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la Franc Maçonnerie au Coeur

la Franc Maçonnerie au Coeur

Un blog d'information, de conversations sur le thème de la Franc Maçonnerie, des textes en rapport avec la Franc Maçonnerie, comptes rendus et conseils de lectures.

Publié le par Jean-François Guerry
École d'Athènes par Raphaël

École d'Athènes par Raphaël

ÉTHIQUE OU PRATIQUE ?

 

En 2021 j’écrivais mon premier livre : « Exercices spirituels antiques et Franc-maçonnerie ». Depuis je n’ai pas cessé ma réflexion sur ce thème, que j’enrichis périodiquement, ou plutôt presque quotidiennement par ma pratique maçonnique. J’écris, quand d’autres parlent seulement, d’autres méditent en silence, ils s’enrichissent tout autant, mais les bienfaits de leur action ne sont pas partagés. J’ai la faiblesse de croire qu’arriver à un certain âge, le peu de temps qui nous reste doit être consacré toujours et encore à la recherche des savoirs, mais surtout à la Connaissance c’est-à-dire à l’Amour du partage.

Les philosophes antiques, mais aussi les modernes sont le plus souvent préoccupés par la construction de systèmes, d’écoles de pensée, qu’ils s’efforcent de diviser, de structurer, de classer, au risque d’émietter leur pensée originelle. Ils veulent sans doute s’affirmer et au mieux laisser une trace de leur passage. Ils se saisissent parfois d’éléments disparates, piochés dans diverses écoles ou systèmes et en les assemblant, ils tentent de trouver une forme de cohérence. C’est une forme d’exégèse élaborée, que d’autres s’empressent de critiquer les accusant au mieux de plagiat au pire d’incohérence. Toute cette agitation intellectuelle finit par aboutir à une confusion, où chacun demeure persuadé d’avoir raison et cela donne corps à des conversations de cénacle où chacun compare ses degrés de savoir. Conversations qui finissent par n’intéresser que les locuteurs qui débattent entre eux, un entre-soi, bien loin des préoccupations existentielles des autres et même bien loin de toute élévation spirituelle qui pourrait améliorer la société. Nous devons nous interroger à propos des philosophes de l’antiquité : leur tâche principale était-elle la rédaction d’un écrit, ou d’écrits ? Il semble à l’analyse que non. En effet tout le monde semble d’accord que les principaux d’entre eux non rien écrit. C’est le cas de Pythagore considéré comme le premier sage, le premier philosophe, l’inventeur même de la philosophie et pourtant il n’a rien écrit ! Pour Socrate il en est de même, c’est Platon qui nous rapporte sa pensée, Plotin même le néoplatonicien tardif dont les Ennéades ont été classées et parfois réécrites par Porphyre. Et pourtant nous pouvons constater qu’ils nous ont laissé un héritage. Nous pouvons donc légitimement nous poser la question, est-ce que la tâche primordiale, essentielle d’un philosophe est la rédaction d’un écrit ? Victor Goldschmidt éminent philosophe, et historien français d’origine allemande, le pensait. Ainsi, il formula le postulat sur lequel repose la méthode structurale en philosophie : « La méthode structurale, dit-il met incontestablement l’accent sur l’œuvre écrite, comme l’unique témoignage où se manifeste une pensée philosophique. »[1] Cela semble évident comment pourrions-nous prétendre la pensée des philosophes antiques sans l’écrit. Pourtant, réfléchissons plus loin, nous constatons l’extrême lenteur des œuvres philosophiques écrites. Cela est du tout simplement parce que la communication était orale. Les dialogues de Platon en sont la démonstration, sans qu’il soit besoin d’argumenter. On notera de plus que les dialogues sont organisés par thème, visant sans nul doute un objectif pédagogique et inspirant pour une conduite de vie face aux événements de celle-ci, ils sont donc plus Praxis que theoria.

 

 

 

 

Conclusion

 

Éthique et Pratique.

