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la Franc Maçonnerie au Coeur

la Franc Maçonnerie au Coeur

Un blog d'information, de conversations sur le thème de la Franc Maçonnerie, des textes en rapport avec la Franc Maçonnerie, comptes rendus et conseils de lectures.

Publié le par Jean-François Guerry
Alain Finkielkraut

Alain Finkielkraut

LE CŒUR LOURD
Chronique de la fierté d’une assimilation

Je l’avoue sans pudeur, j’ai de l’affection pour Alain Finkielkraut. J’aime sa posture physique, qui n’est pas feinte et fait voir une certaine fragilité, une humilité, puis soudain comme un volcan il fait jaillir les mots justes de son indignation, face aux événements de la vie et qui meurtrissent son esprit. Il crie alors sa vérité, comme une douleur physique, mémoire de son passé qui resurgit de ce volcan jamais éteint.

Il ne laisse pas indifférent dans un monde, de l’immédiateté ou tout retombe dans l’indifférence au gré de la multiplicité des messages sur les réseaux sociaux, qui ne nourrissent que des feux de paille, la postérité des idées se consume comme les hamburgers dans les fast-food.
Je ne suis pas toujours d’accord avec ses idées, modestement dans un monde où tout est prêt à consommer, j’essaye en suivant son exemple de sortir du prêt à porter des idées toutes faites. J’essaye comme lui sur les traces des Lumières de m’efforcer de penser par moi-même. Car dans un monde où tout évolue si vite, parfois trop vite. La question se pose est-ce que l’important c’est notre pensée, ce que l’on pense ou d’avoir la capacité de toujours penser par soi-même. C’est-à-dire de sortir de notre minorité, de nos préjugés, de nos habitudes pour tenter toujours d’atteindre notre majorité. Tenter de remettre en question nos certitudes en ayant la capacité d’abord d’entendre l’autre et le plus souvent possible de l’écouter sans pour autant renoncer à ses idées, mais in fine d’être un peu mieux éclairé. Ne sommes-nous pas à la recherche constante de la vérité et de la Lumière, conscient que nous ne pourrons jamais les atteindre, mais dans l’espérance d’en frôler un jour les limites, d’être au plus près du supra sensible qui est l’invisible.

Finkie ! Depuis 1985 nous offre avec son émission Répliques en direct sur France-Culture, nous offre un espace de respiration hebdomadaire. Un espace public, comme un paradoxe en dehors de l’agitation du monde : « Une conversation libre et prolongée sur des problèmes philosophiques, sociaux, historiques, politiques ou littéraires, ainsi que des questions d’actualités ». Ce qui fait l’intérêt de cette émission c’est que la parole circule de manière ordonnée, respectant ainsi les opinions des participants. Selon Finkie ! Le guide de son émission c’est Montaigne : « Quand on me contrarie, on éveille mon attention et non ma colère. Je m’avance vers celui qui me contredit, qui m’instruit. La cause de la vérité devrait être la cause commune à l’un et à l’autre ».  

Cette simple énonciation à laquelle se soumettent les invités de Répliques, permet de nous enrichir toute analogie avec la méthode maçonnique est pertinente, à l’exception que la dualité est transformée en unité par la triangulation de la parole. La liste prestigieuse des invités à Répliques et leur diversité, démontre que leur hôte ne saurait être assigné dans les opinions extrêmes. Finkie ! A des opinions fermes, sa qualité rare est de nommer les choses, il n’est pas un homme de la langue de bois, il a le courage de dire. Il aime la langue française, c’est la moindre des choses pour un académicien. 
         Son dernier ouvrage paru récemment : Le Cœur Lourd, est celui qui touche le plus à l’intime de l’auteur. J’ai sélectionné pour vous quelques-uns de ses bons mots, à savourer avec gourmandise, péché véniel pour lequel j’implore votre pardon. Ces quelques mots si lourds à son cœur, sont tombés dans le mien. Sur ces quelques, je ne ferais pas de commentaires, comment le pourrais-je d’ailleurs ! Je vais simplement au fil du temps les égrener, les semer, pour que si tel est votre désir, vous puissiez les mâcher, les remâcher, les ruminer, allusion ici à son amour pour les vaches.
  

 Je vais commencer ma pêche aux bons mots, dans la préface de son livre rédigée par son interlocuteur Vincent Trémollet de Villers. 

    A la question qui lui était posée au moment de la mort de Michaël Jackson par un journaliste de France-Inter : « Que vous inspire la tristesse mondiale que provoque la mort du chanteur le plus populaire de tous les temps ? »    Après un silence, un souffle fébrile, il prononce ces mots un peu gênés qui s’étendent syllabe après syllabe : « J’éprouve un sentiment de désappartenance… »     
    Dans le continent monde de Finkielkraut, les habitants sont Heidegger, Levinas, Kundera, Roth. « C’est un continent exotique où règnent l’intelligence subtile, le goût de l’insatiable du Khâgneux pour les choses de l’esprit, la passion de la controverse et le souci permanent d’améliorer le monde par l’engagement, l’intervention, le manifeste ».  Ce déçu de la gauche, ce nostalgique de l’ancienne gauche, a laissé son cœur en dépôt dans les rayons de celle-ci. N’en déplaise à tous ceux qui espèrent le convertir dans l’extrémisme. « Les esprits étroits disent qu’il est passé à droite. C’est faux. Finkielkraut reste de gauche, mais une gauche disparue, celle de Jacques Julliard, François Furet, Pierre Nora, Michel Foucault, Elisabeth Badinter… » 

                Jean-François Guerry.


Note : Je n’ai pas voulu ici, exprimer une quelconque opinion politique, mais rendre un humble hommage à l’homme de lettre, philosophe et écrivain. Un amoureux, défenseur de la France et de la langue française. Membre de notre Académie Française.

              
 

LE CŒUR LOURD
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Publié le par Jean-François Guerry
CHOC DES LUMIÈRES, CHOC INITIATIQUE !
Photo de constant_lb sur Unsplash

CHOC DES LUMIÈRES, CHOC INITIATIQUE !

 

Soudain un coup de tonnerre ! Un coup de tonnerre qui stupeur ne vient pas du ciel mais de la Terre, une inversion de paradigme. Le 14 juillet 1789, ce jour-là rompt la chaîne de nos habitudes et nos préjugés, la Liberté prend la place de Dieu ou de la nature. Notre vie quotidienne est bouleversée, à un tel point que Kant éprouve le besoin de sortir de chez lui pour acheter un journal. Il a eu sans doute l’intuition que ce qu’il avait écrit en décembre 1784 dans la Berlinische Monatsschriff en réponse à la question : Qu’est-ce que les Lumières ? Était en train de se réaliser. L’homme sortait de sa « minorité », et avait eu le courage de commencer la conquête de sa liberté de conscience. Le règne des Lumières, de l’Aufklärung que l’on peut aussi traduire par l’éclaircissement était arrivé. L’humanité naissait, sortait des ténèbres de l’obscurantisme, la Raison s’imposait. Kant, conscient de la finitude de l’homme et donc des limites de la Raison ne renonce pas pour autant à son examen et plutôt que de l’enfermer dans des bornes en regarde et approche les limites. Il invente la critique de la raison.

