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la Franc Maçonnerie au Coeur

la Franc Maçonnerie au Coeur

Un blog d'information, de conversations sur le thème de la Franc Maçonnerie, des textes en rapport avec la Franc Maçonnerie, comptes rendus et conseils de lectures.

Publié le par Jean-François Guerry
École d'Athènes par Raphaël

École d'Athènes par Raphaël

ÉTHIQUE OU PRATIQUE ?

 

En 2021 j’écrivais mon premier livre : « Exercices spirituels antiques et Franc-maçonnerie ». Depuis je n’ai pas cessé ma réflexion sur ce thème, que j’enrichis périodiquement, ou plutôt presque quotidiennement par ma pratique maçonnique. J’écris, quand d’autres parlent seulement, d’autres méditent en silence, ils s’enrichissent tout autant, mais les bienfaits de leur action ne sont pas partagés. J’ai la faiblesse de croire qu’arriver à un certain âge, le peu de temps qui nous reste doit être consacré toujours et encore à la recherche des savoirs, mais surtout à la Connaissance c’est-à-dire à l’Amour du partage.

Les philosophes antiques, mais aussi les modernes sont le plus souvent préoccupés par la construction de systèmes, d’écoles de pensée, qu’ils s’efforcent de diviser, de structurer, de classer, au risque d’émietter leur pensée originelle. Ils veulent sans doute s’affirmer et au mieux laisser une trace de leur passage. Ils se saisissent parfois d’éléments disparates, piochés dans diverses écoles ou systèmes et en les assemblant, ils tentent de trouver une forme de cohérence. C’est une forme d’exégèse élaborée, que d’autres s’empressent de critiquer les accusant au mieux de plagiat au pire d’incohérence. Toute cette agitation intellectuelle finit par aboutir à une confusion, où chacun demeure persuadé d’avoir raison et cela donne corps à des conversations de cénacle où chacun compare ses degrés de savoir. Conversations qui finissent par n’intéresser que les locuteurs qui débattent entre eux, un entre-soi, bien loin des préoccupations existentielles des autres et même bien loin de toute élévation spirituelle qui pourrait améliorer la société. Nous devons nous interroger à propos des philosophes de l’antiquité : leur tâche principale était-elle la rédaction d’un écrit, ou d’écrits ? Il semble à l’analyse que non. En effet tout le monde semble d’accord que les principaux d’entre eux non rien écrit. C’est le cas de Pythagore considéré comme le premier sage, le premier philosophe, l’inventeur même de la philosophie et pourtant il n’a rien écrit ! Pour Socrate il en est de même, c’est Platon qui nous rapporte sa pensée, Plotin même le néoplatonicien tardif dont les Ennéades ont été classées et parfois réécrites par Porphyre. Et pourtant nous pouvons constater qu’ils nous ont laissé un héritage. Nous pouvons donc légitimement nous poser la question, est-ce que la tâche primordiale, essentielle d’un philosophe est la rédaction d’un écrit ? Victor Goldschmidt éminent philosophe, et historien français d’origine allemande, le pensait. Ainsi, il formula le postulat sur lequel repose la méthode structurale en philosophie : « La méthode structurale, dit-il met incontestablement l’accent sur l’œuvre écrite, comme l’unique témoignage où se manifeste une pensée philosophique. »[1] Cela semble évident comment pourrions-nous prétendre la pensée des philosophes antiques sans l’écrit. Pourtant, réfléchissons plus loin, nous constatons l’extrême lenteur des œuvres philosophiques écrites. Cela est du tout simplement parce que la communication était orale. Les dialogues de Platon en sont la démonstration, sans qu’il soit besoin d’argumenter. On notera de plus que les dialogues sont organisés par thème, visant sans nul doute un objectif pédagogique et inspirant pour une conduite de vie face aux événements de celle-ci, ils sont donc plus Praxis que theoria.

 

 

 

 

Conclusion

 

Éthique et Pratique.

 

J’ai volontairement écrit Pratique avec un « P majuscule », en forme d’égalité avec Éthique. Aujourd’hui nos hommes politiques à l’approche des élections éprouvent l’envie soudaine d’écrire. De se raconter et de nous raconter de belles histoires que nous sommes tentés de croire puisqu’elles sont mises par écrit. Après avoir dévoyé l’oralité tentent t’ils de convaincre par la sacralité de leurs écrits, inscrivant leurs promesses dans le marbre face à des paroles qui n’impriment plus. Plutôt que de nous parler d’éthique à longueur de journée, nous pourrions leur dire comme Socrate quand envisager de passer à la pratique ? La Franc-maçonnerie revendique elle dans ses travaux d’être dans l’éthique et au dehors de ses loges de passer à la pratique. Elle est pensée et action, fraternité humanisme et spiritualité, son initiatique n’a pas de sens sans la pratique de ce qu’elle enseigne. Ses exercices qui sont de formation sont aussi d’application dans l’homme et dans la cité. On vient en Franc-maçonnerie, non par vanité pour flatter son ego, mais pour agir sur soi et dans la société. Elle est une praxis vivante, faisons en sorte qu’elle soit vivace grâce à notre exemplarité et qu’elle inspire nos hommes politiques dans leur conduite et pas seulement dans leurs écrits.

 

                                    Jean-François Guerry.

 

[1] Victor Goldschmidt- Remarques sur la méthode structurale en histoire de la philosophie- Métaphysique et histoire de la philosophie, recueil d’études offert à Fernand Brunner. Neufchâtel 1981. Page 230.

ÉTHIQUE OU PRATIQUE
L'ACTION DE LA LUMIÈRE 
ÉTHIQUE OU PRATIQUE

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Publié le par Jean-François Guerry
Chers toutes et tous... Je serais absent du 20 au 26 joies de grand-père !!! Je vous propose en attendant quelques citations pour méditer....À bientôt

Jean-François Guerry

L'ABSENCE....
QUEL PLUS GRAND MANQUE QUE L'ABSENCE DE LUMIÈRE ?

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Publié le par Yann - Jean-François Guerry
DE LA LAÏCITÉ EN QUESTION

Pour une laïcité éthique 

Il est toujours dangereux de croire qu'on va résoudre un problème nouveau avec une solution qui a permis d'en résoudre un autre plus ancien […] Ce qui a été réalisé, quoique avec peine, entre l'État républicain et les catholiques a été rendu possible par plusieurs facteurs. En particulier, les deux partenaires, même s'ils étaient adversaires, avaient en commun un grand amour pour leur pays. Ils étaient fiers de la France, de son histoire, de sa langue, de sa culture […] Dans la France d'aujourd'hui, tous les musulmans qui y habitent et qui en ont la nationalité partagent-ils l'amour du pays où ils résident ? 

Rémi Brague – membre de l'Institut de France  

Ce que je crois 

Au moment où l'on remémore le 120è anniversaire de la loi de 1905, voilà que resurgit cette année encore, vandalisme, procédures de justice, polémiques et manifestations contre les crèches et l'usage même du mot "Noël".  

Lorsque règnent l'intolérance et le dogmatisme et que les questions politiques deviennent d'une complexité qui les rend proches de l'insolubilité, je crois qu’il faut revenir à l’intelligence des mots et à la compréhension des concepts pour en trouver l’issue. 