 

J’ai volontairement écrit Pratique avec un « P majuscule », en forme d’égalité avec Éthique. Aujourd’hui nos hommes politiques à l’approche des élections éprouvent l’envie soudaine d’écrire. De se raconter et de nous raconter de belles histoires que nous sommes tentés de croire puisqu’elles sont mises par écrit. Après avoir dévoyé l’oralité tentent t’ils de convaincre par la sacralité de leurs écrits, inscrivant leurs promesses dans le marbre face à des paroles qui n’impriment plus. Plutôt que de nous parler d’éthique à longueur de journée, nous pourrions leur dire comme Socrate quand envisager de passer à la pratique ? La Franc-maçonnerie revendique elle dans ses travaux d’être dans l’éthique et au dehors de ses loges de passer à la pratique. Elle est pensée et action, fraternité humanisme et spiritualité, son initiatique n’a pas de sens sans la pratique de ce qu’elle enseigne. Ses exercices qui sont de formation sont aussi d’application dans l’homme et dans la cité. On vient en Franc-maçonnerie, non par vanité pour flatter son ego, mais pour agir sur soi et dans la société. Elle est une praxis vivante, faisons en sorte qu’elle soit vivace grâce à notre exemplarité et qu’elle inspire nos hommes politiques dans leur conduite et pas seulement dans leurs écrits.

 

                                    Jean-François Guerry.

 

[1] Victor Goldschmidt- Remarques sur la méthode structurale en histoire de la philosophie- Métaphysique et histoire de la philosophie, recueil d’études offert à Fernand Brunner. Neufchâtel 1981. Page 230.

ÉTHIQUE OU PRATIQUE
L'ACTION DE LA LUMIÈRE 
ÉTHIQUE OU PRATIQUE

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Publié le par Jean-François Guerry
Chers toutes et tous... Je serais absent du 20 au 26 joies de grand-père !!! Je vous propose en attendant quelques citations pour méditer....À bientôt

Jean-François Guerry

L'ABSENCE....
QUEL PLUS GRAND MANQUE QUE L'ABSENCE DE LUMIÈRE ?

QUEL PLUS GRAND MANQUE QUE L'ABSENCE DE LUMIÈRE ?

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Publié le

SUR LE BLOG DES SPIRITUALITÉS

BONNE LECTURE

JFG 

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Publié le par Jean-François Guerry
L'école d'Athènes Raphaël

L'école d'Athènes Raphaël

NI PHILOSOPHIE, NI RELIGION

Quel Franc-maçon n'a pas entendu : « La Franc-maçonnerie n'est ni une philosophie, ni une religion ; c'est une initiation traditionnelle. » La réponse, si elle est claire, est peut-être un peu courte, aurait dit le célèbre Cyrano. Voyons si nous pouvons pousser la réflexion plus loin.

Ce n'est pas une religion puisqu'elle se revendique adogmatique et qu'elle accueille en son sein des femmes et des hommes de toutes les religions, dans le respect de leurs croyances. Ce n'est pas une philosophie, puisque « ce n'est pas une école de pensée, mais une école à penser ». C'est donc un centre d'union fraternel, comme le qualifiaient ses fondateurs, lieu où les femmes et les hommes se réunissent dans le respect de leurs différences, travaillant à leur perfectionnement individuel sur le plan humain, matériel et spirituel, afin de tendre, avec humilité, à rendre un peu meilleure la société dans laquelle ils vivent, dans le respect de la personne humaine, qu'ils considèrent non comme un objet, mais comme un sujet unique dont l'individualité se doit d'être développée grâce à la pratique des vertus qui ennoblissent l'homme et en font plus qu'un animal, c'est-à-dire un humain. Toutes choses que les Sœurs et les Frères considèrent comme leur devoir envers eux-mêmes et envers l'humanité.

À propos de la philosophie de la Franc-maçonnerie, le Chevalier de Ramsay, qui a écrit l'un des textes fondateurs de la Franc-maçonnerie spéculative, la qualifiait de philosophie universelle. René Guénon, lui, parlait de Tradition primordiale, qui couronnait toutes les traditions. Si l'on veut employer le mot « philosophie » par commodité linguistique, il faut considérer que cette philosophie maçonnique doit être digne de ce nom, c'est-à-dire inclure une métaphysique, qualifiée par Aristote de philosophie première, une philosophie de la connaissance, une éthique, une philosophie morale et politique — la politique étant prise dans son sens noble, hélas tombé en désuétude —, mais aussi, pour être complet, cette philosophie doit être une sagesse et une spiritualité.