Il renvoie dos à dos les dogmatiques qui pensaient pouvoir atteindre le suprasensible au-delà de l’expérience que la Raison ne peut connaître, et les sceptiques qui se défient de la Raison. Il prône l’audace et le courage de la maîtrise de la Raison et de sa critique.

L’analogie avec le dessillement des yeux du profane, avec les trois premiers pas de l’Apprenti, avec le balbutiement de la parole de la parole sacrée est fulgurante. C’est un choc initiatique. En 1781, Kant, dans La Critique de la Raison pure voit dans le premier pas comme dogmatique enfantin, l’homme est dans sa minorité. Avec son second pas il est sceptique, il témoigne de sa circonspection. Il faut donc lui montrer et lui faire faire le troisième pas, c’est l’enseignement du Rite qui va le conduire vers l’âge adulte, l’âge de sa maturité, l’âge mûr et de son universalité dans l’unité inattaquable.

Le Franc-maçon, n’impose pas de bornes à sa raison, il en connaît les limites et il s’en approche en faisant 3,5,7 pas et plus. Avec Kant, nous ne sommes pas dans la métaphysique dogmatique, nous devons aussi éviter le vertige sceptique du on ne sait vraiment rien. Il nous incite, à ne pas fixer sa résidence et ne pas faire de sa Raison une résidence, être capable de la critiquer c’est toute sa méthode. C’est être majeur, mûr et nous dirions Maître. Ne pas renoncer aux idées tout en étant ouvert au doute constructeur. Faire face à nos idées en y intégrant l’expérience, être aussi conscient que tout savoir ne vient pas de l’expérience. Agir en conscience face à notre Tribunal intérieur, qui est le Tribunal de la Raison de Kant qui nous intime à faire que nos jugements aient une valeur universelle, hors des champs du dogmatisme et du scepticisme. Ceci demande : courage, travail et persévérance. C’est pourquoi, la Franc-maçonnerie est une ascèse initiatique.

Puisque notre Raison prend acte de notre finitude, est-ce qu’il y a un sens à parler et rechercher l’existence de Dieu ou d’un Grand Architecte ? Oui puisque la Raison, nous porte à nous interroger sur ce qui nous dépasse, elle nous incite à ne pas borner notre savoir, mais à tendre vers la limite de celui-ci. En ce sens nous pouvons dire que Kant considérer comme un personnage austère, qui paraît-il n’avait pas de maîtresse, en avait au moins une comme le dit Michaël Fœssel : c’est la métaphysique. L’homme est habité par le transcendantal au quotidien.

Si, l’on revient à la définition des Lumières de Kant évoqué ci-avant, on peut y discerner une analogie avec l’initiation maçonnique.

« Qu’est-ce que les Lumières ? La sortie de l’homme de sa minorité dont il est lui-même responsable. » [1]L’homme courageux qui veut donner un sens et du sens à sa vie frappe à la porte du Temple, en cherchant. Il en faut du courage, pour rompre avec la facilité de ses habitudes, avec notre tendance à la paresse intellectuelle et spirituelle. Nous avons la faculté d’entendement et donc c’est bien de notre faute si nous n’en faisons pas usage. La cause de notre minorité : (…) réside non dans un défaut d’entendement mais dans un manque de décision et de courage de s’en servir sans la direction d’autrui. Sapere aude ! (oser penser) Ait le courage de te servir de ton propre entendement. Voilà la devise des Lumières ».[2]

L’initiation est une succession de passages d’un état à un autre état, cela suppose un renoncement à la paresse et la lâcheté. La majorité des hommes ne font pas le premier pas, ni le deuxième et encore moins le troisième. C’est à leurs signes paroles et attouchements que l’on reconnaît les enfants de la Lumière, des Lumières. On ne peut pas demander à un tuteur de marcher à notre place, il ne peut que nous soutenir, nous servir temporairement de béquille. Il est dangereux, par manque de courage de déléguer nos actions et nos pensées à des tuteurs, ils se poseront inévitablement en Maître de l’humanité. Ils seront nos tyrans, nos despotes, nos dictateurs. Ils nous empêcheront alors comme le dit Kant de faire le moindre « pas hors du parc »,[3] nous ne serons que du bétail.

Kant, ne nie pas l’effort que doit fournir l’individu pour atteindre sa majorité, il faut subir plusieurs épreuves initiatiques pour être initié, c’est à ce prix que l’on passe d’un état à un autre état. Après avoir subi les épreuves nous pouvons entendre : « Puisqu’il en est ainsi, qu’il passe… » [4] Celui qui n’est pas habitué à penser par lui-même, traine des boulets à ses pieds et avance péniblement vers la voie de la Vérité, il n’est pas libre. Comme cela est difficile Kant suggère, comme le fait la Franc-maçonnerie que le chemin est plus facile dans un cadre collectif, Kant dit : « Mais qu’un public s’éclaire lui-même, rentre davantage dans le domaine du possible, c’est même pour peu qu’on lui laisse la liberté, à peu près inévitable ». En effet l’intérêt du collectif, en l’occurrence sa loge pour le Franc-maçon, est que c’est un lieu où il rencontrera des hommes qui ont fait le chemin, son déjà sortis de leur minorité et peuvent répandre : « (…) l’esprit d’une estimation raisonnable de sa valeur propre et de la vocation de chaque homme à penser par lui-même ».[5] Nous devront néanmoins toujours être vigilants à ce que ces hommes mûrs ne propagent pas des préjugés, cet écueil étant par nature évité car les hommes ayant acquis dans le collectif et par le collectif leur majorité, sachant dès lors penser par eux-mêmes ne pourront plus être abusés. Kant, souligne que le collectif ne pourra acquérir cette liberté de penser que progressivement d’où l’importance de la transmission de la tradition et « d’institutions justes » comme le disait Paul Ricœur.

