Overblog Tous les blogs Top blogs Religions & Croyances
Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
MENU
la Franc Maçonnerie au Coeur

la Franc Maçonnerie au Coeur

Un blog d'information, de conversations sur le thème de la Franc Maçonnerie, des textes en rapport avec la Franc Maçonnerie, comptes rendus et conseils de lectures.

Publié le par Jean-François Guerry
École d'Athènes par Raphaël

École d'Athènes par Raphaël

ÉTHIQUE OU PRATIQUE ?

 

En 2021 j’écrivais mon premier livre : « Exercices spirituels antiques et Franc-maçonnerie ». Depuis je n’ai pas cessé ma réflexion sur ce thème, que j’enrichis périodiquement, ou plutôt presque quotidiennement par ma pratique maçonnique. J’écris, quand d’autres parlent seulement, d’autres méditent en silence, ils s’enrichissent tout autant, mais les bienfaits de leur action ne sont pas partagés. J’ai la faiblesse de croire qu’arriver à un certain âge, le peu de temps qui nous reste doit être consacré toujours et encore à la recherche des savoirs, mais surtout à la Connaissance c’est-à-dire à l’Amour du partage.

Les philosophes antiques, mais aussi les modernes sont le plus souvent préoccupés par la construction de systèmes, d’écoles de pensée, qu’ils s’efforcent de diviser, de structurer, de classer, au risque d’émietter leur pensée originelle. Ils veulent sans doute s’affirmer et au mieux laisser une trace de leur passage. Ils se saisissent parfois d’éléments disparates, piochés dans diverses écoles ou systèmes et en les assemblant, ils tentent de trouver une forme de cohérence. C’est une forme d’exégèse élaborée, que d’autres s’empressent de critiquer les accusant au mieux de plagiat au pire d’incohérence. Toute cette agitation intellectuelle finit par aboutir à une confusion, où chacun demeure persuadé d’avoir raison et cela donne corps à des conversations de cénacle où chacun compare ses degrés de savoir. Conversations qui finissent par n’intéresser que les locuteurs qui débattent entre eux, un entre-soi, bien loin des préoccupations existentielles des autres et même bien loin de toute élévation spirituelle qui pourrait améliorer la société. Nous devons nous interroger à propos des philosophes de l’antiquité : leur tâche principale était-elle la rédaction d’un écrit, ou d’écrits ? Il semble à l’analyse que non. En effet tout le monde semble d’accord que les principaux d’entre eux non rien écrit. C’est le cas de Pythagore considéré comme le premier sage, le premier philosophe, l’inventeur même de la philosophie et pourtant il n’a rien écrit ! Pour Socrate il en est de même, c’est Platon qui nous rapporte sa pensée, Plotin même le néoplatonicien tardif dont les Ennéades ont été classées et parfois réécrites par Porphyre. Et pourtant nous pouvons constater qu’ils nous ont laissé un héritage. Nous pouvons donc légitimement nous poser la question, est-ce que la tâche primordiale, essentielle d’un philosophe est la rédaction d’un écrit ? Victor Goldschmidt éminent philosophe, et historien français d’origine allemande, le pensait. Ainsi, il formula le postulat sur lequel repose la méthode structurale en philosophie : « La méthode structurale, dit-il met incontestablement l’accent sur l’œuvre écrite, comme l’unique témoignage où se manifeste une pensée philosophique. »[1] Cela semble évident comment pourrions-nous prétendre la pensée des philosophes antiques sans l’écrit. Pourtant, réfléchissons plus loin, nous constatons l’extrême lenteur des œuvres philosophiques écrites. Cela est du tout simplement parce que la communication était orale. Les dialogues de Platon en sont la démonstration, sans qu’il soit besoin d’argumenter. On notera de plus que les dialogues sont organisés par thème, visant sans nul doute un objectif pédagogique et inspirant pour une conduite de vie face aux événements de celle-ci, ils sont donc plus Praxis que theoria.

 

 

 

 

Conclusion

 

Éthique et Pratique.

 

J’ai volontairement écrit Pratique avec un « P majuscule », en forme d’égalité avec Éthique. Aujourd’hui nos hommes politiques à l’approche des élections éprouvent l’envie soudaine d’écrire. De se raconter et de nous raconter de belles histoires que nous sommes tentés de croire puisqu’elles sont mises par écrit. Après avoir dévoyé l’oralité tentent t’ils de convaincre par la sacralité de leurs écrits, inscrivant leurs promesses dans le marbre face à des paroles qui n’impriment plus. Plutôt que de nous parler d’éthique à longueur de journée, nous pourrions leur dire comme Socrate quand envisager de passer à la pratique ? La Franc-maçonnerie revendique elle dans ses travaux d’être dans l’éthique et au dehors de ses loges de passer à la pratique. Elle est pensée et action, fraternité humanisme et spiritualité, son initiatique n’a pas de sens sans la pratique de ce qu’elle enseigne. Ses exercices qui sont de formation sont aussi d’application dans l’homme et dans la cité. On vient en Franc-maçonnerie, non par vanité pour flatter son ego, mais pour agir sur soi et dans la société. Elle est une praxis vivante, faisons en sorte qu’elle soit vivace grâce à notre exemplarité et qu’elle inspire nos hommes politiques dans leur conduite et pas seulement dans leurs écrits.

 

                                    Jean-François Guerry.

 

[1] Victor Goldschmidt- Remarques sur la méthode structurale en histoire de la philosophie- Métaphysique et histoire de la philosophie, recueil d’études offert à Fernand Brunner. Neufchâtel 1981. Page 230.

ÉTHIQUE OU PRATIQUE
L'ACTION DE LA LUMIÈRE 
ÉTHIQUE OU PRATIQUE

ABONNEZ-VOUS EN DÉPOSANT UNE ADRESSE MAIL DANS LA FENÈTRE S’INSCRIRE A LA NEWSLETTER. (GRATUIT)

 

 

POUR LES ABONNES : IL EST POSSIBLE DE RECEVOIR GRATUITEMENT LES TEXTES DES ARTICLES AU FORMAT WORD EN ECRIVANT A L’ADRESSE SUIVANTE :

 

COURRIERLAFMAUCOEUR@GMAIL.COM

 

 

INFO : LE BLOG RESPECTE LA LOI RGPD

 

WWW.LAFRANCMACONNERIEAUCOEUR.COM

 

 

DÉSABONNEMENT SUR SIMPLE DEMANDE SUR LE SITE OU À L’ADRESSE MAIL : COURRIERLAFMAUCOEUR@GMAIL.COM

 

 

ASTUCE : CLIQUEZ SUR LES IMAGES POUR LES AGGRANDIR.

 

FAITES CONNAÎTRE LE BLOG À VOS AMIS.

Voir les commentaires

Publié le par Jean-François Guerry
Chers toutes et tous... Je serais absent du 20 au 26 joies de grand-père !!! Je vous propose en attendant quelques citations pour méditer....À bientôt

Jean-François Guerry

L'ABSENCE....
QUEL PLUS GRAND MANQUE QUE L'ABSENCE DE LUMIÈRE ?

QUEL PLUS GRAND MANQUE QUE L'ABSENCE DE LUMIÈRE ?

ABONNEZ-VOUS EN DÉPOSANT UNE ADRESSE MAIL DANS LA FENÈTRE S’INSCRIRE A LA NEWSLETTER. (GRATUIT)

 

 

POUR LES ABONNES : IL EST POSSIBLE DE RECEVOIR GRATUITEMENT LES TEXTES DES ARTICLES AU FORMAT WORD EN ECRIVANT A L’ADRESSE SUIVANTE :

 

COURRIERLAFMAUCOEUR@GMAIL.COM

 

 

INFO : LE BLOG RESPECTE LA LOI RGPD

 

WWW.LAFRANCMACONNERIEAUCOEUR.COM

 

 

DÉSABONNEMENT SUR SIMPLE DEMANDE SUR LE SITE OU À L’ADRESSE MAIL : COURRIERLAFMAUCOEUR@GMAIL.COM

 

 

ASTUCE : CLIQUEZ SUR LES IMAGES POUR LES AGGRANDIR.

 

FAITES CONNAÎTRE LE BLOG À VOS AMIS.

