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la Franc Maçonnerie au Coeur

la Franc Maçonnerie au Coeur

Un blog d'information, de conversations sur le thème de la Franc Maçonnerie, des textes en rapport avec la Franc Maçonnerie, comptes rendus et conseils de lectures.

Publié le par Jean-François Guerry
Blaise Pascal

Blaise Pascal

400 ANS ET TOUJOURS VIVANT !

 

Préambule :

Mon propos n’est pas de faire l’apologie de la religion catholique, ni même du prosélytisme en creux pour cette religion. Mais, il m’a paru intéressant de voir si les Pensées de Pascal pouvaient avoir encore du relief dans notre société. Après mes quelques lignes j’ai joint la lettre apostolique du Pape François Grandeur et misère de l’homme, parce qu’elle reprend un certain nombre de fragments des Pensées de Pascal.

Qui reste un personnage hors du commun.

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Le 19 juin 1623 Blaise Pascal naissait à Clermont aujourd’hui Clermont-Ferrand. Wikipédia le qualifie de polymathe, ce qui caractérise une personne aux connaissances variées et approfondies, plus particulièrement dans les arts et les sciences. L’approfondissement pour Pascal s’est traduit par plusieurs inventions. Il peut être classé dans la rubrique des génies précoces avec par exemple Pic de la Mirandole. S’il a consacré la première partie de sa vie principalement aux arts et aux sciences. J’ai noté un traité de géométrie prospective, qui pouvait laisser présager son intérêt pour plus grand que lui. En relisant quelques passages de ses Pensées, j’ai vite compris qu’il y avait encore beaucoup de choses à apprendre de sa vie et de son œuvre. Ainsi à 31 ans sa vie bascule, se transforme il vit une expérience mystique qualifiée de nuit de feu. Il se transforme devient un ascète persuadé que le chrétien est fait pour souffrir. Il souffrait d’ailleurs de lésions stomacales et cérébrales qui entraineront sa mort le 19 août 1662 à 39 ans. Après cette conversion sous l’influence de sa sœur il participe au mouvement des jansénistes qui se réfèrent à la doctrine sur la grâce de Saint-Augustin conçue comme la négation de la liberté humaine, on ne peut obtenir le salut que par la grâce divine. Les jansénistes, sont des rigoristes qui s’opposent au roi et à Rome et aux jésuites. Le haut lieu du jansénisme fût l’abbaye de Port-Royal où Jacqueline Pascal la sœur de Blaise Pascal était religieuse. Le mouvement janséniste va s’étioler et disparaître avec Vatican I.

Dans son édito de l’hebdo Marianne au titre de Pascal toujours devant… Jacques Juliard qui s’est défini un temps comme Catho-Proudhonien (mère catholique et père anticlérical), s’étonne de la distorsion entre les feuillets des Provinciales et les Pensées de Pascal, qui auraient pu être écrites par deux hommes différents. Les Pensées qui ne furent éditées qu’après la mort de Pascal sont encore sujettes à exégèse et réflexions. Si Pascal semble rabaisser la nature humaine, c’est pour mieux la relever et l’élever quand elle s’abîme dans la personne du Christ. Preuve que Pascal croit en l’homme et son potentiel de perfectionnement, qu’il n'en s’en remet pas exclusivement à la grâce divine. En quelque sorte il voit un chemin des ténèbres vers la Lumière, en suivant l’exemplarité du prophète Jésus le plus humble de tous ; dont l’ambition a été de venir au secours de l’humanité et ce jusqu’au sacrifice de sa vie. Cela démontre que Pascal n’était pas dogmatique.

D’ailleurs, aujourd’hui l’on observe d’une manière générale que le dogmatisme religieux, bien sûr si l’on exclut les intégrismes, à tendance au fil du temps à se réduire, il quitte peu à peu la sphère religieuse. Il s’empare du « marché », ils se dissimule derrière le pragmatisme, une pensée unique au service exclusif de l’économie et de la finance. Nous sommes dans une forme de rationalisme extrême tout à un prix dans notre société, une chose s’en prix ne vaut rien. L’on a renoncé au développement de l’intuition et de l’imagination, tout doit être fini et rationnel. Ou est passé l’intelligence du cœur de Pascal ? Ou est passé l’idée de l’infini et de l’absolu qui dépasse la raison ? Il n’en reste rien puisque tous les problèmes sont forcément résolus soit par un Power Point ou un tableau Excel. La croissance même de notre conscience est soumise à la compétition avec l’intelligence artificielle.

Revenons à Pascal, Jacques Julliard nous invite à la lecture de la lettre apostolique du Pape François à propos des 400 ans de Pascal, qu’il qualifie de remarquable. En effet elle exprime une ouverture spirituelle rare. Elle interroge dans le sillage des Pensées sur la place de l’homme dans la nature ; elle souligne une ouverture à l’humain et aux autres. Pascal homme de foi parle aux autres en dehors de toute doctrine. Dans le paragraphe Foi, amour, et liberté, le Pape en toute humilité écrit : « Nous devons comme chrétiens, nous tenir éloignés de la tentation de brandir notre foi comme une certitude incontestable qui s’imposerait à tous. » ou encore : « Parfois nous voyons mal, et par conséquent nous choisissons mal. »

J’ai retenu encore : « la réalité est supérieure à l’idée », car Pascal nous apprend à nous tenir éloigné des « diverses manières d’occulter la réalité. » depuis les « purismes angéliques, jusqu’aux intellectualismes sans sagesse. » Rien n’est plus dangereux qu’une pensée désincarnée.

L’on peut croire au ciel ou ne pas croire mais force est de constater que le chemin vers où nous dirige les Pensées de Pascal est chemin praticable pas tous, du moins tous ceux qui ressentent la force de l’infini et de l’absolu. Il y a de l’obscurité et il y a de la Lumière à chacun de choisir. La Foi et la Raison ne sont pas incompatibles, mais le plus souvent complémentaires. La phrase qui termine la lettre apostolique du Pape François sur Pascal est une invitation à mettre de la joie dans tous les cœurs, cela ma rappelle quelque chose...

                                            Jean-François Guerry.

LA LETTRE APOSTOLIQUE SUR BLAISE PASCAL


 

LETTRE APOSTOLIQUE
SUBLIMITAS ET MISERIA HOMINIS
DU PAPE FRANÇOIS
POUR LE QUATRIÈME CENTENAIRE DE LA NAISSANCE 
DE BLAISE PASCAL 

Grandeur et misère de l’homme forment le paradoxe qui se trouve au cœur de la réflexion et du message de Blaise Pascal, né il y a quatre siècles, le 19 juin 1623, à Clermont, dans le centre de la France. Dès l'enfance et tout au long de sa vie, il a cherché la vérité. Avec la raison, il en a tracé les signes, notamment dans les domaines des mathématiques, de la géométrie, de la physique et de la philosophie. Très tôt, il a fait des découvertes extraordinaires, au point d'atteindre une renommée considérable. Mais il ne s'est pas arrêté là. Dans un siècle de grands progrès en de nombreux domaines scientifiques, accompagnés d'un esprit de scepticisme philosophique et religieux croissant, Blaise Pascal s'est montré un infatigable chercheur de vérité qui, en tant que tel, reste toujours “inquiet”, attiré par de nouveaux et futurs horizons.

Cette raison, si pointue et en même temps si ouverte en lui, n'a jamais fait taire la question ancienne et toujours nouvelle qui résonne dans l'âme humaine : « Qu'est-ce que l'homme pour que tu te souviennes de lui, le fils de l'homme pour que tu prennes soin de lui ? » ( Ps 8, 5). Cette question est gravée dans le cœur de tout être humain, de tout temps et en tout lieu, de toute civilisation et de toute langue, de toute religion. « Qu'est-ce que l’homme dans la nature ? - se demande Pascal -. Un néant à l’égard de l'infini, un tout à l’égard du néant ». [1] Et en même temps, la question est là, dans ce psaume, au cœur de cette histoire d'amour entre Dieu et son peuple, histoire accomplie dans la chair du "Fils de l'homme" Jésus-Christ, que le Père a livré jusqu'à l'abandon pour le couronner de gloire et d'honneur au-dessus de toute créature (v. 6). À cette interrogation, formulée dans un langage si différent du langage mathématique et géométrique, Pascal ne s'est jamais fermé.

À l’origine, je crois pouvoir reconnaître chez lui une attitude de fond que j'appellerais une "ouverture étonnée à la réalité". Ouverture aux autres dimensions du savoir et de l'existence, ouverture aux autres, ouverture à la société. Par exemple, il est à l'origine, à Paris en 1661, du premier réseau de transports publics de l'histoire, les "carrosses à cinq sols". Si je mentionne cela au début de cette lettre, c'est pour insister sur le fait que ni sa conversion au Christ, surtout à partir de la "Nuit de feu" du 23 novembre 1654, ni son extraordinaire effort intellectuel pour défendre la foi chrétienne n'ont fait de lui un être isolé de son temps. Il était attentif aux problèmes les plus aigus de l'époque, ainsi qu'aux besoins matériels de toutes les composantes de la société dans laquelle il vivait.

Cette ouverture à la réalité a fait qu'il ne s'est pas fermé aux autres, même durant sa dernière maladie. C'est de cette époque, alors qu'il avait trente-neuf ans, que l’on rapporte ces paroles qui expriment l'étape finale de son parcours évangélique : « Si les médecins disent vrai, et que Dieu permette que je relève de cette maladie, je suis résolu de n’avoir d’autre occupation ni d’autre emploi tout le reste de mes jours que le service des pauvres ». [2] Il est touchant de constater que, dans les derniers jours de sa vie, un penseur aussi brillant que Blaise Pascal ne voyait pas d'autre urgence que de mettre son énergie au service de la miséricorde : « L'unique objet de l'Écriture est la charité ». [3]

Je me réjouis donc que la providence, en ce quatrième centenaire de sa naissance, me donne l'occasion de lui rendre hommage et de souligner ce qui, dans sa pensée et dans sa vie, me paraît propre à stimuler les chrétiens de notre temps et tous les hommes et femmes de bonne volonté dans la recherche du vrai bonheur : « Tous les hommes recherchent d’être heureux. Cela est sans exception, quelques différents moyens qu’ils y emploient. Ils tendent tous à ce but ». [4] Quatre siècles après sa naissance, Pascal reste pour nous le compagnon de route qui accompagne notre recherche du vrai bonheur et, selon le don de la foi, notre reconnaissance humble et joyeuse du Seigneur mort et ressuscité.

