Un blog d'information, de conversations sur le thème de la Franc Maçonnerie, des textes en rapport avec la Franc Maçonnerie, comptes rendus et conseils de lectures.
Monsieur et Madame Oléum ont la joie de vous annoncer la naissance de leur fille Aline.
Monsieur et Madame Têtebaissée ont la joie de vous annoncer la naissance de leur fils Alphonse.
Monsieur et Madame Moifor ont l’honneur de vous annoncer la naissance de leur fils Ambroise.
Un Os dans le calendrier par Ursulo Anstress
Le Printemps.
Le 21 mars : Le printemps revient. La nature se réveille. Une vague d’érotisme déferle sur le monde. C’est le terrible mois de Kama-soustral.
Le 20 avril : Vos enfants commencent à s’inquiéter de leur passage dans la classe supérieure : il serait temps ! Plus que soixante jours avant la « sortie ». C’est le mois de Sprint final.
Le 20 mai : C’était à prévoir ! Vos bambins s’y sont pris trop tard : l’aîné qui va passer son bac en juin n’aura jamais terminé ses révisions. Il va rater son examen. Ça n’a pourtant pas l’air de l’ennuyer pour autant ! C’est le mois de j’m’en fous pas mal.
Ouvrir enfin les yeux, c’est peut-être un des bienfaits de ce confinement forcé. La première impression vue de ma fenêtre de Citadin, c’est le calme retrouvé. Les bruits de la nature ont repris leur place, ils ont chassé les bruits des machines. Les bouchons, les files comme disent nos cousins Belges ont disparu, l’on peut rentrer chez soi, en soi tranquillement. Cela nous ouvre un autre espace, une autre perspective.
Nous avons subi une sidération, une influence subite sur notre santé, presque une apoplexie, une perte de connaissance brutale, une perte de nos repères, de nos habitudes.
Nous sommes comme les habitants d’un astre qui a subitement disparu dans l’infini de la nuit étoilée. Nous sommes frappés au cœur, pourquoi un tel choc, parce que les autres, l’autre nous manque :
« Un seul être nous manque et tout est dépeuplé. »
Lamartine ne croyait pas si bien dire. Et là il n’y a plus personne, l’isolement nous confronte à notre « Je » à notre individualisme. Ce n’est pas un moment choisi de solitude, de repos, c’est une mise à l’écart de l’autre, une mise à distance, une distanciation obligatoire. Ce n’est pas cette distanciation volontaire par rapport à des personnages de fiction, c’est une distanciation réelle, vécue.
La franc-maçonnerie nous fait prendre conscience que seuls nous ne pouvons rien ou presque, qu’il nous faut leur secours. Sommes-nous subitement sourds et aveugles ?
L’écrivaine américaine Helen Keller devenue sourde et muette à l’âge de 19 mois a écrit :
« L’unique chose qui puisse être pire que d’être aveugle est d’avoir la vue, mais pas de vision. »
En ce moment où tout est figé, c’est un temps propice pour avoir une vision, ouvrir l’œil du cœur, pour avoir une vision de l’autre, pour agrandir notre vision de l’autre, en faisant grandir notre œil du cœur ; en écoutant notre maître intérieur.
Nos organes de la vue et de l’ouïe entretiennent une correspondance particulière avec notre intellect, bien plus que les autres sens. Notre vue cherche la Lumière, cette Lumière est présente en nous et dans l’autre, voir la lumière de l’autre c’est voir sa propre lumière, ce qui en ce moment n’est pas possible physiquement est propice à nous faire réfléchir à une autre vision de l’autre, plus désincarnée certes, mais plus spirituelle. S’ouvrir au monde de l’autre, c’est s’ouvrir au monde en général. C’est aussi en voir l’essence, et pour nous francs-maçons partager ensemble le désir du sacré.
La première chose que demande le profane sous le bandeau du secret, c’est de voir la Lumière. Cette Lumière que nous partageons ensemble. C’est avec l’œil du cœur :
« Que l’on peut voir ce que l’on est, et être ce que l’on voit ou connaît. »écrit Frithjof Schuon.
L’œil du cœur est ce qui nous guide vers notre être intérieur, nous donne une vision du chemin vers la spiritualité comme une force agissante. C’est aussi cet œil du cœur qui nous guide vers l’amour de l’autre.
Celui qui croît au ciel, ou aux forces de l’esprit, en un principe créateur quel que soit le nom qu’il lui donne, voit avec l’œil du cœur ; Il voit l’autre et se voit lui-même tel qu’il est réellement.
Le soufi Mancûr El-Hallâj dit :
« J’ai vu mon seigneur avec l’œil de mon cœur ; et je dis : Qui es-Tu ? Il me dit Toi ! »
Cette période d’isolement forcé, peut nous conduire à une solitude consentie propice à la méditation sur l’importance de l’amour fraternel, propice à une autre vision de l’autre, au manque que nous ressentons face à son absence physique. Mais aussi à une autre vision de l’autre, à une conversion de notre regard, voir l’autre autrement qu’avec nos yeux fatigués par nos habitudes, le voir avec bienveillance et fraternité, surtout en ce moment de sidération.
Deux textes sur le confinement, un rituel d'humour et d'amour fraternel.
Jean-François.
CONFINEMENT...
Les mots se saisissent de nos émotions, ou peut-être est-ce l’inverse… … la parole pourrait se faire l’écho de nos silences, de nos discrétions, de nos fuites. …. Les mots ont leur racine. Comme nous… Ils s’accrochent à leur sens, leur vrai sens.
Alors donnons un sens à un mot qui vient de s’échouer dans notre quotidien, et qui parle trop fort pour que nous ne l’entendions pas.
CONFINEMENT…
CONFINÉS, nous sommes confinés…. Aux confins, aux bouts pour certains d’un monde, à la frontière d’un espace, où nous avançons chaque jour vers un endroit reculé plus au moins vite, et plus ou moins conscient, dans un espace qui peut nous sembler immensément clos…
Nous pourrions nous approcher d’une autre frontière, celle que nous savions exister, qui nous semblait si éloignée de nous… Nous rentrons « à Notre maison », disent les enfants… il nous faudra nous y asseoir, sentir les limites géantes de ces murs, tout en ressentant la sécurité de ces pans érigés entre nous et un danger, nous entrons près de nos amours ou de nos haines, de nos différences, de nos indifférences, dans nos solitudes, dans nos mondes, de nos colères, l’extérieur ne barre plus le passage, n’édulcore plus l’intensité et nos vérités…
La salle de spectacle est fermée.