  Kant, ne propose pas avec l’usage de sa liberté propre individuelle, une liberté totale collective (public). Il dit : « Raisonnez autant que vous voudrez et sur tout ce que vous voudrez, mais obéissez ! Il y a partout limitation de la liberté. Mais quelle limitation est contraire aux lumières ? Laquelle ne l’est pas, et, au contraire lui est avantageuse ? - Je réponds l’usage de notre raison doit être libre, et lui seul peut amener les lumières parmi les hommes ; mais son usage privé peut être très sévèrement limité, sans pour cela empêcher sensiblement le progrès des lumières ».[6] On sent là, soit une forme de contrainte liée à la temporalité de son discours, soit une volonté de préservation des intérêts d’une institution (Je dirais pourvu qu’elle soit juste). On touche là au problème de l’allégeance et de la réciprocité que cette allégeance impose à ceux qui ont prêtés serment d’allégeance, de fidélité dans l’honneur. On est là, dans l’application non pas du premier pas dogmatique, mais du second pas maîtrisé. Kant précise cependant : « Mais, en tant que savant, il a pleine liberté, et même plus : il a la mission de communiquer au public toutes ses pensées soigneusement pesées et bien intentionnées sur ce qu’il y a d’incorrect dans ce symbole et de lui soumettre ses projets en vue d’une meilleure organisation de la chose religieuse et ecclésiastique ». Kant fait ici référence à un prêtre chargé d’enseignement au nom de son église envers ses catéchumènes et sous le règne de l’église qu’il sert. Il agira ainsi par délégation reconnaissant qu’il n’est pas complétement impossible que dans ces enseignements il se trouve une vérité cachée, et au moins que rien ne s’y trouve qui contredise la religion intérieure. Dans le cas contraire, il devrait se démettre de ses fonctions. Une telle analogie est valable pour un Franc-maçon et l’Ordre initiatique auquel il a fait allégeance. Des tuteurs spirituels ne peuvent être eux-mêmes mineurs.

Une institution ne peut pas légiférer ad vitam æternam, selon Kant, ce serait éterniser une tutelle, ce serait nier les progrès de la connaissance humaine. « Un peuple accepterait-il de se donner lui-même une pareille loi ? ».[7] La loi a pour but de maintenir l’ordre et est valable si elle est apte à recevoir les critiques et dans l’attente d’une meilleure loi. En conséquence tous les clercs et les hommes peuvent critiquer une loi et travailler à la rendre meilleure pour l’humanité.

Kant, évoque la responsabilité de l’homme de Devoir. En effet on peut ajourner l’acquisition d’un savoir que l’on doit posséder. « Mais y renoncer, que ce soit pour sa propre personne, et bien plus encore pour la postérité, cela s’appelle voiler les droits sacrés de l’humanité et les fouler aux pieds ». Il sacralise la liberté du peuple pour peu quelle soit liée à l’impératif catégorique du Devoir moral, qui doit faire que chaque maxime personnelle soit également valable au niveau universel. Il loue par ailleurs Frédéric reconnaissant en lui : « Un despote éclairé » respectueux des idées de son peuple. « Pourvu seulement qu’il veille à ce que toute amélioration réelle ou supposée se concilie avec l’ordre civil, il peut pour le reste laisser ses sujets faire de leur propre chef ce qu’ils trouvent nécessaire d’accomplir pour le salut de leur âme ; ce n’est pas son affaire, mais il a celle de bien veiller à ce que certains n’empêchent point par la force les autres de travailler à réaliser et hâter ce salut de toutes les forces en leur pouvoir ». On peut deviner là, l’idée de la loi sur la laïcité française qui ne verra le jour qu’en 1905, soit largement plus d’un siècle plus tard.

         Ce qui compte donc ce sont les premiers pas ! Le commencement à la question qui fut aussi en creux posée à Kant en 1784 : « Vivons-nous actuellement dans un siècle éclairé ? », voici sa réponse : « Non, mais bien dans un siècle en marche vers les Lumières ». Et il rajouta : « Il s’en faut encore de beaucoup, au point où en sont les choses, que les humains, considérés dans leur ensemble, soient déjà en état, ou puissent seulement y être mis, d’utiliser avec maîtrise et profit leur propre entendement, sans le recours d’autrui, dans les choses de la religion ».[8] On ne peut que constater que ce constat est encore valable de nos jours. Pourtant, le choc des Lumières a provoqué un choc initiatique, des hommes se sont mis librement en marche ont fait les pas nécessaires pour sortir de leur minorité, ils ont été éclairés par la justice, la loi et par l’amour fraternel, ils se sont réunis en un collectif humaniste et spirituel. Ces hommes épris de justice, ont travaillés à leur perfectionnement et face aux événements ils s’efforcent de réagir en faisant appel à leur conscience, à leur tribunal intérieur, que Kant qualifie de tribunal de la raison.

         Pour ces hommes, progressivement le champ devient libre pour exercer librement leur Devoir envers eux-mêmes et les autres. Le chemin de leurs devoirs devient de plus en plus facile, les obstacles sur le chemin de la Lumière s’estompent peu à peu. Ce sont les premiers pas qui sont toujours les plus difficiles.

         Kant voyait en Frédéric,[9] un prince éclairé par les Lumières. Un prince ne prescrivant rien aux hommes dans les affaires de la religion, mais leur laissant leur libre choix, leur pleine liberté. Il sortit le premier le genre humain de sa minorité. C’est pourquoi, aussi la Franc-maçonnerie s’interdit toutes les discussions et polémiques religieuses en sont sein, sans empêcher les hommes dans leurs pratiques et leurs convictions religieuses les considérant comme majeurs, c’est l’affaire de leur conscience et de leur propre raison. Kant affirme sa croyance dans la perfectibilité humaine qui peut s’épanouir par la grâce de leur liberté. « Les hommes se mettent d’eux-mêmes en peine peu à peu de sortir de la grossièreté, si seulement on ne s’évertue pas à les y maintenir ».[10] Ainsi le profane qui demande à être éclairé ne craint rien, il ne redoute plus l’obscurité des ténèbres, il sait que ses Frères l’attendent avec toute la bienveillance et la tolérance nécessaire. Les premiers pas effectués, son premier travail réalisé sur la Pierre Brute, il sortira de sa minorité, en sculptant sa personnalité.

         Dans notre siècle l’individualisme et la liberté individuelle prend le pas sur la liberté civile collective. Les libertés des minorités doivent être protégées, elles doivent pouvoir s’exprimer. Doivent-elles supplanter la liberté de la majorité des citoyens, ainsi donc le bien commun au profit du bien du particulier ? Kant dans le dernier paragraphe de sa lettre réponse à la question : Qu’est-ce que les Lumières ? écrit : « Un degré supérieur de liberté civile paraît avantageux à la liberté de l’esprit du peuple et lui impose néanmoins des limites infranchissables ; un degré moindre lui fournit l’occasion de s’étendre de tout pouvoir. Une fois donc que la nature sous cette rude écorce a libéré un germe, sur lequel elle veille avec toute sa tendresse, c’est-à-dire cette inclination et sentiments du peuple (ce par quoi le peuple augmente peu à peu son aptitude à se comporter en liberté) et pour finir elle agit même en ce sens sur les fondements du gouvernement, lequel trouve profitable pour lui-même de traiter l’homme, qui est alors plus qu’une machine, selon la dignité qu’il mérite ».

Traiter l’homme comme un sujet digne de respect et non un objet, c’est le projet du personnalisme ou plus exactement de la personnification de l’individu, de l’homme en humain. C’est refuser de faire de l’homme un objet au service du marché, l’homme ne peut pas devenir un chiffre ou une marchandise, ou encore un esclave d’un nouveau genre, celui de l’emprise des techniques et du numérique. Il doit être libre.