Un amoureux du Christ qui parle à chacun

Si Blaise Pascal peut toucher tout le monde, c’est notamment parce qu’il a parlé de la condition humaine de façon admirable. Il serait toutefois trompeur de ne voir en lui qu’un spécialiste des mœurs humaines, aussi génial fût-il. Le monument que forment ses Pensées, dont certaines formules isolées sont restées célèbres, ne peut se comprendre réellement si l’on ignore que Jésus-Christ et l’Écriture Sainte en constituent à la fois le centre et la clé. Car si Pascal a entrepris de parler de l’homme et de Dieu, c’est parce qu’il était arrivé à la certitude que « non seulement nous ne connaissons Dieu que par Jésus‑Christ, mais nous ne nous connaissons nous-mêmes que par Jésus‑Christ. Nous ne connaissons la vie, la mort que par Jésus‑Christ. Hors de Jésus‑Christ, nous ne savons ce que c’est ni que notre vie ni que notre mort, ni que Dieu, ni que nous‑mêmes. Ainsi sans l’Écriture, qui n’a que Jésus‑Christ pour objet, nous ne connaissons rien et ne voyons qu’obscurité ». [5] Pour qu’elle soit entendue par tous, sans être regardée comme une pure affirmation doctrinale inaccessible à ceux qui ne partagent pas la foi de l’Église, ni comme une dévaluation des compétences légitimes de l’intelligence naturelle, une affirmation aussi extrême mérite d’être éclairée.

Foi, amour et liberté

Nous devons, comme chrétiens, nous tenir éloignés de la tentation de brandir notre foi comme une certitude incontestable qui s’imposerait à tous. Pascal avait certes le souci de faire connaître à tous les hommes que « Dieu et le vrai sont inséparables ». [6]Mais il savait que l’acte du croyant est possible par la grâce de Dieu, reçue dans un cœur libre. Lui qui par la foi avait fait la rencontre personnelle du « Dieu d’Abraham, Dieu d’Isaac, Dieu de Jacob, non des philosophes et des savants », [7] avait reconnu en Jésus-Christ « le Chemin, la Vérité et la Vie » ( Jn 14, 6). C’est pourquoi je propose à tous ceux qui veulent continuer de rechercher la vérité – tâche qui en cette vie n’a pas de fin –, de se mettre à l’écoute de Blaise Pascal, un homme à l’intelligence prodigieuse qui a voulu rappeler qu’en dehors des visées de l’amour il n’y a pas de vérité qui vaille : « On se fait une idole de la vérité même, car la vérité hors de la charité n’est pas Dieu, et est son image et une idole qu’il ne faut point aimer ni adorer ». [8]

Pascal nous prémunit ainsi contre les fausses doctrines, les superstitions ou le libertinage qui tiennent tant d’entre nous éloignés de la paix et de la joie durables de Celui qui veut que nous choisissions « la vie et le bonheur », et non « la mort et le malheur » ( Dt 30, 15.19). Mais le drame de notre vie est que parfois nous voyons mal, et que par conséquent nous choisissons mal. En réalité, nous ne pouvons goûter au bonheur de l’Évangile « que si l’Esprit Saint nous envahit avec toute sa puissance et nous libère de la faiblesse de l’égoïsme, du confort, de l’orgueil ». [9] En outre, « sans la sagesse du discernement, nous pouvons devenir facilement des marionnettes à la merci des tendances du moment ». [10] C’est pourquoi l’intelligence et la foi vive de Blaise Pascal, qui a voulu montrer que la religion chrétienne est « vénérable parce qu’elle a bien connu l’homme » et « aimable parce qu’elle promet le vrai bien », [11] peuvent nous aider à progresser à travers les obscurités et les disgrâces de ce monde.

Un esprit scientifique exceptionnel

Lorsque sa mère meurt en 1626, Blaise Pascal est âgé de trois ans. Etienne, son père, juriste réputé, est également renommé pour ses dispositions scientifiques remarquables, en particulier dans les mathématiques et la géométrie. Décidé à faire seul l’éducation de ses trois enfants Jacqueline, Blaise et Gilberte, il s’installe à Paris en 1632. Très tôt, Blaise montre une intelligence exceptionnelle, et une grande exigence dans la recherche du vrai, ainsi que le rapporte sa sœur Gilberte : « Dès son enfance, il ne pouvait se rendre qu’à ce qui lui paraissait vrai évidemment ; de sorte que, quand on ne lui donnait pas de bonnes raisons, il en cherchait lui-même ». [12] Un jour, le père surprit son fils dans des recherches de géométrie et s’aperçut bientôt que, sans savoir que ces théorèmes existaient dans des livres sous d’autres noms, Blaise, âgé de douze ans, avait démontré entièrement seul, en dessinant des figures sur le sol, les trente-deux premières propositions d’Euclide. [13] Gilberte se souvient alors que leur père fut « épouvanté de la grandeur et de la puissance de ce génie ». [14]

Dans les années qui suivront, Blaise Pascal fera fructifier son immense talent en y consacrant sa force de travail. Dès l’âge de dix-sept ans, il fréquente les plus grands savants de son temps. Assez vite, se succèdent les découvertes et les publications. En 1642, âgé de dix-neuf ans, il invente une machine d’arithmétique, ancêtre de nos calculatrices. Blaise Pascal a cela d’extrêmement stimulant pour nous qu’il nous rappelle la grandeur de la raison humaine, et nous invite à nous en servir pour déchiffrer le monde qui nous entoure. L’ esprit de géométrie, qui est cette aptitude à bien comprendre le fonctionnement des choses dans leur détail, lui sera utile toute sa vie, ainsi que le relève l’éminent théologien Hans Urs von Balthasar : « Grâce à la précision de la géométrie et des sciences de la nature, il est capable d’atteindre à celle, toute différente, qui existe par exemple dans le domaine de l’existence et de la vie chrétienne ». [15] Cette pratique confiante de la raison naturelle qui le rend solidaire de tous ses frères humains en quête de vérité lui permettra de reconnaître les limites de l’intelligence elle-même et, en même temps, de s’ouvrir aux raisons surnaturelles de la Révélation, selon une logique du paradoxe qui fait la marque philosophique et le charme littéraire de ses Pensées : « L’Église a eu autant de peine à montrer que Jésus-Christ était homme, contre ceux qui le niaient, qu’à montrer qu’il était Dieu ; et les apparences étaient aussi grandes ». [16]

Les philosophes

Plusieurs des écrits de Pascal relèvent pour une large part du discours philosophique. En particulier ses Pensées, cet ensemble de fragments publiés à titre posthume qui sont les notes ou les brouillons d’un philosophe animé d’un projet théologique, dont les chercheurs s’attachent à reconstituer, non sans variations, la cohérence et l’ordre originaires. L’amour éperdu pour le Christ et le service des pauvres que j’ai mentionnés au début ne furent pas tant la marque d’une rupture dans l’esprit de ce disciple audacieux, que celle d’un approfondissement vers la radicalité évangélique, d’une progression vers la vérité vivante du Seigneur, avec le secours de la grâce. Lui qui avait la certitude surnaturelle de la foi, et qui la voyait si conforme à la raison, quoique la dépassant infiniment, a voulu pousser le plus loin possible la discussion avec ceux qui ne partageaient pas sa foi, car à « ceux qui ne l’ont pas, nous ne pouvons la donner que par raisonnement en attendant que Dieu la leur donne par sentiment de cœur ». [17] Évangélisation toute de respect et de patience que notre génération aura intérêt à imiter.

Il faut donc, pour bien comprendre le discours de Pascal sur le christianisme, être attentif à sa philosophie. Il admirait la sagesse des anciens philosophes grecs, capables de simplicité et de tranquillité dans leur art de bien vivre, comme membres d’une polis : « On ne s’imagine Platon et Aristote qu’avec de grandes robes de pédants. C’étaient des gens honnêtes et comme les autres, riants avec leurs amis. Et quand ils se sont divertis à faire leurs lois et leurs politiques, ils l’ont fait en se jouant. C’était la partie la moins philosophe et la moins sérieuse de leur vie ; la plus philosophe était de vivre simplement et tranquillement ». [18] Malgré leur grandeur et leur utilité, Pascal discerne pourtant les limites de ces philosophies : le stoïcisme mène à l’orgueil, [19] le scepticisme au désespoir. [20] La raison humaine est sans aucun doute une merveille de la création, qui distingue l’homme d’entre toutes les créatures, car « l’homme n’est qu’un roseau, le plus faible de la nature, mais c’est un roseau pensant ». [21]On comprend alors que les limites des philosophes seront tout simplement les limites de la raison créée. Car Démocrite avait beau affirmer : « Je vais parler de tout », [22] la raison ne peut, à elle seule, résoudre les questions les plus hautes et les plus urgentes. Quel est en effet, à l’époque de Pascal comme aussi de nos jours, le sujet qui nous importe le plus ? C’est celui du sens intégral de notre destinée, de notre vie, et de notre espérance, tendue vers d’un bonheur qu’il n’est pas interdit de concevoir comme éternel, mais que seul Dieu est autorisé à donner : « Rien n’est si important à l’homme que son état ; rien ne lui est si redoutable que l’éternité ». [23]

En méditant les Pensées de Pascal on retrouve, en quelque manière, ce principe fondamental : « La réalité est supérieure à l’idée », car il nous apprend à nous tenir éloigné des « diverses manières d’occulter la réalité », depuis les « purismes angéliques » jusqu’aux « intellectualismes sans sagesse ». [24] Rien n’est plus dangereux qu’une pensée désincarnée : « Qui veut faire l’ange, fait la bête ». [25]Et les idéologies mortifères dont nous continuons de souffrir dans les domaines économiques, sociaux, anthropologiques ou moraux tiennent ceux qui les suivent dans des bulles de croyance où l’idée s’est substituée au réel.

