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la Franc Maçonnerie au Coeur

la Franc Maçonnerie au Coeur

Un blog d'information, de conversations sur le thème de la Franc Maçonnerie, des textes en rapport avec la Franc Maçonnerie, comptes rendus et conseils de lectures.

Publié le par jean françois
UNE CATHÉDRALE HISTORIQUE - LOGE KLEIO
L'ANNÉE D'APRÈS LE JOUR D'APRÈS
UNE CATHÉDRALE HISTORIQUE - LOGE KLEIO
Un travail de Loge au pied de la Cathédrale de Paris , par la Loge Kléîo

Avec l'aimable autorisation de Claude.

Jean-François Guerry.

NOTRE-DAME DE PARIS : Cathédrale historique.

Nous traiterons simultanément la construction de Notre-Dame à travers l'histoire de France et les différents avatars et heureux évènements qui sont arrivés à une Dame qui a eu 800 ans en 1963. Son père,l'évêque Maurice de Sully peut être fier de cette église qui fut la 4ème à cet emplacement et de sa destinée immortalisée à tout jamais.

La construction commença en 1163 parmi les premières cathédrales d'un type nouveau en France. La France de l'époque entière entreprenait de reconstruire toutes ses Eglises cela au XIIème siècle. Chaucun sait ce que représente le choeur: c'est la tête du Christ sur la Croix et le plan de Notre-Dame comme celle de

toute église est celui d'une croix, celle de la Crucifixion. Mais le choeur ne fut pas construit n'importe où car sur le même emplacement à quelques pieds sous terre existaient des autels de pierre sur les bas-reliefs desquels figuraient : Jupiter, Vulcain, cueillant le gui sacré avec d'autres images paiennes en particulier

Esus le Dieu de la lumière. Ces reliques d'un autre temps, découvertes en 1711, sont conservées au Musée de Cluny. On y trouva aussi des. Dieux gaulois (Esus déjà cité avec Cernunnoz, Senertorios. Le Taureau aux 3 grues) mêlés à des Dieux romains (Vulcain, Mars, Vénus, Mercure, Castor et Pollux).Fut même relevée une dédicace, celle des bateliers des premiers siècles de notre ère ainsi écrite :

"Sous Tibère César Auguste, les nautes  parisiens ont élevé ce monument à Jupiter très bon, très grand." Or Tibère est contemporain de Jésus Chtist. On trouve

ainsi des Dieux celtiques mêlés à des Dieux romains, en effet, au milieu du IIIème siècle avant J.C. des Celtes : les Parisii faisant partie de la Tribu des Senones s'étaient fixés dans les vallées de la Seine et de l'Yonne lesquels furent conquis et annexés par Labienus un général de César.

Lorsque le Christianisme eut supplanté le paganisme dans Lutèce, le temple paien fut rasé et une église chrétienne fut construite dessus au Vlème siècle (la deuxième). Il n'est resté aucune trace de la première. Cette 2ème église fut construite quelque 20 mètres en avant des 2 tours actuelles -

sur le sol du parvis nous en voyons le tracé en petits pavés c'est-à-dire celui de 4 ou 5 de ses nefs. En sous-sol ont été retrouvés les vestiges de ses fondations édifiées sous le règne de Childebert ler (511-558), fils de Clovis, Roi des Francs; elle fut dédiée à Saint-Etienne, le ler martyr chrétien; ses dimensions étaient exceptionnelles pour l'époque : seules la dépassaient les basiliquesde Rome, Jérusalem ou Bethléem, soit 36 m. de largeur et 70 m. de longueur.

Tout près de là, à quelques 50 m. plus à l'Est, les Evêques voulu­rent une chapelle indépendante de Saint-Etienne et pendant 5 siècles ces deux églises suivirent leur destinée, l'une dédiée à Saint-Etienne, l'autre (celle à l'Est) à Notre-Dame. Celle-ci fut détruite par les Normands, puis rebâtie au XIIème.

Les deux premières cathédrales disparaîtront pour laisser place à Notre-Dame actuelle.

Il faut dire que l'Ile de la Cité était à cette époque très encombrée en constructions puisque Maurice de Sully pour acheminer les matériaux nécessaires fera percer la rue Neuve-Notre-Dame dont nous voyons encore le tracé sur le dallage du parvis. L'Ile de la Cité dont la population était enserrée entre les murailles construites après le passage des Normands était desservie par de nom­breuses églises; on en compte au début du XIIIème jusqu'à 17. C'était donc une

Ile sonnante. Il est émouvant de songer que sur cette petite île de la Seine :

  • la justice est rendue à l'Ouest depuis 1.000 ans.
  • le culte religieux depuis 2.000 ans.

La construction de Notre-Dame de Paris fut ainsi commencée en 1163 par le choeur (sur l'emplacement du temple paîen). 20 ans plus tard le maître autel était consacré et fut attribué au culte. Le nom de l'architecte-concepteur est resté inconnu; on sait en revanche que l'on doit à Jean de Chelles l'allon­gement des 2 bras du transept ainsi qu'à son continuateur Pierre de Montreuil, l'architecte présumé de la Sainte Chapelle avec Jean Ravy.

A l'époque, en France, Notre-Dame de Paris fut la plus vaste des cathédrales avec 130m. de long, 35 m. de hauteur sous voûtes et 69 m. pour les tours. Tous les architectes et artistes s'accordent pour reconnaître que Notre-Dame est surtout une cathédrale des mieux proportionnées, un authentique chef-d'oeuvre, une oeuvre pleine d'harmonie entre ses différentes composantes, sans excès, sans déraison, pondérée, équilibrée, pleine de grâce comme la Vierge à laquelle elle était dédiée, de laquelle se dégageait néanmoins la sagesse, la beauté et la force, les emblèmes de nos 3 colonnes du Temple.

Le vaisseau central ainsi que le transept sont couverts par des voûtes sexpartites qui embrassent chaque fois 2 travées couvrant une surface sensiblement carrée. On ne sait d'où venait la conception des croisées d'ogives révolutionnaires pour l'époque. Elle n'est pas gothique semble-t-il, les Goths ne l'ayant pas utilisée dans leur construction. Les voûtes, par contre, étaient partout utilisées pendant la seconde moitié du 12ème en Ile de France et en Normandie.On constate cependant que les voûtes sexpartites de Noyon, de Senlis de Laon et de Sens étaient plus bombées, leurs poussées faisaient qu'il fallait des murs très épais pour tenir ces voûtes. Cherchant une solution à ce problème, l'architecte du choeur donna aux ogives un tracé tel que leurs clefs s'élèvent à peine au-dessus de celles des doubleaux et des formerets qui sont encore brisés. Les voûtes ainsi moins bombées étaient moins pesantes, ce qui a permis d'édifier des murs moins épais, donc de pouvoir les évider plus facilement sans risquer l'écroulement.L'architecte inconnu de M. de Sully,car à l'époque les architectes et artistes ne signaient pas leurs oeuvres, a donc fait preuve de novation. Après lui on appliquera ses procédés en les perfectionnant grâce à la découverte des arcs-boutants lesquels permettront de contrebutter les poussées obliques exercées par des voûtes en ogives.

C'est ainsi que le vaisseau du choeur put s'élever à 35 m.; cependant pour plus de sûreté l'architecte construisit tout autour des tribunes (au ler étage donc) qui se comportèrent comme un élément essentiel de stabilité de l'édi­fice. L'élévation du choeur est forte et massive, bien du moyen âge mais sans lourdeur.

La solidité de l'édifice s'est accrue avec l'innovation des arcs-boutants dont le nombre forme un multiple de 7, avec l'invention des colonnettes débitées en délit, c'est-à--dire dans le sens de la stratification de la

carrière de pierre. Les poussées des murs ont lieu surtout à l'extérieur et les colonnettes rendent les colonnes plus légères d'apparence; c'est avec les crois­sées d'ogives, l'originalité du gothique.

2 piles énormes portent les tours, leur section est un losange dont la diagonale a 5 m., leur aspect cependant n'a aucune lourdeur grâce aux mul­tiples colonnettes qui les contournent et s'élancent directement d'une seule pièce dans le ciel.

La nef comporte aussi 2 bas-côtés couverts de voûtes d'ogives simples sur plan carré qui sont portées par une file de colonnes alternativement faibles ou fortes. Les piles faibles sont classiques, les piles fortes sont les mêmes mais entourées de 12 colonnettes, d'apparence aussi légères que les piles faibles. Il faut dire que jusqu'alors dans, les églises romanes, et même les premières églises gothiques, les piles fortes constituaient des masses énormes de plan carré ou crucéiforme qui occupaient un grand volume et surface. Elles

gênaient la circulation, la vue, les processions. Notons au passage que l'archi­tecte a inventé un système de pile dans lequel le sens des "fils" de la pierre est croisé, et que dans ce cas la croix devient synonyme de robustesse. Toutes ces colonnettes en délit sont ornées pour la lère fois de feuilles longues et étroites, fortement côtelées, recourbées en belles volutes feuillues qui auront une grande vogue au 13ème siècle.

Vers 1235 soit 72 ans après le début des travaux se produit un grand évènement dans l'histoire de la construction de Notre-Dame. La nef est jugée trop petite et la décision est prise de repousser les murs de chaque côté, qui ne comportait donc qu'une travée jusqu'à la limite extrême des culées des arcs-boutants et de réaliser entre ces culées autant de chapelles. Tout fut terminé en 1250 : c'était la première fois qu'une nef se trouvait bordée de chapelles. Cette initiative fut imitée à Bayeux, Coutances, Amiens.