Avions-nous conscience que nous étions enfermés à l’extérieur, dans les sollicitations, isolés avec nos faux semblants, les yeux scellés à nos écrans, l’esprit asphyxié.
Avions-nous conscience de nous éloigner des bras, des mains, des rires, des baisers, de la chaleur des nôtres ?
Nos périmètres se réduisaient jusqu’à pour certains, l’oppression, l’épuisement… Avions nous conscience de chercher dans nos corps, désespérément la dimension nécessaire pour survivre…Que nous ne pouvions plus respirer qu’à des créneaux réservés où nous autorisions nos incarnations à s’étirer, prendre l’air, souffler, méditer…
Nous prenions des rendez-vous avec nous-même, maintenant l'agenda est libre. Nous avions brisé nos miroirs, plus de reflet, qu’avions nous peur de voir ? On a tourné le dos à une image réfléchie, à nos beautés, pour s’arguer de posséder la plus belle apparence sociale, économique, intellectuelle …
Et pendant tout ce temps, la nature continue à nous faire confiance, à nous suivre, misant sur nos humanités… Elle a sorti du tiroir, la psyché, le grand miroir inclinable à volonté et fait le tour d’un univers.
Regardons-nous !
Nous touchons ceux que nous aimons de l’autre côté de l’écran, de nos regards, et les mots viennent caresser nos liens… Doucement, nous passons de l’autre côté de nos démarcations, les langues déclinent le verbe aimer, les propos recourent au cœur, les claviers inscrivent au noir notre besoin d’être ensemble… les actes marquent la force de l’intention…le monde regarde enfin son voisin.
Et dans les endroits reculés de nos territoires, l’humanité continuait à veiller…Confiner, enfermer, isoler, boucler, reléguer, renfermer, mais aussi : « Toujours prêt à toucher aux limites de l’Être »… Dans un même moment, deux définitions occupent nos espaces… les opposés cherchent à révéler le meilleur de leurs enseignements …« L’ombre de la cage ne pourra jamais couvrir de son spectre la lumière qui se présente à la porte… »
L’HUMANITE EBRANLEE ET LA SOCIETE EFFONDREE PAR UN PETIT MACHIN.
Un petit machin microscopique appelé « coronavirus » bouleverse la planète. Quelque chose d’invisible est venu pour faire sa loi. Il remet tout en question et chamboule l’ordre établi. Tout se remet en place, autrement, différemment.
Ce que les grandes puissances occidentales n’ont pas pu obtenir en Syrie, en Libye, au Yemen, …..ce petit machin a pu l’obtenir (cessez-le-feu, trêve….).
Ce que l’armée algérienne n’a pu obtenir, ce petit machin l’a obtenu (le Hirak à pris fin).
Ce que les opposants politiques n’ont pu obtenir, ce petit machin l’a obtenu (report des échéances électorales).
Ce que les entreprises n’ont pu obtenir, ce petit machin l’a obtenu (remise d’impôts, exonération, credit à taux zéro, fonds d’investissement, baisse des cours des matières premières stratégiques…).
Ce que les gilets jaunes n’ont pu obtenir, ce petit machin l’a obtenu (baisse de prix à la pompe, protection sociale renforcée….).
Soudain, on observe dans le monde occidental que le carburant a baissé, les gens ont commencé à avoir du temps, tellement de temps qu’ils ne savent meme pas quoi en faire. Les parents apprennent à connaître leurs enfants, les enfants apprennent à rester en famille, le travail n’est plus une priorité, les voyages et les loisirs ne sont plus la norme d’une vie réussie.
Soudain, nous réalisons que nous sommes tous embarqués dans le même bateau, riches et pauvres. Nous réalisons que nous avions dévalisé ensemble les étagères des magasins et constatons ensemble que les hôpitaux sont pleins et que l’argent n’a aucune importance. Que nous avons tous la même identité humaine face au coronavirus.
Nous réalisons que dans les garages, les voitures haut de gamme sont arrêtées juste parce que personne ne peut sortir.
Quelques jours seulement ont suffi à l’univers pour rétablir l’égalité sociale qui était impossible à imaginer.
La peur a envahi tout le monde. Elle a changé de camp. Elle a quitté les pauvres pour aller habiter les riches et les puissants. Elle leur a rappelé leur humanité et leur a révélé leur humanisme.
Puisse cela servir à réaliser la limite de l’intelligence humaine face à la force du ciel.
Il a suffi de quelques jours pour que la certitude devienne incertitude, que la force devienne faiblesse, que le pourvoir devienne solidarité et concertation.
Il a suffi de quelques jours pour que l’humanité prenne conscience qu’elle n’est que souffle et poussière.
Qui somme-nous ? Que valons nous ? Que pouvons-nous face à ce coronavirus ?
Rendons-nous à l’évidence en attendant la providence.
Interrogeons notre " humanité » dans cette « mondialité » à l’épreuve du coronavirus.
Le monde est en perpétuelle métamorphose, comme l’initié sur le chemin de la Lumière et de la Vérité. Il n’est donc jamais tout à fait l’homme neuf, régénéré qu’il désire être. Il peine à se débarrasser de ses bagages inutiles. Il est entre deux mondes, entre terre et ciel. Conscient de son devoir, mais pas toujours en capacité de le faire, il a, à se perfectionner.
Le monde avec cette crise sanitaire est dans un état de conscience particulier, un moment opportun à saisir, un Kairos, peut-être un moment de basculement, plu dans l’avant pas encore dans l’après.
Les collapsologues fleurissent avec le printemps, ils se répandent en même temps que le virus. Las ils sont prompts à dénoncer leurs propres turpitudes, il n’a jamais trop tard me direz-vous pour faire le bien de l’humanité, est-ce le bien ? Si oui les autres seraient le mal.