La condition humaine

La philosophie de Pascal, toute en paradoxes, procède d’un regard aussi humble que lucide, qui cherche à atteindre « la réalité éclairée par le raisonnement ». [26] Il part du constat que l’homme est comme un étranger à lui-même, grand et misérable. Grand par sa raison, par sa capacité à dompter ses passions, grand même « en ce qu’il se connaît misérable ». [27] Notamment, il aspire à autre chose qu’à assouvir ses instincts ou à leur résister, « car ce qui est nature aux animaux nous l’appelons misère en l’homme ». [28] Il existe une disproportion insupportable entre d’un côté notre volonté infinie d’être heureux et de connaître la vérité, et de l’autre côté notre raison limitée et notre faiblesse physique, qui aboutit à la mort. Car la force de Pascal est aussi dans son réalisme implacable : « Il ne faut pas avoir l’âme fort élevée pour comprendre qu’il n’y a point ici de satisfaction véritable et solide, que tous nos plaisirs ne sont que vanité, que nos maux sont infinis, et qu’enfin la mort, qui nous menace à chaque instant, doit infailliblement nous mettre, dans peu d’années, dans l’horrible nécessité d’être éternellement ou anéantis ou malheureux. Il n’y a rien de plus réel que cela, ni de plus terrible. Faisons tant que nous voudrons les braves : voilà la fin qui attend la plus belle vie du monde ». [29]Dans cette condition tragique, bien sûr, l’homme ne peut pas rester en lui-même, car sa misère et l’incertitude de sa destinée lui sont insupportables. Il lui faut donc se distraire, ce que Pascal reconnaît volontiers : « De là vient que les hommes aiment tant le bruit et le remuement ». [30] Car si l’homme ne se divertit de sa condition – et nous savons tous fort bien nous divertir par le travail, les loisirs ou les relations familiales ou amicales, mais aussi hélas par les vices auxquels portent certaines passions – son humanité éprouve « son néant, son abandon, son insuffisance, sa dépendance, son impuissance, son vide. [Et il sort] du fond de son âme l’ennui, la noirceur, la tristesse, le chagrin, le dépit, le désespoir ». [31] Et pourtant le divertissement n’apaise ni ne comble notre grand désir de vie et de bonheur. Cela, tous, nous le savons bien.

C’est alors que Pascal pose sa grande hypothèse : « Qu’est-ce donc que nous crie cette avidité et cette impuissance sinon qu’il y a eu autrefois dans l’homme un véritable bonheur, dont il ne lui reste maintenant que la marque et la trace toute vide et qu’il essaye inutilement de remplir de tout ce qui l’environne, recherchant des choses absentes les secours qu’il n’obtient pas des présentes, mais qui en sont toutes incapables parce que ce gouffre infini ne peut être rempli que par un objet infini et immuable, c’est-à-dire que par Dieu même ». [32] Si l’homme est comme « un roi dépossédé », [33] qui ne tend qu’à retrouver sa grandeur perdue, et qui pourtant s’en voit incapable, qu’est-il donc ? « Quelle chimère est‑ce donc que l’homme, quelle nouveauté, quel monstre, quel chaos, quel sujet de contradiction, quel prodige, juge de toutes choses, imbécile ver de terre, dépositaire du vrai, cloaque d’incertitude et d’erreur, gloire et rebut de l’univers ! Qui démêlera cet embrouillement ? ». [34]Pascal, en philosophe, voit bien qu’à « mesure qu’on a de lumière, on découvre plus de grandeur et plus de bassesse dans l’homme », [35] mais que ces opposées sont inconciliables. Parce que la raison humaine ne peut pas les accorder, ni résoudre l’énigme.

C’est pourquoi Pascal relève que s’il y a un Dieu et que l’homme a reçu une révélation divine – ainsi que nombre de religions en font état –, et que cette révélation est véritable, là doit se trouver la réponse que l’homme attend pour résoudre les contradictions qui le torturent : « Les grandeurs et les misères de l’homme sont tellement visibles qu’il faut nécessairement que la véritable religion nous enseigne et qu’il y a quelque grand principe de grandeur en l’homme et qu’il y a un grand principe de misère. Il faut encore qu’elle nous rende raison de ces étonnantes contrariétés ». [36] Or, ayant étudié les grandes religions, Pascal conclut qu’« aucune forme de pensée, aucune pratique ascétique et mystique ne peut offrir de voie de rédemption », si ce n’est par « le critère supérieur de vérité qu’est l’illumination de la grâce ». [37] « C’est en vain, ô hommes - écrit Pascal en imaginant ce que le vrai Dieu pourrait nous dire - que vous cherchez dans vous‑mêmes le remède à vos misères. Toutes vos lumières ne peuvent arriver qu’à connaître que ce n’est point dans vous‑mêmes que vous trouverez ni la vérité ni le bien. Les philosophes vous l’ont promis et ils n’ont pu le faire. Ils ne savent ni quel est votre véritable bien, ni quel est [votre véritable état] ». [38]

Arrivé à ce point, Pascal, qui a scruté avec la force rare de son intelligence la condition humaine, et l’Écriture Sainte, et encore la tradition de l’Église, entend se proposer avec la simplicité de l’esprit d’enfance en humble témoin de l’Évangile. Il est ce chrétien qui veut parler de Jésus-Christ à ceux qui décrètent un peu vite qu’il n’y a pas de raison solide de croire aux vérités du christianisme. Pascal, au contraire, sait d’expérience que ce qui est dans la Révélation non seulement ne s’oppose pas aux requêtes de la raison, mais apporte la réponse inouïe à laquelle nulle philosophie n’aurait pu arriver par elle-même.

Pascal, la controverse et la charité

Avant de conclure, il me faut évoquer les rapports de Pascal avec le Jansénisme. L’une de ses sœurs, Jacqueline, était entrée en religion à Port-Royal, dans une congrégation dont la théologie était très influencée par Cornelius Jansen, dit Jansénius, lequel avait composé un traité, l’ Augustinus, paru en 1640. Après sa « nuit de feu », Pascal était venu faire une retraite à l’abbaye de Port-Royal, en janvier 1655. Or, dans les mois qui suivirent, une controverse importante et déjà ancienne opposant les Jésuites aux “jansénistes” qui étaient attachés à l’ Augustinus, se réveilla à la Sorbonne, l’université de Paris. La querelle portait principalement sur la question de la grâce de Dieu, et sur les rapports de la grâce et de la nature humaine, en particulier son libre-arbitre. Pascal, quoiqu’il n’appartînt pas à la congrégation de Port-Royal, et qu’il ne fût pas un homme de parti – « Je suis seul […], je ne suis point de Port-Royal », [70] écrira-t-il – fut chargé par les Jansénistes de les défendre, notamment parce que son art rhétorique était puissant. Il le fit en 1656 et 1657, en publiant une série de dix-huit lettres, dites Provinciales.

Si plusieurs propositions dites “jansénistes” étaient effectivement contraires à la foi, [71] ce que Pascal reconnaissait, il contestait qu’elles fussent présentes dans l’ Augustinus, et suivies par les gens de Port-Royal. Certaines de ses propres affirmations, néanmoins, ayant trait par exemple à la prédestination, tirées de la théologie du dernier saint Augustin, dont les formules avaient été affûtées par Jansénius, ne sonnent pas juste. Il faut toutefois comprendre que, comme saint Augustin avait voulu combattre au V e siècle les Pélagiens, lesquels affirmaient que l’homme peut, par ses propres forces et sans la grâce de Dieu, faire le bien et être sauvé, Pascal crut sincèrement s’attaquer alors au pélagianisme ou au semi-pélagianisme qu’il croyait identifier dans les doctrines suivies par les Jésuites molinistes, du nom du théologien Luis de Molina, mort en 1600 mais à l’influence encore vivace au milieu du XVII e siècle. Faisons-lui crédit de la franchise et de la sincérité de ses intentions.

Cette lettre n’est certes pas le lieu pour rouvrir la question. Toutefois, ce qu’il y a de juste mise en garde dans les positions de Pascal vaut encore pour notre temps : le néo-pélagianisme, [72] qui voudrait que tout dépende « de l’effort humain canalisé par des normes et des structures ecclésiales », [73] se reconnaît à ce qu’il « nous enivre de la présomption d’un salut gagné par nos propres efforts ». [74] Et il faut maintenant affirmer que l’ultime position de Pascal quant à la grâce, et au fait en particulier que Dieu « veut que tous les hommes soient sauvés et parviennent à la pleine connaissance de la vérité » ( 1 Tm 2, 4), s’énonçait en termes parfaitement catholiques à la fin de sa vie. [75]

Comme je le disais au début, Blaise Pascal, à la fin de sa vie, brève mais d’une richesse et d’une fécondité extraordinaires, avait mis l’amour de ses frères à la toute première place. Il se sentait et se savait membre d’un seul corps, car « Dieu ayant fait le ciel et la terre qui ne sentent point le bonheur de leur être, il a voulu faire des êtres qui le connussent et qui composassent un corps de membres pensants ». [76] Pascal, à sa place de fidèle laïc, a goûté à la joie de l’Évangile, dont l’Esprit veut féconder et guérir « toutes les dimensions de l’homme » et réunir « tous les hommes à la table du Royaume ». [77] Alors qu’il compose sa magnifique Prière pour demander à Dieu le bon usage des maladies en 1659, Pascal est un homme pacifié qui ne se situe plus dans la controverse, ni même dans l’apologétique. Très malade et sur le point de mourir, il demanda à communier, mais cela ne se fit pas immédiatement. Il demanda donc à sa sœur : « Ne pouvant pas communier dans le chef [Jésus-Christ], je voudrais bien communier dans les membres ». [78] Et il « avait un grand désir de mourir en la compagnie des pauvres ». [79] « Il meurt dans la simplicité d’un enfant », [80] dit-on de lui peu de temps avant son dernier souffle le 19 août 1662. Après avoir reçu les Sacrements, ses dernières paroles furent : « Que Dieu ne m’abandonne jamais ». [81]

Puissent son œuvre de lumière et les exemples de sa vie si profondément baptisée en Jésus-Christ, nous aider à parcourir jusqu’au bout le chemin de la vérité, de la conversion et de la charité. Car la vie d’un homme est si courte : « Éternellement en joie pour un jour d’exercice sur la terre ». [82]

Rome, Saint-Jean-de-Latran, le 19 juin 2023

FRANÇOIS

 

 

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[1] Pascal, Pensées, numérotation Lafuma, n. 199.