À ce prix, nous pouvons trouver davantage de convergences entre la philosophie et la Franc-maçonnerie : elles peuvent se rejoindre sans se confondre. Je soulignerai, en ce qui concerne l'éthique, que, pour le Franc-maçon, l'éthique est bien plus qu'un ensemble de pratiques théoriques qui peuvent s'apparenter à de la « moraline ». L'éthique est construction, sculpture de l'homme pour en faire un humain par la pratique des vertus et par l'élévation progressive de sa conscience, ayant toujours le souci de la justice alliée à la loi d'amour.

Parce que l'éthique ne se conçoit pas seulement à partir des mathématiques et de la géométrie, ceux qui, par dogmatisme, ont voulu en faire la démonstration n'ont jamais réussi à démontrer le caractère apodictique de leurs démonstrations. Il est incertain de vouloir engager la philosophie dans la voie d'une science, bien que de nombreux philosophes aient choisi cette voie, parmi les plus célèbres : Descartes, Kant, Husserl ou encore Spinoza. Leurs philosophies sont certes admirables, mais restent incertaines, et c'est pour nous un bonheur, car elles inspirent notre réflexion et développent le champ infini de notre imagination, créatrice par nature. Elles nous donnent à penser ; elles nous aident à maçonner en toute liberté, ce qui n'est pas contraire à la raison.

Car, en effet, peut-on prétendre détenir la vérité vraie ? Ce serait rendre inutile la quête et la poursuite du chemin initiatique pour leur préférer les sentiers fleuris des certitudes. La vérité ne peut pas se réduire à la pseudo-connaissance que nous en avons ; elle n'a, à mon sens, de réalité que dans la quête perpétuelle que nous en faisons, hors de toutes normes. Il nous faut la débusquer sans cesse au fond de notre conscience, reconnaître aussi que jamais nous ne l'atteindrons, ce qui est conforme à l'initiation, qui est chemin vers. Elle n'est donc pas scientifique puisqu'elle ne peut se limiter à la connaissance que nous en avons. Un cherchant qui s'arrêterait de chercher ne serait plus un cherchant ; c'est le désir qui nous guide, et non le plaisir de la découverte, qui est passager.

Cela pourrait, me direz-vous, nous faire sombrer dans un désenchantement, celui de ne jamais parvenir à la connaissance de la vérité. Mais est-ce si important ? Le rite enseigne, suivant la formule du Taciturne, « qu'il n'est pas nécessaire de réussir... ». Ainsi, la célèbre Éthique de Spinoza culmine, atteint son apogée dans le désenchantement de tout et débouche sur une sagesse de la joie, donc sur l'amour, nous libérant de l'espoir et de la crainte, comme le dit André Comte-Sponville, qui fut spinoziste dans la première partie de sa vie.

Ce désenchantement n'est pas un mal non plus pour les Francs-maçons et, même si l'espoir disparaît, il reste toujours, au fond de notre boîte de Pandore, l'espérance. Nous le déclarons d'ailleurs dans la phase ultime de nos travaux, avant de nous séparer momentanément. Nous proclamons cette injonction performative : « Que la joie soit dans les cœurs ! », condition pour que « la Sagesse soit parmi les hommes » et que « la paix règne sur la terre ».

Finalement, je conserve une certaine appétence, un certain désir de philosopher, qui n'est pas incompatible avec celui de maçonner pour se construire et vivre, peut-être, un peu mieux.

Jean-François Guerry

NI PHILOSOPHIE, NI RELIGION
TOUTES LES LUMIÈRES MÈNENT À LA LUMIÈRE
NI PHILOSOPHIE, NI RELIGION

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Publié le par Jean-François Guerry
PARUTION DU NUMÉRO 2 DE L'INITIATION TRADITIONNELLE
Quelques extraits l'intégralité de la Revue est en accès libre sur internet.
cliquez sur les images pour les lire.
le site pour une lecture intégrale libre et gratuite des 104 pages : 
https://www.linitiation.eu
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LA LUMIÈRE INONDE TOUTES LES TRADITIONS SPIRITUELLES.
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Publié le par Jean Dumonteil

Blog Sentiment Océanique Jean Dumonteil un blog à suivre !