Ils ont perdu confiance, ils ont perdu la foi et l’espérance en leurs semblables. Il faut pour eux jeter le bébé avec l’eau du bain. Ils rêvent d’un monde totalement différent du monde d’avant, ou parfois du monde d’avant le monde d’avant.
Ils ont retrouvé la voie d’un manichéisme ancestral, ils sont le bien, et les autres, le mal leurs boucs émissaires ok Boomer.
Ils veulent dominer leurs passions, alors que l’autre serait par nature asservi aux siennes. Il existe pourtant une voie de sagesse, la voie du milieu de l’harmonie. Cette voie intermédiaire est celle de l’humilité. C’est une voie constructive, et c’est à mon avis le moment de réfléchir à cette voie, puisque nous avons une période de temps long.
Afin qu’au sortir de ce temps, nous puissions accélérer nos décisions, comme en temps de débâcle, quand le danger imminent, que le volcan gronde, rejette ses premières coulées de lave, il faut organiser le sauvetage, prendre la mer avec ce qui est nécessaire. S’interroger sur le fret que nous mettons dans le camion, quelle monture nous prenons pour aller le plus loin possible. Il faudra reconstruire le monde d’après. C’est le moment de penser par soi-même. Le moment de faire l’inventaire des encombrants inutiles que nous devons laisser sur place, oublier nos certitudes et nos excès. Oublier les objets dérisoires des plaisirs éphémères et embarquer avec nous nos désirs essentiels.
Trouver une place plus grande pour notre fraternité, notre solidarité pour la justice. Tous ces outils relégués au fond de l’atelier du monde d’avant, pleins des poussières de notre égoïsme, de nos ignorances, de nos fanatismes.
Pour avoir observé quelques collapsologues convaincus, leurs motivations sont louables. Ils mènent des combats nécessaires pour nous faire prendre conscience de nos excès. Ils ont aussi leurs limites, ils peuvent se nourrir en petites communautés dans des fermes biologiques et faire un peu de commerce équitable dans leur environnement immédiat. Mais ils ne peuvent pas être des parangons de morale, ou alors il faut qu’ils montrent l’exemple en renonçant à leurs téléphones portables par exemple construits à des milliers de kilomètres par des enfants, avec des matériaux extraits des mines par d’autres enfants. Leurs téléphones achetés grâce au R S A versé par les impôts de ces diables de capitalistes qui travaillent pour leur confort.
Non décidemment avec cette crise nous ne sommes plus tout à fait dans le monde d’avant, mais pas encore dans le monde d’après. Nous sommes peut-être au bord de la débâcle, à l’heure des choix, de l’espérance des bons choix. Il nous faut trouver la voie raisonnable, celle de l’harmonie et cela va nécessiter plus que jamais l’intervention de l’intelligence du cœur chère aux sœurs et aux frères, et sans doute un grand supplément d’âme.
Cet appel reçu à la rédaction de Terrestres constitue un variant d'un monologue originellement reçu par Lundimatin (que nous remercions). Passé par le système cellulaire de Terrestres, son message a quelque peu muté. Si elle n'a pas le mérite de l'antériorité, cette version mutante nous a semblé digne d'attention
MÉFIEZ-VOUS DES CHEFS AUTOPROCLAMÉS QUI MEFABRIQUENTCOMME ENNEMI!
Faites taire, cher.e.s humain.e.s, vos ridicules appels à la guerre. Nous autres, virus, nés il y a plus de 3 milliards d’années sommes des piliers du continuum de la vie sur Terre. Sans nous, vous n’auriez jamais vu le jour. 8% de l’ADN humain est d’origine virale et une partie code pour des protéines qui vous sont essentielles et vous constituent comme humains (pour le fonctionnement duplacenta notamment). Nous sommes vos ancêtres, au même titre que les pierres, les algues ou les singes.
Mais surtout, cessez de dire que c’est moi seul qui vous tue. Vous ne mourez passimplementde mon action sur vos tissus, mais de l’absence de soin de vos semblables.
Si vous n’aviez pas changéune planèteluxurianteetinfiniment diverse en un vaste désertpour la monoculture du Même et du Plus, je n’aurais pu m’élancer à la conquête planétaire de vos gorges.
Si vous n’aviez pas laissé une minorité s’accaparer une part croissante de la richesse de la planète, pas laissé vos dirigeants casser les services publics, vous auriez assez de lits, d’infirmières et de respirateurs pour survivre aux atteintes que je pratique dans vos poumons (entre 1998 et 2016, lenombre de lits en soin intensif pour 1000 personnesest passé de 5,4 à 2,7 en Italie, de 4,3 à 3 en France, de 7 à 6 en Allemagne).
Si vous ne laissiez pas vos médicaments et vos masques être fabriqués par des travailleuses surexploitées à l’autre bout du monde, et si vos territoires étaient autosuffisants en aliments sains, vous seriez aujourd’hui mieux préparés.
Si vous ne stockiez vos vieux dans des mouroirs et vos valides dans desconcentrationsde béton, vous n’en seriez pas là.
Si vous n’aviez rendu vosterritoiressi vides, si traversables à grande vitesse, croyez bien que je ne me déplacerais pas à la vitesse d’un aéronef.
Cessez donc de me blâmer, de m’accuser. Tout cela est infantile. Loin d’être votre ennemi, je ne suis qu’une alerte de plus sur une planète que vous avez vous-mêmes déréglée. Dans votre « Anthropocène », je n’ai de puissance que celle démultipliée par votre folie de la mise en « système», en « économie»et en « valeur»du monde.Méfiez-vous des chefsqui vous envoient par dizaines de millions vous entasser dans les bureaux de vote le dimanchepuisqui le lundi soirvousadministrentuneleçonpaternalistedecivisme sanitaireen medésignantcomme ennemi de la nation.Pensez par vous-mêmes, soyez solidaires.