Voir les commentaires

Publié le par Jean-François Guerry
UN ARTICLE COURAGEUX de Franck Fouqueray sur 450 . fM
Le texte de l'article paru sur 450 FM Vendredi 13 mars et un humble commentaire.
UN ARTICLE COURAGEUX de Franck Fouqueray sur 450 . fM
UN ARTICLE COURAGEUX de Franck Fouqueray sur 450 . fM
UN ARTICLE COURAGEUX de Franck Fouqueray sur 450 . fM
UN ARTICLE COURAGEUX de Franck Fouqueray sur 450 . fM
UN ARTICLE COURAGEUX de Franck Fouqueray sur 450 . fM
UN ARTICLE COURAGEUX de Franck Fouqueray sur 450 . fM
Il n'a échappé à personne, malgré l'actualité internationale, que nous sommes en période électorale. Notre devoir de citoyen en démocratie est de voter. Les Francs-maçons ne sont pas des anachorètes des reclus dans le désert, ils sont des hommes de la cité, des citoyens responsables.
Nous avons fait le serment de ne pas parler de politique et de religion dans nos loges, parce que elles se veulent être des centres d'union fraternels, d'accueil tous les hommes libres et de bonnes moeurs, des havres de paix, de méditation spirituelle où règne l'harmonie propice à la fraternité.
Franck Fouqueray ne déroge pas à cette injonction, puisqu'il ne s'exprime pas dans l'espace sacralisé d'une Loge maçonnique.
J'ai pu constater dans les loges où je suis membre et celle qui m'accueillent en qualité de visiteur, que le respect de cette injonction de discrétion, le respect du serment était effectif. Ainsi, j'ignore  si mes frères sont candidats aux élections, parce qu'ils n'en font pas état.
En dehors de sa ou de ses Loges, le Franc-maçon est un citoyen de la cité, comme l'est un catholique, un protestant etc...Il a des droits et des devoirs. Ce qui ne l'empêche pas de répandre et de faire résonner les enseignements qu'il a reçu dans sa Loge, particulièrement  en s'efforçant d'être un citoyen le plus exemplaire possible, respectueux des lois et règlements de son pays dans l'honneur et respectueux des autres de leurs convictions.
Les Soeurs et les Frères, dans leurs loges ont travaillés à la construction de leur personnalité éthique, c'est-à-dire à la pratique de la vie bonne. Cette construction personnelle, n'est pas égoïste ou égocentrique, elle doit participer humblement mais avec ferveur et fermeté à la construction d'une cité plus juste et plus fraternelle. Ainsi, l'homme juste et bon élément singulier de la cité, il créé de l'universel.
Franck Fouqueray le souligne avec justesse ! Pour prétendre gouverner les hommes, il faut apprendre à se gouverner soi-même !
Aussi, vis à vis de ceux qui se présentent à nos suffrages, nous devons renoncer à nos attaques "ad hominem"et "ad personam". En étant conscients pourvu qu'ils soient sincères et honnêtes qu'ils s'imposent à eux-mêmes une forme d'exemplarité, acquise par leur cheminement initiatique. Ceux qui s'engagent pour nous dans la politique, méritent notre respect, ils n'ont pas choisi un "sentier fleuri" ou une promenade sur un "un long fleuve tranquille". Nous les choisissons à notre image, ce sont "nos élus", en ce sens ils sont semblables à nous-mêmes.
BON VOTE !

Jean-François Guerry.

UN ARTICLE COURAGEUX de Franck Fouqueray sur 450 . fM

ABONNEZ-VOUS EN DÉPOSANT UNE ADRESSE MAIL DANS LA FENÈTRE S’INSCRIRE A LA NEWSLETTER. (GRATUIT)

 

 

POUR LES ABONNES : IL EST POSSIBLE DE RECEVOIR GRATUITEMENT LES TEXTES DES ARTICLES AU FORMAT WORD EN ECRIVANT A L’ADRESSE SUIVANTE :

 

COURRIERLAFMAUCOEUR@GMAIL.COM

 

 

INFO : LE BLOG RESPECTE LA LOI RGPD

 

WWW.LAFRANCMACONNERIEAUCOEUR.COM

 

 

DÉSABONNEMENT SUR SIMPLE DEMANDE SUR LE SITE OU À L’ADRESSE MAIL : COURRIERLAFMAUCOEUR@GMAIL.COM

 

 

ASTUCE : CLIQUEZ SUR LES IMAGES POUR LES AGGRANDIR.

 

FAITES CONNAÎTRE LE BLOG À VOS AMIS.

Voir les commentaires

Publié le par Jean-François Guerry
RECENSION : Thierry Didier - CHEMINS INITIATIQUES - Parcours balisé d'un franc-maçon.

CHEMINS INITIATIQUES

 

 La Franc-maçonnerie pose plus de questions, qu’elle n’apporte de réponses. C’est en ce sens quelle est Voie Initiatique pour ceux qui veulent aller au-delà des apparences, passer du monde visible à l’invisible réel. Construire, se construire, sans emphase mais avec sa précision habituelle Thierry Didier, nous amène vers ses : « Chemins Initiatiques ». Avec Thierry Didier, ce n’est pas la compilation de lectures lues et relues, c’est l’ouvert, l’ouverture et la réflexion personnelle originale dans l’esprit du Rite Écossais Ancien Accepté. Il ne dit pas vague. Il aide à la compréhension du Rite, en posant les jalons sur la Voie spirituelle du Rite. Sa méthode des chapitres courts sur chaque sujet où le Rite amène l’initié à réfléchir. Son nouveau livre : « Chemins initiatiques – Parcours balisé d’un Franc-maçon », avec ses précédents ouvrages : La Passion Écossaise en 50 stations et huit personnages, de L’Homme profane au Chevalier Kadosh ou comment intriquer Nature et individu, et la Table d’Émeraude une approche maçonnique. Sont à chaque fois, un pan de la Franc-maçonnerie dévoilé. Je dis dévoilement et pas révélation. Thierry Didier nous prend par la main, il montre, suggère, sa méthode est conforme au Rite didactique. À la lecture, l’esprit et le cœur s’ouvre, de ce qui paraissait obscur sort à chaque fois une lumière inspirante, les balises posées par l’auteur, sont dans la réalité des stations où ma méditation prospère. Des pensées et des mots de Thierry Didier sortent les nôtres. Il fait prospérer nos idées, enrichit nos savoirs, nous accompagne sur le chemin de la Connaissance. Dès la préface de son ouvrage où il nous rappelle les mots de Jean, 14-6 : « Je suis le Chemin, la Vérité et la Vie », il nous met en face du Chemin, de ses Chemins, dans le but que nous trouvions le nôtre, les nôtres. L’initié, comme le profane, pourront trouver dans chaque chapitre du livre des ouvertures, des chemins parallèles. L’itinéraire est balisé, mais la durée du temps choisit pour chaque escale est libre. C’est ce que j’appelle « un livre de retour », un livre vers lequel on revient, parce qu’il est un outil d’inspiration. Ce livre dense 373 pages, ne l’est pas par la quantité de ces mots, je l’ai dit chaque chapitre est court, mais il se densifie par l’inspir que provoquent ceux-ci et bien plus encore par l’expir que ces mots provoquent. Thierry Didier égraine sur ses Chemins, les Vérités dévoilées et les Lumières du Rite Écossais Ancien Accepté comme autant de fanaux qui mènent vers la Grande Lumière.

Thierry Didier avec ses ouvrages incarne le principe de continuité de son Chemin initiatique. Il écrit d’ailleurs à propos de ce principe leibnizien qui relie au Rite : « Autre précepte leibnizien, le principe de continuité, fondamental s’il en est. Le philosophe nous dit : « La nature ne fait pas de sauts », qui résume à elle seule tout le signifiant apporté à la Nature pour un initié franc-maçon, chaque naissance et chaque ordonnancement nouveaux ne pouvant se produire s’y avoir été « invités » par une situation antérieure et préalable, et qui auraient ensuite fusionné en temps réel ».[1] 

Espérant vous avoir donné un peu d’appétence pour cette lecture initiatique, vous trouverez ci-après quelques têtes de chapitres de ce livre qui en comporte 28. Je reviendrais vers vous pour d’autres commentaires. Bonne lecture.

 

                                    Jean-François Guerry.