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Publié le par Jean-François Guerry
LE RITE, ESCALIER DE LA CONSCIENCE DE SOI.
Photo de georges015 sur Unsplash

LE RITE, ESCALIER DE LA CONSCIENCE DE SOI.

Cette réflexion m'a été inspirée par la lecture d'un article réservé à ceux qui ne voient pas bien encore, parce qu'un mince voile recouvre leurs yeux. Ils errent en pleurant la mort de leur Maître dans le désert, mais chaque désert a ses oasis, ses sources spirituelles.

Chaque tradition a son rite et ses rituels. Le rite est un escalier ; les marches de l'escalier sont les rituels. À chaque étage, il y a un palier, un espace de repos, de réflexion, de méditation, qui permet à la pensée ressourcée de se mettre à nouveau en action pour gravir de nouvelles marches et atteindre de nouveaux paliers. Chacun gravit les marches à son rythme ; chacun s'appuie parfois sur les bras de ses frères. Le rite, peu à peu, dans notre conscience, se transforme en rampe d'accès, de lancement, parfois, dans les moments les plus difficiles, en béquille. Qui peut, en effet, prétendre, sans risque, sauter les barreaux d'une échelle ? L'élévation de la conscience nécessite un mûrissement progressif de l'esprit ; la pratique rituelle est bien loin des théories intellectuelles et de la course aux savoirs.

Les épaules bienveillantes des frères anciens sont les plus solides bâtons des pèlerins de l'esprit et de l'amour. Celui qui marche loin des sentiers fleuris, dans la voie étroite, voit son chemin peu à peu se remplir de la lumière unique, éternelle, qui brille toujours à l'horizon. Arnaud Coupry discerne, loin des conventions du monde profane, la voie vers les hautes régions de la Connaissance spirituelle pour aller vers soi, dans l'unité. Celui qui est en mouvement, qui médite en marchant, « est appelé à répondre :

Au premier degré : « Comment t'appelle-t-on ? »

Au deuxième degré : « Comment t'appelles-tu ? »

Au troisième degré et au-delà : « Quel est ton nom ? »

Pour pouvoir, peut-être un jour, poser la question : « Quel est le nom ? »

Cela nous rappelle le jour où nous avons gravi les trois premières marches pour recevoir le nom de frère, en présence de nos nouveaux frères, sous la lumière de l'Orient, éclairé par le Grand Architecte de l'Univers. Nous avons fait les trois premiers pas en montant les trois premières marches de cet escalier où la conscience s'élève, pour peu que nous suivions les voies qui nous sont tracées.

Jean-François Guerry

LE RITE, ESCALIER DE LA CONSCIENCE DE SOI.

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Publié le par YANN
BLOG DE YANN - MOURRIR DANS LA DIGNITÉ
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MOURIR DANS LA DIGNITÉ

" Travaillons donc à bien penser, voilà le principe de la morale."

PASCAL, Pensées, 347 

 

Dans ce billet à propos de la loi sur la fin de vie, votée par l’Assemblée nationale, j'aborde un débat difficile qui relève de notre propre philosophie par rapport à la mort et concerne aussi la société. 

 

Des interprétations différentes qu'il convient de préciser. 

 

L'assistance à mourir n'est autre que l'atténuation des douleurs physiques, psychologiques ou morales de l'agonie. Considérée longtemps comme faisant partie du rôle du médecin, elle est aujourd'hui facilitée par la multiplication des médications modernes. 

