Un blog d'information, de conversations sur le thème de la Franc Maçonnerie, des textes en rapport avec la Franc Maçonnerie, comptes rendus et conseils de lectures.
Pierre Dac créateur du journal l’Os à moelle dans les années 1930, revendiqua toujours un droit indéfectible, solitaire, solidaire, universel, et particulier, qui dis-je sanitaire voire sagittaire avant de s’en servir. Le droit de rire.
Jean-François.
Avons-nous le droit de rire ou ne l’avons-nous plus ? Oui, disent les uns, non disent les autres, sans compter les avis intermédiaires émanant de personnes de mentalité également intermédiaire. Or- qu’on veuille bien m’excuser de donner impérativement mon avis-, je réclame plus que jamais le droit de rire pour tous.
Je sais que beaucoup estiment qu’a l’heure présente, en raison des difficultés actuelles, le rire sonne comme un défi au bon sens et dénote une indifférence coupable vis-à-vis d’une situation qui, à tous égards, n’a rien de réjouissant.
C’est une erreur et une erreur très grave : je peux personnellement en parler en connaissance de cause puisque j’exerce un métier dans le but est de distraire mes contemporains ; vous avouerai-je que j’ai la conscience de mon métier et que c’est justement en ce moment que je multiplie mes efforts pour mener à bien une tâche qui s’avère particulièrement difficile en une période où rien ne prédispose particulièrement à un optimisme béat.
Et c’est là où je veux en venir ; si le rire est une chose toute naturelle en période calme, j’estime qu’en période trouble il devient, s’il est conscient et lucide, comme une manifestation du courage tranquille ; car en définitive, qu’est-ce que le vrai courage ? C’est, du moins je le crois, le fait de se rendre compte d’un danger, d’en avoir la crainte et dominer cette crainte pour accomplir l’acte dangereux. Et c’est à ce moment que le rire est nécessaire ; certes l’avenir est peu réjouissant ; certes nul ne sait s’il sera encore en vie dans quelques mois ; est-ce une raison de se promener en arborant un air désespéré et un visage allongé de plusieurs aunes ?
La peur n’a jamais sauvé personne ; la tristesse non plus, c’est pourquoi j’estime que nous devons plus que jamais accomplir l’effort nécessaire pour arborer présentement un sourire de bon aloi ; évidemment, il ne s’agit pas de s’esclaffer stupidement à tout bout de champ, sans rime ni raison, en pratiquant la politique de l’autruche ; non, mais il s’agit de faire ce que l’on a à faire avec le maximum de confiance et le minimum de laisser aller.
Le rire engendre un état bienfaisant qui permet de tenir le coup et de résister aux attaques du sort : à danger égal, celui qui saura le considérer à la manière de Rabelais aura beaucoup plus de chances de s’en tirer que celui qui s’y soumettra fatalement.
Rions donc, dignement, bien sûr, mais rions sans crainte, et si quelque jour, il arrive que nous soyons contraints d’avaler notre bulletin de naissance, sachons le faire en gardant le sourire !... Et croyez-moi, ce n’est pas à la portée de tout le monde.
Pierre Dac.
Que dire de plus sur ce texte plein de sagesse, de André Isaac dit Pierre Dac 1893-1975. Initié le 18 mars 1946 à la loge les Compagnons ardents. Juif il se réfugie à Londres près du Général de Gaulle, il fût une des voies de Radio de Londres un français parle aux français.
Connu comme un humoriste de talent, il a été bien plus, un homme libre. Son rituel de la Grande Loge des Voyous est un texte bien connu des francs-maçons.
Pierre Dac dont l’humour, décalé, loufoque traverse le temps en témoigne le texte ci-dessus a toujours pris le parti de rire de tout ou presque avec finesse. C’est un bonheur de le relire, en cette période qui ne prête pourtant pas rire.
Jean-Français Guerry de nature.
LIRE : L’Anthologie Maçonnique de Raphaël Aurillac – Kleiô aux Éditions Dervy Un portrait et des textes de Pierre Dac.
Abonnez-vous http://bit.ly/inahumour Pierre Dac "Comment soigner la grippe ?" Pierre Dac et Francis Blanche "Le salon des arts ménagers" Pierre Dac "Zéro de ...
« Naturellement vous savez ce que c’est Rieux ? J’attends le résultat des analyses. Moi je n’ai pas besoin d’analyses. J’ai fait une partie de ma carrière en Chine (…) Oui tout le monde le savait sauf les morts. Allons Rieux, vous savez aussi bien que moi ce que c’est… Oui, Castel dit-il, c’est à peine croyable. Mais il semble que ce soit la peste. » Extrait de la Peste d’Albert Camus- 1947.
C’est avec la trilogie romanesque comprenant : La Peste, L’Homme révolté, et Les Justes. Qu’Albert Camus a obtenu le Prix Nobel de littérature en 1957. La peste revient sous la forme d’un virus, qui s’est invité pour bouleverser notre vie quotidienne, il sonne comme un réveil, sans faire de distinction entre les pauvres et les riches. Il met au jour le degré d’humanité enfermé dans le cœur des femmes et des hommes. Cette Apocalypse, cette révélation peut être, une opportunité, pour remettre à plat les valeurs que nous voulons voir régner dans notre société, bientôt nous aurons à faire des choix, remonter dans un bateau désinfecté, mais toujours à la dérive ou reconstruire une trière royale où tout le monde devra donner son coup de rame, pour mettre fin aux galères. Souhaitons au futur capitaine qu’il fasse le choix de la bonne route.
De la Peste de Camus venue de Chine au Coronavirus chinois, l’on peut se lancer dans le jeu des analogies. Le traitement des pandémies ne semble pas avoir évolué, on confine !