JE SUIS VENU METTRE À L’ARRÊT LA MACHINE DONT VOUS NE TROUVIEZ PAS LE FREIN D’URGENCE
Je vous propose une conversion du regard.8,8 millions depersonnes meurent chaque année par la pollution de l’air dans le monde : il se pourrait donc bien que, par l’arrêt des machines industrielles, j’évite cette année plusieurs millions de décès ! Voyez donc en moi votre sonneur d’alerte plutôt que votre fossoyeur.Je suis venu mettre à l’arrêt la machine dont vous ne trouviez pas le frein d’urgence.J’ai suspendu le fonctionnement dont vous étiez les otages pour donner à voir l’ineptie de votre organisation sociale et de votre modèle économique. « Déléguer notre alimentation, notre protection, notre capacité à soigner notre cadrede vie à d’autres était une folie (…) Il n’y pas de limite budgétaire, la santé n’a pas de prix » :voyez comme vos gouvernantsreconnaissentsoudainleur politiquecommenuisible!Vous n’êtes pour eux que supports de la reproduction de leur système : ils sont pires qu’un virus.
Sans moi, combien de tempsvousaurait-on encore fait passer pournécessairestoutes ces choses dont on décrète soudain la suspension ?La consommation, la mondialisation, la plupart des activités salariées, les concours, le trafic aérien, les limites budgétaires, les élections, les salles de fitness, les spectacles de masse… : tout cela était donc « non essentiel », sans nécessité ! Soyez debout dans l’épreuve de vérité des semaines prochaines : vous allez enfin habiter votre propre vie, sans les mille échappatoires qui, bon an mal an, font tenir l’intenable. Vous allez désormais vivre avec vos proches. Vous allez habiter chez vous.Vous allez cesser de toujours courir, de travailler plus pour gagner plus ou moins. Vous haïrez peut-être votre mari. Vos enfants vous taperont sur les nerfs. Mais avant le COVID, vos vies étaient souvent plus vides, vous n’étiez guère présent.e.s au monde. Il n’était plus vivable qu’à la condition de fuir sans cesse. Il fallait s’étourdir de mouvement, d’achats, de distractions et d’une sociabilité ivre, qui n’était que le revers de vos solitudes angoissée. Tout était tellement efficace que rien n’avait plus de sens. Remerciez-moi pour tout cela, et bienvenue sur terre !
RIEN NE DIT QUE LE NON-MONDE D’AVANT REVIENDRA :PENSEZ PAR VOUS-MÊMESET CHOISISSEZ LA VIE
Grâce à moi, pour un temps indéfini, vous ne travaillerez plusautant,vos enfants n’iront pas à l’école. Ce qui s’ouvre devant vous, ce n’est pas un espace délimité de vacances, c’est une immense béance, riche de bien des possibles. Je vousdésœuvre.Rien ne dit que le non-monde d’avant reviendra. Toute cette absurdité rentable (pour qui?) va peut-être cesser. A force de n’être pas payé, quoi de plus naturel que de ne plus payer son loyer ? Pourquoi verserait-il encore ses traites à la banque, celui qui ne peut de toute façon plus travailler ? N’est-il pas suicidaire, à la fin, de vivre là où l’on ne peut même pas cultiver un jardin ?Je vous place au pied de la bifurcation : la vie oul’économie. A vous de choisir !
L’enjeu est historique. Soit les gouvernants vous imposent leur état d’exception, soit vous inventezensemblele vôtre.Soit vous vous bornez à suivre les consignes d’en haut, soit vous vous rendez disponibles aux vérités qui se font jour. Soit vous employez le temps que je vous donne pour imaginer et construire le monde d’après à partir des leçons de l’effondrement en cours, soit celui-ci s’aggravera. Le désastre cesse quand cesse l’économie capitaliste. L’économieestle ravage.
Face à moi, ne cédez ni à la panique ni au déni.Encore moins aux hystéries biopolitiques orchestrées sur grand écran par le«chef de la nation». Les semaines qui viennent vont être déprimantes, terribles, cruelles. Celles et ceux qui veulent prendre soin de la vie devront se faire des habitudes nouvelles, et qui leur seront propres. M’éviter sera l’occasion de cette réinvention, de ce nouvel art des distances dans la solidarité.Chacun saluera comme il/elle voudra.Ne faites pas cela « pour lepays » ni pour obéir au gouvernement, faites cela par amour dela vie. Prenez soin de vos ami.e.s et voisin.e.s, de vos amours et de votre jardin. Repensez avec eux, souverainement, une forme juste de la vie. Faites desclustersde vie bonne, étendez-les, et je ne pourrai rien contre vous.Ceci est un appel non au retour massif de la discipline, maisde l’attentionet de l’entraide.
Quelle autremoyenme restait-il pour vous rappelerla puissance quiest en vous?
JONATHAN CRARY Né en 1951, il enseigne l’histoire de l’art et de l’esthétique à l’université de Columbia à New York depuis 1989. Il a écrit plusieurs ouvrages, dont deux qui seront traduits en Français. Sur les deux ouvrages traduits, un m’a étonné pour un Américain : «24/7 Le capitalisme à l’assaut du sommeil. » Il adopte une démarche proche de Michel Foucault ; quand le
L'acronyme VITRIOL les douze clefs de la philosophie de Basile Valentin Paris 1659
LA MORT INITIATIQUE
« Les planètes errantes restent dans le ciel la terre est semblable à elles par sa production de métaux. Le Soleil est le père de la pierre, l’errante Cynthia (lune) est sa mère, le vent a emmené le fils en son sein et la terre l’a alimenté. »
Je succombe aujourd’hui à une forme paresse provisoire, qui m’oblige à suspendre pour une journée mes travaux personnels, j’ai besoin de reprendre des forces. Un besoin de temps long sans doute et pourtant, nous sommes servis, question de temps long en ce moment ! Une sorte d’essoufflement sans doute, non Covid heureusement.
Et je pense avec regret aux deuxièmes Rencontres Maçonniques de Kerdréan qui devaient avoir lieu les 10 avril et 10 mai toutes les deux reportées sans doute après l’automne. Le 10 avril Jean-Claude Sitbon devait nous donner une conférence sur le thème de la Mort Initiatique en Franc-Maçonnerie, et Hervé Deroeux sur la Symbolique de la Construction des Cathédrales.
Bien que les deux thèmes semblent éloignés, ils sont intimement liés. Il s’agit bien de mourir et de renaître plus radieux que jamais. De la construction d’un temple de pierre et d’un temple de l’esprit, de la construction de l’homme en général et de faire de lui un temple capable d’accueillir le divin en lui. Pour cela il faut mourir aux ténèbres et renaître à la Lumière, dans un cycle continuel de perfectionnement.
