avale ainsi

Sans hâte, pas à pas, l’interminable route.

                                                                                            

Qui est-t-il ? Où va-t-il ? D’où vient ce garnement ?

Il semble comme étranger à ce monde dément

 

Pourquoi inflige-t-il cet effort dérisoire

A mes yeux las d’amour, las de temps, et d’espoir ? 

Ne devine-t-il pas la terrible menace 

Qui plane sur nos têtes, comme une ultime farce ?

 

Je dois le rattraper, éteindre son sourire, 

Le convaincre, expliquer, lui éviter le pire.

 

J’entreprends de rejoindre l’impertinent enfant.

 

Ma lente procession pour atteindre l’impie,

Est freinée par le vent qui bruyamment glapit,

J’avance pesamment, résolu, haletant,

Et la tête baissée et les deux yeux rivés

Sur la cible mouvante que je veux entraver.

 

Une main sur l’épaule, l’enfant fait volte-face,

Et brusquement je sais, et ma colère s’efface.

 

Contemplant ce visage que je connais par cœur

Je découvre incrédule, dans ces traits la douceur

D’un gamin de sept ans pointant de son index

Un horizon blafard qui me laisse perplexe.

 

Image de l’innocence, d’un printemps révolu,

D’un cœur ouvrant les portes de l’amour, résolu

A répandre l’espoir par-delà les sceptiques,

Tous ces morts en sursis, au regard famélique.

 

Je fus cet enfant-là, celui qui disparaît,

Qui semble s’évanouir la besogne remplie,

Sans qu’un son sur ses lèvres ne m’instille la paix

Ni n’efface l’angoisse qui me tord et me plie.

 

 

Je demeure fourbu, éreinté, écrasé,

Le choc fut salutaire mais la nuit est glacée.

 

Tandis que je relève, comme un pantin cassé

Mon corps et ma raison, tandis que mon passé

M’est ainsi révélé, je recommence à croire,

L’image s’accentue au centre du miroir.

 

Le scepticisme cède, remplacé par l’espoir

Et Je suis désarmé par ma propre victoire.

 

Pouvons-nous retrouver ce puissant élixir,

Ce possible bonheur, et s’il n’est pas trop tard,

Alors quel est le prix qu’il nous faut consentir

Pour que nos lendemains ne soient pas des hasards ?

 

Sommes-nous à la fois la lumière et le fou ?

Déchiffrons-nous toujours du symbole l’atout ?

 

Au tréfonds de nos cœurs où siège le repentir

Pouvons-nous retrouver l’originel arôme ?

La saveur des saveurs qui fait ce que nous sommes

De solides maçons, des Hommes en devenir.

 

L’enfant, omniprésent, veille dans la pénombre

De nos cœurs fatigués, comme en un cabinet

Sanctuaire apaisant que le bonheur encombre

Où l’âme se régénère, où l’empathie renaît,

Pour célébrer la vie, remercier l’univers

Modérer nos passions et vaincre nos travers.

 

Saisissons la valise et trainons-la partout

Car elle contient tout !

Nos doutes et nos farces,

Nos amis, ennemis,

Nos rêves et nos envies,

Car nous ne sommes ni sourires ni grimaces,

Mais seulement, je crois, des maillons minuscules

Dans une solide chaîne où l’espoir s’accumule.

 

Et quand l’indécision, et quand l’intolérance

Frappent trois petits coups, mais avec insistance,

Ouvrons-la, tout en grand, et puisons nos destins !

 

Philippe Jouvert.

L'homme créateur

L'homme créateur

MÉMOIRES DE CONFINEMENT

 

L’Homme inlassable créateur de lui-même.

 

Le 09 mai 2020

 

Le regard de l’autre, seul face à la cité,

Qui peut savoir vraiment, ce que l’on peut cacher.

Donner de soi du vrai en toute sincérité

Voilà précieux challenge dont on doit s’enticher.

 

 

Pour porter nos acquis du dedans au dehors

Il nous faut faire le choix de partager encore,

Richesse de l’initié, force dans la durée,

Quête d’authenticité socle de notre liberté.

 

 

Par le travail sur lui-même glorifié,

L’ouvrier assidu assure continuité,

Parfait achèvement de son propre chantier,

Car il a pu vaincre ses propres démons défiés.

 

 

Devenu enfin homme vrai sorti de l’épreuve,

Alors la découverte de sa nature profonde

L’aidera à parfaire son délicat chef d’œuvre,

Construction pierre à pierre d’un soi sans faconde.

 

Jean-Pierre Rousseau Gawr’né.

DES TÉNÈBRES À LA LUMIÈRE

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Publié le par Jean-Laurent Turbet

Cet article est reposté depuis Le Blog des Spiritualités.

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Publié le par Jean-François Guerry
DES VERTUS

DES VERTUS….

 

 

J’ai eu l’honneur et la joie de pouvoir partager un bout de mon chemin maçonnique dans ma loge avec un frère, dont la sagesse, la discrétion, la simplicité, l’humilité n’avaient d’égal que ses connaissances initiatiques. Étant chargé pendant un temps de « l’instruction », de mes plus jeunes frères, c’est auprès de lui que je cherchais des réponses à mes doutes, mes interrogations.

 

Quelques temps avant son départ pour l’Orient éternel, je me rapprochais de plus en plus de lui, voyant sa santé décliner, je voulais tirer profit de ses « Vaillants et Suprêmes Conseils. »

 

Un jour il me dit Jean-François, je vais te confier un grand secret : « La Franc-Maçonnerie en fait c’est très compliqué et aussi très simple : il suffit simplement de fuir le vice et de pratiquer les vertus. Cela donne une direction, un sens à ta vie et à la vie en général »

 

Les vertus sont nombreuses et demandent donc un long apprentissage. Pythagore déjà dans son école initiatique de Crotone enseignait les vertus en même temps que les sciences, les arts libéraux, l’ensemble formant une véritable élévation spirituelle. Les règles étaient strictes, comme le silence imposé pendant 5 ans aux néophytes avant leur accession au premier degré de l’initiation. Les élèves de Crotone étaient comme ceux du lycée d’Aristote, à la recherche d’un idéal de vie. Les profanes qui frappent à la porte d’un temple maçonnique à la recherche de la Lumière sont dans le même état de latence.

 

L’une des premières recommandations qu’ils recevront c’est de fuir le vice et de pratiquer les vertus, pour leur réalisation personnelle et pour que règne l’harmonie dans le monde.

 

Beaucoup de philosophes se sont intéressés aux vertus, Kant dans sa volonté de libérer l’homme des dogmes religieux, substitua les vertus par le devoir moral et le respect de la loi. Mais l’on voit aujourd’hui la dégradation de cette règle morale du devoir, cela ne suffit donc pas, faut-il revenir à l’apprentissage des vertus ? L’échec de la volonté louable par ailleurs d’enseigner le devoir civique, interroge ? Le en même temps démontre ses limites et son danger, laissant la porte ouverte aux extrémismes de toutes sortes. 

Aujourd’hui tous les discours sur le devoir, les vertus est considéré comme une atteinte à la liberté. Prôner toute forme d’ordre social, vous fait passer au mieux comme un naïf, au pire comme un dangereux extrémiste.

 

La morale du bien étant considérée comme dogmatique, on se rabat pudiquement sur l’éthique, c’est forme d’aristocratie de la morale selon André Comte Sponville, ça fait plus chic ! Renonçant à l’aléatoire du bien et du mal, on essaye de faire au plus juste. C’est une réalité à hauteur d’homme est-ce suffisant ? On pourrait peut-être avoir une vision plus élevée, pour donner un nouvel élan, on préfère gérer le quotidien, par manque de vision de la société que l’on veut, on donne le change l’on fait des lois et l’on renonce à les appliquer ou si tardivement quelles perdent leurs effets.

 

Pour ne tomber dans une morale arbitraire ne faut-il pas promouvoir la pratique des vertus universelles. On a redécouvert ces temps-ci l’intérêt, de la fraternité, de la solidarité, du collectif, il faut encore un effort pour remettre Aristote à l’ordre du jour : « pour vaincre nos passions. »

 

Le temps de l’eau tiède, approche de sa fin. Il faut remettre du courage pour nous rapprocher de l’autre. Dans cette période de distanciation physique, il nous faut rajouter de la proximité morale, il faut combattre le vice et l’injustice.

 

C’est le philosophe agnostique André Comte Sponville, défenseur d’une spiritualité laïque qui a relancé le débat sur les vertus, et non sur la vertu. Il change parfois les dénominations chrétiennes des vertus. Ainsi le courage devient pour lui une vertu cardinale, il y associe la fidélité, il prône la générosité version laïcisée de la charité chrétienne. À mon sens son « Petit Traité des Grandes Vertus » devrait être distribué à tous les élèves de nos lycées.