Me vient alors une question. Existe-t-il un regard qui, posé sur les événements de notre quotidien, leur donnerait une valeur ajoutée ou apporterait une réponse aux maux qui rongent notre société ?  Alors, quelle sera la spécificité de ce regard ? Quelle raison invoquer pour justifier ce Blog sur un sujet si souvent débattu : la laïcité ? Peut-on s’en tenir à ne donner que des pistes de pensée, des voies de réflexion, des doutes à partager ? Et si ce Blog n'était que cela ? Une machine à faire douter, un système chargé de déranger la bonne façon de penser, une remise en question systématique des certitudes. À moins que la question soit mal posée et qu'il faille plutôt s'interroger sur la nécessité même des certitudes. Car si les certitudes s’affichent dans la société avec autant de poids, autant de présence, suscitent autant d’écho, de réceptivité du public, n’est-ce pas parce qu’elles correspondent à une composante de l’homme ? Sans doute ! Mais lorsqu'on cherche à définir la certitude dans ses composantes et ses champs d'application, on croise fatalement la route du dogme et de l'intolérance. Le monde de l'intolérance est le grand pourvoyeur des certitudes, il en vit, les entretient et les développe. Le Blog machine à faire douter ? Pourquoi pas ? Il serait quand même trop simpliste de se contenter d’affirmer que l’intégrisme est aveugle, que l’intolérance est absurde et que les certitudes conduisent à l’échec économique, social et philosophique. 

 Ces propos d’introduction m’amènent à préciser que ma contribution de ce jour n'est qu’une réflexion personnelle, un regard certes, mais un regard qui s'inscrit dans la multiplicité des discours et ne vaut que pour un temps. Je dis bien pour un temps, car, vous le savez bien, le monde change et ce qui se passe aujourd’hui pour la laïcité ne paraît plus relever d’un cas de figure quasi traditionnel dont le cinéma a donné l’illustration dans l’affrontement Peppone contre Don Camillo. 

Mais d’abord, qu’est-ce que la laïcité ?  

La laïcité, c’est à la fois une idée abstraite, un concept, un mythe, une utopie et sans doute d’autres choses encore. Elle est l'enjeu d'un débat et d'un combat historique et politique en France et, à un moindre titre, en Europe. Elle a en effet, une caractéristique unique : le fait d'être liée à une partie très spécifique de l'histoire de France et à elle seule, au point que le mot est à peu près intraduisible en différentes langues. Les politologues utilisent de préférence la notion de sécularisation pour indiquer qu'une société estime que sa loi ne dépend pas exclusivement de sa conception de la transcendance.  

Sens et non-sens de la laïcité  

Pour cadrer le sujet, rappelons-nous que le premier combat fut celui d'une 3ème République naissante et fragile qui entendait arracher aux frères des écoles chrétiennes le monopole de l’éducation. L'éducation allait devenir "nationale" et la catéchèse, "instruction civique". Ce programme a d'ailleurs été réalisé et a plutôt bien fonctionné jusqu'à l'effondrement de l'Empire colonial qui a ramené en métropole des populations revendiquant le droit à la différence en matière religieuse. C’est ainsi que la laïcité contemporaine bute, sans pouvoir le liquider sur le complexe du tchador qui l’enferme dans une contradiction intenable.  

Contradiction intenable ! Je m’explique. Si la laïcité interdit à l’école les signes d’appartenance religieuse, elle renonce à la liberté de croyance dont elle se prétend dépositaire ; or, nous le savons, certaines croyances religieuses sont farouchement hostiles à la liberté de l’enseignement comme à la liberté de culte. À l’opposé, si la laïcité autorise le port de ces signes chez ceux qui récusent la neutralité de l’espace public, elle se montre infidèle à son projet d’ouverture universelle. Nous sommes dans une impasse. Ou bien toutes les doctrines se valent et elles ont le droit d’être également enseignées, mais alors la laïcité se réduit à une doctrine parmi d’autres qui ne possède aucun privilège ; elle n’est que le reflet d’une situation historique et sociologique déterminéeOu bien la laïcité est la doctrine des doctrines qui, seule, a droit de cité, mais alors les autres doctrines n’ont plus aucune valeur. Vous le voyez, on tourne en rond…  

La difficulté tient au fait que la laïcité n’a aucun contenu spécifique ni d’autre fondement qu’elle-même. Son autonomie est formelle ou, si l’on préfère, vide. C’est un élément neutre, comme le zéro dans l’addition. Elle est neutre dans son refus de toute particularité et dans son indifférence aux multiples matériaux que lui offre l’expérience et sur lesquels elle va opérer. La laïcité ne saurait donc opprimer ou occulter une parole ou une pratique. Elle-même ne prend pas la parole, elle la donne au contraire, puisqu’elle est la condition a priori de toute liberté de parole. 

Seulement, lorsque la laïcité devient, comme d’autres idéologies, parole dogmatique, arrogante, inquisitive voire punitive, lorsque la laïcité devient laïcisme, alors la laïcité manque à sa propre nature et devient simplement le masque d’intérêts particuliers qui se dissimulent sous le voile de l’universel.  

Et l’on retrouve ici le destin ambigu du mot laïkos : cette multitude non structurée, à l’image de la foule sur la place publique où tous ont droit à la parole. Car si tout un chacun a droit à la parole, si chaque groupe d’intérêts peut revendiquer sa culture et sa légitimité sous le prétexte qu’il occupe un espace public, c’est bien parce que cet espace est vide et que, dans ce vide, la laïcité n’a rien à dire.  

Et c’est bien là son drame, qui est aujourd’hui le nôtre, dans nos écoles et dans nos universités. La laïcité ne nous dit rien sur l’origine de l’homme, le but de son existence ou la réalité du bien ; elle ne se prononce pas sur la légitimité de l’éthique ou le choix d’une politique. Elle laisse à chacun, comme au marché, le soin d’exposer sa marchandise et de la vendre à qui bon lui plaît. Et c’est là toute sa faiblesse et toute sa vacuité. En une époque où le fait du pluralisme est la caractéristique majeure des démocraties, on peut s’interroger sur la capacité de la laïcité à fournir un fond de principes communs à tous en s’appuyant sur ce que John Rawls appelle "un consensus par recoupement". À reconnaître à l’infini la pluralité des opinions, des comportements et des cultures, l’espace public risque de se fracturer, de se morceler et de se dissoudre dans un consensus par appauvrissement qui trahira la volonté de communauté qui l’animait. La laïcité moderne risque de n’être, en fait, et finalement, que l’état d’une société qui a perdu tout repère et qui n’accorde plus de foi qu’à son incroyance. À laisser à chacun le soin de recueillir les bribes d’un héritage privé de testament, la laïcité contemporaine risque de se donner comme la forme intellectuelle du délaissement. 

La laïcité à la française est accident dans l’histoire de l'humanité ". Voilà ce qu’affirme Bruno Etienne brillant universitaire et franc-maçon du Grand Orient de France bien connu pour ses prises de position publique sur la laïcité. Bien peu d'États actuels ont suivi la même évolution, alors que la sécularisation est générale en Occident. Le droit de la plupart des pays européens est issu du système parlementaire, quelle qu'en soit la forme ; et l’on sait bien qu’il n’est plus lié à la conception transcendante de la société qui produit ce droit.  