 

Thierry Didier est contributeur sur le Blog : lafrancmaconnerieaucoeur.com

 

 

Quelques chapitres du livre de Thierry Didier.

  • De l’univers
  • Du sacré
  • Du silence
  • De la pierre
  • Du trait
  • De l’ordre et de l’espace
  • De la justice
  • De la soumission
  • De l’intelligence et de l’esprit
  • De la nature
  • Du Verbe et du Logos
  • De l’entropie
  • De Lucifer

Le Livre est disponible aux Éditions L O L, www.editions-lol.com en librairie, sur Amazon, la FNAC. 374 Pages Prix 17,50 €     

 

[1] Thierry Didier – Chemins Initiatiques – Parcours balisés d’un Franc-maçon. Page 31. Éditions L.O.L. 2026.

OUVRAGE DISPONIBLE À LA LIBRAIRIE DE LA GRANDE LOGE DE FRANCE - 8 rue Puteaux 75017 PARIS.
RECENSION : Thierry Didier - CHEMINS INITIATIQUES - Parcours balisé d'un franc-maçon.
RECENSION : Thierry Didier - CHEMINS INITIATIQUES - Parcours balisé d'un franc-maçon.
RECENSION : Thierry Didier - CHEMINS INITIATIQUES - Parcours balisé d'un franc-maçon.
RECENSION : Thierry Didier - CHEMINS INITIATIQUES - Parcours balisé d'un franc-maçon.
RECENSION : Thierry Didier - CHEMINS INITIATIQUES - Parcours balisé d'un franc-maçon.
RECENSION : Thierry Didier - CHEMINS INITIATIQUES - Parcours balisé d'un franc-maçon.
RECENSION : Thierry Didier - CHEMINS INITIATIQUES - Parcours balisé d'un franc-maçon.
RECENSION : Thierry Didier - CHEMINS INITIATIQUES - Parcours balisé d'un franc-maçon.
RECENSION : Thierry Didier - CHEMINS INITIATIQUES - Parcours balisé d'un franc-maçon.
AUTRES LIVRES DE THIERRY DIDIER 
RECENSION : Thierry Didier - CHEMINS INITIATIQUES - Parcours balisé d'un franc-maçon.
RECENSION : Thierry Didier - CHEMINS INITIATIQUES - Parcours balisé d'un franc-maçon.
LA LUMIÈRE ET LA VIE SUR VOTRE CHEMIN
RECENSION : Thierry Didier - CHEMINS INITIATIQUES - Parcours balisé d'un franc-maçon.

ABONNEZ-VOUS EN DÉPOSANT UNE ADRESSE MAIL DANS LA FENÈTRE S’INSCRIRE A LA NEWSLETTER. (GRATUIT)

 

 

POUR LES ABONNES : IL EST POSSIBLE DE RECEVOIR GRATUITEMENT LES TEXTES DES ARTICLES AU FORMAT WORD EN ECRIVANT A L’ADRESSE SUIVANTE :

 

COURRIERLAFMAUCOEUR@GMAIL.COM

 

 

INFO : LE BLOG RESPECTE LA LOI RGPD

 

WWW.LAFRANCMACONNERIEAUCOEUR.COM

 

 

DÉSABONNEMENT SUR SIMPLE DEMANDE SUR LE SITE OU À L’ADRESSE MAIL : COURRIERLAFMAUCOEUR@GMAIL.COM

 

 

ASTUCE : CLIQUEZ SUR LES IMAGES POUR LES AGGRANDIR.

 

FAITES CONNAÎTRE LE BLOG À VOS AMIS.

Voir les commentaires

Publié le par Jean-François Guerry
Arnaud Beltrame

Arnaud Beltrame

J'ai mal à ma France ! N'oublions pas notre Frère Arnaud Beltrame
J'ai mal à ma France ! N'oublions pas notre Frère Arnaud Beltrame
J'ai mal à ma France ! N'oublions pas notre Frère Arnaud Beltrame
J'ai mal à ma France ! N'oublions pas notre Frère Arnaud Beltrame
J'ai mal à ma France ! N'oublions pas notre Frère Arnaud Beltrame
Je pense, à sa famille, nous avons en Franc-maçonnerie nos héros mythiques, Arnaud Beltrame en est un, il mérite le respect de tous.

Jean-François Guerry

Voir les commentaires

Publié le
L'HUMILITÉ ET LE COURAGE EN POLITIQUE
Phil, un lecteur du blog nous propose un extrait du discours de Soljénistyne à Harvard en 1978.
Actuel ou pas ? 

Jean-François Guerry.


 
 
 
 
 

Discours prononcé par Alexandre Issaïevitch Soljenitsyne ou Soljénitsyne

à l’université de Harvard,

le 8 juin 1978

 

(Extraits)

 

Je suis très sincèrement heureux de me trouver ici parmi vous, à l’occasion du 327ème anniversaire de la fondation de cette université si ancienne et si illustre. La devise de Harvard est « Veritas ». La vérité est rarement douce à entendre ; elle est presque toujours amère. Mon discours d’aujourd’hui contient une part de vérité ; je vous l’apporte non en adversaire mais en ami.

 

Il y a trois ans, aux États-Unis, j’ai été amené à dire des choses que l’on a rejetées, qui ont paru inacceptables. Aujourd’hui, nombreux sont ceux qui acquiescent à mes propos d’alors.

 

La chute des élites Le déclin du courage est peut-être le trait le plus saillant de l’Ouest aujourd’hui pour un observateur extérieur. Le monde occidental a perdu son courage civique, à la fois dans son ensemble et singulièrement, dans chaque pays, dans chaque gouvernement, dans chaque pays, et bien sûr, aux Nations unies.

Ce déclin du courage est particulièrement sensible dans la couche dirigeante et dans la couche intellectuelle dominante, d’où l’impression que le courage a déserté la société toute entière. Bien sûr, il y a encore beaucoup de courage individuel, mais ce ne sont pas ces gens-là qui donnent sa direction à la vie de la société. Les fonctionnaires politiques et intellectuels manifestent ce déclin, cette faiblesse, cette irrésolution dans leurs actes, leurs discours et, plus encore, dans les considérations théoriques qu’ils fournissent complaisamment pour prouver que cette manière d’agir, qui fonde la politique d’un État sur la lâcheté et la servilité, est pragmatique, rationnelle et justifiée, à quelque hauteur intellectuelle et même morale qu’on se place.

Ce déclin du courage, qui semble aller ici ou là jusqu’à la perte de toute trace de virilité, se trouve souligné avec une ironie toute particulière dans les cas où les mêmes fonctionnaires sont pris d’un accès subit de vaillance et d’intransigeance, à l’égard de gouvernements sans force, de pays faibles que personne ne soutient ou de courants condamnés par tous et manifestement hors d’état de rendre un seul coup. Alors que leur langue sèche et que leurs mains se paralysent face aux gouvernements puissants et aux forces menaçantes, face aux agresseurs et à l’Internationale de la terreur. Faut-il rappeler que le déclin du courage a toujours été considéré comme le signe avant-coureur de la fin ?

 

Quand les États occidentaux modernes se sont formés, fut posé comme principe que les gouvernements avaient pour vocation de servir l’homme, et que la vie de l’homme était orientée vers la liberté et la recherche du bonheur – en témoigne la déclaration américaine d’indépendance. Aujourd’hui, enfin, les décennies passées de progrès social et technique ont permis la réalisation de ces aspirations : un État assurant le bien-être général. Chaque citoyen s’est vu accorder la liberté tant désirée et des biens matériels en quantité et en qualité propres à lui procurer, en théorie, un bonheur complet, mais un bonheur au sens appauvri du mot, tel qu’il a cours depuis ces mêmes décennies.

 

Une société dépressive Au cours de cette évolution, cependant, un détail psychologique a été négligé : le désir permanent de posséder toujours plus et d’avoir une vie meilleure, et la lutte en ce sens ont imprimé sur de nombreux visages à l’Ouest les marques de l’inquiétude et même de la dépression, bien qu’il soit courant de cacher soigneusement de tels sentiments. Cette compétition active et interne finit par dominer toute pensée humaine et n’ouvre pas le moins du monde la voie à la liberté du développement spirituel.