Dans notre siècle les Lumières se dégradent, s’obscurcissent, on ne parle plus que d’esprit des Lumières avec nostalgie. L’homme semble retourner à sa minorité, il est dominé, et sous l’influence des réseaux sociaux, des algorithmes, bientôt de l’intelligence artificielle. Plus besoin de penser par soi-même. Nous ne faisons plus que deux pas, celui du dogme numérique et celui du scepticisme poussé à l’extrême par les complotistes vautrés dans leurs canapés et subjugués par leurs écrans. Tout espoir n’est pas perdu quand il reste l’espérance du travail en loge, au dehors des loges pour reconstruire, rénover, le monde le rendre plus lumineux, afin de faire grandir le nombre des hommes libres et de bonnes mœurs, vivant ensemble comme des Frères. Un renouveau du siècle des Lumières, un nouveau choc des Lumières est possible, il ne verra le jour que par l’initiation aux valeurs et vertus humaines, en utilisant les béquilles que sont pour nous les grands initiés et qui nous montrent la voie de l’échelle spirituelle. Cette échelle qui tient debout par ses montants qui sont Amour de Dieu, du Grand Architecte, de la Nature selon votre choix et l’Amour de l’homme, des hommes. Le premier pas est justice et charité, le deuxième pas est force et innocence, le troisième pas est audace de la douceur, cette douceur qui est volonté éclairée. Bon voyage !

 

                                    Jean-François Guerry.

 

    

 

 

[1] Emmanuel Kant – Qu’est-ce que les Lumières. 1784.

[2] Ibid 1.

[3] Ibid 1.

[4] Rituel Maçonnique.

[5] Ibid 1.

[6] Ibid 1.

[7] Ibid 1.

[8] Ibid1.

[9] Frédéric II de Prusse – agnostique à l’origine du Despotisme éclairé.

[10] Ibid 1

CHOC DES LUMIÈRES, CHOC INITIATIQUE !

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Publié le par Jean-Laurent Turbet

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Publié le
IL RESTE QUELQUES PLACES 
CONFÉRENCE À MONTPELLIER 24 FÉVRIER
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Publié le par Jean-François Guerry
ASSASSINAT DE QUENTIN

ASSASSINAT DE QUENTIN

MOURIR POUR DES IDÉES

 

Il est un pays où l’on meurt pour des idées, ce n’est pas la Corée du Nord, ce n’est pas la Chine, ce n’est pas l’Iran, ce n’est pas un pays ou règne la dictature ou le totalitarisme. Ce pays se revendique des Lumières, sur les frontons de ses édifices il est écrit Liberté, Égalité, Fraternité. Dans ce pays l’on peut librement s’exprimer, les religions y sont admises et respectées, les étrangers accueillis mieux que dans la plupart des autres pays, dans ce pays il y a des élections libres, dans ce pays chaque citoyen à droit au respect quel que soit sa couleur de peau, sa classe sociale, et paraît-il son opinion politique.

Parce que dans ce pays : « Celui qui ne parle à un homme, ne parle à l’homme et celui qui ne parle pas à l’homme ne parle à personne ». [1]

Dans ce pays, même dans les écoles, les universités on laisse même s’exprimer les plus extrémistes qui distillent dans les cerveaux des plus jeunes des discours de haines et de violences, en criant pour finir en épilogue de leurs discours : C’est pas moi, ce n’est pas ma faute, c’est la société, c’est l’autre, il faut bien un bouc-émissaire, et puis moi je n’étais pas là sur ce trottoir où en pleine ville on assassine à coups de pied dans la tête un jeune homme de 23 ans promis à la joie, à la vie.

Ce n’est pas ma faute, disait l’arbitre quand Davy Moore est tombé sous les coups de son adversaire, ne montrer pas du doigt, la foule sifflait en voulait pour son argent, il y a d’autres au-dessus de moi, ce n’est pas moi dit le manager, ce n’est pas moi dit le journaliste, c’est la boxe ça fait partie de la vie, c’est la société.[2] Sauf que nous faisons tous partie de cette société, qui tolère de voir un jeune homme mourir pour ses idées. Nous ne pouvons pas dire, ce n’est pas moi, comme tous ceux qui n’ont rien dit : « Quand ils sont venus d’abord chercher les juifs… »[3] Nous avons une responsabilité sans réciprocité vis-à-vis d’autrui, là est la véritable altérité et fraternité, ce jeune qui est mort assassiné sur un trottoir de Lyon, nous sommes collectivement responsables par notre laisser faire.

« Mourir pour des idées, l’idée est excellente. Moi, j’ai failli mourir de ne pas l’avoir eue. Car tous ceux qui l’avaient, multitude accablante, en hurlant à la mort me sont tombés dessus… »[4] L’ami Georges l’a chanté : « Les idées réclamant le sacrifice, les sectes de tout poil en offrent les séquelles. Et la question se pose aux victimes novices : mourir pour des idées, c’est bien beau, mais lesquelles ?

Et comme toutes sont entre elles ressemblantes, quand on les voit venir avec leur gros drapeau. Le sage hésitant, tourne autour du tombeau.

Mourir pour des idées, d’accord mais de mort lente.

En France, on meurt aujourd’hui, pour des idées, ce n’est pas un fait divers, un sentiment, c’est un fait. Nous ne pouvons pas détourner les yeux, face aux propagateurs de haine. On est loin du niveau d’un débat respectueux entre Alain Finkielkraut et Régis Debray dans Répliques sur France Culture, un débat qui élève et qui ne se finit pas dans un bain de sang. Nous devons combattre l’intolérance, avoir la nostalgie de notre France qui rassemble, nous rassemble. Refusons de vivre dans un pays du trop tard, continuons de nous indigner. On ne peut pas, on ne doit pas mourir en France sur un trottoir de Lyon ou ailleurs pour idées au pays des Lumières et de la liberté de penser. On ne doit pas avoir peur de nommer l’innommable. Je voulais écrire ces pauvres mots, pour recoudre un peu le cœur déchiré de Quentin et de ses parents.

 

                                                     Jean-François Guerry.

 

[1] Antonio Machado Poète espagnol.

[2] Inspiré de : Qui a tué Davy Moore.

[3] Pasteur Niemöller – Quand ils sont venus chercher…

[4] Georges Brassens- Mourir pour des idées.

LA LUMIÈRE DE LA TOLÉRANCE ET DE LA BIENVEILLANCE
MOURIR POUR DES IDÉES

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Publié le par Philippe Dubach.
CHAPEAU MON FRÈRE !



Connaissez-vous Hatman ?

L’homme au chapeau noir... il apparaîtrait au moment de votre endormissement pour vous observer dans la pénombre...

Ce personnage fictif, connu de beaucoup, s’invite lorsque votre corps se fige dans le sommeil tandis que votre esprit demeure conscient. Observateur de votre paralysie, il incarnerait notre incapacité à agir, notre éternelle difficulté  à aligner pensées et actions...

Cette figure de notre inconscient collectif me rappelle l’homme au chapeau peint par Magritte : un homme, dont le visage est caché, porte un chapeau melon noir qui devient l'élément essentiel du tableau. 