La laïcité française est unique en ce sens qu'elle est d’abord le rapport particulier d'une religion de type ecclésial avec un magistère institutionnalisé face à un État républicain balbutiant qui a voulu lui arracher le monopole de la socialisation. Mais le concept et la pratique ont évolué depuis la 3ème République. Le système adopté en Europe occidentale est quelque peu différent : les États démocratiques admettent par exemple l’enseignement religieux dans l'instruction publique et subventionnent certaines églises reconnues. La laïcité est alors le rapport entre ces deux instances ; elle est présentée en garante de la liberté des consciences individuelles et en barrière devant les risques d’empiétements d’une église quelconque 

Pour une laïcité éthique  

Lorsque les questions politiques deviennent d'une complexité qui les rend proches de l'insolubilité, je crois qu’il faut revenir à l’intelligence des mots et à la compréhension des concepts pour en trouver l’issue.  

Depuis quelques décennies, la France, entre autres, est confrontée à la redoutable question de la laïcité face à ce qu'il est convenu d'appeler, pour une partie de sa population le retour du religieux (En 2025, près de 4 millions de pèlerins accueillis à Lourdes ; une fréquentation exceptionnelle de Notre Dame à Paris) 

La tentation alors est grande d’établir à ce propos un rapport de forces et de se défier entre protagonistes. Qui cédera le premier ? Dieu ? Ou l'État ? Dilemme sans issue, car comment concilier deux idées aussi intransigeantes, surtout lorsqu’elles s'impriment dans des convictions extrêmes, des comportements sans concessions, des institutions sans alternatives.  

 La paix n'est guère concevable entre une laïcité qui se voudrait athée et des confessions religieuses, dont chacune prétendrait à l’exclusivité des dogmes et au caractère unilatéral de sa croyance. Un tel champ de force conduit droit à la guerre. D'où la nécessité de reformuler les termes du débat de sorte qu'une solution redevienne imaginable et cela, si possible, sans trop prendre ses désirs pour des réalités.  

Il importe ainsi de développer les éléments de ce que l’on appellera une laïcité éthique. En l'occurrence, il ne s’agit pas de céder à la tendance nouvelle au "tout éthique", en faisant du mot éthique lui-même une sorte de mot de passe, de magique sésame. La référence éthique ici utilisée concerne avant tout, et quel que soit le sujet abordé, le respect d'autrui, c'est-à-dire de celui ou de celle qui n’est pas moi, ou qui ne se reconnaît pas dans mes identifications primaires. Penser une laïcité éthique pour un pays, où chrétiens, juifs, musulmans, bouddhistes doivent trouver les voies d’une coexistence qui ne soit ni la négation ni la caricature de leurs valeurs communes, cela revient d'abord à explorer les fondements juridiques qui permettraient d'échapper aux dilemmes que j’ai mentionnés ; ensuite, il faudra inévitablement s’interroger sur les attitudes et les comportements qui permettront l’usage à bon escient de telles ressources.  

Explorons quelques fondements juridiques fondateurs. L’histoire, de 1789 à nos jours, nous montre que la question de la laïcité n’a pas été aussi unilatérale, militante et polémique qu’on pourrait le croire.  

Commençons par la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen du 26 août 1789 et de son article 10 qui dispose :  

"Nul ne doit être inquiété pour ses opinions même religieuses pourvu que leurs manifestations ne troublent pas l’ordre public établi par la loi"  

Cela est bien dit, mais on passe trop facilement sous silence un élément capital du Préambule de cette Déclaration :  

"En conséquence, l’Assemblée nationale reconnaît et déclare, en présence et sous les auspices de l’Être Suprême, les droits suivants de l’homme et du citoyen".  

"Sous les auspices de l’Être Suprême" ! Voilà bien une formulation propre à interpeller les Francs-Maçons de la Grande Loge de France qui déclarent travailler à la gloire du Grand Architecte de L’Univers. Mais, surtout, voilà une mention qui confère une signification et une résonnance bien particulière à l’article 10. Et qui nous conduit à deux observations :  

-Vous remarquerez que le respect de l’ordre public, qui établit une limite aux manifestations religieuses, ne peut être fixé que par la loi. Il n’est donc pas déterminé a priori en forme décensure préalable. Il l’est de manière légale sans contrainte ni violence. 

-Deuxième remarque. La mention d’un Être Suprême, dans un tel contexte, est comme une allusion à l’idée de Dieu. Comme si les Constituants avaient voulu faire droit au déisme plus ou moins affirmé des Encyclopédistes avant que n’interviennent les archanges de la Terreur. La mention de l’Être Suprême révèle, qu’à cette date, le nouveau législateur n’éprouve encore aucune phobie à l’encontre d’une idée de Dieu et qu’il la présente de telle sorte qu’elle soit compatible avec les libertés qu’il va ensuite prononcer. Il est vrai que cette phobie éclatera par la suite. Toutefois, sans refaire l’histoire politico-religieuse de la France, l’on observera que l’élaboration des grandes lois concernant la laïcité sous la 3ème République, saura également échapper à de telles réactions répulsives. 

Depuis 1789, nul ne peut plus être inquiété pour l’expression publique de ses convictions, "même religieuses", ajouta-t-on en cette année où le catholicisme était encore seule religion reconnue du royaume de France. De la faveur du prince on passait au droit de tout homme, du seul fait qu’il était homme, à ne plus enfermer au fond de lui-même ses pensées les plus chères. La foi religieuse cessait d’être une affaire de société pour être remise à la libre décision de chacun. Un siècle plus tard, c’est exactement ce qu’on nommera laïcité.  

C’est ainsi que, lors des lois qui fondèrent l’école publique, le projet de Jules Ferry était la séparation de la société civile et de la société religieuse. Mais il admettait encore dans son programme de 1887 un chapitre sur "les devoirs envers Dieu" pour tenir compte de la religiosité générale de la société française. Jules Ferry était suffisamment confiant dans la neutralité de l’enseignement public pour garder la possibilité d’une instruction religieuse. C’est à cet effet que la loi prévoyait que l’école vaquerait le jeudi, laissant ainsi une chance à l’espace privé et à la croyance. La fameuse Lettre de Jules Ferry aux instituteurs indiquait que la mission des hussards noirs de la République consistait " à fortifier, à enraciner dans l’âme de [leurs] élèves, pour toute leur vie, les notions essentielles de moralité humaine…" Jules Ferry, dans ce passage, parlait, comme si cette notion allait de soi, de l’âme des élèves.  

Et nous arrivons à l’époque actuelle.  

La Constitution de la 5ème République dispose dans son article 2 : "La France est une république indivisible, laïque, démocratique et sociale. Elle assure l’égalité devant la loi de tous les citoyens sans distinction d'origine, ou de religion. Elle respecte toutes les croyances".  

Suivant ces dispositions, là encore capitales, la laïcité dont se prévaut la Constitution n'est pas une laïcité négative, qui se déclare en concurrence éliminatrice avec le fait même de la croyance, quelle qu'elle soit, serait-elle religieuse. Elle détermine plutôt une laïcité ouverte et plurielle qui s'oblige à reconnaître non seulement la liberté de croire, mais également la pluralité des croyances, chacune étant reconnue en tant que telle et toutes étant appelées à admettre le principe de leur coexistence. Il n'empêche que ni la loi ni le droit ne peuvent et ne sauraient régenter la totalité de l'existence. D'où l'importance du relais éthique : respect d’autrui, reconnaissance de l’autre sans condition, donner son plein sens au mot dialogue qui ne doit pas se réduire à une conversation manœuvrière au service d’un prosélytisme prédateur. Qui accepte de dialoguer, accepte ipso facto d’exposer, de s’exposer à changer d’avis.  