[2] G. Périer, Vie de M. Pascal, in Œuvres complètes, par M. Le Guern, I, Paris, 1998, p. 91.

[3] Pascal, Pensées, Laf., n. 270.

[4] Ibid., n. 148.

[5] Ibid., n. 417.

[6] Pascal, Entretien avec M. de Sacy, in Œuvres complètes, par M. Le Guern, II, Paris, 2000, p. 90.

[7] Pascal, Pensées ( Mémorial), Laf., n. 913.

[8] Pascal, Pensées ( Le Mystère de Jésus), Laf., n. 926.

[9] Exhort. ap. Gaudete et exsultate, n. 65.

[10] Ibid., n. 167.

[11] Pascal, Pensées, Laf., n. 12.

[12] G. Périer, op. cit., p. 64.

[13] Cf. ibid., p. 65.

[14] Ibid.

[15] « Pascal », in La Gloire et la Croix, Styles, II., Paris, 1972, p. 78. 

[16] Pascal, Pensées, Laf., n. 307.

[17] Ibid., n. 110.

[18] Ibid., n. 533.

[19] Cf. Pascal, Entretien avec M. de Sacyop. cit., p. 98.

[20] Cf. Pascal, Pensées, Laf., n. 208.

[21] Ibid., n. 200.

[22] Ibid., n. 199.

[23] Ibid., n. 427.

[24] Exhort. ap. Evangelii Gaudium, n. 231.

[25] Pascal, Pensées, Laf., n. 678.

[26] Exhort. ap. Evangelii Gaudium, n. 232.

[27] Pascal, Pensées, Laf., n. 114.

[28] Ibid., n. 117.

[29] Ibid., n. 427.

[30] Ibid., n. 136.

[31] Ibid., n. 622.

[32] Ibid., n. 148.

[33] Ibid., n. 116.

[34] Ibid., n. 131.

[35] Ibid., n. 613.

[36] Ibid., n. 149.

[37] H.U. von Balthasar, op. cit., p. 82.

[38] Pascal, Pensées, Laf., n. 149.

[39] Pascal, Pensées ( Mémorial), Laf., n. 913.

[40] Catéchèse, 3 juin 2020.

[41] Pascal, Pensées Mémorial), Laf., n. 913.

[42] Ibid.

[43]

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Publié le par Jean-François Guerry
Inès Weber

Inès Weber

L’IMPOSSIBILITÉ D’ÊTRE SOI ? Part VII et Fin

 

 

« Prendre son vol chaque jour au moins un moment qui peut-être bref, pourvu qu’il soit intense. Chaque jour pour un exercice spirituel seul ou en compagnie d’un homme qui veut lui aussi s’améliorer aimer tous les hommes libres, s’éterniser, s’améliorer en se dépassant. »

Georges Friedmann- La Puissance et la Sagesse.

 

Les exercices spirituels transforment, métamorphosent l’homme en humain, ils s’adressent à l’essentiel de l’homme son être intérieur. Ils sont de deux catégories disait Pierre Hadot de formation et d’application. Bien de formation et non d’information, parce qu’ils theoria et praxis. Ils sont des pratiques, des travaux, une méthode pour la conversion du regard, pour voir le réel, le beau, le bon, le vrai, le juste. Ils dépassent la recherche exclusive d’un bien être intérieur personnel, leur application est la possibilité de transformation de notre être, mais aussi du monde. Ils sont un chemin vers soi, ver l’autre, vers les autres. Pierre Hadot, philologue, philosophe spécialiste de l’antiquité grecque et romaine l’avait compris, il en a fait l’œuvre de sa vie, une œuvre de vie. Car après tout, la vie ce n’est pas que des frigidaires, des budgets financiers, de la politique ou des mots croisés… Comme le disait Saint-Exupéry : « Au fond il n’existe qu’un seul et unique problème sur terre. Comment redonner à l’humanité un sens spirituel. »

C’est sans doute imprégné de ces influences et de ces réflexions que Xavier Pavie agrégé de philosophie et professeur en école de commerce a poursuivi ce chemin tracé par Pierre Hadot qui mène à la pratique des exercices spirituels en essayant de les mettre en application dans sa propre vie, répondant positivement à Socrate qui qui demandait à celui qui parlait de justice qu’attends tu pour la pratiquer !

Il y a quelques années, j’ai eu un bref échange avec Xavier Pavie à propos des exercices spirituels et de leur pratique. Il déplorait le manque de pratique de ces exercices dans notre société, il déplorait aussi le manque de lieux de pratique. Je lui dis alors, que personnellement j’avais trouvé la possibilité de cette pratique au sein de la Franc-maçonnerie et qu’il existait des lieux de pratique, les loges maçonniques pourvu que les travaux soient consacrés à la spiritualité et à la transmission de la tradition et non des forums politiques et économiques précisant qu’ils existent pour cela des organisations et des lieux plus adaptés et beaucoup plus compétents. Je lui précisais aussi, que ce n’est pas un hasard si les racines profondes de la Franc-maçonnerie plongent aussi dans les valeurs et les vertus de la philosophie de l’antiquité, pourvu qu’elle soit à la fois theoria et praxis. C’est ce qui humblement m’a mené quelques années plus tard à l’écriture de mon livre : Exercices spirituels antiques et Franc-maçonnerie.

Inès Weber poursuit cette route avec son regard de psychologue praticienne et l’éclairage qu’elle reçoit de ses patients à la recherche de la lumière. Ainsi, le retour à l’essence, à l’essentiel s’impose naturellement à elle. Il en résulte l’impératif d’Être soi, nous seulement pour soi, mais aussi pour le monde, toute analogie avec l’initiation maçonnique est valable. Elle décrit dans la deuxième partie de son livre comment espérer y parvenir. Par les percées de l’être à partir des expériences paroxystiques de Karlfried Graf Dürckeim. Ce sont des exercices qui permettent l’élévation de l’être au-dessus de lui-même, en quelque sorte des élévations de conscience, méthode partagée avec la Franc-maçonnerie.

J’ai relevé aussi dans son livre de nombreuses références à Pierre Hadot, en particulier celle-ci bien à propos en cette période où l’on fête Saint-Jean Baptiste. Hadot a écrit : « Nous ne sommes que ce dont nous avons conscience et pourtant nous avons conscience d’avoir été plus que nous-mêmes dans les moments précis où, nous élevant à un niveau de simplicité intérieur, nous avons perdu conscience de nous-mêmes. » (Pierre Hadot – Plotin où la simplicité du regard- Éditions Gallimard Folio 1997 Page 40). Cela bien sûr, nous rappelle les paroles de Jésus dans l’Évangile de Jean 3-30 : « Il faut que je croisse et que je diminue. »

Inès Weber dans la dernière partie de son livre, contrarie avec bonheur le titre de mes articles L’impossibilité d’être soi ? Vous aviez remarqué néanmoins la forme interrogative. Inès Weber propose à ses lecteurs et à ses patients, par la pratique d’exercices spirituels de mieux vivre, et d’être soi. Comment ? En repérant certains moments de sa vie où l’on se sent bien, en privilégiant les rencontres avec les autres, certaines rencontres qui nous font du bien, en pratiquant la méditation même brève mais régulière. Cela fait nous rappelle la pratique de l’empereur stoïcien Marc Aurèle, qui chaque jour écrivait ses pensées pour lui-même. Il était d’ailleurs persuadé qu’elles ne seraient pas éditées et ne franchiraient ni l’espace, ni le temps. C’était donc bien dans le but de son amélioration personnelle. Inès Weber nous recommande donc toutes les expériences de l’être pour être soi. Elle convoque aussi souvent Jung, ainsi Dans l’homme à la découverte de son âme. Jung donne ce conseil : « Aussi faut-il que l’homme qui a fait l’expérience se mette en chemin pour devenir et être, petit à petit, celui qu’il a reconnu le temps de l’expérience. »

Puis les chapitres du livre de Inès Weber sont égrenés comme autant de pierres posées à terre sur notre chemin, qu’il nous suffit de saisir pour les tailler et les polir : de l’expérience à l’exercice, pour s’améliorer, se transformer. C’est-à-dire être le même et différent à la fois, briser l’écorce, faire tomber les voiles qui masquent notre énergie spirituelle cachée dans notre intérieur, notre Maître Secret. Faire l’expérience de l’être, de cette paix particulière qualifiée par Romain Rolland de Sentiment Océanique, (A ce propos je vous recommande encore la lecture du Blog de Jean Dumonteil  Sentiment Océanique. Jean Dumonteil est le Directeur de la rédaction des Cahiers de l’Alliance Maçonnique – G L A M F).

Ce que nous propose Inès Weber est une voie initiatique pour nous unifier, pour devenir Un et prendre conscience de ce qui unit toute chose, c’est aussi un chemin universel, fraternel.

À chacun de chercher et de trouver sa voie, pour sa pratique qui doit provoquer des changements d’états d’être, la conversion du regard. Un travail que les Francs-maçons commencent en Force à colonne B, puis persévèrent en établissant cette force à la colonne J. En se consacrant régulièrement à leurs travaux avec l’assiduité indispensable sans laquelle toute progression, toute élévation de conscience est impossible. C’est le rappel de la citation de Georges Friedmann en début d’article. Reprendre en main sa vie et lui donner un sens plus spirituel, plus humain.