Le peintre souhaitait-il nous faire passer un message ? Le maître du questionnement voulait-il nous inviter sur le seuil du vaste domaine de la pensée et de l’action ? 

Le chapeau noir semble, de toute évidence, appartenir aux symboles de notre mémoire collective : Magiciens, sorcières, druides tous portent un chapeau noir associé à des pouvoirs occultes ou au couronnement d'une sagesse incarnée dans son porteur.

La Franc-Maçonnerie n’échappe pas à l’utilisation de cet accessoire vestimentaire dans ses rituels. 

Pourtant le port du chapeau est passé de mode ! Que signifie cet abandon ? C'est cette question que je vous invite à explorer.

Cet accessoire couvrait nos têtes depuis l'aube des temps. Certains avancent une origine : 15000 ans av. J.C. en interprétant des dessins pariétaux qui ressembleraient à des têtes coiffées de chapeaux.

Le chapeau connaîtra son age d'or du moyen-âge  jusqu'à  l’Ancien Régime et l’époque napoléonienne où le fameux tricorne dérivera vers le bicorne

L'usage du chapeau a toujours évolué au cours du temps en fonction des modes mais aussi des usages sociaux. Parfois délaissés au profit de perruques atomiques, les chapeaux vont néanmoins laisser leurs traces indélébiles dans l'histoire, comme le célèbre bicorne militaire qui libérait la vue du champ de bataille, devenu iconique avec Napoléon ou le bonnet phrygien couronnant la célèbre et révolutionnaire Marianne.

Pourtant on remarque une disparition nette de l'usage des chapeaux autour les années 1960. Jusqu'alors nos vieilles photos noir et blanc affichaient immanquablement des têtes d'hommes coiffées de bérets, fédoras, melons... For sure aucun homme ne sortait dans la rue s'il n'était couvert ! Cet accessoire était à l'image de celui que représente actuellement le maquillage pour les femmes :  indispensable pour s'afficher en public. La tête nue d'un homme sans chapeau était comme la nudité d'un visage féminin non apprêté..

Le chapeau répond tout d'abord à un usage utile notamment pour se protéger des rayons mordant du soleil ou de la pluie. Ces chapeaux utilitaires sont devenus de nos jours des accessoires spécialisés : chapeaux de paille, casques de chantier, casquettes des joueurs de tennis...

Au-delà de son utilité, le chapeau contient également un marqueur social et identitaire fort. Dis-moi ce que tu mets sur ta tête et je te dirais qui tu es ! 

Le chapeau se nomme également par un autre nom bien nommé : le couvre-chef. Sans équivoque le chapeau est une extension visible du statut social par le couronnement de la tête il grandit, identifie et met en valeur son porteur. 


 

 



De la cagoule, en passant par les casquettes des éternels ado, les panamas des bobos campagnards, les feutres des sophistiqués, les laines et poils de castors ou de lapins des plus fortunés et même les mitres posées sur les crânes ecclésiastiques, les chapeaux racontent un peu de leurs possesseurs et présentent un reflet assumé de leurs statuts sociaux, de leurs genres, parfois de leurs âges et  appartenances politiques ou religieuses...

De nos jours les chapeaux sont bien moins utilisés dans un but sociétale, ne restent que quelques marqueurs identitaires tels que la casquette du facteur, du pilote de ligne, la coiffe du policier, ou le casque du pompier. On remarque que la plupart des déguisements arborent un chapeau qui renforce l'apparence recherchée.

Parfois le chapeau devient symbole, comme le béret qui associé à une baguette de pain sous le bras d'un homme en Marcel se mue en image d'Épinal quasi universelle de l'identité française ! 

La symbolique du port du chapeau est forte. Pour autant la perte significative de son usage depuis les années 60 contient certainement en elle-même un sens. 

Sans preuve académique ni démarche historique, je vous partage humblement une observation sur la corrélation qui semble exister entre chapeaux, liberté et autorité.

En effet nos têtes semblent s'être dénudées en même temps que des combats pour l'égalité ont été gagnés. Petit à petit la rigueur des marqueurs vestimentaires est devenue suspecte. Dans les années 60 on refuse de plus en plus toute distinction trop lisible entre classes sociales, on opte pour un affichage plus neutre de la mixité et du vivre ensemble. 

De nos jours, il ne reste quasi plus rien de l'usage social des chapeaux qui ont cédé ce rôle aux vêtements et aux chaussures. Les marques ostensiblement imprimées sur nos textiles deviennent nos nouvelles identités et nos nouveaux marqueurs sociaux... la symbolique du chapeau est descendue dans le logo de nos basquettes...

Au-delà des libertés conquises l'abandon du chapeau est certainement le reflet d'un autre phénomène : celui de la perte du respect de l'autorité par ceux qui se sont sentis étouffés par les conventions et les codes sociaux.

Autrefois, pour saluer ou montrer son respect, le chapeau se relèvait ou s'otait. On rentrait dans un lieu en ottant son chapeau, pour signifier sa soumission ou au moins sa déférence. Cette révérence institutionnelle qui établissait un ordre hiérarchique s'est transformée en un geste anachronique.

Se découvrir et présenter une tête nue reflètait une attitude humble, symboliquement exposée prête à accueillir ce que l'on voudra bien nous dire. 

Ainsi le fidèle qui rentre dans l'église ôte son chapeau signifiant son ouverture à ce qui lui sera montré,  exposant le haut de son crane et symboliquement son esprit à l'altérité.  D'ailleurs l'aumône se demande toujours chapeau bas et retourné.

A contrario pour les israélites le port de la kippa représente symboliquement une considération à son Dieu, porter ce chapeau est donc une marque d'humilité. Le port de ce petit chapeau rappelle au fidèle qu'au dessus de lui se tient quelque chose qui le dépasse et qu'il se doit d'avoir une attitude humble et respectueuse.

L'usage du chapeau imposait des règles : Quel chapeau mettre ? Quand le porter ? Quand l’ôter ? Devant qui se découvrir ?...
Il n'existait pas de règles écrites elles étaient transmises par l'usage et la tradition.

L'affaiblissement de ces rituels sociaux marque le virage révolutionnaire que notre société s'accorde par rapport à l’autorité en général. 


 

Globalement l'informel devient la norme et la reconnaissance de la différence de l'autre, de sa place et de sa posture dans la société sont brouillées. La perte de ces repères et de ces usages rituélisés traduisent l'émergence d’un individu en quête de liberté, ce même individu se retrouve sans repère, isolé face à son identité et son positionnement dans la société. 

L'abandon du chapeau témoigne à mon sens du déplacement de la symbolique du collectif vers l’identité individuelle. Porter le chapeau signifiait assumer ses responsabilités, ou au moins celles que son chapeau symbolisait. Aujourd'hui plus personne ne veut "porter le chapeau" et assumer ses pensées et assumer sa place dans une structure sociétale.