 

L’indépendance de l’individu à l’égard de nombreuses formes de pression étatique a été garantie. La majorité des gens ont bénéficié du bien-être, à un niveau que leurs pères et grands-pères n’auraient même pas imaginé. Il est devenu possible d’élever les jeunes gens selon ces idéaux, de les préparer et de les appeler à l’épanouissement physique, au bonheur, au loisir, à la possession de biens matériels, l’argent, les loisirs, vers une liberté quasi illimitée dans le choix des plaisirs. Pourquoi devrions-nous renoncer à tout cela ? Au nom de quoi devrait-on risquer sa précieuse existence pour défendre le bien commun, et tout spécialement dans le cas douteux où la sécurité de la nation aurait à être défendue dans un pays lointain ?

 

Même la biologie nous enseigne qu’un haut degré de confort n’est pas bon pour l’organisme. Aujourd’hui, le confort de la vie de la société occidentale commence à ôter son masque pernicieux.

La société occidentale s’est choisie l’organisation la plus appropriée à ses fins, une organisation que j’appellerais « légaliste ». Les limites des droits de l’homme et de ce qui est bon sont fixées par un système de lois. Ces limites sont très lâches.

 

 

 
   

 

 

Les hommes à l’Ouest ont acquis une habileté considérable pour utiliser, interpréter et manipuler la loi, bien que, paradoxalement, les lois tendent à devenir bien trop compliquées à comprendre pour une personne moyenne sans l’aide d’un expert. Tout conflit est résolu par le recours à la lettre de la loi, qui est considérée comme le fin mot de tout. Si quelqu’un se place du point de vue légal, plus rien ne peut lui être opposé. Nul ne lui rappellera que cela pourrait n’en être pas moins illégitime. Impensable de parler de contrainte ou de renonciation à ces droits, ni de demander de sacrifice ou de geste désintéressé : cela paraîtrait absurde. On n’entend pour ainsi dire jamais parler de retenue volontaire : chacun lutte pour étendre ses droits jusqu’aux extrêmes limites des cadres légaux.

 

J’ai vécu toute ma vie sous un régime communiste, et je peux vous dire qu’une société sans référent légal objectif est particulièrement terrible. Mais une société basée sur la lettre de la loi, et n’allant pas plus loin, échoue à déployer à son avantage le large champ des possibilités humaines. La lettre de la loi est trop froide et formelle pour avoir une influence bénéfique sur la société. Quand la vie est toute entière tissée de relations légalistes, il s’en dégage une atmosphère de médiocrité spirituelle qui paralyse les élans les plus nobles de l’homme. Et il sera tout simplement impossible de relever les défis de notre siècle menaçant armés des seules armes d’une structure sociale légaliste.

 

Aujourd’hui, la société occidentale nous révèle qu’il règne une inégalité entre la liberté d’accomplir de bonnes actions et la liberté d’en accomplir de mauvaises. Un homme d’État qui veut accomplir quelque chose d’éminemment constructif pour son pays doit agir avec beaucoup de précautions, avec timidité, pourrait-on dire. Des milliers de critiques hâtives et irresponsables le heurtent de plein fouet à chaque instant. Il se trouve constamment exposé aux traits du parlement, de la presse. Il doit justifier pas à pas ses décisions, comme étant bien fondées et absolument sans défauts. Et un homme exceptionnel, de grande valeur, qui aurait en tête des projets inhabituels et inattendus, n’a aucune chance de s’imposer : d’emblée, on lui tendra mille pièges. De ce fait, la médiocrité triomphe sous le masque des limitations démocratiques.

 

Il est aisé, en tout lieu, de saper le pouvoir administratif, et il a en fait été considérablement amoindri dans tous les pays occidentaux. La défense des droits individuels a pris de telles proportions que la société, en tant que telle, est désormais sans défense contre les initiatives de quelques-uns. Il est temps, à l’Ouest, de défendre, non pas tant les droits de l’homme, que ses devoirs.

 

D’un autre côté, une liberté destructrice et irresponsable s’est vue accorder un espace sans limite. Il s’avère que la société n’a plus que des défenses infimes à opposer à l’abîme de la décadence humaine, par exemple en ce qui concerne le mauvais usage de la sa liberté en matière de violence morale faite aux enfants, par des films tout pleins de pornographie, de crime, d’horreur. On considère que tout cela fait partie de la liberté, et peut être contrebalancé, en théorie, par le droit qu’ont ces mêmes enfants de ne pas regarder et de refuser ces spectacles. L’organisation légaliste de la vie a prouvé ainsi son incapacité à se défendre contre la corrosion du mal [...]. L’évolution s’est faite progressivement, mais il semble qu’elle ait eu pour point de départ la bienveillante conception humaniste selon laquelle l’homme, maître du monde, ne porte en lui aucun germe de mal, et tout ce que notre existence offre de vicié est simplement le fruit de systèmes sociaux erronés qu’il importe d’amender. Et pourtant, il est bien étrange de voir que le crime n’a pas disparu à l’Ouest, alors même que les meilleures conditions de vie sociales semblent avoir été atteintes. Le crime est même bien plus présent que dans la société soviétique, misérable et sans loi [...].

 

 

 
   

 

 

La presse, aussi, bien sûr, jouit de la plus grande liberté. Mais pour quel usage [...] ? Quelle responsabilité s’exerce sur le journaliste, ou sur un journal, à l’encontre de son lectorat, ou de l’histoire ? S’ils ont trompé l’opinion publique en divulguant des informations erronées, ou de fausses conclusions, si même ils ont contribué à ce que des fautes soient commises au plus haut degré de l’État, avons-nous le souvenir d’un seul cas, où le dit journaliste ou le dit journal ait exprimé quelque regret ? Non, bien sûr, cela porterait préjudice aux ventes. De telles erreurs peuvent bien découler le pire pour une nation, le journaliste s’en tirera toujours. Étant donné que l’on a besoin d’une information créditée et immédiate, il devient obligatoire d’avoir recours aux conjectures, aux rumeurs, aux suppositions pour remplir les trous, et rien de tout cela ne sera jamais réfuté. Ces mensonges s’installent dans la mémoire du lecteur. Combien de jugements hâtifs, irréfléchis, superficiels et trompeurs sont ainsi émis quotidiennement, jetant le trouble chez le lecteur, et le laissant ensuite à lui-même ? La presse peut jouer le rôle d’opinion publique, ou la tromper. De la sorte, on verra des terroristes peints sous les traits de héros, des secrets d’État touchant à la sécurité du pays divulgués sur la place publique, ou encore des intrusions sans vergogne dans l’intimité de personnes connues, en vertu du slogan : « Tout le monde a le droit de tout savoir ». Mais c’est un slogan faux, fruit d’une époque fausse. D’une bien plus grande valeur est ce droit confisqué, le droit des hommes à ne pas savoir, de ne pas voir leur âme divine étouffée sous les ragots, les stupidités, les paroles vaines. Une personne qui mène une vie pleine de travail et de sens n’a absolument pas besoin de ce flot pesant et incessant d’information [...].

 

Autre chose ne manquera pas de surprendre un observateur venu de l’Est totalitaire avec sa presse rigoureusement univoque : on découvre un courant général d’idées privilégiées au sein de la presse occidentale dans son ensemble, une sorte d’esprit du temps, fait de critères de jugement reconnus par tous, d’intérêts communs, la somme de tout cela donnant le sentiment, non d’une compétition mais d’une uniformité. Il existe peut-être une liberté sans limite pour la presse, mais certainement pas pour le lecteur : les journaux ne font que transmettre avec énergie et emphase toutes ces opinions qui ne vont pas trop ouvertement contredire ce courant dominant.

 

Sans qu’il y ait besoin de censure, les courants de pensée, d’idées à la mode sont séparés avec soin de ceux qui ne le sont pas, et ces derniers, sans être à proprement parler interdits, n’ont que peu de chance de percer au milieu des autres ouvrages et périodiques, ou d’être relayés dans le supérieur. Vos étudiants sont libres au sens légal du terme, mais ils sont prisonniers des idoles portées aux nues par l’engouement à la mode. Sans qu’il y ait, comme à l’Est, de violence ouverte, cette sélection opérée par la mode, ce besoin de tout conformer à des modèles standards, empêchent les penseurs les plus originaux d’apporter leur contribution à la vie publique et provoquent l’apparition d’un dangereux esprit grégaire qui fait obstacle à un développement digne de ce nom. Aux États-Unis, il m’est arrivé de recevoir des lettres de personnes éminemment intelligentes… peut-être un professeur d’un petit collège perdu, qui aurait pu beaucoup pour le renouveau et le salut de son pays, mais le pays ne pouvait l’entendre, car les médias n’allaient pas lui donner la parole. Voilà qui donne naissance à de solides préjugés de masse, à un aveuglement qui, à notre époque, est particulièrement dangereux [...].