Le confinement révèle les défaillances de notre gouvernance personnelle et générale : « Que celui qui n’a jamais pêcher jette la première pierre. » Ainsi nos parts d’ombres et de lumières apparaissent, je retiendrais d’abord pour l’avenir, les lumières présentes dans le cœur des femmes et des hommes. Elles éclairent le meilleur de nous-mêmes, nos grandeurs cachées souvent par pudeur, ces lumières révèlent notre humanité.
Nous découvrons comme étonnés, la beauté de ceux qui étaient à côté de nous, que nous avions mis parfois de côté. Nous regardions ses porteurs de nos charges, de nos insuffisances, ceux à qui nous avons confié nos parents, comme à des sherpas qui nous permettent d’atteindre les sommets, tout en restant dans l’ombre. La peste d’un simple virus microscopique met au jour nos renoncements, nos dignités vendues sur l’autel des places boursières. Les actionnaires avaient tellement soif, jusqu’à l’épuisement de nos ressources, jusqu’à l’asservissement des travailleurs de l’ombre.
Mais cette peste peut être aussi un signe d’espérance, d’intelligence des hommes, mais surtout du retour des vertus oubliées. L’on jamais autant entendu les mots de solidarité, de charité, de confiance, de persévérance. La peste est universelle, l’amour fraternel aussi.
La peste est brune ou noire, elle nous prive de nos libertés, elle nous confronte avec nous-mêmes, nous oblige à faire des choix essentiels. Nous rappelle ce qu’est la vraie vie, la vie intérieure, celle de l’esprit, de l’imagination sans bornes. Cette imagination qui nous permet de faire les plus beaux, les plus grands voyages, quand nous avons mis notre maître intérieur à la barre du navire. En réalité comme le disait Saint-Exupéry : « … les hommes ne peuvent pas vivre que de frigidaires et de mots croisés… »
Intuitivement nous attendons la joie de nous sourire, de nous étreindre, de nous communiquer sensuellement notre humanité.
Jean-François Guerry.
Pauline Bebe
LES FEMMES SONT L’AVENIR DE L’HOMME…
Paroles de poète, et si les femmes étaient l’avenir de la spiritualité. Je suis depuis quelque temps séduit par les actes et les paroles des femmes Rabbin, comme Delphine Horvilleur ou encore Pauline Bebe. Ses femmes font partie de la communauté juive dite libérale, elles sont en marge de l’orthodoxie et pour une simplification des rites. Il y a presque une analogie avec les premiers pères de l’Église chrétienne, les pères du désert. Elles ont une simplicité, une pureté spirituelle associée à une énorme empathie sociale. Elles savent parler aux femmes et aux hommes en général au-delà de leur communauté religieuse, leurs paroles sont vraies et touchent nos cœurs. Elles incarnent une belle humanité, elles rayonnent.
Extrait d’un témoignage de Pauline Bebe, sur notre période actuelle :
« Ce monde est blanc, il va très vite, il court, il s’affaire comme une fourmilière. Il est blanc et vert en réalité, il y est question de vie et de morts (…)
On y sauve des vies ‘Sauver une vie c’est comme sauver un monde’ Talmud. (1)
En regardant les femmes et les hommes, les soignants, qui sont au chevet des souffrants :
« (…) les larmes coulent sur les joues des soignants, et que leurs masques sont humides de l’embrun du cœur.. » (2)
Je me surpris moi-même à dire bonjour avec un signe lointain de la main, à ce voisin inconnu, éloigné, immobile posé sur son balcon comme un oiseau sur une branche regardant à droite et à gauche, en attente de son envol. Il ne voit comme moi que cette rue minérale, sans vie, sèche, j’étais heureux soudain de cette rencontre, de son regard, de son sourire. Nous étions ensemble, nous vivions ensemble..
Jean-François Guerry.
Source : (1) et (2) Journal La Croix du Mardi 21 avril 2020 propos recueillis par Héloïse de Neuville.
Le poète a toujours raison Qui voit plus haut que l'horizon Et le futur est son royaume Face à notre génération Je déclare avec Aragon La femme est l'avenir ...
La franc-maçonnerie de tradition, travaille à la Gloire du Grand Architecte de l’Univers. Ses loges sont dites de Saint-Jean, il s’agit de Saint-Jean l’Évangéliste, le Grec, celui de Patmos, de l’Apocalypse, de la révélation.
Ce qui explique la présence de la Bible dans la plupart des loges, ouverte au prologue de l’évangile de Saint-Jean. Bible, volume de la loi sacrée, reconnue comme l’une des trois grandes lumières de la franc-maçonnerie.
Cela pose à certains frères, une question quasi existentielle de leur présence dans ces loges. Ou au moins une gêne, quand il est fait lecture de ce prologue de « Jean » en loge au commencement des travaux.
A l’analyse l’évangile de Saint-Jean fait si j’ose bande à part au milieu des autres évangiles. Il est qualifié d’ésotérique, cela est particulièrement « visible » dans son Apocalypse, alors que celui de Saint-Pierre est exotérique. Par un raccourci téméraire je dirais que l’évangile de Pierre donne les clés du temple extérieur accessible au peuple des adeptes de la religion chrétienne et que celui de Jean est celui des initiés au sens le plus large, à tous ceux qui sont en recherche de spiritualité universelle.
Celui de Pierre fait appel à la foi et à la raison, il a son credo il est encadré par le dogme. Alors que l’accès de celui de Jean, ne peut être vraiment décrypté, que par l’œil du cœur.