 

L’initiation maçonnique est un cheminement de vie. Peut-on parler d’un cheminement vertueux, dans la mesure où le néophyte s’engage à fuir le vice et pratiquer les vertus, c’est du moins un objectif.

 

Vladimir Jankélévitch a réfléchi dans son Traité des Vertus au cheminement du vertueux. Il n’est pas loin là, de la pensée de Levinas à ce sujet. Il explore le dilemme de nos choix moraux, un débat intérieur, un choix cornélien qui nous mène souvent à privilégier nous-mêmes au détriment d’autrui, d’où aujourd’hui le manque de collectif, de fraternité, et de sa conséquence la solidarité dans notre société. Jankélévitch résout ce problème en préconisant une morale de l’amour. On en revient finalement aux vertus universelles, comme la charité, la vertu d’amour qui selon Saint-Paul dans sa célèbre épitre aux Corinthiens est la mère de toutes les vertus, sans laquelle les autres ne sont rien. Cette loi d’amour est aussi la fraternité maçonnique.

 

Le cheminement initiatique maçonnique, est une voie qui impose idéalement la pratique des vertus, cela ne peut-être que progressif et demande courage, devoir, fidélité. C’est de ma libre volonté que je demande à être admis franc-maçon, je promets d’être fidèle…Lentement nous nous essayons à la pratique et à l’acquisition des petites et des grandes vertus. Nous nous efforçons d’être nous-mêmes, plus humains. Je cite Jankélévitch :

 

« Avant le courage tout n’est que spéculation. Le courage est ainsi le passage du seuil du réel. »

 

Certains rituels maçonniques parlent d’un homme courageux. Le franc-maçon s’efforcera, de faire son devoir, en toute fraternité et dans l’honneur, il sera le plus possible juste. Le Traité des Vertus de Jankélévitch se termine par la vertu d’humilité, ce n’est sans doute pas un hasard, c’est une vertu des plus difficiles à pratiquer pour l’homme. Se dépouiller de l’inutile, se mettre à la portée de tous les hommes, savoir progresser avec tous ses frères, atteindre parfois le Nec Plus Ultra d’un enseignement et conserver humblement la ferme volonté de redescendre. L’humilité qui est une vertu fondamentale, est également fondamentale dans la pratique de toutes les vertus.

 

La mise en valeur de la vertu d’humilité met à bas toute forme d’élitisme, d’intellectualisme qui n’a pour but que d’enorgueillir. L’humilité est donc consubstantielle à la pratique des vertus. Le franc-maçon, qui décidé de combattre son ego, de renoncer à ses certitudes, d’écouter l’autre, de l’accueillir avec dignité, est un homme qui a le sens de l’honneur pour lui, mais surtout pour les humains en général.

 

Le besoin d’humilité est défini ainsi par Vladimir Jankélévitch : 

« Bien qu’elle ne soit pas encore la charité, l’humilité est pourtant ses prolégomènes négatifs, car ce n’est pas simplement l’ego qui est visé, mais aussi l’égoïsme. L’humilité est une ouverture à autrui et au monde en général. »

 

J’irais jusqu’à dire que le franc-maçon, qui a atteint une sorte d’humilité permanente est au terme de son initiation, il est plus radieux que jamais. Son devoir lui impose pourtant une vigilance constante vis à vis de son ego.

 

Jean-François Guerry. 

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Publié le par Jean-François Guerry
Le Char d'Ézéchiel

Le Char d'Ézéchiel

LA RÉVÉLATION

 

 

Nous y voilà, c’est la rentrée, une rentrée différente. Le Monde d’après, qui semble déjà avoir renoncé à ses promesses et ressemble de plus en plus au Monde d’avant. L’on constate que les plus fervents partisans du Monde d’après ont été peu soucieux du Monde d’avant. Je ne vais pas faire dans les regrets, les remords, mais plutôt faire dans le présent. Qui se révèle à nous et nous mets dans l’espérance des temps à venir. Comme l’écrit Frédéric Boyer (écrivain, poète, normalien, enseignant en littérature, ancien directeur des Éditions Bayard) qui m’a inspiré aujourd’hui, cet article au titre de révélation :

 

« Extrait (…) si révélation il doit y avoir, c’est une mise à nu au sens du dévoilement de la nudité de nos existences. Avant de devenir l’expression banalisée de notre peur des temps à venir, apocalypse signifiait au contraire l’expérience de la découverte, du découvrement libérateur d’une vie nouvelle. (…) j’aime l’idée qu’une apocalypse soit ce mouvement de mise à nu de nos vies, de nos sentiments à vif.

Les temps que nous aurons à vivre seront mystérieux et douloureux. Il nous faudra désapprendre ce que nous pensons connaître, nous dévêtir de nos habitudes. Nous vivrons sans aucun doute une période de déracinement et de bouleversement. Nous aurons besoin de tout le recueillement possible pour accepter la métamorphose.

 

J’abonde sur cette pensée, avec une nuance, je ne souscris pas à la douleur de cette révélation, s’il y a douleur et effort dans son commencement, peu à peu le ciel s’éclairci et l’on voit descendre la beauté de l’esprit qui vient nous habiter. Cette révélation est comparable à l’initiation, à notre métamorphose.

 

Les Francs-Maçons qui ont reçus la Lumière dans une Loge de Saint-Jean (celui de Patmos), ne tremblent pas à l’évocation de l’apocalypse, vulgarisée avec le temps en une catastrophe. Ils travaillent, se préparent à une nouvelle vie, l’esprit domine la matière, ou l’être remplace l’avoir. Jean de Patmos avec sa révélation s’inscrit dans la vision d’Ézéchiel le prophète de l’action. Ils sont tous les deux des chevaliers de l’esprit.

Bagdad Image NASA

Ézéchiel dans les jardins de Babylone, sur les rives du fleuve, construit dans ses rêves un temple idéal, le temple des temps futurs, le monde nouveau, qui suit le monde d’après, le monde du. Renouvellement intérieur. Il évoque la possibilité de la rétribution individuelle, son message est un message d’espérance. Il n’est pas, que le prêtre d’une seule religion, il est un messager porteur de la spiritualité, qui doit remplir le cœur de tous les hommes.

Il nous donne la vision de ceux qui souffrent et pleurent en exil loin de chez eux, loin d’eux-mêmes.

 

Ézéchiel I- « (…) Alors que je me trouvais parmi les déportés au bord du fleuve Kebar, le ciel s’ouvrit et je fus témoin de visions divines. » (Extrait Bible de Jérusalem)

 

Plus loin, plus haut Ézéchiel eut la Vision du Char de Yahvé :

« (…) Les roues s’élevaient également car l’esprit du vivant était dans les roues. »

 

Le monde d’après est comme le monde d’avant il est en mouvement, il doit être mouvement de l’esprit, tant qu’il y a mouvement nous sommes vivants. Nous ne pouvons pas, nous ne devons pas être effrayés par le feu, le feu de l’esprit régénère tout, c’est le feu du principe de la Lumière éternelle.

Le Feu régénérateur

 

Ézéchiel n’est pas un prophète de malheur, après avoir transcrit ses visions des crimes, notre responsabilité personnelle, après avoir parlé des châtiments, Ézéchiel décrira la reconstruction lente du Temple dans tous ses détails, sa prophétie se termine par l’ouverture des portes du nouveau temple, chacun aura sa porte, chacun pourra rentrer dans sa Jérusalem céleste. Cette révélation est message d’espérance et d’amour. C’est le jour de la rentrée…

 

Jean-François Guerry.

Porte de Jérusalem

Porte de Jérusalem

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Publié le par JF GUERRY-S L LOGE KLEIO
RUDYARD KIPLING

RUDYARD KIPLING

 

L’homme est connu par la trace de quelques poèmes emblématiques, qui nous encouragent, nous guident et nous soutiennent dans les moments difficiles de notre vie. Sa vie mouvementée, aventureuse, riche de ses voyages de l’occident à l’orient. Son œuvre littéraire couronnée par un prix Nobel, son implication dans la Franc-Maçonnerie mérite mieux que quelques lignes, un Frère de la Loge Kleio, membre de la Grande Loge de l’Alliance Maçonnique Française, nous restitue la vie de Rudyard Kipling. Pour notre profit personnel, et celui de tous les hommes, de tels Francs-Maçons sont présents par l’esprit dans toutes les chaînes fraternelles qui clôturent les travaux de Loge, mais aussi dans la grande chaîne de la fraternité humaine, dont nous sommes tous les maillons…

 

Jean-François Guerry.

RUDYARD  KIPLING PAR LA LOGE KLEIO

Rudyard Kipling, ou Mowgly l’enfant de la Veuve 

Planche présentée par le Frère S L

 

J’ai désiré travailler sur le Frère Rudyard Kipling parce que je ne le connaissais jusqu’à là, comme beaucoup, que par le « Livre de la Jungle » et son célèbre poème « Tu seras un homme mon fils ». Les allusions récurrentes de notre Frère R H, Frère je suppose bien connu des Frères de cette loge, à Kipling ont en effet excité ma curiosité et m’ont poussé vers ce travail.