Une fois terminé l'élargissement des chapelles, le transept d'origine ou croisillon se trouva en retrait sur les chapelles; il fallut donc l'agrandir à son tour par ses 2 côtés en abattant les 2 murs de fond pour les reconstruire un peu plus loin. Ce fut l'oeuvre de Jean de Chelles et de Pierre de Montreuil. Chacun des bras du transept fut donc agrandi d'une travée couverte d'une voûte d'ogives barlongue c'est-à-dire plus longue que profonde. D'où la construction de 2 murs au fond, pleins jusqu'au milieu de leur hauteur au-dessus desquels court une claire-voie. Au-dessus de celle-ci, une immense rose de chaque côté au Nord et au Sud de 13 mètres. En bas à l'intérieur furent réalisés trois fenestrages en bois. Nous reviendrons bientôt sur l'interprétation symbolique des rosaces.

Les chapelles du choeur résultent aussi du même élargissement; comme les culées des arcs-boutants étaient plus espacées,il en est résulté des cha­pelles plus larges pour l'abside ayant 2 ou 3 travées. Dans la partie tournante

du choeur se retrouvent donc côte à côte le commencement et la fin des travaux de la Cathédrale et ce à 170 ans d'intervalle. Dans le déambulatoire tout est massif (1163 à 1180), puissant, les bases sont fortes, les colonnes robustes, les chapiteaux larges, les moulures grasses, la flore simple. Dans les chapelles rayonnantes (1296 à 1330) à quelques mètres tout est devenu fin, la flore est délicate, les colonnes grèles.

Les architectes ont donc laissé la preuve d'un symbole supplémentaire global en montrant comment sur 2 siècles, les maçons sont passés de la pierre brute à la pierre polie tout comme les hommes préhistoriques passèrent de la pierre brute à. silex à la pierre polie.

NOTRE DAME DE PARIS : Cathédrale religieuse.

Il est nécessaire de rappeler que Notre-Dame fut édifiée à la gloire de la Vierge Marie, mère de Jésus Christ, de Sainte Anne, mère de Marie, de Saint-Etienne, le 1er martyr chrétien, juif converti qui fut lapidé pour ce crime par les juifs, à la gloire des 12 apôtres et de tous les Saints du calen­drier.

Notre Dame est donc par excellence une cathédrale catholique dans laquelle le symbolisme religieux est partout présent. Au début de ma recherche, j'ai tenté de décompter les réalisations correspondant aux chiffres 3 et 7. J'ai abandonné à quelques deux douzaines de fois chacun étant convaincu que le nombre de fois n'importe pas puisque ces 2 chiffres étaient partout présents.

C'est ainsi que je me suis retrouvé, dans mon Unité devant le

chiffre 3, symbole du mystère chrétien de la Trinité partout répétée, obsession­nellement répétée. J'ai ainsi compris de force dirai-je que si le principe de l'Unité confère l'Individualité, celle-ci pour devenir réelle et se manifester doit différencier ses parties en organisant pour chacune leur jeu de combinai­sons et de réactions. J'ai compris alors que si la différenciation est binaire, l'organisation elle, est ternaire et que les. 3 principes opèrent ensemble. Un s'épanouit donc en Trois. De 1 à 3 nous distinguons deux formes extrèmes évi­dentes mais qui sont reliées par un point intermédiaire qui est souvent

occulte. Ainsi la conclusion chrétienne du mystère central de la Trinité est que tout être doué d'une existence est à la fois triple dans son mécanisme, dans

sa manifestation et double dans les tendances polaires qui l'habite. Trois ainsi est le principe chrétien, dynamique par excellence.

Le chiffre 7, bien que ne représentant un symbole de l'importance d'un mystère est lui aussi partout présent. Il rappelle l'accomplissement de la genèse de Dieu. 12 le nombre des Apôtres.

Notre-Dame, cathédrale française et catholique, a ponctué pendant 800 ans l'histoire de notre Pays.

C'est là que Louis IX déposa la couronne d'épines du Christ avant de l'abriter, non loin de là, dans la Sainte Chapelle de son Palais.

C'est là que Philippe le Bel le 10 avril 1302 réunit les premiers Etats Généraux de la Monarchie.

C'est là_ qu'Henri VI de Lancaster, l'anglais, fut couronné Roi de France et d'Angleterre.

Que 7 ans plus tard, Charles VII assista au Te Deum de la Libération du Royaume.

Qu'eut lieu le procès de réhabilitation de Jeanne d'Arc.

Qu'eut lieu le mariage d'Henri IV, resté sur le Parvis parce que

réformé,

et de Louis XIV.

Qu'eut lieu l'exercice du Culte de la Déesse raison en 1793 et de l'Immortalité de l'âme.

Que Napoléon ter fut sacré Empereur, par Pie VII et que se maria Napoléon III.

Que le Roi de Rome, le Duc de Bordeaux, le Comte de Paris furent

baptisés.

Qu'eurent lieu les Te Deum des victoires de 1918 et 1945.

NOTRE DAME DE PARIS : Cathédrale Symbolique

Au-delà de l'Histoire, à côté de la Réligion, nous avons été subju­gués par la masse d'informations symboliques que nous avons recueillies pendant notre étude. Que ces messages soient le fait de la volonté des constructeurs

ou des mystères de l'Histoire ne changent en rien l'existence des symboles que nous avons relevés, intensément présents et signifiants. Il nous appartient de les interpréter ou de découvrir ceux qui seraient encore restés secrets.

1er symbole.

Devant les 2 tours, sur le Parvis, nous apecevons au sol une petite rose en cuivre indiquant les points cardinaux : c'est à partir de là que se calcule,pour la France entière, le point de départ des routes; c'est le point

0 ou G, le repère étalon symbolique du Pays. Cette rosace nous permet, puisque la cathédrale est à quelques pas, de déterminer comment celle-ci est orientée, or à cet égard il nous faut dire que notre surprise a été grande. Dans le seul but d'éclairer notre recherche et ses sources, nous préciserons que les cons­tatations suivantes neprocèdent d'aucune documentation, ni d'aucune communica­tion verbale.

Nous avons mis en évidence, semble-t-il,que Notre-Dame de Paris est orientée selon 3 directions qui nous ont paru mystérieuses. D'où le 2ème symbole-

2ème symbole-

Celui-ci peut s'énoncer en 3 parties :

  • la nef es.t dirigée vers. Jérusalem, en effet par comparaison à la rose des
    points cardinaux, nous avons trouvé pour orientation celle du S.E.-Est.
  • l'orientation des 2 Tours est légèrement différente de celle de la nef, elle est inclinée un peu plus vers le Sud, ce qui donne le Sud-Est. Or, qu'elle ne fut pas notre surprise de constater sur une planisphère que cette ligne passait par Rome et la Mecque, je dis bien La Mecque en Arabie.
  • mais nous n'étions pas au bout de nos surprises quand nous avons constaté que le choeur était quant à lui sensiblement dévié vers l'Est par rapport au S.E.-Est de la nef, ce qui sur la planisphère nous conduisait en direction du plateau de Pamir, de l'Himalaya, la Chine ou les Indes du Nord.

A l'époque où fut construite Notre-Dame, il était exclu que les constructeurs puissent déterminer avec grandes précisions ces 3 directions; ils ne pouvaient procéder qu'avec approximation, les principaux voyages autour de la terre (Magellan, Christophe Colomb, Vasco de Gama) étant tous postérieurs

à la construction de la Cathédrale. Il faut cependant constater que les

3 directions citées ci-dessus sont relativement précises et qu'il semblerait sans grande signification pour notre sujet de vérifier la véracité des angles au degré près. L'intention seule compte déjà pour notre démonstration.

Des explications ont été fournies pour expliquer la déviation du choeur vers le Nord-Est par rapport au S.E.-Est de la nef : certains chercheurs ont avancé que l'architecte avait voulu marquer l'inclinaison du visage du Christ sur la Croix, d'autres ne le pensent pas et croient que l'on voulut que les fidèles entrant dans la nef tournent ainsi légèrement leur tête vers l'Est. Il est concevable que l'intention de se diriger en direction de l'Est vers la "Lumière" symbolique eut existé en fait et qu'ainsi que nous le procla­mons dans notre rituel "Comme le soleil commence son cours à l'Orient et répend sa lumière dans le monde, de même aussi le VIL M.*.se place à l'Orient pour mettre les frères à. l'ouvrage et éclairer la loge de ses lumières". Une chose es.t sûre l'architecte du XIIème siècle aurait pu orienter l'édifice exactement â l'Est, c'est-à-dire en direction de la Sibérie. Or, il a préféré pour le choeur, dévier sensiblement vers le Sud. De même pour la déviation des 2 Tours qui aboutit à l'existence surprenante d'un axe Paris-Rome-La Mecque.

Pour la déviation des Tours, certains ont avancé la proximité à l'époque de l'Hôpital Dieu, situé alors au Sud de la place du Parvis (à présent au Nord) et qu'il fallait éviter en déviant de quelques mètres. Nous, symbolis­tes, nous préférons d'autres explications :

. comme de nombreuses églises la Nef est dirigée vers Jérusalem; symbole normal.

  • la direction du choeur vers le Nord de l'Inde et la Chine symbolise le rappel d'une affinité métaphysique avec les religions orientales, indiennes, boudhistes, chinoises et peut-être vers les terres et montagnes de départ des Goths deux millénaires avant notre ère dont les lointains descendants ont certainement contribué pour beaucoup à l'éclosion de l'art gothique en Europe occidentale et principalement en Ile de France.
  • la direction Paris-Rome-La Mecque peut évoquer un axe du monde inattendu autour duquel la terre s'ordonne, axe à 3 pôles incluant Jérusalem qui se situe dans la même direction. Cet axe est précisément celui de notre loge "Pierre Angulaire, Fraternité d'Abraham".

Une interprétation originale et osée de ce symbolisme pourrait permettre d'écrire :

  • que l'orientation du choeur postule pour la méditation transcendentale tour­née vers l'Orient,
  • que le sens de la Nef indique le rassemblement du plus grand nombre d'humains autour de l'ancien et nouveau Testament,
  • que la direction donnée aux 2 Tours rappelle les conflits en puissance entre l'Occident; l'Islam et Israël.

Recherche du 3ème symbole.