Dans les loges de Saint-Jean, nous recherchons les idées sous les symboles, nous cherchons à ouvrir la porte des secrets qui mènent au sanctuaire du sacré.
Bord de l'Aulne
Hubert Greven ancien TPSGC du Suprême Conseil de France, sans avoir la prétention de réécrire le prologue de l’évangile de Saint-Jean. A livré à notre réflexion une exégèse de ce prologue, d’abord philologique du texte, qui débouche sur une interprétation plus élargie, plus universelle, de la spiritualité qu’il contient. Par un exercice de recherche et d’approfondissement de la connaissance des mots qu’il contient. Au terme de son étude il a substitué plusieurs mots au texte, sans en altérer la signification. Travail maçonnique s’il en est, car il ne doit pas y avoir de bornes à la recherche de la connaissance pour un maçon.
Il propose donc de remplacer le mot « Verbe » par le terme « Parole » issu du Grec Logos qui ouvre un champ plus vaste de signification. Pour aller plus loin encore il propose de remplacer « …et le Verbe était avec Dieu.. » par « la Parole était accompagnée.. » au lieu de « avec Dieu.. », et enfin de donner une acception plus large au terme Dieu, conformément au principe du Grand Architecte de l’univers, en remplaçant Dieu par « Lumière.»
Cette nouvelle écriture du prologue de Jean renforce sa spiritualité, le libère de tout dogme religieux, le rend plus universel, il prend forme d’un lien spirituel entre toutes les traditions, célébrant la lumière.
Les francs-maçons enfants de la lumière, qui s’efforcent de chasser les ténèbres pour faire régner en eux et dans le monde la lumière de la connaissance, peuvent tous adhérer à cette réécriture sans crainte de se soumettre à un dogme religieux.
Livrez-vous à cet exercice de substitution des mots en remplaçant dans le texte du prologue de Jean le mot Verbe par Parole, le mot avec par en compagnie de, et le Dieu par Lumière, voilà ce que cela pourrait donner :
Au commencement était la Parole, et la Parole était accompagnée de la Lumière, et la Parole était la Lumière.
La Parole était au commencement en compagnie de la Lumière.
Tout fut crée par elle, est sans elle rien ne fut de ce qui existe.
De tout être la Parole était la vie, et la vie était la Lumière des hommes.
….
C’est l’occasion pour moi de vous parler d’un autre Verbe, le Verbe Sacré. C’est une création artistique d’Antoine Juliens, metteur en scène, artiste, poète, peintre qui chaque année au mois d’août, jusqu’en 2019, une représentation du Verbe Sacré. Un Oratorio que je qualifierais de spirituel, plus que de religieux, une possibilité de communion, d’élévation de l’esprit, dans l’espace sacré de l’ancienne abbaye de Landévennec, dans le Finis Terrae. À cet endroit particulier ou la terre se mélange au ciel et à la mer aux bord de l’Aulne somptueuse qui se déroule comme un serpent liquide, et va se jeter dans la mer d’Iroise.
Les soirs d’été à l’ombre des ruines de l’abbaye, quand le décor de la voûte étoilée est en place, le chant du Verbe Sacré monte, l’humain se relie aux forces spirituelles. C’est au bout du monde et de sa profanité que naît l’élan spirituel qui libère le souffle du cœur. Là est la vraie vie, celle de l’esprit, celle du cœur.
J’ai eu le bonheur de partager ce moment de grâce, ayant été invité par un ami, un frère en 2015. Cette année-là Antoine Juliens avait mis en scène l’histoire de Santa Teresa et Quijote d’après les œuvres de Teresa Sánchez de Cepeda Dávila y Ahumada (Teresa d’Avila)-Le château, et Miguel de Cervantes et son ingénieux Hidalgo Don Quichotte de la Manche.
Extrait du Prologue :
Teresa : « Vit…ma vie ! Quelle consolation dans cette mer de déluges ? Je gémis…et plus encore sur ce temps où le vivais sans gèmir ! (silence) Qui m’entend…sinon toi ! Que rien n’empêche de t’aimer !... (révoltée)
L’entendement est incapable de concevoir amour de si grandes grandeurs et de savoir qui tu es ! Jouir de toi… Comment…dans la geôle douloureuse de cette chair périssable ?! (révoltée) que cet exil est long !
Et puis, et puis l’épilogue extrait
Teresa : « Allons, mes filles ! Toute œuvre est belle, même petite. Des œuvres, des œuvres ! Pas de tour sans fondation…posez de solides pierres ! De vos demeures, grimpez au Château !
L’aventure sacrée, initiatique a quitté les rives de l’Aulne, Antoine Juliens a traversé le pont de Terenez avec son bissac rempli de rêves il est parti pour d’autres aventures, il a laissé ses tableaux dans des espaces sacrés de Brest, de Quimper, de Lorient, de Vannes, nul doute que son esprit flotte encore dans l’ancienne abbaye de Landévennec les soirs d’été.
Un frère l’aurait aperçu en Belgique à Orval dit-on, près de l’abbaye ?
Jean-François Guerry.
ORATORIO THEATRAL
Antoine Juliens, dramaturge et metteur en scène
Thierry Chleide, compositeur
L’Or du Val est un spectacle inédit présenté sous forme d’oratorio théâtral. Ce genre artistique original se fonde sur le dialogue entre mise en scène théâtrale, création musicale et travail des lumières. Tel un rituel scénique, cet Art vivant porte une écriture originale, 4 actes en 1 prélude et 22 tableaux. Il réunit plus de 80 professionnels et amateurs : comédiens, artistes lyriques, instrumentistes et chœur.