Inès Weber insiste en fin de son ouvrage sur besoin des autres pour être soi je ne puis qu’abonder, c’est la spécificité de l’initiation maçonnique ; qui semble être donc une voie royale pour la possibilité d’être soi.

 

                                            Jean-François Guerry.

L'IMPOSSIBILITÉ D'ÊTRE SOI ? Part VII- Fin

Notes Éditeurs :

 

PHILOSOPHIE

Exercices spirituels et philosophie antique

En prenant à son compte la distinction que proposaient les stoïciens entre le discours sur la philosophie et la philosophie elle-même, Pierre Hadot a toujours placé au centre de ses préoccupations la philosophie en la concevant comme une métamorphose totale de la manière de voir le monde et d'être en lui.
En s'interrogeant notamment sur les « expériences de pensée » dans l'Antiquité, sur la figure de Socrate, sur la lecture que Michelet fait de Marc Aurèle, il montre de manière lumineuse que les Anciens concevaient la philosophie comme un mode de vie, comme un effort concret de transformation de soi par la méditation, comme un exercice spirituel de chaque instant vers la sagesse.


Réédition du grand classique épuisé de Pierre Hadot, véritable « livre culte », augmentée de la Leçon inaugurale au Collège de France et de divers articles, eux aussi introuvables, publiés dans des revues confidentielles.

L'IMPOSSIBILITÉ D'ÊTRE SOI ? Part VII- Fin

 

Xavier Pavie : Exercices Spirituels Philosophiques.

Résumé

L’exercice spirituel philosophique s’élabore essentiellement pendant l’Antiquité. Stoïciens, épicuriens et cyniques appellent à développer la sérénité face aux incertitudes de l’existence en vue d’une vie meilleure. Ils s’attellent alors à mettre au point des techniques et méthodes, afin d’aider l’homme à surmonter les maux, les douleurs et les obstacles quotidiens. Véritable mode de vie, la pratique de la philosophie comme exercice spirituel perdure malgré la concurrence de la religion chrétienne au Moyen Âge, à la Renaissance, à l’Âge classique et jusqu’à nos jours.

De Marc Aurèle à Foucault et Thoreau en passant par Kant et Montaigne, cette anthologie, unique en son genre, regroupe les textes fondateurs des exercices spirituels de cinquante philosophes. Articulée autour de neuf thèmes, elle propose une fascinante traversée de l’histoire de la philosophie : une référence utile tant pour le spécialiste que pour le lecteur qui s’intéresse à la philosophie comme manière de vivre.

Caractéristiques

Nombre de pages: 

336

Code ISBN: 

978-2-13-082507-4

Numéro d'édition: 

1

Format

15 x 21.3 cm 

Sommaire

Citations

« La philosophie est une manière de vivre, cela signifie qu’elle a une prise directe avec le monde et n’est pas seulement dans une forme spéculative. »

L'IMPOSSIBILITÉ D'ÊTRE SOI ? Part VII- Fin

 

 

Jean-François Guerry : Exercices Spirituels antiques et Franc-Maçonnerie.

 

Les hommes cherchent à découvrir leur être intérieur. Ils recherchent la connaissance par un retour à l’essence de leur soi. Construire leur temple intérieur pour pouvoir participer à la construction du monde qui les entoure, trouver leur juste place.

Comment y parvenir ? La philosophie antique était theoria et praxis. Elle était un art de vivre. La Franc-maçonnerie est aussi un art parfois qualifié de royal., un art qui impose de Savoir, Comprendre et Agir. L’observation de la pratique maçonnique démontre que les travaux maçonniques sont de véritables Exercices Spirituels.

On peut vivre sans la philosophie, comme l’on peut vivre sans la Franc-maçonnerie, mais moins bien.

 

Académie Maçonnique Provence Éditions Ubik Prix 16,50 €

253 Pages Préface de Charles Bernard-Jameux.

L'IMPOSSIBILITÉ D'ÊTRE SOI ? Part VII- Fin

Inès Weber – Être soi-  Une quête essentielle au service du monde.

 

Inès Weber

EAN : 9782072990304 
256 pages 

GALLIMARD (06/04/2023) 

4.4/5   5 notes

Résumé :

La plupart des personnes qui consultent un psychologue ressentent une insatisfaction profonde, alors même qu’elles pourraient avoir toutes les raisons d’être heureuses selon les critères standards du bonheur : loisirs, divertissements, vie sociale, etc. La somme de tous ces acquis n’est pourtant pas égale au bonheur. Il leur manque l’essentiel.
Dans notre monde contemporain, tout est tourné vers l’avoir ou le paraître. C’est l’inflation des besoins matériels au détriment des aspirations spirituelles, et dès lors, même si notre moi se porte bien, on peut souffrir d’un mal-être que notre système économique, en bon prédateur, sait tourner à son profit. Le besoin d’être soi est donc devenu un de ses appâts publicitaires favoris : « soyez comme vous êtes », « devenez le meilleur de vous-même », « osez vivre votre vie ».
À travers ce premier essai lumineux, la jeune psychologue Inès Weber nous met pourtant en garde. Quel « être soi » authentique mérite d’être visé ? Comment ne pas tomber dans une consommation de bien-être et comment se chercher au-delà de ce que la société nous conditionne à être ?
Bien des sagesses et philosophies anciennes nous invitent précisément à chercher en nous ce qui nous dépasse. L’auteur ouvre des pistes de résistance aux aliénations et montre le chemin d’une quête intérieure aussi exaltante qu’exigeante.

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Publié le par Jean-François Guerry

MALRAUX S’EST-IL TROMPÉ ?

 

André Malraux (1901-1976) aurait dit ou pas ? Le XXIème siècle sera spirituel. Il est peu probable qu’il est dit religieux à la place de spirituel. Peu importe au fond, on ne peut que constater qu’il n’est ni religieux, ni spirituel, il est plutôt matérialiste et individualiste.

Ceux qui ne sont pas pris dans la tourmente du brouhaha des mots, qui sont encore des chercheurs de sens, font la distinction entre religieux et spirituel.

Pour ce qui est du religieux, il est mal en point. Georges Bernanos (1888-1948), précéda Malraux dans l’écriture. Il a reçu beaucoup de pierres suite à son engagement de jeunesse dans l’Action Française qu’il quitta en 1932. Il lutta ensuite contre le franquisme et pris la défense de Francisco Ferrer, parallèlement il s’insurgea contre le clergé catholique espagnol qui soutenait Franco. On reprocha aussi à Bernanos son soi-disant antisémitisme, qui fût orchestré de l’étranger pour lui nuire. Une chose est sûre, en creux il dénonçait le manque de spiritualité de la société de son époque, cela n’a fait si j’ose dire que d’empirer. Ainsi tous ceux qui combattent les religions en les assimilant à leurs clercs, contribuent à l’affaiblissement de la spiritualité. Le message d’amour de Dieu pour les hommes, même si pour les non croyants il est de l’ordre du symbole ou de la légende, est quand même remarquable. Quel plus témoignage que d’offrir en sacrifice la vie de son fils pour le salut des hommes. Celui qui, n’a eu de cesse que de transmettre la loi d’amour, qu’il soit Dieu ou un principe mérite notre respect. Son désir d’une société d’amour, de justice, plutôt que de haine, de vengeance et d’injustice a droit à notre bienveillance, notre reconnaissance pour son message quel que soit nos opinions.

Bernanos croyant a pourtant été sans nuance à propos du diable il écrivait : « Le plus sûr témoignage de la conquête de Satan, ce n’est pas la bombe atomique, c’est la lâcheté des gens d’Église en face d’une société qui depuis des siècles se fortifie contre Dieu et avec laquelle ils n’en sont pas moins toujours disposés à signer des concordats avantageux. » Il n’y avait paraît-il aux obsèques de Georges Bernanos pourtant fervent croyant, pas un seul représentant de l’Église !

Les Églises, sous les coups de boutoir du matérialisme et de l’individualisme, n’a pas eu le courage suffisant pour défendre la spiritualité qui élève l’homme vers le principe créateur, elle a laissé la place aux marchands du Temple qui s’en sont emparée avec plus ou moins de sincérité. Les Églises se sont embourbées dans leurs dogmes, fortifiant ainsi trop souvent les intégrismes.

Parler aujourd’hui de spiritualité celle qui pourtant fait des hommes des humains est une gageure, cela fait sourire les plus compréhensifs, les autres vous prennent pour un illuminé dans le mauvais sens du terme. C’est pourtant la spiritualité, qui fait que les hommes ne sont pas que des objets pour un marché, c’est ce qui permet de faire passer l’être devant l’avoir. La spiritualité étant devenu presque un gros mot, en courbant la tête on l’affuble d’adjectifs cela la rend croit-on plus présentable ! On parle par exemple de spiritualité laïque qui serait gratifiante et d’usage facile pour les non croyants, ont-ils vraiment besoin de cet adjectif ? Est-il si redoutable de se voir qualifié d’être spirituel ? D’autant plus que pour moi, le mot laïque adossé au mot spiritualité n’a pas sa place. En effet la laïcité est un corpus législatif inhérent à la France, un ensemble de lois qui régit le vivre ensemble de personnes ayant des opinions, des religions différentes et qui reconnaissent leur appartenance commune à la république française. Pour moi toujours la laïcité est respectable, j’adhère à ses valeurs qui me semble être le juste mot plutôt que vertus. Mais je n’y discerne pas la spiritualité qui encore une fois est une sans adjectif. L’on peut concevoir certes des formes de spiritualité qui soient laïques, religieuses ou autres, elles ne seraient que greffes d’un principe unique. Il suffit de constater l’échec de la Déesse Raison que la révolution a voulu imposer comme un ersatz de Dieu.

La spiritualité est porteuse d’espérance pour la société, cette espérance qui porte sur ses ailes la Foi et la Raison, elle permet de sortir de la dictature de l’avoir au profit de l’être, moteur du réel, qui permet l’expansion de notre soi.