 

L'euthanasie passive consiste, soit à ne pas utiliser de procédés artificiels, comme l'alimentation intraveineuse ou les différentes techniques de réanimation lorsque l'état du patient est désespéré, soit à les retirer au malade lorsqu'ils ont été précédemment mis en œuvre. C'est à cette conception de l'euthanasie qu'entendait répondre la loi Claeys-Leonetti de 2016 mais la législation actuelle n'est pas encore totalement appliquée – l'hôpital français manquant cruellement de moyens pour les soins palliatifs – et, surtout, ne répond pas à la variété des situations. Ainsi, entre 2 000 et 4 000 euthanasies clandestines sont réalisées chaque année en France, selon l'Institut national d'études démographiques (INED). Et plusieurs dizaines de personnes par an font le choix de se rendre à l'étranger pour mourir. 

 

L'euthanasie active est, au contraire, le fait de donner la mort ou d'avancer délibérément la mort d'un incurable en proie à la souffrance. Le suicide secondé est un acquiescement plus ou moins actif donné à des demandes d'abréger la vie. Il pose, dans toute son ampleur, ce que certains appellent "le droit à la mort "ou le "droit à mourir", ce droit que chacun pense avoir d'être consulté au moment et sur les modalités de sa mort "naturelle" et de disposer des moyens d'en finir avec la vie. Dans ce contexte, le projet de loi débattu jeudi à l'Assemblée nationale propose "une mort rapide et sans douleur" avec une "assistance médicalisée", cette dernière étant définie comme "la prescription à une personne par un médecin, à la demande expresse de celle-ci, d'un produit létal et l'assistance à l'administration de ce produit par un médecin". Toutefois, une clause de conscience pour les médecins est prévue et il est précisé que les personnes qui n'auraient plus la capacité de s'exprimer pourraient avoir accès à l'euthanasie, à la condition que cette demande figure expressément dans leurs directives anticipées ou qu'elle soit relayée par leur personne de confiance.

Les frontières de l'acceptable

 

La position de l'Ordre des médecins et aussi celle de nombreux comités d'éthique – dont je fus l'un des membres fondateurs à Rennes sous la présidence éclairée du professeur Yves Logeais – est de rester sur la ligne de la loi Léonetti, faisant valoir qu'elle est mal connue et surtout insuffisamment appliquée dans tous ses champ de possibilités, ce qui est vrai : les médecins ont encore cette tendance à prioriser la technique pour elle-même, reléguant les aspects humains plus que jamais fondamentaux chez les patients en fin de vie.

 

Pourtant, le serment d'Hippocrate est clair dans son principe "tu ne prolongeras pas abusivement les souffrances", avec l'aspect psychologique il stipule aussi "tu ne donneras pas la mort délibérément".

 

Personnellement, je pense que la loi devrait pouvoir permettre d'aller plus loin dans des situations irréversibles ou le patient – en conscience – effectue une demande claire, qui devrait pouvoir être acceptée par un conseil de sages (jamais par une seule personne), ce qui reste conforme à l'esprit du serment.

 

D'ailleurs, dans leur exercice professionnel, nombre de médecins ont usé de la procédure autorisée de l'administration de cocktails lytiques dans le but de soulager la douleur, à des doses suffisantes pour s'avérer léthales. Le but premier est de soulager, la conséquence, au second plan, est d'abréger la vie… Attitude dite "jésuite "dans notre culture.

 

Sur le débat euthanasie passive / euthanasie active, il convient de dire que soins palliatifs et euthanasie sont non pas seulement non-contradictoires mais même complémentaires parce que soins palliatifs et euthanasie, c'est la sollicitation d'une même mort : je choisis cette voie ou en choisis une autre. Il n'y a donc pas antinomie. De même, si je suis en soins palliatifs, je peux imaginer que devant la mort je n'aurai peut-être pas le courage de lutter – et a fortiori si je suis encore intubé, incontinent, … j'ai bien le droit de dire que je ne veux plus attendre, attendre quoi dans ce couloir de la mort ? Même en soins palliatifs, je suis autorisé à demander le droit à une délivrance douce. J'ai cette liberté. Je demande à être entendu pour ne pas souffrir au-delà de ce que juge acceptable ma conscience.

 

Loin de se limiter aux questions de fin de vie et d'obstination déraisonnable, ces problématiques démontrent les limites du droit, de l'intervention du juge et du recours aux droits fondamentaux. Elles convoquent des réflexions philosophiques et éthiques. Elles renforcent aussi la conviction que la société est légitime à fixer des frontières, quitte dans des cas exceptionnels à ne pas donner suite à des revendications individuelles.