L’Or du Val retracera les grands moments de l’histoire de l’Abbaye depuis 1070, en sa spiritualité et son humanisme. La création scénique se base sur une réflexion des successives constructions et destructions au travers des époques : incendies, exils, révolutions… Point d’orgue des célébrations du 950e anniversaire de la fondation d’Orval, cette manifestation culturelle d’exception se déroulera dans le cloître médiéval afin de relier concrètement et mystérieusement le public à l’histoire du lieu.
Billetterie : Réservez en ligne
6 représentations à 21h00 :
Samedi 24 juillet 2021
Dimanche 25 juillet 2021
Lundi 26 juillet 2021
Mercredi 28 juillet 2021
Jeudi 29 juillet 2021
Vendredi 30juillet 2021
https://www.orval.be/fr/news/583-l-or-du-val
DE L’OBSCUR À LA LUMIÈRE
t-Douarnenez » : 4 -« précédées de « Pour une cathédrale du Verbe » (éd.Rougerie, 2010 ). 5 -Voir entre autres recueils : Instants de Préface, éd. Rougerie, 2009. « Pour l’amour du ciel laissez La mer Se remplir d’ailes (p.60). Ces mots de tous les jours, par leur mise en espace, le talent des acteurs, le cadre unique, disent les vagues de la Mer, et nous sommes portés ; s’ils évoquent le Feu, quand le poète lance des « mots de braise » (p.85), nous partons en spirale. Un vertige intérieur s’éprend d’un « bateau ivre !...Ô que ma quille éclate ! Ô que j’aille à la mer ! » Or la limite est là, tangible : lanternes et projecteurs jouent leur rôle. Je me sens embarqué dans l’espace-temps, de la mer aux étoiles. Est-ce l’immémorial ? Pas seulement. Je revis ce chant grégorien antérieur. Il a franchi des siècles. Qui sait s’il ne vibre pas dans les pierres, « dans la chorégraphie/Des pleins et des déliés/ Des vagues… » ? Car tout se tient ; nous voici envoûtés. Le « Verbe Sacré » parvient à enchanter ce « finistère intérieur/ D’un legato/ De vol de goéland », où le poète de l’abbaye voit se dessiner un « abrégé / De l’infini. » (p.62). Ainsi donc, des ondes dépassent la vitesse de la Lumière, – et les calculs des grands physiciens. Ces éléments, terre, mer, air, feu des étoiles… que notre logique distingue, « composent » le Festival d’une « haute marée ». Mystères ! l’acteur, l’actrice les célèbrent dans le chœur à ciel ouvert, face aux piliers tronqués, aux fenêtres romanes éventrées. « Verbe Sacré » permet de mettre en valeur le Patrimoine et de transcender notre Histoire, les marées des siècles aux innombrables tempêtes. Sur littoral de fin des terres, les paroles de Jonas et des trois poètes bretons nous ont portés, par flux et reflux, comme pendant les trois jours de la fable biblique. La « vraie vie » des marins, de la Mer et des Mères, est devenue la nôtre. Nous repartons à neuf, « baignés dans le Poème /De la Mer infusé d’astres, et lactescent», rêvé par le poète « aux semelles de vent ». Parmi la foule, entre l’église du cimetière marin du village, le granit des ruines, la chapelle vivante du monastère, beaucoup garderont en eux quelque étincelle de ces « instants de préface, de ces « Illuminations » par le Verbe. Puis on repart lentement, comme après l’apparition d’un visage estompé, redevenu visible… Grâces de la Paix nocturne ! On revient de loin. Dès le VIIè siècle, Guénolé et ses onze moines avaient fui la marée humaine, et choisi la presqu’île de Landévennec. Terre de traditions, la Bretagne n’a donc pas cessé la quête des chevaliers vers le mystérieux « Graal ». Le silence, les flots, les pierres imposent l’épreuve initiatique. Il faut vouloir venir, il faut « passer le pont », évacuer les bruyantes cités aux violentes lumières. Le Verbe Sacré, soutenu par quelques lanternes, par des notes discrètes, les chœurs puissants des Pardons, porte ses fruits… L’œil écoute, les étoiles disent « la musique des sphères », tandis que sur scène, les voix alternées d’Antoine Juliens, l’Homme, et d’Isabelle Maudet, la Femme, rappellent nos rythmes originaux non loin des flots. Pour la deuxième année, le talent du comédien-créateur Antoine JULIENS, sa volonté impétueuse servie passionnément par sa petite équipe ont réincarné le « Verbe Sacré ». Quelle Grâce, sous la bénédiction de la Providence, du Père Abbé et du Frère François-Xavier ! Ils l’ont restauré, cet hymne à la Beauté, ce « grand dialogue d’égal à égal / Du ciel et de la mer » ! Ode neuve et grandiose : « Ah, je le sens, l’esprit ne cesse point d’être porté sur les eaux ! » Michel Brethenoux / Novembre 2011
Ancienne Abbaye de Landévénec Illustrations Santa clic pour la galerie LE VERBE SACRÉ - SANTA - TERESA QUIJOTE LANDÉVÉNEC PART II Après avoir déguster les bonnes Crêpes, avant que le jour n...
UN CENTRE D’UNION FRATERNEL – Comment et pourquoi ?
Dans presque toutes les professions de foi des multiples obédiences maçonniques (trop nombreuses à mon avis), l’on trouve cette affirmation sous diverses formes : « La franc-maçonnerie est un centre d’union de tous les hommes, qui sans elle ne se seraient jamais rencontrés. »
C’est sans doute pourquoi cette vieille dame de plus de 300 ans est toujours en vie. Elle fait exception dans une société de consommation où ce qui était en vogue le matin a souvent disparu des écrans l’après-midi.