Continuant de méditer devant le parvis nous avons réalisé que les portails étaient au nombre de 3. Il s'agit à n'en pas douter déjà du symbole chrétien du Mystère de la Trinité, celle du Père et du Fils et du Saint-Esprit que nous avons évoqué. Au centre, le portail du Jugement dernier avec au milieu Jésus Christ, à gauche celui de la Vierge, à droite celui de sa mère, c'est-à-dire de Sainte Anne.

Une question se pose alors, pourquoi la Vierge Marie, personnage divin central est-il placé .à gauche de Jésus Christ ? Notons dans le même sens la représentation de l'Enfer sur le portail central à droite, le Paradis étant à gauche ? S'agit-il d'une anomalie ? d'une erreur de l'architecte?

Tout dépend semble-t-L1 dans quel sens on se place, si c'est à la place de Jésus Christ le portail de la Vierge et le Paradis redeviennent à droite. Mais alors une autre question surgit si l'on fait un rapprochement avec notre Temple maçonnique car le Vénérable Maitre a son 1er surveillant à sa gauche, le second étant à sa droite. Pourquoi? je laisse cette question empreinte d'une signification symboliste, ouverte. Par contre, sur les pierres il est indiqué et rappelé qu'en terme maçonnique le 1er surveillant est bien placé à gauche du Vénérable Maitre car précisément le porche le plus grand construit dans la masse est finalement à gauche du portail central. En effet le portail de la Vierge a été rendu artificiellement plus grand que celui de Sainte Anne (1 gauche) par l'effet d'un encadrement en triangle.

En conclusion, les symbolismes chrétien et maçonnique voisinent dans les seuls 3 portails.

4 - Recherche d'une série de symboles.

Il s'agit cette fois d'une double douzaine de symboles situés sur les 2 bas-reliefs du portail central dit du Jugement dernier. Au XIIème

siècle les vertus et les vices étaient représentés dans un vieux poème par des guerriers se livrant des combats- dans l'âme du chrétien. En voici la liste :

une croix = la Foi

l'espérance = l'étendard

la charité = une brebis

la chasteté = une salamandre au milieu des flammes la luxure = miroir des courtisanes

la prudence = le serpent

la folie = un fou courant dans la campagne l'humilité = une colombe

l'orgueil = un cavalier précipité en bas de sa monture le courage = le lion

la lâcheté = un homme jette son épée et s'enfuit devant un lièvre l'idolâtrie = un homme agenouillé devant une idole

le désespoir se transperce de son épée

l'avarice = mains dans un coffre

la patience = un boeuf

l'impatience = un homme frappe un moine

la douceur : un agneau

la violence = une dame lance un coup de pied à son serviteur

 

la concorde = un rameau d'olivier

la discorde = un homme et une femme se battent l'obéissance = un chameau agenouillé

la rébellion = un homme menace son évêque la persévérance = une couronne

l'inconstance = un moine quitte son couvent.

5 - Recherche de symboles : les chiffres 3 et 7.

Au début de mes visites, je recherchais systématiquement les signes 3 et 7 dans l'édifice. En voici quelques exemples :

3 portails,

2 tours + 1

3 parties à

3 roses à 3 rayons concentriques, flèche (1) façade 3 parties. l'intérieur, les 12 apôtres 3 x 4, etc.

 

Le Mystère de la Trinité nous prouve que le chiffre 3 traduit

un principe dynamique puisqu'il introduit l'organisation et le résultat. 3 est le composé formé de l'impair d'origine 1 et du premier nombre pair 2. Il montre comment on passe d'une opposition de forces contraires à la synthèse par l'intégration d'un troisième élément, et qu'il y a alors influences réciproques dans un grand tourbillon de création, il combine l'actif au passif, unit le mâle et la femelle.

Le principe de la Trinité, on le retrouve dans de nombreux exemples : esprit et matière avec l'âme animale,

cerveau et muscles avec l'intermédiaire des nerfs,

artiste et peinture avec couleurs,

géomètre, géométrie et compas ou équerre

bien, mal et hamme

Dieu, diable et homme

On constate donc que si le chiffre 2 représente la matière, le chiffre 3 représente la forme, l'existence, la vie; dans ce sens l'Etre et non Etre produisent le phénomène humain.

La Trinité existe dans de nombreuses religions.

  • Lao-Tsée a enseigné que "Tao l'incognosable est d'une nature triple. Le 1er a engendré le second, tous deux ont engendré le 3ème et les 3 ont fait toutes. choses".
  • Dans la vieille religion celtique, la Trinité est composée de Teutatés (la force) Esus (lumière) et Gwyon (l'esprit), or Esus fut un de ces Dieux retrouvé sous le choeur de Notre-Dame.
  • Pour nous, francs-maçons, nous venons au monde par l'action conjuguée du Feu, de l'Eau et de la Terre, 3 étant par excellence le chiffre de l'initia­tion de l'apprenti.
  • 3 dimensions forment l'espace.
  • 3 notes (une tierce) l'harmonie.
  • la thèse, l'antithèse suivies de synthèse forment la dialectique en mouve­ment.
  • le passé, le présent et le futur représentent le temps concret. D'autres Trinités dans divers domaines méritent d'être signalées : les 3 fonctions de la pensée de Kant : sensibilité, entendement,raison.

les 3 principes des alchimistes : le soufre (le feu inné), l'eau (ou mercure), le sol (l'arsen ic).

la constitution ternaire du corps humain : tête, tronc, membres et de certaine partie du corps, tête : front, nez, bouche.

  • soleil, terre, lune.
  • la croix qui se compose de 3 parties.

 

Quant au chiffre 7 aussi partout présent à Notre-Dame de Paris, il est à 3, ce que 3 est à 1. Si le ternaire représente le développement d'un principe, le septenaire représente un principe 2 fois développés, chez nous c'est celle du maître. En voici quelques exemples :

Le ternaire des. couleurs : rouge, jaune, bleu, produit tous les tons et toutes. les nuances pour le peintre.

En musique, les' 3 notes de l'accord majeur : do, mi, sol, engendrent les 7 notes de la gamme majeure : do, ré, mi, fa, sol, la, si.

Le chiffre 7 c'est aussi les 7 jours de la semaine rappelant les

7 principales planètes du soleil, c'est aussi 6 jours + le jour de repos ou de' sabbat. Il y a 22.000 ans les artistes peintres des grottes de Lascaux quand ils avaient achevé une galerie, marquaient celle-ci de 6 points, inscrivant par là que leur travail était terminé. N'est-ce pas une analogie avec les 6 jours de travail de la semaine? Le monde aussi aurait été créé en 6 jours

selon la genèse.

Chez les animaux, le pigeon se couve en 2 semaines, 3 chez les poules, 4 chez les canards. Chez l'humain, le foetus commence la vie en

7 x 7 semaines, il est viable à 30 semaines, et naît après 40 semaines. La seconde dentition a lieu I 7 ans.

Les prophètes ont prédit la fin du monde au 7ème millénaire après J.C. ainsi :

Zoroastre, Alhumasar de Perse et même Saint-Jean qui a écrit "Au septième mil­lénaire après l'enchaînement du dragon ou diable fauteur de maux les mortels

se reposeront et mèneront une vie tranquille". Nostradamus a fixé la venue de l'Antéchrist à l'an 7000.

Relevons également les 7 principes de l'hermétisme des alchimistes qui se retrouvent partout à Notre-Dame et sous la forme de 3 cercles

selon D. Wirth

ainsi que les 7 sacrements de l'Egli.se

les .7 vertus, les' 7 péchés capitaux, les 7 plans cosmiques du Soufisme,

les 7 Cieux et Terres et enfer du Coran.

 

Face au Paris, à gauche le portail de la Vierge, au centre celui du Jugement dernier, à droite celui de Sainte Anne, tous les trois surplombés

par la galerie des Rois. Véritable arbre généalogique de Jésus, la galerie horizontale des Rois de Juda affirme l'enracinement et l'Incarnation dans l'histoire humaine. Cette lignée de Rois enracinés dans la pierre nous indique que le verbe s'est, fait chair et s'est incarné en J.C. par la Vierge.Marie.

Le portail de la Vierge est le plus parfait. Il retrace le mystère de l'Assomption sous le regard, impassible et méditatif, de 3 rois et de

3 prophètes. L'âme populaire est présente puisque les saisons et les âges de la vie sont évoqués de part et d'autre du trumeau alors que sur les faces latéra­les des piédroits les travaux des mois répondent avec familiarité aux signes

du zodiaque.

Le portail central du Jugement, mutilé par Soufflot en 1771 pour laisser passer le dais imposant des processions qui mesurait alors la puissance de l'homme d'église ou politique qui entrait dans la Cathédrale, a été restau­ré par Violle.t le Duc (fin XIXème siècle). Le portail nous révèle la fin de l'histoire humaine et le mystère de notre salut. Le linteau du bas montre les hommes s.'éveillant.au nouveau monde. Au-dessus, les uns ont les yeux tournés vers le Christ alors que les autres se détournent de lui en s'enchaînant eux-mêmes. On peut dire que "l'iconographie du 13ème siècle renonce à la fois aux visions, à. l'épopée, à l'Orient, aux monstres. Elle est évangélique, humaine, occidentale et naturelle. Elle fait descendre le Christ presque au niveau des fidèles". Cette simplicité nous incite à plonger dans les racines bibliques et du Nouveau Testament en établissant un constant parallèle entre les deux. Dieu parle en figure dans la Bible pàur mieux pénétrer la réalité terrestre. Les sculpteurs de la Cathédrale nous enseignent d'une façon simple et subtile, qu'au seuil de la maison de Dieu, chaque personnage et chaque

geste prend une valeur éternelle.

Chacun des petits personnages a un visage différent exprimant une attitude conforme .à sa liberté. L'homme explore la nature par le savoir. La morale le préserve des abîmes de l'orgueil où le conduirait sa démesure. l'histoire passée, présente et future a pour centre l'Incarnation qui justifie la création. Ce fut le programme théologique que le sculpteur anonyme a essayé de traduire en visages..