Quand on parle de laïcité, on pense généralement à celle de l’État ou à celle de l’école, qui ne sont en cette histoire que condition, moyen ou conséquence. Il faut inverser la perspective, rappeler que ce fut d’abord une affaire de conscience : de consciences qui demandaient leur place au soleil dans une société qui la leur refusait. L’ayant obtenue, elles héritent du fardeau princier : une société ne peut ni tout permettre ni tout se permettre. Au forum des libertés publiques, on peut penser que ce sera le grand débat démocratique des années qui viennent : dans le "polythéisme des valeurs" et des convictions, ainsi que dirait Max Weber, comment constituer un "espace éthique commun" sans lequel une société devient rapidement invivable et ingouvernable ? Là est la question.  

Il me vient, pour conclure, une remarque bel et bien religieuse et éthique. Elle se rapporte à l’axiome éthique par excellence, énoncé dans le Lévitique – axiome qui résonne notamment dans toutes les religions dites monothéistes -, qu'il faut apprendre à lire et à écouter comme il se doit, c’est-à-dire sans en tronquer la conclusion : " /.../ et tu aimeras ton prochain comme tien : je suis Dieu" (Lévitique, 19, 18). Dieu au sens théologique et le prochain au sens social et éthique ne s'excluent pas. Au contraire, ils sont intimement corrélés. Cette corrélation ne doit-elle pas être sans cesse rappelée, sachant, comme l'affirme encore le préambule de la Déclaration de 1789 à laquelle il faut revenir, que la corruption publique et la ruine des gouvernements ne sont que les conséquences fatales de l'oubli et du mépris, oubli ce qui fut avant soi, mépris de celui qui vit avec soi ? Quand l’exigence divine rejoint l'obligation constitutionnelle, bien irresponsable serait celui qui irait les disjoindre.  

 

Mais pourquoi athée non dogmatique et fidèle ? Parce que tout athée que je sois, je reste attaché par toutes les fibres de mon être, à un certain nombre de valeurs qui sont nées pour beaucoup d'entre elles dans les grandes religions, et spécialement, en Europe, parce que c'est notre histoire, dans la tradition judéo-chrétienne. Ce n'est pas parce que je ne crois pas en Dieu que je vais refuser de voir la grandeur, au moins humaine, du message évangélique. Mon Dieu à moi, si j'ose dire, celui dont je nie spécifiquement l'existence, c'est le Dieu d'Abraham, c'est le Dieu de Jésus-Christ. Je ne crois pas davantage au Brahman de Shankara ou en Allah de Mahomet. Mais ces Dieux-là, je ne les connais que par ouïe dire; ils ne sont ni mon problème ni ma culture. Cela vaut tout autant pour les autres civilisations. Mais il se trouve que nous sommes en Europe, que nous sommes d'Occident, que nous le voulions ou pas. Il faut bien assumer cette dimension à la fois historique et géographique, qui fait partie de notre destin.  

André Comte-Sponville, "Existe-t-il une spiritualité athée ?   

YANN.

 

DE LA LAÏCITÉ EN QUESTION
LA LOI RIEN QUE LA LOI ?

LA LOI RIEN QUE LA LOI ?

Beaucoup moins érudit que Yann, mon idée de la laïcité reste une loi de la République Française. Je ne néglige pas pour autant les valeurs qui naissent de cette loi, les vertus que l'on peut y trouver, et le fait que cette loi peut être un centre d'union fraternel. Je peine néanmoins a y voir une spiritualité, mais après tout à chacun sa croyance, l'essentiel étant le respect de l'autre, de sa dignité d'homme, il est inconditionnellement mon Frère en humanité.

Jean-François Guerry.

La Fraternité

La Fraternité

LAÏCITÉ ÉRUPTIVE !

 

Au royaume des confusions, les dogmes sont rois pourrait-on suggérer ! Le concept de laïcité est aujourd’hui l’objet de nombreuses confusions. Détourné de sa fonction, survalorisé ou amoindri, il est souvent instrumentalisé pour servir des choix politiques qui en réduisent la portée.[1] Ce que je crois et ce que je constate.

Les extrémistes religieux et politiques parlent peu ou mal de la laïcité, feignant de l’ignorer ou la méconnaissant. Très récemment elle redevient sous leurs pressions, un sujet. Sur tous les frontons des édifices de la République Française, nous pouvons lire Liberté, Égalité, Fraternité. On parle beaucoup de Liberté, on théorise beaucoup aussi l’Égalité, on réserve la Fraternité pour les grands événements sportifs, les grandes catastrophes, les statuts des organisations humanitaires, les commémorations et les remémorations. La Fraternité se réduit à des moments, voir : le moment fraternité de Régis Debray. Comment prétendre appliquer la loi sur la laïcité sans d’abord restaurer la fraternité ?  La fraternité est une valeur essentielle pour l’application de la laïcité. Parce que la fraternité ne se limite pas, elle est ouverture humaniste, constat que nous sommes tous frères, pourquoi dès lors ne pas pratiquer l’Amour fraternel ? Pourquoi laisser prospérer la haine, substrat de la violence, affirmation de l’ignorance de l’autre. J’ai pu constater que les Maçonnes et les Maçons qui revendiquent être des Sœurs et des Frères, peinent à prononcer dans certaines obédiences la Devise de la Républicaine Française à laquelle ils ont pourtant prêtés serment d’allégeance puisque par réciprocité la République les protège.

Il faut dire d’abord pour éviter toute confusion à propos de la laïcité que c’est un concept, une loi avec ses décrets, loi votée dans la douleur, loi débattue s’il en est. Mais cela reste du domaine du législatif. Ses articles sont les instruments de la vie en société, ce principe législatif n’est donc pas pour moi une spiritualité il suffit de lire la loi pour s’en convaincre. Même si cette loi incline, si elle guide vers des valeurs grâce à sa pratique, vers des valeurs spirituelles. Elle ne reste qu’un principe législatif favorisant la vie en société. La laïcité n’est pas une spiritualité, parce que la spiritualité est la spiritualité elle n’a pas besoin d’adjectif. Que ceux-ci soient laïque ou religieux. Un être spirituel peut l’être sans être membre d’une église, d’un parti politique, d’un mouvement, ni adhérent à un principe législatif. Ce qui n’empêche nullement une double appartenance, nous pouvons être, des êtres spirituels et laïcs, et religieux, et athées, le et est fondamental. La laïcité a pour elle un principe intangible c’est la liberté de conscience. En conséquence elle reconnait la plus grande tolérance, sans pour autant être faible sur ses principes : de Liberté et d’Égalité et bien sûr de Fraternité.

« Accoler un adjectif à « spiritualité », c’est en réduire sa portée qui est universelle. » [2] D’ailleurs, vous ne trouverez pas le mot spiritualité dans les articles de la loi sur la laïcité. La laïcité a cette vertu de nous donner un sentiment d’unité nationale au-delà des communautarismes de toutes origines. Elle est pour moi en ce sens un centre d’union fraternel, c’est aussi un centre d’union fraternel qui permet aux Francs-maçons de se réunir ensemble dans leurs loges. Ce centre d’union fraternel porte le nom d’Art Royal, ou de Franc-maçonnerie. Dans ce centre d’union fraternel, le premier mouvement du Franc-maçon est d’aller vers l’autre et non pas comme dans le monde profane de s’éloigner de l’autre. Aller vers l’autre pourvu qu’il soit libre et de bonnes mœurs. Ce mouvement vers l’autre dépasse l’intérêt de la réciprocité, il est absolu et infini, sans désir ou espoir de retour. Il est mouvement vers l’homme, humanisme. Les Sœurs et les Frères sont des soldats de l’humanité, de l’universel.