Concernant les clercs des Églises cités plus haut, je ne jette pas le bébé avec l’eau du bain. Ce sont des hommes qui pour la plupart d’entre eux sont remarquables de dévouement pour les hommes leurs frères, comme sont tout aussi remarquables les non croyants qui participent dans la société au Care de celle-ci. Ces hommes sont tous des figures de sages remplis de spiritualité et d’humanité. Je dirais, qu’ils ont accueillis en eux la lumière spirituelle, ils sont des illuminés au bon sens premier du terme. Ils ont désirés la lumière, ils l’ont reçue et ils en donnent tous les jours à leurs frères.

Alors Malraux s’est-il vraiment trompé, ou voulait-il transmettre un message d’espérance, de l’espérance de voir la spiritualité inonder de sa lumière le cœur des hommes. Espérons en confiance et en sérénité, particulièrement en ce moment où la Lumière est à son apogée par Saint-Jean !

 

                                            Jean-François Guerry.

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LE SILENCE ET LA PAROLE

LE SILENCE ET LA PAROLE

 

« Le silence est la plus haute sagesse de l’homme. »

Pindare Poète auteur de deviens ce que tu es.

 

Au commencement était le verbe, ainsi débute le texte du prologue de l’évangile de Saint-Jean. Le texte de la genèse lui commence par au commencement était les ténèbres couvraient l’abîme, donc le vide. On peut imaginer qu’il régnait un silence profond, un silence de mort, un silence assourdissant ? Ou n’est-ce pas le tumulte de notre de société qui est assourdissant, une société qui va jusqu’à réduire le silence aux minutes de silence pour des moments exceptionnels. Aujourd’hui celui, qui ne coupe pas la parole ne peut plus s’exprimer. Silence et respect ne sont plus en vogue.

Le silence qui régnait dans l’abîme, était l’annonce d’un secret le plus grand d’entre tous, celui de la création pas encore dévoilé ni expliqué totalement à ce jour. Puis vint le souffle annonciateur de la parole créatrice celle qui nomme, qui œuvre. Dieu dit par huit fois ! Et sa parole déchira le voile du silence et des secrets. La parole illumina les ténèbres, la parole sépara les eaux, elle fit naître la nature et les astres, puis les êtres vivants, puis enfin l’homme finalité de la création. Jean nous dit que la parole, logos, lumière n’a pas été reçue par tous. Mais que ceux qui l’ont reçue, ceux qui ont été capables de faire silence en eux pour l’accueillir sont devenus des enfants de la lumière, ceux-là connaissent la vraie vie, celle de l’esprit. Ils ne sont pas la lumière, le principe, mais ils sont à l’image du principe. Ils ont uni en eux la chair et l’esprit, le matériel et le spirituel. Le souffle primordial a déposé dans le cœur de l’homme, l’étincelle de lumière qui embrase l’être.

Le rite maçonnique prend son sens, dans la recherche de la lumière et de la parole perdue. Il fait sens dans sa progression en passant des ténèbres à la lumière, du silence de la méditation au balbutiement des premiers mots donnés. Ces mots qui ouvrent la porte du secret, celle du dedans, passage vers le sacré. L’homme, l’œuvre et le principe fusionnent et font ensemble une harmonie universelle.

Le rite par sa pratique relie le corps et l’esprit, le silence de la méditation créé l’harmonie dans l’homme. L’alternance du silence et de la parole me semble propice à faire naître la lumière du sacré. L’homme qui a reçu en silence la lumière, qu’il attendait, qu’il cherchait, qu’il demandait, submergé par l’émotion balbutie, l’instar de Moïse dont la légende dit qu’il était bègue. Puis éclairé par le buisson ardent, comme le Compagnon éclairé par lumière du soleil, il parcourt les deux sphères. Le Maître conscient de son garde le silence sur les secrets qui lui ont été confiés, jusqu’au péril de sa vie, puis se fait un silence de mort, les ténèbres recouvrent à nouveau la terre. Salomon le Roi de justice, ne perdant pas espoir faire renaître le Maître qui reparaît plus radieux que jamais illuminé, transformé. Plein d’espérance les Frères glorifiés par le laurier et l’olivier les Maîtres Secrets écoutant en silence leur Maître intérieur, conscient de leur Devoir partent la recherche de la Parole perdue ; espérant au terme de leur quête contempler dans la Voûte Sacrée de leur cœur le principe, ne pouvant prononcer son nom ils espèrent pouvoir l’épeler alors leur chemin pourra continuer.

                                                     Jean-François Guerry.

LE SILENCE ET LA PAROLE
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Angel Fajardo y Sorribes -

Angel Fajardo y Sorribes -

RECENSION : Les Racines du Rite Écossais Ancien et Accepté – Angel Fajardo  y Sorribes– Part II-

 

Approfondir sa recherche de la Connaissance et de la Vérité, c’est le but que s’assignent tous les chercheurs de lumière, de la Lumière. Approfondir c’est aller jusqu’aux racines, aux sources. Si le passage par l’histoire et les savoirs s’impose il ne peut être le but ultime. Les compilations des savoirs étonne, parfois surprend, voir séduit. L’habileté de certains érudits à les mettre en scène rassemble autour d’eux des curieux. Il est une autre dimension de la Connaissance, celle pour qui les savoirs ne sont que étapes, sur parfois des chemins différents, cette autre dimension ouvre les portes du sacré, sans jamais nier la raison elle tient compte de ce qui la dépasse, de ce qui est au-delà. On peut parler de l’éclosion d’une énergie, d’une puissance spirituelle. Cette spiritualité enfouie dans les racines même de ce qui fait l’homme, cette spiritualité est la lumière qui luit parfois faiblement dans les ténèbres. Angel Fajardo associe dans son ouvrage, je dirais la raison et la foi comme les deux ailes de l’espérance de faire grandir un peu plus l’homme et l’humanité. La voie qu’il emprunte est celle du Sacré, un Sacré libéré qui dépasse toutes religion spécifique, le Sacré d’une religion primordiale universelle, qui ouvre les cœurs à une spiritualité sans dogmes, sans frontières, sans adjectifs même, une spiritualité pure unique simple. Une spiritualité capable de mettre de la joie dans tous les cœurs.

Cette démarche passe par l’observation et la connaissance des liens qui unissent les rites sacrés, il suggère au chercheur prendre en main le ou les fils à tirer pour se diriger vers le centre de l’idée, de l’esprit, ces fils d’Ariane sont donnés par le rite, comme méthode initiatique. C’est donc naturellement que s’enchaine les chapitres de son livre, il tire du plus profonds de la terre rites sacrés du Chamanisme, ou encore la Danse présente dans la Bible avec David. Il évoque les lieux de rencontres, les lieux sacrés comme l’endroit où Moïse fût face à l’éternel, au principe. Il suggère encore que les lieux sacralisés comme le Temple maçonnique font prendre conscience aux Sœurs et aux Frères qui sont dans un lieu médian, central, ce n’est pas par hasard qu’ils sont invités à regarder le centre de la loge où le fil à plomb descend de la voûte céleste, et il descendra bientôt jusqu’au centre de la Voûte Sacrée. Les Sœurs et les Frères conscients qu’ils sont dans un lieu particulier répondent avec Force à l’appel de leur nom Présent ou en Loge. Comme le dit l’auteur le lieu, la loge est alors propice à la transcendance. Je le cite : « Le Sacré apparaît comme une expérience ancrée tout autant dans le monde profane comme dans un lieu Sacré mystique le plus élevé celui de la Transcendance. Il unit ces deux substances qu’il attire vers lui comme un Graal, servant de médiateur entre l’horizontal et le vertical. »

Le Sacré est la voie initiatique vers la Tradition Primordiale. Il est le moteur des premiers pas vers la connaissance de soi. Ainsi la loi Sacrée est lumière, le Volume de la Loi Sacrée est le symbole de cette Grande Lumière, placé sous l’Équerre et le Compas il diffuse son énergie dans ces deux autres Grandes Lumières de la Franc-Maçonnerie.

Dans un autre chapitre l’auteur nous indique pourquoi Beith est la première lettre et pas la seconde, reliée avec Boaz. Il dévoile aussi pourquoi Aleph dissimule la Vérité imprononçable, ce qui naturellement vous conduira à la connaissance de Tsimtsoum la Lumière Suprême.

Après avoir établit le rapport entre la matière et l’esprit, le rite invite l’initié à aller vers les hautes sphères de la spiritualité, de la connaissance spirituelle en se rapprochant de son Maître Secret, qui n’est autre que son Maître Intérieur. Le Secret, indique la voie vers le Sacré et l’infini. L’auteur souligne que matière et esprit ne sont pas en opposition, l’esprit aide la matière à se débarrasser de ses encombrants, vidée elle peut se reconstituée avec la puissance de l’esprit, ainsi l’homme s’élève, vers le meilleur de lui-même sa spiritualité. Il écrit : « La spiritualité donne une autre vie à la vie. » Quel beau message d’espérance !

Ouvrir la porte du Sacré. C’est ce que propose le Rite et c’est s’ouvrir à la spiritualité. Je cite pour conclure Angel Fajardo : « Notre rite apparaît comme le fleuve ouvrant la porte du Sacré, pourra faire découvrir l’étincelle première du monde spirituel au profane devenu initié. »   

 

                                                     Jean-François Guerry.

 

À SUIVRE….

 

À LIRE : Angel Fajardo y Sorribes- LES RACINES DU RITE ÉCOSSAIS ANCIEN ACCEPTÉ.

 

Éditions CoolLibri.com  www.coollibri.com 241 pages Illustrations.

Prix : 28 €.

RECENSION : Les Racines du Rite Écossais Ancien et Accepté – Angel Fajardo  y Sorribes– Part II-
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Publié le par Jean-François Guerry
Un lecteur du Blog Joël me signale bien à propos que Michel Guerhart n'a pas été Grand Maître de la La Grande Loge de France, mais Grand Expert.Veuillez m'excuser pour cette erreur reprise dans le texte de France Culture.