Le 3ème portail retrace la vie de la Vierge Marie à travers celle de sa mère Sainte Anne et de son père Saint Joachim.

7ème symbole : les 3 roses de Notre-Dame.

Le cercle est le symbole du Ciel et de la Lumière. Il y en a

3 immenses. à. Notre-Dame à l'Ouest, au Nord, au Sud.

La Rose de l'Occident se compose de 3 cercles autour d'un médaillon central. Sur le ter cercle se trouvent les 12 prophètes, sur le 2ème, les

12 vices avec les 12 signes du zodiaque, sur le 3ème les 12 vertus et les 12 mois de l'année. Le ternaire 3 voisine donc avec les 4 saisons. En définitive

4 x 3 = 12 = le nombre des tribus d'Israël et des apôtres, ce qui symbolise l'esprit pénétrant la matière donc le mystère de l'Incarnation.

La Rose du Nord. Elle est située sur la façade gauche du transept. Elle est vouée toute entière à l'ancien Testament n'ayant vécu que pour préparer la venue de J.C. Cette rose ne représente pas moins de 80 personnages de l'Histoire d'Israël dont Abraham. Tous sont tournés vers le médaillon central représentant la lïierge et l'enfant Jésus. Ces 80 personnages sont répartis sur

3 cercles, le 1er en comportant 16, le second et le 3ème 32 x 2. C'est donc le nombre de 8 - dont 16 et 32 sont des multiples - qui a été choisi à titre symbo­lique : c'est le nombre de la vie nouvelle, souvenons-nous que les fonts baptismaux ont une forme octogonale, c'est-à-dire de la résurrection promise

aux justes. Mais les couleurs des vitraux de cette rose nous montrent que le monde est hiaridans l'attente car la tonalité générale, proche du violet et que l'exposition au Nord souligne, rappelle la longue nuit dans laquelle l'humanité a vécu jusqu'à l'arrivée de Jésus-Christ.

La Rose du Midi. Elle comprend 84 panneaux répartis sur 4 cercles cette fois. Nous dénombrons les chiffres 4, 12, 24,48. Le médaillon central renferme Jésus-Christ de l'apocalypse entouré des symboles des 4 évangélistes. La signification de cette rose est donc celle du Christ triomphant siègeant

au Ciel entouré de ceux qui ont été ses témoins sur terre; on peut apercevoir que les 4 évangélistes sont portés par 4 des prophètes marchant au sol ce qui exprime de leur longue vue.

Une continuité se révèle entre les 2 Roses du transept Nord et Sud. Sur la Rose du Nord, l'ancien Testament qu'elle résume s'achève en Marie.

De cette manière le temps n'était pas cyclique mais linéaire "on se dirigeait vers quelque chose" on ne tournait plus en rond indéfiniment comme le faisait

le reste de l'humanité". On se dirigeait vers J.C. que l'on retrouve en face sur la Rose du Midi, là la ligne du temps ne connaît plus de limite et se poursuit indéfiniment dans l'Eternité.

 

Claude Galinier.

 
UNE CATHÉDRALE HISTORIQUE - LOGE KLEIO

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HUMOUR SANITAIRE ET UTOPIE !
Un grand merci à Hervé pour sa constance, sa persévérance et le bonheur de lire son Abécédaire, également sa bonne humeur si nécessaire en ce moment. Mes excuses pour la présentation de ce jour, j'étais sur d'autres chantiers virtuels rassurez-vous !

Jean-François Guerry.

L'Abécédaire Maçonnique d'Hervé le Marseillais

Amis de la véritable et très respectable culture inutile, quoique, Bonjour !
 

Que le soleil qui brille dehors vous incite à rester dedans, et que la joie soit dans les coeurs avec tous ces petits mails qu'on reçoit tout au long de la journée, qui montrent que des amis pensent à vous, chacun à leur manière

Aujourd'hui, logiquement après le T voici le U

Bon amusement et à demain

U : comme utopie et universalisme

Utopie, Prétention extrême de l'ordre maçonnique qui consiste à vouloir grouper des êtres humains, à prôner haut et fort de nobles valeurs et des principes humanistes, afin qu’elles soient applicables dans le monde entier.

L'utopiste croit qu’il verra toutes les barrières tomber.

L’idéaliste n’y croit pas mais y travaille, il sait que le temple ne sera jamais achevé, sinon ce serait la fin de notre microcosme !

Le mot Utopia vient de L'Utopie est un ouvrage de Thomas More.  juriste, historien, philosophe, humaniste et homme politique anglais, écrit en latin et publié en 1516.

Il s'agit d'un livre fondateur pour la pensée utopiste.

Les citoyens utopiens pratiquent et adhèrent à différentes religions, mais ils partagent tous la même vertu fondamentale. Cette vertu est une vie conforme à la nature qui remplit l'âme de majesté divine et incline au plaisir en même temps qu'à aider les autres à l'obtenir. En quelque sorte, les Utopiens ont une morale épicurienne, elle est fondée sur un calcul des plaisirs qui élimine tous les excès car ceux-ci causent les plus grands maux.

À côté des plaisirs de l'âme, à savoir : de l'intelligence et de la connaissance, les Utopiens reconnaissent l'importance des plaisirs physiques, comme la bonne chère et l'exercice corporel. Ouf on est sauvés !

Un alphabet fut créé, et en début de livre on pouvait y lire

« Utopus, mon prince, de la non-île que j'étais, a fait de moi une île.
Moi seule, parmi toutes les provinces du monde, non-philosophiquement
J'ai représenté pour les mortels la cité philosophique.
Libéralement, je partage ce que je possède ; sans difficulté, j'accepte [des autres] le meilleur.

Ca ressemble bougrement à une loge, vous ne trouvez pas !

 

Hervé D

HUMOUR SANITAIRE ET UTOPIE !

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RÉFLEXION : DOGMES, DOCTRINE,MAÇONNERIE

RÉFLEXION : DOGMES, DOCTRINE, MAÇONNERIE

 

J’ai toujours été mal à l’aise, avec l’affirmation suivante la Franc-Maçonnerie est adogmatique. Je parle ici d’une partie de la franc-maçonnerie, celle qualifiée de tradition. Jusque là, pas de problème, ou presque car cela suppose que certaines franc-maçonneries ne seraient pas dans la tradition, au singulier donc ne respectant pas le dogme d’une tradition, cette même franc-maçonnerie est qualifiée également de régulière, là cela se complique encore, quand on pense régularité, cela suppose qu’il y a une ou des franc-maçonneries irrégulières, est-ce énoncer un deuxième dogme, et plus loin encore une franc-maçonnerie, de tradition régulière et ayant obtenu la reconnaissance d’autres franc-maçonneries se soumettant,  aux mêmes règles, aux mêmes dogmes, cela constitue un troisième dogme. Nous sommes donc, dans une doctrine maçonnique, puisqu’une doctrine est composée d’un ensemble de dogmes.

Je poursuis mon raisonnement, les dogmes sont des points, des éléments qui fondent une doctrine. Les grandes lumières sous les auspices desquelles travaillent les francs-maçons de tradition, sont-t-elles des dogmes ou des symboles ? Si l’on considère que les trois grandes lumières sont l’Équerre, le Compas et le Volume de la loi Sacrée, l’on peut dire que ce ne sont pas des dogmes, mais plutôt des symboles.

 

La caractéristique d’un dogme est qu’il représente et impose une pensée unique, une opinion. La compilation de dogmes si j’ose fonde une doctrine, cette doctrine dirige, oriente l’homme dans l’interprétation des faits et donc dans la direction de sa conduite. C’est donc une sorte de tyrannie, de vérité unique.

Si je reviens aux trois grandes lumières, l’Équerre est le symbole universel de la rectitude, donc représente une vertu éthique, le compas le symbole de l’ouverture d’esprit, le volume de la loi sacrée, n’est pas un livre unique, pour certains c’est le Coran, pour d’autres la Bible, la Torah (livre de Moïse), le Zabur (livre des Sabéens), Avesta (livre des Mazdéens), les Védas (livres des Hindous), Tao Tö King (livre de Lao Tseu) etc. Le volume de la loi sacrée, ne peut donc pas être considéré comme un dogme. Il convient cependant d’être attentif au terme précis, la Bible se différencie de la Holy Bible, de la Sainte Bible. Ainsi le même livre, n’a pas la même signification d’une religion à l’autre, il y a diverses Bibles, contenues dans le Volume de la loi Sacrée, où chacun peut trouver son bonheur. L’on pourrait faire presque la même démonstration avec le principe du Grand Architecte de l’Univers.

Qui est un symbole pour les francs-maçons et pas un dogme, certains considèrent que le Grand Architecte de l’Univers est Dieu, c’est leur choix, d’autres qu’il est un principe où ils voient ce qu’il souhaite c’est leur libre choix et volonté. Cette interprétation du concept de Grand Architecte de l’Univers est à l’origine en France de la séparation en deux grands courants de la franc-maçonnerie, celle qualifiée de moderne, humaniste, libérale, sociale etc.. Et l’autre de traditionnelle, régulière, maçonnerie des anciens. La franc-maçonnerie moderne ne travaillant plus sous l’égide du Grand Architecte de l’Univers, prônant la totale liberté de conscience pour ses membres.

L’autre courant affirmant travailler sous l’égide du Grand Architecte de l’Univers. Les Suprêmes Conseils du Rite Maçonnique Ancien et Accepté du monde entier réunis dans un convent qualifié d’Universel à Lausanne  en 1875, ont souhaité affirmer et préciser après avoir délibéré, dans l’article une de leurs déclarations de principes :

 

« 1- La franc-maçonnerie est une institution de fraternité universelle dont l’origine remonte au berceau de la société humaine ; elle a pour doctrine la reconnaissance d’une force supérieure dont elle proclame l’existence sous le nom de Grand Architecte de l’Univers. »

 

Il est difficile, de ne pas voir, dans le paragraphe un de ce préambule, à la fois une forme de dogme donc un élément d’une doctrine, comme précisé même dans le texte. Ce serait s’arrêter aux apparences à mon sens.