 

Plus encore que dans d'autres circonstances, chaque situation humaine est particulière et doit être analysée comme telle. La loi (dans le sens de l'Esprit des lois de Montesquieu) doit rester un garde-fou, fixant des limites mais ne figeant pas les décisions pour lesquelles l'intelligence humaine est irremplaçable.

Yann.

 

 

 

    

 

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Note : Mon obédience maçonnique a été sollicitée  dans le cadre de l'élaboration de cette loi sur l'aide à mourrir. Ce fut "Une question aux loges" le modeste groupe de travail dont j'ai fait partie, je dis modeste au regard de la qualification  des participants sur le plan scientifique à l'exception de notre coordinateur que nous avions désigné pour ses compétences de praticien hospitalier.
Notre débat à été serein, malgré certaines de nos divergences qui ont pu s'exprimer avec tous le respect possible.
Deux conclusions générales sont apparues: la première conclusion,  il y a presque autant d'avis que de personnes quand on aborde dans le détail les possibilités de mise en oeuvre d'un texte juridique et son application. La deuxième conclusion est qu'il fallait avant tout et par priorité mettre en place les centres de soins palliatifs partout sur notre territoire avec bien sûr l'ensemble du personnel soignant : médecins spécialistes, infirmiers et infirmières, psychologues. etc... Ceci fait, observer les cas personnels "résiduels" au cas par cas. Une tâche qui paraît réalisable au regard du nombre de cas concernés.

Jean-François Guerry.

Pour que la lumière de la vie puisse briller jusqu'à son terme possible.
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Publié le par Jean-François Guerry
PROPOS SUR LA VIE : VIVRE À PROPOS
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PROPOS SUR LA VIE : VIVRE À PROPOS

« Non pas vivre dans l’instant, donc, mais vivre dans un présent qui dure et change, qui est le présent même. »

André Comte-Sponville, L’Opportunité de vivre – Ultimes études

Écrire, toujours, pour le plaisir d’abord, pour remplir les moments, la vacuité de la vie, inconsciemment sans doute pour retenir le temps qui court, nos mouvements perpétuels, nos insuffisances mal exprimées. Avec aussi une dose de vanité pour faire trace, laisser aux miens, aux autres, tout ce que j’aurais voulu leur dire de vive voix, d’une voix vive. Leur dire surtout mon amour pour eux, cet amour toujours si grand que le temps manque pour l’expirer à tous ceux que l’on aime pourtant si fort.

Écrire pour cette vanité de l’amour, contre cette pudeur à prononcer le mot sans trembler. J’aurai bientôt 80 ans et, comme le disait Goethe, en regardant sans doute, de son Divan occidental-oriental, les Collines éternelles, je crois que je ne sais pas encore lire et écrire ; j’ai du mal à épeler même les mots, ceux-là mêmes qui donnent un peu de force à la vie et qui ne seront jamais des idées.

Écrire, c’est un peu fuir le présent qui s’impose toujours ; c’est écouter son imagination qui outrepasse sans cesse le présent. C’est vivre dans l’espérance d’une meilleure vie, pour nous et nos enfants.

Il y a presque une tyrannie de l’imagination et de l’espérance. Montaigne recommandait de ménager son temps plutôt que de le passer à espérer. Sénèque l’avait aussi compris quand il dit, dans La Tranquillité de l’âme, que certains sont toujours occupés, affairés, à propos de l’avenir : « Ils ne vivent pas, ils se préparent à vivre. » Ce sont ceux qui construisent leur vie aux dépens de la vie même.

Sur les traces de Montaigne, l’idéal (donc jamais réalisable, mais l’on peut essayer : c’est essentiel), c’est de ménager son temps, de prendre son temps, d’utiliser les moments favorables à la méditation pour se construire, soigner sa vie, sans mépriser son être. Être dans la pensée et l’action, unir son corps et son esprit, refuser le dualisme, constater la dualité et travailler à notre unité. La vraie vie, c’est sans doute vivre en sagesse et en action.