 

Hormis la lecture de « Dans l’intérêt des Frères », j’ai donc parcouru quelques unes de ses poésies, en anglais et en français pour ne pas en perdre le sens, et me suis appuyé sur des sources dites « secondaires » pour essayer comprendre, ou en tous cas d’entrevoir ce que fut l’homme, et de partager avec vous mes Frères quelques bribes de ce que fut et vécut ce grand maçon et grand écrivain de la fin du long XIXème siècle.

 

Signalons à cet effet qu’il fut le premier auteur de langue anglaise à recevoir en 1907 le prix Nobel de littérature et le plus jeune à ce jour à l'avoir reçu. Et que par la suite, il refusa d'être anobli, décision qui ne peut être anodine.

 

Comprendre l’homme c’est déjà suivre le parcours qui l’a façonné.

 

Joseph Rudyard – le nom d’un lac dans le comté de Staffordshire en Angleterre où ses parents échangèrent leur premier baiser - Kipling est né à Bombay, dans ce qui s’appelait alors les Indes britanniques, le 30 décembre 1865 et est passé à l’O.E à Londres le 18 janvier 1936. Clins d’œil de l’histoire, 1936 est l’année où s’amorce avec Nehru et Gandhi le processus d’indépendance de l’Inde qui ne sera reconnue qu’en 1947, et son ami le roi George V, dernier roi de l’âge d’or impérial, mourut deux jours après lui.

 

Mon intention n’est pas de vous décrire par le menu la vie de Rudyard Kipling. Retenons que, comme il était de coutume dans les familles anglo-indiennes, il fut expédié en Angleterre pour y faire ses études, et que ce fut là une époque très douloureuse de sa vie.

 

Ses études n’ayant pas été couronnées de succès, il démarra comme assistant dans un petit journal local de Lahore, la ‘Civil & Military Gazette’, puis au ‘Pioneer’. C’est au sein de ces deux journaux qu’il développa son talent littéraire en publiant des nouvelles à un rythme d’ailleurs assez effréné.

 

Rudyard fut ensuite un grand voyageur. Il quitta définitivement l’Inde en 1889, parcouru l’Asie du Sud Est puis les Etats Unis avant de rejoindre l’Angleterre où il publia son premier roman. Encore un voyage en Afrique du Sud, Australie et Nouvelle Zélande avant de se marier à Londres en 1892 et de s’expatrier à nouveau aux Etats-Unis dans le Vermont. Quatre années prolixes au cours desquelles il écrira en particulier le fameux « Livre de la Jungle ». Quatre années de bonheur familial et quatre années fertiles puisque Kipling donnera naissance à une fille Joséphine en 1893 et à une Elsie née en 1896. Un fils, John, viendra compléter la famille en 1897 à Londres. Suite à un différent avec son beau-frère, les Kipling quitteront en effet les Etats Unis pour se poser en Angleterre s’installer définitivement en Angleterre en 1896 où il résidera jusqu’à son passage à l’O.E en 1936. Son décès avait d'ailleurs été annoncé de façon prématurée dans les colonnes d'une revue à laquelle il écrivit : « Je viens de lire que j'étais décédé. N'oubliez pas de me rayer de la liste des abonnés. ». Preuve s’il le fallait que le regard de Kipling portait sur le monde était souvent cruellement lucide et souvent cynique.

 

Cette dernière période de sa vie sera la période de reconnaissance du génie littéraire de Kipling, avec entre autres l’attribution du prix Nobel en 1907 pour le livre « Kim ». Mais cette période de début du XX siècle sera aussi celle d’écrits plus controversés d’un homme issu de la culture colonialiste du long XIXème, celle d’un homme qui anticipe le second conflit mondial mais qui ne voit pas que la fraternité universelle qu’il idéalise ne peut cacher des luttes de classes profondes et particulièrement « clivantes ». Cela lui vaudra de sévères critiques - pas toujours justifiées il faut le reconnaître - et en particulier celle de George Orwell qui écrira de lui en 1942 dans la revue Horizon « Kipling is a jingo imperialist, he is morally insensitive and aesthetically disgusting ». Nous y reviendrons.

J’allais oublier me direz-vous la vie maçonnique de Kipling. Il fut reçu le 1er avril 1886, avec une dispense particulière vu son jeune âge – 20 ans - dans la Loge de son père « Hope and Perseverance 782 » à l’O. de Lahore, qui travaillait au rite émulation. La progression est rapide puisqu’un mois plus tard il passe au seconde grade puis est fait officier de la loge en décembre de la même année. Il tiendra alors le plateau de Frère Secrétaire. Il est également affilié à la Loge Fidelity N° 98 à l’Orient de Lahore.

Le 14 avril 1887, il est avancé au grade de Maitre maçon de la marque. Sa marque représente une équerre accolée au milieu d’une perpendiculaire. Le même jour, il est élevé au grade de "Marinier de l’arche royale" de la Loge des mariniers de l’Arche Royale du Mont Ararat n°98 à l’Orient de Lahore. Ce grade n’est accordé qu’aux maitres maçons de la marque. Noé et son arche en structurent rituel et cérémonies.

Le 17 avril 1888, en raison de sa mutation professionnelle au journal Pioneer, il s’affilie à la loge Indépendance et philanthropie n°391 à Allahabad.

Toutes ces loges étaient dépendantes de la Grande Loge Unie d’Angleterre.

Mais Kipling fut aussi membre de loges dépendant de la Grande Loge Nationale Indépendante pour la France et les colonies Françaises, qui devint G.L.N.F en 1948 : la Loge les bâtisseurs des cités silencieuses N°12 (ultérieurement n°4948) à l’Orient de saint Omer - inaugurée en 1922 R Kipling en fut membre jusqu’à sa mort – et la loge fille les bâtisseurs des cités silencieuses n° 4948 à Londres, Elle fut inaugurée en décembre 1927 et R.Kipling, membre fondateur, en démissionnera en 1935. Il convient de noter que les Bâtisseurs de Cités silencieuses entretenaient des relations étroites avec la « War Graves Commission », qui s’occupait des tombes des soldats britanniques tombés au champ d’honneur. J’y reviendrai ultérieurement. Il fut aussi Poète Lauréat de la fameuse loge Canongate Kilwinning, No. 2 d’Edinburgh. Il accepta également une fellowship auprès de la Philalethes Society, une organisation of d’écrivains francs-maçons fondée aux Etats-Unis en 1928.

Mais la pratique régulière de Kipling se limita à essentiellement sa période indienne, ce qui ne l’empêcha pas d’être totalement pénétré par les valeurs maçonniques et de les défendre tout au long de sa vie.

RUDYARD  KIPLING PAR LA LOGE KLEIO

 

Les expériences marquantes de Kipling :

 

L’enfance bafouée :

 

De 6 à 16 ans le jeune Kipling et sa sœur ainée sont envoyés par leurs parents en Angleterre pour parfaire leur éducation britannique et sont placés en pension chez un couple. Passage brutal la terre mère à la mère patrie, d’une enfance indienne, libre, insouciante, à demi sauvage, du polythéisme chatoyant de l’Inde au puritanisme gris anthracite de l’Angleterre. Et passage de parents aimants à une pension que Kipling appellera la « Maison de la désolation ». Dans la Maison de la désolation, une femme, « La Femme », régnait. La Femme, une mégère ! Mal nourris, quotidiennement humiliés, battus, apeurés, et lui largement plus que sa sœur, les enfants étaient sous sa domination la plus totale. La mégère s'ingéniait visiblement chaque jour à découvrir les plus cruelles punitions pour le petit Rudyard.

Un premier traumatisme sévère pour le jeune Kipling qui ne se lassera pas de revenir sur cet épisode. On songe spécialement à une longue nouvelle, Baa, Baa, Black Sheep (1888), qui met en scène le calvaire de l’enfant, chassé du paradis indien pour l’enfer métropolitain. Seules les vacances passées chez sa tante Georgiana (Georgy) et son mari, le peintre Edward Burne-Jones, dans leur maison de Fulham à Londres leur apporteront, à sa sœur Trix et à lui, beaucoup d’affection. « Un paradis auquel je dois en vérité d'avoir été sauvé » dira plus tard Kipling.