L’affirmation du principe, est claire, comme l’est le contenu de la doctrine, c’est-à-dire la possibilité d’interprétation, on est donc plus dans le symbole que dans le dogme.

 

Le principe même du symbolisme est d’introduire des variations de sens et des valeurs et des intensités différentes de ses divers sens. Cette doctrine contient donc en elle une liberté d’interprétation. Liberté sans laquelle, la franc-maçonnerie serait comparable à une religion ou un parti politique ce qu’elle n’est pas. Nous ne sommes pas par exemple dans le Credo des Églises chrétiennes «  je crois en un seul Dieu » credo in unum Deum.

 

L’on donne le nom que l’on souhaite au Grand Architecte de l’Univers.

 

Certaines obédiences vont plus loin dans leur « Doctrine » en précisant « le Dogme » en écrivant dans leurs constitutions : Le Grand Architecte de l’Univers qui est Dieu.

Le sujet vous le voyez est complexe, les symboles universels dans lesquels se reconnaissent les initiés francs-maçons, ne constituent pas l’acceptation libre, entre eux d’une doctrine universelle. Ne se reconnaissent-ils pas dans une tradition primordiale au sens Guénonien du terme ?

La foi maçonnique, n’est pas la foi religieuse. Elle est la foi dans des valeurs universelles, réalisables par l’exemplarité et la pratique des vertus à hauteur d’homme.

 

S’il n’y a pas une doctrine ou des dogmes au sens strict, premier. Il y a une recherche commune, un chemin commun, une mémoire commune.

 

Jung parlait de la rencontre d’un inconscient collectif, d’une mémoire collective, avec un inconscient personnel débouchant sur une conscience personnelle et collective. C’est aussi la spécificité de l’initiation maçonnique à la fois individuelle et collective. Dans notre mémoire collective, il y a des traditions partagées, qui font ce que nous sommes, est-ce des dogmes, des symboles ?

 

Plus un symbole est archaïque, plus il est pur, plus il est universel.  D’où l’étude nécessaire des symboles, ceux qui affirment s’en dispenser sous prétexte que l’on peut faire dire tout et n’importe quoi à un symbole, ils sont dans le syncrétisme, il ne faut bien sûr pas confondre avec l’interprétation personnelle, qui vient après l’étude.

 

Alors s’il y a une doctrine maçonnique, ses dogmes sont la recherche du bien, du beau, du vrai, de la lumière intérieure qui a pris sa source dans les temps les plus anciens.

Les « dogmes », ne doivent pas être des idoles humaines, mais des vertus universelles, dont nous ne sommes que les passeurs, les transmetteurs, il faut que nous fassions en sorte que le génie parle en nous, ou en avoir au moins conscience.

 

« J’ai toujours cru a écrit  George Russel. Dans ‘Le Flambeau de la Vision’ Que ce qui est immortel en nous, garde la mémoire de cette sagesse totale.

Ou encore le poète John Keats : « Il y a dans l’homme une sagesse ancestrale, et qu’il nous est possible, si nous le désirons, de rassasier notre soif de ce vin céleste. Cette mémoire de l’esprit est la base réelle de l’imagination, et quand elle nous parle, nous nous sentons vraiment inspirés, parce qu’une créature plus puissante que nous parle à travers nous. »

 

Ce qui corrobore les paroles de l’Ecclésiaste. « Rien de nouveau sous le soleil. » L’important c’est bien l’idée que l’on doit transmettre et non le sujet qui la transmet.

 

Je pense qu’il ne faut pas avoir peur de parler de doctrine maçonnique, à condition de savoir ce que l’on entend par doctrine et ce que l’on met dedans, il y a le camion et le fret.

Une doctrine est de se faire par soi-même une opinion, ne rien rejeter, mais être soi-même capable de décider. Bouddha parle aussi de doctrine :

 

« Ne crois rien de ce que les docteurs et le prêtres affirment. Mais ce que tu as vérifié personnellement et expérimenté, et donc reconnu pour vrai, gardes-le et fais-en ta doctrine. »

 

La doctrine maçonnique, c’est peut-être de rassembler toutes les valeurs de toutes les traditions, pour les fondre en une seule, construire une cité utopique, un Saint-Empire, où l’esprit domine la matière, où le sacré occupe tout le champ du réel, du quotidien.

Une doctrine pour passer de l’horizontale à la verticale, pénétrer les hautes sphères de la spiritualité. Une doctrine pour réaliser une forme d’unité en soi, pour soi, mais surtout pour les autres, arriver aussi à une symbiose avec la nature. Le symbolisme est une voie de cette réalisation, exprimée par le poète Rainier Maria Rilke.

 

          « Si ta vie quotidienne te semble pauvre, ne l’accuse pas,

               accuse toi plutôt ; dis-toi que tu n’es pas assez poète

                          pour en convoquer les richesses. »

 

                  « Si tu veux réussir à ce que vive un arbre

    Projette autour de lui cet espace intérieur qui réside en toi..

Ce n’est qu’en prenant forme dans ton renoncement qu’il devient réellement un arbre. »

 

           « Ô moi qui aspire à croître  je regarde au-dehors et voilà

                        Que croit en moi l’arbre intérieur. »

 

 

             « Vue des anges, les cimes des arbres peut-être

                  Sont des racines buvant les cieux ;

             Et dans le sol, les profondes racines d’un hêtre

                   Leur semblent des faîtes silencieux. »

 

Jean-François Guerry.

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Thor dieu du Tonnerre

Thor dieu du Tonnerre

HUMOUR SANITAIRE ET POÉTIQUE

 

L’Abécédaire Maçonnique de Hervé le Marseillais

 

Bonjour, Cher amis,

 

Toujours enfermés, mais toujours vivants aussi.

C’est le prix à payer, c’est la vie, c’est ainsi

Y en a marre d’être sérieux, morose, caustique, acerbe, aigre doux, moqueur, humour noir, autodérision, bref toute la panoplie scribrouillard !

Alors il faut changer de ton, plus badin, léger aérien (si faire se peut), ollé, ollé, ça je sais faire, alors un peu de poésie de bazar, ça donne ça

 

La Lettre T

 

Un jour, du mois d’avril, je crois, il avait plu

Tel Dieu, Grand architecte, j’ai fait comme Pygmalion

Un monde imaginaire, pour moi seul, qui m’a plu.

 

J’étais le grand sorcier, le chef, l’amphytrion

J’avais le bel outil, symbole du GADLU

Avec un manche en bois et une tête en T

Celui qui frappe fort, par qui Thor a vaincu

 

Et remet à l’endroit, les pires des entêtés

J’étais beaucoup plus riche, j’étais couvert d’écus

 

Je croyais en un dieu, je n’étais plus athée

Stupide, car mon miroir reflétait une image

Un Jekyll ou un Hide, un démon et un sage ?

 

Le premier le Hervè, un suppôt de satan

Prenait les mots au vol, pour faire son pédant

 

L’autre se fit maçon, plus posé, plus disert

Se mettant au service de ses petites sœurs et frères

 

Alors munis d’un T et d’un zeste de U

J’ai créé un Gohlem, et puis je me suis TU.

 

Hervé D.

mini Thor ou tort ! pas Minotaure !

mini Thor ou tort ! pas Minotaure !

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DU PROFANE AU SACRÉ

DU PROFANE AU SACRÉ

 

 

Si l’on admet que l’initiation est un chemin de vie, la recherche de la direction, qui donnera du sens à notre vie, un mouvement, un commencement qui nous mène de notre état actuel, vers notre état natal, du profane vers le sacré.

 

C’est cette tension, ce désir du sacré qui nous a incité à frapper à la porte du temple, c’est-à-dire aussi à la porte de notre cœur, pour comprendre les mystères de la vie. Pour passer du visible à l’invisible.

 

Notre confinement actuel, nous place face à nous-même, comme nous l’étions déjà dans le cabinet de réflexion, puis plus tard quand nous avons été mis devant le miroir.

Nous sommes partis à la conquête de nous-même, avec le soutien des autres.

Nous pouvons voir dans ce confinement un moment magique d’introspection, un arrêt sur nous-même, semblable au passage du temple matériel profane, à la loge sacralisée, à la connaissance de notre homme intérieur. C’est un moment de dépassement de la surface des choses, les métaux montrent qu’ils ne sont utiles que pour faire le bien, sinon ils doivent rester à la porte de la loge.

 

Ce confinement est donc un moment d’espérance, pour que le monde soit plus vrai, plus bon, plus beau.

 

Notre pensée illumine la cellule où nous sommes reclus, nous comprenons ainsi mieux la valeur de la vie des moines, comme me l’écrivait récemment l’un de mes frères, la force de l’esprit qui est en eux.

 

Le rythme de nos réunions, de nos tenues a été brisé, il nous manque ses mains, ses accolades fraternelles. L’on se rend compte que ces espaces-temps, où à couvert règne la spiritualité partagée, sont bien différents de simples conférences où brillent les connaissances intellectuelles. Dans ces tenues flotte dans l’air la puissance de la spiritualité qui réunit tous les frères, suivant un rythme sacré, la force du collectif nous manque.

Cela démontre la particularité de l’initiation maçonnique, ses deux faces inséparables, l’individuel et le collectif. Cela démontre que l’assiduité aux tenues, n’est pas une simple contrainte réglementaire, mais est nécessaire à la réalisation de l’initiation. Il n’y a pas d’initiation véritable, sans fidélité et persévérance, vis-à-vis de ses frères, de l’ordre et de soi-même. Celui qui s’éloigne de sa loge par paresse ou négligence s’éloigne de lui-même. Il retombe dans la profanité, il perd la mémoire sacrée.