 

Il est universellement admis que l’Ouest montre la voix au monde entier vers le développement économique entamé par une inflation chaotique. Et pourtant, beaucoup d’hommes à l’Ouest ne sont pas satisfaits de la société dans laquelle ils vivent. Ils la méprisent, ou l’accusent de ne plus être niveau de maturité requis par l’humanité. Et beaucoup sont amenés à glisser vers le socialisme, ce qui est une tentation fausse et dangereuse. J’espère que personne ici présent ne me suspectera de vouloir exprimer une critique du système occidental dans l’idée de suggérer le socialisme comme alternative. Non, pour avoir connu un pays où le socialisme a été mis en œuvre, je ne me prononcerai pas en faveur d’une telle alternative [...]. Mais, si l’on me demandait si, en retour, je pourrais proposer l’Ouest, en son état actuel, comme modèle pour mon pays, il me faudrait en toute honnêteté répondre par la négative. Non, je ne prendrais pas votre société comme modèle pour la transformation de la mienne. On ne peut nier que les personnalités s’affaiblissent à l’Ouest, tandis qu’à l’Est, elles ne cessent de devenir plus fermes et plus fortes. Bien sûr, une société ne peut rester dans des abîmes d’anarchie, comme c’est le cas dans mon pays. Mais il est tout aussi avilissant pour elle de rester dans un état affadi et sans âme de légalisme, comme c’est le cas de la vôtre. Après avoir souffert pendant des décennies de violence et d’oppression, l’âme humaine aspire à des choses plus élevées, plus brûlantes, plus pures que celles offertes aujourd’hui par les habitudes d’une société massifiée, forgée par l’invasion révoltante de publicités commerciales, par l’abrutissement télévisuel, et par une musique intolérable.

 

Tout cela est sensible pour de nombreux observateurs partout sur la planète. Le mode de vie occidental apparaît de moins en moins comme le modèle directeur. Il est des symptômes révélateurs par lesquels l’histoire lance des avertissements à une société menacée ou en péril. De tels avertissements sont, en l’occurrence, le déclin des arts ou le manque de grands hommes d’État. Et il arrive parfois que les signes soient particulièrement concrets et explicites. Le centre de votre démocratie et de votre culture est-il privé de courant pendant quelques heures, et voilà que, soudainement, des foules de citoyens américains se livrent au pillage et grabuge. C’est là que le vernis doit être bien fin, et le système social bien instable et mal en point.

 

Mais le combat pour notre planète, physique et spirituel, un combat aux proportions cosmiques, n’est pas pour un futur lointain. Il a déjà commencé. Les forces du mal ont commencé leur offensive décisive. Vous sentez déjà la pression qu’elles exercent, et pourtant, vos écrivains et vos écrits sont pleins de sourires sur commande et de verres levés. Pourquoi toute cette joie ?

 

Comment l’Ouest a-t-il pu décliner, de son pas triomphal à sa débilité présente ? A-t-il connu dans son évolution des points de non-retour qui lui furent fatals ? A-t-il perdu son chemin ? Il ne semble pas que cela soit le cas. L’Ouest a continué à avancer d’un pas ferme en adéquation avec ses intentions proclamées pour la société, main dans la main avec un progrès technologique étourdissant. Et tout soudain, il s’est trouvé dans son état présent de faiblesse. Cela signifie que l’erreur doit être à la racine, à la fondation de la pensée moderne. Je parle de la vision du monde qui a prévalu en Occident à l’époque moderne. Je parle de la vision du monde qui a prévalu en Occident, née à la Renaissance, et dont les développements politiques se sont manifestés à partir des Lumières. Elle est devenue la base de la doctrine sociale et politique, et pourrait être appelée l’humanisme rationaliste, ou l’autonomie humaniste : l’autonomie proclamée et pratiquée de l’homme à l’encontre de toute force supérieure à lui. On peut parier aussi d’anthropocentrisme : l’homme est vu au centre de tout.

Historiquement, il est probable que l’inflexion qui s’est produite à la Renaissance était inévitable. Le Moyen-Âge en était venu naturellement à l’épuisement, en raison d’une répression intolérable de la nature charnelle de l’homme en faveur de sa nature spirituelle. Mais en s’écartant de l’esprit, l’homme s’empare de tout ce qui est matériel, avec excès et sans mesure. La pensée humaniste, qui s’est proclamée notre guide, n’admettait pas l’existence d’un mal intrinsèque en l’homme, et ne voyait pas de tâche plus noble que d’atteindre le bonheur sur terre. Voilà qui engagea la civilisation occidentale moderne naissante sur la perte dangereuse de l’adoration de l’homme et de ses besoins matériels. Tout ce qui se trouvait au-delà du bien-être physique et de l’accumulation de biens matériels, tous les autres besoins humains, caractéristiques d’une nature subtile et élevée, furent rejetés hors du champ d’intérêt de l’État et du système social, comme si la vie n’avait pas un sens plus élevé. De la sorte, des failles furent laissées ouvertes pour que s’y engouffre le mal, et son haleine putride souffle librement aujourd’hui. Plus de liberté en soi ne résout pas le moins du monde l’intégralité des problèmes humains, et même en ajoute un certain nombre de nouveaux.

 

Et pourtant, dans les jeunes démocraties, comme la démocratie américaine naissante, tous les droits individuels de l’homme reposaient sur la croyance que l’homme est une créature de Dieu. C’est-à-dire que la liberté était accordée à l’individu de manière conditionnelle, soumise constamment à sa responsabilité religieuse. Tel fut l’héritage du siècle passé. Toutes les limitations de cette sorte s’émoussèrent en Occident, une émancipation complète survint, malgré l’héritage de siècles chrétiens, avec leurs prodiges de miséricorde et de sacrifice. Les États devinrent sans cesse plus matérialistes. L’Occident a défendu avec succès, et même surabondamment, les droits de l’homme, mais l’homme a vu complètement s’étioler la conscience de sa responsabilité devant Dieu et la société. Durant ces dernières décennies, cet égoïsme juridique de la philosophie occidentale a été définitivement réalisé, et le monde se retrouve dans une cruelle crise spirituelle et dans une impasse politique. Et tous les succès techniques, y compris la conquête de l’espace, du progrès tant célébré, n’ont pas réussi à racheter la misère morale dans laquelle est tombé le XXème siècle, que personne n’aurait pu encore soupçonner au XIXème siècle.

L’humanisme devenant dans ses développements toujours plus matérialiste, il permit avec une incroyable efficacité à ses concepts d’être utilisés, d’abord par le socialisme, puis par le communisme, de telle sorte que Karl Marx pût dire, en 1844, que « le communisme est un humanisme naturalisé ». Il s’est avéré que ce jugement était loin d’être faux. On voit les mêmes pierres aux fondations d’un humanisme altéré et de tout type de socialisme : un matérialisme sans frein, une libération à l’égard de la religion et de la responsabilité religieuse, une concentration des esprits sur les structures sociales avec une approche prétendument scientifique. Ce n’est pas un hasard si toutes les promesses rhétoriques du communisme sont centrées sur l’Homme, avec un grand H, et son bonheur terrestre. A première vue, il s’agit d’un rapprochement honteux : comment, il y aurait des points communs entre la pensée de l’Ouest et de l’Est aujourd’hui ? Là est la logique du développement matérialiste [...].