La Mort Arcane XIII
Celui qui faire en sorte de voir l’ordre surgir après le chaos, doit passer par l’épreuve de la terre, descendre découvrir la pierre cachée du philosophe, le V I T R I O L, pour pouvoir remonter ensuite à la lumière. Post tenebras lux… L’initiation au Nadir précède celle au Zénith, ainsi le temple recouvre toute la surface de la terre.
Le feu obscur de l’âme, ne contient pas seulement le mal, mais aussi un roi couronné, celui de l’Art Royal. La réunion des contraires doit s’opérer, le maître n’ignore pas ses passions, il cherche à les dominer quand elles sont des vices et les cultiver quand elles sont des vertus. Par purifications lentes et progressives, vers une véritable métamorphose, pour pouvoir entrer par la porte du dedans. Mourir, renaître.
Quelques lignes extraites du livre le Retour d’Henoch de Fermin Vale Amesti, alias Albanashar Al Wali sur le thème de la Mort Initiatique. L’auteur a repris des textes anciens :
« Aucun homme ne peut, sans mourir, franchir les barrières d’ignorance existentielle qui bornent son humanité. L’initiation est une mort, et toute mort est une initiation, c’est-à-dire une mort avec compensation qui exige toujours une renaissance à un tout autre état sans commune mesure avec le premier… »Jean d’Encausse
« En vérité, en vérité je te le dis : à moins de naître à nouveau, nul ne peut voir le royaume de Dieu. » Jean 3-3
« Les hommes vivent de mort et meurent de vie. Vie et mort, veille et sommeil, jeunesse et vieillesse, sont une même chose : elles sont mutuelles métamorphoses. » Héraclite d’Éphèse.
Un poème intitulé Mort et Vie de l’Espagnol José Maria Bianco illustre bien le cycle du temps, le cycle mort et vie, le cycle ténèbres lumière, le chemin du réel.
« Adam, en voyant pour la première fois la nuit qui allait éliminer et éteindre le monde, crut que, avec l’astre moribond, c’était la création qui agonisait.
Mais ensuite, en voyant les doux corps lumineux, apparaître et grouiller dans un second Univers sans fin...enveloppé dans un profond spasme de gratitude, il prie et attend.
Un nouveau soleil en voilait mille : son coucher fut un nouvel orient, et bientôt cette lumière endormie réveilla le même Adam, pure et brillante.
Pourquoi la mort intimide-t-elle l’âme ? Si la lumière trompe tellement doucement, pourquoi la vie doit-elle aussi nous tromper … ? »
Diagramme du Temple de Salomon selon la vision d'Ézéchiel
C’est à cette supplique universelle que l’on reconnaît les Mystes de toutes les traditions, ceux qui ont été initiés aux petits mystères et recherche la grande voie, ils sont prêts à mourir aux préjugés. Ils supplient : conduisez-moi des ténèbres à la Lumière.
Monsieur et Madame Souhalor ont l’honneur de vous annoncer la naissance de leur fils Aimé.
Monsieur et Madame Publick ont l’honneur de vous annoncer la naissance de leur fils Alban.
Monsieur et Madame Gamote ont la joie de vous annoncer la naissance de leur fils Albert.
Pierre Dac.
En cette période très médiatisée, il est important d’avoir des nouvelles fraîches du monde entier de Tripoli et d’ailleurs. Ainsi dans la série les grands reportages de l’Os à Moelle, j’ai reçu des nouvelles de Pierre Maxime compère de Pierre Dac au sujet de sa note de frais.
La note de frais d’un taxi pour Tobrouk : « Tripoli pour être honnête »
Le 13 Novembre 1939-1945 Stop : Les Anglais reprennent Tobrouk, en Libye… À l’époque grand reporter à ‘La Triperie du Gatinais’, je me trouvais sur place. Je me souviens… Seul, dans le désert, je guettais fébrilement un taxi qui m’emmènerait à Tobrouk, où je pourrais assister au combat et câbler mes impressions au journal. Las ! Pas le moindre taxi à l’horizon. Seul de temps à autre un Mirage traversait le ciel en vrombissant. Mais avez-vous déjà essayé de héler un avion ?
Je demandais donc à un autochtone qui passait par là : « Où est-ce que je pourrais trouvé un taxi pour Tobrouk ? « Ti te postes devant le Magic-Palace à la Porte des Lilas, me répondit-il, il passe tous les soirs à 9h » Cet homme était fou : le soleil, le jour et la lune, la nuit devait lui taper sur la tête.
Je continuai donc à héler dans le désert, hagard comme Saint-Lazare. J’étais à bout de force lorsque le taxi arriva. Je faillis défaillir en constatant qu’il n’était pas libre. Il y avait à l’intérieur Lino Ventura, déguisé en fusilier marin, P’tit Charles Aznavour costumé en médecin militaire, Hardy Krüger sapé en capitaine allemand, Maurice Biraud comme d’habitude et un autre dont je ne rappelle plus le nom. Néanmoins ils m’acceptèrent avec eux.
J’ai retrouvé le double de la note de frais de cette course. En voici le détail :
Prise en charge : 10 dinars (prix majoré pour conduite de nuit)
Prise en surcharge : 10 dinars
Supplément pour cause d’embouteillage causé par le croisement d’une colonne de chars : 5 dinars
Deux goulées à la gourde du conducteur : 8 dinars
Un double album du P’tit Charles Aznavour : 800 dinars
Un code de la route franco-allemand : 100 dinars (dans ce taxi chaque passager devait aider le conducteur à interpréter les signaux de la piste)
Un biscotte et deux boîtes de corneed-beef : 250 dinars
Une amende pour ne pas avoir poussé assez fort quand le taxi était enlisé : 160 dinars
Une taxe d’itinéraire pour transport hors des villes : 40 dinars
Amortissement du matériel pour conduite hors voies délimitées : 300 dinars
Assurance contre obus, mines, et tempêtes de sable : 1000 dinars
Prix de la course au compteur et pourboire : 5 000 000 dinars
Sans compter le moment où l’on a été bloqué par un gigantesque feu rouge (un puits de pétrole qui s’est enflammé.. et, pendant ce temps là, le compteur tournait) et la course du retour qu’il m’a fallut payer à un conducteur qui à prétendu qu’il ne trouverait personne à charger dans l’autre sens, puisque nous nous trouvions dans le désert…
Mon journal a payé et a cessé de paraître… Pierre Maxime.