Alors comment et pourquoi l’ordre maçonnique as t’il un caractère intemporel et universel.
Il sera question de franc-maçonnerie de tradition, fidèle aux principes qui ont présidé à sa création dans sa forme spéculative, mais se référant aux traditions anciennes, dont les principes et les enseignements peuvent se rejoindre en une tradition primordiale. Cette franc-maçonnerie spéculative est datée historiquement entre 1500 et 1700, mais elle n’est par nature jamais achevée. Elle suit un fil d’Ariane dans le labyrinthe des diverses formes qu’elle a prise en restant fidèle à cette tradition unique, dont le but est de faire jaillir la lumière des ténèbres, de rétablir l’ordre sur le chaos, en recherchant sans cesse la parole perdue.
Comment donc, en rejetant les dogmes religieux pour ne se saisir que des secrets, du sacré des religions leurs messages enfouis, en clair leur ésotérisme. C’est par cette porte d’entrée du dedans que l’on entre dans un temple de l’universel. Le franc-maçon cherche d’abord ce qui rassemble plutôt que ce qui divise. Le langage du cœur, les visions intérieures, les reflets de l’âme, le perfectionnement de l’homme. Sont des voies communes à toutes les religions non polluées par leurs ismes.
La franc-maçonnerie n’est pas non plus une philosophie dans le sens, d’une théorie, d’une école, qui souvent ne sont que les expressions des idées d’un seul homme. Si elle est une forme de philosophie elle associe la theoria à la praxis. Elle retient les valeurs petites et grandes des philosophies, que sont les vertus universelles, pour s’efforcer de les mettre en pratique, ce n’est donc pas une philosophie universitaire, moraliste, mais une éthique de vie, de sa vie, une pratique conforme à celle des philosophes, ceux de l’antiquité.
Elle n’est pas non plus un parti politique, même au sens le plus noble de la politique, elle accueille toutes les opinions pourvu qu’elles soient sincères et au service de l’homme. Le franc-maçon s’oblige à les examiner renonçant à un aveuglement partisan, il le fait à l’aide de ses outils symboliques. Le maillet et le ciseau pour la recherche de la connaissance véritable, l’équerre pour la droiture, la règle pour l’harmonie du temps, la perpendiculaire de la justice, le niveau qui équilibre, le compas de l’ouverture jusqu’à 90° pour ne pas s’éloigner de la droiture de l’équerre, le fil à plomb qui rappelle que toutes les choses d’ici-bas sont semblables à celles d’en haut. Tous les outils symboliques sont nécessaires au maçon, leur cohésion forme un tout.
Ainsi donc la franc-maçonnerie, n’est ni une religion, ni une philosophie particulière, ni un parti politique, mais il n’y a pas d’incompatibilité à être à la fois franc-maçon et adepte d’une religion, d’une philosophie ou membre d’un parti politique.
La franc-maçonnerie concentre le meilleur de toutes ces choses. Ainsi le franc-maçon trouve sa place au centre entre la rigueur de l’équerre et l’ouverture du compas, il est un point de jonction.
Frithjof Schuon écrit à ce propos :
« Celui qui adhère à un intangible credo religieux, philosophique, scientifique ou politique, a tort de se diriger vers la Porte du Temple : il ne pourra se comporter qu’en intrus, s’il est admis à franchir le seuil du sanctuaire voué à la recherche d’une vérité strictement impartiale, excluant tout préjugé et toute doctrine formulée d’avance. Celui qui reste ancré dans son système, sera toujours prisonnier d’idées et de concepts ; il démontre ainsi qu’il n’a pas soif d’indépendance, qu’il ne désir pas s’émanciper, qu’il ne serait se passer de tutelle, qu’il n’est pas un homme libre, condition indispensable pour aspirer faire partie de la fraternité des Maçons libres.
Des préoccupations d’ordre pratique ont ainsi fait perdre de vue la liberté spirituelle qu’implique une mort libératrice conduisant à une nouvelle naissance. Pour se dire initialement né libre, il faut s’être affranchi de l’esclavage profane.
Tant que les illusions nous retiennent captifs, nous ne jouissons pas de l’indépendance nécessaire pour chercher notre libre orientation vers le vrai.
Prisonniers du convenu, de ce qui est passivement admis dans notre milieu, notre époque, nous ne pouvons nous associer aux esprits émancipés ayant l’ambition de découvrir par eux-mêmes une vérité qu’ils refusent d’accepter d’autrui.
Se dégager de la mentalité de cette foule, équivaut à sortir des rangs du troupeau : c’est renoncer à la lueur conventionnelle qui éclaire une collectivité, pour s’enfoncer dans la nuit à la recherche de la vraie lumière. »
Si l’on suit les principes de la franc-maçonnerie, l’on mesure l’ampleur de la tâche, le chemin long de l’initiation, la persévérance nécessaire.
Comment y parvenir ! Par un lent travail sur soi, par la réalisation d’une véritable metanoïa, une transformation, qui fait souvent avouer aux maçons, mes proches me disent, que j’ai changé. C’est par la pratique, par la voie initiatique, par le travail en profondeur de son soi, par le travail d’élévation de sa conscience. C’est prenant contact avec son inconscient personnel, en s’ouvrant aussi à l’inconscient collectif que l’on réalise cette metanoïa que Carl Gustav Jung appelle l’individuation. C’est cette métamorphose de l’être, de son être intérieur, la recherche de son maître secret, de son maître intérieur que décrit si bien Marie Madeleine Davy.