Pour les Francs-maçons la loi divine ne peut pas contredire la loi naturelle. Leur Temple est comparable à l’Arche du patriarche Noé, et leur Temple intérieur est un tabernacle.

Défions-nous des extrémistes qui laissent se déchirer entre eux les modérés partisans de l’équilibre entre la rigueur de la loi de Moïse et de la loi d’Amour de Jésus. Ces extrémistes versent leurs terreaux de la division et de la haine dans nos jarres destinées à recevoir le vin de la connaissance. Ils sèment les graines de la division, de la séparation des hommes. Ils sont les ennemis de la foi et de la raison et refusent cette alliance qui les précipiteraient dans l’oubli. La laïcité ne doit pas non plus succomber sous la dictature des extrémistes laïcs qui se cachent derrière des arguties et des failles législatives. Les Francs-maçons, travaillent constamment dans leurs loges et dans le monde au rassemblement de ce qui est épars, à rapiécer, à rénover, à recoller les morceaux brisés des miroirs pour que les hommes puissent se regarder et regarder avec leurs différences dans la même direction, pour le bonheur de l’humanité. Ce ne sont que les sentiments d’un citoyen et laïque et croyant et Franc-maçon, désolé pour ceux qui voudraient nous écarteler, nous séparer, nous caractériser…

 

                                                 Jean-François Guerry.    

 

[1] Robert de Rosa- Laïcité, Tolérance &Franc-maçonnerie. 4ème de couverture. Éditions numérilivre 2020.

[2] Ibid 1- Page 36.

LA LAÏCITÉ UNE LUMIÈRE POUR ÉCLAIRER LA FRATERNITÉ.
DE LA LAÏCITÉ EN QUESTION

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Publié le par Jean-François Guerry
   VOLER ! PRENDRE ! TRANSGRESSER ! VIVRE !
Photo de rtldtu05 sur Unsplash

          VOLER ! PRENDRE ! TRANSGRESSER ! VIVRE !

 

   Je vous en conjure prenez le temps de jouer, avec vos enfants, vos petit-enfants, c’est le secret de la jeunesse.

 

   Je vous le demande volez un livre dans la bibliothèque de votre meilleur ami, vous serez encore plus proche de lui.

 

   Je vous en supplie prenez le temps d’aimer, toujours encore, malgré tout, ce sera le meilleur remède à tous vos maux.

 

   Je vous le demande éteignez vos téléphones, levez vos yeux, serrez des mains, parlez à ceux qui sont là, c’est du bonheur, ce sont vos futurs amis.

 

   Riez, riez aux éclats, c’est la musique de votre âme.

 

   Donnez ! donnez ! ce que vous pouvez, il vous reste peu de temps.

 

   Travaillez, pour vous, pour les autres, c’est vivre, c’est le succès de votre vie.

 

   Et puis priez, qui vous voulez, pour pouvoir faire tout cela le plus longtemps possible, discrètement sans faire de bruit, avant que la vie ne s’en aille, ailleurs peut-être ?

 

   Profitez bien de vous avec les autres, pour les autres !

 

                                    Jean-François Guerry.

LA LUMIÈRE POUR LA VIE

 

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Publié le par Jean-Laurent Turbet

Cet article est reposté depuis Le Blog des Spiritualités.

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Publié le par Jean-François Guerry
À RENNES L'HERMÉTISME - POUR LES SOEURS et LES FRÈRES. 

 

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COMMUNICATION DU CERRER renseignements et inscriptions sur le site....
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LES LUMIÈRES DU RITE ÉCOSSAIS RECTIFIÉ
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Publié le par YANN
Je taxe, tu taxes, nous taxons tous en rond là, là, là !!!

Je taxe, tu taxes, nous taxons tous en rond là, là, là !!!

Un sujet pas vraiment en rapport avec la Franc-maçonnerie, mais oui mais les Soeurs et les Frères sont aussi des contribuables ! Ce que dit, ici l'auteur est sous sa responsabilité exclusive. Une réflexion néanmoins inspirante. 

Jean-François Guerry

Impôt sur le capital et équité fiscale

 

On sait que l'impôt sur le capital est à la mode, ce qui est d'ailleurs peut-être une raison de s'en méfier, l'expérience montrant qu'une idée économique a d'autant plus de chances d'obtenir les faveurs du public qu'elle est moins bien fondée. En ce qui concerne en tout cas l'impôt sur le capital, cette faveur provient d'abord certainement de tout le contenu émotif que véhicule le terme de "capital", comme d'ailleurs son parent le "capitalisme". Pour tous ceux qui croient que le capitalisme - régime d'appropriation privée du "capital"- est responsable de tous les maux, il est évident que toute atteinte portée au capital privé constitue un progrès.  

Par ailleurs, on souligne généralement - même si les connaissances empiriques à ce sujet sont loin d'être satisfaisantes - que la répartition du capital est encore plus "inégalitaire" que la répartition des revenus et qu'une politique plus égalitaire impliquerait donc la mise sur pied d'un impôt sur le capital. Une fois de plus, nous ne discuterons pas de l'objectif de redistribution par lui-même, mais nous voudrions simplement, rechercher comment un tel impôt pourrait s'inscrire dans l'ensemble d'une fiscalité, en particulier de celle que connaît actuellement la France. Pour en juger, nous utiliserons un critère, sur lequel - nous semble-t-il - tout le monde peut se mettre d'accord, à savoir qu'un système fiscal est injuste si deux personnes placées dans la même situation ne se trouvent pas taxées pour le même montant. On pourrait alors récuser a priori tout impôt sur le capital qui ne respecterait pas ce principe.  

Un économiste sait bien qu'il y a équivalence entre revenu et capital. Le revenu, en effet, n'est rien d'autre que le rendement par période d'un capital, c'est-à-dire d'un ensemble de ressources matérielles ou immatérielles. Le capital constitue en quelque sorte la source du revenu et sa valeur se calcule d'ailleurs à partir des flux de revenus qu'il permet d'obtenir dans le temps. La partie des rendements du capital qui n'est pas détruite par la consommation, c'est-à-dire l'épargne, permet d'accroître le capital, donc les revenus futurs. De cette équivalence absolue entre capital et revenu, il résulte qu'il est indifférent de taxer le revenu ou le capital à condition que l'un et l'autre soient correctement saisis.   

Voyons quelques exemples types de situations plus proches de la réalité.  