 

Jean-François Guerry

Texte de France Culture

Retour sur un livre sur l’initiation, qui décrypte les significations potentielles du rituel d’initiation au 1er degré du Rite Ecossais Ancien et Accepté, caractérisé par une forte composante symbolique et spirituelle.

Il n’y aurait pas d’autres secrets en Franc Maçonnerie que l’initiation. Cependant les auteurs du livre, Alain Graesel et Michel Guerhart, tous deux Ancien Grand Maitre de la Grande Loge de France, expliquent pourquoi leur essai ne dévoile rien et ne brise aucun tabou. L’initiation est une expérience intime qui se vit pleinement et donc difficilement communicable.

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Publié le par Jean-François Guerry
Inès Weber

Inès Weber

L’IMPOSSIBILITÉ D’ÊTRE SOI ? Part VI-

 

 

Je reprends ma réflexion inspirée par la lecture du livre de Inès Weber : Être soi, une quête essentielle au service du monde. Plus j’avance dans sa lecture, plus je découvre des analogies avec la quête initiatique de la Franc-maçonnerie.

Dimanche matin, j’ai été interpellé par une émission de la Radio France-Culture. Alain Graesel et Michel Guerhart, deux anciens Grands Maîtres de la Grande Loge de France s’exprimaient sur l’initiation maçonnique au 1er degré du Rite Écossais Ancien et Accepté. Leur analyse sur l’initiation m’est apparue être en symbiose avec la quête de l’essentiel de Inès Weber. Tous les trois font d’ailleurs référence à Mircea Eliade anthropologue et historien des religions qui définit ainsi l’initiation : « L’initiation équivaut à une mutation ontologique du régime existentiel. » Cette définition concise se suffit à elle-même, c’est pourquoi, c’est avec humilité que je l’étaye avec le fruit de mon expérience. Non pas pour exprimer le ressenti de ma propre cérémonie d’initiation, chacun ayant vécu personnel de cette mutation. Mais pour en saisir les caractéristiques communes, c’est une rupture avec le monde des apparences, pour pénétrer l’essence de l’homme, aller à l’essence, à l’essentiel, c’est convertir son regard sur soi-même et sur le monde. L’initiation quand elle se réalise, confirme la possibilité d’être. Dans le sens où l’être peut devenir ce qu’il est réellement, devenant plus numineux, plus spirituel et plus humain. Cette approche du nouvel être, du nouvel état d’être est une ouverture vers les autres, une fraternité qui se réalise et s’amplifie au fur et à mesure de la progression initiatique. Cette fraternité qui est capable de mettre de la joie dans les cœurs. Elle repousse la haine et la vengeance en associant la justice à l’amour. Elle impose à celui construit en conscience son être intérieur, de le protéger de tous les effets néfastes qui pourraient l’atteindre, sa dignité ne doit pas être atteinte. Si la tolérance est une vertu maçonnique, elle n’est pas soumission au mal.

L’intervention des deux Anciens Grands Maîtres de la Grande Loge de France, se termine ainsi : « La quête de la tradition serait donc une quête du sens de l’être et de l’existant. »Ce que Inès Weber à mon sens renforce en écrivant : « C’est une quête essentielle au service du monde. » Ainsi, ceux qui s’interroge sur le but de leur cheminement, ou pourquoi la Franc-maçonnerie cette vieille dame de plus de 300 ans est encore bien vivante trouve là une réponse, le perfectionnement de l’homme et de l’humanité est sans limites les ouvriers de génération en génération se succèdent dans la construction de cette œuvre universelle.

Pourquoi entreprenons-nous cette quête de l’essence ? Parce que le monde le matériel, n’est qu’une suite, une somme d’insatisfactions, ce monde vulgaire ignore le sacré et son sens, il ignore le besoin de spiritualité. Nous souffrons donc d’incomplétude. Il ne s’agit pourtant pas de tomber dans la facilité du concept du bouc émissaire. D’être persuadé qu’en toutes choses, en toutes circonstances, nous détenons la vérité et nous agissons bien, cela serait céder à l’hubris des grecs. Le coupable est avant tout nous-mêmes, il est de notre responsabilité d’être ferme, actif, courageux, d’accepter notre part d’ombre, mais de travailler aussi à distinguer le bien du mal, d’avoir la volonté d’agir. Il ne nous faut pas tomber dans la passivité du confort apparent de l’inaction. Inès Weber nous cite Épicure qui dans sa lettre à son ami Ménécée propose une éthique pour aller vers le bonheur de l’âme. « Jamais il n’est trop tôt ou trop tard pour travailler à la santé de l’âme. » Ainsi, j’ai vu trop souvent sur les colonnes des loges, des sourires incrédules vis-à-vis de très jeunes frères apprentis ou des apprentis à barbe blanche et qui entament ensemble leur quête. Ils sont comme de jeunes lièvres qui tremblent les yeux ouverts sous la lumière pâle de la lune qui reflète la grande lumière du soleil. Ils n’ont plus d’âge, il n’y a pas d’âge pour la recherche du juste, du vrai, du beau, du bon.

De notre capacité à faire silence en nous, dépend notre possibilité de faire le vide en nous et de nous séparer des tumultes qui nous entourent. Pour être dans un état de réceptivité de la Lumière de ce premier rayon qui passe sous la porte de notre être intérieur, cette porte du dedans. Comment y parvenir en éclaireuse Inès Weber, nous propose de repérer : les percées de l’être. Ces moments, ces instants où nous sommes touchés, par la beauté du monde et des choses, où nous sommes touchés par des rencontres magiques, sacrées, des événements qui éclairent notre chemin. Il nous faut nous préparer à recevoir ces fulgurances spirituelles. La préparation est nécessaire et essentielle au risque de manquer les rendez-vous avec la lumière de la vérité. Les Francs-maçons savent combien sont importants les préliminaires de la préparation d’un profane avant sa cérémonie d’initiation et combien il est aussi important que les Frères se préparent eux-aussi pour l’accueillir. Plus la cérémonie initiatique sera préparée, plus la lumière surgira de la mémoire du postulant, il aura ce sentiment d’avoir retrouvé au fonds de lui ce qui lui cachait le voile des apparences. Quand les yeux sont dessillés la Grande Lumière Fiat Lux réapparait.

 

                                                     Jean-François Guerry.

À SUIVRE.

 

À LIRE : Inès Weber Être soi, une quête essentielle au service du monde. Éditions Gallimard. 

L'IMPOSSIBILITÉ D'ÊTRE SOI ? Part VI-
L'IMPOSSIBILITÉ D'ÊTRE SOI ? Part VI-
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RECENSION : LES RACINES DU RITE ÉCOSSAIS ANCIEN ET ACCEPTÉ - Angel Fajardo

RECENSION : LES RACINES DU RITE ÉCOSSAIS ANCIEN ET ACCEPTÉ- auteur Angel Fajardo y Sorribes – Part – I-

 

 

Le thème choisi par l’auteur est ambitieux, de nombreux livres ont déjà été écrits sur le Rite Maçonnique le plus pratiqué dans le monde. L’originalité de l’ouvrage réside comme l’indique Angel Fajardo dans une recherche et analyse spirituelles sur des événements fondateurs de notre Tradition au regard des grandes civilisations. (1)

Angel Fajardo y Sorribes

Il précise le pourquoi de sa démarche, qui s’inscrit parfaitement dans celle de l’initiation maçonnique en général et du Rite Écossais Ancien et Accepté en particulier. Parce que, quand l’initié est parvenu à un degré suffisant de connaissance de son rite, au terme d’une pratique sur le temps long, son devoir lui impose de transmettre ce qu’il a reçu. L’auteur apparaît donc pleinement qualifié après plus de cinquante années de pratique, un demi-siècle ! Il sait que ce sont les lumières du passé qui lui ont permis de vivre son rite au présent et d’éclairer son avenir en tant qu’homme et sa place dans le monde. Ce devoir de transmission, n’a rien d’une ambition personnelle, il a travaillé à la maîtrise de ses passions et de son ego, il transmet non pas pour lui, mais pour ses sœurs, ses frères et le monde en général.

L’ouvrage qui souligne le caractère universel du rite intéressera à la fois les initiés et ceux que l’on appelle les profanes en recherche de la Connaissance, de la Vérité, de l’harmonie de leur unité.

C’est Pierre Coïc, l’un de ses compagnons de route qui signe la préface, soulignant que :C’est un travail de recherche assez riche d’informations qu’il faudra savoir lire entre les lignes (2). Il y a lieu d’approfondir cette lecture, chacun trouvera la racine ou les racines qui lui correspondent le plus. On n’ouvrira certes pas ce livre par hasard, mais animé du désir de Savoir, Comprendre, pour ensuite Agir sur soi-même et avec humilité sur le monde.

Ce livre est un voyage, ou plutôt plusieurs voyages à travers les spiritualités de nombreuses civilisations. La métaphore qui a été choisie par l’auteur est celle de l’arbre qui grandit grâce à ses nombreuses racines, les branches, les rameaux, les feuilles sont en quelque sorte fécondées par une sève unique, cette sève permet leur développement, leur épanouissement. L’auteur dans son introduction nous parle d’une synthèse supérieure, je le cite : « Pour le Rite Écossais Ancien et Accepté toutes les religions lui paraissent contenir des vérités dont il est tenu compte en affirmant une synthèse supérieure. » (3) Je rajouterais que cette synthèse supérieure prend parfois d’autres noms chez d’autres auteurs comme : Religion Universelle ou Tradition Primordiale, tous ces noms sont l’expression d’une Fraternité Universelle. Le terme synthèse me semble bien choisi, il est aussi l’expression d’une bienveillance, d’une tolérance mais surtout d’une ouverture d’esprit trois qualités reconnues maçonniques. L’on discerne aussi que l’auteur se réfère à la constitution de la Grande Loge de France qui affirme que la Franc-maçonnerie est un ordre initiatique dont le fondement est la fraternité.

