Un blog d'information, de conversations sur le thème de la Franc Maçonnerie, des textes en rapport avec la Franc Maçonnerie, comptes rendus et conseils de lectures.
C’est pourquoi la clé symbolique ajoutera au déroulé linéaire d’une narration une inflexion, un changement de paradigme qui en affinera le sens. Disposée au sein du rite, la clé s’insèrera dans une contiguïté qui jouxte 2 degrés, consécutifs ou pas, du REAA. Contrairement au mot de passe, la clé n’appartiendra donc pas exclusivement au contenu symbolique de tel ou tel grade : elle ouvrira à un état d’esprit plus général qui viendra compléter et appuyer un narratif qui se devra, lui, de coller à la réalité du moment de l’initié. Un exemple : Le mot de passe « ZIZA » du Maître Secret, qui signifie « balustrade », introduit subtilement l’idée d’une interface, au sein même de l’initié, entre un principe divin encore peu prégnant à ce grade et le « corps » même du lévite.
Ce mot de passe est présent sur le panneton évidé de la clé d’ivoire. Nous rencontrerons ici une forme de collusion encore peu affirmée du principe divin et de la matière privilégiant plutôt, par la fonction lévitique du Maître Secret, une forme de service et de liturgie propres à faire vivre dans la chair de l’initié l’assassinat puis les funérailles d’Hiram Abif. C’est cette véritable « accointance à la matière » que symbolisera l’ivoire de la clé, substance organique, biologique s’il en est, comme une substantiation de l’initié. Une sentence du rituel exprime d’ailleurs parfaitement cette « entrée en matière » par ces mots : « N’oubliez pas que le Saint des Saints est en vous ». Le souvenir organique, viscéral, intestin de l’initié sera ensuite, au 5ème degré, Maître Parfait, consommé en 2 pôles, l’obélisque, contenant le cœur d’Hiram Abif et le mausolée, pôle matériel de sa mémoire. Cette polarisation se verra ensuite complètement objectivée, au 7ème degré, par la dichotomie Clé d’or- coffret d’ébène. Le panneton de la clé obligera sans cesse l’initié à se retourner sur lui-même, selon un processus l’amenant progressivement à une forme de plus grande clairvoyance.
Le « Z » porté sur le panneton pourra ainsi « tatouer » symboliquement l’initié en marquant dans sa chair et son mental l’empreinte dudit panneton. La pression du panneton évidé du « Z » laissera une trace, une marque, qui suivront le lévite durant tout son parcours, lui rappelant qu’il est « à tout jamais » l’expression la plus aboutie possible d’une interaction entre Créateur et créature. Cette dynamique symbolique particulière se verra réitérée au 22ème degré, Chevalier de Royal Hache, lorsque la hache fera action, devenant, à ce degré, un estampillage sacré, au travers des lettres qui y sont gravées, et qui seront transmises au cœur du bois, à la façon d’un sceau ou d’une marque au fer. Là où la clé d’ivoire ouvrira et marquera, la hache tranchera et scellera. Ces 2 objets inaugurent, à leur moment, des cycles nouveaux, symboles vivants d’une continuation spirituelle par cette matière infiniment renouvelable dont seront faits les lévites au 4ème degré, et les « saintes entreprises » au 22ème degré, comme dit le rituel, c’est-à-dire les arches et les temples.
La clé d’ivoire est d’un matériau très particulier, dont la caractéristique première est donc d’être organique, c’est-à-dire composé de carbone, à notre image. L’ivoire a aussi cette particularité d’être identique dans sa composition, quel que soit le mammifère qui en possède. Or pour qu’une clé soit efficiente, elle se doit d’être identique et reproductible, s’agissant d’un même chemin à formaliser. Cette identité nous renverra à celle construite chez l’apprenti, qui se devra, avant d’aller plus loin, de découvrir le socle commun qui lie tout maçon, et dont l’identité représente le maître-mot. La structure de l'ivoire est souvent décrite comme « hiérarchisée », à cause des multiples échelles d'organisation structurale qui la composent et contribuent à sa complexité et à sa robustesse. Nous retrouvons là l’esprit du REAA, et de sa « gouvernance du Sacré » (étymologie de « hiérarchie ») qui est bien plus complexe qu’une simple narration linéaire. De plus, l’ivoire est blanc, ce qui est une caractéristique forte par collusion avec l’ébène, noir et précieux (dualité structurelle retrouvée dans les pièces du jeu d’échecs).