Voici M. X qui possède un portefeuille de titres valant 100 000 € dont il tire un revenu annuel de 5 000 €, sur lequel il paie un impôt. Voici, par ailleurs, M. Y, qui possède un tableau de maître valant 100 000 €, dont il tire un revenu non pécuniaire, c'est-à-dire un flux de satisfactions (plaisir de regarder son tableau, prestige, etc.). L'équivalent monétaire de ce flux de satisfactions peut être évalué à 5 000 € si le taux de rendement dans l'économie est de 5%. En effet M. Y pourrait recevoir 5 000 € par an en vendant son tableau de maître et en achetant des titres ou des biens immobiliers. S'il ne le fait pas, c'est bien parce que le flux de satisfactions qu'il retire de la possession de son tableau lui apparaît comme au moins aussi important que le flux de satisfactions qu'il tirerait de l'obtention du revenu annuel de 5 000€. Or, contrairement à M. X, il ne paie pas d'impôt sur le revenu. Ce système fiscal est donc injuste. Cependant, il ne l'est pas parce que la conception de l'impôt sur le revenu serait mauvaise mais parce que le revenu est ici mal défini. Le revenu, en effet, n'est rien d'autre que le flux des services tirés d'un capital, c'est-à-dire un ensemble de satisfactions, le principe même de l'impôt sur le revenu consistant d'ailleurs à "transférer des satisfactions" et non des unités monétaires. C'est simplement pour des raisons de commodité que l'impôt retient généralement les seuls éléments du revenu qui prennent une expression monétaire. Le revenu étant le rendement pécuniaire ou non pécuniaire du capital, ce n'est pas en ajoutant un impôt sur le capital à l'impôt sur le revenu que l'on pourrait atteindre la justice fiscale. En effet M. X paierait toujours plus d'impôts que M.Y, alors que l'équivalent monétaire de leurs flux de satisfactions est le même, comme l'est leur capital. La justice fiscale peut être atteinte seulement de deux manières : 

  • soit par une meilleure définition du revenu intégrant par conséquent le revenu non monétaire du capital ;  
  • soit par l'instauration d'un impôt sur le capital et la suppression de l'impôt sur le revenu, le revenu n'étant pas correctement défini.  

 

Il est évident que ces deux solutions sont équivalentes. En ce sens le débat sur l'impôt sur le capital est assez vain et il vaudrait mieux lui substituer un débat sur la définition du revenu.  

Un autre exemple, proche du précédent, contribuera peut-être à mieux éclairer le problème : soit M. V, propriétaire d'un appartement d'une valeur de 100 000 €, qu'il habite lui-même. Il ne paie pas d'impôt sur ce logement, ce qui paraît normal à tout le monde. Soit, par ailleurs, M. T, propriétaire d'un logement d'une valeur de 100 000 €, qu'il loue pour 5 000 € par an. Il paie des impôts sur ce montant, qui constitue effectivement un revenu. Mais par ailleurs, il est lui-même locataire dans une autre ville et il paie 5 000 € par an pour un logement dont la valeur en capital est de 100 000 €. M. V et M. T sont exactement dans la même situation : ils possèdent un même capital et ils obtiennent les mêmes services du capital, mais l'un est imposé sur la valeur de ces services, l'autre ne l'est pas. Ici encore, la définition habituelle du revenu est incorrecte. Ici encore, il ne suffit pas d'ajouter un impôt sur le capital pour restaurer la justice fiscale.  

Ce qui est en cause, c'est la conception même de l'impôt sur le revenu ou de l'impôt sur le capital. Nous l'avons dit, ce que l'on cherche en fait à atteindre par l'intermédiaire de l'impôt sur le revenu, c'est le niveau de satisfaction des uns et des autres. Or, le revenu - ou le capital - en fournit un mauvais indicateur : celui qui épargne n'obtient pas un niveau de satisfaction correspondant à son revenu, mais à sa dépense. C'est pourquoi ce type d'injustice fiscale ne peut être supprimé que par l'instauration de l'impôt sur la dépense (ou impôt sur la consommation), à l'exclusion de tout autre système. Rappelons seulement qu'il s'agirait d'imposer le revenu moins l'épargne plus les emprunts. Contrairement aux impôts indirects de type T.V.A. - qui ne frappent pas les consommations non monétaires - l'impôt général sur la dépense dont il est ici question permet d'appliquer le principe de progressivité puisqu'il s'applique à la totalité des dépenses d'une période. Le débat entre impôt sur le capital et impôt sur le revenu ou sur la juxtaposition de l'un et de l'autre perd alors sa portée, à condition, évidemment, que l'on définisse correctement les concepts, c'est-à-dire, par exemple, que l'on inclue dans le montant des dépenses les revenus non monétaires du capital. On aboutirait d'ailleurs ainsi à l'un des résultats que l'on cherche à atteindre par la création d'un impôt sur le capital. 

Tout cela nous conduit peut-être à méditer sur l'impôt en général. Tout impôt correspond nécessairement à un manque de respect à l'égard des choix individuels, tout impôt est forcément inéquitable. Pour en revenir plus précisément à l'impôt sur le capital, il reste évident que la création d'un impôt de ce type ne serait pas une mesure de justice sociale, mais une mesure d'injustice sociale car il pèserait sur les contribuables de manière parfaitement arbitraire. C'est la progressivité de l'impôt - quel qu'il soit - qui garantit la redistribution des ressources, à condition que l'assiette de l'impôt soit correctement définie. Il apparaît alors que la juxtaposition d'un impôt sur le revenu et d'un impôt sur le capital n'est pas justifiée et que l'impôt sur la dépense est probablement le plus juste de tous les impôts. 

La fiscalité française actuelle ressemble à un échafaudage que l'on aurait construit peu à peu sans se préoccuper des éléments qui se trouvaient par-dessous. Cet échafaudage est probablement en équilibre douteux. Il est question de lui ajouter un étage, l'impôt sur le capital, dont on pense qu'il permettra de mieux atteindre le sommet de l'édifice, c'est-à-dire la justice fiscale. Il y a lieu de craindre que l'échafaudage s'écroule et que le sommet soit plus que jamais inaccessible. Nous ne mettons pas en cause la recherche de l'équité dans la répartition de la charge fiscale, mais nous souhaitons simplement que soit construit un échafaudage solide et durable évitant que certains ne tombent au sol sans l'avoir mérité. 

 Est-il bien raisonnable - comme m'y invite l'un de mes lecteurs - que j'adresse le présent blog à la Commission des Finances de l'Assemblée nationale ? L'acteur Vincent Lindon, salué comme "voix citoyenne" par Edwy Plenel, directeur de Médiapart, a bien proposé récemment de créer une contribution exceptionnelle, baptisée  Jean Valjean,  financée par les patrimoines français de plus de 10 millions d'euros. Et pourquoi pas un impôt Thénardier, une subvention Cosette, … ? 

YANN.

LE BLOG DE YANN LE PERTINENT IMPERTINENT
LUMIÈRE FISCALE ?
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Publié le par Jean-François Guerry

ON NE DOIT PAS !

 

N

e craignez rien, rassurez-vous je ne vais pas faire appel au grand « Yaka ». De quel droit d’ailleurs, je ne suis pas un prêtre ? Et puis, des grands Yaka , les médias en sont saturés, avec toutes leurs solutions si simples que l’on se demande vraiment comment eux-mêmes ne se les appliquent pas au titre de l’exemplarité ?

 

Face à l’imprévu, à l’avènement de n’importe quel événement, ils ont souvent des solutions en Kit, des prêts à faire. Pour ma part malgré de poids des ans, la dureté parfois de la vie, les pertes de chance, d’espoir. J’avance encore dans les ténèbres, dans les labyrinthes inconnus, remplis d’erreurs.