Porter son regard sur cette belle fleur de lotus qui s’ouvre éclatante à la lumière du matin, couverte de rosée céleste et se souvenir qu’elle est née dans des eaux boueuses est un beau signe d’espérance. On la retrouve cette fleur dans les chapiteaux qui ornent les colonnes d’entrée du temple.
C’est une véritable conversion du regard sur toutes les choses qui s’illumine par la force de l’esprit. C’est au-delà du rationnel, de l’orgueil intellectuel. Oswald Wirth parlait ainsi aux jeunes initiés commençant leur route vers la lumière :
« …C’est par ses facultés intellectuelles que l’homme se distingue de l’animal. La pensée le rend libre : lui donne l’empire du monde. Pensez c’est régner. Mais le penseur doit toujours être un être d’exception. Autrefois, l’homme eût le temps pour d’abandonner au recueillement, et s’est perdu en rêve ; de nos jours, il tombe dans l’excès inverse. La lutte pour la vie l’absorbe, au point qu’il ne lui reste pas de temps pour méditer avec calme et cultiver l’art de penser.
Cependant, cet Art appelé le Grand Art, l’Art Royal ou Art par excellence, il revient à la Maçonnerie de le faire revivre parmi nous.
L’intellectualité moderne ne peut continuer à se débattre entre deux enseignements qui excluent, chacun d’eux, le penser : entre les églises basées sur une foi aveugle et les écoles qui décrètent les dogmes des nouvelles sciences scientifiques. Étant donné que tout conspire pour nous éviter, à nous les contemporains, la peine de penser, il est indispensable qu’une institution puissante ranime le flambeau des traditions que nous oublions. Nous avons besoin de penseurs, et ce n’est pas notre enseignement universitaire qui peut les former. Le penseur n’est pas l’homme qui sait beaucoup. Ce n’est pas celui qui a la mémoire surchargée de souvenirs qui l’embarrassent. C’est un esprit libre, qu’il n’est pas nécessaire de catégoriser ni d’endoctriner.
Le penseur se fait lui-même. La Maçonnerie le sait, raison pour laquelle elle évite d’inculquer des dogmes… »
Cette vision de la Maçonnerie de Oswald Wirth, à son époque, conserve toute sa valeur et met en exergue notre époque et ses travers, les dogmes religieux, scientifiques, le renoncement des individus à leurs libertés, la vacuité des universitaires, les surcharges inutiles de nos esprits, notre soumission au trans humanisme à l’intelligence artificielle, qui bientôt remplacera l’homme par application sur smartphone. La Maçonnerie a donc un avenir !
J’anticipe, j’en arrive a balbutier le pour quoi de la quête initiatique. Cela tient à l’indicible, à l’innommable, qui n’est pas le méprisable du profane, mais la Lumière secrète qui brille dans le cœur de l’initié.
Le pour quoi, c’est ce désir du réel, du vrai, du bien, du beau. C’est cette utopie, de ce qui est au-delà de la raison. C’est la vision du chevalier de l’esprit qui met le genou à terre dans l’attente du souffle de l’adoubement. C’est ce rêve d’une nuit remplie d’étoiles que l’on voudrait toutes suivre dans leur course. C’est aussi le sourire de ceux que l’on aime, les larmes de joie de la mère retrouvant son enfant. C’est le simple partage du pain avec ses sœurs et ses frères. C’est le souhait exprimé par Fermin Vale Amesti alias Albanashar Al-Wali :
« Que la lumière maçonnique, accentuée par ton propre effort de recherche, te permette, comme aux rois mages de la sage légende, de te guider par la lumière de l’étoile de l’intuition, afin que tu puisses t’approcher du merveilleux endroit où se trouve la caverne dans laquelle vit l’être véritable. Quand tu l’auras obtenue en toi, l’étoile du matin se lèvera en ton intérieur, te parlera le langage du cœur, et la perception de la vérité s’établira en ton âme….
Pour quoi enfin ! Pour pouvoir lire en toutes circonstances le livre de la vie avec les yeux du cœur. Être en harmonie avec le cosmos, par la pratique d’une ascèse spirituelle qui n’est pas une morale profane, ni un puritanisme religieux, ni une mièvrerie banale. Mais une force, un réveil, l’installation d’une paix intérieure, d’une beauté intemporelle, insoupçonnée, qui n’était qu’à l’état d’intuition et qui se révèle être une joie sans limite, la joie de l’amour fraternel.
Il y a une forme de risque, de paradoxe dans la persévérance, cette qualité qui n’est pas reconnue comme une vertu, mais qui renforce les vertus de fidélité et de courage. Avec une dose de tempérance associée au travail, elle ne peut pas devenir de l’obstination.
L’injonction faite à l’apprenti franc-maçon travailler persévérer. Est un rappel à ses serments de fidélité, fidèle à lui-même, à l’ordre, à la mémoire des anciens, à la mémoire des traditions. La persévérance est donc un choix, elle devient notre compagne sur le chemin. C’est cette persévérance à faire le bien, à faire bien, qui permet de construire sa vie, de lui donner un sens, une direction.
Cybèle
Bien sûr il est des moments de désespérance, ce sont les moments ou le maniement de l’équerre est indispensable, pour pouvoir persévérer, se stabiliser dans la direction choisie, lentement pour ne pas succomber à l’orgueil, il faut refaire sans cesse le chemin, sinon pourquoi le symbole du labyrinthe. Les chemins étroits, les portes basses, les ponts difficiles à franchir ont besoin de notre persévérance.