Cette blancheur invite à y voir ce qu’un rituel appelle, s’agissant du fonds blanc des tabliers, la « candeur des Maîtres », que l’Echelle mystérieuse reprendra, en étant plus précise, au 30ème degré, par Schor Laban, « la force de l’innocence ». Enfin, l’ivoire possèdera, un peu à la façon de l’agate du 13ème degré, des strates identifiant sa genèse. Elle sera à cet égard une mémoire, inscrite dans le matériau, à la façon des souvenirs et des attitudes qui nous façonnent. Cette description, très rationnelle, n’est pas gratuite : elle applique à la lettre l’universalité qui veut que chaque chose existe sur plusieurs plans, pluralité dont la totalité s’approche sans fin d’une Vérité toujours transcendante. L’ivoire est donc une forme analogique de la vie existentielle, où s’intriquent des évènements de nature diverse et une forme de libre arbitre qui créeront sa spécificité structurelle. Certains rituels anciens voyaient aussi dans cette ivoire celle de nos propres dents. On pourrait en sourire mais la bouche de l’initié Maître Secret, « verrouillée » par le signe du secret et organe du verbe et de l’ostensible, dispose effectivement de ce « jalon ultime » des dents, matérialisant une forme de « balustrade » organique, immanente à l’intonation, à la vocalisation d’un Verbe qui deviendra d’Or au 7ème degré du REAA.
Thierry Didier.
LA SYMBOLIQUE LUMINEUSE DE LA CLÉ, DES CLÉS.
L'intégralité du texte de Thierry Didier disponible sur simple demande par mail à :
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POUR ALLER PLUS LOIN AVEC THIERRY DIDIER LES STATIONS INITIATIQUES.
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Le but premier de la franc-maçonnerie est d’être une discipline initiatique, c’est-à-dire de construire l’initié afin que celui-ci s’émancipe ensuite du modèle structurant ayant servi à sa genèse. Cette émancipation sera à la fois progressive, car collant à la nature fragile de l’initié, mais aussi liminaire, car de nécessaires dépassements de seuils vont se surajouter à cette évolution graduée et pondérée. Ces dépassements de seuils existent parce que nous avons un rythme propre, quel que soit le domaine considéré ; or, nous ne maitrisons pas spontanément la marche des valeurs, des idées ou du parcours de nos semblables qui nous accompagnent dans ce cadre étroit qu’est celui de la loge, mais aussi dans celui de la vie en général. Ces seuils conditionneront l’usage de clés, qui permettront de franchir lesdits seuils lorsque l’initié semblera dépossédé d’une partie de lui-même, et qu’un « reset » s’avérera nécessaire.
En effet, les degrés maçonniques forment un continuum articulé de contenus spécifiques, qui nourrit une réflexion « horizontale » qui ne nous saute pas nécessairement aux yeux. Cette réflexion se double d’une pensée « verticale », plus lente, plus mesurée permettant en parallèle d’établir des ponts entre grades consécutifs ou pas. Si l’on adopte cette vision des choses, le mot de passe pourrait être vu comme l’accessit à cette vision horizontale, là où la clé en serait l’accessit transversal et complémentaire. En plus des mots de passe qui ouvrent à la compréhension du grade sont donc « disséminées » dans le REAA, des clés, nommées comme telles dans le rituel, au nombre de 3, qui vont appuyer la réflexion et créer une véritable dynamique dans la dynamique, une sorte de mise en abyme qui se surajoutera au déroulé du narratif.
Ces clés renforceront, transcenderont et appuieront le mot de passe, provoquant une accélération et un approfondissement possibles de la Connaissance déjà offerte de gré à gré par le rite et les rituels. Ces clés seront placées à des moments précis du REAA, pour « ouvrir plus grand encore » les yeux de l’initié sur ce qu’il vit. En effet, l’exercice initiatique n’est pas un art facile, et l’homme, qui en est le matériau, possède des défenses naturelles qu’une confortable orthodoxie oppose, et c’est bien naturel, aux changements de tous ordres. Quand ces changements sont exogènes, il est relativement facile de les identifier, et donc de les circonscrire.