Dans la pension de famille du capitaine et de Mrs Holloway, qu’il évoquait comme « la maison de la désolation », Rudyard se dépeindra sous les traits de David Copperfield, l’orphelin de Dickens. Mais comme l’a fait remarquer Graham Greene, si Dickens a réagi à une enfance malheureuse par l’empathie, Kipling lui a répondu par la cruauté. Les nombreuses scènes sadiques qui émaillent ses livres sont là pour nous le rappeler. Elles culmineront avec la séance de torture d’un lépreux dans la « Marque de la bête » (1890). Il évoquera ce passage de sa vie dans « Something of Myself » en1935 « Maintes et maintes fois par la suite, ma tante bien-aimée me demanda pourquoi je n'avais jamais raconté comment j'étais traité. Mais les enfants ne parlent pas plus que les animaux car ils acceptent ce qui leur arrive comme étant décidé de toute éternité. De plus, les enfants maltraités savent très exactement ce qui les attend s'ils révèlent les secrets d'une prison avant d'en être bel et bien sortis. ».

Kipling fut sans aucun doute un auteur de l’enfance, lui qui ne quitta jamais réellement la sienne : des deux tomes du « Livre de la jungle » (1894-1895) à « Regulus » (1908), une nouvelle du cycle de Westward Ho - le collège militaire au sein duquel il fit ses études - qui reprend la traduction en classe de latin de l’ode qu’Horace a consacrée à Regulus, lequel, capturé par les Carthaginois et dépêché à Rome pour demander la paix, déconseille au Sénat toute transaction, scellant ainsi sa mort.

Horace, Rome, l’Empire. Le monde de Kipling est dur, il ne sourit qu’aux forts. Tous les contes et récits pour enfants de Kipling, profondément ancré dans la transmission, délivrent une leçon morale, même le cycle de Mowgli, l’enfant sauvage élevé par des loups : la jungle, c’est le chaos du monde ; Mowgli, c’est l’ordre britannique. C’est à la lecture du Livre de la jungle que Baden-Powell eut l’idée de susciter auprès des plus jeunes une formation de type para-miltaire mais avec un contenu initiatico-symbolique. Des générations de louveteaux s’en inspireront. Comme quoi même dans sa littérature Kipling s’est inscrit dans la transmission en général, et dans la transmission maçonnique en particulier, car Mowgly, c’est l’Enfant de la Veuve, et Raksha, la louve qui l’a protégé et nourri !

 

 

L’Orient, l’Occident et la colonisation :

 

Alors que le soleil ne se couche jamais sur l’empire britannique, la littérature anglaise est paradoxalement très pauvre en écrits sur la colonisation. Les deux romanciers peut-être les plus importants du XIXème siècle, George Eliot et Charles Dickens, ne se sont guère intéressés à l’Empire. La colonisation ne sert que de toile de fond à certains auteurs anglais – tels T.E Lawrence, Somerset Maugham ou Graham Greene- mais son aspect politique n’est jamais évoqué. Comme si la littérature s’était désintéressée de l’Empire. Rudyard Kipling est le seul auteur à naître et à vivre au sein de cette petite bourgeoisie coloniale, ce qui le met rapidement au contact d’hommes et de cultures différentes, et c’est lui qui va devenir – probablement malgré lui car ce n’est pas le meilleur aspect de sa pensée - l’écrivain de référence sur la colonisation britannique. Sentinelle avancée de l’Empire, Kipling fut à la croisée de l’Occident et de l’Orient. Colon de naissance mais éduqué en Angleterre il endossera et défendra cette vision occidentale quelque peu évangélique - voire même ouvertement christique dans la formulation qu’en fait parfois Kipling - de la colonisation, cherchant toutefois à mettre le colonisateur face à ses responsabilités. La colonisation, telle que Kipling l’évoque dans « Le Fardeau de l’homme blanc » publié en 1889 autant une charge – dans les deux sens du terme – qu’un devoir de civilisation.

On notera toutefois que Kipling ne développe pas une vision triomphante du colonialisme, mais plutôt une vision altruiste à laquelle on pourra aisément opposer un idéalisme avéré et coupable : l’égalité des peuples serait le but ultime de la colonisation et non leur domination. Il refusa toujours d’admettre que l’impérialisme est d’abord une affaire de profits, ce qui ne l’empêcha malheureusement pas d’être un soutien et un collecteur de fond actif pour les soldats britanniques engagés dans la guerre des Boers.

Il faudra attendre 1934 et la publication de « Une tragédie birmane », par George Orwell - né comme Kipling en Extrême-Orient et policier pendant cinq ans en Birmanie – pour que soit enfin posée dans la littérature anglaise la question de la colonisation. Et encore, Orwell n’ira pas au bout de sa logique, n’accomplira pas la rupture épistémologique et ratera l’occasion d’être la première conscience "tiers-mondiste" européenne. Quel dommage qu’un Franc-Maçon tel que Kipling n’ait pas pu tenir ce rôle. Mais en était-il culturellement capable ?

 

 

L’injustice et la mort des enfants :

 

La thématique se rapproche ici de celle évoquée par Dostoïevski dans les « Frères Karamazov ». Kipling connaîtra la douloureuse expérience de perdre deux de ses enfants. Joséphine mourra d’une pneumonie lors d’une visite rendue par la famille à la belle mère de Rudyard, Kipling est lui-même gravement malade, comme le rapporte le New York Times en première page, et son épouse n’ose pas lui annoncer la mort de sa fille. C’est son éditeur qui le fera. Ceux qui ont connu Kipling rapportent qu’il ne s’est jamais remis de la mort de cette fille qu’il chérissait et qu’il fit le vœu de ne plus jamais revenir aux Etats-Unis.

Kipling connaîtra à nouveau la douleur du deuil lorsqu’en 1915 son fils John, alors âgé de 18 ans, sera porté disparu sur le front en Flandres, durant l'attaque de Chalk Pit Wood à la bataille de Loos. Kipling parcourra les champs de bataille pour tenter de retrouver son corps, mais sans succès. Il éprouvera un remord profond pour avoir aidé son fils à s’enrôler, grâce à une recommandation fraternelle, alors qu’il devait être reformé pour cause de constitution fragile et de vision défaillante.

En 1917, pour atténuer le chagrin lié à la perte de son fils il crée une loge maçonnique que l’on peut qualifier d’imaginaire pour y écrire avec ferveur. Il la baptise la Loge "Faith and Works" (La foi et les œuvres) n° 5837 et se décrit comme un frère visiteur.

Cette tragédie que fut la mort de son fils est une des raisons qui poussèrent Kipling à rejoindre l'Imperial War Graves Commission - Commission impériale des sépultures militaires - responsable des cimetières de guerre anglais. On doit à Kipling la phrase célèbre, « Leur nom vivra à jamais », tirée de la Bible et inscrite sur les pierres du souvenir des sépultures les plus importantes. C'est également à Kipling que l'on doit l'inscription « Connu de Dieu » sur la tombe des soldats inconnus.

On se fera une idée juste du personnage en lisant son autobiographie, Quelque chose de moi-même, publiée un an après sa mort, où Kipling apparaît tel qu’en lui-même, sans ostentation, dans un clair-obscur voilé et un monde obscurci par la mort des enfants et le déclin de l’Empire britannique. Ironie du sort le dernier mot que Kipling écrira de sa main dans cette œuvre inachevée sera le mot « Mort ».

Mowgli

Mowgli

 

La Franc-Maçonnerie :

 

Elle entre très tôt dans la vie du jeune Rudyard puisque ce sont les souvenirs d’un conte lu dans son enfance qui lui inspira des années plus tard le Livre de la Jungle. « And somehow or other I came across a tale about a lion-hunter in South Africa who fell among lions who were all Freemasons, and with them entered into a confederacy against some wicked baboons. I think that, too, lay dorment until the Jungle Books began to be born." (in Something of Myself  - 1935 - page 8)

 

Il n’existe que peu ou pas de traces concrètes de la vie maçonnique de Kipling. Pas de planches, très peu de correspondance avec ses loges, et pas d’écrits personnel sur son expérience maçonnique directe.

 

On peut toutefois probablement avancer que la maçonnerie a permis à Kipling de cristalliser sa vision humaniste du monde et d’embrasser d’un seul coup la démarche maçonnique car il y avait déjà en lui des qualités profondes qui étaient en résonnance avec les valeurs de la Franc-Maçonnerie: un lien secret, une fraternité universelle, des valeurs morales élevées, des codes et des rituels, un engagement commun sur des objectifs et des idéaux, une hiérarchie assise sur la connaissance, un monde exclusivement masculin, une logique d’efforts individuel soutenus par une collectivité. Selon son biographe Carrington, la Franc-Maçonnerie fournissait à Kipling un cadre naturel pour ses idéaux sociaux. Inversement elle fut aussi probablement pour lui un rempart contre les démons qui l‘agitaient - l’enfance douloureuse, la mort, la guerre et le déclin de l’Empire – en lui fournissant un référentiel strict dans lequel il puisait sa force. C’est ce qui lui fera écrire dans le recueil « Dans l’intérêt des Frères » que « le Rituel est fortifiant, le Rituel est nécessaire aux hommes ».