Jean-François Guerry

 

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Ce « hic et nunc » interroge. Mes fréquentes références au passé, sous couvert de respect des traditions en particulier et de la Tradition en général, m’ont valu plusieurs fois la réflexion de mon fils : « Mais dans quel monde tu vis ! ». S’il est clair qu’il faut vivre avec son temps, autre expression que n’aurait pas déniée Jacques II de Chabannes, maréchal de La Palice, c’est quand même un peu court comme raisonnement et comme règle de vie. L’attachement inconditionnel au temps présent est sans doute motivé par le fait que le temps passe et qu’il y a donc urgence, et aussi nécessité, d’employer le temps présent à l’action, ce qui n’exclut pas de penser l’action. À propos du temps, Ronsard fin connaisseur des roses fanées, disait : « Le temps s’en va, le temps s’en va, ma Dame. Las ! Le temps, non, mais nous, nous en allons. »

Alors ? Faut-il s’attacher aux lumières du passé pour vivre au présent et éviter de s’égarer dans le labyrinthe de l’avenir ? Faut-il renoncer à tous nos serments passés en les considérant comme dérisoires ? Faut-il, comme un paradoxe, s’attacher inconsidérément et inconditionnellement à l’actualisme et à la mode, à un monde sans références et sans permanence ?

Si nous avons pris la décision, un jour, en conscience et réitérer cette décision par des serments successifs, de travailler sans cesse à notre perfectionnement moral et spirituel, motivés par l’espérance d’agir humblement au perfectionnement moral et matériel de l’humanité, ne faut-il pas puiser dans le meilleur des traditions et de leurs vertus ?

Notre identité personnelle n’est pas ontologique, puisque l’on se sculpte en permanence ; nous ne sommes jamais le même et un, mais toujours en recherche de notre unité. C’est pourquoi nous renouvelons régulièrement nos serments sur la voie de la Connaissance. Nous nous lions à nous-mêmes et à nos frères, les hommes, par notre parole donnée, car nous communiquons entre nous par la parole. Ce lien de la parole donnée sacralise celle-ci. C’est bien connu, les initiés ont des paroles sacrées et des mots pour passer les portes ; ces mots peuvent être comparés à des clés, qui seront successivement d’ivoire et d’or. Si les serments et leurs paroles sont prêtés « ici et maintenant », ils engagent notre avenir, et le parjure hypothèque celui-ci. Le serment d’aujourd’hui vaut demain, car nul ne prête serment dans le passé ou dans l’avenir.

L’utopie est souvent désignée comme la réalité de demain. L’important est de vivre dans un présent qui dure : c’est une belle utopie.

« Celui que j’étais hier est seulement celui à qui, aujourd’hui, je ressemble le plus. Je pourrais dire que ce que j’ai promis hier ne m’engage plus, car je suis devenu un autre. Mais non : ce que j’ai promis, je le tiens, ou du moins je dois le tenir ; je dois décider de tenir toujours ce que j’ai promis, et d’abord de tenir ce que je me suis promis à moi-même, sous peine que mon être ne se dissolve, ne s’annule dans l’inconsistance et le rien. Le fondement de mon être et de mon identité est purement moral : il se trouve dans la fidélité à la foi que je me suis jurée à moi-même. Je ne suis pas réellement le même qu’hier ; je ne le suis que parce que je prends à mon compte un certain passé comme le mien, et parce que j’entends, dans l’avenir, reconnaître mon engagement présent comme toujours le mien. »[1]

Ce qui peut nous faire dire que « nous sommes autres et pourtant les mêmes », après plusieurs années et au terme de chaque cycle initiatique. Si nous devions, ne pas être toujours fidèles à nos serments. Alors les lumières du passé se dégraderaient, laissant place aux certitudes du présent, lorsque l’homme n’est plus capable de penser contre lui-même, de reconnaître ses imperfections en toute humilité, il s’éloigne de ses frères et ce sont les lumières sombres qui envahissent le monde.

                                               Jean-François Guerry.

 

[1] Marcel Conche à propos des Essais de Montaigne.

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