Aujourd'hui avec le chapeau absent, c'est la chevelure qui s'affiche, plus intime, reflet de l'ego et du soi, miroir de la conscience. Sans couvrir sa chevelure on expose symboliquement son identité intime aux jugements de tous. C'est pourquoi un chapeau de substitution apparaît celui du maquillage de la chevelure. Je parle de la coiffure, de plus en plus sophistiquée, et individualisée comme celles des joueurs de football qui se défient devant les caméras plus que sur le terrain à coups de ciseaux à qui aura la plus belle crête. 

Dans cette quête individuelle, sans repère bon nombre d'individus se raccrochent aux marqueurs identitaires les plus basiques : argent, religion, voiture... et se rapprochent de ceux qui leur ressemblent. 

Le temps des chapeaux est révolu. Il laisse le champ libre au communautarisme, aux groupes identitaires, aux followers (suiveurs au sens panurgien du terme) qui font légion. A croire que les temps barbares des clans est revenu.

Les chapeaux sont tombés de nos têtes en même temps que montait notre quête identitaire, mue par une opposition farouche au patriarcat et à la hiérarchie pyramidale pesante. 

Dans un cadre rendu fragilisé par l’effacement du collectif traditionnel, l’individu est désormais chargé de se définir lui-même. Il cherche avant tout la reconnaissance et la sécurité. Cela le conduit à se rapprocher de ses semblables, car la ressemblance rassure et évite la remise en question.

Qu'est devenu le courage de créer une relation avec ceux qui pourraient nous élever ? Cela supposerait d’accepter l’asymétrie, la critique, l’inconfort de l'altérité et de la
différence. 

Or, dans une culture moderne valorisant l’égalité et le bien-être émotionnel, l’exigence et la transmission sont souvent perçues comme des menaces. 

Les relations deviennent alors horizontales et affinitaires, favorisant l’entre-soi plutôt que l'enrichissement par la différence. L'identité se fige, se protège, au lieu de se construire dans la confrontation à l’altérité

Sans affirmation mais avec conviction, j'identifie l'abandon du chapeau comme un marqueur fort de cet affaiblissement du désir d’élévation au profit du confort identitaire.

Il est demandé aux Maîtres Franc-maçons de se " couvrir ", c'est-à-dire de porter un chapeau noir à large bord. Serait-ce pour s'afficher incarnant une autorité spirituelle ? 

Pour ma part, je ne le pense pas si l'on se place dans le monde profane. 

Nul doute que porter un chapeau, d'autant plus de nos jours, ne passe pas inaperçu et demande à son porteur d'en assumer l'usage et de soutenir les regards de ceux qui vont vous l'observer. 

Le chapeau de Maître se porte uniquement dans un lieu et un temps sacrés, il symbolise avant tout une immense responsabilité, celle d'honorer son devoir, afin d'être digne des valeurs de la Franc-Maçonnerie, le Maître étant celui qui transmet en montrant l'exemple de son propre cheminement. 

Le chapeau du Maître devient autant l'emblème de son indépendance d'action et de son autonomie d'esprit que de son engagement à transmettre, loin de l'anachorète, le maître ose se montrer.

Symboliquement le chapeau du Maître couvre l'ego qui doit non pas se taire mais être contenu intérieurement pour servir l'Ordre en maîtrisant ses passions afin de bâtir des cachots pour ses vices et élever des temples à la Vertu.

Le Maître maçon n'est pas un bloc taillé de marbre silencieux au contraire il tente d'être un temple de corail vivant et symphonique.

Au REAA le chapeau de Maître est souvent un simple calot noir orné d'une brodure dorée dessinant les lacs d'Amour. On pourrait y voir à l'image d'une kippa, un symbole qui rappelle à son vénérable porteur la permanence de ce qui le dépasse et son devoir de rigueur dans la transmission immémoriale.

Le chapeau s'apparente à la cloche de forçage que les jardiniers placent sur leurs plants. Il rappelle l'attention constante que le jardinier doit donner à son œuvre. Le vaste domaine de la pensée et de l'action constitue un champ fertile où chacun peut y planter ses graines et ensuite y récolter les fruits.

Mais comme avec toute terre prometteuse nous devons veiller à la travailler avec respect et humilité pour qu'elle demeure fertile.

Cueillir les fruits des autres est simple surtout lorsque celui qui a planter et élever l'arbre a toujours parler de partage et de transmission.

Sans respect, se nourrir aveuglement sur cette terre fertile la rendra stérile si l'on n'y prend garde. 

Nos dogmes et notre frénésie de nouveauté sont les pesticides et les engrais chimiques répandus sur la terre qui épuisent l'humus dont nous nous nourrissons.

Ne devons pas de simples consommateurs qui ne donnent rien en retour, au contraire tentons que notre passage fertilise par le sel la Véritable source où nous nous nourrissons.

Philippe Dubach.

CHAPEAU MON FRÈRE !

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Publié le par Jean- François Guerry
FESTI LUMI BONIFACIO

FESTI LUMI BONIFACIO

VISITE DU GRAND MAÎTRE DE LA GRANDE LOGE DE FRANCE. Jean-Raphaël NOTTON  EN CORSE. TERRE DE LUMIÈRE

 La communication vue sur le Blog Maçonnique 450 FM, reprise sur : corsenetinfos.corsica par Manon Perelli.

À LA LUMIÈRE DE LA CORSE
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Clara Luciani - son nom signifie : "Petite lumière en Corse'
À LA LUMIÈRE DE LA CORSE
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Publié le par Jean-François Guerry
Vénus Khoury-Ghata.

Vénus Khoury-Ghata.

Le Grand Architecte de l’Univers sur notre Chemin.

 

S’il était plus riche il aurait chaussé les routes, mis des pèlerines aux arbres pour les protéger, des couvertures de laine aux près pour éviter qu’ils ne gèlent.

 

S’il était moins distrait il aurait au moins donné le nom d’une rue à son fils.

Prévu des vespasiennes aux nuages qui s’oublient trop en passant sur nos têtes.

Il aurait donné un sexe aux anges pour qu’ils soient plus nombreux sur terre.

 

S’il était un bon bricoleur il aurait mis un bouchon sur les cratères des volcans et prévu d’installer une sirène «Vérisure» pour nous prévenir des tremblements de terre.

 

S’il était plus prévoyant, il aurait muselé la force des océans, blindé toutes les portes des continents, et commandé un œil de rechange pour mieux surveiller son humanité.

 

S’il était un peu plus Grand, il nous aurait gavé tous de nourritures, supprimant les disettes. Il nous aurait saoulé du vin de la Connaissance et d’eau pure. Ce serait Cana tous les jours. Au lieu de perdre son temps à faire un chemin au milieu de la mer, quelle idée !

Il aurait mieux de dessaler l’eau de mer, ce serait la mer à boire.

 

Et au fait moi enfant de la Lumière, qu’est-ce je vais faire moi aujourd’hui pour rénover le monde ???

 

                                            Jean-François Guerry.