Tranchée en Ukraine

Fou et prétentieux comme Icare, je lève les yeux, dans l’espoir de savoir un jour. Me rendant compte comme le grand Socrate ou comme un petit Gabin[1] de passage : « Que je ne sais rien ! Mais que cette ignorance, me bouscule, me met sur la voie étroite, me fait passer par la porte basse. » Et je me dis à moi-même, avec le sourire de celui qui a trouvé son itinéraire : « Que grâce à mes sœurs et frères en humanité, je suis tout simplement dans la voie qui m’était tracée ». Entre terre et ciel, parfois en équilibre, hésitant entre la rigueur de l’équerre et   l’ouverture du compas, entre la rigueur de la loi, et la loi d’Amour. Espérant que ma conduite soit éclairée par le tribunal permanent de ma conscience, est-cela la recherche de la Lumière et de la Vérité ? En vérité, c’est-à-dire vraiment, je prie pour que pour mes décisions personnelles, puissent être toujours le plus près possible de cette morale universelle, qui permet aux hommes de vivre ensemble.

LES UKRAINIENS FACE À LA VIOLENCE

Facile me direz-vous : il faut suivre sa conscience, agir en pleine conscience ! Ne rien céder :« La conscience en réalité se trouve prise entre deux contradictions : ou le Bien, sommé d’être bon à tout prix, se niera lui-même, ou le Bien, plus soucieux de survivre en général que de rester bon à lettre et stricto sensu , sera provisoirement infidèle à soi. Dans le premier il se laisse étrangler par les cannibales au nom de ses propres principes ; dans le second cas il accepte sa propre carence, non pas à perpétuité, mais temporairement : car pour tuer le mal il faut faire comme lui et être un peu méchant à son tour, et, comme le fit héroïquement la Résistance, refuser la dérision de la non-résistance au mal- ce qui implique la violence et (si les mots guerre à la guerre ne sont pas de vains mots) les avions de combat, les maux nécessaires, la vérité suspendue et la charité en vacances. »[2] Pensons à nos Sœurs et nos Frères d’Ukraine, ceux qui se battent pour nous et le triomphe de la Morale Universelle, ils se font violence, ils font violence à leur conscience, pour nous sauver, ils sont nos résistants de l’espérance. Bien sûr, je n’oublie pas Emmanuel Levinas, qui nous rappelle que la guerre ne suspend pas seulement toute morale, mais quelle détruit toute morale. Mais nos voisins ukrainiens qui sont nos « tuileurs », doivent-ils laisser entrer dans nos Temples de la Vérité, tous les despotes, les tyrans, les dictateurs, et leurs cortèges de vices, doit-on laisser entrer ceux qui n’ont pas les mots, les gestes, ceux qui ne sont pas reconnus comme tels ? N’oublions pas que la rigueur, la modestie et l’humilité de nos tuileurs sont à la hauteur de leurs récentes charges, ils sont descendus du Sanctuaire de la plus haute charge dans nos ateliers. Pour défendre la porte de notre atelier. Jankélévitch nous rappelle que la pureté n’est pas de ce monde, la Bible et ses scènes de violence, nous en donne l’exemple et la preuve.

Non, définitivement non, on ne doit pas renoncer à nos combats, contre l’injustice, l’intolérance, les despotismes de toute nature, les intégrismes, et les extrémismes.

Nous devons, nous tenir les mains, avec nos Sœurs et nos Frères. Nous devons « Construire des cachots pour les vices et des Temples pour la Vertu. » Sans naïveté, avec rigueur pour nous-mêmes, mais surtout pour les autres, pour nos enfants et nos petits-enfants.

Nous devons bien faire et se tenir en joie disait Spinoza, ou encore Saint-Augustin commentant Saint-Jean : « Aime, et fait ce que tu veux. »[3] 

Alors, on ne se lassera pas du soleil couchant, des feux de bois, du ciel étoilé, des vagues de l’océan, de nos enfants qui rient avec leur cœur, jouent à vouloir attraper les étoiles, insouciants des lendemains. On regardera toujours avec tendresse et admiration les vieux couplent qui se tiennent par la main, la femme voutée par les ans, qui dis à son vieux mari trébuchant : il fait froid, prend ton écharpe ! Tout cela c’est la vie, des montagnes de vie, la vie loin des tranchées d’Ukraine, où nos Frères meurent tous les jours pour nous, on ne doit pas les oublier, ils luttent pour notre vie.

 

                                    Jean-François Guerry.

 

 

PS : Avec mes excuses pour toutes les fautes, d’orthographes, j’ai écrit cette courte réflexion avec l’encre rouge qui ruisselle de mon cœur ce matin.

 

 

[1] Jean Gabin : je sais ! je sais ! Socrate : je sais que je ne sais rien…

[2] Vladimir Jankélévitch. Traité des vertus II, Les Vertus de l’Amour, III, 7 « Du purisme ».

[3] St Augustin – Commentaire de la première Épitre de Saint-Jean, VIII,8.

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Publié le par Jean-François Guerry
France Quéré

France Quéré

PERDRE SON TEMPS, PRENDRE SON TEMPS, DU TEMPS ?

 

À contre-courant, loin derrière les premiers de cordées, les inutiles pressions du temps qui passe, quelques résistants volent un peu de temps pour la pensée avant l’action. Perdent t’ils leur temps, notre temps, leur temps ? Dans une société de l’immédiateté, de la communication qui détrône l’information, où pour se décider il faut être sous influence des influenceurs, incapables de choisir par nous-mêmes : pas le temps !

Une société du vide, où le moindre passe-temps est remisé dans les poussières de nos cerveaux, nous sommes souvent à quai regardant les TGV qui passent sans s’arrêter, pas assez de monde, pas le temps ! Il y a un temps pour tout, pas sûr ?

Le temps présent ne doit pas servir qu’à prendre de l’avance sur le temps à venir, ou à rattraper ce qui n’a pas été fait dans le temps passé. – De tout temps, cette vérité a frappé les humains : nous sommes trop souvent dans nos projets ou dans nos regrets, dans le futur ou dans le passé, et pas assez souvent dans les bras du présent. [1]

Nous sommes assaillis par des injonctions immédiates : répondre au téléphone, aux mails, aux enquêtes sur tout et rien, soyez réactifs ! Notre répertoire se rempli sans cesse de numéros d’urgence, toutes ces urgences effacent les vraies urgences. Les numéros d’urgence nous rassurent, « du coup ! » tout est urgent, notre temps est pris d’assaut, rien ne résiste au temps. Les mâchoires du temps nous pressent et nous oppressent. De temps en temps, de plus en plus rarement, nous croisons quelques personnages étranges, d’un autre temps qui prennent leur temps. Comme si le volait, c’est pourtant leur temps, pas le nôtre !

Il n’y a que dans les livres que l’on se rappelle du temps des balades en forêt, sur les bords de mer, les bords de vie, des journées hors du temps ? Nous avons même oublié, l’odeur et le goût du temps libre. Je me rappelle d’un temps, que les moins de 20 ans, n’ont pas connu. C’était il y a 44 ans, des hommes politiques ont osés créer un ministère du temps libre ! Ma parole ils se croyaient au Bhoutan, au pays du bon temps, du bonheur national brut ! Un pays perdu dans les nuages, comme ses habitants, hors du temps. De quel temps au fait, de notre temps où nous n’avons pas le temps ? Un drôle de pays où l’on construit des temples pour réunir tout le monde de temps en temps et non des hôtels de luxe où séjournent des riches de temps en temps. Décidemment dans ce pays tout est curieux : les anciens passent leur temps à s’occuper des jeunes, et les jeunes dans leur temps libre aident les vieux et tous considèrent que cela est dans l’ordre du temps.