 

La maçonnerie a tellement formé et modelé Kipling qu’il s’inspira d’ailleurs directement de la pratique maçonnique pour concevoir la cérémonie de remise des diplômes des ingénieurs canadiens.

En 1922, au cours d’une conférence à Montréal, l’ingénieur Herbert Haultain, professeur de génie minéral à l’Université de Toronto et président de l’Institut Canadien des Ingénieurs (I.C.I.), proposa l’idée d’une forme d’engagement formel précédant la remise des diplômes aux futurs ingénieurs. Ce genre de serment d’office inciterait les ingénieurs à une plus grande solidarité et les sensibiliserait davantage à leurs devoirs envers la société.

Pour concevoir cette cérémonie Haultain contacta Rudyard Kipling qui suggéra un rite et un texte d'engagement dont l'objet se résume dans l’énoncé suivant : « Le rituel de l’engagement de l’ingénieur a été instauré dans le but très noble de provoquer une prise de conscience du jeune ingénieur à l’endroit de sa profession et de son sens véritable. Il veut aussi indiquer à l’ingénieur aîné sa responsabilité dans l’accueil et le soutien des plus jeunes ingénieurs au début de leur carrière ».

Le comité des sept fondateurs proposa également l'idée d'un anneau, à être porté au petit doigt de la main "qui travaille" – the working hand - comme symbole de l’engagement. L’idée plut à Kipling, qui suggéra que cet anneau soit rugueux, «...comme l'esprit du jeune ingénieur…», et qu’il ait un fini martelé, en évocation des difficultés que l'ingénieur rencontrera pour maîtriser la matière.

Kipling recommanda également l'utilisation des symboles que sont devenus le marteau et l'enclume, ainsi que la chaîne tenue en main par ceux qui prononcent l'engagement, chaîne qui évoque les liens qui unissent tous les ingénieurs entre eux et l'obligation qu'ils ont de s'entraider. Ce Rituel d'appeler d'un ingénieur est aussi appelé Rituel de Kipling, ou Cérémonie D'Anneau De Fer.

Les sept ingénieurs fondateurs mirent sur pied "The Corporation of the Seven Wardens", une organisation sans but lucratif, avec la responsabilité d'être dépositaire du Rituel de l’engagement et d'en administrer le rite. Aujourd’hui, 25 sections, formées à travers le Canada, assument ce rôle.

Comment être plus explicite sur la duplication des signes maçonniques et la volonté de transmettre ?

 

On retrouve par ailleurs de nombreuses évocations directes, allusions ou références maçonniques dans de nombreux ouvrages de Kipling, qu’il s’agisse de nouvelles ou de poésies, témoignant ainsi de la profondeur de la foi maçonnique de l’auteur. Ses biographes s’accordent à reconnaître que Kipling était toujours prêt à insérer dans ses textes une allusion suggérée par les rituels, la terminologie et les symboles maçonniques qu’il maîtrisait parfaitement et qui étaient devenus une partie intégrante de lui-même, une manière de penser et d’être.

 

Les premières, chronologiquement parlant, se trouvent dans la nouvelle « The Man who would be King ». Mais les références sont très fréquentes, qu’il s’agisse de « Kim » oeuvre dont le héro est introduit avec des références maçonniques indiscutables, ou encore de « With the Main Guard », ou « Brother Square-Toes », « The Dog Hervey » sans oublier « Dans l’intérêt des Frères » publiée en 1917 mais réintégrée en 1926 dans un livre intitulé « Debits and Credits » qui comporte rien de moins que quatre histoires d’inspiration maçonnique utilisant une loge imaginaire « Faith and Works, No. 5837, E.C. » : "The Janeites", "A Madonna of the Trenches", "A Friend of the Family" et donc "In the Interests of the Brethren". Les personnages de ces nouvelles sont des soldats francs-maçons.

 

Les références maçonniques sont également très présentes et prégnantes dans la poésie de Kipling, qu’il s’agisse des poèmes intitulés « The Widow at Windsor », « The Press », « Banquet Night » (Les agapes donc), « My new-cut Ashlar » (Pierre de taille), « The sons of Martha », « The Palace » décrivant la construction d’un édifice et évoquant la transmission propre aux maçons opératifs, « The Pilgrim’s Way » et bien évidemment « The Mother Lodge ».

 

Le poème le plus célébre de Ruydar Kipling, «Tu seras un homme mon fils» dans sa traduction française, s’intitule en réalité « If », et a été publié dans le recueil « Rewards & Fairies » paru en 1910. S’il ne comporte pas de références maçonniques directes, il est clairement issu de la culture et des valeurs de la franc-maçonnerie.

Il est très intéressant de lire les différentes traductions qui en ont été faites par Germaine Bernard-Cherchevsky en 1942, par Jules Castier en 1949, Hervé-Thierry Sirvent en 2003 et encore plus récemment par Jean-François Bedel en 2006. On remarquera que d’une traduction à l’autre les mots utilisés ne sont pas les mêmes et la tonalité comme la coloration du texte s’en trouvent modifiées, bien que chaque traduction s’efforce de respecter le texte à la lettre.

Il n’est pas surprenant d’ailleurs qu’elles soient toutes antérieures à la traduction la plus connue et la plus couramment évoquée qui est celle qu’en fit André Maurois en 1918 en plaçant il est vrai la barre très haut. C’est celle qui prend le plus de liberté et de distance par rapport au poème original – Maurois inverse l’ordre de phrases ou de strophes et invente des images qui ne figurent pas dans le poème original de Kipling - mais c’est indiscutablement la traduction qui donne une ampleur et une puissance incomparable à ce poème.

Il sera remarqué que Maurois va jusqu’à modifier le titre du poème, dans un effet poétique particulièrement osé qui commence par adjoindre la finalité du poème dans le titre – devenir homme – pour laisser le texte exprimer les conditions de réalisation que Kipling souhaitait visiblement mettre en avant – le fameux Si – en limitant le titre du poème à ce terme essentiel car il avait conscience de l’extraordinaire difficulté associée à ce « Si ».

 

L’autre poème majeur de Kipling, pour nous Francs-Maçons, est bien entendu le fameux « The Mother Lodge », référence directe à ses années passées au sein de la loge « Hope and Perseverance 782 E.C » à laquelle il fut admis à l’âge de 21 ans et qui l’ont très profondément marqué.

 

Avant de passer à l’O.E, il écrira d’ailleurs dans le recueil «Something of Myself » :

« Here I met Muslems, Hindus, Sikhs, members of the Arya and Brahmo Samaj, and a Jew tyler, who was priest and butcher to his little community in the city. So yet another world opened to me which I needed."

 

Je n’en citerai qu’un passage :

« Dehors, on se disait : « Sergent !, Monsieur !, Salut !, Salaam ! »,

Dedans, c'était : « Mon Frère », et c'était très bien ainsi.

Nous nous rencontrions sur le Niveau et nous nous quittions sur l'Equerre ».

 

 

Que retirer de ces deux poèmes majeurs de Kipling ? J’évoquerai rapidement six thématiques :

 

1 - La vision d’une maçonnerie universelle transcendant les peuples, les cultures, les religions et les strates sociales. Peut-être y a t il là une piste de réflexion quant à l’évolution de notre loge, pour ne pas retomber dans le piège d’une maçonnerie élitiste dont le bleu représenterait la couleur de l’idéologie dominante.

2 - Un énoncé explicite des vertus individuelles que l’on est en droit d’attendre d’un franc-maçon. Ce que nous autres appelons les qualités. Citons parmi celles évoquées par Kipling l’humilité, la tempérance, la fraternité, la maîtrise de ses passions et de ses pulsions, la soumission de sa volonté, la droiture, le stoïcisme, la simplicité, le rejet des métaux,…

3 – La vertu de l’équilibre, par ces contraires opposés de manière particulièrement rythmique dans le poème « Si » et qui invitent à la recherche du juste milieu, reprenant en cela la symbolique du pavé mosaïque.

4 - L’éloge de la simplicité et de l’égalité qui devraient présider à la pratique maçonnique, en loge comme aux agapes. Sans pour autant oublier bien sûr les mots de Kipling dans le nouvelle « Dans l’intérêt des Frères » : « Alors, pour la première fois de ma vie, je réalisai quelle signification pouvait prendre le Rituel lorsqu’il est exécuté à la perfection, paroles et gestes ».

5 – Une morale d’effort, de progrès et de maîtrise de soi. Celle qui égrène une à une les conditions à remplir pour accéder au statut d’homme. Celle qui accepte que la vie ne soit pas juste, qui sait que la complainte est une preuve de faiblesse, et qui exige que l’on se taise et que l’on affronte la situation qui se présente.