 

 

Note : J’ai un peu honte de cette réflexion, facile, maladroite, impertinente à partir du beau poème : Une journée de Dieu d’une Vénus franco-libanaise. Vénus Khoury-Ghata. Qui parle au nom du jasmin (1980), dans l’anthologie du Printemps des poètes 2006. Liberté pour un monde ouvert, établie par Bruno Doucey et Ariane Lefauconnier. Éditions Bruno Doucey 272 pages 22 €.

 

Pour tenter de me faire pardonner un bel article de : L’Orient le jour du 29 janvier 2026.

ARTICLE DE L'ORIENT LE JOUR POUR SON DÉPART VERS L'ORIENT ÉTERNEL.
L'ÉCLIPSE
L'ÉCLIPSE
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Publié le par Jean-François Guerry
LE TABLIER BLANC

LE TABLIER BLANC

 

                                                  Pour Marie-Claire, Guillaume, Emma et Morgane

 

Nous étions tous là avant-hier, comme avant. Il pleuvait des larmes d’argent sur Saint-Malo. Chacun avait suspendu ses occupations, posé ses outils, pour venir accompagner leur Frère Albert pour une dernière cérémonie improvisée, dans sa loge d’en bas. Albert allait rejoindre la Grande Loge d’en haut, connaître l’ultime initiation en faisant son dernier voyage, ses yeux s’ouvrirais bientôt dans l’éternel infini.

Il y avait le fils d’Albert, Jean-Charles le Maître fondateur, Serge l’initiateur, Lionel le fidèle Maître des Cérémonies, Jean-Michel et sa moustache relevée, Loïc le fidèle et son lumineux sourire, les deux Yves le discret et celui qui revenait de Touraine respirer l’air iodé du bon temps. Un ouvrier quittait le chantier, deux jeunes nouveaux le remplaçait. Morgane qui apportait la lumière d’Auray, de l’Aula Regia, la Cours Royale et Yannick le successeur de son père qui avait rejoint la Grande Loge d’en haut où il attendait Albert. Yannick venait de Condate, la ville de la confluence.

C’est lui le Vénérable qui posa le tablier blanc sur le corps d’Albert. Enfin il y avait moi pauvre de moi, pauvre d’Albert qui nous as quitté avec sa bonne humeur. Nous étions dix un nombre parfait.

Je relis ce matin avec émotion, sur la page blanche ouverte de mon premier dictionnaire des symboles les mots tracés d’Albert : A Jean-François Fraternellement, et sa signature avec trois points. Un point c’est tout, et c’est aussi beaucoup, c’est le commencement d’une nouvelle vie.

Albert, s’est un peu éloigné de notre vue. Mais avec son tablier blanc de lumière, il sera toujours présent dans la Loge de notre cœur. A bientôt Albert sur les Colonnes d’en haut, ce matin en quittant Rennes j’ai vu un Arc dans le Ciel.

 

                                                         Jean-François Guerry.

La dixième heure du cinquième jour du mois de février de l’année de Vraie Lumière 6026 en un lieu…

LE TABLIER BLANC

 La lecture débute sur la partie inférieure droite, remonte du même côté, reprend au premier plan central avant de conclure à l’arrière plan gauche. C’est à la fin d’un voyage chaotique à la rencontre de chacun des quatre éléments (terre, air, feu et eau) que le profane, épaule dénudée et cœur offert à nu, est conduit les yeux bandés à l’entrée du temple pour être reçu franc-maçon. Cependant, hormis quelques incohérences, des allégories mystérieuses parsèment cette scène donnant un aspect énigmatique à cette toile. Il en va ainsi de la présence d’une jeune femme allongée langoureusement dans l’herbe et devant laquelle s’arrête le récipiendaire ; ses mains levées et légèrement écartées indiquent sa surprise de trouver sur son chemin cette personne. Pour certains, elle pourrait évoquer la tentation essayant de détourner l’homme sage de son avancée. Cependant, la posture de cette femme n’est pas sans rappeler la sculpture de Houdon représentant Marie-Madeleine allongée et méditant sur sa couche dans la grotte de Marie-Madeleine à Sainte Beaume. Patronne des corporations des Compagnons, Marie-Madeleine est le symbole du pêcheur qui en méditant et en œuvrant sur lui-même peut atteindre la Lumière. Elle fut d’ailleurs, la première à recevoir cette lumière en apercevant le Christ ressuscité bien avant les apôtres. Par la présence de cette figure féminine, ne pourrait-on voir une mention symbolique liant les deux ordres, opératif et spéculatif ? Reste encore à découvrir le sens du franc-maçon en tablier de maître accompagnant le profane et levant un gourdin menaçant…

LE TABLIER BLANC

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Publié le par YANN
BLOG DE YANN
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Violence et tolérance 

  

Les organes de presse écrite et orale nous apportent quotidiennement leur lot de violence : tel sniper d'élite ajoute quelques trophées à son tableau, telles autres machettes incontrôlées font voler membres et têtes dans un camp de réfugiés, tel nouveau virus, s'ajoutant aux anciens, achève de décimer ce que les haines tribales ont épargné, tel émule nazi croit œuvrer à la purification d'une race qu'il s'ingénie lui-même à avilir. 

  

Le constat est sévère, la violence est de tous les continents, de toutes les classes, elle sévit partout, elle est un fait de société. Sont-ce les signes avant-coureurs d'une civilisation qui se meure ? A moins que l'origine de la violence ne soit bien plus profonde, qu'elle soit en fait inhérente à l'humanité, à ses traditions, à sa pensée, que cette violence honnie ne s'inscrive comme une page de l'épopée humaine, comme une réponse plus qu'une question, indissociablement liée qu'elle est à l'angoisse qui taraude l'homme, au rite qui ponctue le rythme de son existence et que le tout ne se conçoive qu'à la lumière des structures de l'imaginaire qui nourrit la pensée humaine. En d'autres termes, la violence serait le moteur de l'humanité. 

  

La réponse à la violence pose le problème de la tolérance qu'illustrent les débats publics et parlementaires à chaque révision du Code pénal. Apparemment violence et tolérance sont des antonymes. Qui est tolérant est non violent, tandis que la violence raciste, la violence intégriste, la violence du totalitarisme sont autant de manifestation de l'intolérance. Pourtant, il n'y a pas de parfaite opposition, si l'on veut bien reconnaître que la tolérance constitue une forme d'acceptation. La tolérance s'oppose, d'un certain point de vue, à la violence, mais dans son contenu même, elle s'interdit l'idée d'opposition. On tombe là sur un paradoxe, voire une aporie : comment un concept qui, d'une certaine manière, traduit l'idée d'une non opposition, peut-il s'opposer à un autre concept, quel qu'il soit ? Tolérer est, certes, contraire à toutes les attitudes qui relèvent de l'intolérance, mais, par définition, si l'on tolère, on accepte, notamment certaines attitudes qui peuvent être intolérantes et, par voie de conséquence, les attitudes en question n'apparaissent plus en opposition… 

  

Il y a  là quelque que chose qui ressemble au paradoxe du Crétois. Affirmant mentir, le Crétois ne peut être cru dans cette affirmation même. On doutera en effet de ce qu'il prétend vrai, à savoir son mensonge et, par annulation de ses deux propositions de contenu négatif ("il est un Crétois menteur", d'une part, "ce qu'il dit est un mensonge", d'autre part), on va croire qu'il dit la vérité; pour alors contester cela même, puisqu'il prétend mentir; et cela, à l'infini, sans solution définitive. Le tolérant, lui, accepte. Autrement dit, il s'oppose à l'opposition. La tolérance s'oppose, certes, à la violence, mais s'opposant à l'opposition, elle peut conduire à accepter la violence, et donc à ne plus s'y opposer. Mais ne s'y opposant pas, elle en devient le contraire logique, et donc s'y oppose … Comme dans le paradoxe du Crétois, nous parvenons à une difficulté logique parce que la valeur décrite (la tolérance) ou la loi affirmée (les Crétois sont des menteurs) sont toutes deux en antagonisme avec un principe logique supérieur (en l'occurrence le principe de contradiction). 