 

Comment faire dès lors, pour renouveler ce passage du profane au sacré dans cette période d’obligation de distanciation avec les autres, qui va à l’inverse de notre pratique de l’amour fraternel. Nous ne devons pas être égoïste et avant tout protéger les autres, c’est un témoignage d’amour fraternel.

 

Il y a toujours un bien à l’inverse du mal, nous pouvons adopter un rythme de pratique individuel de moments de concentration, de méditation sur un texte sacré par exemple, ou tout simple faire le vide pour être plus réceptifs, accueillants face à la spiritualité, aux murmures qui viennent de l’intérieur, en attendant le moment de nos retrouvailles, c’est à mon sens le meilleur moyen de rester dans la joie.

 

Jean-François Guerry.

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Source image Blog La Maçonne

Source image Blog La Maçonne

HUMOUR SANITAIRE HUMOUR SENTIMENTAL ?

 

L’Abécédaire de Hervé le Marseillais.

 

 

Voici donc la lettre S. L’imagination commence à se tarir (comme la place ?), peut-être que ma plume s’émousse, (ou s’émoustille sur cette lettre), normal, on n’arrête pas de se laver les mains.

 

Quoique il y en a qui ont l’habitude  (genre pierre ponce Pilate) !

 

Bref, on y va sans plus attendre, j’ai trouvé le joli mot, (sacré, secret ?), alors je vous le livre.

 

S- comme sœur.

 

Franc-Maçon (F comme maçonne), dont la susceptibilité  n’a d’égale que son intelligence !

 

Les uniformes en robe de bure ou en soie, hélas non transparentes, dont elles s’affublent parfois, les font ressembler à des nonnes.

 

Quoique cela excite, pardon, incite, paraît-il des frères à rentrer dans les ordres plutôt qu’à y rester.

 

Réveiller-vous mes frères, ce n’était qu’un doux rêve, ou un cauchemar, à vous de voir !

 

Avant de me taxer de misogynie (faute avouée mais pas pardonnée) et de m’envoyer un mail vitupérant, mes sœurs, reportez-vous à la première ligne de ma lettre S ! (facile de se rattraper aux branches, attention elles peuvent craquer)

 

Hervé D.

 

Note : les mots entre parenthèses sont de moi, et faits pour adoucir les maux, avec peut-être ou pas l’autorisation d’Hervé. JF G.

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Publié le par jean françois
RESPIRATION PASCALE

RESPIRATION PASCALE

 

 

 

Je n’ai pas dit respirateur, pas faux espoir en ces temps incertains, où l’on scrute, le pic, la bosse, le plateau, et où l’on ne voit pour l’instant qu’asymptote, la chasse aux respirateurs reste ouverte, il nous faut même des machines pour respirer !

Il y a longtemps pourtant, que l’on nous dit qu’il faut reprendre notre respiration en douceur, lentement, cette respiration d’antan, du temps où je rêvais de partir en week-end avec mes parents, sur les bords de la Marne, de la Loire, pour une simple partie de pêche, parfois quand le temps commençait à manquer on allait à Moret au bord du Loing, insouciants.

 

Puis nos rêves se sont peuplés, de 4x4 de plus en plus grands, de trajets en avion de plus en plus loin, pour un week-end seulement, à Venise, submergée par les eaux, ou une ruée vers le péage, vers la côte, on étouffait dans ces villes monde.

 

Maintenant on étouffe dans des villes désertes en plein printemps, on étouffe dans des lotissements, sécurisés, des résidences pour séniors, des jardins entièrement clos, là vous serez à l’abri des voisins, sans vis-à-vis, on ne vous verra pas et vous ne verrez personne, le rêve !

 

L’on retient notre respiration, un pangolin vient de passer, comme sortit d’un bestiaire préhistorique, Madame de Sévigné s’inquiétait déjà, pour notre respiration :

« Quelle circonstance à notre séparation que la crainte bien fondée que j’ai pour votre santé, et cette bise qui vous ôte la respiration ! »

Mon Dieu oui, c’est la bise ! C’est ça, respirez un bon coup, ne vous étranglez pas cela va passer, vous manquer d’air !

 

Nous manquons tous d’air, nous sommes confinés, ce n’est pas la faute Rousseau il aimait tant la nature, ce n’est pas non plus la faute à Voltaire ce chantre de la liberté, la liberté, ce mot, ce nom que Paul Eluard a écrit partout, pour qu’il ne tombe pas dans l’oubli. La faute à qui alors, a un simple virus, un vulgaire virus, même pas moderne, même pas informatique, numérique, le vulgaire excrément d’une chauve-souris paraît-il !

 

Dommage on aurait pu appeler mister Microsoft, ou madame Apple, ils seraient sortis sur leurs chevaux blancs en Amazon de leur caverne d’Ali Baba, avec tous leurs trésors amassés depuis des années grâce à déesse de l’optimisation fiscale, tous ces trésors qui manquent, à nos soignants, nos hôpitaux, nos chercheurs.

La tête haute a grands renforts de spots publicitaires, ils viennent déposer leur aumône. Dire que depuis plus de 40 ans, l’on me dit que c’est un simple devoir, de payer mes impôts, que c’est normal puisque je bénéficie des services de l’État, de la santé, des routes etc..

Mieux depuis que j’ai reçu la lumière dans ma loge, mon devoir est de donner selon mes moyens sans ostentation, de manière, à ne pas humilier celui qui reçoit.

 

Finalement ce moment de confinement est peut-être un grand moment de respiration, avant un grand nettoyage d’été. Après la vie pourra reprendre direction, un sens, du sens. Les masques (quand nous en aurons) tomberont, un a un, avec nos certitudes et nos arrogances, nous prendrons un autre chemin, ce chemin du commencement qui compte plus que le but, que nous n’atteindrons surement pas.

 

Il va nous falloir éviter d’être des Zorros, des vengeurs masqués impitoyables avec les autres et cléments avec nous-mêmes. Nous avons mieux à faire pour nos enfants et nos petits-enfants.

 

J’ai une pensée, une respiration, pour ce repas, cette agape pascale que je n’ai pas pu partager avec mes frères, ces chevaliers de l’esprit, ces pauvres chevaliers, humbles chercheurs de la vérité, défenseurs de la justice, mendiants de l’amour fraternel.

«  Ceux qui n’aiment pas la vérité prennent le prétexte de la contestation, et de la multitude de ceux qui la nient. Et ainsi leur erreur ne vient que de ce qu’ils n’aiment pas la vérité ou la charité. » (Pascal- Pensées)

Comme un paradoxe, ce confinement de Pâques, est peut-être un moment opportun, pour reprendre notre respiration, et réfléchir à cette Pâques, qui n’est pas seulement un dogme religieux, mais un moment de partage, du pain nourriture spirituelle, du vin de la connaissance, un symbole de la liberté pour les Juifs, de la résurrection pour les Chrétiens, de la régénération pour tous, de la respiration de cet homme intérieur qui tend vers la sacré, tant négligé, abandonné dans notre société, symbole de l’homme ‘sans masque’, de l’homme de l’unité du troisième jour, du plus humble de tous, celui qui délivra le message d’amour, qui dépasse toutes les querelles, qui passe au-dessus pesah en Hébreu.

 

C’est cette Pâques, de la libération, de l’alliance, de l’offrande, de notre amour, de ce que nous avons de meilleur en nous tout simplement, de ce souffle qui vient de l’intérieur.

 

Je vous souhaite, je nous souhaite une grande respiration pascale, pour tous ceux qui souffrent, qui travaillent, donnent, pour que nous puissions respirer.

 

Jean-François Guerry.

RESPIRATION PASCALE

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CONDORCET LOGE KLEÎO
Avec l'aimable autorisation de Claude Galinier, Loge KLEÎO.

Jean-François Guerry.

 

 

Condorcet

LOGE KLEIO 

 

A. L. G. D. G. A. D. L. U.   

Marie Jean Antoine-Nicolas CARITAT, Marquis de CONDORCET naquit le 17 Septembre 1743, à Ribemont, prés de Soissons, dans l'Aisne.

Sa mère, extrêmement dévote, avait voué ce fils au culte de la vierge Marie; ce qui explique que le malheureux Condorcet fut vêtu comme une fille jusqu'à l'âge avancé, même pour l'époque, de neuf ans.

Son père, Antoine CARITAT, Marquis de CONDORCET, était Capitaine d'Artillerie, issu d'une noble famille du Dauphiné, devenue Protestante, par vocation, pendant la Réforme, revenue plus tard au Catholicisme, par nécessité. Fierté et indépendance étaient les qualités dominantes de cette devait mourir quelques mois après la naissance de son fils, au cours d'un exercice, accidentellement.

CONDORCET fut donc élevé par sa mère, son grand père maternel, Paul GAUDRY, propriétaire terrien aisé et par son oncle paternel, Jacques-Marie, évêque successivement à Cap puis à Auxerre.

Il passe ses neuf premières années à Ribemont, avec sa mère, qui, Rousseauiste avant la lettre. veillera à ce que « son imagination ne s'imprégnât d'aucune erreur ».

Il aima, et même vénéra, cette mère peu intelligente, très dévote, mais d'une grande douceur et d'un grand dévouement.

Son oncle évêque lui imposa, à l'âge de neuf ans, un précepteur jésuite de son choix, qui, pendant deux ans lui enseignera les rudiments de l'instruction.

Puis, il le fera entrer à l'âge de onze ans, comme interne au collège des jésuites de Reims. C'est de cette période de sa vie que date sa haine des « pères », de leur enseignement, de la religion, qu'il rejette définitivement.

Cela ne l'empêche pas de faire de très brillantes études.

En 1758, il entre au Collège de Navarre, à Paris, le meilleur collège de son époque. C'est là qu'il aura la révélation des mathématiques et de ses abstractions, de ce langage qui lui conviendra totalement, et le passionnera jusqu'à la fin de sa vie. C'est, pour lui, « le monde de la liberté, de la sérénité où le bonheur ne dépend pas d'autrui ».