L’auteur nous rappelle que les racines les plus profondes du Rite sont ancrées dans la reconnaissance par ses membres d’un principe créateur et on d’un concept qui a pour nom le Grand Architecte de l’Univers, laissant chacun libre de son interprétation. La lumière du Rite repose aussi sur la loi sacrée symbolisé par son volume présent en loge et qui est généralement la Bible. Ce sont des points intangibles, des repères dans l’initiation maçonnique. Ils conduisent l’homme vers plus haut que lui, lui permettant de se rapprocher par élévation progressive de sa conscience vers l’Un ou au moins vers sa contemplation, comme le disait Plotin et de participer à un plan supérieur. Comme Ange Fajardo le souligne citant Plotin : (…) Alors, j’en suis sûr, je participe à un monde supérieur. (4)  

C’est à des découvertes passionnantes que nous invite Angel Fajardo, cela nécessite plusieurs articles.

                                            Jean-François Guerry.

À SUIVRE…

Notes : A Fajardo - Les Racines du Rite Écossais Ancien et Accepté.

  1. Angel Fajardo première de couverture.
  2. Pierre Coïc Préface page 7.
  3. Angel Fajardo Introduction page 11.
  4. Angel Fajardo Comme un arbre qui se façonne avec le temps Citation des Ennéades de Plotin- Traité 6 (IV,8), I,I,-II Page 16

 

À LIRE : Angel Fajardo y Sorribes- LES RACINES DU RITE ÉCOSSAIS ANCIEN ACCEPTÉ.

 

Éditions CoolLibri.com  www.coollibri.com 241 pages Illustrations.

Prix : 28 €.

RECENSION : LES RACINES DU RITE ÉCOSSAIS ANCIEN ET ACCEPTÉ - Angel Fajardo

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Besoin de profanes pour garnir les Colonnes ?
 
 

De nombreuses Loges peinent à conserver leur effectif et sont prêtes à accueillir de nouveaux membres. Mais où les trouver ? 
La « Source aux profanes » reçoit des centaines de demandes. Vous pouvez créer des alertes pour recevoir un courriel en cas d'inscription dans votre département. 

Nous sommes rendus bien bas ! La prochaine étape c'est une prime aux premiers inscrits, puis un chèque aux premiers ayant signés ! Enfin en toute fraternité ce n'est qu'un avis personnel.

Il faut oser relayer ce genre de proposition.

Bon courage pour les loges d'accueil et leurs seconds surveillants.

Jean-François Guerry

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Publié le par Jean-François Guerry
L'IMPOSSIBILITÉ D'ÊTRE SOI ? Part V

L’IMPOSSIBILITÉ D’ÊTRE SOI ? Part V.

 

Nous arrivons au point V de cette réflexion sur le soi, c’est-à-dire sur ce qui constitue l’essentiel, l’essence de l’homme. Quoi de plus normal le V étant le nombre symbolique de l’homme, cet homme tracé par l’architecte Vitruve, et dont Léonard de Vinci a renouvelé le dessin à la Renaissance en précurseur du siècle des lumières sans aucun doute à dessein.

Au point donc où j’en suis rendu à la fois à lecture du livre de Inès Weber : Être soi, une quête essentielle au service du monde et des réflexions, que cette lecture suscite en rapport avec mon initiation maçonnique. Le chapitre du livre Être soi comme un dépassement du moi, concrétise la relation dont j’avais le sentiment, l’intuition entre les travaux maçonniques et les exercices spirituels préconisés par les philosophes de l’antiquité, exercices de formation et d’application. J’ai écrit un livre au titre de Exercices spirituels antiques et Franc-maçonnerie, inspiré par la pensée de Pierre Hadot (1) dont il a fait l’œuvre de sa vie à savoir redonner du sens à la philosophie en rappelant ce qu’elle était dans l’antiquité à la fois Theoria et Praxis, une époque ou les philosophes n’étaient pas que des professeurs de philosophie, mais des hommes qui pratiquaient ce qu’ils enseignaient. Comme le Franc-maçon sincère qui s’oblige à savoir, comprendre, connaître et agir sur lui-même pour vivre un peu mieux et amélioré autant qu’il peut la vie de la société dans laquelle il vit. Ce n’est donc pas par hasard que se trace un triangle avec trois lignes de forces la psychologie de l’être humain, la recherche de son être intérieur, puis le désir de sagesse du philosophe et enfin l’initiation maçonnique méthode de la connaissance de soi et du monde incluant la participation des initiés à la construction d’un monde où chacun élève sa conscience et pratique la fraternité en se dépassant. Les trois lignes du triangle formant un chemin unique vers l’essentiel, voie de la construction de l’être intérieur.

Inès Weber, dans le chapitre de son livre, page 103 évoque comme un trésor : Le Chemin de l’homme, un livre du philosophe Martin Buber (1878-1965) qui pose cette question : « Pourquoi faire retour sur soi-même, pourquoi embrasser ma voie particulière, pourquoi unifier mon être ? Et voici la réponse (…) pas pour moi. Commencer par soi, mais non finir par soi ; se prendre pour point de départ, mais non pour but ; se connaître, mais non pour se préoccuper de soi. » (2) Martin Buber est dans le droit fil de la doctrine hassidique, il pense que l’on atteint la sagesse, non en se détachant du monde, mais au contraire en s’en imprégnant. Il confirme la prédiction de Delphes : Connais-toi toi-même et tu connaîtras l’univers et les dieux, formule souvent limitée amputée de sa deuxième partie qui donne du sens à la première. Connaître son soi, c’est se rapprocher de l’Adam originel, de l’essence de nous-mêmes. Comment y parvenir par la pratique des vertus en fuyant les vices. Pour compléter un peu sur Martin Buber, il est reconnu comme un humaniste, un grand philosophe de l’altérité. Il partage cette reconnaissance avec Emmanuel Levinas, ce n’est pas un hasard ils ont partagés ensemble l’horreur du nazisme. La doctrine hassidique qui prône la transformation de l’homme dans le but de transformer le monde, est aussi la méthode initiatique de la Franc-maçonnerie qui est à la fois pratique et élévation spirituelle et humaniste. Inès Weber confirme elle écrit : « Ne sommes-nous pas en effet à nous-mêmes le meilleur moyen dont nous disposons pour apporter notre part, contribuer mieux à la grande aventure de la vie. »

L’important est de ne pas tomber dans l’erreur de la confusion entre le moi et le soi, dans le piège tendu par l’ego qui flatte sans cesse à toutes les étapes de notre vie notre moi. À défaut d’éliminer totalement notre ego, nous nous efforçons de le maîtriser et d’éviter la substitution du soi par le moi. Inès Weber nous rappelle bien à propos la discussion entre Pierre Hadot et Michel Foucault sur la finalité des exercices spirituels, et qui met en lumière leur divergence. Michel Foucault réduit la portée des exercices spirituels dans un simple rapport de soi à soi, comme un plaisir de retrouver son propre moi. Pour Pierre Hadot, c’est bien différent, il s’agit d’une conversion du regard, un mouvement vers soi. C’est une libération de son extériorité pour une approche de son intériorité, c’est la construction de sa Citadelle intérieure (Rapport avec la philosophie stoïcienne de Marc Aurèle), nous dirions en Franc-maçonnerie de notre Temple intérieur, là où la porte est en dedans, c’est un retour à sa nature propre son essence et à la nature en général se rappelant que les stoïciens assimilaient Dieu à la nature.

Il n’y a pas chez Pierre Hadot, comme bien sûr chez E Levinas de rejet de l’extériorité, du visage, mais un autre rapport à celui-ci, pour un autre rapport à soi et au monde, c’est le début, une porte d’entrée au processus d’intériorisation cela évoquera pour certain une certaine scène du miroir liée à une cérémonie initiatique maçonnique. Avec la pensée de Hadot, l’on devient une partie de la conscience universelle, l’on trouve sa place dans l’harmonie universelle entre les hommes et la nature. Notre conscience devient plus large, plus vaste, plus élevée c’est aussi la voie de la pratique scalaire de l’initiatique maçonnique. Cette élévation de conscience est potentialisée par la pratique d’exercices spirituels, épeler, lire, écrire, méditer en silence, autant de pratiques qui mènent l’homme vers la pratique des vertus dans leur ensemble.

En allant plus loin dans la réflexion, on peut s’interroger  sur le fait, que plus l’on est initié, plus l’on pratique, plus nous développons une capacité, une intuition à reconnaître ses sœurs et ses frères, alors que ceux-ci ne se sont pas dévoilés, j’ai moi-même comme sans doute beaucoup d’entre vous vécut cette expérience. Il y aurait comme une sorte de communication d’âme à âme, de conscience à conscience, est-ce ressenti impalpable mais pourtant bien vécu que l’on appelle égrégore ?

À force d’élever sa conscience on acquiert le regard d’en haut, l’on discerne mieux le plus grand que soi. Cette transcendance qui est en soi, partie infime d’une transcendance qui par nature nous dépasse. On atteint ce que l’on qualifie souvent de sentiment cosmique ou océanique. Inès Weber reprend la pensée de Teilhard de Chardin : « Ainsi qu’en un divin Milieu, je rejoins les autres par le dedans d’eux-mêmes ». Communication d’âme à âme, comme nous l’avons dit.

Le chemin vers soi, la pratique du soi à force d’exercices spirituels, permet au Franc-maçon d’ouvrir la porte de son cœur, de voir avec l’œil central du cœur, d’entendre son cœur battre la chamade magique et merveilleuse, cette ouverture du cœur est commune ressentie par tous ceux qui font la même démarche de la connaissance de soi pour le profit du monde et des hommes, ce sont des soldats de l’universels.

                                            Jean-François Guerry.

 

Notes :

  1. Martin Buber Le Chemin de l’homme 1989- Alphée 2005- Page 42
  2. Pierre Hadot (1922-2010) - Philologue, Historien, Philosophe, spécialiste de l’antiquité en particulier de la période hellénistique et de Plotin. Il à consacré son œuvre aux Exercices Spirituels de l’antiquité. Parmi ses nombreux livres et essais : Exercices spirituels et philosophie antique.      
À LIRE : Inès Weber Être soi, une quête essentielle au service du monde.

 

ÉDITIONS GALLIMARD.

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