C’est factuel, nous sommes de corps et d’esprit, une lapalissade me direz-vous ! Allons plus loin, la dixième satire de Juvénal parle de mens sana in corpore sano (Un esprit sain dans un corps sain). Cette dixième satire fait partie d’un corpus de seize satires (voir à la fin de texte la traduction de la première satire).
Juvénal a sans doute été inspiré par la spiritualité antique, constatant la dégradation du monde qui l’entourait, il s’est fait moraliste. Son affirmation a été relayée par Pierre de Coubertin, créateur de l’esprit olympique moderne, lui-même inspiré par les valeurs, les vertus du miracle Grec. Il y a dans cette formule une volonté d’harmonie, de liberté du corps et de l’esprit. Une inspiration à la fois pour le sport de haut niveau, et pourquoi pas pour une élévation d’esprit.
Montaigne dans le livre I de ses Essais au chapitre 55- Sur les Odeurs. Démontre son intérêt pour la santé du corps. François Rabelais médecin du corps à l’esprit truculent ne dédaigne pas non plus la formule. Il parle de tête bien pleine, alors que Montaigne parle de tête bien faite. Mieux encore Rabelais incite au développement physique, mais aussi moral spirituel quand il dit-il faut apprendre : la Chevalerie et les armes. On peut penser qu’il visait dans la Chevalerie sa spiritualité, ou au moins ses vertus.
Après la Renaissance, les Lumières ont proclamé le Sapere Aude (Pensez par vous-mêmes d’Horace) repris par Emmanuel Kant qui en fit la devise des Lumières.
Les satires de Juvénal sont une critique acerbe, sans pitié de son époque. Esprit libre, poil à gratter, nous dirions aujourd’hui lanceur d’alertes. Kant retient de ses satires leur caractère moralisateur. Ce fut sans doute un poète qui disait la vérité, il a été condamné puis exilé en Égypte.
Nouvelle Méditation informatique
Les préoccupations de Juvénal sont encore d’actualité, il nous faut, nous préoccuper de notre corps et de notre esprit de leur intégrité, de leur défense.
L’état de confinement dans lequel nous sommes, est propice me semble-t-il à cette réflexion. Sommes-nous toujours libres de corps et d’esprit ? Parvenons-nous à réaliser l’harmonie entre les deux ? Ou sommes-nous déposséder à la fois de notre corps et de notre esprit ?
J’aurais tendance à dire partiellement, comme dans une sorte de copropriété non choisie, et gérer par un syndic non élu dont le nom s’appelle GAFAM. Nous avons renoncé à une partie de nous-mêmes, par faiblesse et confort.
Force est de constater que nous sommes de plus en plus connectés à des objets électroniques qui sous prétexte de nous libérer des tâches quotidiennes dévalorisantes, interviennent dans notre vie, et rendent obsolètes les interventions de notre corps.
Alexis Jenni parle dans un article récent de décorporisation, celle-ci étant bien sûr amplifiée par le confinement, période où nous ne pouvons même plus nous serrer la main. Il écrit :
« Avouons-le, on est mieux en confinement avec cette quincaillerie que sans, parce que sans téléphone et sans internet ce serait bien pire qu’avec ce serait un isolement radical, monacal, carcéral, et on n’est pas tous faits pour ça. »
Pourtant il y a, je dirais un côté angoissant, presque terrifiant, puis-je vivre sans mes applications ? Et je sais par ailleurs qu’elles sont pilotées par des serveurs pas toujours sympathiques, mais plutôt très informatiques, des Starts up souvent éphémères revendues à d’autres Starts up, qui sont elles des stars dans leur domaine et souvent impérialistes. Elles sont situées à l’autre bout du monde, on s’émeut facilement de la délocalisation d’une usine textile, et en même temps l’on se précipite pour se vendre à ces GAFAM.
Intelligence Animale
Nous avons après la décorporisation de notre corps, procédé à sa délocalisation. C’est une « face de bouc » qui dirige notre vie quotidienne, et une Amazone avec sa monture UPS qui nous apporte à notre domicile notre viatique. Restez chez vous, dormez, connectez-vous, on s’occupe de tout, on s’occupe de vous. Nous sommes devenus addicts au Botox de la silicone valley, et nous serons bientôt transformés, par l’intelligence artificielle, le rêve !
Alexis Jenni cite Marc Zuckerberg un des jeunes empereurs de la planète qui dit et en plus semble le croire, ce qui est encore plus grave :
« Se connecter c’est bien, quand nous serons tous connectés, le mal disparaîtra. »
Le Dieu Marc décide pour nous ce qui est bien et ce qui est mal. De tels propos placés dans la bouche d’un religieux lui vaudrait au minimum une fiche S. Une surveillance rapprochée pour qu’il ne tombe pas dans l’intégrisme et le terrorisme.
Vos oreilles et vos paroles
Bonne nouvelle, non pas pour le peuple, mais pour la foule qui cherche la Lumière et la Vérité elle est à portée de Smartphone, à portée de clic. Nous avons même retrouvé la Parole Perdue, le Dieu Marc et ses apôtres l’on mise en vente libre dans leurs enceintes connectées.
Le nouveau monde est arrivé, la Jérusalem informatique est descendue sur terre, les GAFAM ont pris possession de notre corps et de notre esprit, plus besoin de se sentir, de se voir, ni même de se serrer la main.
J’ai quand un petit doute sommes-nous encore sains de corps et d’esprit ? Pouvons-nous encore Sapere Aude (Penser par nous-mêmes), au fait qu’en pensez-vous ?
Jean-François Guerry.
L'Acacia méconnu
SATIRE I- DE JUVENAL. Pourquoi Juvenal compose t’il ses satires Traduction de Jean Dusaulx 1770
Écouterai-je toujours, et ne répliquerai-je jamais, tourmenté tant de fois par la Théséide de Codrus, qui s'enroue à la déclamer ? C'est donc impunément que l'un m'aura récité ses comédies, l'autre ses élégies ? Impunément j'aurai perdu tout un jour à entendre l'éternel Télèphe, ou cet Oreste qui couvre tant de pages, et leurs marges et leurs revers, quoiqu'il ne soit pas encore achevé ?