Il fait bientôt la preuve de sa prodigieuse intelligence mathématique, et devient, dés l'âge de dix-huit ans, un des grands « Géomètres » de son temps .

Rien ne le fera revenir sur sa décision de consacrer sa vie aux mathématiques, pas même l'autorité de son oncle évêque, qui voulait pour lui une carrière militaire, dans la tradition paternelle.

Après deux années consacrées à l'étude, à Ribemont, et devant sa détermination, on le laisse retourner à Paris, afin qu'il puisse suivre sa vocation.

C'est alors qu'il est remarqué par de grands géomètres comme Lagrange et surtout le prestigieux d'Alembert.

Il commence alors, à publier une suite de mémoires, soutenus par l'énumération serait fastidieuse ; il entre à l'Académie des Sciences avec le rang d'associé.

Malgré cette fulgurante carrière universitaire, et peut-être à cause d'elle, ce grand jeune homme offre un aspect enfantin, respirant la simplicité et la bonté.

Il fréquente peu les salons, essentiellement ceux de Julie de l'Espinasse, l'amie de d'Alembert, et d'Amélie Suard, qui deviendra sa confidente.

D'Alembert ne sera pas seulement son mentor en géométrie, mais aussi en philosophie, en humanisme. Condorcet s'imprégnera, grâce à lui, de l'esprit des Lumières, et sera présenté à Voltaire, à l'occasion d'un voyage à Ferney. Il sera l'héritier des Encyclopédistes, le dernier d'entre eux.

Il communiera avec ses pères spirituels dans une même révolte contre les parlements tyranniques, qui avaient condamné et fait supplicier Callas, Sirven, le Chevalier de La Barre, il combat avec véhémence, toutes les injustices.

Il lutte contre l'intolérance, contre les abus, réclame la sûreté des personnes et des biens, la liberté du livre et de la presse, la juste répartition des impôts, la réforme d'une justice boiteuse, partiale, et cruelle, les libertés du commerce et de l'industrie, tout ce qui semble les nécessités mêmes de nos sociétés modernes.

Il faut assurer la liberté civile, la liberté de pensée, Il faut définir les droits de l'homme, il faut même les déclarer. Il faut discuter et voter une Constitution, qui assure l'exercice de ces droits et qui fasse de l'État le représentant de la Nation, et non celle d'un homme ou d'une caste.

Telle est la doctrine de Condorcet. Il a même créé une association se donnant pour but l'abolition de l'esclavage des noirs, où se retrouvaient la plupart de ceux qui deviendront les Girondins.

Il est pratiquement impossible de résumer dans un exposé nécessairement bref, tous les contacts, toutes les œuvres, tant scientifiques que bourreau de travail que fut toute sa vie Condorcet.

Dés 1772, il méditait sur le calcul des probabilités, que l'on ne songeait, jusqu'alors, à appliquer qu'aux jeux de hasard, et pressentait l'étendue et l'intérêt que pourraient avoir les applications de ce calcul à la vie sociale statistiques démographiques, économiques, etc.

En 1774, il entreprend de parfaire l'« Ars conjectandi », de Bernouilli. Ainsi, le premier, il étudie le fait humain par des méthodes scientifiques, et crée les « Sciences Humaines et Politiques », désacralisant l'idée de l'homme, telle qu'elle est conçue à l'époque, démarche en tous points contraire à celle du christianisme, il annonce même, déjà, les Instituts de sondages.

Ses efforts sont récompensés le 6 Mars 1773, par son « adjonction », terme consacré à l'époque. au Secrétariat de l'Académie des Sciences.

Le 10 Mai 1774, Louis XV meurt, et, en Juillet, Turgot, dont il était l'ami, est nommé Ministre de la Marine, puis, en Août, Ministre des Finances, Ministre d'État. Il appelle aussitôt Condorcet auprès de lui. C'est à partir de là que se développera son goût pour l'exercice du pouvoir, qui, malheureusement, lui sera fatal.

Mais comment refuser cet exercice quand on a tant d'idées novatrices à mettre en pratique, pour le plus grand bien de l'Humanité ? Et comment prévoir un phénomène aussi exceptionnel et aussi brutal que la Révolution ?

Condorcet essaie, notamment, avec plus ou moins de succès, de libérer la circulation des grains, d'améliorer la circulation fluviale, de mettre en chantier des canaux reliant la Saône et la Loire. 11 inventera même un brise glaces, pour que la circulation ne soit pas entravée sur la Seine pendant les mois d'Hiver. 11 met en route une unification des poids et mesures pour favoriser les échanges commerciaux intérieurs et extérieurs. Il est, sur le plan économique, très libéral, dans la ligne des physiocrates.

Cette collaboration resserre encore ses liens d'amitié avec Turgot, qui, en 1775, lui donne la charge d'Inspecteur des Monnaies, qui est assortie de la jouissance d'un appartement de fonction somptueux à l'Hôtel des Monnaies.

En Août, il est nommé Secrétaire perpétuel de l'Académie des Sciences Vient ensuite l'épisode de la rivalité entre Turgot et Necker, au cours de laquelle la fidélité de Condorcet pour son ami ne se démentira jamais.

Malheureusement. cela n'empêchera pas la chute de Turgot en Mai 1776.

Condorcet éprouve une grande amertume de voir l'intrigue triompher de la vertu.

Dans les années qui suivent, Condorcet va perdre ses amis les plus chers, Julie de l'Espinasse, et ses pères spirituels.

C'est ainsi qu'il va demeurer, lui seul, l'excellence, le « Condor », ainsi que d'Alembert l'avait surnommé, mais aussi le plus solitaire, le successeur des Encyclopédistes, dont sera, en fait le dernier.

Le 10 Février 1778, après 28 ans d'absence, Voltaire revient à Paris, pour y faire jouer Irène, sa dernière pièce. C'est un triomphe personnel, car la pièce, si l'on en croit Condorcet, n'est pas un modèle du genre.

Peu de temps après, Voltaire est reçu solennellement à la Loge des « Neufs Sœurs », lors d'une cérémonie empreinte d'émotion. Il meurt le 30 Mai 1778.

Julie disparue, d'Alembert vieillissant et dépressif, Condorcet fait de nouvelles connaissances Madame de La Rochefoucauld d'Enville, tenait un salon réputé à La Roche Guyon, ou l'on voyait son fils, le Duc de La Rochefoucauld, qui deviendra un ami intime de Condorcet.

Madame Helvétius, veuve de l'astronome, tenait salon à Auteuil, où venait fréquemment Benjamin Franklin, son voisin de Passy. Condorcet connaissait déjà bien Franklin, qui était ami de Turgot. C'est chez Madame Helvétius qu'il fit aussi la connaissance de La Fayette.

Le 21 Janvier 1782, grâce à l'appui chaleureux et paternel de d'Alembert et à ses qualités manœuvrières, Condorcet est élu à l'Académie Française, en dépit de son athéisme militant. Ce sera la dernière satisfaction de ce père spirituel, qui s'éteint le 29 Octobre 1783.

Ses maîtres disparus, Condorcet devient maître à son tour, à l'âge de quarante-deux ans, et patronne de jeunes talents comme Desgeneues et Cabanis.

Il est fait membre de plusieurs Académies étrangères, et Benjamin Franklin, quelques semaines avant de s'embarquer pour l'Amérique, recommande à la Société américaine de Philosophie, de coopter cet homme prestigieux.

Le 28 Décembre 1886, après un coup de foudre et une cour de quelques l'intelligence de Sophie, attira tous les philosophes et les savants de l'Europe éclairée Jefferson, Paine, Bulle, petit fils de Franklin, en particulier. Les plus jeunes, sont Cabanis, Garat, Volney, Benjamin Constant. On les appellera plus tard, les Idéologues.

C'est à ce moment particulièrement heureux de sa vie, où il a, vraiment tout pour l'être, que va s'enclencher inexorablement, sur fond de crise économique majeure, le processus menant à la Révolution où tout vacille, tout bascule, qui aboutira à la Terreur, et où il finira par sombrer lui aussi.

Il serait passionnant, mais beaucoup trop long de retracer ici les divers épisodes de la Révolution et le rôle éminent qui fut celui de Condorcet, député à l'Assemblée Législative, puis à la Convention.

Si l'on essaie de suivre son action, on constatera qu'il est toujours resté fidèle à ses valeurs, qu'il ne s'est jamais renié.

Mais, dans une conjoncture aussi complexe et aussi brutale, un philosophe et un homme de bien comme lui, ne pouvait trouver le fil politique qui lui permettrait de tout concilier, et d'avoir une ligne d'action logique.

Seul événement heureux, dans cette période atroce, la naissance d'Eliza. en Mai 1790. Que ne s'est il retiré, à ce moment, pour vivre une vie familiale paisible

Alors que ses amis, devant sa fougue pour défendre les grandes causes pour lesquelles il s'était passionné, l'avaient surnommé « le mouton enragé », il va devenir, face aux incohérences et aux injustices de la Révolution, aussi passionné que ceux qu'il critique à juste titre, mais, ce faisant, il perd sa sérénité et beaucoup de ses amis.

Son dernier acte officiel est un projet de Constitution, qui tombant au milieu des luttes pour le pouvoir, et de la politique politicienne, passera complètement inaperçu.

Victime de la vindicte de Robespierre, il sera l'objet d'un mandat d'arrêt le 8 Juillet 1793

ll est alors contraint de fuir, et sera caché rue des Fossoyeurs, actuellement rue Servandoni, chez une veuve admirable, consciente du risque qu'elle prenait, Madame Vernet,

C'est pendant cette période de vie recluse qu'il écrira son « Esquisse d'un tableau historique des progrès de l'Esprit humain », reprenant, enfin apaisé, son travail de Philosophe.

En établissant le bilan du « Progrès de l'Esprit humain », Condorcet évoque l'affranchissement progressif de l'Homme, d'abord soumis aux certitudes: religieuses, et peu à peu libéré par la raison, en une sorte de mouvement continu, qu'il appelle le progrès.