Je ne pense pas au cas d’une catastrophe amenée par une guerre mondiale ni aux changements qui pourraient en résulter pour la société. Aussi longtemps que nous nous réveillerons chaque matin, sous un soleil paisible, notre vie sera inévitablement tissée de banalités quotidiennes. Mais il est une catastrophe qui, pour beaucoup, est déjà présente pour nous. Je veux parler du désastre d’une conscience humaniste parfaitement autonome et irréligieuse. Elle a fait de l’homme la mesure de toutes choses sur terre, l’homme imparfait, qui n’est jamais dénué d’orgueil, d’égoïsme, de vanité et tant d’autres défauts. Nous payons aujourd’hui les erreurs qui n’étaient pas apparues comme telles au début de notre voyage. Sur la route qui nous a amenés de la Renaissance à nos jours, notre expérience s’est enrichie, mais nous avons perdu l’idée d’une entité supérieure qui, autrefois, réfrénait nos passions et notre irresponsabilité.

 

Nous avions placé trop d’espoirs dans les transformations politico-sociales, et il se révèle qu’on nous enlève ce que nous avons de plus précieux : notre vie intérieure. A l’Est, c’est la foire du Parti qui la foule aux pieds ; à l’Ouest, la foire du commerce : ce qui est effrayant, ce n’est même pas le fait du monde éclaté, ce n’est que les principaux morceaux en soient atteints d’une maladie analogue. Si l’homme, comme le déclare l’humanisme, n’était né que pour le bonheur, il ne serait pas né non plus pour la mort. Mais corporellement voué à la mort, sa tâche sur cette terre n’en devient que plus spirituelle : non pas l’accomplissement d’une quotidienneté, non pas la recherche des meilleurs moyens d’acquisition, puis de joyeuse dépense des biens matériels, mais l’accomplissement d’un dur et permanent devoir, en sorte que tout le chemin de notre vie devienne l’expérience d’une élévation avant tout spirituelle : quitter cette vie en créatures plus hautes que nous n’y étions entrés.

 

Il est impératif que nous revoyions à la hausse l’échelle de nos valeurs humaines. Sa pauvreté actuelle est effarante. Il n’est pas possible que l’aune qui sert à mesurer de l’efficacité d’un président se limite à la question de combien d’argent on peut gagner, ou de la pertinence de la construction d’un gazoduc. Ce n’est que par un mouvement volontaire de modération de nos passions, serein et accepté par nous, que l’humanité peut s’élever au-dessus du courant de matérialisme qui emprisonne le monde.

 

Quand bien même nous serait épargné d’être détruit par la guerre, notre vie doit changer si elle ne veut pas périr par sa propre faute. Nous ne pouvons pas nous dispenser de rappeler ce qu’est fondamentalement la vie, la société. Est-ce vrai que l’homme est au-dessus de tout ? N’y a-t-il aucun esprit supérieur au-dessus de lui ? Les activités humaines et sociales peuvent-elles légitimement être réglées par la seule expansion matérielle ? A-t-on le droit de promouvoir cette expansion au détriment de l’intégralité de notre vie spirituelle ?

 

Si le monde ne touche à sa fin, il en a atteint une étape décisive dans son histoire, semblable en importance au tournant qui a conduit du Moyen-Âge à la Renaissance. Cela va requérir de nous un embrasement spirituel. Il nous faudra nous hisser à une nouvelle hauteur de vue, à une nouvelle conception de la vie, où notre nature physique ne sera pas maudite, comme elle a pu l’être au Moyen-Âge, mais, ce qui est bien plus important, où notre être spirituel ne sera pas non plus piétiné, comme il le fut à l’ère moderne.

 

Notre ascension nous mène à une nouvelle étape anthropologique. Nous n’avons pas d’autre choix que de monter : toujours plus haut.
L'HUMILITÉ ET LE COURAGE EN POLITIQUE

ABONNEZ-VOUS EN DÉPOSANT UNE ADRESSE MAIL DANS LA FENÈTRE S’INSCRIRE A LA NEWSLETTER. (GRATUIT)

 

 

POUR LES ABONNES : IL EST POSSIBLE DE RECEVOIR GRATUITEMENT LES TEXTES DES ARTICLES AU FORMAT WORD EN ECRIVANT A L’ADRESSE SUIVANTE :

 

COURRIERLAFMAUCOEUR@GMAIL.COM

 

 

INFO : LE BLOG RESPECTE LA LOI RGPD

 

WWW.LAFRANCMACONNERIEAUCOEUR.COM

 

 

DÉSABONNEMENT SUR SIMPLE DEMANDE SUR LE SITE OU À L’ADRESSE MAIL : COURRIERLAFMAUCOEUR@GMAIL.COM

 

 

ASTUCE : CLIQUEZ SUR LES IMAGES POUR LES AGGRANDIR.

 

FAITES CONNAÎTRE LE BLOG À VOS AMIS.

Voir les commentaires

Publié le par YANN
ARISTOTE

ARISTOTE

De l'humilité en politique

Si un homme surpassant tous les autres se présentait devant nos yeux, dit Aristote, un homme plus intelligent et plus sage que nous tous réunis, alliant le courage suprême à la justice suprême... comme il serait réconfortant de le couronner ! Cet être d'exception serait "comme un dieu parmi les hommes". Il rendrait le peuple heureux, par la seule expression de sa nature. 

Hélas, cet homme n'existe pas. 

Constatation plate d'un fait. L'exceptionnel réalisme de la démocratie grecque n'empêchera pas les Athéniens de chercher à se tapir dans la grande ombre d'Alexandre. Puis les Romains diviniseront leurs princes. Les illusions tenaces semblent mener le monde : il n'y a pas d'homme parfait. Et si un peuple à la recherche du roi parfait donne le pouvoir à un homme en le décrétant semblable à ses espoirs, alors la conséquence sera terrible. Couvert de gloire et honoré comme un dieu, cet homme imparfait deviendra pire plutôt que meilleur. Car seul le contrôle mutuel empêche la médiocrité de se transformer en perversion. Le maître incontrôlé, constamment porté au pinacle, jamais remis en cause, exprimera non pas la sagesse attendue, mais l'orgueil au degré de la folie. Privé de limites, il déchaînera ses instincts les plus cruels. Investi d'un pouvoir immense, il le traduira pour ses caprices. Couronné, il a toutes chances de finir en imposteur, parce que la distance ira grandissant entre l'image du dieu, qu'il représente, et les gestes de la bête, qu'il incarnera bientôt. Ainsi le peuple, pour avoir désiré le pouvoir parfait, tombera-t-il dans le malheur. Car il aura commis l'erreur d'oublier cette réalité consternante : il n'existe pas un homme suffisamment grand pour occuper l'immensité du pouvoir. N'importe lequel s'y perd et vient à délirer. Mieux vaut abandonner les illusions, considérer non pas le pouvoir idéal mais celui qui est simplement possible, eu égard à la pauvreté et à la médiocrité de la matière humaine. Et si personne ne peut, sans excès, supporter le pouvoir à soi seul, il convient de partager le pouvoir. Discours de l'amertume ? Acceptation fataliste de nos insuffisances ? Manque d'imagination ? Tous les hommes soi-disant supérieurs, les guides suprêmes, les théoriciens de la perfection portés au pouvoir ont suscité des espérances grandioses et provoqué immanquablement des malheurs non moins grandioses. Dès que le pouvoir a été partagé, les espérances étaient modestes et humbles, et les peuples ont réussi à vivre, sans gloire mais sans terreur. Ce que certains n'ont pas pardonné à Aristote, ce n'est pas d'avoir décrit les méfaits du pouvoir absolu, c'est d'avoir accepté de regarder en face la déchéance humaine, et de l'avoir posée en vérité d'observation. D'être parti de notre médiocrité en la reconnaissant comme ce qu'elle est: non pas une hypothèse d'école, mais une réalité concrète, contre laquelle nous pouvons nous casser la tête, mais que nous ne pouvons effacer. L'apparition du pouvoir partagé, c'est en politique la fin du principe de plaisir, et l'avènement de la lucidité 

Le politique est un besogneux, non un démiurge. Un travailleur, non un magicien. Il tâtonne dans les ténèbres pour parvenir à des fins temporaires, toujours remises en cause : un peu de paix, un peu de concorde, un peu de justice. La politique exprime l'imperfection de l'homme ; elle est rendue nécessaire par sa médiocrité. Il faut un pouvoir pour garantir l'ordre sans cesse désiré mais sans cesse ruiné. Le pouvoir est à la fois nécessaire et mauvais. A quoi sert de le maquiller, de le faire croire exemplaire et incomparable ? A rien, sinon à le rendre pire encore. Il faut au contraire le considérer tel qu'il est : un moindre mal, un pis-aller. 