6 - Une volonté constante d’ouverture, de curiosité, de démarche vers l’Autre et la conviction que la compréhension passe par le dialogue. On relèvera que dans la Mother Lodge, dépendant de la G.L.U.A, on y parle « à cœur ouvert de religions ». Kipling reconnaîtra d’ailleurs dans «Something of Myself » : «I had the good fortune to be able to arrange a series of informal lectures by Brethren of various faiths, on baptismal ceremonies of their religions ».

 

Je terminerai ce morceau d’architecture par quelques citations de Kipling qui reflètent en quelques mots sa pensée sur le monde et les hommes, et qui sont autant d’invitation à la réflexion :

 

« Les mots sont la plus puissante drogue utilisée par l’humanité » (dans « Discours »).

« Prenez tout très au sérieux, à l’exception de vous-mêmes »

« La première victime d’une guerre, c’est la vérité »

« On ne paie jamais trop cher le privilège d’être son propre maître »

« Les principes sont les principes, dussent les rues ruisseler de sang » (dans « Souvenirs »)

« Que puis-je faire d’autre ? Cette simple formulation représente le soubassement de toute construction »

« Dès que tu vois que tu sais faire quelque chose, attaque-toi à autre chose que tu ne sais pas faire »

 

Ces quelques citations ont valeur générale, mais elles nous interpellent tout particulièrement au vu des trois années de dérives auxquelles nous avons assisté comme au vu de la reconstruction dans laquelle nous nous sommes désormais lancés.

 

Pour clore ce travail, il me semble que la vie et l’œuvre de Rudyard Kipling nous renvoient à notre propre miroir et à cette interrogation qui devrait être constante chez tous les Francs Maçons : comment, au-delà des mots et des signes, mettre du contenu maçonnique dans la maçonnerie que nous pratiquons, mais aussi dans les vies profanes que nous menons ?

 

Car quelque part Kipling nous invite à ce que j’appelle une maçonnerie de combat, qui est en premier lieu un combat contre soi-même avant de pouvoir s’exprimer et agir comme maçon dans le monde profane. J’éprouve beaucoup de sympathie pour cette maçonnerie là.

 

Mes Frères, si nous ne partageons pas, comme Kipling, l’intime conviction que nous sommes ici en loge pour changer quelque peu le monde et le rendre meilleur, nous perdons notre temps.

 

J’ai dit

 

S L – Maître Maçon

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Publié le par Jean-François Guerry
APPROCHER LA COMPLÉTUDE

Approcher la complétude…

 

 

Cela part de presque rien, un soir de solitude, de méditation, un air de Melody Gardot, jamais oublié If the stars were mine. Il se glisse entre en moi, j’ouvre la fenêtre et je regarde les étoiles, l’infini des étoiles. Un désir, un manque d’éternité impalpable, indicible, au-delà de tout. Comprendre l’immensité de l’univers. Les pierres qui roulent, un lancinant, je ne peux obtenir aucune satisfaction.

 

Je cherche et je frappe trois coups sourds, aucun bruit, le ciel est trop immense pour moi. Comment penser le ciel, pour quoi ?

Et Melody Gardot, qui revient. Comment imaginer qui je suis, ce que je suis, je pense à Newton et ses planètes, à Descartes et ses Méditations. La troisième tient comme les trois premiers pas en loge, la folie de la croyance en Dieu, en l’idée de Dieu. Moi qui suis par ce que je pense. Moi qui vois, qui imagine les tableaux, les images de Dieu, qui sont en moi. Extrait : 

« En sorte que la lumière naturelle me fait connaître évidemment que les idées sont en moi comme des tableaux des images qui peuvent à la vérité facilement déchoir de la perfection des choses dont elles ont été tirées, mais qui ne peuvent jamais contenir de plus grand ou de plus parfait. »

 

Que puis-je en conclure, moi qui ne peux aborder l’infini, enfermé dans ma finitude. Je souffre de mon incomplétude, de mon imperfection, j’ai à me perfectionner !

Je ne possède pas la propriété de l’infini, je ne peux donc en être la cause, il y aurait donc, un Grand Architecte, le Grand Horloger de Voltaire, le Dieu de Descartes. Qui conclut :

« Et par conséquent il faut nécessairement conclure de tout ce que j’ai dit auparavant que Dieu existe ; car encore que l’idée de la substance soit en moi, de cela même que je suis une substance, je n’aurais pas néanmoins l’idée d’une substance infinie, moi qui suis un être fini, si elle n’avait été mise en moi par quelque substance infinie. »

 

C’est l’idée de Dieu qui vient ‘à-l’idée’ de Levinas. Le plus subtil sur la question est sans doute Spinoza pour qui Dieu c’est le monde.

 

Qu’est-ce que je cherche vraiment pour satisfaire, mon désir, mon incomplétude. Je pourrais rester dans la paresse de l’ignorance. Pourquoi bousculer mes habitudes, pourquoi cette quête à l’étoile, pour pure folie essayer de comprendre ‘l’univers et les Dieux’ donner un sens à ma vie, ma présence ici. Pour avoir une vision, un instant seulement comme le dit Jacques Brel « être beau et con à la fois »

Il y a là un côté existentiel, extatique, presque orgasmique, à vouloir accéder à cette Connaissance suprême, que je connaîtrais peut-être à la porte de l’Orient éternel, ou peut-être pas. Il reste alors que le désir constant de complétude et de perfectionnement qui fait avancer, et ouvrir chaque jour la fenêtre pour contempler dans le silence de la nuit les étoiles, et attendre la venue de la Grande Lumière au point du jour.

 

Descartes termine la Troisième de ses Méditations Métaphysiques ainsi :

« (…) il me semble très à propos de m’arrêter quelques temps à la contemplation de ce Dieu tout parfait, de peser tout à loisirs ses merveilleux attributs, de considérer, d’admirer et d’adorer l’incomparable beauté de cette immense lumière, au moins autant que la force de mon esprit, qui en demeure en quelque sorte ébloui, me le pourra permettre. »

 

Car, comme la foi nous apprend que la souveraine félicité de l’autre vie ne consiste que dans cette contemplation de la Majesté divine, ainsi expérimenterons-nous dès maintenant, qu’une semblable méditation, quoique incomparablement moins parfaite, nous fait jouir du plus grand contentement que nous soyons capables de ressentir en cette vie. »

 

Est-ce cette félicité, que nous ressentons au terme de nos travaux maçonnique, à la recherche de la Connaissance, félicité dans la chaîne d’union maçonnique. Les sœurs et les frères sont-ils satisfaits ? Ils le paraissent sur l’une et l’autre colonne.

 

Jean-François Guerry.

Melody Gardot.

Si les étoiles étaient miennes

If the stars were mine
Si les étoiles étaient miennes
I'd give them all to you
Je te les donnerais toutes
I'd pluck them down right from the sky
Je les cueillerais juste en bas du ciel
And leave it only blue
Et le laisserais seulement bleu
I would never let the sun forget to shine upon your face
Je ne laisse jamais le soleil oublier de briller sur ton visage
So when others would have rain clouds you'd have only sunny days
Ainsi quand d'autres auront des nuages de pluie tu auras seulement des jours ensoleillés
If the stars were mine
Si les étoiles étaient miennes
I'd tell you what I'd do
Je te dirais ce que je ferais
I'd put the stars right in a jar and give them all to you
Je les mettrais dans une fiole et te les donnerais toutes.

If the birds were mine
Si les oiseaux étaient miens
I'd tell them when to sing
Je leur dirais quand chanter
I'd make them sing a sonnet when your telephone would ring
Je leur ferais chanter un sonnet, quand ton téléphone sonnerait
I would put them there inside the square, whenever you went out
Je les mettrais ici, à l'intérieur d'une place, toutes les fois où tu iras dehors
So there'd always be sweet music whenever you would walk about
Ainsi, il devrait toujours y avoir de la douce musique, toutes les fois où tu marcheras aux environs
If the birds were mine
Si les oiseaux étaient miens
I'd tell you what I'd do
Je te dirais ce que je ferais
I'd teach the birds such lovely words and make them sing for you
J'enseignerais aux oiseaux de si beaux mots d'amours et les ferais chanter pour toi
I'd teach the birds such lovely words and make them sing for you
J'enseignerais aux oiseaux de si beaux mots d'amours et les ferais chanter pour toi

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Publié le par Jean-François Guerry
DE CORPS ET D'ÂME

DE CORPS ET D’ÂME…

 

Méditations Métaphysiques de René Descartes - Méditation seconde : De la nature de l’esprit humain et qu’il est plus aisé à connaître que le corps.