Non, personne ne connaît mieux sa propre maison que je ne connais, moi, le bois consacré à Mars, et l'antre de Vulcain voisin des roches Eoliennes. Je n'entends plus chanter que les tempêtes enfantées par les vents, les supplices infligés par Eaque aux ombres criminelles, les exploits de celui qui ravit la toison d'or, et les combats du centaure Monychus, lançant contre les Lapithes des arbres entiers : les jardins de Fronton, les statues, les colonnes, tout en retentit, tout en est ébranlé ; et il faut essuyer ces lieux communs du plus grand comme du moindre des poètes.
Et nous aussi, nous avons tremblé sous la férule ; et nous aussi, apprentis orateurs, nous avons conseillé à Sylla de goûter, en citoyen privé, les douceurs du sommeil. Lorsque les poètes fourmillent ici de toutes parts, ce serait pousser la discrétion jusqu'à la sottise, qued'épargner un papier qu'ils vont salir.
Mais pourquoi choisir de préférence la carrière déjà parcourue par le célèbre nourrisson du pays des Aurunces ? - Avez-vous un instant de loisir ? puis-je compter sur une oreille impartiale ? Écoutez.
Quand un eunuque ose se marier ; quand Mévia, le javelot en main et le sein découvert, attaque un sanglier farouche ; quand ce barbier, qui me rasait dans ma jeunesse, le dispute, lui seul, en richesses à tous nos patriciens ; quand un homme de la plus vile populace d'Égypte, un Crispinus, autrefois esclave dans Canope, rejette nonchalamment sur ses épaules la pourpre tyrienne, et, les doigts en sueur, agite ses bagues d'été, trop délicat pour supporter des anneaux plus pesants, il est bien difficile de se refuser à la satire. Serait-il, en effet, dans cette ville corrompue, un mortel assez patient, assez insensible, pour se contenir à la rencontre de l'avocat Mathon, remplissant de sa rotondité une litière qu'il ne possède que d'aujourd'hui ? à la rencontre de ce délateur d'un illustre patron, prêt à ravir aux nobles qu'il ruina les débris de leur fortune ? Massa le craint, Carus tâche de l'adoucir par des présents, et le tremblant Latinus lui livre son épouse Thymèle. Peut-on se taire quand on se voit légitime héritier, supplanté par ceux qui ne doivent leur place dans les testaments qu'à leur honteux service de nuit, et qui, des bras d'une vieille opulente, car c'est aujourd'hui le chemin de la fortune, s'élèvent jusqu'au faîte des honneurs ? Proculéius n'obtient qu'une part de la succession, Gillon reçoit les onze autres : chacun hérite à proportion de sa virilité. Qu'ils trafiquent de leur sang, et puissent-ils devenir aussi pâles que celui dont le pied nu a imprudemment foulé un serpent, ou qu'un rhéteur prêt à monter à la tribune de Lyon !
Dirai-je quelle indignation m'enflamme et me dévore, quand je vois ce ravisseur des biens d'un pupille réduit au dernier opprobre embarrasser les rues de son nombreux cortège ? Quand je vois cet autre vainement condamné (pourvu que l'argent reste, qu'importe l'infamie ?), ce Marius, qui, dans son exil, commence à boire dès la huitième heure, et jouit de la colère des dieux, tandis que toi, province victorieuse, tu pleures tes pertes non réparées ? Et je ne rallumerais pas la lampe du poète de Vénusie ! Et je ne flétrirais pas de tels excès ! Irai-je retracer les fables d'Hercule ou de Diomède, le labyrinthe retentissant des cris du Minotaure, Dédale franchissant les airs d'un vol audacieux, et le jeune Icare tombant au sein des flots, lorsqu'un infâme, feignant de compter les solives et de ronfler sur les verres, obtient dans le testament des galants de sa femme la place qu'elle ne peut elle-même accepter ? Lorsque cet autre prétend commander nos cohortes, pour avoir consumé le bien de ses ancêtres à nourrir des chevaux, pour avoir fait voler un char sur la voie Flaminie ? Car, nouvel Automédon, il guidait celui dans lequel Néron caressait sa bizarre maîtresse. Je ne remplirais pas mes tablettes en plein carrefour, lorsqu'un faussaire, qu'un sceau contrefait, qu'un testament supposé, comblèrent d'honneurs et de richesses, affecte dans sa litière, ouverte des deux côtés et portée par six esclaves, les airs d'un Mécène dédaigneux ? Voici cette noble matrone, qui, pour apaiser la soif de son époux, lui présente un vin dont la douceur perfide recèle le venin d'un reptile, et qui, plus consommée que Locuste, enseigne à ses parentes novices l'art d'envoyer au bûcher, à travers les rumeurs du peuple, les cadavres livides de leurs maris empoisonnés.
Voulez-vous parvenir ; osez quelque forfait digne de Gyare et des cachots : on vante la probité, et elle se morfond. C'est le crime qui donne ces jardins, ces palais, ces tables précieuses, ces chefs-d'oeuvre antiques, et ces coupes, dont un chevreau en relief décore le contour. Un père qui corrompt la femme avare de son fils, des épouses infâmes et des adolescents déjà souillés par l'adultère, tout cela permet-il qu'on se livre au sommeil ? Non ; et si la nature a refusé le génie, l'indignation du moins dicte des vers, quels qu'ils soient, des vers tels que nous en faisons, Cluviénus et moi.
Depuis que la barque de Deucalion fut soulevée par les eaux du déluge jusqu'au sommet du Parnasse ; depuis que ce fils de Prométhée consulta l'oracle de Thémis ; que des cailloux amollis reçurent par degrés la chaleur du sentiment ; que Pyrrha fit éclore des filles nues, aux yeux des hommes surpris, toutes les actions des mortels, tous leurs sentiments, désir, crainte, colère, volupté, joies, intrigues, seront la matière de mon livre. Quand le torrent du vice fut-il plus rapide, le gouffre de l'avarice plus profond, la manie des jeux de hasard plus effrénée ? Non content de venir aujourd'hui avec sa bourse, le joueur fait apporter son coffre-fort. C'est là, dès que les instruments du jeu sont distribués, que vous verriez naître les plus funestes débats ! Perdre cent mille sesterces, et ne pas vêtir un esclave transi de froid, n'est-ce que de la fureur ?