         Vivre, ce n’est pas seulement avoir ou faire, mais c’est aussi et surtout être.[2]

Le Bouthan

Les Francs-maçons, dans leurs Temples prennent le temps, un morceau de leur temps, pour passer de l’avoir à l’être. Est-ce une perte de temps ou un gain sur le temps ? Mince, je n’ai pas pu trouver du temps pour le « black Friday », un jour de ténèbres !

         « Or tout est bon à vivre, rien n’est médiocre et tout doit être aimé ; même la banalité, parce qu’elle n’existe pas, même l’effort, parce qu’il faut qu’il existe, même les alarmes que nous nous imposons, pour des bénéfices tardifs ou grevés d’incertitude. Notre corps et notre esprit dont à l’œuvre et peinent, mais l’espérance éclaire nos pas mieux qu’elle ne le fait encore de l’horizon. L’avenir, connais pas : nos projets ont déjà commencé, nos promesses ébauchent déjà les figures définitives. C’est tout de suite ou jamais. » [3]

C’est bien « ici et maintenant » que nous pouvons être un peu utile, il faut donc prendre du temps, un peu de notre temps pour nous et pour les autres surtout.

 

                                    Jean-François Guerry.

        

 

 

[1] Christophe André, Anne Ducrocq – Méditations sur la vie- Éditions Gründ – 2016.  Il y a 10 ans déjà !

[2] Ibid 1

[3] France Quéré- 1936-1995. Théologienne protestante. Une  grande voix protestante (livres : écrits sur l’église primitive.)

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Publié le par Jean-François Guerry
LE CHEMIN INITIATIQUE EST EXIGEANT MAIS IL EST PORTEUR DE LA JOIE DE L’ESPRIT.

LE CHEMIN INITIATIQUE EST EXIGEANT MAIS IL EST PORTEUR DE LA JOIE DE L’ESPRIT.

 

En forme de plaidoyer pour le travail des Maîtres dans les loges de recherche.

 

 

Nous avons été mis en garde dès notre introduction dans cette caverne initiatique que nous appelons « Cabinet de réflexion ». L’injonction était claire, si la curiosité t’a amené ici, passe ton chemin ! Prépare-toi à être vigilant et persévérant, la Connaissance de soi-même est exigeante, pénétrer en soi est bien plus redoutable que de squatter temporairement chez les autres.

Le silence prépare, permet de réfléchir, de mettre de l’ordre dans nos pensées, de nous mettre à l’ordre, en ordre avec nous-mêmes. Il prépare notre action. Marcher en regardant les étoiles, l’étoile et bientôt se placer en son centre lumineux et flamboyant est un message d’espérance. Peu à peu instruit des arts qui libèrent nos pensées, et sont les instruments pour la recherche de cette vie bonne tant espérer, nous cherchons le souffle des grands initiés. Les lumières du passé sont des flambeaux portés par nos Frères qui nous ont précédés, elles éclairent notre chemin, qui demeure le nôtre unique. Notre bissac chargé, nous pouvons espérer un accomplir le chef d’œuvre de notre vie, une cathédrale de pierre ! Un Temple dont les vitraux de nos yeux laissent passer la Lumière de l’Esprit, pour illuminer notre être intérieur.

         À la fin de chaque cycle, nous marchons sur une spirale ascendante. Nous ne pouvons pas nous égarer, la force centrifuge éloigne notre corps du centre de nous-mêmes, mais notre esprit reste au centre du cercle. En parcourant sa circonférence, nous prenons partageons le pain et le vin avec nos Sœurs et nos Frères, nos mains entrelacées regardent le centre avec la force de la rectitude et l’ouverture du compas du cœur.

         Nos serments successifs se rappellent à nous, nous avons à sept ans et plus dépassé l’âge de raison, la force de l’esprit nous ramène au centre du cercle. Le point où la Grande Lumière commence à briller, c’est l’aurore ou l’âme anime l’esprit. C’est le commencement d’un autre travail initiatique exigeant, le travail du Maître en recherche, les bords rouges de son tablier doivent rayonner d’amour pour ses Frères. « L’ambition des loges de recherche est de maintenir un état alerte de l’esprit pour limiter la lassitude de la Maîtrise et son corollaire, l’abandon de la quête. »[1] Le Maître maçon, relevé, radieux est prêt pour l’ascension de son esprit, il a l’intuition en lui de son Devoir d’aider ses Frères. Devant lui s’ouvre la possibilité de l’action par la pratique « d’exercices spirituels » de formation et d’application dans les loges de recherche. Rien ne s’oppose vraiment maintenant au déploiement de sa pensée et de son action. La planche à tracer du Maître Maçon est devant lui, il faut qu’il trace pour lui et pour ses Frères. Mes Frères Maîtres, vous avez le mot substitué, mais aussi devant vos yeux le hashtag #. Un symbole pour avancer dans la voie qui vous est tracée. Vous qui ne saviez ni lire, ni écrire il y a encore peu de temps ! La porte vous est ouverte, vous avez les mots, les signes, les paroles, les attouchements, il ne vous reste qu’à vous mettre au travail, en recherche. Vous êtes Maître au cœur de la loge au cœur de votre Loge, il vous revient de la faire vibrer d’amour en lui donnant ce que vous aurez reçu par votre écoute, vos travaux. Être en loge de recherche, en être ce n’est pas (du moins pour moi) participer à un concours de savoirs intellectuels. Mais simplement poursuivre son chemin initiatique vers la connaissance du principe, des valeurs et vertus qui enrichissent l’homme et la Franc-maçonnerie, pour soi-même, mais surtout pour les autres. C’est vouloir transmettre la tradition en toute humilité mais avec Force pour que s’établisse à jamais notre Franc-maçonnerie dans notre monde qui en a bien besoin. Une utopie certes, mais comme toute utopie ce rêve d’aujourd’hui, peut devenir la réalité de demain, ce demain tant de fois chanter. Même quand il n’y a plus d’espoir, il y a toujours l’espérance ! Retrouvons-nous donc en Maîtres Maçons pour : « Unir sans confondre et oser fraternité et spiritualité. » [2] Et suivant les paroles reprises de Pierre Teilhard de Chardin : « Si, individualisés que soient les êtres pensants, chaque homme ne représente qu’un atome ou, si vous préférez, une grosse molécule, un système corpusculaire défini auquel il ne peut échapper. L’homme, comme tout ce qui existe dans la nature, est un système essentiellement plural. Cela veut dire que nous pouvons progresser jusqu’au bout de nous-mêmes sans sortir de nous-mêmes de façon à développer par cette union un surcroit de conscience conformément à la loi de complexité. » [3] Alors pour poursuivre le chemin initiatique : « Acta non verba »,[4] des actes, mais pas des paroles. C’est aussi un peu la devise empruntée à Saint-Jean par une autre loge : « N’aimons ni de mots ni de langue, mais en actes et en vérité[5]

 

                                                       Jean-François Guerry.

 

PS : Merci de diffuser sans modération.

 

[1] Jean-Paul Potus- Président de RL.

[2] Devise de la RL Confluence.

[3] Alain Boccard. Président de RL.

[4] Devise de RL.

[5][5] Jean I- 3 :18.

À LA RECHERCHE DE LA LUMIÈRE
LE CHEMIN INITIATIQUE EST EXIGEANT MAIS IL EST PORTEUR DE LA JOIE DE L’ESPRIT.

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