YANN.

DE L'HUMILITÉ EN POLITIQUE

ABONNEZ-VOUS EN DÉPOSANT UNE ADRESSE MAIL DANS LA FENÈTRE S’INSCRIRE A LA NEWSLETTER. (GRATUIT)

 

 

POUR LES ABONNES : IL EST POSSIBLE DE RECEVOIR GRATUITEMENT LES TEXTES DES ARTICLES AU FORMAT WORD EN ECRIVANT A L’ADRESSE SUIVANTE :

 

COURRIERLAFMAUCOEUR@GMAIL.COM

 

 

INFO : LE BLOG RESPECTE LA LOI RGPD

 

WWW.LAFRANCMACONNERIEAUCOEUR.COM

 

 

DÉSABONNEMENT SUR SIMPLE DEMANDE SUR LE SITE OU À L’ADRESSE MAIL : COURRIERLAFMAUCOEUR@GMAIL.COM

 

 

ASTUCE : CLIQUEZ SUR LES IMAGES POUR LES AGGRANDIR.

 

FAITES CONNAÎTRE LE BLOG À VOS AMIS.

Voir les commentaires

Publié le par Jean-François Guerry
L'HUMILITÉ
Photo de bielmorro sur Unsplash

L’HUMILITÉ

 

Je veux vous parler ce matin de l’humilité, quand un déluge de feu s’abat sur la Perse, car pour moi qui ne connais pas l’Iran, mon Iran c’est la Perse de Cyrus et Darius, de Farîd od-dîn ‘Attar et son Cantique des Oiseaux, de Saâdi de Chiraz et son Jardin des Roses. Rien, pas même le feu des bombes ne pourra détruire le Jardin de Saâdi qui est la Somme impérissable de l’amour et de la sagesse. Seuls les poètes sont capables de dire l’harmonie, de réunir l’Occident et l’Orient. Quand tout nous semble épars, il surgit toujours du fond des ténèbres un chant d’espérance, c’est la voix d’un poète qui se mêle au chant des oiseaux et à la nature. On peut rêver, il faut rêver, que les hommes se réveillent au Chant des oiseaux, qu’ils se mettent autour d’une table pour partager le même festin, le grand combat des hommes c’est l’humilité. Cette humilité règne dans le jardin des sages, elle règne, quand on entend les chants des oiseaux dans les vallées. Du cœur des roses exhale le parfum de l’Amour, les chants des oiseaux résonnent dans nos poitrines. Ne croyez pas que les poètes sont inutiles, qu’ils sont hors du temps, ils brûlent toujours du feu de l’Amour pour les hommes même sous les cendres. Ils sont les plus vivants d’entre nous. Leurs jardins et leurs vallées sont peuplés par toutes les femmes et les hommes humbles devant les merveilles de la nature. La Comtesse de Noailles écrit : « A Chiraz même, un étroit chemin retient le cœur. C’est une allée de mosaïque, bijou tombé à terre, dont les losanges sertissent de petits bassins d’eau, semblables à de liquides opales.

Accordons à Saâdi que sa contrée fut la plus belle du monde. Du haut de son ermitage contemplant les longues campagnes, il écoutait se déchaîner, à la suite des jours engourdis, la passion des nuits ».[1]

Il faut une grande humilité pour ouvrir le livre de Farîd od-dîn ‘Attâr, Le Cantique des Oiseaux qui contient 4720 distiques. Il faut accepter de suivre la Huppe messagère du Roi Salomon, qui nous guide dans les Vallées et nous encourage en nous racontant des histoires de Sagesse. C’est suivre un parcours initiatique, parfois mystique, chacun choisira l’oiseau qui parle à son cœur, comme reflet de lui-même. Il faut accepter humblement de se perdre dans les Vallées, s’arrêter pour écouter, attendre la lumière de l’espérance, pour entreprendre son ascension spirituelle. Il faut accepter de reconnaître comme le dit ‘Attâr : « Ce sont tes yeux, hélas, qui sont toujours fermés. Entre dans le désir et alors tu verras. Que la porte jamais n’est fermée devant toi ! »[2]. Si l’on entre avec humilité dans le désir de connaître l’Être Suprême, quel que soit la représentation que l’on s’en fait, on entre dans une grande aventure, il faut être capable d’humilité. La Vallée du désir, mène à celle de l’Amour et de la Connaissance qui se confondent, s’unissent, s’harmonisent. Alors, le Corps, l’Esprit et l’Âme vibrent ensemble, l’envol se produit, on suit la Huppe l’oiseau guide, messagère de la vérité. Le Cantique des Oiseaux est un chant de liberté, il n’est dédié à aucun tyran. Ses distiques inclinent les hommes à la méditation sur eux-mêmes. C’est un chant d’ouverture pour l’homme, puisse ce chant inspirer tous les hommes.

« Que Dieu en soit loué, je ne suis pas contraint.

 Et je ne dépends pas de quelque maître indigne.

 Pourquoi je retiendrais mon cœur par des attaches ?

Pourquoi dirais-je « Seigneur » à quelque vil féal ?

Je n’ai mangé à la table d’aucun tyran

Je n’ai dédié mes livres à aucun seigneur ».[3]

Cette épopée spirituelle proposée par ‘Attâr, veut mettre fin à l’ego et guide vers un abandon total de soi, pour l’Amour des autres. Si les hommes faisaient ne serait-ce que quelques pas sur ce chemin, avec humilité le visage du monde serait changé. ‘Attâr contribue avec son long poème, du moins faut-il l’espérer à faire que les hommes soient un peu plus des humains. Ce poème devrait être lu à tous les enfants du monde. Voici ce que dit ‘Attâr de son poème :

« Mon œuvre porte en elle une vertu étrange

C’est que plus tu la lis, plus elle est généreuse

Plus tu pourras la lire, sans cesse y revenir

Et plus à chaque fois tu goûteras ses mérites ».[4]

 

                                                     Jean-François Guerry.

 

[1] La Comtesse de Noailles- Préface du Jardin des Roses de Saâdi. Page 28. Édition d’Art H Piazza Paris 1942. Tiré en 300 exemplaires. Dont un m’a été offert par l’un de mes Frères en visite à Chiraz.

[2] ‘Attâr Le Cantique des Oiseaux « Les sept vallées », distique 3355. Traduction Leili Anvar. Éditions Diane de Seilliers.

[3] Ibid 2 Distiques 4601-4603.

[4] Ibid 2. Épilogue, distiques 4506-4507.

courrier reçu de XY suite à cet article.

Peut-on écrire sur l'humilité de manière humble ?

MTCF Jean-François, 

Je suis un de tes lecteurs assidus. Ton blog touche de nombreux Frères, mais j'ai remarqué que mes demandes d'éclaircissement restaient souvent sans réponse — sans doute est-il difficile de répondre à tous. Ton dernier article sur "l'humilité" a titillé ma curiosité et m'a fait réfléchir.

Ma première réaction a été d'achopper sur le titre justement — tant il crée une tension immédiate avec ce qui suit. Car pour saisir l'humilité d'Attâr, pour comprendre que ce poète se voyait comme simple instrument du divin et non comme créateur orgueilleux, il faut déjà connaître la pensée soufie, la Perse médiévale, la Comtesse de Noailles... C'est un cercle assez étroit.

Et là surgit un paradoxe savoureux : un texte sur l'humilité qui, par sa forme même, sélectionne son lecteur et laisse dehors précisément ceux qui vivent peut-être l'humilité le plus naturellement, sans jamais avoir lu Attâr.

Car la sagesse populaire arrive souvent au même endroit par un chemin bien plus court. "C'est en forgeant qu'on devient forgeron" ou "l'appétit vient en mangeant" disent la même chose que ce quatrain — sans exclure personne.

Il y a là une dérive que je veux nommer : celle des cercles cultivés qui transforment la pensée en territoire privatif, comme si la sagesse était réservée aux initiés. Or la vraie sagesse n'est pas une posture. L'humain, comme l'univers, est toujours en mouvement — et c'est peut-être ça, la vraie humilité.

Alors, peut-on écrire sur l'humilité de manière vraiment humble ?

TAF
 
Phil
Ma réponse à Phil.

Il est clair pour moi, que la beauté des poèmes de Saâdi et d'Attâr m'incline à l'humilité par leur beauté.