Par contre, s’ils sont endogènes, comme c’est le cas dans la recherche initiatique, seuls des véhicules puissants transcendant notre individualité tels que des clés symboliques, seront en mesure de compléter notre assise, et/ou redécouvrir une filiation perdue. Ces 3 clés seront : 1°) au 4ème degré du REAA, la Clé d’ivoire,qui symbolisera la Créature, c’est-à-dire le produit de l’existence, faisant de nous l’incontournable fondement de tout exercice initiatique, car sans observateur, pas d’observations. 2°) Au 7ème degré, la Clé d’or, qui symbolisera l’Œuvre, c’est-à-dire une création plus avancée, dans laquelle infusera le principe créateur, et dont le jalon visible le plus immédiat sera notre Prochain. Et enfin 3°) au 28ème degré, l’Unique Clé, qui symbolisera notre relation ontologique à l’Univers et à la Nature. Une fois ces 3 étapes vécues et caractérisées, nous aurons alors tout loisir à formaliser l’essence même de la clé, un peu à la façon dont le 4ème pilier, invisible à nos sens les plus immédiats, viendra transcender, à travers nos échanges en loge, les 3 premiers disposés physiquement sur le Pavé Mosaïque. Nous verrons donc, en son temps, apparaître une « 4ème clé », ineffable, qui ne coiffera pas, mais se trouvera au cœur de notre parcours maçonnique. Il faut en effet bien comprendre que la chronologie des degrés est didactique, c’est ce qui en facilite l’abord. Mais qu’ensuite, une fois assimilée, l’avancée initiatique cessera d’être sériée et linéaire pour devenir progressivement radiante, arborescente et circulaire. Ainsi, outre le 30ème degré qui est quelque part séparatiste, il faudra pouvoir manier ces clés sans préjuger de la préséance d’un degré par rapport à un autre.
Même si j’indiquerai des schémas de pensée qui valideront le passage de l’ivoire, à l’or, puis à l’unique, il s’agira en fait de nous dessiller les yeux sur une métaphysique dont les tenants nous transcendent, et dont la totalité immédiate, qu’on appelle Vérité, est depuis toujours présente devant notre esprit. C’est cet abord général qui nous conduira à relativiser la position rituelle desdites clés, pour en faire un modèle universel, dégagé de la contrainte de l’espace et du temps. Cela dit, symboliquement et originellement, une clé objective toute séparation entre 2 milieux en la transcendant, en la dépassant. La clé, juste avant d'être utilisée sera règle, c'est-à-dire porteuse d’une légitimité prometteuse, puis elle sera levier, officiant dans sa fonction de passeuse.
Les 2 milieux attenants concernés par cette clé se trouveront ainsi mis en contact au moment précis où ladite clé sera engagée. Cette clé, physique ou symbolique, va d’abord créer un « corridor initiatique » (par la tige que l’on enfonce, ou par le principe que l’on instille). Cette incise se verra immédiatement suivie d’un retournement, d’une rotation, qui la fera changer de plan, transcendant son action et permettant de « tordre la raison » afin de dénicher ces subtilités dont l’appréhension distingue l’initié ordinaire du véritable myste. Ce mécanisme de « pénétration-retournement », que l’on identifie bien avec les clés physiques de notre quotidien, engendre une puissance intellectuelle extraordinaire, du simple fait du changement de plan qu’elle génère, et qui par un effet de levier renforcera l’idée initiale.
Thierry Didier.
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Le hasard est une causalité imprévue, comme le désordre, n’est qu’un ordre inattendu.
Henri Bergson.
Nous avons coutume de dire, qu’il n’y a pas de hasard, que c’était prévu, que nous ne connaissions pas l’heure, le lieu, mais que nous avions la certitude de la réalisation de l’événement. Il en est ainsi de la mort qui fait partie de la vie. On a beau jeu de dire on se prépare, je me prépare à ce rendez-vous, mais on n’est pas toujours prêt pour le moment, à l’heure dite, il y a toujours un effet de surprise, un moment de flottement, c’est souvent dans ces moments-là que la mort nous surprend que la faux coupe l’épi mûr. Cette semaine j’ai été confronté par deux fois à ces hasards qui n’en sont pas.