Autrefois nos ancêtres bâtissaient-ils tant de maisons de plaisance ? leurs soupers clandestins étaient-ils à sept services ? Une mince sportule attend maintenant la foule des avides clients à l'entrée du vestibule. Encore a-t-on soin d'examiner vos traits, de crainte que, sous un nom supposé, vous n'usurpiez la portion d'un autre : vous ne recevrez rien avant d'avoir été bien reconnu. Alors, le magnifique patron fait appeler, par un crieur, tous ces fiers descendants d'Enée (car les plus nobles personnages, confondus dans la foule, assiègent aussi sa maison) : «Donnez d'abord au préteur, dit le maître ; donnez ensuite au tribun. Mais cet affranchi est arrivé le premier. - Oui, je suis le premier, et je ne craindrai point de défendre mon rang : je suis né sur les bords de l'Euphrate, et mes oreilles percées déposeraient contre moi, si je voulais le nier. Mais les cinq boutiques me produisent quatre cent mille sesterces de revenu. La pourpre des sénateurs a-t-elle rien de préférable. Lorsqu'on voit Corvinus réduit à garder un troupeau étranger dans les champs Laurentins ? Je suis plus riche, moi, que Pallas et Licinus : les tribuns attendront». Que les richesses l'emportent ; que celui qui naguère arriva dans Rome avec les pieds marqués de craie ne cède point la préséance aux premiers magistrats, puisque ton culte parmi nous, funeste argent, est le plus auguste et le plus sacré, quoique nous ne t'ayons point encore érigé de temples ni d'autels, ainsi qu'à la Paix, la Victoire, la Bonne Foi, la Vertu, la Concorde, dont le sanctuaire retentit des cris de la cigogne, quand elle salue son nid au retour du printemps.
S'il est vrai que les premiers de l'Etat supputent à la fin de chaque année les produits de la sportule, et de combien elle accroît leurs revenus, que feront les malheureux clients, qui n'ont que cette ressource pour se vêtir, se chauffer, se nourrir et s'éclairer ? Voyez-vous cette foule de litières voler à la rétribution ? L'époux y traîne sa femme enceinte ou languissante. Un d'entre eux (son stratagème est maintenant connu), montrant une litière fermée, demande la sportule pour son épouse absente. «C'est ma Galla, dit-il ; expédiez-nous promptement : que tardez-vous ?... Galla, mets la tête à la portière... Elle repose, ne la tourmentez pas».
Examinons les dignes soins qui partagent le reste de la journée. Après la sportule, on escorte le patron au Forum, où l'on voit et la statue d'Apollon, si connue des plaideurs, et les statues triomphales de plusieurs généraux, parmi lesquelles je ne sais quel Égyptien, quel chef d'Arabes, osa faire ériger la sienne, décorée de superbes inscriptions, monument, il est vrai, que chacun peut souiller à son gré. Excédés de fatigue, les plus anciens clients se retirent enfin, et renoncent à un repas si longtemps désiré. Trompé dans son espoir, chacun court acheter des légumes, et du bois pour les cuire. Cependant le monarque de cette troupe famélique, assis au milieu de ses lits sans convives, dévore ce que les forêts et les mers fournissent de plus exquis : de cent tables qu'il possède, belles, spacieuses, antiques, une seule lui suffit pour épuiser un patrimoine immense. - Tant mieux ! Nous n'aurons plus de parasites ! - Mais ce luxe sordide en sera-t-il moins insupportable ? Conçoit-on la voracité d'un homme qui se fait servir, pour lui seul, un sanglier tout entier, qui semblait destiné aux nombreux convives d'un somptueux festin ? Au reste, le châtiment suit de près ton intempérance, lorsque, gonflé d'aliments, et l'estomac surchargé d'un paon mal digéré, tu cours, au sortir de la table, déposer tes vêtements et te plonger dans le bain. De là tant de morts subites, tant de vieillards intestats. La nouvelle récente d'un tel événement égaye nos soupers : les amis du défunt, furieux d'avoir été frustrés, le conduisent sans regrets au bûcher.
La postérité n'ajoutera rien à la dépravation de nos moeurs : je défie nos neveux de surpasser leurs pères. Le vice est au comble : déployons toutes nos voiles. - Un moment, direz-vous : es-tu doué d'un génie égal à ta matière ? Tel que tes devanciers, te sens-tu capable de céder franchement à toutes les impulsions de ton âme enflammée ? - Qui donc craindrai-je de nommer ? Que m'importe la haine de Mucius, ou son indifférence ? - Soit : mais nomme Tigellinus... que quelqu'un s'en avise : son cadavre empalé servira de fanal, et, traîné sur l'arène, il y tracera un large sillon. - Quoi ! Cet empoisonneur qui fit périr trois de ses oncles sera, dans sa litière, mollement assis sur le duvet, d'où le monstre laissera tomber sur moi ses regards méprisants ? - S'il vient à ta rencontre, presse du doigt tes lèvres impatientes : le délateur n'attend, pour t'accuser, que ces seules paroles : Le voilà. Tu peux, avec sécurité, mettre Turnus aux prises avec Enée : la mort d'Achille ne choquera personne, ni celle du jeune Hylas cherché vainement après qu'il eut suivi son urne dans les flots. Lorsque l'ardent Lucilius, au contraire, frémissant d'une généreuse indignation, s'arme de sa plume, comme d'un glaive menaçant, le criminel rougit et sent son coeur se glacer ; la sueur des remords se répand dans son sein : de là cette rage et ces pleurs, avant-coureurs de la vengeance. Réfléchis donc, tandis que la trompette n'a pas encore donné le signal : le casque en tête, il n'est plus temps de reculer. - Eh bien ! Voyons ce que l'on permet contre ceux dont les cendres reposent le long de la voie Latine et de la voie Flaminie.