Cette tension dont tu parles, c'est le vers, la direction, le chemin et non le but. Si regarder vers plus haut que soi, me semble être un chemin possible pour prendre conscience avec humilité des progrès à faire sur soi-même. Moi qui serait toujours un boiteux, mi nu, mi vêtu, depuis mes premiers pas hésitants et mes balbutiements. Je le confesse humblement j'ai besoin de m'appuyer sur des béquilles pour poursuivre mon chemin. Mes premières béquilles sont le Rite et ses rituels, mais aussi les légendes et les mythes qu'ils me raconte pour m'inspirer. Les mythes font vivre des personnages extra ordinaires, des grands initiés, à défaut de pouvoir embrasser toutes leurs connaissances. Je vais vers eux avec mes béquilles, jusqu'au bas de l'échelle et j'essaye de gravir quelques barreaux, conscient que ce qui importe c'est la descente vers ses Frères, sans bruit et sans éclat.

Bien sûr à l'aube de mes 80 ans, j'ai encore quelques années de travail pour réduire ma vanité et mon orgueil. Bien que j'ai travaillé à me perfectionner. Je suis loin d'atteindre l'humilité des Grands Initiés, c'est pourquoi ils restent des repères sur mon chemin.

Bien sûr, mon cher Phil, tu as raison, certains peuvent connaître l'humilité sans avoir lu et s'être inspiré de plus grand qu'eux. Ces hommes sont sages par nature. Ce n'est pas mon cas. Ces hommes là n'ont pas besoin des poèmes de Saâdi ou d'Attâr, ils peuvent vivre sans les poèmes, sans la Maçonnerie, sans la philosophie aussi bien peut-être ? Personnellement, je me range au côté de notre Frère Goethe qui écrivait : " Les gens ne savent pas cela  coûte de temps et d'efforts pour apprendre à lire . Il m'a fallu quatre-vingts ans pour cela et je ne suis même pas capable de dire si j'ai réussi." (Entretiens avec Eckermann)

Je m'interroge, pourquoi, je ne partagerais pas mes émotions avec mes Frères ? Il ne s'agit pas là d'exclusion, mais plutôt d'inclusion. Les portes de nos Temples, comme le Volume de la Loi Sacrée sont ouvertes à tous. La Maçonnerie n'est pas un cénacle d'intellectuels en mal de reconnaissance, mais un centre d'union fraternel. Mais c'est aussi la volonté de Savoir, Connaître, Comprendre, Vivre la vie bonne et Aimer. 

À ta question finale peut-on écrire humblement sur l'humilité? Je réponds humblement je ne sais pas. Mais, j'ai l'intuition que cette vertu est si grande quelle demande une certaine élévation spirituelle, qui n'est pas intellectuelle.

Personnellement, m'inspirer des écrits et des paroles des grands initiés qui ont dépassés les frontières de  l'espace et du temps, m'aide à améliorer. Mais, je peux comprendre que certains n'ont pas besoin de cette inspiration.

Bien Fraternellement

Jean-François Guerry.

L'HUMILITÉ

ABONNEZ-VOUS EN DÉPOSANT UNE ADRESSE MAIL DANS LA FENÈTRE S’INSCRIRE A LA NEWSLETTER. (GRATUIT)

 

 

POUR LES ABONNES : IL EST POSSIBLE DE RECEVOIR GRATUITEMENT LES TEXTES DES ARTICLES AU FORMAT WORD EN ECRIVANT A L’ADRESSE SUIVANTE :

 

COURRIERLAFMAUCOEUR@GMAIL.COM

 

 

INFO : LE BLOG RESPECTE LA LOI RGPD

 

WWW.LAFRANCMACONNERIEAUCOEUR.COM

 

 

DÉSABONNEMENT SUR SIMPLE DEMANDE SUR LE SITE OU À L’ADRESSE MAIL : COURRIERLAFMAUCOEUR@GMAIL.COM

 

 

ASTUCE : CLIQUEZ SUR LES IMAGES POUR LES AGGRANDIR.

 

FAITES CONNAÎTRE LE BLOG À VOS AMIS.

Voir les commentaires

Publié le par Jean Dumonteil

Comme des fleurs

« Je me porte comme une fleur. » Curieuse expression. Elle semble célébrer la santé, l’éclat, la vigueur. On l’emploie pour dire qu’on va bien. Mais elle dit davantage, si l’on s’y arrête. Car rien n’est plus fragile qu’une fleur.

Une fleur ne dure pas. Elle s’ouvre, elle tremble, elle s’offre — et déjà elle se défait. Elle ne possède pas sa beauté. Elle la donne.

Nous nous portons comme des fleurs, du moins lorsque nous acceptons d’être exposés. Tant d’êtres humains vivent sous serre, à l’abri du vent, protégés des saisons. Ils survivent peut-être, mais ils ne tiennent pas la promesse des fleurs.

Se savoir fleur, c’est consentir à la précarité. Accepter que l’éclosion porte en elle le faner. Comprendre que la vulnérabilité n’est pas une faiblesse, mais la condition même de la beauté. Mais peut-être la fleur dit-elle plus encore. Sa brièveté ne signifie pas seulement la mort. Elle rend l’instant dense.

L’infini ne s’oppose pas à l’éphémère. Il n’est pas ailleurs, dans un temps interminable. Il affleure dans l’intensité d’un moment habité.

Une fleur artificielle dure plus longtemps qu’une rose fraîchement coupée. Mais elle ne dit rien. Elle ne tremble pas. Elle ne respire pas. Elle ne meurt pas — et c’est pour cela qu’elle ne révèle rien.

La fragilité est ouverture. Ce qui peut se briser peut aimer. Ce qui peut disparaître peut s’offrir. La fleur n’est pas éternelle. Elle est infiniment offerte.

Et peut-être en va-t-il de même de nos vies. Nous ne sommes pas appelés à durer sans fin, mais à nous ouvrir sans réserve. À laisser passer, dans la brièveté de nos jours, ce qui nous dépasse.

Se porter comme une fleur, ce serait alors cela :
habiter sa finitude sans la redouter,
consentir à sa saison,
et, dans le battement même de la vie, simplement éclore.

BLOG SENTIMENT OCÉANIQUE JEAN DUMONTEIL

ABONNEZ-VOUS EN DÉPOSANT UNE ADRESSE MAIL DANS LA FENÈTRE S’INSCRIRE A LA NEWSLETTER. (GRATUIT)

 

 

POUR LES ABONNES : IL EST POSSIBLE DE RECEVOIR GRATUITEMENT LES TEXTES DES ARTICLES AU FORMAT WORD EN ECRIVANT A L’ADRESSE SUIVANTE :

 

COURRIERLAFMAUCOEUR@GMAIL.COM

 

 

INFO : LE BLOG RESPECTE LA LOI RGPD

 

WWW.LAFRANCMACONNERIEAUCOEUR.COM

Voir les commentaires

Publié le par JF GUERRY
Chers Lectrices et Lecteurs, 
Indisponible pour des raisons personnelles pendant quelques jours.
À bientôt 

Jean-François Guerry.

ABSENCE MAIS PAS OUBLI

ABONNEZ-VOUS EN DÉPOSANT UNE ADRESSE MAIL DANS LA FENÈTRE S’INSCRIRE A LA NEWSLETTER. (GRATUIT)

 

 

POUR LES ABONNES : IL EST POSSIBLE DE RECEVOIR GRATUITEMENT LES TEXTES DES ARTICLES AU FORMAT WORD EN ECRIVANT A L’ADRESSE SUIVANTE :

 

COURRIERLAFMAUCOEUR@GMAIL.COM

 

 

INFO : LE BLOG RESPECTE LA LOI RGPD

 

WWW.LAFRANCMACONNERIEAUCOEUR.COM

 

 

DÉSABONNEMENT SUR SIMPLE DEMANDE SUR LE SITE OU À L’ADRESSE MAIL : COURRIERLAFMAUCOEUR@GMAIL.COM

 

 

ASTUCE : CLIQUEZ SUR LES IMAGES POUR LES AGGRANDIR.

 

FAITES CONNAÎTRE LE BLOG À VOS AMIS.

Voir les commentaires

Catégories

Articles récents

Hébergé par Overblog