J’ai perdu de vue un instant, un beau-frère, qui avait fait son temps, et qui de plus en plus souvent, trouvait son temps long. Au fond de son lit de plus en plus souvent il disait j’attends, « c’est ici que cela avoir lieu », il avait défié le hasard, il savait, même s’il n’avait ni l’heure ni le jour.
Il croyait, il n’avait pas une foi religieuse inébranlable, mais il croyait surtout en l’homme, il avait souhaité pour son dernier départ être accompagné par un officiant laïque un diacre de préférence, et non un prêtre. Le hasard a voulu que ce fut un prêtre roumain exilé, plein d’humilité, de fraternité. Par un heureux hasard mon beau-frère, (quel beau nom) a été accompagné vers sa dernière résidence par un homme rempli de foi et d’humanité.
Nous avons choisi avec ses enfants des mots pour l’accompagner, des mots sacrés, des mots de passe, pour que les portes de l’au-delà s’ouvrent pour lui. En reconnaissance de ce qu’il avait fait de sa vie, fait pour les siens ses proches et ses lointains voisins. Il avait fait la guerre d’Algérie, sans la vouloir par hasard il avait l’âge, il n’en parlait pas, il ne s’en glorifiait pas.
Le ministère des Anciens Combattants et toutes les Associations composées de ses anciens frères d’armes, l’avaient sans doute compris, ils ne sont pas venus, ils n’ont pas témoigné, il paraît qu’il ne cotisait pas ? Personnellement je pense qu’il y avait déjà cotisé en offrant le meilleur de lui-même, lui, tout simplement, sans rien dire sans tambour ni trompette, ni oriflamme. Les hommes simples et de conviction n’ont pas besoin d’apparat. Il n’a rien demander, non plus, au corps de la gendarmerie nationale qu’il a servi toute sa vie, ils ne sont pas venus lui rendre dernier hommage, il n’y a pas de hasard. Mais il y a, c’est sûr des rendez-vous manqués, marqués de l’indifférence même à la devise « Honneur et Patrie ». Je prends pitié pour eux.
Pourtant, il n’est pas parti seul ses sœurs et ses frères qui l’ont accompagné sur le chemin de Compostelle étaient là, bien présents avec leur chair, leur cœur, et leur esprit pour crier une fois encore le mot de passe des jacquets sur le Camino Ultreïa ! (Plus loin, plus haut).
Ce n’est pas par hasard, que nous avons choisi les textes bibliques qui l’ont accompagné : Saint-Jean celui qui ouvre et ferme les portes avec son jumeau de Lumière, celui qui sait que le grain mis en terre ne meurt pas mais revivra bientôt plus radieux que jamais. Saint-Matthieu qui nous rapporte le Sermon sur la Montagne de celui qui fit le plus grand sacrifice, le don de son corps, le prophète le plus humble de tous et qui décréta que seront heureux à tout jamais les plus simples, les plus malheureux, les plus miséreux d’entre-nous, car ils ont le cœur pur.
Ce sont des chants d’espérance qui ont accompagnés l’âme de mon beau-frère, que nous avons vu monter vers l’infini des cieux.
Quelques jours plus tard, dans un autre lieu sur cette terre, nous étions plusieurs sœurs et frères pour le dernier voyage de l’un de nos frères. Le hasard encore à voulu, que ce furent les mêmes textes bibliques, les mêmes mots sacrés, les mêmes mots de passe, les mêmes prières le même évangile, qui firent trembler d’émotion les cœurs et les voix des fidèles assemblés pour un dernier hommage, à un homme à la vie si riche de sentiments, de qualités et de vertus données à toute sa famille, ses proches et ses amis, sans ostentation comme doivent et savent le faire ceux qui sont reconnus pour tels par leurs frères. Et comme décidemment le hasard me poursuit sans relâche en rentrant chez moi, j’ai trouvé dans ma boîte à lettre, un livre que j’avais commandé (Mythes et concepts utiles aux initiés-initiants. de Jean-Bernard Levy.) En ouvrant la première page j’ai lu :
Être fidèle à ceux qui sont morts
Ce n’est pas s’enfermer dans la douleur.