  

Mais là s'arrête la comparaison. Alors que le paradoxe du Crétois trouve son achèvement en lui-même (pas de possible réponse à jamais), le paradoxe de la tolérance et de la violence est, selon moi, un point de départ intéressant à la réflexion. Il semble possible, en effet, d'aller plus loin ; de ne pas se résigner à l'indécidabilité dans la conclusion. 

  

En premier lieu, si le paradoxe peut s'observer, c'est que la notion de violence dispose d'un contenu éthique négatif. La tolérance jugée comme vertu, s'oppose à la violence, jugée comme défaut, voir comme vice, mais la tolérance étant acceptation, elle ne s'oppose plus de fait à la violence, elle s'en arrange… 

  

Mais, dira-t-on, confronté à la violence, la tolérance ne restera pas invariable. Elle est susceptible d'évoluer, peut même s'interrompre et conduire alors à une attitude de refus. Stop ! Le racisme ne passera pas ! Halte à la violence ! Non à l'intolérance ! Dans ce cas-là, la morale, mais aussi la logique, paraissent recouvrer leurs droits. La tolérance ne tolère plus l'intolérance. Cette situation inconfortable où se côtoyaient acceptation et opposition, rendant difficile sa qualification, est éludée. 

  

Cette deuxième considération en amène directement une troisième. Sur quoi vont déboucher ces limites de la tolérance ? Comment va se manifester le refus de préserver l'attitude de tolérance, La réponse est évidente : clairement, par une forme de violence. Ce qui conduit alors à l'importante question de la violence légitime. Quelle proportionnalité de la peine face à la violence délictueuse ? Toute "bonne" fin justifie-t-elle tous les "mauvais" moyens ? On peut admettre, qu'en démocratie, une limite acceptable se doit de tenir compte de la commune reconnaissance de la dignité humaine minimale.  

  

L'humanité est par nature violente ou, pour dire les choses autrement, la violence est un des moteurs, sinon le moteur de l'Histoire. Dans le même temps, le combat contre la violence est la marque même de l'humanité. L'utopie d'une société non-violente est la plus belle des utopies. Mais elle est condamnée à rester une utopie. La lutte contre la violence est nécessairement inachevée. S'il devait, demain, en être autrement, peut-être entreverrait-on alors enfin la fin de l'Histoire, symboliquement inaugurée par Adam et Eve quand ils furent chassés du Paradis originel.   

  

Rappelons-nous Monsieur de La Fontaine : 

Un mal qui répand la terreur, 

Mal que le ciel en sa fureur 

Inventa pour punir les crimes de la terre,  

La Peste (puisqu'il faut l'appeler par son nom) 

Faisait aux animaux la guerre. 

Ils ne mourraient pas tous, mais tous étaient frappés. 

 

YANN.

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La peste allégorique - Jean de La Fontaine - Fables, VII, 1 - 1678

Les animaux malades de la Peste


Un mal qui répand la terreur, 
Mal que le Ciel en sa fureur 
Inventa pour punir les crimes de la terre, 
La Peste (puisqu'il faut l'appeler par son nom) 
Capable d'enrichir en un jour l'Achéron, 
Faisait aux animaux la guerre. 

Ils ne mouraient pas tous, mais tous étaient frappés : 
On n'en voyait point d'occupés 
A chercher le soutien d'une mourante vie ; 
Nul mets n'excitait leur envie ; 
Ni Loups ni Renards n'épiaient 
La douce et l'innocente proie. 
Les Tourterelles se fuyaient : 
Plus d'amour, partant plus de joie. 

Le Lion tint conseil, et dit : Mes chers amis, 
Je crois que le Ciel a permis 
Pour nos péchés cette infortune ; 
Que le plus coupable de nous 
Se sacrifie aux traits du céleste courroux, 
Peut-être il obtiendra la guérison commune. 
L'histoire nous apprend qu'en de tels accidents 
On fait de pareils dévouements : 
Ne nous flattons donc point ; voyons sans indulgence 
L'état de notre conscience. 
Pour moi, satisfaisant mes appétits gloutons 
J'ai dévoré force moutons. 
Que m'avaient-ils fait ? Nulle offense : 
Même il m'est arrivé quelquefois de manger 
Le Berger. 
Je me dévouerai donc, s'il le faut ; mais je pense 
Qu'il est bon que chacun s'accuse ainsi que moi : 
Car on doit souhaiter selon toute justice 
Que le plus coupable périsse.

- Sire, dit le Renard, vous êtes trop bon Roi ;
Vos scrupules font voir trop de délicatesse ; 
Et bien, manger moutons, canaille, sotte espèce, 
Est-ce un péché ? Non, non. Vous leur fîtes Seigneur 
En les croquant beaucoup d'honneur. 
Et quant au Berger l'on peut dire
Qu'il était digne de tous maux, 
Etant de ces gens-là qui sur les animaux 
Se font un chimérique empire. 

Ainsi dit le Renard, et flatteurs d'applaudir. 
On n'osa trop approfondir 
Du Tigre, ni de l'Ours, ni des autres puissances,
Les moins pardonnables offenses. 
Tous les gens querelleurs, jusqu'aux simples mâtins, 
Au dire de chacun, étaient de petits saints. 

L'Ane vint à son tour et dit : J'ai souvenance 
Qu'en un pré de Moines passant, 
La faim, l'occasion, l'herbe tendre, et je pense 
Quelque diable aussi me poussant, 
Je tondis de ce pré la largeur de ma langue.
Je n'en avais nul droit, puisqu'il faut parler net. 

A ces mots on cria haro sur le baudet. 
Un Loup quelque peu clerc prouva par sa harangue
Qu'il fallait dévouer ce maudit animal, 
Ce pelé, ce galeux, d'où venait tout leur mal. 
Sa peccadille fut jugée un cas pendable. 
Manger l'herbe d'autrui ! quel crime abominable ! 
Rien que la mort n'était capable
D'expier son forfait : on le lui fit bien voir. 

Selon que vous serez puissant ou misérable,
Les jugements de cour vous rendront blanc ou noir.

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