 

            Extrait : (…) , lorsque je m’appliquais à la considération de mon être. Je me considérais, premièrement, comme ayant un visage, des mains, des bras, et toute cette machine composée d’os et de chair, tel qu’elle paraît en un cadavre, laquelle je désignais par le nom de corps. Je considérais outre cela que je me nourrissais, que je marchais, que je sentais et que je pensais, et je me rapportais toutes ces actions à l’âme ; mais je ne m’arrêtais point à penser ce que c’était que cette âme, ou bien, si je m’y arrêtais, j’imaginais qu’elle était quelque chose d’extrêmement rare et subtile, comme un vent, une flamme ou un air très délié, qui était insinué et répandu dans mes parties les plus grossières. »

 

« De sorte qu’après avoir bin pensé et examiné toutes choses, enfin il faut conclure, et tenir pour constant que cette proposition : je suis, j’existe est nécessairement vraie, toutes les fois que je la prononce ou que la conçois en mon esprit.

Mais je ne connais pas encore assez clairement ce que je suis, moi qui suis certain que je suis… »

Ce préalable résonne encore en moi, comme au premier jour de mon initiation, comme au début, au premier pas posé sur le chemin qui serpente vers le sommet de la montagne. Le processus initiatique est une succession ascendante d’états de conscience, une progression degré par degré, une montée sur l’échelle de l’esprit. Cette montée succède à une descente en soi, à un retour en soi, au soi. Aux interrogations nourries par le doute méthodique, constructif semblable à celui de la première Méditation Métaphysique de Descartes, l’apprentissage par le doute, conduit à regarder l’étoile flamboyante, objet de la seconde Méditation Métaphysique, du chemin vers la Connaissance. Le doute nourrit l’espérance de parvenir à cette Connaissance. Il y a plus de questions que de réponses sur le chemin initiatique, ce n’est souvent qu’en parvenant à l’étape suivante, que l’on comprend la précédente, qu’elle se dévoile, d’où ce désir permanent de complétude.

Le doute me vient à l’esprit, à cet esprit qui me fait, je suis parce que je pense.

Est-ce la flamme éternelle qui brille en moi, si minime soit-elle, qui est la semence de mon doute. Cette flamme est-elle un don divin, ou la facétie d’un mauvais génie. La première hypothèse suscite cette question : « n’y-a-t-il point quelque dieu ou autres puissances qui me met en l’esprit ces pensées ? » C’est ce qu’écrit René Descartes. Quand il parle de puissances, je pense à la force, à la sagesse, à la beauté d’un Grand Architecte.

Sa deuxième hypothèse fait état d’un mauvais génie, qui parlerait en nous, comme une puissance du mal, ou encore est-ce moi-même qui avec mon esprit produit ce doute. Là naît un dialogue intérieur de moi, à moi avec ma conscience, l’on discerne le tribunal intérieur de Kant.

 

Je reviens au mauvais génie cette hypothèse cartésienne, elle renforce mon existence en tant qu’être pensant. L’argument de Descartes est simple, l’existence d’un Dieu trompeur, qui cherche donc à me tromper prouve mon existence même si je ne suis pas tel que je crois être, je suis. Extrait :

« Il n’y a point de doute que je suis, s’il me trompe (le mauvais génie) qu’il me trompe tant qu’il voudra, il ne saurait jamais faire que je ne suis rien tant que je penserais être quelque chose. »

 

L’existence de mon moi est certaine tant je pense.  « Je pense donc je suis. »L’on touche là, à la distinction de Descartes entre corps et esprit, il parle lui d’âme, c’est son dualisme.

 

À mon sens, je préfère la théorie de l’harmonie corps esprit, l’un ayant besoin de l’autre et vice versa. Comment pourrions-nous être qu’un corps sans âme, la faiblesse du corps est compensée par la force, la grandeur de l’âme.

 

Nous sommes capables, par la force infinie de notre esprit de comprendre l’univers, de le connaître, de comprendre l’idée de Dieu, ou d’un Grand Architecte.

 

On ne peut s’empêcher de citer le roseau pensant de Blaise Pascal : 

 

« L’homme n’est qu’un roseau, le plus faible de la nature, mais c’est un roseau pensant. Il ne faut pas que l’univers entier s’arme pour l’écraser, une vapeur, une goutte d’eau suffit pour le tuer. Mais quand l’univers l’écraserait. L’homme serait plus noble que celui qui le tue, puisqu’il sait qu’il meurt et l’avantage que l’univers à sur lui. L’univers n’en sait rien. »

 

Jean-François Guerry.

DE CORPS ET D'ÂME

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Publié le par Jean-François Guerry
Raphaël École d'ATHÈNES

Raphaël École d'ATHÈNES

DE L’IDÉE D’UN GRAND ARCHITECTE….

 

 

Jai enfin fini par douter, était-ce dans le cabinet de réflexion au moment de rédiger mon testament philosophique, ou bien avant d’en avoir franchi la porte, à la recherche des réponses aux questions existentielles Qui suis-je ? D’où je viens ? Où je vais ? La vie a-t-elle un sens ? Quel est le sens de ma vie ?

 

Je serais bientôt confronté en remontant des ténèbres vers la Lumière, à la question de ‘l’idée de Dieu’, en présence de mes frères et du Grand Architecte de l’Univers. Il va falloir entreprendre un chemin vers la Connaissance du Grand Architecte auteur de tout ce qui est, par la voie maçonnique, par l’initiation.

 

Au commencement de cette méditation, qui est un exercice spirituel, c’est naturellement que le doute s’installe. C’est naturellement que ma pensée se rappelle le doute méthodique cartésien, d’abord renoncer à la foi du charbonnier, aux dogmes religieux, pour accueillir ‘l’idée de Dieu’ ; cette mémoire éternelle, opposée au hasard et à la nécessité. Ce doute qui va permettre peut-être de répondre aux questions : comment cela est-il possible et pour quoi ?

Un synopsis une vue d’ensemble ne saurait suffire à expliquer l’idée de Dieu, il est pourtant tentant, par une forme de paresse de résumer ou de généraliser cette idée de Dieu, dans un concept surplombant que l’on nomme Grand Architecte de l’Univers, laissant à chacun son interprétation, évitant ainsi toutes les confrontations. On reste alors dans un doute permanent, non constructif, le doute cartésien lui ambitionne de nous conduire à une certitude.

 

Ainsi par exemple en Franc-Maçonnerie ce qui sépare les obédiences des obédiences qui se disent toutes régulières est l’idée du Grand Architecte, cette séparation est due à un seul mot, un mot qui précise. Certaines obédiences affirment leur référence au Grand Architecte de l’Univers laissant à chacun de leurs membres en conscience de lui donner ‘le nom’ de son choix. Les autres affirment que le Grand Architecte de l’Univers ‘est Dieu’, sans préciser qui est Dieu, puisque Dieu a plusieurs noms. Pas facile de s’y retrouver, qu’en pensez-vous ?

 

Pour avancer, j’ai relu les « Méditations Métaphysiques » de René Descartes, qui présentes au moins pour la première de ses Méditations des similitudes avec la méthode maçonnique. Je cite un extrait du commencement de cette première Méditation : 

 

     Des choses que l’on peut révoquer en doute

« Il y a quelques temps que je me suis aperçu que, de mes premières années, j’avais reçu quantité de fausses opinions pour véritables, et que ce que j’ai depuis fondé sur des principes si mal assurés, ne pouvait être que fort douteux et incertain ; de façon qu’il me fallait entreprendre sérieusement une fois en ma vie de me défaire de toutes les opinions que j’avais reçues jusques alors en ma créance, et commencer de tout de nouveau dès les fondements, si je voulais établir quelque chose de ferme et de constant dans les sciences. (sic)

Cela fait immédiatement penser au postulant aux mystères de la Franc-Maçonnerie, qui arrivé au midi de sa vie entreprend de frapper à la porte du temple, afin de remettre en cause ses préjugés et ses certitudes. Le texte continue ainsi…

« Mais cette entreprise me semblant fort grande, j’ai attendu que j’eusse atteint un âge qui fût si mûr, que je n’en pusse espérer d’autre après lui, auquel je fusse plus propre à l’exécuter ; ce qui m’a fait différer si longtemps, que désormais je croirais commettre une faute, si j’employais encore à délibérer le temps qu’il me reste pour agir. » (sic)

L’on pourrait rajouter que le philosophe atteint comme le postulant à la Franc-Maçonnerie le temps du Kairos , qu’il est prêt, et qu’il sait que le temps presse, qu’il doit agir. Il poursuit :

« Maintenant donc que mon esprit est libre de tous soins, et que je me suis procuré un repos assuré dans une paisible solitude, je m’appliquerais sérieusement et avec liberté à détruire généralement toutes mes anciennes opinions. » (sic)

 

Faut-il douter de tout jusqu’à douter de soi, douter de soi parce que nous serions trompés par nos sens. Descartes va jusqu’à émettre l’hypothèse que Dieu, serait un mauvais génie :

« Je supposerai donc qu’il y a, non point un vrai Dieu, qui est  la souveraine source de vérité, mais un certain mauvais génie, non moins rusé et trompeur que puissant, qui a employé, toute son industrie à me tromper. Je penserai que le ciel, l’air, la terre, les couleurs, les figures, les sons et toutes les choses extérieures que nous voyons, ne sont qu’illusions et tromperies, dont il se sert pour surprendre ma crédulité. » (sic)

 

La réalité perçue par nos sens ne serait qu’un songe. L’on voit ici combien est nécessaire ce doute méthodique, cette méditation exercice spirituel, pour donner du sens à notre vie, pour connaître la Vérité qui rend libre. Il nous faut bien partir, commencer notre recherche de la Vérité, de la Parole, de la Lumière. Il nous faut réécrire, après avoir fait le vide. 