L'avenir de l'esprit humain n'est pas dans l'humilité de l'observance, mais dans le désir de savoir, dans la volonté de réfléchir et de discuter. L'observation et l'expérience nous prouvent que l'égoïsme mal compris peut se retourner contre nous, et que notre intérêt personnel est lié à l'intérêt général.

La Loge « Les Neuf Sœurs », dont Franklin fut, à une période, le Vénérable, et qu'aurait sûrement fréquentée Condorcet s'il avait été Maçon, ne mentionne nulle part son appartenance.

Certains voient mal le caractère athée et le matérialisme scientiste de Condorcet, s'accommoder des idéaux de la Franc Maçonnerie.

D'autres, au contraire, affirment qu'il appartint à la. Loge des Neuf sœurs, mais que Benjamin Franklin, en retournant en Amérique, aurait emporté les documents susceptibles de prouver cette appartenance, et que ceux-ci se trouveraient actuellement à Philadelphie.

Quoi qu'il en soit, si l'on se réfère à l'œuvre philosophique et aux actions menées par Condorcet, il ne fait pas de doute que la Maçonnerie ne peut que le revendiquer comme l'un des siens.

Question des rapports de Condorcet avec la Croyance avec les Pères Jésuites du Collège de Reims. Délation, sanctions physiques.

Rejet de la Croyance en même temps que de cette Religion que les Pères lui avaient fait abhorrer (Jeter le Bébé avec l'eau du bain). La « Tyrannie exercée sur les âmes », qu'évoque Voltaire dans sa Prière à Dieu.

On ne peut pas penser qu'un esprit aussi supérieur, se complaisant dans les plus hautes abstractions mathématiques n'ait pas trouvé cette Déité, (Maître Heckhart.), cette « Certitude qui échappe au doute. Mais comment expliquer ce que l'on ne peut exprimer de Saint Augustin.

Claude Galinier. 

CONDORCET LOGE KLEÎO

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Publié le par jean françois
HUMOUR SANITAIRE HUMOUR RITUEL

HUMOUR SANITAIRE HUMOUR RITUEL

 

Quelques mots de la part d’Hervé…

 

Il faut garder le moral, et à ce sujet je vais vous confier, ce qu’une de mes amies juives m’a dit.

Au sortir de la guerre 39/45, par une chance inouie, son père revint des camps d’extermination des nazis.

Il ne fut pas très bavard sur le sujet, tant le traumatisme avait été violent, on l’imagine sans peine. Mais quelques année plus tard, alors que la France subissait une crise, et que sa fille tenait des propos pessimistes, son père s’épanche enfin, et lui dit.

 

Tu ne devrais pas parler ainsi ma chérie, il ne faut jamais désespérer, l’espérance fait vivre.

 

Regarde, les seuls qui sont revenus des camps de la mort, c’étaient des optimistes. À bon entendeur salut.

 

L’Abécédaire Maçonnique d’Hervé le Marseillais

 

R- comme Rites avec des zesses

 

Au commencement était le verbe.

 

Tout le monde se servait de la même langue et des mêmes mots. Or le GADLU descendit pour voir le temple que les hommes avaient bâti. Et le GADLU dit : Voici que tous font un seul peuple et parlent une seule langue, et tel est le début de leurs entreprises !

 

Maintenant aucun dessein ne sera réalisable pour eux. Allons ! Descendons ! Et là, confondons leur langage pour qu’ils ne s’entendent plus les uns les autres.

 

GADLU les dispersa  de là sur toute la face de la Terre, il créa des rites, des constitutions, des règlements généraux, des rideaux, les cordons qui vont avec, des décors, des oripeaux, des déguisements, des hiérarchies, des grades, des patronymes superfétatoires, des sobriquets grotesques, bref, tous ce que les hommes égaux aiment, pardon tous ce que les égos des hommes aiment.

 

C’est ainsi qu’ils cessèrent de bâtir le temple car ils ne pouvaient plus se reconnaître, il reste donc inachevé. Enfin, c’est ce que la légende dit, car nous on sait comment reconnaître les vrais maçons et le vraies maçonnes ! N’est-ce pas ?

 

Hervé D.

La visite de la Reine de Saba au Roi Salomon

La visite de la Reine de Saba au Roi Salomon

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Publié le par jean françois
LE VOYAGE INTÉRIEUR

LE VOYAGE INTÉRIEUR

 

 

Il paraît que l’attente du départ fait partie du voyage, qu’il faut aussi se préparer soigneusement, rassembler l’essentiel de ses affaires, sans trop se charger de tout ce qui est inutile et pourrait ralentir la marche, les pèlerins de Compostelle, le savent bien.

 

Cette fois-ci le départ a été un peu précipité, un minuscule virus est venu perturber la préparation du voyage, impossible de prévoir ne serait-ce que l’itinéraire, les étapes, seul le lieu a tout de suite été connu : Restez chez vous.

 

Pour certains c’est sans doute plus une épreuve qu’un plaisir, encore moins un désir de voyage. Impossible de partir à l’autre bout du monde, pas même dans sa résidence secondaire (quoique jeudi dernier dans la nuit il y avait paraît-il une queue de voitures à l’isthme en direction de Quiberon dans le Morbihan, si bien que les autorités ont été débordées le lendemain au Marché, sans commentaire.)

Le Mont Thabor

Donc pas de sortie même dans ce beau parc du Thabor à Rennes, près de chez moi. Ce parc qui évoque cette montagne d’Israël, point culminant, autel des sacrifices, voyage des ténèbres vers la lumière, dont l’évocation est faite dans les Psaumes 88 et 89 :

 

« Des fonds de la détresse, des ténèbres, puis la lumière et la joie reviennent.

À toi le ciel, à toi aussi la terre. Le monde et son contenu, c’est toi qui les fondas. Le nord et le midi, c’est toi qui les créas, le Thabor et l’Hermon à ton nom crient la joie.»

 

Cette joie qui vient du haut du mont Hermon, cette montagne du Liban, non loin des montagnes de Nephtali, de la région de cette célèbre veuve connue des francs-maçons.

Le Mont Hermon

Pour faire ce voyage vers la joie, il faut faire ce voyage intérieur, ce voyage vers notre maître intérieur. C’est le plus beau et le plus long des voyages. Il s’accomplit libre, sans bagage, débarrassé de sa carapace.

 

Les voyages, font partie des invariants maçonniques. Ils jalonnent les rituels, les cérémonies initiatiques. Le grand voyage  vers l’homme intérieur est un itinéraire de vie, un chemin vers la découverte de soi.

 

Le confinement forcé, est peut-être l’opportunité de commencer ce voyage, vers la connaissance de soi. Un voyage, vers la vie réelle celle de l’esprit, vers le vivant.

 

« Qui a pensé dans la plus grande profondeur. Aime ce qu’il y a de plus vivant. » (Friedrich Hölderlin)

 

Confrontés à nous-mêmes comme ces hébreux en exil à Babylone, qui pleurent au bord de l’Euphrate leur Jérusalem perdue, notre inconscient réveille notre conscience, notre désir d’un retour au sacré au divin, un retour chez son soi originel, notre unité.

 

Nous étions si loin, si préoccupé de notre paraître, de nos ambitions matérielles, incapables de nous arrêter, de réfléchir à l’essentiel, à l’essence de notre soi. Le confinement nous oblige à oublier les néons des illusions, et voir la lumière intérieure éternelle qui brille en nous.

Nos sens reprennent contact avec la nature, jusque dans nos villes, nous entendons dans le silence, le chant des oiseaux, le vent qui pleure, qui hurle, dans les arbres plantés dans le béton. L’oreille du cœur se réveille. L’on voit des choses que l’on croyait improbables, hier en plein centre-ville, à Rennes sortant la rivière une famille de canards traversait tranquillement la route désertée.

La beauté de la vie, de cette vie oubliée ré apparait, le Cantique des Cantiques (III-10) célèbre ce retour à la joie :

 

« La pluie a cessé, elle a disparue. Les fleurs ont paru sur la terre. Le temps des chants est arrivé. »

 

Marie Madeleine Davy, loue aussi dans son livre l’Homme intérieur, ce temps des chants.

 

«  Le temps des chants arrive quand l’homme se lève et se met en marche pour remonter la route conduisant  à son origine.»

 

Confinés, nous prenons conscience de l’indispensable vie de l’esprit, du levier de l’intellect, mais aussi de ses limites, il faut bien plus pour voyager, que de simples raisonnements, il faut imaginer la beauté, se transformer, faire prendre à notre intellect, le chemin qui descend jusqu’au cœur, métamorphoser notre regard sur toutes les choses de la vie, pour voir en elle, dans toutes ces choses la présence du sacré, du divin. C’est cela la conversion du regard. Nous passons progressivement, grâce à ce voyage intérieur de l’horizontalité matière, à la verticalité de l’esprit, comme l’homme s’est levé il y a longtemps pour sortir de sa barbarie et devenir plus juste, aller sur un rayon de lumière de la périphérie au centre du cercle, entre l’équerre et le compas.

Notre conscience s’est élevée au fur et à mesure de notre itinéraire spirituel, de l’assouvissement de notre soif de sacré, les nourritures spirituelles ont permis de révéler nos potentialités et l’immensité du chemin à parcourir pour arriver au terme de ce voyage intérieur.

 

Ce voyage intérieur, nous libère, nous met en joie, lentement nous abandonnons nos certitudes, nos vanités, nos orgueils, nous faisons le vide, pour n’accueillir que l’amour fraternel. Nous suivons les conseils de Sri Gnânâmanda :

 

«  Rentre en toi au lieu où il n’y a rien et prends garde que rien n’y vienne. Pénètre au-dedans de toi. Jusqu’au lieu où nulle pensée ne s’y lève ! Là où rien n’est, le Plein ! »

Jean-François Guerry.

LE VOYAGE INTÉRIEUR

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