Il faut continuer de creuser son sillon, droit et profond.
Comme ils l’auraient fait eux-mêmes.
Comme on l’aurait fait avec eux, pour eux.
Être fidèle à ceux qui sont morts, c’est vivre comme ils auraient vécu.
Et les faire vivre avec nous.
Et transmettre leur visage, leur voix, leur message, aux autres.
À un fils, à un frère, ou à des inconnus, aux autres, quels qu’ils soient.
Et la vie tronquée des disparus, alors, germera sans fin.(1)
Martin Gray.
C’est véritablement par le plus grand des hasards que ce texte a été lu par le fils de mon beau-frère juste après qu’il eut répandu ses cendres, il y a trois jours.
Aussi, je dirais comme Paul Eluard :
Il n’y a pas de hasards, il n’y a que des rendez-vous.
Jean-François Guerry.
Martin Gray (1921- 2022) est un écrivain franco-américain, d’origine juive polonaise. Dans son best-seller mondial Au nom de tous les miens paru en 1971, il honore la mémoire des êtres chers qu’il a perdu dans des conditions tragiques :
sa mère et ses frères tués dans la chambre à gaz du camp de concentration nazi de Treblinka,
son père abattu sous ses yeux à la tête des insurgés du ghetto de Varsovie,
sa femme Dina et ses quatre enfants morts dans l’incendie de sa maison du Var en 1970.
Même quand l'espoir a disparu, il reste la Lumière de l'Espérance.
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Ce matin, comme les autres jours la lumière est apparue à l’orient pour commencer sa course, son chemin. Il est des matins des bonnes heures, de bonheur, et de joies. J’ai reçu aujourd’hui comme un privilège le travail d’un éminent frère atteint dans son corps par la maladie. Il continue pourtant son travail pour lui-même, pour ses proches et pour les autres, sa quête de La Lumière son initiation maçonnique, son voyage n’est pas fini, c’est un perpétuel recommencement. Le chemin initiatique donne du sens à la vie, à sa vie, jusqu’à l’ultime initiation parce qu’un jour nous avons passé la porte basse et suivit la voie étroite mais lumineuse.
S’initier, c’est ne pas renoncer même quand l’espoir semble disparaître, la Lumière de l’Espérance ne s’éteint jamais, elle est restée unique dans la boîte de Pandore, comme la Vérité sort des ténèbres du fond du puits.
L’Apprenti qui cherche et demande la Lumière de sa libre volonté, ne renonce pas à ses convictions, il les interroge. Il associe la Foi et la Raison, il sort de sa « zone de confort », écoute ses intuitions pour trouver le chemin, pour faire ses voyages. Il sait que les ténèbres précèdent la Lumière, qui met de l’Ordre dans leur chaos. Son nouveau regard se convertit peu à peu à la Lumière de la Connaissance qui est justice, équité, et Amour. L’initiation permet la chute, la descente dans la solitude de notre caverne intérieure pour se saisir du flambeau de la Lumière éternelle et transmettre l’éclat des nouveaux jours.
Hier c’était un autre jour, j’ai accompagné un parent dans sa dernière demeure. Lors de sa cérémonie religieuse, les flambeaux portés par ses enfants et petits-enfants ont été allumés au cierge pascal celui de la résurrection de cette Lumière éternelle. J’ai eu comme l’intuition que la Lumière de l’âme et de l’esprit du défunt éclairait toute sa descendance, il était présent dans tous les cœurs qui l’accompagnait pour son ultime et lumineux voyage. Dans l’assemblé recueillie nous recevions en nous, dans notre mémoire tous les bienfaits de sa vie.
J’ai un peu la même impression quand les travaux de ma loge sont fermés, en fait ils ne sont que suspendus le temps d’assimiler leurs bienfaits et de les transmettre en dehors de l’espace sacré. Ces bienfaits se renouvellent dans l’âme, l’esprit et le cœur de ceux qui nous sont proches. C’est sans doute pour cela qu’à la fin de nos travaux nous poussons un cri d’espérance que la joie soit dans nos cœurs, le voyage n’est pas terminé. Les jacquets qui se rencontrent sur le Camino crient leur joie Ultreïa plus loin, plus haut, quel voyage !