Il faut parfois prendre des chemins différents de ceux des autres, se laisser guider par son intuition et sa conscience, au risque d’être incompris. Les braves gens n’aiment pas que - L’on suive une autre route qu’eux. (Georges Brassens)
L’observation de la nature, son éternel recommencement, donne du courage, de la force à notre persévérance. Le parfum des fleurs, le chant des oiseaux étouffé dans nos villes par le vacarme, le désordre de notre vie moderne, ces jours-ci reviennent. L’on se surprend alors à crier : Ah, seigneur mon Dieu ! J’avais oublié. Comme nous avions oublié trop souvent le bonheur, la joie de la fraternité, nous nous rendons compte combien nous manquent nos étreintes, nos accolades fraternelles.
C’est bien une période où nous devons persévérer, garder à l’esprit que l’on n’arrête pas le fleuve de lumière qui coule toujours. Notre chaîne d’union ne peut-être brisée par le temps, nos sœurs et nos frères sont toujours présents.
Astarté
Cela me rappelle un discours sur la Persévérance du 16 septembre 1993 prononcé lors d’une réunion par A. D, discours où se mêlent les traditions mythiques et la nature. Vingt-sept ans après il reprend une certaine acuité.
« Mon frère, la nature ne te connaît pas ou elle ne te connaît plus. Elle est veuve de toi. C’est peut-être la Grande Veuve à cause de cela. Déméter au nom d’aïeule, Cybèle au nom d’été, Astarté au nom de lune, Isis au nom d’Égypte, ou Aphrodite au nom d’amour, elle t’a perdu toi le grain noirâtre au fond d’un trou d’humus, mais à l’intérieur nanti de toutes tes capacités ; c’est par le travail que tu vas acquérir ta véritable identité pour fleurir de nouveau à la Lumière.
Puisque nous citons la mythologie et quelle est si tenace et persistante dans nos rêves et nos méditations et si persévérante dans la Tradition, laissons-nous aller à l’évocation magique du berceau de Zeus, suspendu entre ciel et terre, dans les branches d’un peuplier par la nymphe Héliké, devant la caverne initiatique du mont Ida crétois. Soyons aussi des Dieux, comme Zeus, attentifs et éternels, et citons encore ces vers d’Homère, pour déjouer malicieusement cette autre image de la persévérance qu’est la tapisserie que tisse inlassablement Pénélope et pour ne pas nous attarder à cette fidélité certes touchantes mais soumise, ainsi le mâle Ulysse décrit la façon dont il avait construit son lit :
« Dans l’enceinte de la cor avait poussé une tige d’olivier. Avec ses feuilles étroites, il était dru et verdoyant, et son tronc avait la largeur d’une colonne. Tout autour je traçai la chambre et la bâtis en blocs étroitement joints. Je la couvris d’un bon toit. Je lui fis des huisseries de bois massif que j’ajustai fortement. Ensuit, je coupai la frondaison de l’olivier aux strictes feuilles. Taillant le tronc depuis la souche, je mis tout mon soin à le bien équarrir en suivant le fil à plomb et j’en façonnai l’unique pied d’un lit. Puis avec une tarière je le perçai de toutes parts. Sur ce support je montai la menuiserie du lit, que je décorai d’appliques d’or, d’argent et d’ivoire. Je tendis enfin une sangle de cuir, toute brillante de pourpre. »
Bel exemple de persévérance, qui peut nous inspirer pour la construction de nos temples intérieurs. Cette persévérance en ces moments difficiles doit nous permettre de combattre la mort.
ISIS
En cette période où nous ne pouvons pas joindre nos mains, est propice pour nous rappeler, l’indispensable persévérance à participer humblement au grand œuvre, en répondant présent dans le monde, ou encore en loge dès que cela sera possible.
Nous rappelant qu’il n’est pas nécessaire de réussir pour persévérer. Mais que nous devons garder en nous l’espérance, pour que la joie soit toujours dans nos cœurs.
Jean-François Guerry.
Aphrodite
CITATIONS LA PERSÉVÉRANCE
La vie n'est facile pour aucun de nous. Mais quoi, il faut avoir de la persévérance, et surtout de la confiance en soi. Il faut croire que l'on est doué pour quelque chose, et que, cette chose, il faut l'atteindre coûte que coûte.
Marie Curie.
Ce que j'aime en toi, c'est que tu continues tes travaux avec persévérance et âpreté, choses rares à notre époque où petits et grands ne travaillent que par fragments, sans avoir les uns ni la vue, les autres ni le courage de l'ensemble. Citation de Gustave Flaubert ; Lettre à Emmanuel Vasse, le 4 juin 1846.
Quand vous avez fait une bonne œuvre, ne sentez-vous pas au dedans de vous-même quelque chose qui vous remue délicieusement ? Que peuvent donc contre vous les dénégations sarcastiques de l'incrédulité ? Le sentiment n'est-il pas une évidence ? Vous avez fait du bien, vous en avez été payé par une joie intérieure, c'est là une récompense bien réelle. On vous en promet une plus grande encore si vous persévérez. Persévérez donc, votre première récompense vous garantit la dernière. Citation de Alfred Auguste Pilavoine ; Les pensées, mélanges et poésies (1845)
Savoir clairement ce qu'on veut, ce qu'on peut, ce qu'on doit facilite beaucoup la vie et donne du goût à la bataille. Mais ce qui nuit autant que le défaut d'ordre, c'est le manque de persévérance et de continuité. Si tu ne sais pas additionner tes efforts, tes idées, tes élans, par conséquent ton travail s'émiette, ta pensée se disperse, ta volonté s'évapore. Citation de Henri-Frédéric Amiel ; Journal intime, le 17 octobre 1873.