 

Je cite Etty Hillesum dans ‘Une Vie Bouleversée’

« Je crois que la beauté du monde est partout, même là où les moments de géographie nous décrivent la terre comme aride, infertile et sans accident. Il est vrai que la plupart des livres ne valent rien, il nous faudra les réécrire. » (sic)

 

Quand on connaît la vie dramatique de Etty Hillesum, c’est un véritablement encouragement, pour écrire ou réécrire sa vie véritable, celle de l’esprit, avec la méthode du doute, avoir le courage de douter, pour construire sa foi personnelle, loin des dogmes. L’idée de Dieu, pour les Francs-Maçons n’est pas celle des religions, La foi maçonnique n’est pas une foi religieuse, c’est peut-être la foi en la Lumière spirituelle, éternelle, que chaque homme héberge en lui, dans le tabernacle de son âme.

 

Jean-François Guerry. 

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Publié le par Jean-Pierre Rousseau et Philippe Jouvert
Perceval et la Quête du Graal
Perceval et la Quête du Graal

Perceval et la Quête du Graal

MÉMOIRES DE CONFINEMENT

 

GRAAL DANS LA RECHERCHE DE LA PERFECTION

 

Ni passé, ni futur, quête dans le présent

Le presque initié, le profane cherchant

Suit le chemin qui conduit à la Vérité.

Travail constant sur soi-même en est la clé.

 

 

Sans relâche en se détachant du matériel,

Afin d’accomplir dans le spirituel,

Le noble chevalier pragmatique dans sa tête

Se doit de ne jamais perdre but de sa quête.

 

 

Le Graal c’est la Lumière, le clair sur l’obscur,

Rupture entre certitude et ouverture,

Nécessaire, à l’initié, pour progresser,

Et la construction de l’édifice s’achever.

 

Jean-Pierre Rousseau Gawr’né.

La nuit sur le Boulevard Saint-Michel

La nuit sur le Boulevard Saint-Michel

Rencontres…

On s’est croisé un soir sur un trottoir bondé
Du côté d’saint germain, et quand tu as souri
J’en fus tout retourné, j’en fus tant attendri,
Et je suis resté là, planté, à m’attarder,

Et le temps assassin nous inflige des maux

Que ne peuvent traduire mes rimes et mes mots

Et je sais que demain me trouvera fourbu

Ereinté et hagard comme celui qui a bu…

 

Tu n’t’es pas retournée, le boul’mich t’a croqué,
pourquoi suis-je resté vissé à ma terrasse
J’ai manqué de courage, j’ai craint de te choquer,
D’être réprimandé et remis à ma place


Et le temps assassin nous inflige des maux

Que ne peuvent traduire mes rimes et mes mots

Et je sais que demain me trouvera fourbu

Ereinté et hagard comme celui qui a bu…

 

La pluie a entonné son refrain clapotant,
Tandis que je ressasse, ce rendez-vous fugace,
Tandis que j’ai perdu depuis quelques instants,
Le souvenir d’un soir qui devient une farce…

 

Et le temps assassin nous inflige des maux

Que ne peuvent traduire mes rimes et mes mots

Et je sais que demain me trouvera fourbu

Ereinté et hagard comme celui qui a bu…

 

Des rencontres « hasard », des sourires timides,
Et puis dans les regards un authentique charme,
Témoignent qu’elle existe l’étincelle qui guide
Vers un p’tit bout d’bonheur qui fait aucun vacarme

 

Et le temps assassin nous inflige des maux

Que ne peuvent traduire mes rimes et mes mots

Et je sais que demain me trouvera fourbu

Ereinté et hagard comme celui qui a bu…

 

 

 

Le kiosque est toujours là, à côté de l’église,
Sur le boul’vard magique, je m’y promène encore,
Je m’attable en terrasse de la brasserie du Flore,
Guettant un souvenir qui toujours m’électrise.

Et le temps assassin nous inflige des maux

Que ne peuvent traduire mes rimes et mes mots

Et je sais que demain me trouvera fourbu

Ereinté et hagard comme celui qui a bu…

Les belles déambulent mais je reste invisible,
Solitaire et chagrin installé en automne,
Mais le cœur au printemps, exalté, accessible,
Espérant l’impossible, chasser le monotone…

Et le temps assassin nous inflige des maux

Que ne peuvent traduire mes rimes et mes mots

Et je sais que demain me trouvera fourbu

Ereinté et hagard comme celui qui a bu…

 

Philippe Jouvert.

MÉMOIRES DE CONFINEMENT

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Publié le par Jean-François Guerry
Dés les premiers regards...

Dés les premiers regards…

 

 

Quand j’ai reçu la Lumière, c’était il y a trente trois ans ou peut-être plus de 6000 ans, j’ai ressenti quelque chose d’indéfinissable, d’innommable, comme un secret soigneusement gardé, dont j’avais la responsabilité. J’entrais dans le monde des étants quittant le monde des ayants. Le secret enfoui au fond de ma mémoire, apparaissait grâce à la magie d’un rite magico-spirituel. 

 

Ce fut mon premier contact avec la Grande Lumière, le début, le commencement ‘l’initium,’ le point du jour. Ce n’était pas cette lumière artificielle qui éblouit et disparaît à la fin du jour. Cette Lumière est éternelle, elle brille toujours, elle grandit, éclaire, illumine.

C’est dans un état second que se dévoile cette Lumière quand le bandeau tombe, quand le souffle est communiqué, le souffle de l’autre, des autres, quand le livre s’ouvre au prologue.

 

Alors commence la longue route qui va vers le Visage de l’autre, des autres. L’exposition du Visage d’autrui, des autres la rencontre. Les autres qui me font face dans leur simplicité, leur dénuement est une expérience éthique et spirituelle. Là est sans doute, le secret qui mène au sacré, au divin.

 

Est-ce l’idée, la trace du Grand Architecte que je distingue dans le Visage d’autrui ? Est-ce la conciliation, le point de rencontre entre l’immanence et la transcendance qui apparaît, l’idée de la transcendance, presque lisible sur l’envers du triangle d’or ?

 

Est-ce l’explication de la table mystérieuse, de la table d’émeraude, de la similitude entre ce qui est en bas et ce qui est en haut et forme l’ensemble, le tout ?

 

Est-ce la révélation d’une métaphysique à hauteur d’homme, la révélation que cette transcendance est une forme d’immanence ?

 

Autant de questions, auxquelles tente de répondre Emmanuel Levinas avec sa métaphysique, que Bernard Forthomme résume au terme d’un article paru en 1980 dans la Revue Philosophique de Louvain ; citant d’abord Fénelon, dont le secrétaire fut Andrew Michael Ramsay qui s’est rendu célèbre avec son fameux discours, reconnu comme un des textes fondateurs de la Franc-Maçonnerie spéculative. Je cite pour extrait Forthomme à propos de Levinas :

 

« Cependant, pour approcher la spécificité de cette immanence, ne convient-il pas de laisser résonner le mot de Fénelon, selon lequel les « misères » de la Terre n’ont rien à envier aux merveilles des cieux ?

Cette immanence spécifique tient compte des tensions de la transcendance, une sensibilité d’emblée animée de responsabilité ; joie meilleure que l’ivresse de l’être surabondant qui se répand et se livre au premier étant à venir : responsabilité qui pousse à dire que chacun de nous est comptable devant tous, pour tous et pour tout, et soi plus que les autres. »

 

C’est peut-être là aussi un des sens de l’initiation maçonnique spécifique et de fait à la fois individuelle et collective, elle nous pousse à la conquête de l’absolu, de l’infini, au NEC PLUS ULTRA de la pratique des vertus, en n’oubliant notre responsabilité vis à vis de nos sœurs et de nos frères et de tous en général. Nous avons une responsabilité individuelle et collective, ce qui donne un sens à la culture de la fraternité, qui constitue finalement notre identité humaine. Identité qui combat la barbarie et défend la justice, lutte contre toutes les dictatures religieuses ou politiques.

 

Cet autrement « être » ou penser, c’est une responsabilité infinie de l’un pour l’autre, entrevue dès les premiers regards..

 

Jean-François Guerry.

Dés les premiers regards...

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