Jean-François Guerry
LE REGARD VERS LA LUMIÈRE
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« je crois bien qu’à force de bâtir, je me construit moi-même. »
Paul Valéry
Les différences que nous considérons parfois comme irréductibles entre les traditions ne sont que de frêles enveloppes qui une fois tombées laissent apparaître un cœur central, où siège un principe unique infini, suprême, universel capable de réunir tous les hommes, que les Francs-maçons nomme Le Grand Architecte de l’Univers principe créateur réunissant le multiple en unique.Ce cœur central trouve sa place en un lieu sacré c’est-à-dire séparé du profane. Ce lieu est le temple, d’abord unique comme le Temple de Jérusalem, puis reproduit par les juifs de la diaspora dans leurs synagogues. D’autres traditions sur toute la surface de la terre où vivent les femmes et les hommes ont construit leur temple à leur principe.
Le miracle, le génie de la Franc-maçonnerie est de réunir dans un espace temple sacré des hommes ayant une vision spirituelle de l’homme en capacité de donner le meilleur de lui-même pour la société. Le lien qui permet cette réalisation est l’unité autour d’un principe créateur qui laisse à chacun sa liberté d’interprétation donc la négation de tout dogme. C’est l’alliance autour de ce principe qui est symbolisé dans le Saint des Saints, le lieu le plus sacré du temple, là se retrouve les hommes séparés de leurs contraintes de leurs ambitions, de leurs ignorances des hommes plus éclairés plus radieux que jamais. Dans le Saint des Saints pénètre l’homme le plus éclairé par sa progression spirituelle, c’est le lieu de la présence de l’homme véritable, nouveau, retrouvé, le lieu de l’Alliance avec le principe.
Jean-François Guerry.
LA LUMIÈRE DU PRINCIPE ÉCLAIRE LE MONDE
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14 juillet 1790, le plafond est bas, le ciel chargé, en dépit du temps une foule immense converge vers le Champ de Mars, un arc de triomphe provisoire a été érigé, c’est une fête nationale qui se prépare les acteurs sont les citoyens-soldats, le Roi Louis XVI, la Reine Marie-Antoinette, les Députés représentants du peuple. Une messe sera dite, pour célébrer l’événement rassemblant la nation entière. Nous sommes ce jour là dans une monarchie constitutionnelle, des serments de fidélité à la nation vont être prononcés, ils ont été décrétés par l’Assemblée Constituante.
La scène peinte par David érige La Fayette en père de la Nation, personnage incarnant l’union du peuple avec la monarchie et ses représentants. C’est l’heure de gloire de La Fayette. Ce jour-là, il régnait sur le Champ de Mars une ambiance de fête à la Liberté. Un idéal hélas éphémère et illusoire incarné par le marquis révolutionnaire, un idéal de mêlant Liberté et tempérance dans attachement à une monarchie constitutionnelle naissante, en clair une nation réconciliée. C’est cette image que nous as transmis en 1791 le peintre David.
Nous célébrons tous les ans, cette fête de la réconciliation le 14 juillet. Hélas chaque matin du 15 juillet ce bel élan fraternel semble avoir disparu. La Fraternité comme le dit Régis Debray serait donc condamnée à n’être qu’une parenthèse, un moment ? La Franc-maçonnerie en a pourtant fait son fondement, sa pierre de base, en effet sans elle rien n’est possible. Nous pouvons toujours crier dans le désert Liberté, Liberté, même comme Éluard l’écrire partout. Puis revendiquer l’Égalité, nous ne pouvons rien sans les autres, nous ne pouvons rien sans la Fraternité. C’est pourquoi nous manquons d’hommes comme La Fayette qui ambitionnait qu’un jour tous les hommes soient Frères.