« À l’encontre de ce que prétendent certains chercheurs scientifiques, la science infuse n’est pas une infusion de feuilles de scientismes, ni une tisane de racines carrées de plantes de culture maraîchère universelle. »
« Quand un problème ne se pose plus, c’est qu’il a trouvé, en son état de vol, sa solution idéale. »
Le dernier pour la route :
« Grâce aux progrès de la médecine, il est aujourd’hui plus facile de guérir un embarras gastrique qu’un embarras de la circulation. »
« Les symboles sont des portes ouvertes sur les réduits occultes de l’âme. »
Basil Ivan Rákóczi.
Le verbe se conjugue comme connaître. Il inclut l’acte de connaissance, c’est un verbe dynamique, actif. L’on comprend sa signification d’abord par son origine latine recognoscere, retrouver rappeler à sa mémoire. C’est aussi immédiatement en tirer les conséquences, faire un examen critique de ses actions.
Le verbe reste lié à la connaissance de ce qui est, comme un retour au réel. C’est une opération fondamentalement intellectuelle, l’esprit reconnaît un objet, une chose, une action en reliant des images. Reconnaître c’est donc se lier à, faire reliance avec, et ce d’une manière certaine et véritable. Reconnaître s’est se confronter à la Vérité.
Les mots des francs-maçons sont des symboles sonores qui résonnent dans leur cœur, ils enrichissent les rituels, les francs-maçons se reconnaissent à travers ces mots, ils symbolisent les vertus qu’ils se sont engagés à pratiquer.
« Êtes-vous maçon ? Tous mes frères me reconnaissent comme tel. »
Dans une conversation entre maçons, l’on entend souvent l’expression : je te reconnais bien là ! Un peu comme ceux qui sont du même pays. Ils sont nés au même endroit, ont connu les mêmes épreuves et les mêmes joies.
Reconnaître c’est se relier à la vérité et à la lumière, c’est reprendre conscience, reprendre sa conscience en main, oublier son arrogance, faire preuve d’humilité.
Dans une société de la vitesse et de l’immédiateté, nous peinons à reconnaître nos erreurs, quant à la reconnaissance nous la noyons dans un flot de paroles, rarement suivi d’actes et de retour d’expérience, on oublie de reconnaître vraiment, c’est-à-dire la vérité, l’orgueil passe d’abord.
En ce moment l’on applaudit aux fenêtres dans un élan d’émotion, l’on redécouvre l’altérité, l’on se rend compte que notre cœur bat toujours, il était prisonnier en cage comme nous le sommes actuellement. Nos applaudissements sont les battements d’ailes de notre cœur qui veut se montrer, renonce à la pudeur. Ce qui passait pour de la mièvrerie, devient de la fraternité. Il nous reste à conclure avec la solidarité.
Reconnaître les êtres pour ce qu’ils sont et non pour ce qu’ils ont.
Reconnaître pour les francs-maçons, c’est aussi re naître, c’est-à-dire s’initier.
En cette période de confinement nous avons le temps de reconnaître, de confirmer, d’admettre, d’accepter. Que nous nous sommes trompés sur le sens de la vie que nous avons privilégié le superflu par rapport à l’essentiel.
Reconnaître que nous avons trop ignoré non pas ceux qui sont « utiles » comme l’a dit notre président. Car enfin ils ne sont pas des ustensiles dont on se sert quand on en a besoin ! Mais ce sont des femmes et des hommes, au milieu et aux bouts de la cordée, maillons d’une chaîne dans laquelle nous sommes tous. Ils ont droit a être reconnus comme tels, en eux est la force qui nous soutient. Ils font partie de la grande loge universelle de l’humanité.
On les reconnaît à leurs œuvres. Ils sont les symboles vivants de ce qu’il y a de mieux dans l’homme. Ils font briller la lumière dans les ténèbres, ils ne parlent pas de morale, d’éthique et de vertu, car pour eux cela est naturel ils font leur devoir. Ils sont des exemples, ils sont du pays, ils font le pays, ils sont notre pays.
Je nourris avec vous l’espérance, qu’une fois l’orage passé, quand l’arc sera à nouveau dans le ciel, nous saurons leur témoigner notre reconnaissance par des actes, comme eux ont agi pour nous.
C’est à eux que je dédie ce modeste témoignage, à eux tous qui ont l’œil du cœur, et qui portent aujourd’hui le fardeau de nos erreurs et de nos ignorances, avec leur courage et leur amour fraternel.
Nous déplorons la fin de l’abécédaire de Hervé le Marseillais. Je vous propose quelques bons conseils politiques de Pierre Dac.
« Si gouverner c’est prévoir, prévoir c’est voir de loin. Ne serait-ce que pour y regarder ensuite de plus près. »
Un peu dur mais !
« S’il existait une école de la politique, les locaux devraient être édifiés rue de la Santé. Les élèves pourraient s’habituer. »
Encore plus dur !
« La devise du vrai politicien, c’est bon à tout, propre à rien. »
C’est pourquoi sans doute les partis ne produisent plus rien !
« La politique des partis fatigue les organes génitaux de la politique. »
On n’est jamais mieux servi que par soi-même !
« Avez-vous remarqué que lorsqu’un homme d’État se félicite de certains résultats obtenus, il est à peu près le seul à le faire. »
Il faut être clair en politique pour être crédible.
« Si la France est une dans sa diversité, il va de soi que sa diversité est une dans la dispersion de son unité. »
Vous avez votre week-end pour réfléchir, surtout sur la dernière réflexion de Pierre Dac, sans oublier que le centre est au milieu, la gauche et la droite de chaque côté du centre ; et que
« Le carré de l’hypothénuse parlementaire est égal à la somme de l’imbécillité construite sur ses deux côtés extrêmes. »