La page de la révolution américaine était tournée, le regard de La Fayette se retourna alors vers l’ancien monde et la révolution française en marche. La Fayette allait y prendre sa part. Si sa tempérance avait été entendue la révolution n’aurait peut-être pas connu la terreur. Dès le 15 juillet 1789 contre l’avis du Roi La Fayette est nommé Commandant de la Garde Nationale afin d’assurer l’ordre à Paris après la prise de la Bastille. Il fut plus qu’un militaire, inspiré par la Révolution américaine il rédige une première Déclaration des droits de l’homme, il est considéré comme un homme de progrès, il rêvait d’une alliance entre la monarchie et le peuple évitant la violence et le bain de sang.
En octobre il ne put pas empêcher le peuple de marcher vers Versailles et le massacre de ceux qui protégeaient le roi et la reine, qu’il sauva de justesse. Dès lors il oscilla entre la monarchie et le peuple un en même temps qui lui valu d’être mal vu par tous, pour échapper à la terreur et la guillotine il fut même contraint de fuir à l’étranger. Puis captif pendant 5 ans dans les geôles autrichiennes il revient prendre sa retraite en Auvergne. Sa gloire la Révolution Américaine, son échec n’avoir pas pu sauver la tête du roi. Je ne puis m’empêcher de penser à cet instant à un autre Frère Jean-François Galaup de la Pérouse, frère d’armes de La Fayette dans la guerre d’indépendance des États-Unis, initié dans la Loge L’Heureuse Rencontre à Brest disparu en mer en 1788 et dont paraît-il Louis XVI demanda des nouvelles à l’un de ses bourreaux juste avant sa montée sur l’échafaud : A- t-on des nouvelles de Monsieur de la Pérouse ?
Jean-François Guerry.
À SUIVRE…
LA LUMIÈRE DE LA LIBERTÉ
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Paris automne 1777, le tout Paris considère l’aventure du jeune Marquis La Fayette avec intérêt et sympathie, les exploits des insurgés du Nouveau Monde sont dans les conversations des endroits où l’on parle : salons littéraires, le Café Procope, les Loges Maçonniques. La famille royale s’efforce d’entretenir de bonnes relations avec les anglais. Mais à contrario il souffle un vent de liberté sur la France.
Aux États-Unis La Fayette doit s’expliquer devant le Congrès, certains de ses compatriotes se comportent mal pétris d’ambitions et d’intérêts. Il affirme avoir traversé l’océan au péril de sa vie et payé lui-même son expédition, en désobéissant à son roi, pour défendre la grande cause de la liberté. Le 1er août un diner avec George Washington qui lui sourit dès le premier regard consacre la confiance des américains. Washington Franc-maçon épris de justice et de liberté sera un ami indéfectible de La Fayette. Ce même Washington sera inspiré par le livre de Thomas Paine : Le sens commun. La bataille de Yorktown en Virginie se déroule du 28 septembre au 19 octobre 1781 elle signera la victoire des insurgés. À Yorktown : Rochambeau, de Grasse, Washington, La Fayette, Lameth et des canadiens français furent frères d’armes. La défaite de l’Angleterre signe la victoire de la Liberté.
La victoire de Yorktown
En mars 1984 Ronald Reagan rappelait à la Maison Blanche la Fayette a dit : L’humanité a gagné sa bataille, la liberté a maintenant un pays. Reagan poursuivait : Nous avons une profonde admiration et une profonde gratitude pour nos alliés français, pour l’aide militaire, financière, diplomatique qu’ils nous ont apportée et qui contribua à mettre un terme à la guerre. Nous sommes reconnaissants non seulement à Rochambeau et La Fayette mais aussi aux milliers de soldats français qui marchèrent de Newport à Yorktown et à la splendide flotte commandée par l’Amiral de Grasse. Le fils de l’Amiral de Grasse : Alexandre, François, Auguste est reconnu par les Francs-maçons comme l’importateur du Rite Écossais Ancien et Accepté, il fût Souverain Grand Commandeur du Rite.
L’amour de la liberté et la solidarité entre le peuple américain et le peuple français ne se démentira pas quelques années plus tard allait naître sur les idées du nouveau la révolution française à laquelle naturellement la Fayette allait prendre part et sa part.
Jean-François Guerry.
À SUIVRE…
LA FAYETTE PHARE DE LA LIBERTÉ
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